« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
La très belle Virginie, une femme appétissante (sic) et intelligente est « cash », comme l’écrit Bertrand Carette dans « La Fosse aux Louves », un roman paru dans « Terres de France », l’emblématique collection des « Presses de la Cité ».
Elle st un danger de séduction, toujours selon l’auteur, malgré sa froideur apparente à tenir à distance tout homme qui se risque à la convoiter. On ne lui connaît pas d’homme dans la Brenne où elle est propriétaire d’un ancien domaine : « La Fosse aux Louves ». Pourtant, à deux reprises, on l’a vue enceinte et, à présent, elle est la mère de deux ravissantes petites blondes.
La vie de Virginie est rythmée par des chevaux de concours qu’elle élève, des chiens, le domaine, sa mère, Hélène, et ses deux filles. Il y a, aussi, Alexandre, son fidèle ami célibataire, exploitant forestier, toujours prêt à l’aider et la conseiller. Il est follement amoureux d’elle et ne lui en parle pas de peur d’être rabroué et de perdre son amitié. Pourtant, ils se côtoient régulièrement…
Il y a, également, Élise, une amie qui lui voue une grande admiration, au contraire d’un oncle sordide, pervers et crapuleux qui tente de l’abattre par tous les moyens afin de s’approprier une grande partie de ses biens.
Alors ? Toute la richesse d’un ouvrage de ce genre, où le terroir se confond avec une saga, réside dans le fait d’amener à une sorte de suspense concernant le destin de tous ces personnages. Parfois, le trouble se conjugue avec l’humour, la tendresse avec une certaine violence, la vérité avec les rumeurs, le dégoût face à des scènes de chasse et l’interrogation quant il s’agit d’affairisme et de copinage maçonniques.
En d’autres termes, un roman qui secoue en abordant ces concepts universels que sont l’amour et la haine.
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Bruxelles, capitale de l’Europe, siège de l’Otan et de multinationales, 1,2 million d’habitants, accueille aussi des dizaines de milliers de résidents français, des fonctionnaires internationaux et des touristes.
Bruxelles-la-crasse relève d’une triste réalité.
Bruxelles, outre les événements liés aux attentats de Paris, est considérée comme une capitale parmi les plus sales, insécurisées, polluées (la qualité de l’air y est catastrophique), encombrées et embouteillées quasi en permanence du Vieux Continent. On l’a dénonce comme étant très mal gérée malgré sa kyrielle de ministres (5), secrétaires d’État (3), députés (89), maires (19), des centaines d’échevins et conseillers communaux, avec le constat supplémentaire de ces derniers jours : des dépenses somptuaires pour l’érection d’un nouveau stade de football, alors qu’il faut fermer des tunnels par manque d’entretien, qu’il pleut dans de prestigieux musées, que le piétonnier du centre ressemble parfois à des chancres, que le trafic aérien, au-delà du danger que représente un crash – certains ont été évités de justesse – est d’une intensité telle, que le bruit des avions est le fond sonore habituel des Bruxellois, sans parler d’un scandale lié à la suspension pour plusieurs années des travaux d’un RER, travaux imaginés en 1990, que des chamailleries communautaires et autres sabotent littéralement, de la mauvaise qualité commerciale dans divers quartiers, etc. etc.
Et, comme le clama Pascal Smet, le ministre bruxellois des travaux publics et de la mobilité, que « Fréquence Terre-RFI » a été écouter lors d’une réunion d’information : « La Région bruxelloise n’a pas toujours très bonne réputation ! ». C’est une lapalissade !
Le ministre Pascal Smet face aux citoyens.
Une embellie
Néanmoins, dans ce tableau assez sombre, il y a parfois des embellies et il faut pouvoir, aussi, les souligner et les mettre en évidence.
En effet, le même ministre déclara, tendez bien l’oreille : « Voici un projet où il est question de qualité de vie ! »
L’autoroute urbaine des deux Woluwe (Saint-Pierre et Saint-Lambert) deviendra bientôt une artère plus conviviale.
Qu’en est-il ?
