Au centre du Chili, dans la province du Choapa, s’est implanté il y a 10 ans le troisième plus grand réservoir de déchets miniers du monde. Dans la vallée du Mauro, cette mine se trouve sur le territoire de la communauté rurale de Caimanes.
Pour mieux comprendre les enjeux de cette exploitation et les conséquences sur l’environnement et la population, France Libertés propose un webdocumentaire, véritable chronique d’un territoire sacrifié.
- Avec Elif Karakartal, anthropologue et documentariste, réalisatrice du webdocumentaire « Caimanes, chronique d’un territoire sacrifié«
Avant de regarder les conséquences de ce cas d’extractivisme, que représente, pour le Chili, l’exploitation des ressources minières ?
« Depuis de nombreuses années, le Chili a basé sa croissance sur l’exploitation des ressources naturelles, en particuliers, les ressources minières. Pinochet avait mis en place une série de lois – le code minier et la réforme du code de l’eau – pour permettre aux multinationales de travailler plus facilement sur le territoire. C’est à partir des années 1990 que les mines à grande échelle vont s’implanter sur le territoire chilien. Cela va signifier une plus grande permissivité par rapport aux entreprises minières qui vont s’implanter sur le territoire. Beaucoup de projets, des mines de plus en plus grandes, qui veulent soutirer le minéral de plus en plus rapidement. C’est un modèle qui génère peu d’emploi, environ 2% pour le secteur minier. Il y a beaucoup d’emplois indirects. Cela rapporte beaucoup d’argent aux entreprises minières. Il n’y a pas beaucoup d’argent pour l’Etat. On va baser l’essor du Chili sur l’extractivisme. On est dans le cas d’une économie qui est dans un modèle de dépendance par rapport aux cours mondiaux du cuivre et qui ne permet par réellement un développement autonome. On reste dans un schéma colonial, où on dépend de l’achat de cuivre par l’étranger. »
Ce réservoir de déchets miniers se trouve à Caimanes, un petit village du centre du Chili.
« Caimanes se situe à 200 kilomètres au nord de Santiago. On est dans la partie la plus étroite du Chili. La mine de cuivre est située à côté de l’Argentine et le réservoir de déchets miniers, au-dessus de Caimanes, est situé à 60 kilomètres de la mine de cuivre. Les déchets miniers sont acheminés dans le réservoir à 10 kilomètres au-dessus de Caimanes. »

A proximité se trouve ce réservoir de déchets miniers qui a ouvert en 2008. C’est un réservoir important. A quoi sert-il ?
« Ce qu’il faut savoir c’est que l’exploitation du cuivre génère énormément de déchets. L’entreprise minière a décidé au début des années 2000 d’entreposer ces déchets dans une vallée fertile, en forme de cuvette. Il a suffi de construire un mur de contention pour barrer les entrées de la vallée et d’amener les déchets miniers qui sont composés de beaucoup de produits toxiques, de métaux lourds. Malheureusement, ce ne sont pas des déchets qui disparaissent facilement. »
Quels dangers fait courir ce réservoir pour l’environnement ?
« La surface est telle qu’il a été impossible d’isoler complètement les déchets de la terre. Les déchets pénètrent dans la terre et polluent l’environnement de manière durable. Il y a un contact avec l’eau. Le danger, c’est la contamination de l’eau. Il y a eu des analyses faites dans cette vallée qui ont démontrés que les métaux lourds ont été en contact avec l’eau potable. En 2012, il y a eu un rapport qui disait que l’eau n’était pas apte pour la consommation humaine, ni animale, ni même les cultures. On a un danger immédiat par rapport à la consommation de l’eau. En outre, il s’agit d’un édifice de 300 mètres de haut situé en amont de Caimanes. Le Chili est l’un des pays les plus sismiques de la planète. Le réservoir est en plus situé sur des failles géologiques. En cas de tremblement de terre, il pourrait y avoir une rupture de la paroi de la digue de contention. Les déchets miniers déferleraient dans la vallée. Il suffirait de 10 minutes pour que les déchets miniers ensevelissent une grande partie du village et aille jusque dans l’Océan Pacifique. Ce serait une disparition de Caimanes et une contamination de toute la vallée jusqu’à l’Océan. »
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Extrait de « CAIMANES L’HISTOIRE QUI RESTE » Réalisation Abel Campos, Luz Badillo, Elif Karakartal
La semaine prochaine, nous verrons ce que ce réservoir a comme conséquences sur la vie des habitants de la région.
Pour aller plus loin :
- Caimanes, chronique d’un territoire sacrifié
- Le réservoir de déchets miniers de Caimanes : chronique d’un territoire sacrifié
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=SCle0dVrMTY]
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Pour les amateurs de romans policiers ou d’épouvante, cette information concernant « Écrits et châtiments » de Yann Slône paru aux Éditions Amazon : « Thriller fantastique imprégné d’intelligence artificielle. Quand la vie de tous les jours vire au cauchemar irrationnel. Un écrivain va avoir les pires problèmes avec le héros qu’il a créé. Mais il découvrira que ce ne sont que les prémisses d’un danger beaucoup plus grand qui le dépasse complètement. En refermant ce thriller implacable, le regard que vous portez à votre bibliothèque aura définitivement changé. Bon courage ! »


À plusieurs reprises, « Fréquence Terre » a consacré des reportages à l’humusation, dont un dossier spécial « Mourir, puis donner la vie ». En voici un passage :



Beaucoup trop de gens établissent des amalgames éhontés, profèrent des sous-entendus malveillants, émettent des « vérités » qui ne sont que rumeurs, ragots ou mensonges. Certaines personnes connaissent parfaitement bien ce processus qui consiste à les dénigrer, salir ou atteindre dans leur dignité, voire intégrité.


Dans la première chronique consacrée à l’essai « Les robots vont-ils remplacer les journalistes ? » de Damien Desbordes (Éditions Plein Jour), l’attention a été attirée sur une double question : que devient la démocratie et que devient la conscience avec les robots ?
L’auteur explique : « Une chose est certaine : c’est nous, en tant qu’espèce, qui avons créé ces êtres numériques. Seront-ils nos maîtres, nos partenaires, nos serviteurs ? »
Il ajoute, avec justesse, qu’une démocratie se doit de surveiller ses médias quand les robots les bidouillent, mais il reconnaît, aussi, que l’âge d’or du robot-journalisme arrive à pleine vitesse, ce ne sont pas les Google, Facebook, Apple, Microsoft et Cie qui le contrediront, eux qui appuient leurs finances sur des réseaux de neurones artificiels, donc d’intelligence artificielle, tenant à distance respectable tout journaliste qui pourrait élever la voix de l’éthique au cœur du système.