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Sommes-nous des grenouilles ?

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Sommes-nous des grenouilles ? Drôle de question en cette période troublée à laquelle je vais tenter de formuler une réponse. Celle –ci est normande. Oui et non.

Oui, nous ressemblons à des grenouilles, quand passionnés par les fonds marins nous enfilons combinaison en néoprène, bouteille d’air et détendeur ou tuba, masque, et surtout une belle paire de palmes qui est sans nul doute l’un des exemples les plus précoces  de biomimétisme,  à la fois simple et abouti, d’une efficacité  remarquable. L’histoire de la plongée s’en souvient puisque avant de parler des plongeurs – ce qui peut aussi les ramener au rôle de lave-vaisselle-  ceux-ci étaient nommés jusque dans les année soixante-dix,  les hommes grenouille.

Quoique ? que partageons nous avec ce batracien ?

Un peu d’humour coassant ne nuit à personne….

www.longitude181.org

Greta, l’icône climatique, à la COP24, Davos, Bruxelles, Paris, dans le livre de « Fréquence Terre » : « Politiciens, nous avons commencé à nettoyer votre bordel ! »  

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Reportage « Fréquence Terre » depuis la Capitale de l’Europe.

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Manifestation des Jeunes pour le climat dans la Capitale de l’Europe et Pierre Guelff pour « Fréquence Terre » .

Depuis trois mois, « Fréquence Terre » couvre les manifestations pour le climat qui se déroulent principalement à Bruxelles, plus spécifiquement celles des jeunes. Loin d’être un événement ponctuel regardé avec une certaine condescendance, les jeunes de la Capitale de l’Europe, de plus en plus rejoints par des adultes, en sont à leur septième semaine d’affilée à défiler et interpeller les politiciens.

Au total, des centaines de milliers de jeunes qui clament, pacifiquement mais avec détermination, leur volonté que les politiciens, lobbyistes et multinationales arrêtent de massacrer la terre.

Alors, ce mouvement qui, enfin, semble intéresser la France puisque Greta Thunberg (photo de son Facebook), 16 ans, qui affronta seule devant les prétendus « grands du monde » et leur lança : « Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont ! », rejoindra Paris ce vendredi 22 février après avoir défilé dans les rues bruxelloises avec quelque 8 000 personnes dans sa foulée.

Ici, à Bruxelles, elle a déclaré devant le Comité économique et social européen et en présence de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, je résume (propos rapportés par plusieurs de mes confrères) : « Nous séchons les cours pour le climat parce que nous avons fait nos devoirs. Les politiciens savent qu’ils n’ont pas fait les leurs. Nous avons commencé à nettoyer leur bordel et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas fini. La plupart des politiciens ne veulent pas nous parler, mais nous ne voulons pas leur parler non plus ! Nous voulons parler aux scientifiques. »

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Greta dans le livre de « Fréquence Terre ».

Résultat en sept semaines en Belgique : une ministre de l’Environnement sur QUATRE (oui quatre pour un pays de 11 millions d’habitants !) a démissionné, une « loi climat » se met péniblement en route, un important comité de scientifiques internationaux en appelle à une grève mondiale en faveur du climat et, en cette septième semaine, ils étaient encore 4 à 5 000 jeunes à défiler à Genk, 3 000 à Gand, 8 000 à Bruxelles et d’autres milliers répartis dans le pays.

Outre le slogan récurrent « Nous sommes plus chauds que le climat ! », j’ai relevé quelques slogans déployés derrière Greta : « Réchauffez les cœurs pas la terre », « Une solution, la révolution », « Politique, tu t’bouges ou j’te bouge », « Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite ? »…

Alors, les jeunes français, allez-vous enfin réagir en masse à votre tour, comme l’a déjà fait « Fréquence Terre » dans son livre « Agir ou disparaître » ? Et, si vous manquez de références en matière de catastrophe climatique et de solutions à apporter, lisez-le. C’est urgent !