– Il s’agit de transformer une « autoroute urbaine » en un « boulevard urbain » avec beaucoup plus de verdure et de convivialité. Ce sera une valorisation de l’espace public et une amélioration de la qualité de la vie. Il y aura, aussi, une ligne de tram prolongée dans l’esprit d’une mobilité durable.
Et, le ministre d’ajouter :
– On dit qu’une ville est bien développée quand les riches peuvent prendre le tram !
L’immense salle qui accueillait des centaines de personnes, ce qui est la preuve d’un engagement citoyen de bon aloi, fut secouée par un rire général.
Ajoutons, qu’il y aura aussi une piste cyclable, l’aménagement de larges trottoirs, la création d’une noue ou fossé pour récolter les eaux de pluie, des dizaines d’arbres supplémentaires, et, forcément, une réduction des bandes de circulation automobile. De plus, un médiateur sera présent sur ce chantier de deux années, il sera aussi question d’un comité d’accompagnement incluant les riverains et les commerçants, bien sûr, mais encore les comités de quartiers et les autorités communales, de réunions d’information tous les trois à quatre mois…
Il va s’en dire que cette réalisation relève d’une approche écologique et citoyenne qui peut être montrée en exemple. Il reste, bien sûr, à la concrétiser sur le terrain…
À ce propos, le ministre conclut :
– Les hommes politiques doivent faire ce qu’ils proposent !
En dernière minute : « La Belgique est le pays européen le plus pollué au niveau de l’air » (« Le Soir » du 22 février 2016) :http://www.lesoir.be/1128745/article/actualite/fil-info/fil-info-belgique/2016-02-22/belgique-est-pire-pays-europeen-en-termes-qualite-l-air
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Blagny, village d’environ 1 200 âmes, fait partie de la communauté de communes des Trois Cantons et est situé au pied d’une colline de quelque 300 m d’altitude, appelée « Mont Tilleul ». Deux parties forment l’entité : le village ancien et les cités de l’usine des Hauts Fourneaux de la Chiers (début du XXe siècle). D’origine gallo-romaine, on y retrouva des sarcophages mérovingiens, alors que l’église est consacrée à saint Rémy (porche daté de 1700) et qu’elle accueille une Vierge à l’Enfant du style « Notre-Dame d’Orval ».
Notre-Dame d’Orval de l’abbaye cistercienne belge.
Deux imposants marronniers avaient été plantés en 1598 devant l’édifice sacré pour commémorer la Paix de Vervins, et ils ont sans doute été replantés au XVIIIe siècle.
Pourquoi évoquer ces arbres érigés en ce lieu ?
Parce que la tradition dit que le marronnier est une création du Diable et que c’est une minable imitation du châtaignier et, dès lors, le fait qu’ils aient été placés devant l’église peut paraître étrange.
Il est vrai que, justement, au Moyen Âge, le marron était apprécié par les moines guérisseurs et apothicaires pour ses nombreuses qualités médicinales : contre les refroidissements et la fièvre, l’arthrite, les maux de dents, les rhumatismes, la goutte, les maux de reins, les vertiges et coliques, les hémorroïdes… D’une manière, disons, plus ésotérique, placer des marrons sous l’oreiller empêche les fantômes de vous tirer par les pieds !
Les 26, 27 et 28 février se tient le 30ème salon Primevère, le salon-rencontres de l’alter-écologie, au parc des expositions Eurexpo, près de Lyon.
Primevère a 30 ans. 30 ans d’écologie, d’alternatives, de débats de société… Un salon de rencontres né en 1986, à Lyon. Quelques militants font alors le pari de rassembler en un même lieu des artisans, des producteurs, des militants politiques ou associatifs, tous désireux de promouvoir un autre modèle de société.
« La première édition, c’était une fête des écologistes pour préparer les élections régionales. Devant le succès, ils se sont dit qu’ils allaient reconduire cela l’année suivante. Petit à petit, le salon a pris son envol, il a grossi. Il est devenu autonome. »
30 ans après, l’association Primevère c’est 500 bénévoles qui font vivre le salon. Primevère draine un public toujours plus nombreux et plus large et s’affiche comme Le salon-rencontre de l’alter-écologie.
