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Nous sommes tous citoyens : « Au progrès de l’humanité » par José Perez

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DSC02551Nouveau PGF siteFTBeaucoup trop de gens établissent des amalgames éhontés, profèrent des sous-entendus malveillants, émettent des « vérités » qui ne sont que rumeurs, ragots ou mensonges. Certaines personnes connaissent parfaitement bien ce processus qui consiste à les dénigrer, salir ou atteindre dans leur dignité, voire intégrité.

Ainsi, il en va de « Ce sont des arnaqueurs, des corrompus…», « Ce ne sont que des affairistes, des gauchistes, des anticléricaux… », « Il ou elle doit être fils ou fille de riche, de parvenu, de pistonné… » sans parler de fameux complots mondiaux, le judéo-maçonnique est récurrent en la matière.

Dans pareil contexte en cette période où les relents de la peste brune se font à nouveau sentir, je conseille vivement la lecture de l’essai de José Perez, Inventeurs et créateurs francs-maçons paru, en 2018, aux Éditions EME.

On y lit près d’une centaine de portraits « de femmes et d’hommes qui ont inventé, créé, fondé, été les premiers à faire ce qu’ils ont fait. Ils ont écrit, pensé, agi. Tous ont un point commun : la Franc-Maçonnerie. Et tous ont contribué au progrès de l’humanité », souligne l’auteur.

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José Perez.

Dans ce vivier, j’ai spécialement repéré des personnes qui, par leur cheminement professionnel, sont la démonstration irréfutable que l’on peut être issu d’un milieu social modeste, d’un monde où règne la précarité, être enfant de la classe ouvrière ou paysanne, sans obligatoirement avoir fait des études dans des établissements scolaires réputés et fréquentés par la prétendue future intelligentsia, et avoir marqué de son empreinte la Société.

Certes, pour ce faire, ils ont eu le courage et la détermination de travailler, la volonté d’entreprendre chevillée au corps et, surtout, des principes moraux, humanistes, fraternels, pas nécessairement portés comme des étendards.

 

Ainsi, William Frederik Cody (1846-1917), cavalier né dans l’Iowa, développa une sorte de malle postale, puis devint le réputé showman « Buffalo Bill ». Clara Campoamor (1888-1972), orpheline de père dès l’âge de 12 ans, couturière qui, toute sa vie, mena un combat pour le droit des femmes. « C’est à elle que nous devons le suffrage universel, la réflexion sur la dépénalisation de l’avortement en… 1936 ! » souligne José Perez. Walter Chrysler (1875-1940), fils de migrants, passionné de mécanique, mécano aux Chemins de fer, devint le fondateur de la Chrysler Motors Compagny tutoyant les prestigieuses Cadillac, Packard et Lincoln.

Et, que dire de Jean-Baptiste Clément (1836-1903) qui, adolescent, quitta sa famille et fit de petits boulots tout en exerçant sa passion, la poésie ? Si, à Paris, il vit des travailleurs trimer, de retour d’exil en Belgique, il aperçut dans un village des cerisiers et cela l’inspira, d’où la fameuse chanson saluant l’harmonie originelle entre l’homme et la nature, Le temps des cerises. Bien avant lui, un fils d’agriculteur, féru de mathématiques, Pierre-Simon Laplace (1749-1827), devint un scientifique renommé pour, entre autres, son Traité de Mécanique céleste. Puis, voici, Alexander, un Écossais d’une famille recomposée, septième d’une fratrie de huit sœurs et frères. Très tôt orphelin de père, il s’accrocha au travail, observa la nature et devint Nobel de Médecine, car Alexander Fleming (1881-1955) découvrit la pénicilline et sauva plus de 200 millions d’êtres humains !

Enfin, pêle-mêle, j’ai encore relevé un imprimeur, éditeur et écrivain autodidacte, Benjamin Franklin, inventeur du paratonnerre ; une orpheline qui se débrouilla toute seule et créa la première école laïque pour filles de Belgique, Isabelle Gatti de Gamond ; un fils de cocher né au cœur de Paris où le prolétariat survivait à peine à la faim et à la soif, Jean Macé devint pédagogue et créa la Ligue de l’Enseignement, inspirant l’école gratuite, obligatoire et laïque en République française ; un imprimeur, Jacques-Étienne Montgolfier, qui, avec son frère, inventa l’aérostat ; un recalé de l’Académie des Beaux-Arts, Alfons Mucha, cité parmi les plus géniaux artistes de l’Art nouveau ; un garçon vivant une prime enfance besogneuse dans les Vosges, apprenti coiffeur, qui créa la Société Protectrice des Animaux (SPA) ; un autre gamin à l’enfance difficile, orphelin de père, arrêté par les nazis avec sa mère, Hugo Praet, devenu un exceptionnel auteur de BD ; un autre écorché par la vie, né de mère inconnue, adopté à un mois, David Thomas, fit fortune avec ses hamburgers (Burger Wendy’s), sans oublier de créer une fondation pour l’adoption des enfants abandonnés…

