Eric JAIL, skipper amateur sur la route du Rhum en Catégorie Rhum Mono a décidé de porter les couleurs de l’association LONGITUDE 181, en 2018, son bateau s’appelant « La voix de l’Océan ». Apres nous avoir précédemment parlé de son parcours, sa course en 2014, et ses motivations, il nous explique comment il aborde sous le angle des émotions toutes les facettes de son engagement et de la course à venir . A découvrir et suivre dans cette chronique
Avant-dernière chronique consacrée à l’imposant essai L’Histoire sacrée du monde de Jonathan Black (J’ai Lu) avec Paracelse qui voyait, au début du XVIe siècle, la manière dont les étoiles agissaient sur les êtres humains en exerçant une influence à distance à l’intérieur du corps humain. Mars a, par exemple, un lien avec le sang et le soleil avec le cœur, selon lui.
À l’heure actuelle, plus personne ne met en cause l’influence de la pleine lune sur l’augmentation des naissances, autant humaines qu’animales.
Et puis, selon ce médecin, philosophe et théologien laïque, « certaines personnes naissent avec une conscience visionnaire. D’autres peuvent y être initiées par les cérémonies des sociétés secrètes. Les techniques pour induire des états de conscience supérieurs et entrer en contact avec les intelligences supérieures comptent parmi les secrets les mieux gardés. »
L’influence posthume de Paracelse sur la civilisation fut immense. Il aurait été déterminant pour la médecine, traditionnelle comme alternative, pour le développement de la méthode scientifique. On lui attribue la découverte des principes à l’origine de l’homéopathie et de l’importance de l’hygiène en médecine. Il serait le père de la toxicologie et de la médecine expérimentale L’intérêt qu’il portait aux composants chimiques des remèdes le conduisit à identifier et à nommer le zinc.
La plupart des remèdes populaires répertoriés par cet homme itinérant qui mourut seul, ayant atteint son objectif de ne jamais devenir riche, servent de base aux médicaments industrialisés d’aujourd’hui.
Et, comme l’explique l’ouvrage au fil des chapitres et, donc, des siècles, nous avons assisté à un changement de conscience, comme l’humanité passait d’une forme de conscience basée sur les idées à une autre basée sur les objets, mais, au XVIIIe siècle, la science et la philosophie fournirent des résultats escomptés : ils développèrent un ensemble de critères efficaces pour décrire le fonctionnement du monde, soit un virage majeur.
Cela fait de nombreuses années que les éco quartiers et autres cités durables fleurissent un peu partout en France et dans le monde. Les initiatives se multiplient, parfois un peu dans leur coin, sans toujours se nourrir les unes les autres.
Les différentes villes qui se sont lancées dans le développement durable ont mis en place beaucoup de solutions, mais elles restent souvent à l’intérieur des quartiers. Elles relèvent, pourtant, la plupart du temps d’initiatives qui vont dans le bon sens.
La question aujourd’hui est : comment passer d’un quartier durable exemplaire à une généralisation pour l’ensemble de la ville ?
C’est l’objet d’un ouvrage intitulé « Du quartier à la ville durable, vers un nouveau modèle urbain ? »
Edité par le Comité 21, cet ouvrage de 164 pages dresse un panorama d’une centaine d’expériences concrètes, innovantes et transférables, menées dans les collectivités françaises et étrangères.
Pour Antoine Charlot, le responsable du programme Territoires durables du Comité 21, et auteur de cet ouvrage, « la ville durable ne peut se résumer à un cortège de maisons passives ou à la construction d’un éco-quartier. Elle doit représenter un changement radical du modèle urbain, qui doit dépasser les seules mesures environnementales ! »
Beaucoup d’exemples dans cet ouvrage, mais surtout pas de modélisation applicable à toutes les villes.
Chaque territoire, chaque commune, doit se construire en fonction de son contexte historique, politique, géographique, et en fonction de sa démographie. De Lille à Marseille, à un village isolé du Cantal, ou du Sénégal au Brésil, la ville durable ne sera pas la même, les enjeux seront différents, les solutions mises en uvre, très spécifiques.
Il faut donc éviter les labels, mais construire SA ville durable en fonction de SON contexte.
Passer de l’éco quartier à la ville durable, doit se faire par une évaluation de ces expérimentations pour voir comment étendre les solutions à l’échelle d’une ville.
L’ouvrage du Comité 21 redonne les enjeux d’un nouveau modèle urbain. L’urbanisation n’est pas un phénomène récent, mais elle présente aujourd’hui une ampleur inégalée : foncier explosif, paysages sacrifiés, voiture nécessaire et omniprésente, exclusion sociale des centres urbains.