« Les militants et les visiteurs du début sont toujours là. Par contre, on essaie de faire venir des gens qui n’ont pas trop entendu parler de l’écologie ou qui ne savent pas ce que cela veut vraiment dire. C’est l’un de nos succès. Les anciens militants sont là et discutent. Primevère, c’est un salon de l’écologie, mais aussi des rencontres. Rencontres avec les exposants, les conférenciers, les artisans… Mais aussi rencontre avec le public. Il y a des espaces repos, restaurant, enfants, animations…des espaces où les gens peuvent discuter, où les gens communiquent beaucoup. »
Au fil des rencontres et des débats, la prise de conscience du citoyen est aujourd’hui bien réelle. Chacun se doit d’agir à son niveau. Pourtant, il faut toujours et encore convaincre.
« Il faut toujours répéter, mais on voit bien que les idées avancent. Les gens prennent conscience. Ils ont de plus en plus d’informations. Les politiques sont les moins bien informés et les moins prêts à bouger. Nous, on est les militants de base. Les gens ont envie de bouger. Ils prennent des initiatives. Ils n’attendent plus que les politiques leur montre le chemin. C’est à Primevère que l’on peut les rencontrer pour voir ce qui se passe vraiment dans la société, et pas seulement à la télé. »
L’actualité fait régulièrement échos à l’écologie… soit pour saluer les prises de conscience, soit pour déplorer les projets qui portent atteinte à la planète… Après une COP 21 qui sera restée plutôt frileuse… la société civile est donc plus que jamais porteuse de projets alternatif… de transition…
« La COP 21 a beaucoup déçu par rapport au battage que l’on a fait autour. Mais quand on voit qui a participé, cela ne pouvait pas être autrement. Quand l’énergie est fournie par EDF, GDF ou AREVA, on ne peut pas avoir des alternatives. Primevère est dans une actualité qui est moins faite de piques, mais qui est faite d’actions et d’initiatives qui se développent, qui sont pérennes. Les 20 exposants qui étaient là à la première édition, ils sont toujours là. Qui peut se vanter de sociétés, d’artisans et de créateurs qui ont 30 ans d’existence ? »
Primevère c’est aujourd’hui 5200 exposants, des espaces d’animations, de restauration… C’est également plus de 150 heures de débats… en 3 jours… avec quelques grandes thématiques…
« Il y a des thématiques qui sont en lien avec l’actualité, comme le lobbying pharmaceutique. On a vu les dégâts des expériences de médicaments récemment… Une autre actualité est celle de l’agriculture. Fabrice Nicolino va venir parler de son livre « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture ». Et puis il y a des sujets un peu plus précurseurs comme le transhumanisme : toutes les réparations que l’on fait sur l’être humain, nous amène à « espérer » un homme augmenté, vivant beaucoup plus vieux. Un conférencier va venir nous en parler. On pourra débattre de savoir quelles sont les vraies perspectives, quelle est la part de fantasme, quelle est la part de réalité… ? »
Au fil des années, Primevère a démontré que l’écologie et les alternatives ce ne sont plus que les actions de protection de l’environnement. C’est aussi la défense d’un autre modèle de société…
« Primevère, c’est l’écologie dans son ensemble, dans ses idées, dans son débat… ses perspectives. Mais c’est aussi l’écologie dans sa vie quotidienne. Chaque visiteur pourra trouver sur le salon ce qu’il lui faut pour vivre écologiquement chaque instant de sa vie : comment s’habiller, se nourrir, comment éduquer ses enfants dans le respect de la planète, comment construire sa maison, comment se déplacer, en respectant la planète et les autres… »
Le 30ème salon-rencontres de l’alter-écologie Primevère, c’est le 26, 27 et 28 février, au parc des expositions Eurexpo de Lyon-Chassieu.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
« Le grade de Maître » et « La corde rituelle » de Percy John Harvey, deux titres pour un auteur se retrouvant simultanément à MdV Éditeur et aux Éditions Cépaduès et de Midi, c’est dire sa renommée ! Ajouter pour cette rubrique, « Les cinq voyages du Compagnon» de Laurent Bertrand à MdV, et vous aurez fait le plein de symbolisme pour quelques semaines.