Musique : quelques notes du « Temps des Cerises » (Youtube) et  Michaël Mathy : http://www.michaelmathy.be/#music

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Les robots : nos maîtres, nos serviteurs ou nos partenaires ? (2/4)

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ft150 1Dans la première chronique consacrée à l’essai « Les robots vont-ils remplacer les journalistes ? » de Damien Desbordes (Éditions Plein Jour), l’attention a été attirée sur une double question : que devient la démocratie et que devient la conscience avec les robots ?

Cette deuxième chronique apporte quelques éléments : « Il n’est plus possible de considérer le robot comme un simple automate au comportement prévisible. Il existe des frontières de plus en plus floues entre entités numériques et entités humaines. Ainsi, des partisans du courant de pensée transhumaniste veulent intégrer l’intelligence artificielle dans l’être humain. »

41ZNI9r0yPL. SX339 BO1204203200 FTjpgL’auteur explique : « Une chose est certaine : c’est nous, en tant qu’espèce, qui avons créé ces êtres numériques. Seront-ils nos maîtres, nos partenaires, nos serviteurs ? »

Concernant le journalisme, il rappelle que pratiquer cette profession exige une intelligence émotionnelle et la capacité de traiter un grand nombre de tâches intellectuelles différentes. Identifier les experts pour les interroger, par exemple.

Eh bien, cela n’empêcha pas le « Los Angeles Times » de faire appel à des logiciels pour écrire des articles sur les tremblements de terre de 2014, « Le Monde » d’en faire autant avec des résultats électoraux en 2015 et 2017, que 90% des dépêches produites par l’« Associatad Press » sur les profits des entreprises et un grand pourcentage concernant les sports soient écrits par des machines. Le concept robot-journalisme est donc bien d’application à tel point, souligne encore Damien Desbordes, que, correctement programmé, un robot peut rédiger des millions d’articles en quelques minutes !

Sigle POUR et FTIl ajoute, avec  justesse, qu’une démocratie se doit de surveiller ses médias quand les robots les bidouillent, mais il reconnaît, aussi, que l’âge d’or du robot-journalisme arrive à pleine vitesse, ce ne sont pas les Google, Facebook, Apple, Microsoft et Cie qui le contrediront, eux qui appuient leurs finances sur des réseaux de neurones artificiels, donc d’intelligence artificielle, tenant à distance respectable tout journaliste qui pourrait élever la voix de l’éthique au cœur du système.

Autre précision pour terminer cette deuxième chronique : d’ici une décennie, 90% des articles de presse seront rédigés par des robots sur base des fameuses datas où matière première de l’info. Des bases de données que chassent et pourchassent jusqu’au plus profond de notre vie privée les multinationales citées et bien d’autres.

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Mourir en choeur, le lien qui nous unit …

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« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge. » (Churchill)
Les citations même censées n’ont pas pour autant démontré l’intelligence du genre humain dans le passage de l’intention aux actes. L’ensemble des nations ne sait ni imposer une paix globale, ni favoriser une répartition juste des ressources, ni administrer les droits de l’homme, et que dire des droits de l’environnement, du droit des océans, inexistants car submergés par notre projet mondial commun : mourir en chœur, tous étouffés par nos déchets, nos pollutions de toute nature, par la destruction systématique des écosystèmes vitaux auxquels nous appartenons. c’est sans doute le le seul lien qui nous unit ! dans cette chronique consacré à l’océan, disons le , osons le : Nous sommes désormais sur le même bateau. Un bateau qui coule, et nous coulerons ensemble!…Mais tant qu’il y a de la vie y a de l’espoir ! … est ce si sûr ?

« Le Marié de la Saint-Jean » d’Yves Viollier (Presses de la Cité)

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ft150 2« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Trois frères cantonais ont des prénoms qui rappellent le chemin de vie de leurs parents : Zhida, le personnage principal du roman « Le Marié de la Saint-Jean » d’Yves Viollier (Presses de la Cité), signifie « le premier objectif est atteint », Zhiqiang, « le second objectif » et Zicheng, « ceux qui ont un but finissent toujours par l’atteindre ».