Pour contrer tous ces effets négatifs, l’ouvrage tente d’apporter des réponses concrètes et des pistes de réflexion. Il faut repenser la ville dans son ensemble sans se focaliser sur une seule activité.
Les élus doivent donc s’appuyer sur une stratégie globale qui concerne à la fois l’aménagement urbain et l’ensemble des politiques de la collectivité : l’éducation, la formation, l’emploi ou la solidarité.
Tous les acteurs de la ville doivent être mobilisés pour mettre en uvre cette stratégie : élus, architectes, urbanistes, sociologues, services publics, associations, ou encore spécialistes de l’énergie et évidemment les habitants eux-mêmes.
Et comme il faut aussi s’inspirer de l’existant pour essaimer ailleurs, l’ouvrage du Comité 21 détaillent quelques expérimentations parmi les plus innovantes.
Initiative, par exemple d’un éclairage public modulé en fonction des lieux de la ville ou de l’heure de la journée, comme cela se fait à Oslo. Multiplicité de l’offre des transports collectifs, comme à Nantes, ou encore les jardins partagés, qui se développent largement et qui sont des lieux d’échange autour de la biodiversité.
Initiatives encore autour de la participation des habitants, comme à Porto Allegre, au Brésil ou à Echirolles, en Isère ; mixité sociale comme à Barcelone ; intégration de la nature dans la ville comme à Londres ou à Nantes ; maitrise de la consommation énergétique, comme à Francfort ou Los Angeles.
Tout cela contribue à penser globalement la ville à l’échelle du développement durable.
« Du quartier à la ville durable, vers un nouveau modèle urbain ? », un ouvrage du Comité 21 pour réfléchir à des nouveaux usages, valoriser les pratiques, valoriser la ville.
Eric JAIL , skipper amateur sur la route du Rhum en Catégorie Rhum Mono a décidé de porter les couleurs de l’association LONGITUDE 181, en 2018, son bateau s’appelant « La voix de l’Océan ». Apres nous avoir précédemment parlé de son parcours, sa course en 2014, ses motivations, le partage d’ émotions de son engagement et de la course à venir , il détaille les préparations en cours et à venir et nous livre par une anecdote sa différence essentielle : l’écoute de son environnement . A découvrir et suivre dans cette chronique…
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Mischa Berlinski, auteur du roman Dieu ne tue personne en Haïti (Albin Michel), débute son ouvrage par une parabole créole qui, a elle seule, peut résumer la trame de son récit : « Tout faire pour s’en sortir n’est pas un péché ».
Au fil des chapitres de cette histoire d’un ancien shérif de Floride qui se retrouve en Haïti après avoir accepté un poste aux Nations unies, voici quelques phrases qui l’illustrent davantage :
« Quand on travaille dans le domaine pénal, on est convaincu que tous les hommes naissent pécheurs. »
« Notre chef d’administration était un Trinidadien, dont les barbecues dominicaux reflétaient sa vision de l’ONU en tant que fraternité humaine. Asiatiques, Africains et Occidentaux pour partager des morceaux de poulet à la jamaïcaine. »
« Sur mille personnes, l’une d’elles fera forcément quelque chose que les autres ne feront pas. »
« Comme nous le rappelle le philosophe, la seule chose absolument bonne en ce monde, est une bonne volonté. Alors pourquoi les Américains oppriment-ils autant ? »
« Le monde des riches est intime, soupçonneux, consanguin. »
« C’est la loi de la nature : s’il veut garder son os, un chien doit montrer les dents. »
Et, dans le fond, pourquoi le titre Dieu ne tue personne en Haïti ? Parce que, explique l’auteur, c’est un proverbe créole qui, métaphoriquement, signifie que personne n’y meurt de mort naturelle et que le monde s’éclaire alors d’une sorte d’affreuse logique meurtrière ! Celle de la précarité, de la violence, des gosses qui crèvent de faim… sous l’œil amorphe ou désintéressé des nantis.
C’est l’histoire d’un drame. Celui du peuple Krenak. Il y a trois ans, le Brésil connaissait sa plus grande catastrophe environnementale. Un barrage de déchets miniers cédait. Cela s’est passé à Mariana, au sud-est du pays, à un peu plus de 400 km au nord de Rio de Janeiro. Bilan : 19 morts, plusieurs dizaines de villages touchés, quatre millions de personnes affectés au total.
Trois ans après la rupture, les plaies ouvertes par les boues toxiques sont toujours à vif pour le peuple Krenak, au mode de vie et à la culture profondément connectés au fleuve.
Revenons sur cette journée du 5 novembre 2015. Qu’est-ce qui s’est passé il y a trois ans ?