. « Le grade de Maître » : selon l’éditeur, il y aurait quelque vingt mille ouvrages en français et en anglais traitant de la franc-maçonnerie. Un monde mystérieux, mal perçu parfois, mal connu souvent. Alors, dans cet imposant ouvrage de plus de 300 pages, ce sont principalement par des photos et des dessins que ce grade est présenté. Une iconographie sacrée, à ses yeux.
. « Les cinq voyages du Compagnon » : « Le Compagnon, fils de la Lumière en quête de Vérité » a choisi une certaine voie initiatique qui lui sert à « prendre conscience de sa réalité intérieure, pour mieux la faire vivre. » Pour ce faire, il voyage, aussi, de manière symbolique…
La corde égyptienne était maniée par le Maître d’Œuvre.
. « La corde rituelle » : une corde, c’est ce qui sert à attacher. « De tout temps, l’homme a eu besoin de lier, d’attacher, d’assembler. À ces fins, depuis la préhistoire, toutes les civilisations ont confectionné et utilisé des cordes ou des fils. » Mais, une corde sans nœud est à peu près inutile. En symbolique, elle a même des significations particulièrement précises qu’elle soit nouée, lacée, fait partie d’entrelacs qui s’entrecroisent ou s’enchevêtrent.
Trois anciens Grands Maîtres : Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abif.
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Dans l’almanach « Des terres de France » dont il a déjà été question sur « Fréquence Terre », j’ai relevé quelques bons conseils écologiques. Voici trois gestes au quotidien qui font tellement de bien à la planète :
L’eau de Javel : certes, il s’agit d’un désinfectant efficace, mais il est particulièrement toxique pour l’environnement. De sa fabrication à sa destination finale, il libère du chlore qui, malheureusement, réagit avec les matières organiques du sol, de l’eau et de l’air et forment, de la sorte, des composés nuisibles à la flore et à la faune. L’eau de Javel devrait donc être essentiellement utilisée pour le nettoyage des sanitaires. Alors, privilégiez les produits écologiques, tel le savon noir pour nettoyer les carrelages et détartrez les robinets au vinaigre blanc.
La verveine : récoltée en été et séchée à l’ombre dans un local aéré, elle est appréciée comme boisson chaude en hiver, contre les rhumatismes et fièvres, en gargarisme contre les maux de gorge, en compresse sur des ulcères, des coupures et contusions…, selon ledit almanach.
Le lin : c’est la fibre la plus écologique qui soit avec une culture nécessitant peu d’engrais et de pesticides (cinq fois moins que le coton, par exemple), un respect de l’environnement durant toute sa transformation et, il faut aussi savoir que tous ses produits sont biodégradables.
Sources : « Terres de France – Almanach », Presses de la Cité et France Bleu), « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses », « Mémoires d’un journaliste révolté »… de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Anciennement, Bazeilles, cette commune de quelque 2 000 habitants faisait partie de la Principauté de Sedan.
Maison de la Dernière cartouche
Une bataille atroce
Au Moyen Âge, les seigneurs de Sedan étaient des vassaux du roi des Français, mais l’indépendance fut proclamée vers 1560. À ce jour, Bazeilles est internationalement connue car c’est dans cette ville que se déroula une bataille atroce (des milliers de victimes !) entre soldats Français et Bavarois lors du conflit de 1870. Une centaine d’hommes de la Division Bleue (1ère Division d’Infanterie marine réunissant des marsouins ou régiments de marche et des bigors ou régiments d’artillerie) résista jusqu’à l’épuisement total des munitions.
Une terrible bataille de 1870.
À la « Maison de la dernière cartouche » (Musée des Troupes de Marine Française), un tableau d’Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville (1836-1885), élève d’Eugène Delacroix, évoque ce fait héroïque, alors qu’au sud du cimetière, un imposant ossuaire contient les ossements de 998 Français et 1 061 Allemands tués les 31 août et 1er septembre 1870.
