Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Bar-lès-Buzancy est un petit village fleuri très ancien puisque, en octobre 1952, on y découvrit deux squelettes mérovingiens lors du terrassement d’une future maison. À côté de ces squelettes, on trouva aussi des armes et des vases.
Situé au sud de l’Argonne Ardennaise, ce village d’une centaine d’âmes doit son nom à la source de la Bar toute proche. Cette rivière est un affluent de la Meuse et est longue d’une soixantaine de kilomètres.
La Vallée de la Bar comporte également le Canal des Ardennes (44 écluses et un tunnel) qui relie l’Aisne à la Meuse et fut construit sur l’ordre de Louis-Philippe, roi des Français de 1830 à 1848.
Dans le « Guide de la France Mystérieuse », il était question de « La pierre qui se déplace une fois par an ».
Et, de préciser : « À la « Fontaine qui bruit » jaillit la source de l’Agron. Pendant la nuit de la fête du pays, le dimanche après la Saint-Maurice, la grosse pierre voisine de la fontaine en fait sept fois le tour. »
Sept est un nombre dit sacré (7 jours de la semaine, 7 planètes, 7 pétales de la rose…), symbole de vie éternelle chez les Égyptiens, il est également celui d’un cycle accompli et le début d’un autre (7 ans est l’âge de raison, dit-on).
Pour en revenir à la « Fontaine qui bruit », il existe une autre version concernant cette « Pierre qui tourne » : « Cette énorme pierre faisait sept tours sur elle-même. »
Amoureuse du dieu des vents
Quoi qu’il en soit, la bourgade comporte une église du XVIe siècle en forme ogivale avec certaines parties de style Renaissance.
Dans les environs, la flore sauvage est variée.
On y trouve :
– la pulsatille : plante qui s’épanouit souvent au début du printemps. On lui donne le nom de « Fleur de Pâques » dans différentes régions.
– l’Orchis Bouffon : orchidée
– la vipérine : cette plante attire de manière exceptionnelle les abeilles, les papillons…
– l’anémone : symbole de l’abandon au Moyen Âge, Anémone était considérée comme une nymphe chez les Anciens Grecs.
Très belles divinités de la nature, les nymphes peuplaient les forêts, les bois, les sources, les rivières, les grottes… et étaient follement amoureuses des dieux. Quel est le rapport avec la fleur ?
Anémone était tombée amoureuse de Zéphyr, le dieu des vents, mais la femme de celui-ci se vengea et transforma la nymphe en fleur.
EL NINO, phénomène climatique dont on parle dans tous les medias, sans vraiment en comprendre l’orgine, les enjeux, les conséquences. Christophe MAES de l’IRD nous affranchit sur cette thématique qui a des conséquences inédites sur la planète !
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff sur « Fréquence Terre-RFI »
Pour ne pas mourir idiot, j’ai lu un ouvrage de Michel Onfray, ce philosophe qui défraie tant la chronique sur des sujets sociétaux particulièrement sensibles. Alors, j’ai choisi un livre qui date d’une décennie, donc loin de toute polémique (en principe !), « Théorie du voyage poétique de la géographie » (Livre de Poche).
