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Où en sont les Verts depuis 1974 ?

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Nouveau PGF siteFT 16Voici la quatrième et dernière chronique consacrée à l’essai Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » d’Arthur Nazaret (Éditions La Tengo) et reprenons avec José Bové qui fit un tabac dès 1999 après avoir fait ses armes, si je puis dire, au Larzac,  et devint le fer de lance contre le néo-libéralisme et la marchandisation du monde. Il érigea la non-violence et la désobéissance civile en mode d’action, dont les fameux arrachages du colza et maïs transgéniques, appliquant, de la sorte, le principe de précaution.

Et puis, chassez le naturel et il revient au galop, revoici la bataille, le terme est choisi, entre les écolos partisans du « non » aux élections européennes et ceux du « oui », dont Daniel Cohn-Bendit. Les insultes fusèrent, Nicolas Hulot regardait tout ça sans encore s’y mêler. Al Gore apparut avec son documentaire « Une vérité qui dérange » et, petit à petit, l’écologie française sortit d’une marginalité dans laquelle elle avait replongé.

Tour à tour, il y eut le « Pacte écologique » initié par Nicolas Hulot, le Grenelle de l’environnement du président Sarkozy, la création d’Europe-Écologie-Les Verts, qui connaîtra un succès fulgurant.

Aux élections, les écolos étaient à un souffle du PS, puis aux régionales de 2010, ils plafonnaient quelque peu.

Eva Joly se lança dans l’arène mais, accrochez-vous, certains osaient lui trouver « un accent  nazi à la de Funès dans La Grande Vadrouille ». Elle s’écrasa alors que François Hollande l’emportait et que Cécile Duflot entrait dans son gouvernement comme ministre, tenez-vous bien, du Logement !

La saga des écologistes français se poursuivit et Nicolas Hulot accepta l’offre d’Emmanuel Macron de devenir Ministre de la Transition écologique. Il tint le coup, vaille que vaille, du 17 mai 2017 au 27 août 2018, puis, au micro de France Inter, il lâcha : « Je prends la décision de quitter le gouvernement. »

Ce livre débuta par « L’utopie ou la mort » de René Dumont en 1974 et, fin 2018, le gouvernement Macron déclarait « Le temps de l’utopie est décrété ».

Un demi-siècle entre ces deux déclarations et où en sont les écologistes politiques français, peut-on légitimement se demander, alors que leurs collègues cartonnent dans de nombreux autres pays ?

 

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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« Agir ou disparaître », un livre pour éveiller les consciences

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Vous connaissez Fréquence Terre depuis longtemps. Cela fait maintenant une quinzaine d’années que cette webradio a mis dans son ADN la sensibilisation à l’environnement. Elle tente d’éveiller les consciences sur les thématiques écologiques et sociétales.

Sous la houlette de Frédéric Benot, Fréquence Terre s’est attachée dès son origine à rendre compte de l’état de la planète et de mettre en lumière les initiatives qui œuvrent pour sa protection.

Cette belle aventure de Fréquence Terre, c’est aujourd’hui un livre.

« Agir ou disparaître », revient sur plus d’une décennie de chroniques consacrées à l’environnement réalisées par l’ensemble des intervenants du site.

Coordonné par Pierre Guelff, le livre retrace les attaques menées contre la planète et donne un coup de projecteur sur les solutions mises en œuvre par les associations, les citoyens, ou les collectivités.

Ce petit recueil espère, sans prétention accompagner la prise de conscience écologique de chacun, le souci de l’environnement, les actions du quotidien pour la survie de notre espèce.

Agitateur de curiosité

Dans ce livre, vous retrouverez Pierre Guelff qui vous parle avec passion de la nature, du terroir, de solidarité et de fraternité. Cet agitateur de curiosité, vous emmène à la rencontre d’altermondialistes, des lycéens qui font la grève du climat, comme la Suédoise Greta Thunberg, du moine bouddhiste Matthieu Ricard ou encore d’Alexandre Jollien. A travers ses rencontres littéraires, il nous parle de vie, d’engagement, et nous fait part des réflexions d’hommes et de femmes engagées pour la planète et l’humanité.

