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Rencontres  avec Riccardo Petrella, figure emblématique de l’altermondialisme et Christine Mahy, porte-parole de la lutte contre la pauvreté  

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Partenariat.FTjpgPhoto une POUR 1C’est dans le cadre d’une journée de débats organisée par POUR, média libre et indépendant avec qui Fréquence Terre-Écolodio tisse des relations confraternelles, que nous avons rencontré Riccardo Petrella, figure emblématique de l’altermondialisme, mais, aussi, Christine Mahy, porte-parole de la lutte contre la pauvreté, et d’autres intervenants,  au sujet d’enjeux sociétaux, politiques, économiques, sociaux et, bien sûr, écologiques qui en font partie intégrante.

Voici des extraits significatifs, et parfois décapants, des six à sept heures de ce forum militant et fraternel.

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Jean-Claude Garot et Riccardo Petrella

Jean-Claude Garot, cheville fondatrice de POUR explique : « Quand on voit la politique de Trump, celle d’Erdogan et de tas d’autres pays, y compris la Chine, qu’on voit comment l’évolution se fait et à quelle vitesse, nos responsabilités sont de plus en plus grandes d’être capables de soutenir des luttes, d’être un porte-voix dans notre société en se demandant comment davantage de citoyens peuvent s’emparer du débat politique. » Il termine son introduction par ce cri du cœur : « Alors, nous allons créer le futur ensemble ! »

Mainmise capitaliste sur le « vivant »

Riccardo Petrella, 77 ans, possède un curriculum vitae long comme un jour sans pain : politologue et économiste italien, docteur en sciences politiques et sociales, professeur d’écologie humaine, fondateur du Comité international pour un contrat mondial de l’eau, c’est-à-dire, qu’il est un ardent défenseur du droit universel et prioritaire à l’accès à l’eau, initiateur du Groupe de Lisbonne où il est question d’écocitoyenneté, de démocratie, il est résolument contre la marchandisation du monde.

Défenseur du bien commun contre la privation des ressources vitales pour l’homme, bref, c’est une figure emblématique de l’altermondialisme, un mouvement qui se traduit par une recherche d’alternatives à l’ordre international du commerce et de la finance qui, selon des sources fiables[1], est  marquée par une culture libertaire ou l’écologie radicale par certains aspects.

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Pierre Guelff et Riccardo Petrella

La situation catastrophique que le monde connaît actuellement sur les plans de l’environnement, de la liberté de la presse, du droit des citoyens, de la démocratie…, n’est pas le fruit du hasard et Riccardo Petrella y apporte quelques explications :

« Je pense que la gauche est responsable de la nouvelle dévastation et destruction du vivre-ensemble, même si elle n’est pas la seule. Après les années soixante-dix, elle a commis une erreur historique en adhérant à la thèse que, à la base de toute innovation individuelle et collective, il y a la science. Surtout, une science devenue de plus en plus technologique.

La gauche n’a pas proposé une alternative au rôle des sciences technologiques dans l’évolution des sociétés humaines, acceptant qu’elles soient la source du progrès social et humain.

Cette troisième révolution scientifique et technologique, celle du monde américo-sciento-technologique, a donc envahi nos médias, écoles, universités…

Dans les années quatre-vingt-dix, la gauche chanta en chœur la nouvelle ère, celle de la globalisation, y compris la mainmise sur le « vivant » et, à présent, l’intelligence artificielle. Les vrais seigneurs de la vie sont les industries agro-chimiques-pharmaceutiques et jamais la gauche ne protesta, aucune mobilisation contre tout ça !

Pour elle, ce processus de la globalisation est inévitable. Elle est comme la pluie. Tu ne peux rien faire contre elle, qu’avoir un parapluie.

Et, alors, s’en suit l’idéologie de la compétitivité, le principe du marché comme élément naturel du vivre-ensemble, et, aussi, elle ne fut jamais capable de lutter contre la guerre. Elle accepta les guerres, d’où la logique de l’appauvrissement  et de l’inégalité, et, en réponse, développe l’aide, l’aide et encore l’aide, alors qu’il faut faire sortir les gens de cette situation de pauvreté et d’inégalité, d’une prison, en somme… »

Jean-Claude Garot   résuma cette première intervention : « La gauche est grandement responsable de l’évolution contemporaine des rapports de force et de l’évolution de la société. L’élitisme scientifique reconnu et accepté depuis l’époque des Lumières a abouti à ce qu’une minorité de personnes imprime l’ensemble du processus économique, politique et social, qu’il y a eu transformation avec l’usage d’un vocabulaire qui dénature les rapports d’analyse et puis cette complicité à la participation de la gauche à la gestion du capitalisme ».

