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Le drame des peuples autochtones “nous concerne tous” (Anne Suarez)

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“Défendre le peuple Krenak, c’est nous défendre nous-mêmes”, c’est ce que martèlent Anne Suarez et Olivier Rabourdin dans une tribune publiée début novembre dans le journal Le Monde. Les deux comédiens, qui sont à l’affiche de la série Guyane, sont les parrains de la campagne “Justice for Krenak”. Ils ont remis début novembre le prix Danielle Mitterrand décerné au peuple Krenak, ce peuple autochtone brésilien.

  • Avec Anne Suarez

En quoi le drame de ce peuple brésilien nous concerne tous ? Il est symptomatique des dérives et des dangers que court la planète ?

« C’est symptomatique d’une chose qui prend une ampleur phénoménale partout sur la planète. Le drame des Krenak, c’est celui de plein de peuples autochtones qui doivent subir la pollution liée à l’extractivisme. C’est vrai en Amazonie, au Brésil, en Equateur. Mais c’est aussi vrai au Canada. C’est d’abord les peuples autochtones qui sont impactés par ces pollutions parce qu’ils ont des sous-sols, la plupart du temps, super riches en matière fossile. Mais cela nous concerne tous parce que cela devient absurde d’imaginer que, quand il se passe des choses avec un impact sur la nature aussi fort, même si c’est à l’autre bout du monde, cela devient compliqué d’imaginer que cela n’a pas d’impact plus global sur le climat, sur les mouvement migratoires et sur l’organisation du monde dans lequel on vit. Cela nous concerne tous. Et cet extractivisme est à l’œuvre un peu partout. Il y a des choses qui fonctionnent de la même manière en Allemagne avec le charbon, il y a une tentative en France avec le gaz de schiste. Ce sont des méthodes qui peuvent être sur nos territoires. Par exemple en Guyane avec Montagne d’or, c’est exactement ce qu’il sont en train d’essayer de faire. La Guyane est un bout de territoire français. Moi, j’estime que cela me concerne. »

Vous le soulignez, il y a un parallèle entre ce qu’a vécu le peuple Krenak et ce qui menace les peuples autochtones en Guyane. Avec la série Guyane, quel regard portez-vous sur l’orpaillage, sur l’extraction d’or, qu’elle soit légale ou totalement illégale ?

« On a découvert l’ampleur de la problématique en étant sur place. Ce qu’on a vu, compris, c’est que l’orpaillage, que ce soit légal ou illégal, cela se fait toujours au détriment des peuples autochtones. Soit on ne leur demande pas leur avis, soit on leur demande vaguement leur avis et on en tient pas compte, puisqu’ils disent non. Pour eux c’est un saccage de leurs terres sacrées. Pour ce qui est de l’orpaillage illégal, les déchets sont encore moins bien gérés. Cela apporte une forte criminalité sur place. Cela change complétement le mode de vie. Mais même de manière légale, il n’y a tellement rien qui est fait, ou c’est tellement mal fait. Toutes les obligations de réhabilitation de sites miniers sont mal surveillées. J’ai vu des cratères partout, dans un état effrayant. L’orpaillage abime la forêt guyanaise et impacte les populations locales qui ne peuvent pas vivre comme ils ont envie de vivre. »

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© Collectif Or de question

Ouvrir les yeux et les consciences

Guyane reste une fiction, mais très proche de la réalité. La présence au casting de membres des Jeunesses autochtones de Guyane a été un plus pour la crédibilité de la série ? Leur présence apporte quelque chose de plus à la lutte des peuples autochtones ?

« C’est ce qu’on pense et qu’on espère. Pour Christophe Yanuwana Pierre, leader de la Jeunesse autochtone guyanaise, les réalisateurs qui ont travaillé avec lui, lui ont beaucoup demandé son avis sur le scénario, sur ce qu’on disait, sur qu’on ne disait pas. Il y a des impondérables liés à la fabrication d’une série grand public de divertissement. Mais Christophe a veillé à ce qui soit dit soit vrai et juste. Pour nous, c’est une chose énorme de l’avoir avec nous. C’est comme si cela donnait un poids encore plus réel à cette histoire. Christophe Yanuwana Pierre et Alexis Tiouka, qui ne sont pas acteurs, se sont dit que cela pouvait être un vrai moyen que l’on parle d’eux et de leur combat. »

Je ne sais pas si on peut dire que Guyane est une série militante. mais actuellement le projet Montagne d’Or est au cœur du débat. La décision devrait intervenir sous peu. Est-ce que cette série peut ouvrir les yeux de la population de métropole, et du gouvernement, sur le danger que fait courir le projet Montagne d’Or ?