Sentinelle des mers

Daniel Krupka, fidèle à son engagement, vous propose de découvrir ou redécouvrir la beauté de notre environnement et des océans. Il n’hésite pas à faire le constat des ravages de l’homme sur les écosystèmes. Mais il donne aussi des pistes sur la façon de les préserver. Comme Paul Watson, qu’il a pu interviewer pour Fréquence Terre, Daniel est notre sentinelle des mers.

Donner des signes d’espoirs

Et puis évidemment vous retrouverez un condensé des actions de France Libertés relatées depuis plusieurs années dans Monde solidaire. Ce sont celles pour les peuples autochtones qui luttent pour leur survie, ou le combat contre l’extractivisme, que ce soit au Brésil, qui a connu plusieurs catastrophes minières, ou en Guyane avec le projet Montagne d’or. Les actions pour le droit à l’eau, l’éducation à l’environnement, les villes qui s’engagent sur le chemin de la transition, toutes ces initiatives et mobilisations sont des signes d’espoirs pour notre avenir et celui de nos enfants.

Continuer d’agir, pour ne pas disparaître

Parce que les bons réflexes de consommation se prennent très tôt… Parce que notre planète mérite qu’on s’attèle à sa préservation pour le bien-être de l’humanité, « Agir ou disparaître » apporte sa pierre à la lutte contre les dérèglements climatiques générés par l’homme.

La planète survivra sans nous. Mais nous, nous ne pouvons pas survivre dans un environnement dégradé…

« Agir ou disparaître » est disponible au prix de 7 euros sur internet. Toutes les recettes des ventes sont au bénéfice de l’association qui édite Fréquence Terre.

L’urgence est là. Il faut agir… ou disparaître ! A nous tous de continuer d’agir, à notre niveau.

 

Pas de requins dans mon assiette !

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L’association LONGITUDE 181 lance une campagne intitulée « Pas de requins dans mon assiette » par la sollicitation du grand public, c’est-à-dire vous, dans un appel citoyen à s’engager à ne plus consommer de viande de requin, et également celle des professionnels : poissonniers, restaurateurs, à ne plus proposer de viande de requin ou de saumonette.  Pourquoi, comment : on vous dit tout. Avec également le coup de gueule de François SARANO, co-fondateur de l’association (conseiller scientifique du Commandant COUSTEAU pendant 13 ans)

 

« Les Portes du Temple – De l’ignorance à la Connaissance » de Franck Zimmer (MdV Éditeur)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Les portes du temple« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée » clama Alfred de Musset, eh bien, avec Les Portes du Temple – De l’ignorance à la Connaissance de Franck Zimmer paru chez MdV Éditeur, ce sont de fameuses portes qu’ouvre l’auteur puisqu’il propose au lecteur de « franchir cet obstacle – qu’est la porte – et d’entrer dans un monde sacré, réglé par des rites et des symboles légués par la Tradition ».

Mais ce chemin ne comporte pas qu’une seule porte, il y en a pas mal qu’il faut passer au bon moment, puisque, selon lui, « chacune d’elles recèle un enseignement indispensable pour progresser sur la voie de la Connaissance… »

Vous l’aurez compris, ces portes sont des épreuves initiatiques qui, outre celle du Temple, comportent les quatre éléments (Terre, air, eau et feu) et, bien entendu, le cheminement ne peut se faire qu’en assimilant et comprenant différents symboles.

DSC03366Personnellement, j’ai bien aimé les explications entourant la chouette, bel oiseau qui incarne le mystère de la Lumière originelle que les ténèbres ne peuvent pas arrêter. Parole de vie, elle est la mère de tous les symboles, selon l’auteur, qui, comme on le devine, est un passionné de symbolisme.

 

 

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« LE » Livre de Fréquence Terre (« Agir ou disparaître ») : plus que jamais d’actualité à la veille de la grève mondiale pour le climat !  