Loin, très loin, de ces faits tragiques, certaines légendes poursuivent néanmoins leur chemin à travers les siècles et, ainsi, il se dit que « sur un coteau, se dressait le château d’Orchas. Il appartenait à un seigneur qui semait la terreur dans toute la région traversée par la Meuse. Alors, la fée Mélissa lui jeta un sort et le fit dépendre d’une belle jeune fille… Cette dernière empoigna l’épée du seigneur et le tua ! »
Cependant, il existe plusieurs versions et relations à ce sujet.
Le seigneur en question s’appelait « Ochasse », selon Christophe Méchin, féru d’histoires ardennaises. Ochasse est décrit comme un homme particulièrement mauvais, violent, sans foi ni loi. Il avait pour habitude de violer une jeune fille vierge chaque nuit puis de laisser sa victime aux mains de ses soldats tout aussi immondes que lui. Soldats qui martyrisaient les jeunes filles jusqu’à la mort.
« Il fut puni par la fée Mélissa ! » conclut l’auteur.
La fée Mélissa ? Selon « L’Ardenne à Paris » (un agréable site où le sanglier et la Tour Eiffel font bon ménage : « Chascun est content du lieu où nature l’a planté » d’après Montaigne), la fée Mélissa fut la « Vierge à l’épée » qui vengea ses sœurs en tuant « Ochas ».
Des francs-maçons aux footballeurs
À présent, attardons-nous quelque peu à un château célèbre à Bazeilles : le château de Montvillers. Il fut construit en 1770 par un architecte du Roi des Français, non loin d’une foulerie (atelier où l’on foulait les draps) et à l’emplacement d’un hameau aujourd’hui disparu. Son propriétaire, Jean Abraham André Poupart de Neuflize, était un riche drapier de Sedan.
En 1777, il aurait reçu dans son château de style néoclassique le marquis de La Fayette (1757-1834), héros de la guerre d’indépendance américaine et figure marquante de la Révolution française. Particularité dans l’architecture de ce château : une frise (décoration formant une bande continue) composée de sphinx, équerres et niveaux, des outils symboliques de la franc-maçonnerie.
La franc-maçonnerie est une très ancienne association internationale divisée en différentes obédiences (groupements) ou formée de « loges » dites indépendantes et souveraines qui s’appuie, entre autres, sur la Tradition, le Symbolisme et la Fraternité pour œuvrer dans la société et tenter de rendre celle-ci plus juste et plus humaine.
Représentation d’un franc-maçon lors d’une exposition à Vresse-sur-Semois.
Ses membres sont des initiés qui « travaillent » à construire un monde meilleur et à se construire eux-mêmes. Quand on évoque la franc-maçonnerie, il est souvent question de « spiritualité humaniste » dirigée vers la société et qui est à son écoute.
Examinons d’un peu plus près les symboles de la frise du château de Montvillers :
. Le sphinx : originaire d’Égypte, ce monstre fabuleux et mystérieux était représenté avec un corps de lion et une tête de pharaon, le souverain de l’Égypte Ancienne, et il était un symbole de puissance et de protection.
La statue la plus ancienne et la plus célèbre d’un sphinx est située près des pyramides de Gizeh, ville d’Égypte sur le Nil.
Par la suite, plusieurs modifications furent apportées à cette représentation.
Ainsi, parfois, il se compose du visage d’un homme, du corps d’un taureau, des griffes d’un lion et des ailes d’un aigle.
En lui, et au-delà d’autres interprétations symboliques, le sphinx porterait la devise du parfait franc-maçon :
– Homme : savoir avec intelligence, connaissance, vie…
– Taureau : se taire avec force, travail, résistance…
– Lion : vouloir avec ardeur, force, action…
– Aigle : oser avec audace, esprit, âme…
Le sphinx établit à Thèbes, ville de Grèce, proposait des énigmes aux passants et dévorait ceux qui ne pouvaient pas répondre, clame encore la légende.
En voici la plus connue :
« Quel est l’être qui parle, qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ? »
Il s’agit de l’homme qui marche à quatre pattes dans sa jeune enfance et s’aide d’une canne quand il est âgé.
Un sphinx.