Je cite tout d’abord une comparaison qu’il développe : « Les marcheurs, les chemineaux (c’est-à-dire les vagabonds qui parcourent les chemins), les gyrovagues (qui sont des moines itinérants et solitaires »), les paissants (à savoir, je suppose, ceux qui font paître des animaux), les coureurs, les voyageurs, les déambulateurs, les flâneurs, les promeneurs, les arpenteurs, déjà, encore et toujours, opposés aux enracinés, aux immobiles, aux pétrifiés, aux statufiés. L’eau des ruisseaux courante et insaisissable, vivante, contre la minéralité des pierres mortes. »
Et, ce constat, que je résume avec quelques-unes de ses idées : « Le voyageur déplaît au Dieu des chrétiens, il indispose tout autant les princes, les rois, les gens de pouvoir désireux de réaliser la communauté dont s’échappent toujours les errants impénitents, asociaux et inaccessibles aux groupes enracinés. »
Michel Onfray clame aussi, et je le résume encore : « Toutes les idéologies dominantes exercent leur contrôle, leur domination, voire leur violence sur le nomade. (…) Le capitalisme d’aujourd’hui condamne pareillement à l’errance, à l’absence de domicile ou au chômage les individus qu’il rejette et maudit. Leur crime ? Être inadmissibles au marché, la patrie des argentiers. Leur châtiment ? L’avilissement des corps et l’impossibilité d’un havre, d’un repos. Cela empêche-t-il de voyager, donc de goûter au mouvement, d’avoir la passion pour changement, la rage de l’indépendance, le culte de la liberté ? L’art de voyager, c’est surtout le concept d’ouverture vers le monde, découvrir ou redécouvrir, sentir des couleurs, goûter des parfums, toucher des sons, entendre des températures, voir des bruits… »
On aura compris tout l’art d’un savoureux mélange des sens dans ces derniers mots, et je ne résiste pas à livrer cette observation qui paraît avoir été écrite hier, alors que l’ouvrage date d’une dizaine d’années : « Et, l’histoire n’est pas morte, elle vivra autant que les hommes et aussi longtemps qu’un seul individu se refusera à la domination universelle d’une nation à la monnaie puissante ou à l’État planétaire. »
Enfin, il me plaît de conclure la présente chronique par une citation, que je partage au propre comme au figuré : « Tout voyage est initiatique, comme toute initiation ne cesse d’être un voyage ! »
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Par la grâce d’une kiné-joggeuse, je viens de découvrir le concept « Bain de forêt » en vogue au Japon. S’il ne fallait pas me convaincre des bienfaits de l’activité physique, surtout le jogging et la marche sportive dans la nature, donc rien de neuf sous le soleil, me direz-vous, eh bien, j’ai appris que cela était officiellement reconnu, non seulement par la médecine, mais par les autorités gouvernementales nippones !
Ainsi, depuis 1982, ces dernières ont déclaré que le « Shinrin-Yoku », littéralement « Bain de forêt », était un moyen, à la fois, de se ressourcer, de se régénérer, d’améliorer sa santé physique et psychologique et que cette pratique est donc considérée comme une « thérapie » à part entière qui, on le comprend mieux, fait de plus en plus d’adeptes de par le monde. Sous le nom de « Sylvothérapie »[1], le terme latin « silva » signifie un endroit arboré, cette activité se développe de manière fulgurante tant ses bienfaits sont nombreux pour l’organisme et corroborés par les plus hautes instances scientifiques.
À savoir, que, même la marche lente de deux à quatre kilomètres dans un bois, une forêt ou un parc, stimule les fonctions immunitaires, diminue la pression artérielle, produit des hormones qui combattent le stress et l’anxiété. De plus, les odeurs – comparables à des huiles essentielles – de ces endroits, les rayons solaires filtrant à travers les branchages, le bruit du vent, le chant des oiseaux…, apportent un bien-être supplémentaire, dont celui d’améliorer la qualité du sommeil.
Aux États-Unis, cette thérapie est même pratiquée en groupes afin de se « déconnecter » des portables et autres ordinateurs. Il s’agit de la « Digital Detox » ! Et puis, il y a un autre aspect qui n’est pas pour déplaire à toute l’équipe de « Fréquence Terre » : se « baigner » de manière régulière dans la Nature, c’est comprendre la nécessité de la protéger !
Sources : « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses », « Mémoires d’un journaliste révolté »… de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan. http://www.editionsjourdan.com/index.php
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
« Que de lieux jadis célèbres sont tombés aujourd’hui dans l’obscurité ! Attigny, autrefois résidence royale, connu par des ordonnances, par des conciles, et par différents monuments d’histoire, n’est presque plus qu’un modeste village qui n’a conservé de son ancienne splendeur que le titre de chef-lieu de canton », lisait-on dans le cinquantième (!) tome du « journal ecclésiastique, politique et littéraire », « L’Ami de la Religion et du Roi », publié en 1827 et imprimé chez Adrien Le Clere, « imprimeur du Pape et de l’Archevêché de Paris ».
