Le trophée 2015 des centre de plongée écoresponsables récompensant le centre de plongée qui par ses actions démontre l’engagement le plus fort et le plus apprécié pour la protection de l’environnement marin a été attribué à ATLANTIS BALI en Janvier 2016. Plutôt qu’une nième mise en avant de ce club de plongée, ce sont les motivations qui ont conduit JEROME, fondateur d’Atlantis BALI , à engager toutes ces actions qui sont examinées au travers d’un radio selfie, c’est-à-dire un selfie audio qui situe son auteur : qui est- il vraiment ? où est-il ? et avec qui aimerait il « poser » pour un radio selfie ?
Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.
C’est bien le vingtième livre de Jean Anglade, auteur de « La fille aux orages », que j’ai apprécié. Avec ce roman du « Pagnol auvergnat », on se retrouve quelque part près du Puy-de-Dôme. Là, tel bled est habité par quatre pelés et trois tondus, ici, tel autre village par quatre tondus et trois pelés.
Dans « La fille aux orages », il est question de Béatrice, dite Béa, une Indochinoise, belle et rebelle, qui s’inscrit dans la vie et le paysage de l’Auvergne profonde. Une histoire émouvante, riche en anecdotes, en aléas, aussi.
En 1975, Raoul Mercier, marin sur tous les océans, mers et fleuves de la planète, revient de Marseille avec Béa, jeune veuve, et sa petite fille, Jeannette. Il épouse la première et adopte la seconde. Puis, au bout de cinq ans, femme et enfant le quittent sans crier gare. Béa laisse une lettre d’adieu : « Plutôt faire la pute que continuer à être entretenue par toi. »
Le marin tangue. Va-t-il chavirer ? Va-t-il couler ?
Alors, comme accroché à une bouée, il se souvient des longues histoires racontées par son épouse. Son histoire. Celle d’avoir dû abandonner mère, frère et sœur sur ordre du père, lieutenant de l’armée française, de son placement dans des institutions religieuses, puis son exil dans une ferme de l’Hexagone. Des nonnes grenobloises qui la considéraient comme une caractérielle et le lui faisaient sentir à coups de gifles et autres sévices, tel celui de passer le jour de Noël au fond d’une cave à rats.
Bref, Béa était méprisée comme une chiure de mouche. Puis, au moment d’épouser un escroc, celui-ci fut assassiné. Peu après, Jeannette vint au monde, puis arriva Raoul Mercier, plaqué en à peine un lustre…
J’ai relevé trois phrases pour illustrer davantage ce magnifique roman de terroir :
« Rien n’est aussi sinistre qu’un piano fermé, si ce n’est un cercueil ouvert. »
« La mort est une absence qui dure. »
« Mon père était facteur, par conséquent homme de lettres. »
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Un accident, une maladie, un dysfonctionnement… et votre équilibre peut être sérieusement perturbé à cause de troubles vestibulaires de l’oreille interne ou autre pathologie, comme la perte d’acuité visuelle.
Marcel Proust (1871-1922)
Grâce à la médecine, plus spécifiquement en ORL et neurologie, accouplée à la kinésithérapie spécialisée en rééducation neurologique ou vestibulaire, les patients de certains hôpitaux ou cliniques, souvent universitaires, voire des services de centres médicaux centrés sur ce type de pathologie invalidante, constatent de sensibles améliorations grâce à… Proust ! Oui, grâce à cet écrivain, à cheval entre les XIXe et XXe siècles (1871-1922), qui fit dire à Céline : « Proust explique beaucoup trop pour mon goût… 300 pages pour nous faire comprendre que Tutur encule Tatave, c’est trop… »[1] et, encore, ces propos de l’auteur Tomas Dietrich : « …rédiger de manière proustienne, des logorrhées verbeuses avec des tonnes d’adjectifs, de répétitions, d’envolées lyriques… »[2]
Mais, quel rapport avec la médecine, me direz-vous ? Eh bien, un exercice de rééducation consiste à lire, quasi mot à mot, ligne après ligne, de gauche à droite, puis de haut en bas, un même texte qu’il est impossible de mémoriser tant il est complexe, ennuyeux ou rebutant. Alors, avec tout le respect que l’on doit à Marcel Proust, c’est son récit dévolu à la fameuse madeleine qui est parfois proposé. Une véritable « torture », pour certains, mais aux résultats médicaux probants, semble-t-il.
Datant de 1913, à lire comme faisant partie d’une thérapie moderne, et, en filigrane, clin d’œil à une certaine littérature, ce « remède » remonte à plus d’un siècle ! En voici une phrase, une seule !