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Image 3bis 1 1En Belgique, 300 associations (dont de puissants syndicats) en appellent à la grève mondiale pour le climat du 15 mars, en France la mobilisation s’organise aussi, comme dans maints pays. Et vous ?

Est-il besoin de vous rappeler que Fréquence Terre est une webradio indépendante qui sensibilise et éveille les consciences sur des thématiques écologiques, environnementales et sociétales ? Que son équipe de journalistes, auteurs, éditorialistes, conférenciers bénévoles touche 500 000 auditeurs journaliers grâce, aussi à maintes webradios et radios FM partenaires ? Que son site compte plus de 15 000  visiteurs mensuels ? Que si elle est agrémentée de Musique du Monde et d’infos fournies par Radio France Internationale, Fréquence Terre est un média citoyen et engagé qu’aucun lobby ou décideur ne fera jamais taire !

ftCouverture POCHELivre FT5 février CopieQuatre chroniqueurs de Fréquence Terre (Philippe Boury, Daniel Krupka, Frédéric Bénot et Pierre Guelff) viennent de publier un livre qui vous le confirmera et deviendra certainement une référence en la matière. Cet ouvrage, vendu au prix de 7 euros (hors frais d’envoi) comporte quelque 220 pages et les vingt-cinq thèmes abordés sont illustrés de photos et de citations.

Enfin, sachez que les bénéfices de la vente de ce livre serviront exclusivement à soutenir Fréquence Terre afin de poursuivre, voire d’augmenter son engagement citoyen en faveur d’une société plus humaniste vivant sur cette Terre où les êtres et l’environnement cohabiteront en symbiose ! Agir ou disparaître est disponible sur le site Le Livre en Papier :

https://www.publier-un-livre.com/fr/le-livre-en-papier/1067-agir-ou-disparaitre

Thèmes

Le cormoran englué, c’est un peu nous

FT20180720 112746Négationnisme climatique

Les lendemains qui chantent : nous y voilà, nous y sommes !

Le peuple plus fort que le gouvernement

Que cache le prix de votre poisson ?

L’art d’être libre (dans un monde absurde)

Si Bruce n’était pas là

Rencontres avec Riccardo Petrella (altermondialisme) et Christine Mahy (lutte contre la pauvreté)

FT20181219 113832Mourir en chœur, le lien qui nous unit

Mourir puis donner la vie ou l’humusation

Devenir une sentinelle des mers

FTDSCF3532Délectation et coup de colère « écologiques »

Marre de ne rien voir bouger ? Faites un pas

Monsanto et Cie dans les cordes ?

« Je préfère manger à la cantine… Avec les copains et les copines » (Chanté par Carlos)

ftmine a ciel ouvertDes maîtres authentiques

À la poursuite de votre futur

Habitants de la terre, debout !

Votes et consommations écoresponsables

Revue de presse

Histoire d’une victoire pour la démocratie et la santé publique !

Expérience d’une incohérence monumentale

ftthumbnail 1Trop d’incurie : les citoyens contre-attaquent

« Certains soirs dont la douceur se prolonge… »

Réconfortantes mobilisations des jeunes

Histoire d’un espoir

L’art de vivre ensemble

Et, encore, des revues de presse, Fréquence Terre de A à Z, des photos, citations…

La remarquable photo de couverture (« Décideurs discutant du climat » expo à Berlin) a été offerte par son auteur, Isaac Cordal (également le sculpteur de l’oeuvre), avec l’autorisation de la Galerie Mathgogh (Paris), que nous remercions,  en soutien à Fréquence Terre.

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« Écolo-facho et pharmacopée écologiste réactionnaire » dans « Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » (3/4) d’Arthur Nazaret (Éditions La Tengo)

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Nouveau PGF siteFT 16HistoireVoici la troisième chronique consacrée à l’excellent essai Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » d’Arthur Nazaret (Éditions La Tengo). Avec Antoine Waechter, les idées parurent s’éclaircir : « L’écologie n’est pas à marier et seule l’affirmation intransigeante de son originalité et de son autonomie confortera l’opinion publique qu’il existe une niche politique spécifique pour les écologistes » et pour attirer l’attention des médias qui le snobaient, lui et ses maigres troupes, il leur envoya un certificat médical attestant qu’il n’était pas atteint d’une maladie contagieuse !