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Montagne d’Or – Première victoire judiciaire en Guyane

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© Or de question

C’est une première victoire judiciaire pour les opposants à Montagne d’Or. Le 11 février dernier, le tribunal administratif de Guyane, a annulé un arrêté préfectoral qui autorisait la société Montagne d’or à ouvrir des travaux d’exploitation d’or alluvionnaire dans le département.

La décision du tribunal ne concerne pas le projet de méga mine d’or contesté, mais elle reste très importante dans le combat des communautés sur place.

Ce sont deux associations qui avaient demandé l’annulation de l’arrêté préfectoral. Il concernait un permis d’exploitation situé au lieu-dit Bœuf mort. Pourquoi cet arrêté a été annulé ?

« Il a été annulée pour deux raisons. La première raison concerne les études d’impact qui avaient été menées pour ce projet d’exploitation d’or. Elles sont considérées par le juge comme ne permettant pas d’avoir une vue précise et cohérente de tous les enjeux, parce que justement le juge dénonce le fait que l’étude d’impact ait été dissociée du mégaprojet de Montagne d’or qui se situe juste à côté de la concession de Bœuf mort. Le juge a tranché en disant que ces deux projets ne pouvaient pas être si dissociés que ce que la compagnie minière disait dans son étude d’impact. Et donc le juge a considéré que cela violait finalement le code de l’environnement. La deuxième raison c’est la violation du droit qui oblige à l’autonomie de l’autorité qui va trancher ‘pour ou contre’ l’autorisation de permis d’exploiter. Là, les ONG qui ont fait le recours dénonçaient la double casquette de la Direction de l’environnement de l’aménagement et du logement (DEAL), qui était à la fois juge et partie. Le juge administratif a clairement considéré que la DEAL n’était pas du tout autonome et donc venait violer ce droit fondamental ».

Le tribunal administratif de Guyane parle de violation du droit dans le cas de la mine de Bœuf d’or. Qu’est-ce qui est pointé ?

« On parle de cette technique de saucissonnage. Une compagnie va présenter plusieurs études d’impact sur différents projets. Mais, en fait, chaque étude d’impact est vraiment faite sans prendre en considération les impacts des projets aux alentours. Du coup, on ne prend pas en compte les impacts cumulés qui sont pourtant extrêmement importants d’un point de vue environnemental et de l’atteinte à la biodiversité. Donc cette technique du saucissonnage amène forcément à avoir une vision de ce projet beaucoup moins impactante pour le territoire que si on prend ensemble la totalité des projets aux alentours. Là le juge expose que c’est une violation du code de l’environnement parce que l’étude d’impact, qui a été soumise, est considérée comme limitée et ne permettait pas à la personne autorisant ou non le projet d’avoir tous les éléments en main. Donc c’est une violation du code de l’environnement ».

Il faut préciser qu’entre Montagne d’or et Bœuf mort, on est sur deux types d’extraction différents.

« Sur Bœuf mort, on est sur un petit projet d’exploitation de l’or alluvionnaire, c’est à dire lorsqu’il se trouve dans l’eau. Alors que sur Montagne d’or, on est sur un mégaprojet, le plus gros qui verrait le jour s’il est autorisé en Guyane. Donc on est sur une échelle vraiment énorme, du gigantisme. Et on est sur de l’or, qui se trouve dans la roche. Il serait exploité à ciel ouvert en dynamitant des tonnes et des tonnes de roches en essayant d’extraire l’or qui est dans ces roches. Donc on est sur deux projets très différents mais qui sont juste à côté, situés dans la même zone. Ce qu’on avait expliqué avec le collectif qui s’oppose à Montagne d’or, c’est que Montagne d’or, en demandant cette exploitation juste à côté, c’est finalement un cheval de Troie pour pouvoir commencer des travaux et des exploitations à côté de la future zone de Montagne d’or. C’est une façon de s’implanter sur le territoire et de préparer la venue pour Montagne d’or ».

Est-ce que cette décision est très importante dans la bataille contre le projet de méga mine d’or ? C’est un premier pas ?