« Tout ça dans un confort ouaté… »

Christine Mahy est assistante sociale de formation, présidente du Réseau belge de lutte contre la pauvreté, docteur honoris causa à l’Université de Liège en septembre 2018, elle déclara à son tour : «  Je ne suis pas une intellectuelle et n’ai pas de théorie sur la gauche, mais je constate l’acceptation des inégalités, l’appauvrissement structurel installé et accepté. On considère des gens, ceux traités d’incapables, de poids lourds, d’incompétents, d’inadaptés…, comme des objets utiles appauvris qui font vivre des secteurs de notre société. On a décidé de vider les droits des gens en les remplaçant par des sparadraps compensatoires, on organise, systématise, structure, fixe même dans des lois, le fait qu’il y ait une population grandissante de gens qui a faim. On a intégré l’idée de parler de banques alimentaires, de restos du cœur, d’aide sociale, de la pauvreté intégrée comme un objet. Des gens sont devenus des objets et tout cela s’installe dans un confort ouaté. Alors, des gens de gauche disent que j’ai un discours destructeur en déclarant tout ça… »

Après toutes ces constations, comment réagir ? Réponse de Christine Mahy :

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Christine Mahy est également chroniqueuse à POUR

« Chaque fois qu’on met en place quelque chose, qu’on réfléchit, on doit se poser la question du droit pour les gens et ne pas dire qu’ils sont un problème, ont des défauts… On doit penser en termes de réduction des inégalités, comment rééquilibrer les choses (…) Ainsi, je viens d’apprendre avec bonheur que les transports en commun de Dunkerque vont être gratuits et le maire explique que c’est, bien sûr dans le cadre de l’environnement, mais également dans celui de la justice sociale (…)

Cependant, on exige encore trop de ceux qui ont déjà trop et d’être plus vertueux que ceux qui ont tous les moyens de faire des efforts !

Ce n’est pas une question simple, parce que ça demande une autre temporalité, un autre rythme, d’autres endroits où se trouver, mais, en définitive, c’est l’affaire du Parlement, de l’agora… »

De bonnes choses, connaissance et conscience

Deux remarques parmi bien d’autres participants à cette journée POUR (ci-dessous des extraits, mais le podcast est plus explicite pour les trois prochaines interventions) :

« La pensée dominante est la pensée de la classe dominante, celle qui a besoin d’exercer son pouvoir, donc de contrôler les esprits. »

« Beaucoup de bonnes choses ont eu lieu depuis 1970. Je crains de voir beaucoup de gens aveugles par rapport à ce qui va bien. Il y a aussi des chiffres positifs sur l’évolution de l’humanité en matière d’accès à l’éducation, à l’eau, à l’alimentation, à l’information, il y a diminution de la mortalité infantile et augmentation de la durée de vie. Même le monde de tués sur la planète a diminué. Bien sûr, il reste des inégalités… »

Conclusion humaniste de Riccardo Petrella :

« Le problème de l’exclusion mondiale et celui du développement écologique est immense et c’est vrai qu’on ne peut pas tout attribuer à la gauche et l’incapacité de le résoudre (…) Le débat sur la science et la technologie ne peut pas faire l’économie sur l’imaginaire, donc sur la conscience. Celle-ci vient avant la connaissance !

C’est pour cela que je continue de dire que la gauche s’est trompée. Elle n’a pas été capable de dire que la connaissance est un instrument, alors que l’émotion, la passion, la compassion, la joie, l’amitié, l’amour…, ça, c’est avant la connaissance elle-même ! »

 

Photos : Marie-Paule Peuteman, Fréquence Terre-Écolodio.

[1] Voir « Altermondialisme » à Wikipedia, 2018.