Extrait de la fameuse madeleine de Proust, à lire, mot à mot, de gauche à droite, ligne après ligne, puis, de haut en bas…
« La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. »
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Au cœur de la Thiérache ardennaise, le village d’Aouste tiendrait son nom de la ville italienne Aosta (Aoste), mais l’essentiel est que dans cette entité de quelque 200 âmes, on découvre une impressionnante église fortifiée. Quelles étaient les raisons de ce genre de construction ?
Les premières furent édifiées au IXe siècle et, généralement, elles étaient adaptées à la topographie des lieux, avaient une structure défensive pour faire face aux guerriers, pillards, envahisseurs…, surplombaient les environs et servaient aussi de postes d’observation, étaient placées au bout d’une montée entourées d’habitations formant une sorte de rempart circulaire ou rectangulaire, de très étroites ruelles (faciles à surveiller) permettaient seulement leur accès.
En Thiérache ardennaise, on relève huit églises fortifiées (source : Wikipédia) : Aouste, Chilly, Dommery, Fraillicourt, Laval-Morency, Rocquigny, Signy-le-Petit et Sormonne.
Dans les Ardennes, il y a aussi des églises fortifiées à Autruche, Brieulles-sur-Bar, Chevreuges, Monthermé, Saint-Juvin, Tannay, Vendresse, Verpel, Vivier-au-Court…
Impressionnante épaisseur des murs d’une église aux allures de forteresse.
D’autres régions accueillent ces puissants édifices sacrés ou qui y sont assimilés : à Carcassonne, Narbonne, Béziers (Languedoc-Roussillon), Trémolat (Dordogne), Saint-Brieuc (Bretagne), Cognac (Poitou-Charentes), Île de Ré (Charente-Maritime), Saintes-Marie-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône)…, alors qu’à Paunat (Dordogne), par exemple, l’église millénaire est colossale avec son imposant clocher-donjon à deux étages, sa maçonnerie massive… : « Une église aux allures de forteresse », selon un historien.
Pour en revenir à l’église d’Aouste (dédiée à saint Rémi), sa tour-donjon, une sorte de beffroi, servait de refuge en cas d’alerte (« Seul édifice en pierres blanches à avoir été construit en vue du refuge des populations », selon le site Gralon, annuaire touristique et culturel). Un four, un puits (aujourd’hui muré) et une cheminée permettaient de tenir un siège, paraît-il. Outre son portal gothique, l’édifice était muni de canonnières, créneaux, meurtrières, mâchicoulis, les murs faisant un mètre d’épaisseur !
A partir de ce mardi 19 janvier 2016, le Sénat examine le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Le texte doit notamment garantir un cadre juridique clair à la recherche et développement sur les ressources génétiques et les connaissances traditionnelles.
Véritable patrimoine des peuples autochtones, ces ressources subissent depuis vingt ans un véritable pillage de la part des multinationales. Une biopiraterie qui menace la diversité culturelle et biologique de certaines régions. Protéger ces ressources et connaissances traditionnelles, c’est une question d’éthique. Mais quels sont les moyens qui peuvent être mis en œuvre pour protéger ces savoirs ancestraux ?
Avec Justine Richer, chargée du programme « Alternatives à la biopiraterie » à la Fondation France Libertés.
« Cela peut prendre plusieurs formes. C’est déjà important de dénoncer les brevets illégitimes. Cela passe par la coordination d’actions médiatiques et juridiques de la part d’associations comme la Fondation France Libertés. C’est aussi important de sensibiliser les citoyens. Il faut avoir également des alternatives de commercialisation par des entreprises qui privilégient la consultation et le travail direct avec les populations autochtones. Cela passe aussi par la mise en place de systèmes alternatifs de protection des savoirs. Enfin, il faut des cadres juridiques qui puissent protéger les peuples autochtones, leurs droits et leurs savoirs traditionnels. »
Agir, plaider, sensibiliser, c’est le credo de France Libertés qui agit pour proposer des alternatives à la biopiraterie… Le projet de loi sur la biodiversité, sur le quel travaille France Libertés, est sur les rails depuis 2014. Il arrive au Sénat.
« Il y a en fait deux textes clés pour protéger les peuples face à la biopiraterie : la Convention sur la diversité biologique, et le Protocole de Nagoya qui précise les moyens pour mettre en œuvre cette convention. Ces textes portent sur l’accès et le partage des avantages. C’est-à-dire comment pallier à la biopiraterie, et comment mettre en place un système plus juste et plus efficace. La France a ratifié le protocole de Nagoya. Elle doit donc l’appliquer dans sa loi. En ce moment, on est sur un projet de loi biodiversité. France Libertés travaille à la mise en œuvre de cette loi de façon à ce qu’elle soit la plus juste possible et la plus efficace pour protéger les peuples autochtones. »
Cette loi sur la biodiversité est-elle LA solution ?