51If0scW9aL. SX195Et, Zhida, le « chintoque », comme il est écrit dans le texte, exilé en France pour études, tombe amoureux de la rousse Gabrielle, alors que son père veut la marier à Rosa, la fille de sa maîtresse.

Avouez que les quarante premières pages (sur 300), ici résumées, attirent déjà l’attention sur une situation surprenante, voire exceptionnelle, qui campe un aspect sociétal majeur, celui de l’intégration doublé de relations générationnelles traditionnelles.

Mais, ce roman est aussi une saga qui secoue les tripes de colère ou de tristesse, quand elle explique que deux des trois frères, alors âgés de 6 et 8 ans, furent littéralement séquestrés durant trois ans dans un séminaire de France où les avait envoyé leur père afin qu’ils acquièrent la culture française. Je cite, ce « salaud de Pingouin, nom donné au pion, déculotta Zhida devant une cinquantaine d’élèves afin de frapper ses petites fesses nues », alors que, durant ce temps, son père, en tant que médecin réputé, côtoyait la haute société à Phnom Penh, où la famille s’était réfugiée, la mère étant complètement soumise à ce despote.

Despote qui trouva refuge à Hong Kong face à la menace des Khmers rouges, elle restant sur place et disparaissant même lors des exactions commises au nom d’une prétendue idéologie égalitaire.

Le livre est un récit des trois jours de 1977 du mariage en Vendée de Gabrielle et de Zhida, de plongées dans le passé du jeune chinois, de rencontres entre les deux familles, de déclarations fortes, émouvantes et tellement réconfortantes dans notre société contemporaine passablement déboussolée.
Gabrielle à Zhida : « Tu apportes un nouveau sang. On va renouveler la vieille souche ! », Auguste, le père de la jeune femme : « Je vais devenir beau-père, mais l’important est que le gendre soit bon ! » et le père de Zhida, en son nom et celui de la maman disparue : « Nous sommes très heureux et très émus, Zhida. Et c’est donc avec beaucoup de satisfaction que, ta mère et moi, nous vous félicitons pour votre choix… Nous vous souhaitons une vie merveilleuse… »

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À la rencontre du « grand magicien ensorceleur »  

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Le squelette peintre (1896).

ft150 1Ostende, la « Reine des Plages », à quelques dizaines de kilomètres de la frontière française, et son musée Mu.Zee devraient attirer les 250.000 Français résidant en Belgique, ainsi que tous les vacanciers venus de l’Hexagone.
En effet, jusqu’au 16 juin 2019, s’y tient une remarquable exposition consacrée au peintre, graveur et anarchiste James Ensor[1], décrit par  Henri Storck, cinéaste et documentariste de renom, comme étant « le peintre splendide, le grand magicien ensorceleur. »

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L’étonnement du masque Wouse (1889).

Ensor appréciait la cité balnéaire au point d’en faire sa muse et source d’inspiration, mais, aussi, l’impétueuse Mer du Nord, les festivités carnavalesques et les masques.

Sur place, les explications donnent un éclairage surprenant de cet artiste aux œuvres internationalement connues au point d’être exposées, parfois de manière itinérante, à New York, Chicago, Los Angeles, Utrecht, Tokyo, Bâle, Liège, Copenhague, Anvers, Londres… : « Il voulait être original et continuer à innover pour produire des œuvres qui ravissent le spectateur. Son objectif final était de partager cet état de béatitude qu’il ressentait devant la beauté de la mer, ou quand inspiré par le nacre d’un coquillage, il peignait des scènes religieuses, des paysages ou des natures mortes. »

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Squelettes se disputant un pendu (1891).

Et, pourquoi ces tableaux représentant de nombreux masques ? La mère de l’artiste tenait une boutique de souvenirs et vendit toute sa vie des fleurs, des coquillages, des vases chinois et des masques. Ce fut pour le peintre une source d’inspiration. Mais, derrière ces masques se cache aussi une symbolique très forte :

« Si le masque joue un rôle mineur dans la peinture occidentale, il va tenir le premier rôle dans l’œuvre d’Ensor à partir de 1888, jusqu’à devenir sa marque de fabrique. C’est sa contribution la plus marquante à l’art moderne. L’ambiguïté du masque devient dans son œuvre un instrument pour démasquer la nature humaine. »

[1] Léon Spilliaert, autre peintre aimant Ostende, est associé à Ensor lors de cette exposition.