Université d’été de la solidarité : pour un autre choix de société

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Plus de 2 200 personnes ont participé fin août à Grenoble à la première université d’été solidaire et rebelle des mouvements sociaux et citoyens. Soutenue par plus de 300 associations, syndicats et collectifs citoyens, dont le mouvement Attac et le Crid (Centre de recherche et d’information pour le développement), cette université s’est attachée à « renforcer le rapport de force », à construire des alternatives en préparant des prochaines mobilisations, dans un contexte de réformes gouvernementales.

Avec la Fondation, vous avez participé à cette première université d’été des mouvement sociaux et citoyens. Avant d’en tirer les grands enseignements, qu’est-ce qui a motivé la tenue de ce rassemblement ?

« Chaque année, Attac organisait une université d’été. Le Crid organisait une université tous les deux ans. Il y a quelques années ils s’étaient rapprochés pour faire des universités ensemble. Mais face à l’urgence, climatique mais aussi sociale provoquée par le gouvernement Macron, les deux structures se sont dites qu’il était temps de rassembler au maximum les mouvements sociaux pour faire face à ces difficultés posées par le changement climatique, mais aussi par les mesures gouvernementales actuelles. »

Il y avait vraiment urgence à ce rassemblement ?

« Complètement. En tous cas il y a une urgence climatique. On l’a encore vu cet été. Il y avait même un atelier sur la collapsologie, des personnes qui pensent que d’ici 15 à 20 ans, une partie de notre monde pourrait s’effondrer, sur le plan lié au changement climatique, mais aussi à cause des mesures sociales qui sont prises actuellement, sur les questions migratoires, économiques, de finance.. L’urgence est totale. »

Plus de 2 200 participants sur cinq jours ont participé à cette université. Des dizaines d’ateliers et de débats ont eu lieu. Quels ont été les grands thèmes d’échanges et de rencontres ?

« Ils ont été multiples, mais tous avec en toile de fond l’idée de changer notre modèle de société actuelle. Les thèmes qui revenaient assez fortement étaient ceux de l’écologie, de la lutte contre les discriminations, de l’accueil des migrants, de la montée du féminisme et de l’écoféminisme, des alternatives possibles à ce monde-là, notamment l’émergence ou la résurgence des communs, des nouvelles façons de faire de l’économie – on pense aux coopératives. Et il y a eu tout un débat autour du rétrécissement des libertés et de la société civile qui subit des attaques assez fortes des Etats. Cela reste une université des mouvements français, même s’il y avait des représentants de douze pays invités avec qui on a pu discuter d’enjeux internationaux. Mais sur les mobilisations à venir, c’est resté concentré sur ce que l’on peut faire nous, au niveau franco-français. »

France Libertés a largement pris part à ces débats. Quels étaient, pour la Fondation, les grands enjeux de cette semaine, les thématiques fortes ?

« France Libertés étant dans une période de restructuration, nous y sommes allés principalement pour écouter, pour voir les tendances actuelles et pour se poser des questions sur les grandes orientations à venir. On a participé à des ateliers, notamment sur les communs : comment les citoyens peuvent faire ensemble, créer des nouvelles règles démocratiques pour gérer des biens communs. Nous qui travaillons énormément sur l’eau, c’est quelque chose sur lequel on a beaucoup insisté. On a aussi été partie prenante en coorganisant un atelier sur la criminalisation de la société civile, puisqu’on avait fait l’objet d’attaques de Véolia en diffamation. On a raconté ce combat et la campagne « On ne se taire pas », pour inviter nos partenaires à ne pas se laisser faire et à contrecarrer les attaques, à la fois des multinationales et des Etats envers la société civile. »

Plus de 300 associations étaient présentes, avec des collectifs et des mouvements citoyens. Le monde associatif, que l’on dit en perte de vitesse, reste très mobilisé.

« Complètement. On était très nombreux. Et il y avait une grosse diversité, notamment générationnelle. Le monde associatif fait face à des attaques économiques, les budgets sont en baisse, les subventions d’Etat sont limitées. Et on a des lois assez liberticides qui sont passées. C’est difficile, mais le monde associatif se rend compte que c’est le moment d’agir et qu’il faut agir ensemble. C’est pour cela qu’il a répondu présent. On sent que le monde associatif se transforme. Donc il reste mobilisé mais il agit différemment, dans les associations, mais aussi en dehors des associations, on l’a vu avec Nuit debout, les ZAD ou d’autres actions. »

Quels enseignements tirez-vous de cette première université d’été ? Est-ce qu’il y a une vision politique qui s’en dégage ?

