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Reportage en direct : 35 000 jeunes à la Manif pour le Climat

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24 janvier20191
Notre reporter au coeur d’une manifestation réunissant plus de 35 000 jeunes « pour le climat ».

Dans la capitale de l’Europe, le mouvement de jeunes étudiants en faveur du climat et contre l’inertie des politiciens en matière de défense de l’environnement a débuté la 1ère semaine après les vacances de fin d’année et a été initié par deux adolescentes via les réseaux sociaux. Un jeudi matin, ils ont séché (brossé, en Belgique) deux à trois heures de cours pour clamer dans les rues bruxelloises leur volonté d’une prise en considération de ce grave problème par les autorités. Ils furent 3 000 et cela n’a guère plu aux directions d’écoles qui firent pression et menacèrent de DSC03250sanctions disciplinaires.

Une semaine plus tard, toujours le jeudi matin, réponse du berger à la bergère, ils étaient 12 500 et encore de manière pacifique, mais déterminée, à défiler jusqu’aux abords des ministères belges et de la Communauté européenne.

Aujourd’hui, nous en sommes à la troisième semaine, en ce jeudi 24 janvier 2019, et les rangs grossissent avec une détermination de plus en plus marquée. Quelque 35 000 participants, selon la police !

DSC03261Si je me trouve au sein de cette manifestation en tant que reporter de Fréquence Terre, c’est aussi pour prendre, comme citoyen adulte, un bain de Jouvence, une bouffée d’espérance : oui, moi, nous, vous, les défenseurs convaincus et souvent militants pour un environnement sain et à visage humain, on sait que la relève est là. Agissante, engagée, responsable, pleine de projets et de  solutions et, qu’obligatoirement, elle est porteuse d’un désir universel.

DSC03268Car, revenons-en à une réalité concrète : les politiciens savent que ces manifestants sont de futurs ou de tout jeunes électeurs et qu’il faut, dès maintenant, tant qu’il n’est pas trop tard, en tenir compte. Ce qui, d’ailleurs se concrétise car, Fréquence Terre n’est plus trop esseulée sur le plan médiatique, car la presse traditionnelle nationale et internationale s’est enfin mobilisée sur cet événement avec des titres comme « La désobéissance civile, la nouvelle manière de militer pour le climat » et fait allusion à quelques slogans et déclarations, tels « Quand je serai grand je voudrais être vivant », « Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir » et, en ce jeudi, une petite touche d’humour avec « Le climat est plus chaud que mon mec », ou « Plus de degrés dans la bière et pas dans nature ! »…

Et, surtout, parce que des directions d’écoles commencent, disons, à « composer » avec leurs étudiants-manifestants et que plusieurs autorités se mettent à table, non pas pour gloutonner, du moins je l’espère, mais pour prendre des résolutions draconiennes sur le plan de l’environnement et répondre positivement à cette jeunesse bien plus consciente de la situation qu’on ne pouvait l’imaginer. Ce qui est très réconfortant !

Pour aller plus loin :

Relaxe de France Libertés : la fin des poursuites-bâillons

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C’est une victoire judiciaire contre les tentatives de museler l’expression. Le 20 décembre dernier, le tribunal de grande instance de Paris relaxait France Libertés et son ancien directeur, Emmanuel Poilane, des accusations de diffamation portées par Veolia.

Ces plaintes intervenaient après plusieurs procès gagnés par France Libertés depuis 2014 contre le distributeur d’eau dans le cadre de la lutte de la Fondation pour le droit à l’eau en France. La Fondation France Libertés et la Coordination eau Ile-de-France ont accompagné en justice durant ces années de nombreuses victimes de coupures d’eau et de réductions de débit d’eau pour impayés.

Après plus de deux ans de procédure, c’est un combat pour la liberté d’expression qui est reconnu.

  • Avec Emmanuel Poilane, administrateur de France Libertés et ancien directeur de la Fondation
Emmanuel Poilane 2
© Emmanuel Poilane

C’est en cette qualité de directeur que Veolia vous poursuivait. Que vous reprochait l’entreprise ?