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Programme Cachalots 2018 : Premier témoignage exclusif de François SARANO!

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Le programme ‘Cachalots’  de l’association LONGITUDE 181  bat son plein.  C’est au retour de la campagne de collecte de données 2018 que François SARANO nous en révèle les premières nouveautés ,et  qui nous emmène dans  un monde  apaisé  avec son talent de conteur.   A ne pas manquer….  pour une  complète relaxation  auditive  !

http://www.longitude181.org

Les yeux brouillés de Franca Rossi (Le Livre de Papier)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 ft150 4D’emblée, Franca Rossi, auteure de l’essai « Les yeux brouillés » paru aux Éditions « Le Livre de Papier », met les choses au point : « Loin de moi l’idée d’exhiber de manière impudique une réalité à laquelle j’ai été confrontée pendant plus de quarante ans. Le propos de mon récit cible spécifiquement les moqueries envers la différence physique, car c’est cet aspect-là que je connais le mieux. Nombreux sont celles et ceux qui m’ont raconté, les yeux brouillés de larmes, ce qu’ils ont dû endurer et les phrases assassines, dont ils se souviennent mot à mot. »

thumbnail682.5a8ee82da720aEn une centaine de pages abondamment illustrées de photos, de dessins et de citations dans la deuxième partie de l’ouvrage réservée à quelques exemples, tels Fernandel, Toulouse-Lautrec, Sartre, Gagarine…, Franca Rossi invite le lecteur à ne laisser aucune place au mépris, à réagir de manière civique face aux moqueries, aux comportements et propos discriminatoires, même par l’humour conseille-t-elle, car « s’il ne fait pas de miracles, il peut réaliser des merveilles. »

Et pourtant, à découvrir certains témoignages poignants, révoltants, touchants ou choquants, il peut parfois paraître difficile de manier la plaisanterie. Cependant, quand on a terminé la lecture de cet essai, on se dit que l’auteure a vraiment su distiller matière à affronter l’humiliation, la cruauté, la souffrance morale et psychologique, la singularité, la solitude qui en résulte parfois.

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Franca Rossi.

Dans maints cas, la personne dont l’intégrité physique ou mentale est diminuée congénitalement ou sous l’effet d’un accident ou de l’âge, ne changera pas ou peu dans son handicap, mais c’est le regard des autres qui se transformera. Et ça, cela s’appelle tout simplement de l’humanisme et non une compassion de façade ou de l’hypocrisie.

Pour les besoins de la présente chronique, j’ai relevé un seul propos  dans les différents chapitres dévolus aux roux et rousses, loucheurs et loucheuses, boiteux et boiteuses, nains et naines…, qui, bien évidemment, corrobore le travail de recherche et de synthèse de l’auteure qui, rappelons-le, est aussi basé sur une expérience personnelle : « Il est possible d’apprendre de ses défauts, d’en faire des forces ou de lutter contre eux. »

https://www.publier-un-livre.com/fr/le-livre-en-papier/682-les-yeux-brouilles

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Vous avez dit concertation ? (rediffusion)

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© Grand Ensemble
© Grand Ensemble
© Grand Ensemble

La construction d’une nouvelle école, l’implantation d’un centre commercial, d’un écoquartier, ou d’une base de loisir, les projets d’aménagement du territoire passent de plus en plus par la consultation des citoyens. On sonde, on interroge, on expose les maquettes, on ouvre le débat à la population…

Mais ces grandes concertations populaires ne seraient-elles pas, parfois, que de la poudre aux yeux ?
A Vaulx en Velin, dans le Rhône, dans le quartier de la Soie, un grand centre de vie, entendez par cela un nouveau pôle de loisirs et de commerce, baptisé « Carré de Soie », a vu le jour il y a 4 ans, après plusieurs années de réunions consultatives. Un projet sensé s’adapter aux attentes des habitants. En vain ! Les espaces sortis de terre ne reflétèrent alors que très peu les souhaits exprimés.

C’est pour décrypter ce processus de décision que la réalisatrice Béatrice Dubell a reconstitué les différentes réunions en les faisant rejouer par les habitants eux-mêmes.

