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« Sangliers » d’Aurélien Delsaux (Albin Michel)

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ft150« Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

 Son père, dit le Chef, après l’avoir battu, hurla : « C’est ça, dégage ! Fous-moi le camp pour de bon ce coup-ci. » Alors, le gamin courut à perdre haleine, traversa le village, s’enfuit, du sang dégoulinant de ses lèvres et il se réfugia près d’un chêne solitaire et confia, une fois encore, son désespoir.

Ainsi débute le remarquable et touchant roman « Sangliers » d’Aurélien Delsaux (Albin Michel). Plus de 550 pages aux Feuges, hameau entre Rhône et Alpes, là, explique l’auteur, « où, entre la violence des hommes et la beauté qui les entoure, les enfants grandissent. »

La vie y est un croisement entre le monde rural et le péri-urbain, car les pavillons sont entourés d’un jardinet et moins onéreux et puis, il y a la chasse aux sangliers, considérés comme une espèce invasive dans le département, et un bistrot où les vieux radotent des histoires de vieux aux néo-ruraux qui ne les écoutent même plus.

9782226393173 jC’est de cette vie-là, entre paysans, déclassés de la grande ville et laissés-pour-compte des deux bords, que se tisse ce roman.

C’est beau et dur à la fois, tendre et extrêmement violent, lumineux et sombre, mais tellement universel, comme le précise l’auteur.

La première fois que Germain-le-Chef vit la « grosse, franchement laide et pas baisable », un enfant métis, Matthias dit « le singe » accroché à ses genoux, c’était au Brico+. Neuf mois plus tard, Lionel venait au monde. Et, tant que Germain était à la chasse aux sangliers, pourquoi ne pas tirer le « singe » ? Il le visait et faisait siffler autour de lui des balles. Matthias savait déjà qu’il n’y avait pas que les chasseurs et les chassés, les prédateurs et les proies, il y avait les arbres, le ciel et l’eau, il y avait les bêtes plus humaines que les hommes et des hommes plus bêtes que le bêtes et il savait qu’un jour il partirait loin des Feuges.

Alors, durant des chapitres, la vie aux Feuges défile et se dessine, parfois de manière surprenante, le niveau des haines monte comme celui des mers. Colères, rancoeurs, peurs, dégoûts, vont et viennent, les « Moutons Noirs » apparaissent, anars naïfs considérés comme des r  igolos, en revanche, ceux du camp opposé se structurent, s’arment de slogans racistes, mais aussi d’armes…

Plus Lionel grandit, plus il hait son père-le-Chef, plus il lui ressemble jusqu’à basculer dans le mouvement de la « Jeunesse identitaire », sous l’œil qui s’éteint du sculpteur et de sa jolie polonaise, sous l’attitude prétentieuse du député, sous les coups de folie de la « grosse », sa mère, sous, l’œil indifférent, croit-il, de jolies adolescentes…

Certes, on pressent la fin du roman. Elle est inéluctable. Mais, combien est-elle d’actualité !

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LANGAZEL, la biodiversité préservée (rediffusion)

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© Association de Langazel

C’est en Bretagne, du coté de Landernau, que nous emmène notre périple cette semaine.

L’association de Langazel s’y démène depuis 30 ans pour préserver la biodiversité du marais.

En 1978, la ville de Landernau choisit le site de Langazel pour enfouir ses déchets ménagers. L’année suivante l’association se crée pour contrecarrer le projet et prendre en charge le site particulièrement remarquable.

Steven Kergoat, est l’un des deux salariés de l’association, en charge de la gestion du site.

« Dans ce marais nait la rivière Aber Wrach qui alimente 80000 personnes en eau potable. Des milieux remarquables sont identifiés : tourbières, landes humides et sèches, pairies humides oligotrophes, qui deviendront plus tard des habitats d’intérêts européen. Des espèces animales, de nombreux amphibiens, des oiseaux et insectes sont inventoriés sur le marais. 700 espèces animales et 337 espèces végétales sont concentrées sur 250 hectares. »

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© Association de Langazel

A force de conviction, militants et élus locaux ont réussi à repousser le projet initial et à maintenir tous les milieux naturels présents il y a 30 ans.