« Que la série soit militante, je ne pense pas qu’elle le soit tant que cela. Mais en même temps elle montre des choses. Elle n’a pas été faite pour cela, même si on était tous très contents de développer ce sujet-là. La chance qu’on a, c’est qu’elle a été diffusée en plein milieu du débat sur Montagne d’or. Je sais, par le retour que j’ai eu, que les gens ont été très touchés et très attentifs à cette problématique-là. Je pense que cela ouvre des yeux et des consciences sur ces sujets-là. En fait, on ne sait pas forcément : d’abord qu’il y a des peuples autochtones français ; deuxièmement, des peuples qui sont exposés à ces dangers-là ; et troisièmement ce qu’on fait à notre forêt. Je pense que, sur les gens qui voient la série, cela fonctionne plutôt bien. Et c’est un bon outil pour la campagne contre Montagne d’or. Ensuite, pour le gouvernement, je ne peux pas imaginer qu’il ne soit pas au courant des dangers qui sont pris, des risques qui sont pris, des choix qui sont fait contre la population. Il y a une concertation qui a été négative, qui n’a pas vraiment été entendue. Forcément le gouvernement est au courant. Sur ce genre de choses, cela ne peut être que politique. C’est impossible de dire que la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) et le gouvernement mettent en place ce projet Montagne d’or en croyant réellement qu’il n’y aura pas de danger. On sait que l’extractivisme exemplaire n’existe pas. C’est une histoire de volonté. »

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© Jeunesse autochtone de Guyane (JAG)

Ce combat, que ce soit pour le peuple Krenak ou contre Montagne d’Or, c’est quelque chose que vous allez continuer à mener ?

« Je crois que oui. Olivier Rabourdin est complètement impliqué dans cette lutte-là. Evidemment on va suivre Geovani Krenak et son combat et essayer de relayer les choses tant qu’on pourra. Pour Montagne d’or on est carrément très mobilisés contre. Alexis Tiouka est devenu un ami. Donc indépendamment du sujet global, sa vie nous intéresse et nous préoccupe. On est sensible à tous ses combats et tout ce qu’il porte. On va continuer ce combat-là autant qu’on peut. »

Pour aller plus loin :

 

 

Reportage Fréquence Terre : À Bruxelles avec 65 à 75.000 manifestants pour le climat ! (Partenariat avec POUR)

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Quelque 65 à 75.000 personnes ont défilé pacifiquement dans Bruxelles, en ce dimanche pluvieux et maussade 2 décembre 2018.  Témoignages majeurs, slogans et conclusions de notre chroniqueur sur place en direct (écoutez le podcast) :
Deux témoignages (résumés) :
« Nous dérangeons d’une certaine manière parce que nous sommes obligés de changer nos habitudes (…) Les politiques n’avancent pas, mais nous espérons que le fait d’être dans la rue, ils pourront nous entendre ! Nous avons déjà franchi la ligne rouge… » (Vincent)
« Il faut se mobiliser, tous ensemble, pour essayer de faire évoluer la façon dont nos politiques voient les choses (…) Si les politiques sont les décideurs, ils dépendent de nous et sont tributaires de notre avis. Je leur fais confiance car ils doivent voir le nombre de personnes à vouloir changer les choses. J’espère qu’ils vont agir en conséquence et prendre des décisions qui soient en rapport avec cette population qui manifeste pour le climat. » (Une jeune fille qui, dans l’interview, expliqua son comportement « écologique » au quotidien – podcast –  et qui portait un panneau avec le slogan : « Désolés pour le dérangement, on essaie de sauver notre avenir »)
Des slogans :
« Respecte la Mer »
« Un avenir pour nos petits-enfants, s’il vous plaît, messieurs les politiciens ! »
« Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué la dernière rivière et pêché le dernier poisson, ils comprendront que l’€ ne se mange pas »
« Maintenant ou jamais ! »
« Une terre à vivre, c’est le plus beau combat à mener de toute l’humanité »
Conclusion de notre chroniqueur : « En voyant cette foule immense de dizaines de milliers de personnes passer devant les bureaux de la Communauté européenne, je me dis que si les politiciens n’ont pas perçu le message que les citoyens, saturés de leurs turpitudes et hésitations, leur envoient, c’est qu’ils sont indignes de les représenter en tant qu’élus du peuple.