Militants associatifs, mères de famille, retraités, ouvriers, mais aussi pouvoirs publics et promoteurs privés ont été rejoués par ceux là même qui ont eu à subir le simulacre de concertation.
Au final, une peinture très juste et acide de ces réunions prétextes à de grandes campagnes de communication. C’est ce langage dominant qu’à voulu décortiquer Béatrice Dubell, la réalisatrice de « Déconcertation« , en mettant en lumière des réalités sociales.

Laure Pupier a participé au film. Habitante du quartier, elle a du incarner la puissance privée, le promoteur en charge de réaliser le nouveau centre…

[youtube]http://youtu.be/KhVp59vVf2M[/youtube]

« Déconcertation » fait partie d’une série de mini fictions mises en œuvre par l’association Grand Ensemble, un atelier de cinéma populaire, dont l’objectif est de témoigner de la vie de la société au travers des actions, des combats, des tranches de vie.

« Déconcertation » et les autres réalisations sont à suivre sur  le site de l’association Grand Ensemble qui prépare un autre film autour de la guerre d’Algérie dans la mémoire populaire lyonnaise.

  • Pour en savoir plus :

Déconcertation, naissance du documentaire

Des habitants face à une implacable mécanique

« Les robots vont-ils remplacer les journalistes ? » (1/4) : Et la démocratie ? Et la conscience ?

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ft150 141ZNI9r0yPL. SX339 BO1204203200 FTjpg« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff en partenariat avec « POUR » (une lecture citoyenne !).

Dans « Les robots vont-ils remplacer les journalistes ? » de Damien Desbordes (Éditions Plein Jour), pas question de SF mais de IA avec cet essai. SF comme Science Fiction et IA comme Intelligence Artificielle. On pourrait ajouter au titre les écrivains et écrivaines, d’ailleurs.

Ceci dit, les multinationales du numérique et de la robotique lancées à fond les manettes ne s’arrêtent pas en chemin et lorgnent tout autant du côté politique. Alors, certains, et nous en sommes à « Fréquence Terre » et « POUR », s’inquiètent : et qu’en sera-t-il de la démocratie ?

Quand disparaîtront à leur tour les traducteurs, enseignants et chirurgiens, les journalistes ne seront-ils plus qu’un très ancien souvenir, des machines dématérialisées s’étant emparées dans les rédactions et sur le web de ce qui les rendait indispensables : récolter, vérifier, traiter l’information pour en produire un article ou un reportage au contenu intelligible.

Mais, il y a des avantages pour lesdites multinationales, souligne avec malice l’auteur : le robot est réemployable à l’envi, sans salaire, ni charges sociales, ni notes de frais, ni pauses repas, ni congés payés !

Dans un premier temps, les robots avaient pour premier objectif de faire aussi bien que l’être humain et être compris de lui. Ensuite, bien sûr, de le remplacer et de le supplanter.

Alors, la presse va-t-elle être dominée par les algorithmes et les flux automatiques ?

Cette tendance gagne du terrain dans l’indifférence générale, constate encore Damien Desbordes.

Dans l’avenir, assistera-t-on à une lutte des classes hors du commun : des travailleurs contre leurs avatars automatisés ?

Sigle POUR et FTAprès les classes ouvrières qui luttèrent, tant bien que mal, face à la robotisation industrielle, les cols blancs vont-ils faire de même en présence de nouveaux outils informatiques ? L’expertise du médecin sera-t-elle remplacée par un programme ? L’avocat remplacé par un copié-collé entraîné du Droit ?

Et puis, après la science fiction, la robotisation industrielle, l’intelligence artificielle, voici l’intelligence émotionnelle avec un humanoïde dégageant de l’empathie et qui peut consoler son interlocuteur après avoir capté et analysé le son de sa voix, le choix de ses mots et même l’expression faciale.

Bref, maîtrise des cinq sens et perception des émotions sont, petit à petit, au programme des multinationales.

Il reste un point crucial : la conscience. Mais, d’elle, on sait que beaucoup s’en moquent éperdument tant que leurs actionnaires sont contents.

Cependant, une nouvelle question surgit : la conscience est-elle indispensable pour dépasser l’intelligence humaine ?

Poser la question n’est pas encore y répondre. Cela ne saurait tarder, annoncent les chercheurs.

Pour ma part, je lis et je relis cette déclaration de Victor Hugo : « Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. La main du songeur vibre et tremble en l’écrivant. » Poésie et technologie feront-elles bon ménage ?