« L’association a réussi à maintenir tous les milieux naturels présents il y a 30 ans et un maximum de biodiversité. Le site a vu réapparaitre des plantes qui avaient disparu depuis plusieurs années. La qualité de l’eau s’est également améliorée. La présence de nitrates est passée de 50mg/l à 28mg/l à l’aval du site de Langazel. »

Au-delà de la préservation de la rivière et du marais, l’association de Langazel s’est engagée aussi dans l’éducation à l’environnement pour sensibiliser les habitants à la nécessité de sauvegarder le site.

L’expertise de l’association fait aujourd’hui figure d’exemple dans la région. Les bénévoles et permanents partagent leur expérience pour sauvegarder d’autres milieux humides du Finistère.

 

Pour aller plus loin :

[youtube]http://youtu.be/clf9hd_qUhU[/youtube]

POUR des lectures citoyennes : Le peuple plus fort que le gouvernement ! (4/4)

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d5359f2d5d 2ft150 4Le principe essentiel de l’action de la désobéissance civile qui, rappelons-le, est non violente, est celui de  la non-coopération, explique Jean-Marie Muller dans « L’impératif de désobéissance » (Éditions Le Passager clandestin). Ce principe repose sur un élément majeur : dans une société, ce qui fait la force des injustices, c’est la complicité, qu’elle soit passive, volontaire, résignée ou forcée, de la majorité silencieuse des citoyens.

La résistance pacifiste vise à rompre cette complicité.

La contrainte devient effective à partir du moment où les actions de la non-coopération parviennent à tarir les sources du pouvoir des autorités établies, qui n’ont plus les moyens de se faire respecter et obéir, pour imposer l’injustice, des sévices, des diktats, la violence autant morale, psychique que physique.

Certes, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais maints exemples historiques, cités dans nos trois précédentes chroniques sur le même sujet, confirment que c’est possible, à plusieurs conditions.

Ces conditions sont : avoir un objectif clair, précis, limité et possible, afficher clairement sa volonté de non-violence, savoir que toute action collective réclame, à la fois, une organisation souple et rigoureuse, et, situation stratégique importante, que prendre la parole de manière raisonnable, non violente, juste, voire humoristique, est déjà prendre le pouvoir.

Il faut, bien entendu, convaincre l’opinion publique, ce qui n’est pas aisé non plus.

Mais, les décideurs veillent au grain : « Force reste à la loi » et, alors, répression et procès sont au programme. Des solutions sont proposées : mobiliser au maximum une forte minorité de citoyens qui affirmeront leur solidarité avec les « désobéisseurs » et tenter de faire des juges des alliés.

Désobéisseurs responsables oui, coupables non !

 La nuance est grande est primordiale. Voyez, donc, au bout de longues années de procès et d’amendes, le sort réservé  à Antoine Deltour, lanceur d’alerte considéré comme le « Père des LuxLeaks » qui, en mai 2018 a été quasiment acquitté sur toute la ligne par la Cour d’appel du Grand-Duché de Luxembourg.

En définitive,  il faut que le peuple renverse la vapeur et devienne plus fort que le gouvernement qui veut lui imposer des lois moralement inacceptables et injustes.

Car, comme le prétend Jean-Marie Muller, faute de parvenir à briser le ressort du mouvement par la répression, le pouvoir n’a guère d’autre issue que de rechercher une solution négociée.

 Dès lors, chacun est invité à résister sur son lieu de travail, dans son quartier, en profitant de tous les moyens que sa position met à sa disposition pour les retourner contre le pouvoir illégitime.

