François SARANO et L’association LONGITUDE 181 luttent pour la préservation des requins , en particulier à la Réunion. François SARANO nous en présente la situation et l’échec essuyé face au financement par le gouvernement français de l’élimination des requins. Une erreur dramatique et aberrante qui retire tout crédit à la France en matière de gestion de la biodiversité. Un coup de gueule bienvenu dans un océan de silence !
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Le vieux monde est de retour de Pascale Tournier (Stock) est un essai de plus de 260 pages, documentées avec une précision chirurgicale, qui débute par le récit d’une réunion de l’élite parisienne de droite, en septembre 2017, dont l’un des responsables clama : « Nous avons vocation à reconstruire la droite sur le plan culturel et politique. Nous devons être les sentinelles d’une civilisation vivante qui ne se défasse pas. Ce qui nous anime n’est pas un désir de vengeance, mais un esprit français grave et léger, chevaleresque et frondeur, avec l’espérance chevillée au corps. »
Quelque trois cents personnes assistaient à ce rassemblement : des anciens de l’UMP, des fillonistes, des LR, des identitaires ultras, des adhérents de l’Action française, des participants de la Manif pour tous, des membres de mouvements catholiques conservateurs, des constitutionnalistes et royalistes et même Marion-Maréchal-Le Pen venue voir des amis, prétendit-elle.
Selon Pascale Tournier, l’auteure de cette remarquable enquête au cœur des nouveaux conservateurs, il s’agissait d’une démonstration de force de la nouvelle génération de jeunes conservateurs.
J’ai rencontré cette consoeur lors d’une conférence donnée dans la capitale de l’Europe et, avec son consentement, voici quelques-uns de ses propos que j’ai relevés et qu’une collaboratrice de « Fréquence Terre-Écolodio » a accepté de relire : « J’ai écrit ce livre, inspirée par la primaire de la droite aux dernières présidentielles. En tant que journaliste politique à « La Vie », j’ai vu l’intérêt de la montée en puissance à l’égard de François Fillon, un politique qui séduisait de nombreuses personnes proches de la manifestation contre le mariage pour tous, des chrétiens d’Orient et d’intellectuels conservateurs, un François Fillon qui, en plus, tenait des mots assez durs par rapport à Mai 68…, bref, un large spectre couvert à droite. J’ai aussi constaté que des jeunes étaient particulièrement intéressés et qu’ils avaient une conscience politique assez forte formant une droite décomplexée. »
Durant une heure, Pascale Tournier donna une description plus affinée de cette droite décomplexée : « Il faut tout d’abord différencier la pensée réactionnaire de la pensée conservatrice qui concerne surtout des libéraux-conservateurs, anciens chevènementistes issus de la gauche, des catholiques attachés aux traditions chrétiennes, à la famille, des écologistes de droite qui ont parfois des points d’accroche avec l’extrême gauche, certains étant sensibles aux problèmes posés par l’islam et les réfugiés… Cette génération est souvent née après la chute du Mur de Berlin, donc le clivage gauche-droite ne l’intéresse guère. »
Baptême de Clovis vs Révolution de 1789
Le livre évoque également des « anarchrists », des dandys de droite, tories à la française, identitaires et bioconservateurs, des antimodernes et déclinistes, des légitimistes ou traditionalistes. Ses trentenaires et quadragénaires sont des gens « qui ne lâchent rien et forment une vraie lame de fond prêts à imposer leur vision du monde et de l’homme. Une vision évolutive de la tradition et, surtout, faire de la politique avec davantage d’éthique. »
Ces gens brouillent allègrement les cartes entre droite traditionnelle et droite extrême, souligne encore l’auteure. Par jeu, provocation ou vraie conviction, celle de déboulonner les statues du progressisme et de l’universalisme de gauche ?
Ces « soixante-huitards à l’envers », comme les nomme Pascale Tournier, représentent « une pensée alternative qui s’installe durablement et qui est révélatrice d’une mutation idéologique à l’œuvre dans la jeunesse française ».