« L’entreprise me reprochait à l’époque de les diffamer en exprimant sur les médias le fait qu’ils avaient des pratiques illégales et qu’ils faisaient peser un risque assez fort sur les collectivités en lien avec des avenants qu’ils essayaient de faire signer sans fournir aux élus les informations suffisantes pour pouvoir réellement prendre une décision fiable. C’était un moment fort. C’était un moment où les multinationales refusaient encore d’arrêter les pratiques de coupures d’eau. Et c’est vrai que deux ans plus tard le fait de remporter ce procès, c’est une étape très importante ».

Avec la Coordination Eau ile de France, qui avait également été poursuivie, vous dénonciez les poursuites-bâillons des multinationales. Qu’est-ce que cela signifie ?

« C’est utiliser la justice française pour tenter de faire taire et de décrédibiliser des associations qui portent non pas des revendications personnelles mais bien des revendications d’intérêt général. Cela embête ces multinationales que les grands médias français puissent relayer des informations qui mettent à mal leur image de marque. C’est vraiment cette ambition de mettre une grosse pression sur les associations. On est vraiment dans une volonté de faire connaître ces plaintes-bâillons pour faire que cela se produise le moins souvent possible, et puis ensuite qu’on imagine les évolutions pour faire en sorte que ce ne soit plus possible pour une multinationale d’attaquer des associations sans fondement ».

Vous n’êtes pas les seuls à avoir été poursuivi par des multinationales. Du coup, avec d’autres associations vous avez monté un collectif, “On ne se taira pas“. Quel le but de ce collectif ?

« C’est un collectif qui s’est créé au moment où on a été attaqué nous, parce que quand on a été attaqué on s’est dit que l’on ne pouvait pas se défendre seul sur cette question-là. Donc on a fait le choix d’appeler à l’aide et de demander à toutes les associations et à toutes les personnalités qui souhaitaient de nous soutenir pour faire en sorte qu’on puisse être aidé tant financièrement, qu’en soutien avec d’autres associations. Cela a très bien marché, tant et si bien qu’on a aujourd’hui un vrai groupe avec tout un tas d’organisations plus ou moins connues comme Sherpa, comme Greenpeace, comme Les Amis de la Terre, comme Foodwatch,… On a aussi des universitaires qui sont intéressés par cette question-là, parce qu’ils sont eux-mêmes attaqués par des multinationales sur des commentaires d’arrêts par exemple. Il y a vraiment un collectif d’acteurs très différents. L’ambition pour nous est de donner un soutien aux personnes physiques ou aux personnes individuelles qui sont attaquées par les multinationales pour avoir relayé certaines informations. Il faut absolument que la liberté d’expression soit renforcée dans notre pays et ne puisse pas être attaquée par des multinationales qui ont des moyens surdimensionnés et qui se fichent pas mal de perdre devant les tribunaux, mais qui mettent à mal la capacité d’acteurs individuels ou d’organisations de pouvoir critiquer ce qu’elles font ».

On ne se taira pas
© On ne se taira pas

Une victoire pour la liberté d’expression

Jérémie Chomette, l’actuel directeur de France Libertés, parle d’une “victoire pour la liberté d’expression”. Cette victoire va vous permettre de poursuivre votre action de dénonciation des dérives des multinationales, vous et d’autres associations ?

« Disons que ce qui est très intéressant dans la décision qui a été porté par la 7ème Chambre correctionnelle du tribunal de Paris, c’est qu’elle fonde notre légitimité à intervenir dans les grands médias pour dénoncer des pratiques illégales d’acteurs économiques. Donc cela est très intéressant en soi, parce que c’est vrai qu’on doute toujours quand on intervient devant un média, qu’on dit des choses qui sont assez fortes et qu’on est attaqué ensuite, on peut se dire, peut-être que j’ai eu tort, peut-être qu’on n’aurait pas dû dire ça. Le fait que le juge, dans sa décision, explique clairement qu’on a eu totalement raison de dire ça de cette façon-là et que le risque était réel et que dans l’intérêt général c’était important de pouvoir dire ça, cela nous renforce dans notre ambition de continuer ce travail. Mais surtout cela construit une jurisprudence qui sera utile à d’autres personnes qui sont attaquées pour dire, quand on attaque dans l’intérêt général et qu’on le fait de façon intelligente, informée, structurée, on a le droit, voire même le devoir, d’interpeller, devant les médias, ces entreprises multinationales qui travaillent contre l’intérêt général global. C’est en cela qu’on est renforcé ».