Sigle POUR et FT 1Précision de l’auteur du livre : La gauche alternative suscite une nouvelle réflexion sur la désobéissance civile. Dès lors, la présente chronique se fait en partenariat avec le magazine POUR dont, rappelons-le aussi, le slogan est : « Pour écrire la liberté » !

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Les villes en transition préparent l’après pétrole (rediffusion)

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Vivre la transition au quotidien. Trier ses déchets, éteindre ses lumières, réduire sa consommation d’eau, faire son compost, installer des toilettes sèches ou consommer localement.… Toutes ces initiatives n’ont rien de révolutionnaires en soit et sont peu à peu adoptées par chacun d’entre nous. Mais si elles deviennent banales individuellement, elles peuvent devenir beaucoup plus significatives lorsqu’elles sont mises en œœuvre en cohérence entre elles.

C’est cette démarche qu’adoptent petit à petit plusieurs villes de part le monde. Il s’agit pour elles d’intégrer les enjeux du changement climatique et de se préparer à l’après pétrole. C’est ce que l’on appelle les « Villes et Communautés en Transition ». Elles sont plus de 400 dans le monde et s’inspirent de l’initiative de la petite ville de Totnes, au Royaume Uni.

En 2006, un universitaire irlandais, Rob Hopkins, mène des conférences sur le pic pétrolier et sur ses conséquences sur notre environnement. Séduits par les thèses de l’enseignant, les habitants de Totnes s’interrogent sur les solutions à mettre en œœuvre pour agir, maintenant. La première ville en transition voit le jour ainsi.

Rob Hopkins, Permaculture Teacher, at Francheville Farm.
Rob Hopkins

L’objectif des pionniers du concept est d’inciter les citoyens d’un même territoire à prendre conscience du pic pétrolier, de ses profondes conséquences, et de l’urgence de s’y préparer.

Il s’agit pour eux de mettre en place des solutions visant à réduire ses émissions de CO2 et sa consommation d’énergie fossile selon un plan d’action baptisé « Plan d’action de descente énergétique » créé par la collectivité.

Ce plan est fondé sur une vision positive de son avenir.

Autre objectif : la relocalisation de ce qui peut l’être en intensifiant les liens entre les habitants et les acteurs économiques locaux. Il s’agit enfin, pour la communauté, d’acquérir les compétences, les savoirs faire nécessaires pour mettre en œœuvre leur idéal.

Il n’y a pas de réponse toute faite adaptable à tous les profils, mais une multitude de petites solutions modulables à souhait, et répondant aux caractéristiques locales. Chaque collectivité doit donc trouver par elle-même les outils convenant à ses enjeux et ses ressources.

Les initiatives de transition peuvent donc être multiples.

Le recyclage ou l’échange des objets usagers est l’une des actions qui s’inscrit dans ce cadre. L’idéal est de recycler ou de réutiliser sur place ou à proximité. Une centrale d’échange, où les particuliers déposent leurs objets et que d’autres peuvent récupérer, est une excellente alternative à la mise en décharge ou au transport lointain pour recyclage.

La production locale d’énergie est aussi envisageable. Moins dépendre du pétrole, mais aussi de réseaux électriques à longue distance qui sont fragiles et représentent une forte déperdition d’énergie, c’est aussi un moyen de valoriser les ressources locales et de créer des emplois sur place. Bois de chauffage, biomasse solaire passif, solaire photovoltaïque et éolien sont les pistes à explorer.

Multiplier les circuits courts dans les approvisionnements dans l’intérêt des acteurs économiques locaux fait partie des possibilités. Les AMAP sont à citer parmi ces circuits courts, mais on peut aussi parler de la filière bois qui a un fort potentiel énergétique et qui peut, dans certaines régions, s’inscrire dans cette filière courte.

L’auto partage, les transports en commun, les parkings à vélos, sont autant de leviers sur lesquels jouer pour inscrire sa communauté dans la transition.