. L’équerre : de manière générale, cet outil symbolise l’équité, la justice, l’activité, le dynamisme, l’action de l’Homme sur la matière et sur lui-même…
. Le niveau : cet outil détermine l’équilibre, sert à égaliser (à ne pas confondre avec le nivellement des valeurs !)…
Le Château de Montvillers est passé de la maison de campagne à école, de salle d’asile à orphelinat, il a été racheté par le Conseil Général des Ardennes qui le partagea en deux : une partie occupée par le « Lycée hôtelier », une autre par le Club Sportif Sedan Ardennes afin d’y installer ses bureaux, un centre d’entraînement…
Hélas, un important incendie y fit de nombreux dégâts en 2004.
Une autre énigme
À Bazeilles, il y a aussi les vestiges d’un château construit au XVIIe siècle par le Prince de Sedan, vicomte de Turenne. En 1870, il fut fort endommagé mais quelques éléments intéressants subsistèrent avec des fortunes diverses : pont-levis, porte ouvragée, galerie, jardins, mur et postes de tir…
Croquis de la Ferme Turenne.
Une énigme fut relevée à ce sujet : « Au Moyen Âge, Bazeilles possédait probablement une maison forte. Son emplacement est-il celui de la Ferme Turenne ? »
Autre château, celui que l’on appelle parfois « Château d’Orival » construit au XVIIIe siècle. Résidence d’été d’un riche manufacturier sedanais, Louis Labauche, anobli par le roi Louis XV, ce chef d’œuvre architectural – également très abîmé par un incendie, mais en 1989 – a reçu la visite de personnalités de premier plan dont le Tsar Alexandre Ier et Guillaume Ier, empereur d’Allemagne.
En plein débat sur la biodiversité, des chercheurs français ont breveté une molécule connue depuis des siècles pour ses vertus contre le paludisme. Un cas de biopiraterie suivi de près par les associations.
La loi sur la biodiversité a été votée en première lecture en janvier au Sénat. Parmi les dispositions de cette loi, un amendement prévoit de limiter le brevetage du vivant. Une bonne nouvelle pour les associations de l’environnement, mais entachée par une autre annonce. Des scientifiques de l’Institut de Recherche pour le Développement, l’IRD, ont déposé un brevet sur une molécule prometteuse pour soigner le paludisme. Problème : cette plante, la Quassia Amara, est utilisée depuis des siècles en Guyane et dans les régions tropicales pour ses vertus médicinales contre le paludisme. Pour les associations, ce brevetage du vivant tombe mal. Elles ont déposé un recours auprès de l’Office Européen des Brevets (OEB).
Avec Marion Veber, chargée de mission Droits des peuples à France Libertés, et Justine Richer, chargée de mission Biropiraterie à France Libertés.
La « découverte » de l’IRD n’en est pas vraiment une. Qu’a fait exactement l’Institut de Recherche pour le Développement ?
Justine Richer.
« Dans une recherche pour trouver un médicament contre le paludisme, l’IRD, l’Institut de Recherche pour le Développement, est allé en Guyane française. Ils ont questionné les peuples autochtones sur leurs remèdes utilisés contre le paludisme. A partir de leurs réponses, ils ont pu identifier une plante, la Quassia Amara, comme étant un traitement très efficace contre le paludisme. Mais cette plante et son activité antipaludique sont connues depuis des générations par les peuples autochtones guyanais. Par le brevet, l’IRD ne fait que souligner scientifiquement l’activité antipaludique de la plante. »
Ce brevetage va avoir des conséquences sur les populations locales.
Marion Veber.
« C’est un remède traditionnel très rependu en Guyane, utilisé souvent sous forme de tisane. En déposant un brevet, l’IRD s’accapare un savoir traditionnel. Il détiendra, une fois le brevet délivré, un monopole d’exploitation commerciale, alors même que les populations autochtones n’ont pas été reconnues comme à l’origine de la recherche de l’IRD. Si les communautés locales avaient voulu déposer un médicament, elles ne pourront désormais plus le faire. Mais au delà du monopole d’exploitation commerciale, cela pose la question de la culture de la Quassia Amara. Dans le cas où l’IRD aurait un partenariat avec un laboratoire pharmaceutique pour développer le médicament, on pourrait s’attendre à une augmentation de la culture de cette plante. Cela poserait des questions de conservation de la plante, d’équilibre des écosystèmes, et d’inflation des coûts de la plante. »
Le dépôt d’un brevet répond à des critères très précis. Pourquoi France Libertés s’oppose à celui-ci ?