Depuis 2014, vous avez accompagné et soutenu de nombreuses familles victimes de coupures d’eau.. Vous avez d’ailleurs gagné de nombreux procès contre les distributeurs d’eau qui ne respectaient pas la loi sur les coupures. Aujourd’hui, où en est-on de ces coupures d’eau ? Elles appartiennent au passé ?

« Aujourd’hui clairement l’ensemble des acteurs du secteur ont arrêté de mettre en œuvre les coupures d’eau de façon systématique. Il y a peut-être encore des petits accidents par-ci par-là, mais c’est vrai qu’on en reçoit plus. Donc on peut dire qu’on a gagné vraiment dans les grandes largeurs sur ce combat-là. C’est d’ailleurs intéressant de voir que la condamnation en diffamation arrive deux ans après le temps fort du combat et que dans la dynamique de vouloir faire taire les associations. Ils se servent aussi du temps juridique, qui est beaucoup plus long que le temps des médias, pour essayer de profiter de cette attaque pour nous discréditer. Clairement, cela n’a pas marché. Au contraire, on a pu se servir de cette attaque pour dire que, non seulement les multinationales étaient hors la loi, mais en plus elles essayaient de nous faire taire. Cela a été quelque chose qui a été bien reçu par les journalistes et qui a été relayé. Cela nous a renforcé dans notre combat, cela nous a permis de gagner ce combat. Le fait qu’on soit relaxé devant la 17e Chambre correctionnelle, c’est un peu la cerise sur le gâteau pour nous. C’est la conclusion d’un lourd combat de cinq années. On a pu faire plier les multinationales et faire réellement en sorte que l’interdiction des coupures d’eau soit mise en œuvre dans notre pays. Et en plus on garde cette ambition de liberté d’expression, qui est renforcée par les juges, qui nous confirment la légitimité à pouvoir porter des messages d’intérêt général devant le grand public pour faire en sorte que chacun sache ce qui se passe et quelle est l’ambition de faire en sorte que chacun puisse vivre dignement en France ».

Pour aller plus loin :

Ariane et Juliette d’Hubert de Maximy (Les Presses de la Cité)

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Nouveau PGF siteFT 1 11« Littérature sans Frontières » et une chronique de Pierre Guelff.

 Le dimanche 30 septembre 1917, Juliette, 15 ans, se demande la raison de son placement dans un internat huppé alors qu’elle se sent si bien à l’école primaire supérieure : « Qu’est-ce qu’une fille de la mine comme moi va faire là-bas ? »

Au Collège Sainte-Jeanne, Ariane, une autre jeune fille la rejoint dans l’entrée, lui sourit poliment, elle est orpheline d’un père tombé au front dans la Somme.

1500000000009782258144972ORI« Et mon père ? Il est vivant ou mort ? » se demande Juliette dans un milieu où ses condisciples parlent de Megève, de Riviera, de tennis, de voitures luxueuses, d’hôtels cinq étoiles, elle qui, depuis l’âge de 8 ans reprise son linge.

La directrice de l’établissement prestigieux et une enseignante, excellente pédagogue, pacifiste convaincue, semblent la protéger : « Quels événements, quel drame peut-être, cache le désarroi de la petite ? »

Une Juliette qu’Ariane ne cesse d’observer… Une Juliette qui travaille à la mine durant les vacances, y rejoignant sa mère qui est lampiste au puits 1 de Saint-Étienne… Une Juliette qui possède une véritable culture populaire, dont celle de connaître par cœur l’œuvre d’Aristide Bruant, « digne fils de François Villon », lui avait dit son ancien instituteur.

Alors, petit à petit, les choses changèrent dans le dortoir du Collège Sainte-Anne quand retentit « À la Bastille on aime bien Nini Peau-d’chien… »

Dans ce roman de terroir remarquable,  l’auteur nous transporte d’une famille à l’autre : celle de Juliette la prolétaire et celle d’Ariane la bourgeoise avec, entre les deux, des incursions dans la vie de l’enseignante pédagogue si attachante.