Autre initiative originale que l’on peut aussi développer : la monnaie locale. Si à l’heure de l’euro et à l’économie mondialisée cette idée peut paraitre saugrenue, ces monnaies peuvent pourtant offrir un outil puissant de préservation de la richesse locale, notamment en la mettant relativement à l’abri des soubresauts de l’économie et de la finance mondiale, et en encourageant les échanges entre acteurs économiques locaux. Elles peuvent permettre de mobiliser plus facilement des compétences qui intéressent peut l’économie dominante.

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Le Trièves, au sud de Grenoble

Si le mouvement des villes en transition est parti de Grande Bretagne, l’idée a fait son chemin. Le concept essaime déjà au Canada, aux Etats Unis, en Australie, mais aussi, en Suisse, au Portugal ou encore en France…

Trièves, un territoire rural de 300km², au sud de Grenoble, s’est inscrit dans la démarche. Tout comme Salies de Béarn, dans les Pyrénées Atlantiques, ou Sucy en Brie dans le Val de Marne. Des groupes de réflexion voient le jour aussi dans de grosses agglomérations, telles que Bordeaux ou encore Grenoble….

Pour aller plus loin :

Pour l’interdiction des concours de chasse sous-marine !

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La FNPSA (Fédération Nationale de Pêche Sportive en Apnée) a organisé, ces 6 et 7 octobre, un concours de chasse sous­‐marine dans la zone comprise entre le port de la Galère et la Vaquette (entre Théoule et Miramar), sur la zone des Basses de la Fourmigue. Une quarantaine d’équipes de 2 chasseurs étaient réunies.
es chasseurs sont des champions d’apnée, et, si le prélèvement d’un chasseur peut être accepté, celui d’un bataillon de chasseurs, dont le seul but est de tuer le maximum de poissons… est totalement inacceptable ! En quelques heures, ces « champions » ravagent toute une zone, tuant les plus gros poissons – les plus gros reproducteurs. Ont-­ils la moindre idée de l’impact de leur chasse ? De l’impact du prélèvement d’une cinquantaine de murènes ? S’en soucient-­ils ?
LONGITUDE 181 lance une pétition pour l’interdiction de la chasse sous-marine et c’est François SARANO qui nous en explique les raisons : Il ne s’agit plus de chasse sous-­marine, mais de concours de « destruction de patrimoine commun »! Pour en savoir plus, écoutez et diffusez sans modération.

www.longitude181.org

POUR des lectures citoyennes : Être solidaires, pas complices ! (3/4)

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ft150 2Sigle POUR et FT« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff en partenariat avec « POUR[1] ».

 Depuis des siècles, on sait que, généralement, les doctrines politiques affirment la primauté de l’État sur la personne et ne laissent guère de place à la théorie de la désobéissance civile, donc citoyenne. Ainsi, quiconque refuse de se soumettre à la loi, est considéré comme nuisible à la société. C’est donc un fauteur de désordre qui doit être neutralisé.

Tel est le constat de Jean-Marie Muller dans son essai « L’impératif de désobéissance » paru aux Éditions « Le d5359f2d5d 1Passager clandestin », dont il a déjà été question à deux reprises dans cette rubrique tant le sujet est d’importance.

Poursuivons, donc, la lecture attentive de cet ouvrage par d’autres situations de la résistance, souvent pacifiste, face aux pouvoirs considérés comme totalitaires, injustes et antidémocratiques.