« Il y a trois ans, le 5 novembre 2015, à 15h30, le barrage de déchets miniers de Mariana s’est rompu. Ce bassin de rétention de déchets miniers extrêmement toxiques s’est déversé dans la vallée du fleuve du Rio Doce. Des millions de mètres cubes de boues toxiques se sont déversées dans la vallée, détruisant tout sur leur passage et tuant le fleuve du Rio Doce. Les boues se sont écoulées au milieu de la vallée en détruisant des dizaines de villages, en tuant 19 personnes. Ce sont près de quatre millions de personnes qui ont été affectées par ce drame criminel. La coulée de boues toxiques a fini par se déverser dans l’océan atlantique le 21 novembre, créant une véritable zone sacrifiée dans toute la région du Rio Doce. »
Quelles ont été les conséquences pour les peuples riverains de la mines, et du fleuve ?
« Il y a énormément de personnes qui vivent sur les berges de ce fleuve. Il y a eu des conséquences humaines et environnementales. Il y a une pollution gigantesque qui a brisé tous les équilibres naturels et les écosystèmes de tout le bassin du fleuve. Les peuples riverains parlent d’ailleurs de la mort du Rio Doce. Aujourd’hui il n’y a plus aucune culture, plus aucune pêche possible. Tous les millions de poissons vivant dans le fleuve sont morts asphyxiés, la végétation du fleuve a entièrement succombé. Tout ce qui poussait sur les rives est aujourd’hui mort ou contaminé par des métaux lourds et impossibles à exploiter. »
La ressource en eau a également été touchée, affectant notamment le peuple Krenak.
« Le fleuve du Rio Doce est mort, et par là, toute la ressource en eau de la région a été touchée, affectant directement le droit à l’eau des populations vivant à côté du fleuve et vivant du fleuve. A coté du fleuve vit notamment le peuple autochtone Krenak, dont toute la culture est intimement liée à l’eau du fleuve. Non seulement c’est leur source de subsistance pour la pêche, ou l’artisanat, mais ils ont aussi une relation spirituelle très forte au fleuve. Ils en parle comme d’un parent. Donc c’est la mort de leur parent. Et toute leur culture qui tourne autour du fleuve est aujourd’hui morte. »
A l’époque, Samarco, le propriétaire de la mine de fer, parle d’accident. Vous parlez plutôt de crime. Quelle est vraiment sa responsabilité ?
« Samarco, c’est un consortium de deux multinationales, le géant minier brésilien Vale et une compagnie anglo-australienne BHP Billiton. C’est une multinationale qui est spécialisée dans la production de minerais de fer. Il y a différentes mines de fer dans la même région. L’entreprise ainsi eu l’Etat brésilien, qui donne des autorisations d’exploitation des mines aux entreprises, sont responsables de ce crime. Eux parlent d’accident. Mais ce n’est pas une catastrophe naturelle, c’est un crime. L’entreprise savait pertinemment avant le crime que le barrage était défectueux. Ils avaient été informés par des rapports et des études que le barrage pouvait s’effondrer à tout moment. L’entreprise a fait des choix irresponsables qui ont causé la pollution du Rio Doce. »
Cela fait 3 ans que les Krenak se mobilisent. Que demandent-ils ?
« Tout d’abord, le peuple Krenak demande que ce drame soit reconnu comme un crime et non comme un accident. En parlant d’accident, on opère une déresponsabilisation totale de l’entreprise et de l’Etat. Déjà en reconnaissant la rupture du barrage du Rio Doce comme un crime, cela permettrait de reconnaitre la violation d’un certain nombre de droits du peuple Krenak et ainsi d’obtenir justice. Plusieurs droits humains des Krenak ont été bafoués, comme le droit à l’eau, à cause de la pollution et de leur lien très intime à l’eau, mais aussi le droit à la santé, le droit à l’alimentation, puisque le peuple Krenak vivait de ce fleuve, et aussi le droit des Krenak d’exercer leurs manifestations culturelles et leur religion traditionnelle qui sont liées à ce fleuve qui est sacré pour eux. Le peuple Krenak demande aussi une réparation intégrale et juste du préjudice qui a été causé par Samarco. Ce peuple, en tant que peuple autochtone, a des droits spécifiques liés aux peuples autochtones qui sont reconnus par les déclarations des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Ils demandent une reconnaissance à la propriété de leurs terres traditionnelles, à l’autodétermination. Cela leur permettrait aussi de pouvoir récupérer des terres qui n’ont pas été dévastées par le crime du Rio Doce et de pouvoir retrouver leur droit d’accès à l’eau. »
France Libertés est déjà intervenue sur la question au mois de mars lors du Forum social mondial et se mobilise aujourd’hui avec cette campagne Justice for Krenak. De quelle manière ?