Il est vrai que cette commune, Porte sud des Crêtes Préardennaises, traversée par l’Aisne et le Canal des Ardennes, peuplée de quelque 1 200 âmes, a un passé plus qu’étonnant, sans parler des malheurs inhérents aux deux guerres mondiales !
. En 638, Attigny fut acquis par Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne, en échange de terres de Fleury-sur-Loire.
Saint Méen (VIe siècle) y aurait prêché. Voici ce que j’en disais dans un précédent écrit :
« Saint Méen est né en 520 au Pays de Galles. Disciple de saint Samson (l’un des sept fondateurs de la Bretagne), il accompagna ce dernier dans sa mission évangélique. Son tombeau à Saint-Méen-le-Grand (Bretagne), là où il planta un bâton et y fit jaillir de l’eau, fait l’objet d’un pèlerinage important. On y vient faire soigner la gale, d’ailleurs autrement appelée « mal de saint Méen ».
Mais, saint Méen fait l’objet de dévotion dans d’autres contrées : Périgord, Aveyron, Jura, Namurois, dans la forêt couvinoise, là où coule une petite source que l’on dit miraculeuse :
– En buvant chaque jour un peu de cette eau lustrale, vous serez guéri des maladies de la peau ou vous les éviterez. »
Fontaine à l’eau lustrale dédiée à saint Méen.
. En 647, Clovis II construisit un palais à Attigny.
. En 750, Pépin le Bref y tint une cour plénière.
. En 765 : assemblée générale de la nation, véritable concile où assistèrent vingt-sept évêques et dix-sept abbés.
. En 769, le roi Carloman s’établit à Attigny.
. En 771, Charlemagne y passa les fêtes de Noël et, en 772, celles de Pâques.
La Pénitence publique
. En 822, Louis le Pieux (ou le Débonnaire) y présida un concile ou assemblée générale des Francs. Il s’y soumit à la « Pénitence publique ».
De quoi s’agissait-il ?
Louis le Pieux était scrupuleux et… pieux ! Il ne supportait pas le désordre et avait pour principe de fournir de « bons » évêques à l’Église. Néanmoins, il appréciait faire la guerre et inféoda les Danois, les Bretons, les Basques…
Dominé par sa femme, Judith de Bavière (dynastie des Welfs), il était influençable et indécis.
À l’instar de Charlemagne, il divisa son empire entre ses enfants.
Le neveu de Louis le Pieux, Bernard, roi d’Italie, avait été maintenu dans son royaume sous certaines conditions de vassalité. Il ne l’accepta pas et prit les armes. Face à des troupes plus puissantes que les siennes, ce fut la débandade et il fut condamné à mort. Louis le Pieux le gracia, mais au lieu d’être exécuté, Bernard eut les yeux crevés ! Il se débattit tant – on peut le comprendre, quand même ! – qu’il aggrava ses blessures et il en mourut quelques jours plus tard. Louis le Pieux se dit désolé de cette issue et il décida de donner les seigneuries aux fils de Bernard, puis il fit pénitence publique à Attigny.
Concile à Attigny.
Cette attitude était courante à l’époque mais, comme le relate la chronique, « ce n’était pas une bonne démarche pour un empereur ! »
. En 834, autre concile (mais sans certitude historique).
Tour à tour, Charles le Chauve (823-877), petit-fils de Charlemagne, Charles le Gros (839-888), fils de Louis le Germanique, et Charles le Simple (879-929), fils de Louis le Bègue, se rendirent à Attigny.
En 916, Charles le Simple y aurait fait transporter les reliques de sainte Walburge.
Ensuite, « pendant les guerres des protestants, Attigny souffrit beaucoup par l’invasion et le séjour des troupes allemandes ; l’église fut profanée, le château détruit et les habitants s’enfuirent… »
L’hôpital fut supprimé et réuni à celui de Rethel en 1696…
Le Dôme de Charlemagne
Peut-être, aimerez-vous fouler ce sol hautement historique et mettre vos pas dans ceux qui furent des « grands » d’Europe ! Outre l’église Notre-Dame avec sa tour en partie romane, cette halte fluviale et ses sentiers pédestres balisés, certains empruntés par Rimbaud, paraît-il, il y a le « Dôme de Charlemagne », ou « Palais de Charlemagne », élevé au XVIe siècle sur les substructions (soubassements) du Palatium.