Les deux adolescentes, malgré la différence de classes, se rapprochent, se lient d’amitié et je laisse au lecteur le soin de découvrir l’incroyable dénouement de cet ouvrage. De la belle ouvrage, sans conteste.

Néanmoins, voici une ultime phrase pour encore donner le ton des derniers chapitres si palpitants : « Le malheur vient toujours d’une trahison. Si on n’exige rien, on ne peut être trahi. »

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Oser la bienveillance de Lytta Basset (Albin Michel)

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L’ouvrage Oser la bienveillance ne donne évidemment pas de recette pour devenir bienveillant. L’auteure, Lytta Basset, décrit de façon très documentée, la généalogie et l’impact de la notion de péché originel. Sa démonstration à travers une fine  analyse, permet de répondre à différentes questions, comme : « Qu’est-ce qui encombre encore notre culture de cet héritage religieux non digéré ? Qu’est-ce qui nous interdit l’accès au pays de la bienveillance ? Qu’est-ce qui empêche l’être humain de développer un regard fondé sur  la certitude que nous sommes bénis dès le départ, et que nous le resterons toujours ? »

Il importe donc pour chacun d’entre nous  de prendre la mesure de la malveillance dont on a soi-même souffert, se dépolluer de ce regard d’autrui posé sur soi, que l’on a fini par intérioriser et laisser son propre regard devenir bienveillant sur soi et les autres

Il nous faut redécouvrir la capacité à nous reconnaître responsables de nos actes et non plus coupables de notre nature humaine. Ainsi, chacun d’entre nous peut oser la bienveillance envers lui-même et envers autrui, et passer ainsi de la culpabilité à la responsabilité.

En effet, aujourd’hui des chercheurs en sciences humaines soulignent  la complexité de l’homme et nous remettent sur la voie du mystère qu’est l’être humain.

Prendre en compte toute la réalité humaine.

Or, nous baignons encore dans une sorte de pensée binaire : victime ou monstre, pas les deux ! La complexité de la réalité nous dérange, elle a quelque chose d’angoissant car elle nous prive d’une certaine maîtrise sur ce qui nous fait mal ou pourrait nous faire mal. La réalité humaine est infiniment plus complexe que nos catégories de pensées. Notre nature s’inscrit dans le Réel dont elle est indissociable. Notre vivre ensemble s’améliore dès que nous renonçons à penser, à dire et même à chercher ce qu’est en définitive telle ou telle personne. Accepter de prendre en compte les multiples facettes de la réalité, alors beaucoup de choses s’éclairent.

Lytta Basset est conférencière passionnante et théologienne protestante suisse. Elle a notamment écrit, Guérir du malheur ou la joie imprenable publiés chez Albin Michel et tous ses ouvrages sont vendus à plus de 15 000 à 30 000 exemplaires. Elle a encore augmenté son audience avec  son témoignage sur le suicide de son fils, Ce lien qui ne meurt jamais et avec Aimer sans dévorer. Elle a reçu le Prix des librairies Siloë et celui du syndicat des libraires religieux.

Le miel du lion (2) de Matthew Neill Null (Albin Michel)  

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Il y a quelques semaines, je vous avais déjà proposé une chronique sur cet extraordinaire roman de plus de 400 pages « Le miel du lion » de Matthew Neill Null paru chez Albin Michel, tant il est dense et poignant.

La poursuite et la fin de sa lecture ne me font pas changer d’avis : nous sommes en présence d’un véritable chef-d’œuvre de la littérature américaine, selon moi, tant l’histoire, basée sur des faits avérés, est forte, secoue les tripes et les consciences quand, en 1904, en Virginie, des dizaines de milliers d’hectares de forêt sont rasés par les « Loups de la forêt », bûcherons et ouvriers adjacents, ceux préposés à l’entretien du matériel, à la pose de rails pour le transport des arbres géants… pour le compte de capitalistes sans foi ni loi.