« France Libertés et le peuple Krenak lancent ensemble une campagne internationale dans le but de mobiliser un maximum de personnes en Europe, au Brésil et ailleurs dans le monde, contre les responsables de ce crime qui est sans précédent dans l’histoire du peuple. C’est d’ailleurs le plus grand crime environnemental qui s’est produit au Brésil. France Libertés et le peuple Krenak demandent à un maximum de personnes de se mobiliser pour réclamer que justice soit faite par l’application du droit et donc un procès juste et équitable pour les Krenak. Chacun peut se connecter sur le site Justice for Krenak pour signer l’appel à solidarité appeler à ce que justice soit faite. »
Eric JAIL , skipper amateur sur la route du Rhum en catégorie Rhum Mono, a décidé de porter les couleurs de l’association LONGITUDE 181, son bateau s’appelant « La Voix de l’Océan ». Il nous explique son parcours, sa motivation, sa course en 2014, et les motivations qui l’ont conduit à proposer une différence marquante d’état d’esprit dans cette course mythique pour rallier un public nombreux à porter la voix de l’Océan. A découvrir ici et dans les chroniques à venir.
Dans le cadre de conférences consacrées au bien-être et à l’écosystème, il m’a été donné l’occasion de voir et d’apprécier le film-documentaire La terre vue du cœur de Iolande Cadrin-Rossignol.
Ce film, également disponible sur youtube, est dédié aux futures générations et nous rappelle à quel point le vivant, sous toutes ses formes, est un fascinant et touchant mystère.
Ce document donne principalement la parole à Hubert Reeves (astrophysicien, communicateur scientifique et écologiste) et Frédéric Lenoir (philosophe et sociologue), autour de l’inquiétante menace qui pèse sur la biodiversité.
J’ai plus particulièrement épinglé quelques propos pour illustrer ma chronique. Dans un premier temps, l’ampleur du problème :
« Nous ne sommes pas le but de l’évolution, mais une espèce parmi d’autres (…) Ainsi, il y a une totale interdépendance de tous les êtres vivants, mais nous sommes dans une logique de quantité et non de qualité (…) Dans le siècle dernier, nous avons perdu quelque 80% des forêts originelles ! Or, quand une espèce disparaît, il s’ensuit un déséquilibre désastreux et il faut donc considérer la nature comme un organisme vivant avec qui on doit être en relation (…) »
Ensuite, j’ai relevé deux propositions que tout un chacun se devrait d’appliquer, si ce n’est déjà pas le cas : « Certes, l’avenir de l’humanité est en danger mais il faut continuer à se battre et montrer qu’il y a un avenir (sous-entendu plus radieux) possible » et « Ce n’est pas l’État qui est souverain, mais le citoyen. Dès lors, il faut réconcilier l’écologie et l’économie. »
En conclusion, n’oublions pas que nos actions façonnent le monde. Donc, agissons en citoyens responsables !
Dans le récent numéro de POUR dont le titre générique est Nous sommes tous des migrants, l’éditorial titré Il est temps de faire front ! est signé par Bernadette van Zuylen et Jean-Claude Garot. C’est un texte qui mérite une attention toute particulière pour la profondeur de l’analyse de notre société tellement malade de son élémentaire humanité.
Il pose une question essentielle pour mieux discerner les mécanismes mis en place par des politiciens, décideurs, lobbyistes, économistes, quant au rejet de « l’autre », migrants, précarisés, immigrés…
Bernadette van Zuylen.
« Ce qui leur est reproché n’est-il pas d’être pauvres et de ne pouvoir immédiatement être générateurs de richesses pour l’économie des pays d’accueil, alors qu’inversement ils sont générateurs dans un premier temps d’un certain nombre de dépenses de solidarité ? »
Jean-Claude Garot.
Leur démonstration est d’une logique implacable : « Si l’immigré est arabe ou musulman, il est immédiatement stéréotypé comme illégal, à rejeter, à renvoyer ou, en attendant, à incarcérer. Mais si cet arabe musulman est prince du Qatar ou milliardaire des Émirats arabes unis, il est accueilli à bras ouverts. Si c’est l’indien Mittal, milliardaire industriel de la sidérurgie, aucun douanier zélé ne le retiendra une seconde pour la couleur de sa peau, et une nuée de journalistes sera toujours disponible pour l’interviewer sur ses rêves financiers liés à l’expansion de son groupe sidérurgique international, sans que les licenciements des travailleurs de ses usines ne dérangent. »
Peinture de Benoit Piret, artiste du flichpart.