« La vision politique forte, c’est qu’on ne peut plus être dans de l’adaptation, on ne peut plus être juste dans la réponse à des attaques, mais qu’il faut construire dès maintenant des alternatives et créer un nouveau modèle de société. Toutes les organisations étaient d’accord là-dessus. Il y a une pluralité de mouvements, une pluralité d’actions, d’engagements politiques, mais qui rejoignent tous une idée, celle de devoir construire un autre qu’il est urgent de faire émerger. »

« De l’énergie, de l’écoute, de la bienveillance, de l’envie, de la détermination, de l’espoir, de la conviction qu’il faut faire l’impossible pour éviter l’impensable. » Ce résumé de l’économiste et membre d’Attac Maxime Combes vous convient-il ?

« Complètement. Il y avait une atmosphère assez extraordinaire, tout le monde est ressorti avec beaucoup d’énergie. On a eu cette sensation que tout le monde tirais dans le même sens et a été capable de s’écouter. Il n’y avait pas un uniformisation de la pensée. Il y avait plein d’actions différentes. C’est dans notre diversité qu’il faut qu’on agissent pour aller tous dans le même sens. »

© ue2018

Pour aller plus loin :

France Libertés

Université d’été solidaire et rebelle des mouvements sociaux et citoyens

L’université sur Place Gre’net

Être bien avec soi : « Les prénoms épicènes »   (Amélie Nothomb)  

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« Être bien avec soi » est une chronique de Marie-Paule Peuteman.

 Il est indéniable que la lecture quotidienne est généralement source de bienfaits : elle stimule le cerveau, diminue le stress et allège notre anxiété : elle améliore les connaissances, la mémoire, l’attention et la concentration, développe nos capacités d’analyser de synthétiser et accroît notre vocabulaire, ce qui est tout bénéfice dans notre langage.

9782226437341 jPrenons le dernier et traditionnel roman de la rentrée littéraire d’Amélie Nothomb et un terme peu utilisé, voire assez étrange dans le titre : « Les prénoms épicènes », livre paru chez Albin Michel, auteure qui sera présente lors de la reprise de « La Grande Librairie », la célèbre émission de François François busnelBusnel (photo France 5 ), désormais programmée le mercredi à 20h55 sur France 5 : « Pas de rentrée littéraire sans Amélie Nothomb ! déclare le présentateur. Vous le savez : elle est la marraine de cette émission. Elle sera donc à mes côtés pour ce premier rendez-vous de la saison et évoquera son 27ème roman, l’histoire d’une relation père-fille dans laquelle la frontière entre l’amour et la haine se montre particulièrement ténue. »

J’ai lu ce roman pour « Fréquence Terre-Écolodio » et, on s’en doute avec une auteure comme Amélie Nothomb, la fille du roman n’est pas comme les autres.

La première étape de cet ouvrage, est de s’installer dans le décor et de découvrir la présentation du couple. Puis, c’est la plongée dans l’histoire singulière de cette enfant, descente à la même vitesse que lorsqu’on s’assied dans le fauteuil confortable d’un cinéma et qu’on se laisse submerger par les images d’un bon film.

Je ne vais pas dévoiler la fin des 150 pages et il appartiendra à chacun d’en extraire sa propre « morale ».

Une petite remarque cependant : en couverture de l’ouvrage, Amélie Nothomb écrit : « La personne qui aime est toujours la plus forte ».

Assurément, un indice… percutant !

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À la découverte de fantastiques transmission et savoir-faire

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Nouveau PGF siteFTLe concept de Journées du Patrimoine est également d’application en Wallonie et les nombreux Français qui résident en Belgique ou la visitent, ne pourront qu’être intéressés par le thème « Valorisation et sauvegarde du Patrimoine », plus particulièrement développé au « Village des Métiers du Patrimoine » ayant pour magnifique slogan « Transmission et savoir-faire » qui se tiendra les 8 et 9 septembre 2018 à Court-Saint-Étienne, à quelques pas de la célèbre abbaye de Villers-la-Ville, là où Victor Hugo dessina les ruines, écrivit un graffiti célèbre pour vilipender, je cite, ces fats et sots touristes qui abîmaient les lieux : « Je suis venu, j’ai vu, j’ai pleuré » et qui, dans la foulée, prit comme modèle un sombre et sordide cachot situé dans l’enceinte sacrée pour le transposer dans son roman « Les Misérables ».