61cQJ9kRWYL. SX195 1Une tentative de rébellion se met en place, un pasteur considéré comme farfelu entre en scène, des prostituées font de même, un marchand ambulant va de camp en camp proposer ses objets de pacotille et images pornos, la vie est dure, dangereuse, les gardiens sont féroces…

Comme d’habitude, plutôt que de longues présentations qui risquent de trop dévoiler l’histoire, je préfère en citer quelques phrases marquantes :

« Où donc est passé le Dieu de justice et de vertu dont on m’a tant rabattu les oreilles au catéchisme ? »

« En Amérique, tout le monde déteste quelqu’un sans même savoir qui il est. »

« Seuls les imbéciles respectaient les puissants et on constatait avec un étonnement chaque jour renouvelé combien la réserve d’imbéciles de ce monde paraissait inépuisable. »

La fin est en forme de message pour les générations futures, c’est-à-dire la nôtre, entre autres, et cela confine à une triste réalité écologique : « Tout un conté rasé, plus un arbre, plus un cervidé, plus un oiseau. Tout avait été coupé, comme on vide une cruche. C’était comme le paradis, c’était devenu comme la mort. »

 

L’humain d’abord, pas la finance ! (Partenariat avec POUR – Écrire la liberté)

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J’ai un profond respect pour la pensée et l’action d’Albert Camus, et si je lis et relis souvent ses œuvres, c’est parce qu’elles sont (re)devenues d’une brûlante actualité et me renforcent dans la nécessité – impérieuse ! – de prôner et de mettre en action des moyens humains et non gérer la société avec des machines et des chiffres qui broient les êtres et la nature au nom du profit.

Ainsi, à voir l’état de certains pays, toujours plus nombreux d’ailleurs, dont les principaux dirigeants politiques et les décideurs industriels, financiers, commerciaux, sociétaux… qui, pour les premiers, n’ont pratiquement que les termes élection, réélection et pouvoir comme plan de carrière, et, pour les autres, rendement, actionnariat, dividendes, comme ligne de conduite, un constat d’ensemble s’impose.

BXL 2015 1 ftC’est celui que, tendance devenue majeure, semble-t-il, ces gens sont portés par un esprit nationaliste exacerbé, autoritaire, antidémocratique, tellement éloigné du vivre-ensemble et de la fraternité universelle vu leur quasi indifférence face aux problèmes graves, dont ils sont les sources, tels la dégradation du climat, le fossé qui s’accentue entre les nantis, dont ils font partie, et le peuple, la suffisance qu’ils affichent, les citoyens n’ont plus comme recours que s’organiser du mieux possible pour faire barrage, autant que faire se peut de manière non violente, à ce système de castes indigne et méprisant à l’égard des 99% de la population de la planète.

« Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet et ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles… » écrivit Albert Camus. Comme il avait raison quand on analyse l’évolution de la société ces derniers temps.

Heureusement, la résistance à cette puissance financière, souvent occulte, ou, disons, discrète, s’organise dans plusieurs pays où il est encore temps de le faire. Ce qui n’est pas le cas, ou alors de manière clandestine, dans des états totalitaires.

Alors, ici, grâce à des supports médiatiques alternatifs comme Fréquence Terre, POUR, Fakir, L’UnionPartenariat200 1 2 Pacifiste, Golias Magazine, Les liens qui libèrent, qui est une maison d’édition, grâce à des libres-penseurs non inféodés à des partis politiques, religions, dogmes, grâce à des citoyens porteurs de projets d’avenir, celui-ci peut se bâtir autour d’un slogan que j’ai lu lors d’une manifestation : « L’humain  pas la finance ! »

À nous d’agir tant qu’il est encore temps, donc.

Naissance d’une Fédération citoyenne nationale

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Nouveau PGF siteFT 1 8Lors des récentes élections municipales belges, les électeurs, pour qui le vote est obligatoire, eurent la possibilité de soutenir une cinquantaine de listes citoyennes exclusivement composées de candidats non inféodés à un parti politique. « Ils ont apporté un vent de fraîcheur », souligna le quotidien La Libre Belgique.[1]

Quelque quatre-vingts personnes furent élues et l’idée d’un regroupement sous une même bannière est née. Elle se concrétisera le dimanche 20 janvier 2019 lors d’une assemblée constituante avec une charte s’articulant autour des Droits de l’être humain, de l’éthique politique, de la participation limitée dans le temps (donc pas d’élus d’élection en élection, de père en fils…).