On y lit deux plaques commémoratives :
. Sur la première :
647 : Palais royal bâti par Clovis II
727 : Mort de Chilpéric II
760 : Cour plénière
765-822 : Assemblée générale des Francs
786 : Baptême de Witickind et d’Albion
. Sur la deuxième :
834, 865, 870 : Conciles
854, 858, 860, 869 : Colloques de rois
870 : Partage des États de Lothaire
907 : Charles III épouse Frédérune
À la « belle saison » (de juin à septembre), on compte également sur l’autorail « Picasso » pour découvrir la magnifique région de Vouziers.
Comment vivrons-nous dans 50 ans ? A quoi ressemblera notre environnement ? Comment seront organisées nos villes ?
Ces questions autour de notre avenir immédiat n’ont jamais été aussi cruciales. L’explosion démographique que la planète a connue depuis plus de 50 ans a modifié durablement nos modes de vie et le visage de nos cités.
Nous pourrions être près de 9 milliards d’individus sur terre en 2050. Les mégapoles se multiplient à travers le monde. Avec ces 12 millions d’habitants, Paris fait figure de petit poucet comparée à New York et ses 22 millions d’habitants, Mexico, 23 millions ou Tokyo avec 35 millions d’habitants.
Et en 2050, plus du 1/3 de la population mondiale sera citadine. Ce qui n’ira pas sans poser de sérieux problèmes si nos modes de vie ne change pas radicalement.
Il y a quelques mois, le site « M ta terre » publiait un dossier sur la question en imaginant ce que pourrait, ou devrait être la ville de demain.
De manière didactique, le site, qui s’adresse volontairement aux enfants et aux ados, décrypte les enjeux d’un développement maitrisé de nos villes et envisage les solutions pour faire face aux problèmes que pose cette explosion urbaine.Eau potable, transports, logements, gestion des déchets, pollution, accès aux soins et à l’éducation, autant de critères à intégrer pour permettre à tous de vivre dignement, et à la planète de respirer.
Les urbanistes repensent ainsi les villes de manières plus écologiques, plus respectueuses de l’environnement et de ses habitants. Cela passe par une maitrise de l’étalement urbain qui est la règle depuis des décennies. En rognant sur les espaces agricoles, les villes se sont étendues et avec elles, tous les services et réseaux nécessaires : eau, gaz, électricité, transports, ou approvisionnement en denrées.
Les espaces urbains ne doivent plus être pensés comme des rajouts d’éléments posés les uns après les autres, sans cohérence, mais étudiés comme un système global où les logements, les transports, les magasins, les services et les lieux de travail sont imbriqués pour limiter les déplacements, rationaliser les ressources, et favoriser les liens sociaux.
Ce sont tous ces éco quartiers qui fleurissent un peu partout et qui tentent de répondre à cet impératif écologique et social.
Le dossier de « M ta terre » explore aussi les questions d’énergie et de transports, en mettant l’accent sur le développement des pistes cyclables, les transports en commun, et l’auto partage. Les déplacements quotidiens devront se limiter en rapprochant, quand c’est possible, le travail du lieu d’habitation ou en développant le télétravail quand cela s’y prête.
Coté alimentation, artisanat ou services, l’idée d’un retour aux producteurs et commerçants de proximité est l’un des impératifs économiques et environnementaux.
La place de la nature en ville est aussi primordiale, tout comme l’est l’implication du citoyen dans le développement de ces cités durables.
Pour compléter et accompagner ce dossier, une BD est à découvrir en ligne. Autour de la question des déplacements en 2050, elle suggère 3 scénarios possibles pour le transport des hommes et des marchandises. Car dans l’optique de réduire de 3% par an nos émissions de CO2, comme s’y est engagée la France, c’est sur les transports que le plus gros effort doit être porté… 35% des émissions de CO2 sont dues à ces transports.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Depuis toute petite, Sakineh, musulmane tchadienne, a appris à dissimuler ses émotions. Ne jamais rien montrer. Jamais ! Elle attend que son père et tous les hommes de sa famille lui annoncent qui sera son époux. Et puis, un terrible orage s’abat et Sakineh voit son père foudroyé. Elle souhaite sa mort. Il meurt. Elle se sent libre et accompagne sa sœur au Caire, où elle doit accoucher, et elle lui sert de bonniche.