  • De Jean-Marie Muller : « La démocratie est beaucoup trop souvent menacée par l’obéissance aveugle des citoyens que par leur désobéissance, car l’obéissance passive des citoyens fait la force des régimes arbitraires et totalitaires.Le désobéisseur est un dissident, pas un délinquant. Il ne refuse pas d’être solidaire, il refuse d’être complice. Celui qui se soumet à une loi injuste porte une part de la responsabilité de cette injustice. »
  • De Vaclav Havel lors de la « Révolution de velours» en Tchécoslovaquie : « Il n’y a pas de coexistence possible entre la vie dans le mensonge et la vie dans la vérité. Il faut combattre un régime totalitaire sur un terrain où il ne peut pas gagner, celui de la morale.»
  • Du philosophe américain John Rawls : « Le recours à bon escient à la désobéissance civile protège davantage les libertés fondamentales des citoyens que l’obéissance passive à une loi injuste.»
  • Argument de « Solidarnosc», le syndicat polonais face au totalitarisme communiste : « Il s’agit du combat entre la vérité et le mensonge, entre la liberté et la violence, entre la dignité et l’humiliation. »

En conclusion à cette troisième chronique, ce n’est pas la loi qui doit dicter ce qui est juste, mais ce qui est juste doit dicter la loi. Ce qui doit inspirer le comportement du citoyen, n’est pas ce qui est légal mais ce qui est légitime !

[1] Magazine et site « POUR » écrire la liberté : www.pour.press

Chanson : extrait « Le déserteur » de Boris Vian (Youtube)

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Deux Saint-Jean, deux fêtes initiatiques  par  JP Dubrun (MdV Éditeur)

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ft150 1DSC02320« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 J’ai encore de très lointains souvenirs d’adolescent des feux de joie de la Saint-Jean d’été dans les Ardennes, ceux que les grands-parents prétendaient être chargés de vertus purificatrices et protectrices, alors que de jeunes adultes prédisaient une belle rencontre amoureuse, valable une année, si l’on osait sauter au-dessus des flammes du brasier.

Puis, quelques décennies plus tard, voici les Saint-Jean d’hiver et d’été célébrant les solstices lors de rituels hautement symbolique au Rite Opératif de Salomon.

Et, en 2018, MdV Éditeur a eu l’excellente initiative de proposer deux petits ouvrages superbement illustrés de Jean-Patrick Dubrun consacrés à ces fêtes initiatiques. Cet auteur féru d’Histoire et de symbolisme nous explique l’universalité de ces symboles et, en quelque sorte, il propose aux profanes les clefs menant à une meilleure compréhension de ceux-ci, voire, aux initiés de leur rafraîchir quelque peu la mémoire.

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Illustration du premier tome.

Avec Janus, le dieu aux deux visages, remplacé par Jean chez les Bâtisseurs moyenâgeux, le solstice d’été « le jour où le soleil est au plus haut degré de sa splendeur », aux loges de Jean « l’un des canaux privilégiés de la transmission », selon l’auteur, on entre de plain-pied dans une dizaine de chapitres qui évoquent le temps sacré et les rites, Jean le Baptiste et Jean l’Évangéliste, la symbolique du bûcher, la lumière révélée, un banquet alchimique, le feu secret…

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Illustration du deuxième tome.

Pour Jean-Patrick Dubrun, le solstice d’hiver est le temps du silence, alors que, six mois plus tard, au solstice d’été, c’est le temps du triomphe de la lumière sur les ténèbres et, ces questions non dénuées d’intérêt : Existe-t-il un lien entre le baptême et l’initiation ? Les deux Saint-Jean sont-elles des fêtes indissociables ? Que viennent faire l’âne et le loup à la Saint-Jean d’hiver ? Pourquoi les populaires et traditionnels bûchers de la Saint-Jean d’été ?

En conclusion, ces deux essais ont l’avantage d’être lus, à la fois par les férus d’ésotérisme, de mythologie, de traditions populaires et d’y puiser matière à réflexion sur des rituels séculaires qui se perpétuent encore sous toutes les latitudes.

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Tradition du métier et transmission  

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Artisan transmettant son savoir…
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Les jeunes à l’écoute de contes et légendes, mais, aussi, des artisans leur évoquant des métiers anciens.