« C’est une première victoire qui déjà réconforte les opposants parce que c’est une bataille très longue et qui est encore loin d’être finie. Donc c’est un premier pas sur le plan judiciaire. C’est un premier élément qui donne à montrer que la compagnie minière Montagne d’or n’est pas très sérieuse dans ses études d’impact, même sur un projet de taille très petite sur Bœuf mort. C’est important pour les opposants. C’est un premier une première victoire ».

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© France Libertés

Sans vouloir extrapoler et faire du catastrophisme, cette décision s’inscrit dans un contexte dramatique, avec la rupture d’un barrage à Brumadinho au Brésil, qui a fait au moins 166 morts fin janvier. Est-ce que cela n’a rien à voir, ou est-ce que cette tragédie peut être un tournant pour Montagne d’or ? Est-ce que cela peut servir de leçon, d’exemple à ne pas suivre pour le gouvernement français ?

« Cela montre que les risques de l’exploitation minière sont bien réels. Quand on dit en tant qu’opposant à Montagne d’or que le principal risque c’est la rupture des barrages ou le drainage minier acide, on voit que ce n’est pas juste des risques. Cela peut se produire concrètement. Ce n’est pas fantasmé. Dans un pays qui est juste à côté, le Brésil, qui est limitrophe de la Guyane, ça se produit et cela s’est déjà produit en 2015, ça se reproduit en 2019. Quand on voit les conséquences, avec le nombre de morts, les fleuves qui sont considérés comme morts aujourd’hui, les impacts environnementaux qu’on n’arrive même pas à calculer, on voit que finalement les positions avancées par les opposants à Montagne d’or ne sont pas si fantasmés que ça. Donc c’est important de le replacer dans ce débat. D’ailleurs à l’Assemblée nationale le 7 février il y avait un premier débat sur le projet Montagne d’Or et l’interdiction du cyanure. Un grand nombre de députés, y compris le ministre de l’Environnement, ont fait référence à cette rupture de barrage comme un élément à prendre en compte de ce que ça peut vouloir dire l’exploitation minière ».

Pour en revenir à au méga projet Montagne d’or, où en est le dossier ? Il y a eu la consultation publique. Quelle est la prochaine étape ?

« Monsieur de Rugy a annoncé qu’il allait se déplacer en Guyane très prochainement, dans les semaines à venir a priori, pour rencontrer les acteurs concernés qu’il n’a pas vu pour l’instant, en particulier le Grand Conseil coutumier, qui représente les intérêts des autochtones. Les autochtones se sont opposés à de multiples reprises à ce projet. C’est déjà un élément intéressant de savoir que le ministre se rend en Guyane, va enfin écouter les autochtones. Et il a annoncé également prendre une décision au nom du gouvernement d’ici la fin du premier semestre 2019. On devrait être fixé assez rapidement ».

Pour aller plus loin :

Montagne d’or : une destruction environnementale, sociale, culturelle

 

 

 

Défenseur de l’Océan – Paul Watson : Si les océans meurent, nous mourrons !

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Une interview passionnante de Paul Watson, cofondateur de Greenpeace, fondateur de Sea Shepherd, le seul à empêcher le massacre des baleines chassées par l’industrie baleinière japonaise, en dépit des moratoires existants. Paul Watson nous accordé une interview exclusive suivi d’un extrait de son intervention, traduite par Lamya Essemlali au Salon de la Plongée où il nous explique les mécanismes de l’économie d’extinction.

« La politique expliquée aux enfants (et aux autres) » de Denis Langlois et Plantu (SCUP)

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Nouveau PGF siteFT 16« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Excellente initiative des éditions SCUP de réunir l’écrivain Denis Langlois, ancien avocat, figure marquante du pacifisme, auteur de nombreux ouvrages sur la justice, et le célèbre illustrateur Plantu, collaborateur au Monde et à L’Express pour l’essai La politique expliquée aux enfants (et aux autres).

Dix chapitres avec, pour chacun, un dessin de Plantu, composent cet ouvrage qui, effectivement, peut s’adresser aux adultes, tant, parmi ceux-ci, certains ont une attitude d’enfants !