Priorité, aussi, à la protection sociale, au vivre-ensemble, au respect de l’« autre », à la solidarité entre les populations, à la transition écologique, à la participation citoyenne via le référendum d’initiative, aux débats constructifs et propositions concernant l’enseignement, l’économie, la mobilité…

Il reste à espérer que cette initiative, que suivra de très près Fréquence Terre,  ne soit pas récupérée puis étouffée par des politiciens passés maîtres pour privilégier leur propre intérêt ou celui de leur parti au détriment des citoyens.

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[1] 5 et 6 janvier 2019.

La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino (Albin Michel)

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Nouveau PGF siteFT 1 7FTtexte9782226401854 j« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 En 1943, Rosa Sauer est une jeune Berlinoise de 26 ans qui habite non loin de la « Tanière du Loup », principal quartier général d’Adolf Hitler. Ce dernier, non seulement féru d’un ésotérisme sordide, d’une idéologie génocidaire, était hanté par l’idée d’être empoisonné.

Les SS réquisitionnent Rosa, qui ne peut qu’accepter de se rendre au bunker du führer deux fois par jour afin de tester les principaux repas de celui qui allait mettre à feu et à sang une grande partie du monde.

Si cet ouvrage, « La goûteuse d’Hitler » de Rosella Postorino qui vient de paraître chez Albin Michel est présenté comme un roman, l’auteure spécifie quand même qu’il y a un fond historique à son écrit : « En 2014, j’ai appris que Margot Wölk, la dernière goûteuse d’Hitler, était encore en vie. À 96 ans, elle avait décidé de rendre publique cette information. Hélas, quand j’ai retrouvé son adresse à Berlin, elle venait de mourir. Ainsi, je ne pourrais jamais lui parler, ni raconter ce qu’elle avait vécu. Mais je pouvais tenter de découvrir pourquoi elle m’avait frappée. C’est ainsi que j’ai écrit ce roman. »

Rosella Postorino a donc réagi en journaliste, qu’elle est aussi, et cite quelques sources crédibles. Son ouvrage débute par une citation de Bertolt Brecht qui, assurément, résume bien cette histoire :

« L’homme ne vit que d’oublier sans cesse

Qu’en fin de compte il est un homme. »

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COP 24 : un manque de volonté des Etats

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Du sur place et aucune prise en compte de la réalité du changement climatique. C’est le sentiment général qui a prévalu mi-décembre lors de la clôture de la COP24.

La conférence des parties sur le climat qui se déroulait à Katowice en Pologne a accouché d’une souris. Limiter le réchauffement climatique en dessous 1,5°C semble aujourd’hui compromis. Face à l’inertie des dirigeants de la planète, reste l’action des citoyens.

Rappelons tout d’abord quelle était la mission de cette COP24 ?

« La COP 24 fait suite bien entendu aux COP23 et 22 avant, mais surtout à la COP21 de Paris. Il s’agissait, pendant cette COP24, de se mettre d’accord sur les règles d’application de l’accord de Paris de la COP21, à savoir quelles mesures vont être prises par chaque Etat pour arriver collectivement à rester sous la barre des 2°C à la fin du siècle. »

Donc ce qui a été signé mi-décembre, c’est juste une manière d’acter l’accord de Paris, sans aller plus loin ?

« C’est un petit peu plus que cela. Il y a des règles de mise en œuvre qui ont été votées et qui ont été adoptées, ce qui n’était pas gagné. La difficulté est que ces règles sont encore loin d’être suffisantes pour permettre d’arriver à moins à 2°C. Avec les règles les plus optimistes, le GIEC pense qu’on arrivera à 3°C d’ici la fin du siècle. »

Un accord a minima, sans ambition, une urgence ignorée, un compromis sans éclat… Les critiques sont nombreuses après un accord qualifié de gâchis énorme. En quoi ce qui a été conclu à Katowice est décevant, voire inquiétant ?