Justine Richer.
« Notre opposition contre le brevet déposé à l’Office Européen des Brevets porte sur les critères même de brevetabilité. Normalement, la délivrance d’un brevet dépose sur trois critères : la nouveauté, l’inventivité et l’application industrielle. Or, les deux premiers critères ne sont pas du tout respectés. Les chercheurs de l’IRD ont mobilisé des connaissances traditionnelles ancestrales largement connues et utilisées par les peuples autochtones de Guyane. »
Depuis la mobilisation de France Libertés et les révélations de Mediapart, les réactions sont nombreuses en Guyane, du coté des collectivités et de celui des associations.
Marion Veber.
« La collectivité territoriale de Guyane a réagi par un communiqué où elle fait part de sa surprise quant aux pratiques de l’IRD en Guyane. Les parlementaires de Guyane, Mme Chantal Berthelot à l’Assemblée National et Monsieur Antoine Karam au Sénat, ont demandé à l’IRD de renoncer à ce brevet afin que l’IRD témoigne de sa bonne foi, puisqu’il s’agit d’un institut qui travaille pour le développement. Il faut souligner que l’opposition n’a pas pour but de faire cesser les recherches de l’IRD contre le paludisme. Nous soutenons ces recherches. Mais l’idée est de souligner que, dans la forme, l’IRD devrait appliquer des pratiques plus éthiques envers les peuples autochtones. »
L’IRD a réagi à ces révélations. France Libertés les a rencontrés. Que dit l’IRD et quelles actions vont maintenant être menées ?
Justine Richer.
« Il y a eu plusieurs choses évoquées, comme l’idée d’une conférence publique, organisée par France Libertés et l’IRD, pour mettre en débat cette question du lien entre la recherche et les peuples autochtones. Cette conférence pourrait avoir lieu à l’Assemblée ou au Sénat au printemps dans le but de sensibiliser le grand public. Cela poserait la question de l’évolution nécessaire des pratiques de la recherche vers plus de respect envers les communautés locales, dans un souci du respect des principes internationaux. Ces principes sont l’information des peuples autochtones concernant les recherches, l’acquisition, leur consentement et le partage des avantages. Ce sont les trois grands principes à respecter par la recherche et le secteur privé dès lors qu’il y a une interaction avec les peuples autochtones. L’IRD travaille également avec les différentes parties en Guyane, collectivités, parlementaires et peuples autochtones, pour trouver un protocole d’accord afin de sortir de cette crise par le haut et d’avoir des partages d’avantages. »
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Nathan, un copte très âgé, se dit que l’heure de sa mort est arrivée. Il l’attend dans son ermitage perdu au cœur du désert égyptien. Et puis, soudain, quatre visiteurs arrivent en attendant de poursuivre leur chemin avec une caravane. Il y a Adour, joueur de luth arménien, Hilarion, moine-soldat grec, Zahra, jeune femme, enceinte, qui va rejoindre son époux au Caire, et Madjid dit l’errant.
Nathan avait été médecin dans la capitale égyptienne et considéré comme responsable du décès d’un saltimbanque au service d’un ministre de piètre réputation. À vrai dire, le pitre était mort étouffé d’avoir ingurgité, lors d’un banquet, une carpe entière, tête, chair, nageoires et arêtes y comprises.
Condamné à la pendaison, Nathan implora tous les saints et la Vierge de le sauver. La vérité vint d’un témoignage inattendu et il fut innocenté. Afin de tenir sa promesse d’effectuer un pèlerinage s’il devait échapper à la condamnation à mort, il quitta le Caire, se dirigea vers la Mer Rouge et Jérusalem, puis devint ermite dans une maison sacrée, élevée, il y a des décennies sous forme d’un « mirage ».
De ce fabuleux voyage, de son très long séjour au milieu des sables, de la visite des quatre voyageurs, Henri Gougaud en a tissé la trame d’un roman extraordinaire empli de messages d’une immense sagesse, parfois initiatique : « Les voyageurs de l’aube ».