« Ce serait bien ! C’est clairement une avancée pour les peuples et contre la biopirateire, car elle met quand même en place un système d’accès aux ressources génétiques et aux savoirs traditionnels beaucoup plus équitable. Le but n’est pas non plus de mettre sous cloche la biodiversité. Cependant, la convention sur la diversité biologique, dont découle le projet de loi biodiversité français, va faire en sorte que l’acte de biopiraterie soit interprété comme un vol, un prélèvement sans autorisation et sans contrepartie financière. A travers cette convention, on admet donc aussi que l’on peut très bien s’approprier la nature, lui donner une valeur marchande et l’inclure à un système capitaliste. Là, on se trouve assez loin des perceptions et des croyances de beaucoup de peuples autochtones. On reste ancré dans un modèle occidental. »
Pour aller plus loin :
France Libertés se mobilise contre la biopiraterie
Il est de bon ton chaque année de faire en janvier des résolutions et aussi un bilan de l’année écoulée. Je vais donc profiter pour vous brosser le tableau de ce que j’ai pu observer sur les faits marquants de 2015 en matière de préservation de l’environnement marin. Et quelles résolutions en 2016 ? A découvrir dans cette chronique car il est plus que temps de ne plus croire qu’en nous !
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Paru en 1963, « Le Petit Napoléon illustré » de Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière a été réédité chez « Wombat » avec le sous-titre « Les Iconoclastes N°4 ».
Il s’agit, selon l’éditeur, d’un « roman graphique, pétillant d’esprit, d’humour et de finesse. »
Pierre Étaix, presque nonagénaire au moment où j’écris la présente chronique, n’est plus à présenter : cinéaste, dramaturge, scénariste et acteur, il est aussi dessinateur et auteur. Quant à Jean-Claude Carrière, historien, écrivain, dramaturge et scénariste, également plus de huit décennies d’existence ici-bas, le dessin fait aussi partie de ses activités professionnelles. À eux deux, donc, ils avaient commis cet ouvrage présentant ironiquement, selon eux, quelques mots situant l’empereur éclairé, pour les uns, dictateur sanguinaire, pour les autres, accompagnés de caricatures particulièrement épurées. Un exemple : « Malgré l’impuissance de ses maréchaux, tous les traquenards du palais, son accent corse son écriture illisible, il nous a laissé le code civil, le blocus continental, le baccalauréat, la betterave à sucre et la légion d’honneur. »
Chacun, bien sûr, y trouve son lot de sourires ou rires, ou, alors, de haussements d’épaules, soupirs et hochements dubitatifs.
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Maria Grazzini (Photo : Omnibus)
Avec le « Dictionnaire des expressions imagées d’ici et d’ailleurs » de Maria Grazzini (Éditions Omnibus), c’est le genre de livre qui, tout en mettant souvent le sourire aux lèvres, donne aussi l’occasion d’enrichir ses connaissances, disons, traditionnelles, pittoresques et populaires.
L’auteure, fondatrice de l’association « Malangocha » propose soixante-dix thèmes qui vont de l’agacement au sexe, en passant par le bonheur, la colère, le courage, la folie, l’ivresse, le mensonge, la richesse, la séduction…
À chaque fois, il y a l’explication en français puis son pendant traduit de l’espagnol, de l’allemand, de l’anglais, de l’italien… Un concept qui amène son lot de surprises, on s’en doute. Ainsi, « filer à l’anglaise » devient « filer à la française » dès que les frontières de l’Hexagone sont franchies.
Mais, il ne faut pas se méprendre : les expressions idiomatiques relèvent parfois d’une certaine sagesse, d’un monde mystérieux étonnant, de références aussi universelles que la Bible, par exemple.
Ainsi, « copains comme cochons » signifie « s’entendre comme larrons en foire », alors que les Anglais y voient plutôt « être à trois dans le lit ».
Quant à « avoir du plomb dans la tête », il s’agit en français d’avoir de l’expérience, le plomb par sa lourdeur donne une grande stabilité aux alliages. Pour les Anglais, il est question « d’avoir la tête bien vissée sur les épaules » et pour les Espagnols « ne pas avoir un poil idiot ».