DSC02821Mais, pour en revenir au « Village du Patrimoine  et de la Transmission du Savoir-faire des métiers d’arts », c’est l’événement qui réunit l’ensemble des professionnels de la valorisation, restauration, de la conservation des biens culturels. Il réunira un ensemble d’exposants sur un espace de 3.200 m² d’exposition répartis en trois espaces. De plus, un espace atelier/démonstration et un espace de  conférences seront prévus pour les professionnels et le grand public.

L’entrée y sera gratuite pour découvrir des couvreurs, zingueurs, peintres, mosaïstes, décorateurs de toitures, charpentiers, menuisiers, ébénistes, marqueteurs, serruriers, ferronniers, tourneurs, également des tailleurs et sculpteurs de pierre, doreurs, professionnels du cuir et du textile,                          facteurs d’instruments, restaurateurs d’antiquités et d’objets d’art…

Pour davantage d’informations, consultez le site web. : www.vimepa.be

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« Les Roses du Montfort » de Gilles Laporte (Presses de la Cité)

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Nouveau PGF siteFT« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Un roman de Gilles Laporte, c’est comme le Beaujolais nouveau, l’annonce d’un cru exceptionnel à Saint-Émilion ou aux Nuits-Saint-Georges, c’est un événement traditionnel qui ravit tous les amoureux de sagas et œuvres dites de terroir de qualité.

51qjfahw8nlAvec Les Roses du Montfort, son tout dernier roman paru aux Presses de la Cité, on est précisément au cœur de coteaux de Vosges à la fin du XIXe  siècle quand débute le récit avec ce foutu fléau de phylloxéra qui ruine les vignobles. Mais, il n’y a pas que ça…

– Si tu lui foutais un peu la paix, à ta fille, et que tu la laisses passer comme elle veut le bon temps de sa jeunesse… tu crois pas que tu ferais une bonne action ? lança Marie, la dentellière, à Charles, son vigneron de mari, parents de Louise, 18 ans.

– Notre Louise fera comme j’aurai décidé, répliqua-t-il, surtout préoccupé par la bestiole venue de l’autre côté de l’Atlantique. On avait eu assez de Sedan pour défaite et de l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine par les doryphores prussiens, il faut faire front.

Et Charles entrevit la possibilité de s’unir à Anselme Bourrel, autre propriétaire vigneron, le père d’Adrien qu’il verrait bien comme beau-fils.

La stratégie n’échappa pas à Marie et Louise, unies comme jamais pour contrecarrer le dessein paternel.

– Je t’interdis de mêler notre Louise à tes projets avec les Bourrel. C’est clair ? tonna Marie.

À côté du récit de moments tendus, dramatiques, violents, comme la fiole de verre opaque à l’étiquette rouge marquée POISON retrouvée vide au pied du lit de Louise, l’auteur développe aussi de véritables hymnes à la Nature : « Rituel de sortie d’hiver. Charles se disait que la terre le gratifiait ainsi, dès le réveil de la nature, de ce qu’elle avait de plus pur, avant de lui faire le don de ce qu’elle avait de plus sacré. »

Mais, Gilles Laporte sait aussi élever le ton : « Après avoir exporté la maladie (entendez le phylloxéra), les massacreurs d’Indiens (c’est-à-dire les Américains) en vendaient le remède. Pour eux, comme toujours, une catastrophe devenait… marché ! »

Et que l’on parle marché, Louise, passé la vingtaine, en conclut un avec une tante : elle quitta ses parents et le village pour aller travailler à la ville dans le commerce de son richissime oncle drapier. La jeune femme fit l’amère expérience de ce pervers, que l’amitié avec sa cousine et sa passion amoureuse pour Henri-Pierre, ingénieur, n’effaçaient pas. A fortiori, quand ce dernier apprit qu’elle était enceinte de ses œuvres et se fit goujat. Néanmoins, elle vécut un petit temps avec lui, il la frappa au ventre et elle s’enfuit. Retour à la ferme familiale au village avec, au loin l’approche de la Première Guerre mondiale.