« La vraie grâce en ce bas monde n’est pas de crouler sous les ors, mais bien de n’avoir rien à perdre », dit-il.
Si Nathan décéda la première nuit de cohabitation avec les quatre voyageurs, Madjid prit sa relève pour habiter en ermite la très vieille demeure sacrée…
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Quand, débutant ma carrière d’auteur, j’ai demandé des conseils à Christian Jacq (photo t411in), il m’en a donnés[1]. Brefs, mais percutants. Quand, fin 2015, j’ai « chroniqué » sur l’un de ses ouvrages, il me remercia personnellement. Ce qui est très rare. Et puis, justement, suite à cette chronique dans « Littérature sans Frontières » sur cette même antenne ( https://frequenceterre.com/2015/12/06/le-voyage-initiatique-de-christian-jacq-mdv-editeur/ ), ce fut l’arrivée – parfois anonymement – de propos et de références traitant Christian Jacq de « Gourou d’une Loge maçonnique sectaire »
Naguère, j’avais bien lu, par ci par là, quelques propos à ce sujet, mais je n’y avais pas prêté davantage attention, puisque l’on ne s’adressait pas directement à moi, du moins à ma rubrique.
Cependant, j’y reviens parce qu’il n’a jamais été dans mon comportement d’éluder pareille information divulguée et relayée par des médias de renom (voir ci-après). Alors, au rôle de chroniqueur, je substitue momentanément celui de journaliste en donnant la parole, si j’ose dire, aux parties en cause, quand bien même à la rédaction de « Fréquence Terre », l’avis est clair et net : « Cela relève de la vie privée de l’auteur ! »
Ainsi, dans « Lire », « Critiques Libres », « Libération », « Charlie Hebdo », « L’Express », « L’Hebdo », sur le célèbre site maçonnique « Hiram.be », et celui appelé « Sous la Voûte étoilée », entre autres, il est question de « formation d’un groupe maçonnique, que « Maison de Vie » – créée par Christian Jacq, spécifie-t-on -, est une secte aux propos sulfureux du genre « C’est à coups de bâton qu’il faut domestiquer l’humain et non avec de bonnes paroles », que les éditions MdV – Maison de Vie – présentent des auteurs en tant que francs-maçons et qu’ils ne le sont pas… » Il est aussi question de « loge para-maçonnique », de « procédés contraires à l’esprit – véritablement – maçonnique (Fraternité, Tolérance…). »
Avant d’être édité chez MdV Éditeur sous le titre « Les 33 degrés de la Sagesse ou l’initiation des Francs-Maçons de la pierre franche », l’ouvrage l’avait été en 1986 aux Éditions du Rocher sous le titre « Le voyage initiatique ou les trente-trois degrés de la sagesse »
Quelles réponses donner à ces interrogations ? Eh bien, une explication m’est venue d’Olivier Doignon, le gérant de « MdV Éditeur », que j’avais interpellé avec ce qui précède. Voici sa réponse : « Puisque vous êtes viscéralement contre les rumeurs malveillantes et que vous avez lu en profondeur les livres que vous critiquez, il ne vous sera pas difficile de vous faire une opinion claire, tant sur Christian Jacq que sur MdV Éditeur et les nombreux auteurs maçonniques de qualité qu’elle a l’honneur de publier. Dans ce milieu, hélas, les coups bas ne manquent pas, mais cela n’empêche pas l’idéal initiatique de survivre, et c’est l’honneur de mon métier d’éditeur de le défendre. »
En définitive, seul le lecteur décide ou non d’attacher un intérêt à pareil débat et pas à moi de lui dicter sa manière d’agir. La lecture et la publication des chroniques consacrées aux ouvrages de « MdV » se poursuivra, donc, sauf, bien entendu, si les propos « sulfureux et sectaires » dénoncés par d’aucuns devaient m’apparaître de manière concrète.
Ainsi, « Fréquence Terre » restera dans son rôle d’information et un carrefour d’idées et de débats d’où, il va de soi, certains sujets, tels le révisionnisme, le racisme, la pédophilie…, sont exclus.