Bref, le vieux monde est bien de retour ! Attend-il pour autant le retour aux affaires de Marion Maréchal-Le Pen, par exemple ?
« Emmanuel Macron, en homme pragmatique, a très bien compris que la France était moins à gauche qu’à droite, d’où ses messages à cette dernière afin d’élargir son socle… même aux monarchistes ! Il a ouvert la voie qu’un homme seul pouvait arriver au pouvoir. Pourquoi une femme comme Marion Maréchal-Le Pen n’y arriverait-elle pas ? » expliqua la conférencière
Néanmoins, si le catholique ne veut pas du FN (devenu Rassemblement national), cela bouge à cause des attentats, dont le prêtre assassiné dans son église, à cause des réfugiés aussi…, constate Pascale Tournier dans son essai. Cependant, si l’opportunisme rebute ces nouveaux conservateurs, ne pourraient-ils pas fantasmer sur les idées de la nièce de Marine Le Pen ?
Le livre comporte douze chapitres et soyez assurés qu’il aborde les questions fondamentales sur l’émergence assez prononcée ces derniers mois de la Nouvelle droite. Cet essai se révèle donc être un document exceptionnel. Peut-être prémonitoire, puisque, je cite à nouveau, « ces indignés de droite touchent à tout, explorent, repoussent les limites, triangulent, sans complexe et sans tabou, à gauche ou à l’extrême droite qu’ils préfèrent d’ailleurs appeler droite extrême », comme ils innovent un vocable bien spécifique s’appuyant sur une réalité idéologique construite : « déconstruction anthropologique » pour le mariage pour tous, par exemple.
Alors que depuis plus d’un an, le président Macron paraît être sur tous les fronts et de tous les commentaires (réception « monarchique » de Poutine à Versailles, poignée de mains virile avec Trump, rencontres soutenues avec Merkel, attitude du supporter lambda lors du Mondial de foot, quelques propos jugés offensants à l’égard de la classe ouvrière, affaire Benalla…), Pascale Tournier évoque aussi la personnalité d’Emmanuel Macron à travers le prisme d’interlocuteurs de son enquête : « Auteur d’un mémoire sur Hegel et Machiavel dans une première vie, ce chef de l’État surgit avec des références, un paysage intellectuel et un imaginaire de reconquête qui se veut humaniste. Cela n’a pas échappé à ses opposants, qui préfèrent y déceler un simple vernis littéraire. »
Et la laïcité ?
Question très importante abordée lors de notre rencontre à Bruxelles : et la laïcité ?
« Sur ce plan, Emmanuel Macron a des convictions profondes. Pour lui, la République doit dialoguer avec les religions ! »
J’interviens : « Ce qui me semble contradictoire avec le concept de la séparation de l’État et des religions ! Qu’il rende hommage à Johnny Hallyday sur le parvis d’une église, c’est plausible, mais à l’intérieur de l’édifice religieux sa présence n’est-elle pas contraire au concept que je viens d’énumérer (on a le même cas d’espèce avec le gouvernement belge qui assiste au Te Deum en l’honneur de la monarchie, par exemple) et puis, convoquer des imams, rabbins, prêtres… pour discuter de problèmes et dispositions à prendre en matière de société, n’est-ce pas aussi une ingérence du religieux dans les affaires de l’État ? »
Réponse de Pascale Tournier : « Le président Macron est aussi décomplexé à ce propos : la neutralité de l’État n’empêche pas le dialogue et de requérir l’expertise de religieux, selon lui… »
La conclusion de l’auteure de son ouvrage est assez explicite : « Si le courant conservateur n’est pour le moment pas une alternative solide, il reste, pour le pouvoir en place, un frein, une menace, un aiguillon. Naissance d’un contre-pouvoir. »
Chronique en partenariat avec le magazine et le site POUR (Écrire la liberté).