Et, je ne peux qu’approuver la mise en garde assénée d’emblée : « Dire « Je ne fais pas de politique », c’est comme dire « Moi, je ne respire pas ! » car, effectivement, la politique ce n’est pas que les politiciens, les partis, les élections, les marchandages, les coalitions, « c’est aussi la manière dont les êtres humains organisent leur vie sur terre et la politique n’est pas seulement une chose sale à rejeter. De toute façon, si tu ne t’occupes pas de la politique, elle s’occupera de toi ! »

Donc, il y a intérêt à lire ou à relire le livre du duo Langlois-Plantu comme une sorte de guide pour les jeunes, mais un guide ne se veut pas donneur de leçon ou qui a la prétention de tout expliquer, et pour « les autres », une piqûre de rappel, en somme.

Bien sûr, comme l’explique avec justesse Denis Langlois, « comme il serait agréable de vivre dans un monde où personne ne chercherait à dominer les autres, où chacun serait l’égal de chacun ! Malheureusement ce n’est pas le cas », alors défilent les chapitres avec des explications simples – sans être simplistes, nuance ! – sur les partis, la droite, la gauche, les extrémistes, les opinions, un autre sur les médias et leurs rapports au monde politique, s’agit-il de rumeurs, mensonges, manipulations, réalité des faits, neutralité ?

Et puis, voici quelques pages tout aussi sensibles à expliquer de manière, disons, « neutre » : police, ordre, sécurité, terrorisme, justice, lois qui sont les règles votées par les politiques, ne l’oublions pas, le rôle des juges, les guerres et mourir pour la patrie, le fameux patriotisme, ou le pacifisme « qui rejette toute forme de violence » et ne veut surtout pas dire qu’il est question de lâcheté !

Et, encore, la pollution et cet extraordinaire dessin de Plantu remplaçant le globe terrestre d’une mappemonde par une poubelle, visiblement nauséabonde.

Et, comment oublier les inégalités entre les êtres humains, entre les pays ? Enfin, face à tout cela, place à l’action politique. « Encore faut-il faire un effort », souligne l’auteur. C’est-à-dire, agir en connaissance de cause. Après avoir lu cet essai, par exemple.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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Sam de Christophe Ghislain  (Albin Michel)

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Un jour, Sam est partie quittant son fils de cinq ans et le père de celui-ci. Mais cinq mois plus tard, Jerry et le petit Tobias prennent la route en direction du bout du monde à travers les vastes forêts de Norvège pour la retrouver.

550Sam est un roman de Christophe Ghislain paru chez Albin Michel,  à découvrir car il est plutôt inclassable. C’est une sorte de road-movie fantastique, poétique et ultra réaliste.

Tantôt poétique voire lyrique lorsqu’il est question de la rencontre amoureuse du couple qui est digne d’un grand film d’amour classique.  Tantôt fantastique lorsque le fils rencontre un vieux fou s’appelant Walt Whitman et qui pose maintes fois la même question « Savez-vous comment je suis mort ? » et la réponse est chaque fois différente et inattendue.  Sans doute que ce vieux fou est en réalité un visionnaire.

Ce roman partage aussi une belle part de  philosophie parce que la vie est faite de mystères que l’on ne comprendra jamais, parce que  l’enfant répète  la question : pourquoi elle est partie maman ? Et que répondre  à cette question est au fond une sorte de quête.

Et puis il y la délicieuse  douceur de la tendresse lorsque le père prend conscience de la joie éclatante, que d’être père. Bien que ce roman soit impossible à résumer, il est au fond, un chemin initiatique, un très bel hymne à l’amour et à la noblesse  de la nature.

https://frequenceterre.com/wp-content/mp3/chronique-2019-02-08-09-00-00-Marie-Paule-Sam.mp3

 

 

« Les cris du Mouvement d’écologie politique – français – sont aussi efficaces qu’un seau arrosant le désert ! »  

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Nouveau PGF siteFT 16« Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » (2) d’Arthur Nazaret (Éditions La Tengo)

Voici la deuxième chronique consacrée à l’excellent essai Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » d’Arthur Nazaret (Éditions La Tengo) et en cette fin des années 70 quand les écologistes se posaient toujours la triple question par rapport à leur engagement politique : subversion ou participation ? Se structurer en parti ou multiplier les manifs et rassemblements ? S’allier à la gauche ou non ?