Cependant, Cavanna, plume de Charlie Hebdo, le trouvait trop mou : « Cesse de faire le gentil, le bon gros, gueule, Waechter, secoue-leur le cul ! Pose-leur les bonnes questions et force-les à y répondre ! Harcèle, Waechter, mords, fulmine, dérange. »

Alors que Mitterrand récoltait 34% des suffrages, Waechter faisait 3,78%. Puis, Brice Lalonde fut considéré comme un frère ennemi pour avoir accepté d’entrer dans le gouvernement Rocard.

Bhopal, Tchernobyl, Exon Valdez, pluies acides, trou dans la couche d’ozone, la Terre élue personnalité de l’année par le Time, même Margaret Thatcher organisa un sommet pour le climat, eh bien, les Verts français ne décollaient pas.

Un méchant slogan soufflait aussi à leur encontre : « Écolo-facho » et il fut question de « pharmacopée écologiste réactionnaire » en 1990.

Cependant, maints partis lançaient de véritables OPA sur cette sorte de planète verte qu’ils voulaient annexer.

Après la génération Mitterrand, la génération écologiste semblait se pointer avec les Voynet, Mamère, le retour de Daniel Cohn-Bendit, le Dany-le-Rouge devenu vert qui, pour certains, était devenu un « libéral-libertaire ».

En 1999, tout ce monde devint quand même la quatrième force politique de France. Et puis, José Bové,  l’icône des altermondialistes, fit son apparition, mais un séisme allait s’abattre sur l’Hexagone : Le Pen était au deuxième tour des présidentielles, Jospin au tapis.

La quatrième et dernière chronique de cette saga écologiste française dans quelques jours sur nos antennes…

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Extractivisme au Brésil : un système à bout de souffle

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186 morts et 122 disparus ! La rupture du barrage minier le 25 janvier à Brumadinho, au sud-est du Brésil, s’annonce comme une nouvelle catastrophe environnementale et humaine de plus.

Trois ans après le drame de Mariana, les conséquences écologiques risquent fort d’être majeures. Et comme à Mariana en 2015 avec le peuple Krenak, c’est la vie d’un autre peuple autochtone qui est menacée, les Pataxó Hã-hã-Hãe.

Avec Marion Veber, chargée de mission Droits des peuples à la Fondation France Libertés

Les représentants de cette population dénoncent l’exploitation démesurée de la nature au nom du développement. Est-ce que cette nouvelle tragédie en annonce d’autres ? Est-ce qu’elles peuvent se reproduire au Brésil ?

« Oui. On le constate puisque, suite au crime de 2015, le PDG s’engage à prendre des mesures, mais ce n’est pas le cas. Ce qu’on constate c’est qu’au Brésil il y a des failles d’un point de vue de la sécurité des barrages et de la surveillance de ces structures minières en général. Mais ce n’est pas que le cas du Brésil. Partout dans le monde, on a connu des ruptures de barrages de déchets miniers, que ce soit en Roumanie ou dans d’autres Etats. Et donc cela pose finalement la question de l’extractivisme en général qui, en mettant les profits en priorités, fait fi des droits humains, de l’environnement et des potentiels morts que cette activité pourrait générer ».

Le 27 janvier, soit deux jours après la catastrophe, une alerte a été lancée non loin de là face au risque d’une rupture imminente d’un deuxième barrage appartenant à la même entreprise. Le 8 février, c’est ArcelorMittal qui a évacué 200 personnes d’une communauté située sous un barrage de la multinationale. Est-on dans un cycle infernal ? Le système est-il à bout de souffle ?