Si, de plus en plus de gens se tournent vers le bio, d’aucuns prêtent à nouveau une attention soutenue à l’artisanat, gage de qualité. À l’occasion d’un important Marché médiéval[1], comme il en fleurit aux quatre coins de l’Europe, l’occasion était belle d’aller à la rencontre d’artisans, tel Kévin[2], sellier, harnacheur, maroquinier breton (extraits des interviews repris dans leur totalité dans le podcast situé sous l’article):

Je travaille sur commande et sur mesure. Je fabrique toutes sortes d’objets en cuir : sacs à main, escarcelles, sacoches pour ceintures, morceaux d’armures pour les joueurs de jeux de rôles, troupes de déambulation, jongleurs de feu, des masques, des plateaux, aussi, car je me suis acheté un tour à bois…

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Kévin, artisan breton, au micro de Pierre Guelff : « C’est une règle d’or que de transmettre ! »

Je suis cavalier à la base, j’ai fait toutes mes études dans le milieu du cheval, donc un contact permanent avec le cuir. Néanmoins, je me suis abîmé le dos et il a fallu que je change d’orientation et, comme je ne voulais  pas quitter le milieu du cheval, j’ai suivi une formation au Haras de La Roche-sur-Orient. J’y ai été formé par un maître sellier, meilleur ouvrier de France. Il m’a transmis son savoir, m’a appris à travailler entièrement à la main, à la traditionnelle !

Et, comme c’est une règle d’or dans les haras nationaux, je transmets à mon tour. On est donc dans la philosophie du Compagnonnage (…)

 

Mais, un Marché médiéval, c’est aussi une fête et qui dit fête, dit musique. Jérémy de Lombaerde du duo DLC[3], évoque aussi la musique artisanale, la tradition et la transmission :

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Jérémy de Lombaerde (à gauche) et Castillo à droite de notre chroniqueur, forment le Duo DLC.

Nous jouons principalement de la musique à danser, traditionnelle, répertoires irlandais et bretons souvent recueillis fin du XIXe siècle et début du XXe. Ces musiques ont été collectée à cette époque-là, mais elles existaient bien avant et elles continuent d’évoluer.

Nous exécutons da la musique « artisanale » puisqu’elle est assez proche d’une commande que recevrait un artisan, aménagement ou non, proposition de notre service…

Notre but est aussi de transmettre et, personnellement, je donne des cours aux Jeunesses musicales, qui enseignent des chants, des danses, des musiques, c’est donc bien dans ma philosophie.

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Castillo interprète un morceau de musique à l’intention des auditeurs de « Fréquence Terre » et de ceux de nos radios partenaires.

DLC comme De Lomberde[4] et Castillo et c’est ce dernier qui offre un aperçu de son talent en exclusivité pour les auditeurs de « Fréquence Terre » et nos radios partenaires.

[1] 26e Édition à Etterbeek, Bruxelles.

[2] www.atelierdemilune.com

[3] Les extraits musicaux de cette chronique sont de leur interprétation audit Marché médiéval.

[4] www.facebook.com/jeremy.delombaerde

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Kurdistan irakien : l’enfance est un droit

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© France Libertés

Favoriser la résilience et resocialiser les peuples déracinés, c’est l’objectif de la Fondation France Libertés qui mène un programme d’éducation et de formation au sein des camps de réfugiés au Kurdistan irakien. Plus de deux millions de réfugiés et de déplacés fuyant les conflits, dont 500 000 enfants, ont trouvé refuge sur ce territoire.

Pour endiguer les traumatismes et donner espoirs à ces populations d’un retour à une vie équilibrée, la Fondation organise depuis deux ans des activités pédagogiques pour les enfants et forme les adultes aux méthodes d’éducation populaire.  Un programme qui a un coût. D’où la campagne de financement participatif actuellement en cours intitulée « L’enfance est un droit ».

Dans quelles conditions vivent ces réfugiés dans ces camps du Kurdistan irakien ?