Ce fut alors qu’un certain Brice Lalonde entra dans la danse et déclara : « L’écologie ne saurait se borner à la préservation de la nature, elle doit s’attaquer aux racines du mal, c’est-à-dire au productivisme qu’induit la course au profit du monde occidental. »

Dans la foulée, il sera aussi question d’autogestion communale, référendums communaux, élimination progressive de la circulation automobile privée en ville…

Aux élections municipales de 1977, 9% des suffrages pour les écolos et une belle percée médiatique, puis aux législatives de 1978 et l’arrivée d’ « Écologie 78 » les revendications se font de plus en plus nombreuses : autonomie aux groupes locaux, arrêt du nucléaire, luttes contre le centralisme, l’uniformisation, la planification systématique…, le tout sous les paroles cajoleuses de François Mitterrand. Résultat : la galère avec 2,14%.

Aux présidentielles de 1982, Brice Lalonde lança le slogan « Droite ne puis, gauche ne daigne, écologiste je suis », bof, cela fera 3,88% et les écolos seront plus divisés que jamais, se retrouvant quasiment à l’état de groupuscule.

Alors, en 1984, ils décidèrent de s’unir et les Verts créèrent une structure idéologique et durable, du moins ils l’espéraient. Par opportunisme, Mitterrand libéra le Larzac de la convoitise des militaires et Plogoff du nucléaire, mais, comme l’écrit Arthur Nazaret : « Les cris du Mouvement d’écologie politique sont aussi efficaces qu’un seau arrosant le désert ».

Alors, après des années de tergiversations, le parti écologique français « Les Verts- Confédération écologiste – Parti écologiste » est né.

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Rainbow Warrior.

L’ambition était vaste avec une véritable révolution : « La conquête du pouvoir se fera avec des fleurs, pas des fusils » sera-t-il précisé. Las, aux élections européennes de 1984, surtout le FN attirera l’attention avec ses 11% ! Les écolos français étaient exsangues, ils en appelèrent à leurs collègues allemands et belges, René Dumont, 82 ans, reprit du service, mais les écolos coulèrent aux législatives et régionales de 1986, à l’instar du Rainbow Warrior, lui, coulé par l’État de Mitterrand le pseudo-socialiste.

Même Tchernobyl et le nuage dangereux qui se serait arrêté, pile, à la frontière de l’Hexagone, ne mit pas les écolos sur le devant la scène.

C’est dire combien tout cela manquait d’unité, de stratégie, de conviction, dans le fond. Et puis, un certain Antoine Waechter pointa le bout de son nez…

La suite de cette saga dans les prochains jours.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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« Sagesses d’ailleurs » (1) de Frederika Van Ingen (J’ai Lu)

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Nouveau PGF siteFT 16« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Rencontres avec des mondes qui puisent leurs connaissances au plus près des fondements de la mémoire humaine en compagnie de peuples racines, de gardiens du Savoir, c’est-à-dire, celui des liens à l’autre, à soi-même, à la nature, à la vie, au métier d’être un être humain, à l’art de vivre ensemble : quel fameux programme, tellement urgent à remettre en pratique !

sagesses dailleursCe programme, c’est celui, entre autres, développé dans l’essai Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen[1] qui donne la parole à des passeurs, des personnes qui se savent seconds et non premiers dans la réception de ce Savoir, qu’elles ne seront pas les dernières – du moins, c’est à espérer – et qu’elles se doivent de transmettre.

Ces peuples racines[2], c’est, en quelque sorte, notre Patrimoine humain et la Mémoire collective qu’ils entretiennent encore à leur manière et que l’homme moderne, dit civilisé, a perdu.

Ces passeurs, c’est aussi vous, c’est aussi nous, si vous avez décidé de vous engager, comme on tente modestement, mais avec conviction et sans relâche, de le faire à Fréquence Terre depuis plus d’une décennie. Et, pour ce faire, pas besoin d’organiser de grandes manifestations ou de vivre au fond d’un bois en ermite, mais de simples gestes suffisent déjà après des prises de conscience, même parcellaires au départ, et s’engager, petit à petit, dans cette voie de la Sagesse qui consiste à sauver notre planète du désastre.