« C’est exactement ça. C’est d’ailleurs ce que dénoncent les peuples autochtones avec lesquels on travaille, mais aussi un grand nombre d’ONG et d’habitants qui souffrent de ces crimes. C’est effectivement un système qui aujourd’hui n’a plus de sens parce qu’on voit ses limites, mais qui malgré tout semble indépassable. C’est à dire qu’on vend ce système comme indépassable, comme forcément nécessaire à la société telle qu’elle est construite aujourd’hui. Et c’est vrai que l’extractivisme est le premier maillon d’une chaîne qui nous conduit jusqu’au consumérisme et la société telle qu’elle a été imaginée ces dernières décennies. Donc effectivement il faut aujourd’hui réfléchir à réformer tout ce système. Il y a des initiatives en ce sens à l’international notamment pour mieux encadrer les activités des multinationales pour que, a minima, les droits humains passent en priorité sur les profits. Mais on est encore très loin d’une réelle évolution sur ce plan-là ».

Les dangers de la politique de Bolsonaro

Dans ce contexte, en quoi la politique du nouveau président Jair Bolsonaro constitue un danger pour ces peuples et pour l’environnement ?

« Quand on a appris l’élection de Jair Bolsonaro, la plupart de nos partenaires au Brésil, très inquiets, nous ont communiqué leurs craintes parce que Bolsonaro a clairement annoncé vouloir augmenter les projets extractivistes, et notamment en Amazonie sur les territoires autochtones. Donc ce sont effectivement des annonces qui sont assez menaçantes pour ces peuples, pour leurs droits, pour l’environnement. Et les premières politiques prisent déjà par Bolsonaro du côté autochtone sont déjà un signal très fort. La démarcation des territoires autochtones vient de changer de ministère de tutelle. Elle passe à l’Agriculture qui au Brésil est très proche des lobbies de l’agrobusiness. Donc il y a déjà plusieurs signaux comme ça qui nous donne à voir que la politique de Bolsonaro serait une véritable dévastation pour les peuples et l’environnement. Et quand on sait le rôle que joue le Brésil dans le climat et les régulations climatiques sur le plan international, c’est vraiment dramatique. Donc il y a des fronts de résistance qui essayent de s’organiser. Mais étant donné que Bolsonaro prône aussi un renforcement de la criminalisation des gens qui vont s’opposer à ces politiques et aux projets de développement, il est à craindre que les marges de manœuvre soient assez compliquées au Brésil. C’est pour ça que la solidarité internationale doit vraiment être d’autant plus forte ».

Une leçon pour Montagne d’Or

Est-ce que ces drames qui ont lieu au Brésil peuvent interpeller la France et faire réfléchir, notamment sur le projet Montagne d’or en Guyane ?

« Oui. Ils interpellent. Ils donnent de la matière au collectif ou à la société civile qui s’opposent ou qui montre les limites de certains projets et notamment de Montagne d’or. Ce nouveau crime de janvier 2019 a été régulièrement évoqué par les députés, même par le ministre de l’Environnement récemment à l’Assemblée nationale. Donc effectivement c’est un événement qui marque, mais pour autant est-ce que les conséquences seront prises derrière ? La question est encore entière ».

Pour aller plus loin :

Extractivisme : stop aux zones de sacrifice

Défenseur de l’Océan- François SARANO : Itinéraire d’un plongeur gâté

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crédit Pascal KOBEH

Pendant plus de 40 ans, François Sarano a entrepris de nombreux voyages autour du monde, a réalisé d’innombrables plongées à bord de la Calypso et pendant le tournage du film Océans. Qui est ce célèbre plongeur ? Quelles ont été ses rencontres qui ont déterminé cette envie de faire partager ses rencontres faites dans la profondeur des océans tout en suscitant l’envie de mieux le comprendre pour mieux le protéger ? Quel a donc été son parcours ? C’est chez lui , à Valence que je lui ai posé cette question…

« Et si la révolution était possible » (1/2) de Denis Langlois (Éditions SCUP)  

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Nouveau PGF siteFT 16« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Qui, mieux qu’une personne de terrain, pouvait écrire Et si la révolution était possible que Denis Langlois (Éditions SCUP), objecteur de conscience, condamné et emprisonné pour insoumission et refus d’obéissance, participant de Mai 68, auteur, avocat, témoin d’atrocités des conflits en Yougoslavie, Irak, Liban…, chantre du pacifisme… qui, d’emblée lance « N’offrons pas à nos adversaires les alibis et les justifications qu’ils attendent pour cogner. »

En France, constate-t-il, le dernier soulèvement visant à transformer la société remonte à Mai 68. Échec avec un vague prolongement électoral en 1981 et l’élection de François Mitterrand comme président de la république : « Une énorme désillusion pour ceux qui espéraient un changement radical, écrit l’auteur. Aujourd’hui, les inégalités sociales sont plus marquées qu’il y a cinquante ans. Cela veut-il dire que la révolution est impossible ? » se demande-t-il.