« Les mythes nordiques, comme les mythes grecs, romains et hébreux, rendent compte d’un monde en évolution, dans lequel de grands êtres spirituels, nommés « anges » dans certaines traditions et « esprits » dans d’autres, sont les agents de la création. Ces mythes ne sont pas nécessairement en contradiction avec les données recueillies par la science », selon Jonathan Black, auteur de l’imposant essai de plus de 700 pages « L’histoire sacrée du monde » (J’ai Lu) auquel j’ai déjà consacré une première chronique que vous pouvez retrouver sur notre site dans la même rubrique de « La nuit porte conseil ».
Avant l’avènement de la science, tous les grands esprits étaient des idéalistes, selon lui. Ils comprenaient mieux que toute chose soit chargée d’intelligence et pleine d’esprit. Ils avaient un sens aigu du rôle des planètes, en particulier dans la formation de notre constitution physique et mentale, par exemple.
L’auteur poursuit : « Notre but est d’essayer de déceler la sagesse et la pertinence de la vision des anciens. Ces derniers aimaient s’attarder sur une vérité importante afin d’en saisir toutes les implications. L’une de ces grandes vérités est la suivante : « L’être humain est le prolongement de son environnement. »
Néanmoins, question récurrente que se pose chaque être humain depuis des siècles : « Pourquoi suis-je ici, maintenant, à vivre cette vie ? »
Réponse de Jonathan Black : « La vie nous met constamment face à des épreuves, des mystères et des dilemmes. »
Mais comment apprendre et comprendre l’existence et ressenti des êtres humains au Néolithique, par exemple, compte tenu que les preuves archéologiques subsistantes sont tellement rares et fragmentaires ?
Réponse : « En nous basant sur ces quelques bribes de preuves et théories scientifiques quant à leur signification ou sur les grands récits sacrés qui survivent dans la psyché humaine. »
Le récit de Jonathan Black semble se diriger vers un mélange de grandes croyances d’une troublante cohérence, ce qui en fait un document exceptionnel que nous continuerons de découvrir dans de prochaines chroniques.
Au centre du Chili, dans la province du Choapa, s’est implanté il y a 10 ans le troisième plus grand réservoir de déchets miniers du monde. Dans la vallée du Mauro, cette mine se trouve sur le territoire de la communauté rurale de Caimanes.
Pour mieux comprendre les enjeux de cette exploitation et les conséquences sur l’environnement et la population, France Libertés propose un webdocumentaire, véritable chronique d’un territoire sacrifié.
Avant de regarder les conséquences de ce cas d’extractivisme, que représente, pour le Chili, l’exploitation des ressources minières ?
« Depuis de nombreuses années, le Chili a basé sa croissance sur l’exploitation des ressources naturelles, en particuliers, les ressources minières. Pinochet avait mis en place une série de lois – le code minier et la réforme du code de l’eau – pour permettre aux multinationales de travailler plus facilement sur le territoire. C’est à partir des années 1990 que les mines à grande échelle vont s’implanter sur le territoire chilien. Cela va signifier une plus grande permissivité par rapport aux entreprises minières qui vont s’implanter sur le territoire. Beaucoup de projets, des mines de plus en plus grandes, qui veulent soutirer le minéral de plus en plus rapidement. C’est un modèle qui génère peu d’emploi, environ 2% pour le secteur minier. Il y a beaucoup d’emplois indirects. Cela rapporte beaucoup d’argent aux entreprises minières. Il n’y a pas beaucoup d’argent pour l’Etat. On va baser l’essor du Chili sur l’extractivisme. On est dans le cas d’une économie qui est dans un modèle de dépendance par rapport aux cours mondiaux du cuivre et qui ne permet par réellement un développement autonome. On reste dans un schéma colonial, où on dépend de l’achat de cuivre par l’étranger. »
Ce réservoir de déchets miniers se trouve à Caimanes, un petit village du centre du Chili.
« Caimanes se situe à 200 kilomètres au nord de Santiago. On est dans la partie la plus étroite du Chili. La mine de cuivre est située à côté de l’Argentine et le réservoir de déchets miniers, au-dessus de Caimanes, est situé à 60 kilomètres de la mine de cuivre. Les déchets miniers sont acheminés dans le réservoir à 10 kilomètres au-dessus de Caimanes. »
A proximité se trouve ce réservoir de déchets miniers qui a ouvert en 2008. C’est un réservoir important. A quoi sert-il ?