C’est un premier pas, mais il compte plus amplement que ne le supposent les climato-écolo-sceptiques.

D’un simple exemple (qui vaut parfois plus qu’un long discours !), l’auteure Frederika Van Ingen pose une question qui, dans le fond, est tout le dilemme qui se présente à nous en ce XXIe siècle. L’exemple est celui du briquet Cricket (devenu Bic) né dans les années 1960. Il était rechargeable et sa flamme réglable. Aujourd’hui, il est jetable et sa flamme préformatée.

« À l’image d’une civilisation qui consomme, qui jette, qui va plus vite… et qui réduit la liberté de choisir sa flamme. »

Et la question fondamentale est la suivante : « Est-ce que l’être humain s’accomplit dans un monde technologique ou est-ce qu’il s’accomplit dans un monde où il se sent en harmonie avec ce qui l’entoure ? »

Dans cet important essai, j’ai encore relevé ceci en guise de conclusion à la première partie d’une série de chroniques qui lui sera consacrée : « Pas de doute, nos conditions de vies ont progressé. Mais on se pose rarement la question de ce qu’on a perdu. Et l’une des choses essentielles, c’est la confiance profonde que la vie fonctionne quand bien même on ne peut pas tout comprendre. »

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[1] J’ai Lu, France, 2018.

[2] Peuples premiers et autochtones, de moins de 370 millions de personnes réparties dans 5 000 groupes d’environ 70 pays.

« On n’élabore pas une société humaine sur des cadavres »

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Nouveau PGF siteFT 16Une fois n’est pas coutume, c’est d’un média que je vous entretiens dans cette chronique. Et, pas n’importe lequel puisque, depuis 1961, date de sa fondation, il poursuit sa diffusion dans les dédales de la société.

Il s’agit du mensuel de l’Union Pacifiste qui, en ce mois de février 2019, en est à son respectable 566e numéro. Soit, des milliers de pages entièrement dévolues à prôner la paix, la fraternité universelle, l’arrêt des armements et des lobbies qui gravitent en compagnie de ces industries semant la mort et, bien entendu, de certains politiciens qui, comme des rapaces, s’alimentent copieusement à leurs mannes.

Union pacifisteSi le ton de ce mensuel est forcément militant, parfois mordant et caustique, sans jamais être blessant ou vulgaire, à l’instar des dessins du regretté Cabu qui y collabora en tant que membre de l’association éponyme, des reportages développent un sujet en profondeur, comme le dernier numéro qui propose « Corée : le long chemin vers la paix », de Bernard Baissat, ancien journaliste à la télévision publique française, formateur à l’Institut national de l’audiovisuel et, encore, aujourd’hui, chroniqueur d’émissions pacifistes à Radio libertaire.

51544708 10218344618949066 8001628749390938112 nAinsi, on apprend que si les Corées sont coupées en deux depuis des décennies, que des robots tueurs armés d’une mitrailleuse et d’un lance-grenades sont disposés, entre autres armes, j’allais dire « armes terrifiantes », mais c’est un pléonasme, toutes les armes sont terrifiantes, bref, disposées entre leurs frontières, une petite lueur de réunification pointe à l’horizon : « Il faudra attendre encore une génération, mais nous y arriverons », déclara un Sud-Coréen au reporter de l’Union Pacifiste.

Et, je ne désire pas clôturer cette rubrique sans oublier la citation qui orne systématiquement de sa richesse symbolique la une de la revue : « S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même non à la guerre. Car on n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. » Signé Louis Lecoin (1888-1971), celui qui fit plier le président-général de Gaulle afin qu’il promulgue la loi en faveur de l’objection de conscience.

Plus qu’un symbole en vérité, une philosophie de Vie !