Après une démonstration convaincante sur les échecs successifs de révolutions armées, violentes, il n’hésite pas à dire : « Comment peut-on affirmer que le pouvoir révolutionnaire est au bout du fusil, quand c’est l’ennemi qui tient le fusil ? »

Sa réponse est claire et nette : « Seules les révoltes non violentes, celles qui permettent aux opprimés de s’appuyer sur la force insoupçonnée du nombre, ont quelques chances de réussir. Les pouvoirs savent comment massacrer ceux qui prennent les armes contre eux, ils sont toujours désorientés devant une population qui emploie des méthodes différentes et pratique notamment les manifestations pacifiques. »

En cela, Denis Langlois rejoint un autre activiste pacifiste efficace, Srdja Popovic, auteur de Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit et sans armes, dont il a aussi été amplement question sur Fréquence Terre.

Et, surtout ne croyez pas que les non-violents sont des lâches, passifs, inertes et « se tournent les pouces en attendant que les événements surviennent par miracle. »

Jugez-en : « Pas besoin d’être un militant chevronné bardé de cicatrices. Il suffit de vouloir lutter sincèrement contre l’injustice et l’inégalité.  Inspirons-nous du boomerang, amenons la violence à se retourner contre la violence, créons des mouvements et surtout pas des partis qui, eux, donnent rapidement naissance à des partis pris et de la partialité. Il faut des mouvements où il n’y a pas de hiérarchies entre les activités intellectuelles et manuelles, le rédacteur d’un article n’étant pas considéré comme supérieur à la distributrice de tracts, ou l’inverse. »

En somme, je retrouve dans cette proposition l’esprit compagnonnique qui m’est cher : « La main est le prolongement de l’esprit » et cela mérite bien une deuxième prochaine chronique sur cet essai tellement utile dans notre société déboussolée.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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Brésil : l’extractivisme tue encore

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© France Libertés

C’était le 25 janvier dernier. Un barrage de déchets miniers se rompt. Cela se passe dans le sud du Brésil, dans l’État du Minas Gerais. La rupture du barrage de Brumadinho, près de la capitale de l’État, Belo Horizonte, a libéré un fleuve de boue toxique détruisant tout sur son passage. Au moins 169 morts et presque autant de disparus.

La mine à l’origine de la catastrophe est exploitée par la multinationale brésilienne Vale. C’est la même société qui est impliquée dans une autre catastrophe minière qui a eu lieu dans la même région le 5 novembre 2015.

Avec Marion Véber, chargée de mission Droits des peuples à la Fondation France Libertés.

Trois ans après, l’histoire se répète, avec même la entreprise qui est pointée du doigt. Qu’est-ce qui s’est passé ?

« C’est effectivement le même enchaînement que le crime qui s’est produit en 2015 à Mariana. C’est, une fois encore, un barrage minier qui cède avec cette coulée de boue qui part sur des kilomètres et des kilomètres tout dévaster, des villages, la biodiversité, jusqu’à aller polluer et même assassiner un fleuve. Aujourd’hui on considère que le fleuve Paraopeba est considéré comme mort. C’est effectivement la même entreprise. Pour le cas de Mariana de 2015, c’était une joint-venture entre Vale et la multinationale BHP Billiton. Là pour le cas de Brumadinho, on est sur Vale exclusivement ».

A Mariana en 2015, on parlait de la plus grande catastrophe environnementale qu’avait connu le Brésil. 19 morts, plusieurs dizaines de villages touchés, quatre millions de personnes affectés au total. Cette fois, un nouveau cap est franchi ?