Les éditorialistes de POUR poursuivent leur raisonnement que, bien souvent, l’équipe de Fréquence Terre-Écolodio place également en évidence : « La pression est mise par les lobbies du monde financier pour que le populisme de droite se développe, pour que les droites extrêmes ne se cachent plus pour dénoncer les causeurs de troubles, de chômage ou de misère : les immigrés, les plus pauvres des pauvres. Les Orban, Salvini, Kurz, Buettner, Francken, et les médias qui leur servent de porte-voix, de pousse au crime, ont compris que leur propre pouvoir et celui des fonds financiers qu’ils vénèrent ne sont possibles que s’ils créent la division entre les plus meurtris du système. »
Et de conclure ce rigoureux constat : « Ils stimulent la haine de l’autre, ils créent de toutes pièces, à leur profit, la guerre des pauvres. Ils tentent de réinventer de nouvelles nuits de cristal[1], de nouvelles sélections des valeurs humaines au risque de régénérer aussi de nouvelles formes de nazisme et de fascisme. »
« Il est temps de se lever et de faire front ! » clament-ils et, bien évidemment, nous relayons leur appel légitime au nom de l’humanisme, et son corollaire la démocratie !
[1] Pogrom contre les Juifs du Troisième Reich en novembre 1938.
Ce reportage à Bray-Dunes est à double face, car après la délectation au cœur de la remarquable Dune Marchand de la Réserve naturelle nationale, un peu plus loin, à la Dune Le Perroquet faisant partie de l’Espace naturel du Nord, j’ai fait demi-tour sur un coup de colère.
Un panneau annonçait « Travaux de restauration écologique », ce qui méritait des applaudissements et, à côté de lui, un autre, scandaleux. « Aujourd’hui chasse en cours ! » recommandant à la prudence.
Dès lors, je fais l’impasse sur cette Dune du Perroquet !
Pour présenter la Dune Marchand, voici des extraits du site web des Réserves naturelles de France : « La dune Marchand est située sur le littoral de la Mer du Nord à l’est de Dunkerque. Elle fait partie des Dunes de Flandres. Elle forme un milieu naturel et diversifié en évolution permanente.
La variété des milieux attire une faune très diversifiée. Dans les mares, zones refuges, de nombreux amphibiens profitent de la nourriture : on y découvre les crapauds calamite, les tritons crêtés ou encore les grenouilles rousses accompa
gnées de quelques libellules. Au printemps, on peut reconnaître le chant du rossignol philomèle dissimulé dans les fourrés.
Avec près de 400 espèces, ce site abrite une flore très variée. L’oyat ou l’argousier, l’élyme des sables : bien que rare sur ce site, il est bien adapté aux terrains salés du bord de mer. Son système racinaire permet de préserver la dune de l’érosion. Ce qui est appréciable.
Sur la dune embryonnaire, on trouve quelques plantes pionnières adaptées à un taux de salinité important comme le chiendent et le cakilier maritime.
La dune grise doit son nom aux couleurs prédominantes des mousses et des lichens. Leur installation évite l’érosion du sol et permet la fixation du sable. Ces milieux sont néanmoins très fragiles : un piétinement trop souvent répété menace les espèces présentes.
Constituée de pelouses rases, la dune grise accueille des végétaux adaptés aux conditions particulièrement sèches du milieu : c’est ce qui explique la petite taille des plantes. Leurs feuilles sont souvent ramassées, poilues et charnues comme celles des grosses plantes. Ces adaptations leur permettent de résister au vent, à la sécheresse et à l’air salin. Ah ! Comme la nature est belle !
Le traquet motteux est aussi un oiseau de la dune grise. Au sein des massifs dunaires, on trouve des milieux humides appelés « pannes », totalement différents de dunes grises. Ces milieux sont tout aussi exceptionnels au niveau écologique. »
Bien entendu, la présence de Fréquence Terre-Écolodio réside dans le fait d’attirer l’attention sur le respect et l’entretien de ce site exceptionnel que, quelques chiffres mettront davantage en lumière : la flore comporte 337 espèces, de l’oyat piquant à la gentiane, en passant par le peuplier, l’aulne, le frêne, l’orne, des plantes boréales, des orchidées…
Et la faune recense 162 espèces de vertébrés, 6 amphibiens, 140 espèces d’oiseaux dont 35 nicheurs, du rossignol au pinson.
Et, cerise sur le gâteau, c’est aussi un lieu de reproduction du phoque veau-marin.
Alors, bonne visite respectueuse de ce trésor de Dame Nature !