« Ce qu’il faut savoir c’est que l’exploitation du cuivre génère énormément de déchets. L’entreprise minière a décidé au début des années 2000 d’entreposer ces déchets dans une vallée fertile, en forme de cuvette. Il a suffi de construire un mur de contention pour barrer les entrées de la vallée et d’amener les déchets miniers qui sont composés de beaucoup de produits toxiques, de métaux lourds. Malheureusement, ce ne sont pas des déchets qui disparaissent facilement. »
Quels dangers fait courir ce réservoir pour l’environnement ?
« La surface est telle qu’il a été impossible d’isoler complètement les déchets de la terre. Les déchets pénètrent dans la terre et polluent l’environnement de manière durable. Il y a un contact avec l’eau. Le danger, c’est la contamination de l’eau. Il y a eu des analyses faites dans cette vallée qui ont démontrés que les métaux lourds ont été en contact avec l’eau potable. En 2012, il y a eu un rapport qui disait que l’eau n’était pas apte pour la consommation humaine, ni animale, ni même les cultures. On a un danger immédiat par rapport à la consommation de l’eau. En outre, il s’agit d’un édifice de 300 mètres de haut situé en amont de Caimanes. Le Chili est l’un des pays les plus sismiques de la planète. Le réservoir est en plus situé sur des failles géologiques. En cas de tremblement de terre, il pourrait y avoir une rupture de la paroi de la digue de contention. Les déchets miniers déferleraient dans la vallée. Il suffirait de 10 minutes pour que les déchets miniers ensevelissent une grande partie du village et aille jusque dans l’Océan Pacifique. Ce serait une disparition de Caimanes et une contamination de toute la vallée jusqu’à l’Océan. »
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Extrait de « CAIMANES L’HISTOIRE QUI RESTE » Réalisation Abel Campos, Luz Badillo, Elif Karakartal
La semaine prochaine, nous verrons ce que ce réservoir a comme conséquences sur la vie des habitants de la région.
Pour les amateurs de romans policiers ou d’épouvante, cette information concernant « Écrits et châtiments » de Yann Slône paru aux Éditions Amazon : « Thriller fantastique imprégné d’intelligence artificielle. Quand la vie de tous les jours vire au cauchemar irrationnel. Un écrivain va avoir les pires problèmes avec le héros qu’il a créé. Mais il découvrira que ce ne sont que les prémisses d’un danger beaucoup plus grand qui le dépasse complètement. En refermant ce thriller implacable, le regard que vous portez à votre bibliothèque aura définitivement changé. Bon courage ! »
Rémy (apnéiste champion du monde CMAS 2015 , sans palmes) et Audrey DUBERN, gérants du club BLUE ADDICTION, expliquent leur engagement pour l’environnement et le soutien témoigné à l’association LONGITUDE 181. Enseignant l’apnée, ils enseignent les gestes pour l’Océan aux jeunes et moins jeunes. Un couple qui n’a pas le souffle court quand il s’agit d’environnement ..et d’apnée !
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Une fois n’est pas coutume, voici une chronique consacrée à une BD pour enfants de 6 à 9 ans Le grand ménage de Madame çavaçava parue chez Albin Michel Jeunesse. L’auteur du scénario est Aurélien Delsaux, dont j’ai souligné dans une précédente rubrique le remarquable roman Sangliers, et l’illustratrice est Estelle Billon-Spagnol.
Du lundi au samedi, du matin au soir, Germaine dite « Madame çavaçava » astique les belles demeures d’autrui. A priori, il n’y a pas de quoi rigoler et pourtant elle chante toujours de sa jolie voix et semble détenir un secret pour qu’il en soit ainsi, jusqu’au jour où elle voit une publicité pour un aspirateur, un ASPI 3001.