« Effectivement on a franchi un cap puisque, actuellement, on en est à 169 morts et 141 disparus aux derniers chiffres annoncés. En revanche, sur la question de l’impact environnemental, il est encore trop tôt pour dire laquelle des deux ruptures sera la plus impactante. Mais ce qui est sûr, c’est que l’effet cumulé des deux est déjà dramatique ».

Lors de sa prise de fonctions en mai 2017, le PDG de Vale, Fabio Schvartsman, avait fait sien le slogan « Mariana, plus jamais ». Vale n’a donc tiré aucune conséquence du drame de Mariana ?

« C’est bien le drame. Parce qu’effectivement, malgré cet engagement, on constate que rien n’a été fait. Comme pour Mariana, a priori l’entreprise savait que son barrage était défectueux. C’est la même chose pour Brumadinho. Il y a une enquête qui commence à révéler que l’entreprise était en possession de documents et de rapports faisant état d’un barrage qui risquait assez fortement de s’effondrer et de tout dévaster. Donc on voit bien que l’entreprise est consciente du fait que ces barrages ont des fortes chances de se rompre, mais ne prend pas les mesures pour atténuer le risque et préfère continuer sur la lancée du profit, quitte à mettre en péril la vie de plusieurs personnes. Donc c’était vraiment dramatique. Ce qu’on constate, c’est qu’aujourd’hui Vale nie sa responsabilité et va plutôt jouer sur la question de l’accident. C’est un accident, « oh, pauvre compagnie. C’est vraiment pas de chance pour nous, ça tombe sur nous ». Cela est vraiment très dénoncé aujourd’hui par la société civile, cette carte de victimisation que l’entreprise essaye de jouer ».

Vous avez parlé de crime. L’extractivisme tue encore. Et comme à Mariana avec le peuple Krenak, là, c’est un autre peuple autochtone qui est en première ligne. Les Pataxó Hã-hã-Hãe vivent sur les berges du fleuve Paraopeba totalement ravagé par les boues toxiques. C’est leur vie qui est ainsi mise en danger ?

« Oui. La rupture du barrage a affecté évidemment énormément de personnes, des villageois, mais aussi un peuple autochtone, les Pataxó Hã-hã-Hãe. Tout comme pour le peuple Krenak, qui avait été affecté par le crime de 2015, et bien les conséquences sont encore plus dramatiques pour ces peuples parce qu’ils vivent vraiment en relation directe avec leur environnement et notamment le fleuve. Dans le cas de 2015 c’était le fleuve Rio Doce, qui était considéré comme mort empêchant les Krenak de pêcher, de se baigner dans le fleuve, de boire. Et là on retrouve exactement les mêmes conséquences, le même scénario, avec les Pataxó Hã-hã-Hãe, qui aujourd’hui sont dans un même état que les Krenak de véritable désespoir, avec certains qui ne voient plus d’avenir possible avec un fleuve mort à leurs côtés qui, en plus, a une importance vraiment forte pour eux sur le plan spirituel et culturel ».

Et comme pour les Krenak, c’est vraiment leur vie, leur culture, leur histoire qui est mise en péril.

« Pour les Krenak, on pouvait même dire leur identité même puisqu’elle était vraiment liée au Rio Doce. Les Pataxó Hã-hã-Hãe eux aussi parlent d’une relation très forte à l’eau, où le mythe de création de leur peuple serait lié à une goutte d’eau. Donc effectivement, il y a cette dimension très forte qui n’est pas du tout prise en compte par les compagnies minières qui vont s’attacher plutôt à regarder les dommages matériels ».

Les représentants des Pataxó Hã-hã-Hãe ont dénoncé  l’exploitation démesurée de la nature au nom du développement. Des inquiétudes amplifiées avec le nouveau président Jair Bolsonaro.

On continue d’en parler la semaine prochaine avec Marion Veber.

Pour aller plus loin :

Brésil : depuis trois ans, les Krenak vivent “une violation de leur identité” (Anne Suarez)