Dans le roman « Les enfants de Toumaï » de Thomas Dietrich, voici, aussi, Emmanuel, dont l’idéal révolutionnaire irrite son entourage. Il est considéré avec mépris, même à l’université. Il a créé le Parti maoïste tchadien, qui ne compte qu’un adhérent n’ayant même pas payé sa cotisation. Emmanuel a troqué la foi chrétienne familiale pour le « Petit Livre rouge » de Mao. Il doit fuir sa ville, son pays et, après maintes péripéties, il se retrouve également au Caire.
Sakineh et Emmanuel se rencontrent : « Elle, musulmane, lui, chrétien, et pourtant, ils s’aimaient comme deux enfants. »
Ils se retrouvent à Paris, là où Sakineh est violentée, puis sauvée par Emmanuel. Ils reviennent au Caire et attendent un enfant. Leur enfant. « Celui qui poussera son premier cri, leur cri à eux trois, le cri de ceux qui ont tant lutté pour naître et renaître. »
Retour forcé au Tchad et ce roman exceptionnel se termine par ce constat : « Une dictature a tous les droits sur les vivants : de les opprimer, de les voler, de les tuer…, mais elle n’en a aucun sur les trépassés. »
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Je pensais que plus rien, ou pas grand-chose de « grave » (comme on dit à présent), pouvait m’étonner dans ma longue et éclectique carrière professionnelle. Après le travail en usine de ma jeunesse suivi de l’enseignement technique, ensuite avec mon orientation vers ma passion, le journalisme (radio-tv) et l’écriture, j’étais assez persuadé qu’à l’exception de l’évolution technologique (de la machine à écrire à l’ordinateur, par exemple), l’homme resterait toujours aux commandes de cette information pluridisciplinaire et multimédia tellement indispensable en démocratie et que nous devons défendre avec force contre la « pensée unique », signe évident d’un régime dictatorial.
Eh bien ! Fin 2015, outre une ambiance plombée par les événements tragiques qui endeuillent de plus en plus la planète, certains technocrates et décideurs (probablement issus de la Finance et non de la Presse) ont décidé qu’il en serait autrement. Ainsi, j’ai lu dans « Le Soir » un long article, que je résume : « Les robots arrivent dans les rédactions. Ils pourraient générer 90% des informations d’ici la moitié des années 2020. Au « Monde », ça a déjà commencé, « Radio France », « L’Express » et « Le Parisien » sont intéressés pour 2016. »
– Avec quelques (rares) confrères, je dois être un survivant du journalisme dit d’investigation ! » me suis-je dit en attendant les réactions courroucées qui ne devaient pas manquer de tomber de la part de la profession. (Photo : Éditions Jourdan)
Néanmoins, avec stupeur et tremblement (!), j’ai constaté qu’un an auparavant, les robots de l’Associated Press (États-Unis) avaient déjà écrit leurs premiers articles et, de lire ce commentaire : « L’évolution technologique que nous vivons, à condition qu’elle se mette réellement au service de l’homme (non l’inverse !) est passionnante. »
Une question fondamentale se pose à présent : ces logiciels de la Presse utilisant des algorithmes vont-ils supplanter la pensée humaine ? Ma réponse vient de Victor Hugo : « Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. La main du songeur vibre et tremble en l’écrivant. »[1]
Sources : « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses », « Mémoires d’un journaliste révolté »… de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, « Le Soir », 19 décembre 2015. http://www.editionsjourdan.com/index.php
[1] Victor Hugo : Extrait de « Les Contemplations »
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Dès le VIIe siècle, les rois mérovingiens chassaient dans cette région ardennaise. À l’époque et jusqu’au XVIIIe siècle, Asfeld s’appelait, tour à tour, Erchreregum, Erchry et Écry. Entre 1680 et 1685, le comte d’Arvaux fit construire une église, chef d’œuvre du baroque, édifice encore admiré en ce XXIe siècle ! En 1730, le marquis d’Asfeld fit élever un château sur le terrain d’une construction médiévale… devenu terrain de football !