Mais, celle machine devient infernale car elle avale tout : tapis, vêtements, casseroles, disques, livres, animaux, maisons, rues et même la ville où vit Germaine.
Puis, c’est elle qui est aspirée et retrouve tout ce qu’ASPI 3001 a englouti.
Alors, elle se remet à chanter et… Et, la suite est à découvrir par les enfants, bien entendu, voire leurs parents !
À plusieurs reprises, « Fréquence Terre » a consacré des reportages à l’humusation, dont un dossier spécial « Mourir, puis donner la vie ». En voici un passage :
« L’humusation, contrairement à l’enterrement ne nécessite:
Pas de cercueil.
Pas de frais de concession dans un cimetière pendant 5, 10, ou 25 ans.
Pas de frais de pierre tombale, ni de caveau.
Pas de frais d’embaumement, ni l’ajout de produits chimiques nocifs.
Pas de charge d’entretien régulier de la tombe pour les proches.
Et ne provoque pas de pollution des nappes phréatiques par la cadavérine, la putrescine, les résidus de médicaments, les pesticides, les perturbateurs endocriniens….
L’humusation, contrairement à l’incinération ne génère:
Pas de rejets toxiques dans l’atmosphère, ni dans les égouts.
Pas de consommation déraisonnée d’énergie fossile (+/- 200 l d’équivalent mazout/personne).
Pas de location de columbarium.
Pas de détérioration des couches fertiles du sol lors la dispersion des cendres.
Au contraire, l’humusation crée un humus riche, utilisable pour améliorer les terres. Un processus de remise à la terre doux, respectueux de la personne et durable. »
Après une longue lutte, principalement développée par la fondation « Métamorphose », ce jeudi 19 juillet 2018, peut être considéré comme une grande victoire pour l’environnement en Belgique.
En effet, le gouvernement bruxellois vient de communiquer à ce sujet et cela est relayé par la presse (notre source : quotidien la DH) :
« Bientôt, les musulmans et le juifs de Bruxelles pourront être enterrés dans un linceul, annonce La Capitale. « La législation sur ces matières datait de 1971, il était indispensable de moderniser le tout afin que chaque citoyen puisse faire son choix le moment venu », assure le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS). « De nouvelles techniquesont vu le jour en matière de sépultures et nous avons décidé de les autoriser. La refonte de ce texte est une plus-value afin de respecter toutes les convictions religieuses et philosophiques reconnues. » Cette ordonnance autorise également l’humusation (laisser le corps se décomposer dans un compost) ou l’aquamation (cette technique dissout le corps dans de l’eau chaude contenant un produit particulier). »
Ce dossier spécial de « Fréquence Terre » avait attiré l’attention de nombreux auditeurs et lecteurs, quelque 8.000 lectures du podcast en faisant foi, gageons que la présente information ravira aussi tous les défenseurs du respect de la Nature !
L’accès à l’eau est un droit humain fondamental reconnu par l’ONU depuis 2010. En France, les coupures d’eau sont interdites par la loi depuis 2013, une interdiction validée par le Conseil constitutionnel deux ans plus tard. Mais les multinationales ont encore eu recours à cette pratique après 2015, plongeant les usagers dans une profonde détresse économique et sociale.
C’est vous Marie Tsanga Tabi qui avez rédigé ce rapport pour les deux ONG. Vous vous êtes appuyés sur les quelques 1200 témoignages de familles victimes de coupures d’eau reçus par la Fondation entre 2014 et 2017. Quels sont les profils des foyers concernés ?
« Les ménages sont en bout de chaîne du processus de recouvrement des impayés. Ce sont des ménages dont le dernier recours était de chercher une solution auprès des deux ONG. Les profils qu’on retrouve sont des profils plutôt problématiques. 75% des ménages de l’échantillon sont en situation de grande précarité ou de fragilité socio-économique. 71% ont des enfants. 70% de ces ménages sont des parents ou des personnes isolées. De manière très générale, ce sont plutôt des ménages dont les situations d’impayés sont problématiques. »
Comment expriment-elles les difficultés rencontrées face à cette absence d’eau ou ces réductions de débit ?