« Les conditions de vie sont assez variable selon les camps. Il faut imaginer des camps qui rassemblent des milliers de personnes qui vivent sous les tentes avec un accès limité à l’eau et à l’électricité. Les enfants peuvent bénéficier de quelques heures d’école par jour. Mais en termes psychologiques, c’est assez difficile, puisque il y a beaucoup d’inactivité et d’isolement. »

D’où viennent ces réfugiés ? Il n’y a pas que des Kurdes ?

« Non, il y a assez peu de Kurdes au Kurdistan irakien. Le camp d’Ashti où nous intervenons est un camp de déplacés. Ce sont des irakiens qui rassemble des communautés shabaks, arabes, des Yézidis, des Turkmènes. Beaucoup de ces réfugiés viennent de Syrie et de la ville de Mossoul, en Irak, d’où ils sont été chassés par la guerre et par l’Etat islamique. »

Carte camps de réfugiés Kurdistan irakien
© France Libertés

Quel est l’objectif du programme d’éducation que vous menez sur place, en partenariat avec la Fédération Léo Lagrange ?

« L’objectif général du programme, c’est de contribuer au retour de la paix. Nous pensons que le retour de la paix passe par le fait de favoriser la résilience, c’est-à-dire la capacité à surmonter les traumatismes. Pour cela, on organise des activités constructives dans ces camps de réfugiés. »

De quelle nature sont les activités que vous menez ?

« Ces activités, on les mène avec la Fédération Léo Lagrange et avec des associations kurdes sur place. Pour les adultes, ce sont des activités de formation. On forme à deux métiers, des animateurs et des formateurs d’animateurs. Pour les enfants, ce sont des activités pédagogiques, beaucoup d’activités d’expression, comme le théâtre, la peinture, le dessin, le slam, et des activités de coopération. Les apprentissages sont essentiels, avec l’anglais, les sciences. Mais l’objectif, c’est également de développer la capacité des enfants à se projeter et à imaginer leur avenir par ses activités. »

Dans votre programme, il y a aussi une partie de formation de formateurs, pour que les adultes sur place prennent votre relais.

« Cette formation de formateurs, d’animateurs, cela permet à ce projet de se pérenniser, d’être valable dans le temps. C’est l’un des deux parcours de formation qui est sanctionné par un diplôme, un certificat reconnu par le gouvernement kurde. »

Rêver son futur

Quels sont les résultats perceptibles depuis deux ans ?

« Oui. En deux ans, on a déjà formé 45 personnes à l’un de ces deux cycles de formation. Et 6 000 enfants ont bénéficié de ces activités constructives. Mais au-delà des chiffres, les témoignages sur le terrain montrent qu’il y a une évolution de toutes les personnes impliqués dans ce programme, que ce soient les adultes ou les enfants. L’épanouissement, notamment des enfants, est beaucoup plus grand. Ils arrivent beaucoup mieux à côtoyer les communautés et à surmonter leur traumatismes dus à l’exil et à la guerre. »

Vous avez parlé de résilience à travers ses activités. En quoi cette notion est importante pour ces enfants ?

« La résilience c’est une notion fondamentale pour permettre de surmonter des traumatismes, quand on a vécu des choses difficiles, pour permettre de s’adapter et de se projeter. Quand on a perdu la capacité à se projeter dans l’avenir, à faire des projets, à rêver son futur, on ne peut pas se reconstruire. »

Objectifs campagne Kurdistan irakien
© France Libertés

Ce programme a un coût. D’où le financement participatif que vous avez lancé. Vous cherchez à récolter 10 000 euros. A quoi serviront les fonds récoltés ?