À Asfeld, donc, une entité d’un millier d’habitants, on visite l’une des plus singulières églises de France, l’église Saint-Didier : « Venez nombreux visiter notre ville d’Asfeld, et surtout notre église Saint-Didier, la plus extravagante des églises baroques de France qui vient (en 2010) de retrouver toutes ses couleurs d’antan », clame-t-on, avec justesse, à la mairie.
Cet édifice est immense ! Il compte 138 piliers et colonnes, a un périmètre de 145 mètres, est constitué d’une rotonde, d’un porche-clocher, d’un dôme supporté par une trentaine de colonnes… Il y a quatre chœurs et cinq absidioles, des passages ont été creusés dans les murs afin d’accéder de chœur en chœur sans traverser l’église, ce sont des « tournelles », il y a, encore, une galerie aérienne, une tribune…
Et, il n’y a aucune ligne droite sur le plan !
Un plan en forme d’instrument de musique, c’est-à-dire que, vu de haut, l’ensemble fait penser à une viole. Ce qui était voulu par son concepteur, d’ailleurs : « Ainsi, les chants et les prières seront mieux dirigés vers le ciel ! » Assurément, une superbe occasion d’organiser un festival de viole de gambe de renommée internationale !
Splendide annonce du Festival International de viole de gambe d’Asfeld.
La viole de gambe, ce qui signifie « viole de jambe », est un instrument de musique à cordes et à frettes joué avec un archet, dont l’origine date du XVe siècle et qui provient de Valence en Espagne. Purcell et Jean-Sébastien Bach ont composé des œuvres pour violes de gambe.
Un peu plus loin que cette église « fantastique », on découvre la Chapelle Notre-Dame-de-la-Piété qui propose une pietà datant de 1604.
Le droit à l’eau pour tous est un combat quotidien partout sur la planète. Bien commun de l’Humanité, cette eau est menacée constamment et son accès rendu de plus en plus difficile pour beaucoup de personnes partout dans le monde.
Ce combat pour l’eau est devenu au fil des ans l’axe central du travail de la Fondation France Libertés qui s’attache à défendre un accès pour tous à une eau de qualité.
Avec Sara Lickel, chargée du suivi des projets « Eau et Extractivisme » à la Fondation France Libertés.
France Libertés milite notamment pour inscrire le droit à l’eau potable et à l’assainissement dans toutes les Constitutions…. Mais la Fondation n’est pas que dans le travail législatif ou de sensibilisation. Elle est aussi dans l’action… France Libertés soutien de nombreux projets à travers la planète.
« L’objectif de la Fondation France Libertés a toujours été de soutenir les initiatives au niveau local. Cela passe depuis quelques années par des appels à projets. En mars 2014, la Fondation a publié un appel sur le droit à l’eau face aux industries extractives pour lequel nous avons reçu de nombreuses propositions de la part d’organisations, partout dans le monde, qui travaillent au plus près des communautés. La sélection s’est faite à partir d’un ensemble de critères préétablis, comme par exemple la défense des droits humains et des biens communs du vivant, des valeurs que défend la Fondation. La qualité du projet et son impact environnemental ont également été pris en compte. Il s’agit de voir comment le projet répond, sur le long terme, à un problème qui est posé par la présence d’une industrie extractive et de son impact sur les populations locales et sur leur droit humain à l’eau. En 2014-2015, la Fondation a soutenu 9 projets. Elle en avait soutenu 10 en 2012-2013. »
A l’issue de ces appels projets, la Fondation en a soutenu plusieurs, comme en Amérique Latine.
« Un exemple intéressant est ce projet qui a été financé en Equateur. L’ONG équatorienne Acción Ecológica travaille depuis 30 ans sur les problématiques liées à la pollution causée par l’exploitation du pétrole en Equateur. On connait le cas de l’entreprise américaine Chevron qui a été condamnée pour les dégâts environnementaux qu’elle a causée. Mais Acción Ecológica a voulu mettre en lumière le fait que l’entreprise d’état PetroAmazonas, qui exploite du pétrole, n’est pas meilleure.