« De manière générale, la coupure est plutôt vécue comme une expérience traumatisante, à la fois sur le plan psychologique que sur le plan moral. C’est même vécu comme un choc. Un exemple de verbatim de quelqu’un qui a été coupé : « Accidenté en moto depuis juin 2013, je suis depuis en soins et en reconversion professionnelle, après avoir été reconnu travailleur handicapé. J’ai obtenu un logement social. On m’a coupé l’eau sans préavis, ni lettre. Je suis resté sans eau pendant près d’un an et demi, car je ne pouvais pas payer la réouverture du compteur. Ce problème était devenu énorme. J’allais chercher de l’eau dans des bidons. Cela me prenait beaucoup de temps, d’énergie et d’essence. J’ai supporté le regard des voisins, de mes amis. Puis la dépression… les odeurs quand il n’y avait plus d’eau et que je n’avais plus d’essence pour aller en chercher. » Voilà un exemple de récit qui rend compte du vécu de la coupure. »
Vous parlez de traumatismes… Concrètement, quel est le quotidien de ces familles ?
« Le quotidien, c’est simplement de se retrouver sans eau et d‘être dans le désarroi le plus complet, parce qu’on a plus d’eau pour satisfaire ses besoins essentiels, besoins sanitaires, boire de l’eau, les besoins en hygiène. Il y a plusieurs personnes qui disent, « mon foyer a besoin d’eau pour les besoins de la vie courante. Sans elle, ma vie s’arrête ». C’était vraiment un appel au secours. On a beaucoup de verbatim qui disent, je ne sais plus quoi faire, je suis au bord de la rupture, j’ai besoin d’aide. »
Ces familles racontent aussi les relations qu’elles ont eu avec leur distributeur d’eau. Qu’est-ce qui en ressort ? (indifférence… aspect inhumain des coupures d’eau… vulnérabilité des victimes…)
« Le défaut de prise en charge, que ce soit pour des litiges, ou pour ces conditions sociales dégradées, est lié au fait que la prise en charge relationnelle est difficile pour les agent des services qui sont en contact avec ces personnes. Le vécu du relationnel, pour beaucoup, il en ressort de l’indifférence du distributeur vis-à-vis de la situation des ménages. Pour d’autres c’est de la violence relationnelle. Cette violence est liée au fait qu’il y a de la dureté, un manque de considération, un manque respect. Ou a alors c’est une prise en charge minimaliste. Il y a très peu de situation où il y a une relation bienveillante vis-à-vis des ménages. »
Et vous pointez aussi que couper l’eau aux ménages les plus précaires participe à leur exclusion sociale ?
« L’eau, qui est un bien essentiel et est aussi un service public. L’une des missions du service public, même si pour l’eau c’est un service public marchand, est une missions de cohésion sociale, donc de maintien du lien social avec les usagers du service d’eau. Pour les ménages, dont la durée de coupure est longue, et ceux qui se sont carrément retirés du service parce qu’ils ne pouvaient pas régler leur facture, cela correspond à une exclusion du service public. De ce point de vue là, cela interroge la capacité des services d’eau à pouvoir maintenir le lien social avec les ménages, et à tenir compte du fait que l’eau est un bien essentiel, vital, fondamental. On ne peut pas penser vivre sans eau. »
Le 6 octobre dernier, l’UE s’engageait, avec des acteurs publics et privés à dépenser plus de 6 milliards d’euros pour améliorer la gestion des océans. On pourrait en être heureux et les détails donnés feraient plaisir à lire. Néanmoins, avec le recul ils font rire , rire jaune .. car pour beaucoup , comme à chaque fois lors de ces grandes messes , ces engagements n’engageaient que ceux qui y croyaient. Découvrez comment l’effort ridiculement faible, le recyclage des idées, la pingrerie organisée, le détournement des objectifs ou des projets permettent de montrer une façade vertueuse diffusée amplement, mais jamais analysée par les médias.