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« Histoire sacrée du monde » : Qui sont ces fameuses « Initiatrices » ? (1/6)

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ft150 3Imaginez un prêtre, un imam, un pasteur ou un rabbin, qui prie pour avoir la foi, qui est sincère au plus profond de son cœur et appliqué dans sa pratique, mais qui n’a jamais vécu d’expérience mystique, alors qu’à quelques kilomètres de chez lui, une jeune paysanne ou ouvrière quasiment illettrée vit régulièrement et naturellement ce moment exceptionnel que certains intitulent un « instant d’or pur » ou la « Grande Vérité », voire la « Sagesse suprême ».

La base de l’imposant essai du théologue et cosmologue Jonathan Black « L’histoire sacrée du monde » (J’ai Lu), tient, selon moi, en cette question qui peut paraître anodine ou dérisoire : « Comment défendre avec assurance les dogmes d’une religion quand on suspecte que d’autres personnes font profondément et directement l’expérience de réalités qu’on ne connaît qu’en théorie ? »

À présent, entrons dans le vif du sujet ! Toutes les grandes discordes de l’Histoire, les inquisitions, les persécutions, les emprisonnements, les tortures, les exécutions, les guerres, découlent d’un seul point de désaccord originel, selon l’auteur : les scientifiques disent qu’au commencement de l’Univers il y avait le néant et les croyants soutiennent qu’il est l’œuvre de l’esprit fécond de Dieu.

9782290147283Autre point fondamental présenté par Jonathan Black : « Oui ou non, y a-t-il une interaction entre l’esprit et la matière ? »

Ici, Big Bang, mythologie de la création, pensées religieuses et spirituelles, surnaturel… entrent en jeu.

Les mythes de la création du monde entier, poursuit-il, racontent la manière dont Saturne, l’un des noms de Satan, avait opprimé la Terre-Mère et que le dieu Soleil finit par vaincre ce monstre.

On est donc dans le concept qui veut que la Lumière finisse toujours par vaincre les ténèbres, en somme.

Le vieux tyran Saturne passa à la postérité pour avoir dévoré ses propres enfants et ce mythe souligne encore une chose, ce qui est le but du livre : « Ce qui vient à exister peut aussi cesser d’exister » car c’est le propre d’une création que d’être limitée.  Ne dit-on pas que les cimetières sont emplis de personnes qui se croyaient irremplaçables, voire immortelles ?

« De tout temps, partout dans le monde, des gens ont rencontré des êtres désincarnés auxquels ils donnaient le nom de dieux, d’anges ou d’esprits. La perception qu’ils en ont est teintée de la culture dans laquelle ils ont été élevés. Évidemment, du point de vue scientifique, ces récits ne peuvent être que de simples délires. Mais si ce n’était pas le cas ? Et s’ils relataient des rencontres avec des êtres réels ? » questionne l’auteur.

De fait, il y a beau y avoir conflit – contradiction même – entre les religions au niveau de la doctrine et du dogme, les récits et les expériences, eux, paraissent très similaires, constate Jonathan Black, qui poursuit : « Sous le nom d’Initiatrice et sous différentes formes, on retrouve dans maintes mythologies une femme dotée de pouvoirs surnaturels pour combattre les forces obscures. De la sorte, elle joue un rôle capital dans l’histoire du monde et, ‘connaître les mythes, c’est apprendre le secret de l’origine des choses’ confirma Mircea Eliade. »

Les mythes, selon les matérialistes, seraient des éléments de l’inconscient à tel point que Freud évoqua des souvenirs de notre petite enfance pour les dieux qui ne sont rien d’autres que nos parents affublés de costumes, dit-il.

Les idéalistes, eux, considèrent que les mythes relatent la conscience humaine. Ainsi, mythes, légendes du monde entier, cultures différentes, racontent des histoires identiques sur le fond, différentes sur la forme.

Alors, vérités psychologiques ou historiques ? Pour l’auteur, il s’agirait peut-être des épreuves que tout être humain, homme comme femme, traverse dans la vie et font partie de son développement.

Ce qui rend  ridicule l’interdiction faite aux femmes en Anjou, il y a quelques décennies, de descendre dans les caves, les vignerons ayant peur qu’elles fassent tourner le vin avec leurs règles ! Le même motif étant encore invoqué, sous cape, dans certaines Obédiences maçonniques. La lecture de « Histoire sacrée du monde » met implicitement ce genre de poncif en évidence et ce n’est pas négligeable.

 

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

Histoire sacrée du monde : mythologie et science sont-elles contradictoires ?     (2/6)