Et, quand il pleut des cordes ou des hallebardes en France, c’est-à-dire que la pluie tombe dru, en Allemagne, il tombe des seaux d’eau, en Angleterre, il pleut des chats et des chiens, au Danemark, ils tombent des apprentis cordonniers, en Espagne ce sont des cruches, en Italie, des bassines, aux Pays-Bas, des briques ou de vieilles commères, et au Portugal, il pleut de la barbe de crapaud.
Après les coupures d’eau, les réductions de débit d’eau sont à leurs tours illégales. Le tribunal d’instance de Limoges vient en effet de condamner la Saur pour avoir pratiqué des réductions de débit d’eau chez un particulier.
Emmanuel Poilane, le directeur de la Fondation France Libertés.
La décision du tribunal de Limoges marque une nouvelle victoire dans cette bataille pour le droit à l’eau pour.
Traitement social de l’accès à l’eau
« C’est une avancée réelle, peut-être plus importante que la précédente. L’interdiction des coupures d’eau était un moment très important, mais on savait déjà que les distributeurs utilisaient la réduction de débit pour faire la même chose mais en un petit moins violent. Avec la décision de Limoges et l’interdiction pure et simple des réductions de débit, c’est l’obligation pour les acteurs de l’eau de recouvrer les impayés par des moyens normaux et non par des moyens violents. On peut donc espérer que cette décision de justice amène un traitement plus social de l’accès à l’eau pour tous. »
Au même titre que les coupures d’eau, les réductions de débit portent atteinte à la dignité de la personne.
« C’est la même chose. C’est une lentille qui est déposée à l’entrée du logement et cela vous empêche de prendre une douche, de faire fonctionner la machine à laver ou d’avoir de l’eau chaude… A moins d’une grande patience et de faire couler un goutte à goutte dans la baignoire pour se laver de temps en temps, cela rend la vie impossible. »
« Le travail que l’on mène sur les coupures d’eau et sur la réduction de débit fait que la jurisprudence se construit en France sur le droit à l’eau pour tous. Les juges sont très favorables à çà. A chaque jugement, ils renforcent l’arsenal des liens avec les décisions du Conseil Constitutionnel. On attend énormément de cette proposition de loi que l’on a construite et qui est soutenue par cinq groupes parlementaires à l’Assemblée. Elle inscrirait le droit à l’eau pour tous dans notre législation, ce qui indispensable après la signature par la France de la résolution des Nations Unies sur le droit à l’eau pour tous. Cela permettrait en plus d’aider le million de ménages très en difficulté pour payer leur facture d’eau et qui sont souvent les victimes des coupures ou des réductions de débit. Le fait de les aider en amont, c’est dire que dans notre société, l’eau, c’est vital. On fait tout pour que l’accès à l’eau pour tous ne soit pas qu’une déclaration mais une réalité. »
Cette proposition de loi provoque pourtant des réactions assez hostiles de la part notamment du président du Comité National de l’Eau (CNE) Jean Launay…
Une opportunité politique
« On ne comprend pas bien le sens de cette intervention de Jean Launay auprès de la ministre. Il désapprouve le calendrier et l’opportunité de cette proposition de loi. On est dans un moment où la crise est très forte. Le droit à l’eau prend du sens. S’il y a une opportunité politique, c’est bien en ce moment. Si on a cinq groupes parlementaires, c’est que ce n’est pas quelque chose de conflictuel. Jean Launay ne tient pas compte des avis au sein même du CNE qui sont très favorable à la proposition de loi. Il y a eu deux réactions. Celle du professeur de droit Bernard Drobenko, membre du CNE, qui a réagit très fortement par un courrier à la ministre. Et la CLCV, l’association de consommateurs, est aussi très favorable et ne comprend pas la position de Jean Launay. Il y a de plus l’ensemble des députés signataires qui ont écrit à la ministre pour lui dire que cette proposition était une opportunité pour la France. Et les associations ont aussi réagi pour faire en sorte que les choses bougent. »
Renforcer l’égalité de chaque citoyen
« Le ministère de l’environnement et les bureaux du Premier ministre connaissent cette proposition de loi. Ils ont souhaité être présent à l’étude de cette proposition en commission du développement durable en novembre dernier. Il y a un intérêt. On a rencontré l’ensemble des acteurs. En regard du consensus qu’il y a à l’Assemblée, on attend qu’il y ait un soutien clair de la ministre pour faire en sorte que le droit à l’eau pour tous avance. On est dans une période de crise et d’insécurité. Le fait que les gens puissent se sentir rassurés chez eux par la garantie de l’accès à l’eau, c’est conforter notre pays dans la liberté, l’égalité et la fraternité que l’on accorde à chaque citoyen. »
Privatiser le vivant et les savoirs traditionnels pour en tirer profit ! C’est la Biopiraterie, la nouvelle arme des multinationales dont on prend conscience depuis quelques années.