« Nous cherchons à étendre ce programme à deux nouveaux camps, les camps de Hassan Sham 2 et de Ozal. Nous cherchons à récolter 10 000 euros, 6 000 euros qui seront consacrés à la formation de 15 nouvelles personnes, 2 000 euros pour les activités pour environ 1 200 enfants. Les 2 000 euros restant serviront à l’achat de matériel. Quand on fait un don de 50 euros sur cette campagne de financement participatif, on permet à 60 enfants de bénéficier d’activités pendant deux semaines. C’est vraiment quelque chose de concret. »

Comment participer à ce financement ?

« On participe sur la plateforme HelloAsso, sur la page de la campagne « L’enfance est un droit », que l’on retrouve sur la page Facebook. On peut participer jusqu’au début du mois de juin. Pour l’instant nous avons atteint 40% de notre objectif des 10 000 euros. Nous sommes très contents d’avoir récolté cette somme. Mais la campagne continue. Faire un don, cela prend quelques minutes. C’est déductible des impôts. Un don de 50 euros revient à 17 euros après la déduction fiscale. Et cela permet vraiment d’aider les personnes qui sont touchées par la guerre à se reconstruire. »

[vimeo 265558438 w=425 h=350]

Pour aller plus loin :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=osHEjIv8hxU]

 

 

 

Rencontre avec Juan Masondo : « Passeur » de musique traditionnelle

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Juan Masondo et notre chroniqueur.

ft150 3Juan Masondo, 73 ans, musicien argentin, évoque la musique traditionnelle de son pays d’origine, qu’il transmet depuis des décennies. Une rencontre exceptionnelle avec ce « passeur », véritable mémoire vivante d’une Tradition à sauvegarder et qui démontre que la musique argentine n’est pas que le tango ![1]

Voici des passages significatifs de son interview, dont la totalité est disponible en podcast, comme des extraits musicaux, repris sous le présent article :

Je suis venu en Europe quand la dictature a commencé, que les militaires ont donc pris le pouvoir et on m’a conseillé de m’en aller le plus vite possible. Au départ, je voulais poursuivre des études universitaires d’ingénieur agronome, ce que je n’ai pu réaliser faute de concordance entre les niveaux des programmes.

Alors, comme j’avais appris la musique par mon père et mon grand-père, guitaristes, que je jouais déjà en amateur en Argentine, je suis devenu musicien professionnel en Europe. Comme la guitare avait toujours été présente dans ma famille, eh bien, j’ai poursuivi cette tradition sur le Vieux Continent !

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Un guitariste de talent soucieux de la transmission.

 Juan Masondo a-t-il été tenté par moderniser son répertoire et, en somme, l’adapter à l’ère contemporaine ?

Pas du tout !  J’ai préféré rester fidèle à la musique traditionnelle, plutôt qu’interpréter des mélanges de musiques folkloriques et modernes en vogue actuellement. Je constate que ce mouvement de musiciens argentins délaisse la tradition. Ils  recherchent une forme d’originalité, mais, pour moi, ce n’est pas obligatoirement « meilleur » que la musique coutumière. C’est la raison pour laquelle, je transmets cette dernière à de jeunes guitaristes. Mais qu’en font-ils ?

 La transmettre à leur tour !

Peut-être…

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Que vole, donc, la colombe musicale vers d’autres cieux…
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Quelques notes pour « Fréquence Terre »…

 Sur la pochette du CD dont son repris des extraits  pour illustrer le présent reportage, je vois une colombe…

Je suis un homme de paix et cette colombe symbolise l’envol de la musique vers d’autres cieux…

 Ne lésinons donc pas à écouter cette musique qui relève d’un patrimoine à sauvegarder et, selon ma perception, à propager ! Et que vole encore longtemps la colombe musicale de Juan Masondo…

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[1] Les extraits musicaux sont repris du CD « Palomita Viajera » (www.jopiejonkers.com et decauterfam.be), quintette composé de Juan Masondo (chant, guitare et bombo), Jopie Jonkers (chant et harpe), Koen De Cauter (chant et guitare), Alfredo Marcucci (bandonéon) et Rinus Raaijmakers (contrebasse), 2010.