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www.unionpacifiste.org

Musique :  http://www.michaelmathy.be/#music

 

 

« Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » (1) d’Arthur Nazaret (Éditions La tengo)

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Nouveau PGF siteFT 16La naissance, dans les années 70, de l’écologie politique française, un peu l’enfant de Mai 68, les éclosions des manifs anti-nucléaires, de la presse alternative à l’instar de POUR, Charlie Hebdo, La Gueule Ouverte, le soutien aux paysans du Larzac envahis par les militaires de la république, René Dumont et son célèbre ouvrage L’utopie ou la mort, les sit-ins pacifistes contre la Guerre au Vietnam, l’Apartheid sud-africain, les dictatures en Amérique du Sud et dans les Pays de l’Est, en soutien aux Blacks contre la haine raciale aux USA…, l’objection de conscience, la désobéissance civile…, puis, voici une décennie de Fréquence Terre, la participation aux Marches contre Monsanto, pour le Climat, le combat vital pour la survie de la planète…, j’ai donc activement connu tout ça et j’avais un peu la prétention de dire que j’étais assez féru en matière d’écologie et que…. et que…

HistoireJusqu’au jour de ce début 2019, quand j’ai lu Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot, un imposant essai de 350 pages d’Arthur Nazaret publié aux Éditions La tengo, j’ai rengainé ma rengaine de baroudeur de l’engagement citoyen, y compris l’écolo, blanchi sous le harnais, et je n’ai pu qu’opiner quand l’auteur de ce remarquable ouvrage déclare : « C’est une histoire qui n’a jamais été racontée. On compte des dizaines et des dizaines d’ouvrages sur l’histoire du communisme ou l’histoire du socialisme, mais rien sur l’écologie politique, la seule idéologie nouvelle… »

Alors, en une grosse quinzaine de chapitres, il retrace l’historique du mouvement des « Verts » avec une foule d’informations, d’anecdotes, de précisions historiques, de faits, parfois insoupçonnés, au point que Fréquence Terre a décidé d’y consacrer plusieurs chroniques afin de conforter ou d’étendre notre prise de conscience de l’urgence climatique face au capitalisme ravageur et, naguère son pendant, sur ce plan, le communisme.  Mais, pas que ces aspects-là, loin de là !

René Dumont, le premier en France

René Dumont fut le premier candidat écologiste aux présidentielles françaises. Pas de parti, pas de moyens financiers, pas de QG, mais des jeunes qui, en ce début des années 70, avaient convaincu cet agronome réputé de 70 ans, de se présenter. Il accepta en tant que défenseur de la nature certes, mais aussi comme pacifiste et antimilitariste militant : « Les généraux responsables de cette folie criminelle  – de 1914-18, quand il était ado, – sont morts dans leur lit, et nous les avons même statufiés ! » et puis il lança sa campagne électorale de manière à secouer tous les partis et pas mal de citoyens : « Notre mort est au bout de la société de consommation et du gaspillage ».

Il récolta 1,32% des voix, mieux que les 0,75% d’un certain Jean-Marie Le Pen qui venait de créer le Front National. Les graines de l’écologie politique française étaient semées et on vit bien vite un rapace friand de voix tournoyer autour de René Dumont en la personne de François Mitterrand, le flattant « d’homme d’avant-garde et de progrès » tout en soulignant qu’il avait eu le mot juste en déclarant que « l’écologie est incompatible avec le système capitaliste ». Plus loin dans le livre, après avoir raconté l’accueil plus que chahuté dudit Mitterrand au Larzac, Arthur Nazaret le qualifiera de « Machiavel de la Nièvre ».

En attendant, le mouvement écolo, ajouta à sa lutte pour la préservation de la nature, celles contre le nucléaire, pour l’antimilitarisme, la désobéissance civile, le tiers-mondisme, l’autonomie, l’autogestion, le droit à l’avortement…, le mariage entre les paysans du Larzac et les ouvriers de Lip, les accointances avec les Amis de la Terre, le Front libertaire, les anars pacifistes, des féministes, les Amis de l’Arche…

Les écolos, à défaut d’un parti structuré, se concentraient encore sur les luttes sur le terrain, l’activisme spectaculaire, les grands débats…, mais jusques à quand n’allaient-ils pas tomber dans la marmite de la particratie ?

La suite de cette série dans quelques jours…

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