L’auditeur le comprendra : inutile de poursuivre cette évocation qui s’en va crescendo en intensité et qui révèle toute la puissance d’une écriture qui tient en haleine jusqu’à la dernière ligne. Et, caractéristiques chez Gilles Laporte, il propose des moments poignants où se mêlent l’amour de la belle ouvrage, celui de la fraternité et, au sommet, le respect des humbles.

Alors, c’est vrai, que les roses du Montfort sont bien belles et sentent bon.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

 

 « Les chants mêlés de la Terre et de l’Humanité »  de Jean Claude Ameisen (L’Aube)

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Nouveau PGF siteFTJean Claude Ameisen, médecin, président du Comité consultatif national d’éthique et chroniqueur à France Inter, n’hésite pas à déclarer que « l’écologie politique n’est souvent qu’un théâtre de luttes de places microscopiques et la politique écologique des gouvernements des alliances de circonstances » et il en appelle vivement à ne pas se focaliser sur ce seul double aspect.

9782815928915D’où, Les chants mêlés de la Terre et de l’Humanité paru aux Éditions de L’Aube, où il déclare : « La nature nous a donné naissance, nous en faisons partie, nous y vivons et nous en vivons. Et en détruisant les composantes de la nature qui sont essentielles à notre existence, c’est à l’humanité que nous faisons du mal. Nous devrions remettre le bien-être de l’humanité au centre de nos réflexions sur la nature. »

Il explique la genèse de son engagement : « Ma conscience de la nature a émergé de ce mélange d’émerveillement devant la présence étrange et familière de la réalité et de plongées dans les livres… Nous sommes les cousins des oiseaux et des fleurs. Et des étoiles. Nous faisons partie du même récit. (…) Il y a une dimension préventive et thérapeutique dans notre relation à la nature, et quand nous parlons de la nature, nous parlons de nous. »

Sa conclusion est emplie de sagesse très concrète : « La question principale ne me semble pas être de se demander si les avancées scientifiques et techniques apportent des bénéfices – elles en apportent toujours -, mais si la manière dont nous les utilisons se fait au profit d’une partie de l’humanité et aux dépens d’une autre. (…) Protéger d’abord ceux qui sont les plus démunis est le seul moyen de construire un avenir véritablement commun pour l’humanité – et de créer les conditions qui nous permettront de nous protéger, tous. »

Un spéléonaute écoresponsable : Pierre-Eric DESEIGNE

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Pierre-Eric Deseigne est un plongeur spéléo français (spéléonaute) qui se consacre à l’exploration de nombreux siphons et de nombreuses grottes en France et à la découverte des derniers territoires vierges de la planète en France ou à l’étranger.  Lors de l’expédition en Chine de 2012, il a réalisé en compagnie de Serge Césarano, la plongée la plus profonde de Chine dans une grotte. Il a atteint la profondeur de 121 mètres. Il nous parle des constats et des changements à opérer pour préserver des eaux douces parfois polluées…

http://www.longitude181.org

POUR une lecture citoyenne : Le robot, un « nouvel être humain » ? (4/4)

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Nouveau PGF siteFT« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff en partenariat avec le magazine POUR (écrire la liberté).

Dans les trois précédentes chroniques consacrée à l’essai « Les robots vont-ils remplacer les journalistes ? » de Damien Desbordes (Éditions Plein Jour), il a été chronologiquement question du robot industriel qui, il y a de nombreuses décennies, était appelé à faciliter la tâche de l’ouvrier dans ses travaux les plus pénibles puis, business obligeant, à augmenter les cadences de productions, ensuite l’ordinateur et ses fonctions de plus en plus sophistiquées à se répandre dans le monde scientifique et la vie courante, il y a encore la pourchasse par des multinationales à la data, source d’informations personnelles sur la vie privée des citoyens afin de les pousser vers tel achat ou tel comportement, ensuite, les recherches se sont focalisées sur l’intelligence artificielle avec, en but essentiel, celui d’inculquer celle-ci à l’être humain. C’est-à-dire, former un « nouvel être humain » qui, dans le fond, n’aurait plus de libre arbitre, ni de notions de morale, la démocratie Sigle POUR et FTn’étant plus qu’un lointain souvenir.

Cette évolution ne relève pas d’une quelconque science fiction, mais d’une réalité dont le but final commence à laisser entrevoir ses contours. Quand on sait les milliards d’informations qui sont recueillies sur les citoyens, stockées, analysées, utilisées à des fins mercantiles par des multinationales dont l’éthique est le cadet des soucis, il y a de quoi frémir et, ce moment est en marche !