« On a la sensation qu’il n’y a pas une prise en compte vraiment des difficultés actuelles. Par exemple, il a fallu plusieurs jours pour se mettre d’accord entre eux pour savoir s’ils saluaient le rapport du GIEC où s’ils l’accueillaient, alors que ce n’est pas le pire des rapports. Et puis il y a eu beaucoup de discussions sur “qui doit payer”. Par exemple, si on prend l’exemple de la Turquie, jusqu’au bout elle a essayé de rentrer dans les nations qui devaient recevoir de l’argent pour mettre en place l’accord de Paris et pas dans ceux qui doivent payer. »

Le désintérêt de la France ?

A noter notamment, la quasi-absence de représentants du gouvernement français. C’est un signe inquiétant ?

« Ce qui est hallucinant, c’est qu’à la session de clôture il n’y a pas eu de représentant ministériel. On avait un délégué, mais il n’y avait pas le ministre de l’Environnement. Il y a eu Brune Poirson, qui est secrétaire d’Etat, mais on n’a pas eu de représentant élevé du gouvernement, ni Premier ministre de ministre de l’Environnement. Déjà, qu’il n’y ait pas le Premier ministre ou le président, c’est inquiétant. Mais le ministre de la Transition écologique, c’est un signe très très inquiétant lancé par la France. C’est difficile de vraiment comprendre, parce que ce n’était pas très compliqué d’aller en Pologne. Donc oui, c’est un signe de désintérêt. »

Le contexte dans lequel s’est tenu cette COP24, en Pologne, pays très carboné, avec le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, celui, probable du Brésil, le poids des lobbys, est-ce que cela a pesé sur la COP24 ? Est-ce que cela compromet, clairement, la limitation du réchauffement climatique ?

« Oui clairement. Il n’y a pas une vraie volonté des Etats. On sent que tout accord est difficile à atteindre. Il a fallu deux jours de plus pour arriver à un accord qui est très minimal, où le Brésil remet en cause les principes qui étaient acquis, notamment sur les questions d’échange de carbone. La Turquie essaie de changer de groupe. Donc on voit que tout ça est compliqué et qu’il n’y a pas de réelle volonté. On a eu deux faits marquants qui sont venus de l’intérieur de la COP, mais plutôt de ce qu’on entend peu. Le premier, ce sont les pays vulnérables, notamment les pays insulaires qui ont appelé à la rébellion pour empêcher l’extinction de leur pays, voire de l’humanité. C’est un peu une première pendant les COP d’avoir un discours aussi fort. Et puis le deuxième discours très très fort est venu d’une jeune lycéenne qui a appelé les étudiants des collèges et lycées à se mettre en grève pour dire que les adultes ne font rien contre le changement climatique. Mais du côté des Etats, on a l’impression que rien n’avance. Beaucoup d’organisations de la société civile appellent bien sûr les Etats à agir, mais aussi appellent à sortir les lobbys de ces négociations, puisque les grosses entreprises et les multinationales sont toujours présentes, et par leurs lobbys, elles empêchent d’atteindre un accord. »

Alors il y a les atermoiements des gouvernements. Face à ça, il y a eu cet appel très fort de la jeune suédoise à la tribune de la COP24, il y a les mobilisations citoyennes, les marches pour le climat…. Est-ce qu’on peut y voir un contrepoids, une forme d’espérance ? est-ce que c’est un bon signe ?

« Oui, il est évident qu’il faut reprendre espoir. C’est probablement ce qu’amènent ces marches. Elles amènent la dimension de masse, c’est à dire de ne pas se sentir seul face aux événements qui sont très difficiles. Et elles invitent aussi à forcer les Etats à prendre des décisions beaucoup plus ambitieuses. C’est vrai que beaucoup d’acteurs aujourd’hui se disent que ces marches sont une première étape. Je pense bien sûr aux marches en France, mais qui sont faites dans différents pays. Elles permettent de mobiliser la société civile. Mais aujourd’hui beaucoup d’acteurs appellent à quelque chose de plus fort. On voit au Royaume-Uni le mouvement qui s’appelle Extinction Rebellion, qui appelle à des actions de désobéissance civile, c’est à dire à bloquer vraiment des lieux pour obliger les Etats à prendre des décisions beaucoup plus importantes. »

Un plaidoyer pour rendre l’eau à la terre

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© France Libertés

Parmi ces mobilisations citoyennes et d’associations, on le rappelle, il y a votre plaidoyer “Eau et Climat”.. Il s’inscrit dans cette dynamique… dans cette espérance citoyenne ? C’est un des outils de mobilisation ?