Leur travail est vraiment intéressant. Ils ont réussi à créer une assemblée sociale permanente des communautés affectées de Pacayaku et Dureno, qui sont deux localités extrêmement concernées par la pollution de l’eau à cause du pétrole. Jusque là, les réclamations se faisaient au niveau individuel. Souvent les populations réclamaient des emplois auprès des entreprises. Acción Ecológica a travaillé en co-construction avec les populations locales. Ils on regroupé 25 communautés afin qu’elles puissent parler d’une seule voie au sein de cette assemblée, et qu’elles puissent réclamer leur droit humain à l’eau. L’entreprise a essayé au départ de diviser les communautés. Mais grâce au soutien de France Libertés, le pouvoir du citoyen est devenu plus fort. Ils ont gagné en crédibilité et prennent part au débat. Ils sont écoutés par les entreprises et les autorités locales. »
Il n’y a pas qu’en Amérique Latine que France Libertés intervient. La Fondation est présente également en Asie, ou en Afrique. Des projets sont soutenus aussi dans les pays du Nord, comme aux Etats-Unis par exemple.
« Le projet est radicalement différent mais a le même objectif. Il est mené avec le Community Environmental Legal Defense Fund (CELDF), le Fond de défense légal de l’environnement au niveau communautaire. Aux Etats-Unis, il y a un droit des entreprises à l’eau, mais il n’y a pas de droit humain à l’eau. L’Etat favorise le développement des projets extractifs plutôt que le droit à l’eau.
Les membres du CELDF sont principalement des juristes. Plutôt que de lutter contre la fracturation hydraulique qui vise à extraire le gaz de schistes, technique gourmande en eau et polluante, ils se sont dit qu’il serait plus efficace de lutter contre la philosophie de la loi qui vise cette croissance économique sans prendre en compte les droits humains et le respect des écosystèmes. C’est donc au niveau local que le travail s’est fait. Il s’agit de faire passer, au niveau de la municipalité, des chartes communautaires qui permettent d’établir le droit humain à un environnement sain et à une eau pure. Cela implique de passer par une démocratie participative particulièrement importante.
L’ONG a trouvé un moyen efficace de bannir les entreprises extractives des ressources naturelles de certains territoires. Ils soutiennent la formation de comités citoyens. Dans le cas où ils sont élus, ils vont assurer un appui juridique à la rédaction de la charte. Cela permet de donner des outils juridiques à la lutte contre les entreprises extractives.
A Colombus, ville de 800.000 habitants, ils ont réussi à faire passer cette charte, le Community Bill of Rights, qui bannit la fracturation hydraulique et déclare le droit à une eau pure. Partout où ces chartes sont passées, elles sont souvent soumises au referendum au niveau de la municipalité. Ce qui a été efficace. Les entreprises ne sont pas revenues. »
A travers ces deux exemples, on voit que France Libertés souhaite surtout ne pas faire à la place des peuples. Elle agit aussi pour que les peuples autochtones prennent l’initiative des actions de terrain.
« Les deux exemples concernent des peuples autochtones. L’idée de France Libertés, c’est qu’en finançant un projet de terrain, on encourage les communautés à devenir actrices. On favorise les projets de terrain avec le moins d’intermédiaires possible. On a aussi l’exemple de l’organisation Fundar au Mexique, qui travaille sur une région très menacée aussi par la fracturation hydraulique. Cette équipe forme les communautés à leur propre défense dans le cas où leur territoire serait menacé. En connaissant les textes de loi, en maitrisant les droits qui sont les leurs, les communautés sont en mesures de mieux résister. Ces projets nous servent à nourrir par de nombreux exemples notre plaidoyer auprès des décideurs français et internationaux. France Libertés part du principe que nous avons beaucoup à apprendre de ces peuples, de leur mode de vie qui est harmonieux avec la nature et respectueux de la nature et des écosystèmes, et de leurs savoirs traditionnels. C’est donc important que France Libertés ait cet ancrage sur le terrain. »