« Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.
Son père, dit le Chef, après l’avoir battu, hurla : « C’est ça, dégage ! Fous-moi le camp pour de bon ce coup-ci. » Alors, le gamin courut à perdre haleine, traversa le village, s’enfuit, du sang dégoulinant de ses lèvres et il se réfugia près d’un chêne solitaire et confia, une fois encore, son désespoir.
Ainsi débute le remarquable et touchant roman « Sangliers » d’Aurélien Delsaux (Albin Michel). Plus de 550 pages aux Feuges, hameau entre Rhône et Alpes, là, explique l’auteur, « où, entre la violence des hommes et la beauté qui les entoure, les enfants grandissent. »
La vie y est un croisement entre le monde rural et le péri-urbain, car les pavillons sont entourés d’un jardinet et moins onéreux et puis, il y a la chasse aux sangliers, considérés comme une espèce invasive dans le département, et un bistrot où les vieux radotent des histoires de vieux aux néo-ruraux qui ne les écoutent même plus.
C’est de cette vie-là, entre paysans, déclassés de la grande ville et laissés-pour-compte des deux bords, que se tisse ce roman.
C’est beau et dur à la fois, tendre et extrêmement violent, lumineux et sombre, mais tellement universel, comme le précise l’auteur.
La première fois que Germain-le-Chef vit la « grosse, franchement laide et pas baisable », un enfant métis, Matthias dit « le singe » accroché à ses genoux, c’était au Brico+. Neuf mois plus tard, Lionel venait au monde. Et, tant que Germain était à la chasse aux sangliers, pourquoi ne pas tirer le « singe » ? Il le visait et faisait siffler autour de lui des balles. Matthias savait déjà qu’il n’y avait pas que les chasseurs et les chassés, les prédateurs et les proies, il y avait les arbres, le ciel et l’eau, il y avait les bêtes plus humaines que les hommes et des hommes plus bêtes que le bêtes et il savait qu’un jour il partirait loin des Feuges.
Alors, durant des chapitres, la vie aux Feuges défile et se dessine, parfois de manière surprenante, le niveau des haines monte comme celui des mers. Colères, rancoeurs, peurs, dégoûts, vont et viennent, les « Moutons Noirs » apparaissent, anars naïfs considérés comme des r igolos, en revanche, ceux du camp opposé se structurent, s’arment de slogans racistes, mais aussi d’armes…
Plus Lionel grandit, plus il hait son père-le-Chef, plus il lui ressemble jusqu’à basculer dans le mouvement de la « Jeunesse identitaire », sous l’œil qui s’éteint du sculpteur et de sa jolie polonaise, sous l’attitude prétentieuse du député, sous les coups de folie de la « grosse », sa mère, sous, l’œil indifférent, croit-il, de jolies adolescentes…
Certes, on pressent la fin du roman. Elle est inéluctable. Mais, combien est-elle d’actualité !






Le principe essentiel de l’action de la désobéissance civile qui, rappelons-le, est non violente, est celui de la non-coopération, explique Jean-Marie Muller dans « L’impératif de désobéissance » (Éditions Le Passager clandestin). Ce principe repose sur un élément majeur : dans une société, ce qui fait la force des injustices, c’est la complicité, qu’elle soit passive, volontaire, résignée ou forcée, de la majorité silencieuse des citoyens.
Précision de l’auteur du livre : La gauche alternative suscite une nouvelle réflexion sur la désobéissance civile. Dès lors, la présente chronique se fait en partenariat avec le magazine POUR dont, rappelons-le aussi, le slogan est : « Pour écrire la liberté » !






« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff en partenariat avec « POUR


« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.














Juan Masondo, 73 ans, musicien argentin, évoque la musique traditionnelle de son pays d’origine, qu’il transmet depuis des décennies. Une rencontre exceptionnelle avec ce « passeur », véritable mémoire vivante d’une Tradition à sauvegarder et qui démontre que la musique argentine n’est pas que le tango !