Cette biopiraterie, en exploitant les ressources naturelles et en s’appropriant les connaissances des peuples autochtones, menace la diversité culturelle et biologique de certaines régions.
La Fondation France Libertés s’est engagée depuis 2007 dans des actions visant à mieux connaitre ces appropriations du vivant pour mieux les combattre.
« On parle de biopiraterie lorsque des entreprises, ou des instituts de recherche, s’approprient de façon illégitime des savoirs traditionnels des peuples autochtones. Ces savoirs concernent l’usage de ressources génétiques. C’est illégitime car il n’y a pas eu de consentement de la part de ces peuples et pas de partage des bénéfices liés à la valorisation de ces ressources génétiques. Il s’agit de créer du profit à partir de ressources naturelles librement disponibles, en copiant des savoirs ancestraux qui peuvent concerner la médecine, la cuisine ou la cosmétique, par exemple.
Cette biopiraterie se déroule en plusieurs temps. D’abord des chercheurs observent les peuples autochtones dans leur environnement pour connaitre l’utilisation qu’ils font de la biodiversité. Ils prélèvent ensuite des plantes. Ils isolent le principe actif de la plante qui les intéresse, comme par exemple une propriété cicatrisante ou insecticide, des propriétés qui sont connues depuis des générations. Pour pouvoir faire reconnaitre et protéger leur innovation, les chercheurs demandent alors un droit de propriété intellectuelle en déposant un brevet. »
Cette biopiraterie a donc des effets sur les peuples autochtones qui se voient dépossédés d’une partie de leur patrimoine.
« Ce brevet peut-être racheté par une multinationale qui en retirera des revenus conséquents en produisant des produits intégrant le savoir traditionnel. Pourtant, pour pouvoir déposer un brevet, on doit respecter certains critères dont la notion de nouveauté et d’inventivité. Or, si ce sont des brevets qui concernent des savoirs qui existent depuis des siècles, il n’y a aucune nouveauté ni inventivité. C’est difficile pour les peuples autochtones de faire reconnaitre leur savoir, car souvent, cela s’est transmis par voie orale et il n’y a pas de preuve écrite sur l’existence antérieure du savoir par rapport au brevet. »
La biopiraterie nous concerne directement dans nos achats quotidiens. Exemple avec une plante, la stevia.
« La stevia est devenu le produit phare du XXIème siècle en raison de ses propriétés sucrantes, mais quasi acaloriques. Les vertus de cette plante sont connues depuis longtemps par les Guarani, un peuple de la forêt amazonienne du Paraguay et du Brésil. Les Guarani ont toujours utilisé cette plante pour sucrer leur boisson. Dernièrement, on a vu arriver sur le marché de nombreux produits à bas de stevia, dont le nouveau Coca-Cola Life. Or les Guarani n’ont jamais permis l’accès à leur savoir ni reçu une quelconque forme de partage des bénéfices. »
Quels sont les dommages collatéraux de ces appropriations sur la vie traditionnelles des peuples autochtones et sur leur survie ?
« Les peuples autochtones vivent de façon très vertueuse au sein de leur écosystème. Cela passe par leur savoir traditionnel sur l’environnement qui les entoure. C’est important de leur reconnaitre cette capacité qui fait défaut aux sociétés occidentales. Leur façon de vivre limite l’exploitation démesurée des ressources naturelles et l’érosion de la biodiversité. La biopiraterie pose donc un souci éthique. Mais il y a aussi une négation des connaissances traditionnelles et du travail ancestral de ces peuples.
Il y a aussi un problème juridique. Une entreprise qui possède un brevet, possède un monopole sur la propriété d’une plante. Elle peut donc rendre illégale l’utilisation des pratiques traditionnelles des peuples. Elle peut aussi demander des royalties aux peuples. Cela a déjà été le cas. Et dès qu’il y a brevet et commercialisation d’une plante, le prix de cette plante augmente. Cette inflation rend donc l’accès aux ressources génétiques difficile pour les peuples autochtones. »
Pour protéger ce patrimoine des peuples autochtones, des moyens d’actions sont mis en œuvre par les associations. Et par ailleurs un projet de loi sur la biodiversité sera en discussion au Sénat à partir du 19 janvier 2016.
Nous en reparlerons la semaine prochaine avec Justine Richer.
Pour aller plus loin :
France Libertés se mobilise contre la biopiraterie