Effectivement, force est de constater que les moyens mis en œuvre pour aboutir à une société robotisée sont bien plus colossaux que les « mesurettes » édictées par l’une ou l’autre administration sur la protection de la vie privée, car on sait que ce sont les multinationales qui dirigent de plus en plus la planète, quitte à aller à sa perte sur le plan environnemental, leurs bénéfices financiers étouffant une éventuelle conscience morale en ce sens.

Certes, on peut se consoler en se disant qu’il y a encore la main de l’être humain pour gérer tout ça. Hélas, plus pour très longtemps, disent certains chercheurs japonais et bordelais qui ne trouvent pas du tout loufoque d’envisager un hybride homme-machine augmenté d’une intelligence artificielle, sorte de robot de terrain 100% artificiel ressemblant à un drone.

En attendant, je vous assure que la présente chronique est bien celle de… Pierre Guelff.

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https://pour.press/

L’État belge enferme des enfants !

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Nouveau PGF siteFTAlors que la pratique avait été abandonnée depuis bientôt une décennie suite à la condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme, l’État belge a progressivement remis en service le fameux « 127bis », bâtiment situé près de l’aéroport national, utilisé pour les étrangers susceptibles d’être expulsés.

Ainsi, en 2011, il fut à nouveau question de centre fermé pour familles avec enfants, cependant sous certaines conditions, texte émanant d’élus libéraux et socio-chrétiens (dits « humanistes ») et appliqué en 2012 sous un gouvernement comprenant, cette fois, des socialistes. Et puis, en ce mois d’août 2018, accélération de cette exécrable manière d’agir par le secrétaire d’État Théo Francken, nationaliste chargé de l’asile et de la migration.

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Manifestation à Bruxelles, le 15 août 2018 (Photo Isabelle Marchal).

Les réactions outrées ne manquent pas mais rien n’y fait ! Même le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations-Unies n’est pas arrivé à faire fléchir le gouvernement fédéral belge. Pourtant, il exhorta la Belgique à ne pas enfermer des enfants en vue de leur expulsion avec leur famille : «  Les enfants sont vulnérables et ont besoin de soins spécifiques. Nous devrons les traiter d’abord et avant tout comme des enfants, et non comme des étrangers en situation irrégulière. Même s’ils sont détenus avec leur famille ou seulement pour une courte durée, la détention peut avoir un effet dévastateur sur le développement physique, émotionnel et psychologique des enfants.  »

Le texte officiel du gouvernement belge a obligatoirement été signé par le chef de l’État, pour rappel, le roi Philippe, non élu démocratiquement, et, ici aussi, des questions se posent. Son épouse, la reine Mathilde, qui se targue d’être « la voie royale pour les enfants » en étant présidente d’honneur d’UNICEF-Belgique est soudain bien silencieuse. Et puis, pourquoi Philippe a-t-il signé ce document alors qu’il avait légalement la possibilité de contourner cette sale besogne, comme le fit son oncle Baudouin, se mettant en impossibilité de régner durant une trentaine d’heures pour, je cite, « grave problème de conscience » au moment d’avaliser la loi partielle sur l’IVG ?

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Des enfants enfermés : cela peut-il émouvoir un roi (et des politiciens dignes de ce nom) ? (Photo Isabelle Marchal).

On n’est plus à une entourloupette dans la capitale de l’Europe, non ? En attendant, les politiciens belges qui, en 2011 et 2018, ont progressivement voté une loi autorisant l’enfermement des enfants et ce avec la bénédiction du Palais royal, ont-ils la conscience tranquille ?

Poser la question est peut-être y répondre. Ce qui est certain, c’est que le bruit des bottes s’accentue…

Photos : Isabelle Marchal, que nous remercions.

 

 

 

Les eaux douces souterraines : pas si cristallines !

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Pierre-Eric Deseigne est un plongeur spéléo français (spéléonaute) qui se consacre à l’exploration de nombreux siphons et de nombreuses grottes en France et à la découverte des derniers territoires vierges de la planète en France ou à l’étranger. Il nous parle des constats faits en France dans les rivières souterraines qu’il a  exploré. Un bilan en demi-teinte sur des eaux douces parfois polluées…

http://www.longitude181.org