« Oui bien sûr. Ce qui est très intéressant dans notre plaidoyer c’est de montrer qu’il y a des solutions qui sont envisageables. Ce sont des solutions qui ne demandent pas une technique extraordinaire, mais plutôt de revenir à des choses assez simples pour permettre de rendre l’eau à la terre. Aujourd’hui nos territoires, un petit peu partout dans le monde, sont bétonnisés. Et en débétonnisant et en rendant perméables nos territoires, on peut permettre à travers l’eau qui s’infiltre et en retrouvant le cycle local normal de l’eau, de combattre le changement climatique. On a des exemples absolument extraordinaires notamment au Rajasthan, où l’action très simple de villageois sur plus de vingt ans et sur un territoire assez conséquent, a permis de combattre la sécheresse en faisant revenir le cycle de l’eau, et de combattre le changement climatique. Donc il y a des solutions qui existent. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est que quand les citoyens du monde entier s’impliquent. Mais cela ne peut pas venir que des citoyens. Il faut forcer les Etats à agir. Ils ne le feront pas d’eux-mêmes si les citoyens ne les bougent pas. Il faudrait une action conjointe. Et puis on a aussi des jeunes entreprises qui bougent. Il y a des choses qui existent et des choses qui se font. C’est ce qu’on montre dans notre plaidoyer. »

Pour aller plus loin :

 

« Les nouveaux bijoux de chez Carlier » (4) de Guy Carlier (Pocket, Hors Collection Éditions)  

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Et nous voici à la dernière chronique consacrée au recueil de propos de Guy Carlier « Les nouveaux bijoux de chez Carlier » paru il y a quand même quelques années, mais y revenir permettait de mieux saisir, selon moi, cette activité parfois très controversée.

Les nouveaux bijoux de chez Carlier 10D’ailleurs, il met les choses au point en 2003 : « Dans mon émission on rit des vieux, on rit des gros, on rit des gays, on rit des cons et que seuls les vieux cons, les gros cons et les gays cons protestent, eh bien, à ceux qui m’écrivent de la sorte, je voudrais rappeler que l’humour est la politesse du désespoir. »

Alors, pour terminer cette chronique, celle qu’il a lue sur France Inter en 2003, est dans cette lignée : « En mai 1968, on accrochait des posters de Che Guevara aux murs de nos chambres de lycéens, aujourd’hui les lycéens collent la photo parue dans Voici où l’on voit François Hollande entrant dans l’eau aux Seychelles avec son maillot de bain Pantashop et son ventre de notaire panaméen. »

Et puis cette longue réflexion : « Beaucoup de larmes hier soir à la TV. Mais moi je n’ai pas pleuré en regardant L’Emmerdeuse avec Marie-Anne Chazel, qui était notre invitée hier, que je m’étais déjà tapée en cassette. Faut quand même pas abuser des bonnes choses. Et là, sérieusement, il y a un vrai problème. Doit-on dire aux invités que l’on n’a pas aimé l’œuvre pour laquelle ils viennent faire de la promo ? »

Eh bien, après cinq pages en caractères très serrés, je ne connais toujours pas ce que Guy Carlier a décidé de faire, en revanche il détaille les larmes, dignes, d’Adamo qui a retrouvé sa première moumoute, une synthétique de mai 1972, précisa-t-il.

Vous me direz : quatre chroniques sur Fréquence Terre pour ça ? Pour Guy Carlier, aujourd’hui à Europe 1, ancien pilier du « Fou du Roi » chez Stéphane Bern et complice de Marc-Olivier Fogiel dans « On ne peut pas plaire à tout le monde » sur France 3, « tout ça, c’est rien que du bonheur ! »