Quant aux lobbyistes, qu’ils sachent qu’ils sont sous haute surveillance d’un peuple qui manifeste pour sa survie. »

 
 

Le miel du lion (1) de Matthew Neill Null (Albin Michel)  

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Le miel du lion de Matthew Neill Null (Albin Michel) ne peut pas se résumer en une seule chronique, tant ce roman est dense, riche en événements, une véritable encyclopédie de la condition humaine et des rapports sociaux en un seul volume de plus de 400 pages.
L’auteur décrit les impitoyables conditions de travail de centaines de « Loups de la forêt », c’est-à-dire des bûcherons, mais, également, des débardeurs, scieurs, affûteurs d’outils, tronçonneurs, poseurs de voies pour acheminer par le rail hommes et arbres coupés.
Il y a aussi la vie de tous ceux qui entourent ces forçats : les commerçants, pasteurs, flics, prostituées, magasiniers…
Ce monde de plusieurs milliers de personnes détruit méthodiquement 4 000 hectares de forêts en Virginie-Occidentale au début du XXe siècle pour le compte d’une entreprise capitaliste menée, sans foi ni loi, par trois New Yorkais qui y avaient fait la guerre de Sécession. L’un d’eux, avait repéré la majesté des arbres centenaires et les affaires qu’il pouvait en tirer.
Cela donne un roman poignant, noir, révoltant, dont j’ai déjà extrait quelques passages en guise de citations :
« Mérite-t-on une terre que l’on n’a pas travaillée ? »
« La science est la magie de l’homme moderne. »
« Nul n’est lui-même tant qu’il n’a pas passé un demi-siècle sur la terre. »
« Patienter est le meilleur moyen de laisser passer une occasion. »
« S’il ne faut pas insulter les morts, il ne faut pas insulter la vérité. »
« Être l’ami de tout le monde revient à n’être celui de personne. »

Ballade sonore à ST MALO : Ecoutez Jeunesse…

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Une chronique sans chroniqueur habituel, ou plutôt avec  un voyage sonore  réalisé par de jeunes chroniqueurs, une initiative proposée et  concoctée par l’association COEF 180, pour le 40ème anniversaire de la Route du Rhum à ST MALO.
Un spa auditif, une pause poétique , un bain de fraicheur pour rappeler que l’Océan n’en a pas fini d’émerveiller les nouvelles générations.
www.longitude181.org
www.coef180.com

 

Brésil : depuis trois ans, les Krenak vivent “une violation de leur identité” (Anne Suarez)

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Le 3 novembre dernier la Fondation France Libertés remettait à Paris les prix Danielle Mitterrand mettant en lumière les combats pour un monde plus juste, plus humaniste, plus solidaire. Parmi les lauréats : le peuple Krenak, ce peuple autochtone du Brésil victime en 2015 d’un drame humain et environnemental.
Leur prix leur a été décerné par Anne Suarez et Olivier Rabourdin, les deux comédiens à l’affiche de la série “Guyane” dont la diffusion de la saison 2 s’est achevée le mois dernier sur Canal Plus.
Avec Anne Suarez

Avec Olivier Rabourdin vous êtes les parrains de la campagne « Justice for Krenak ». Pourquoi avoir accepté ce parrainage ? Est-ce que cela allait de soi après “Guyane” ?
Anne Suarez et Olivier Rabourdin © France Libertés

« Oui. Il se trouve que sur le tournage de la deuxième saison de Guyane, on a rencontré cette année beaucoup de représentants des peuples autochtones guyanais. Certains jouaient avec nous et se trouvent être de grands militants pour la cause des peuples autochtones, comme Christophe Yanuwana Pierre et Alexis Tiouka. Comme on était en plein dans le début de la concertation pour ou contre la Montagne d’or, on a pris connaissance de ce qu’était l’extractivisme En fait on s’est mobilisé Olivier et moi et une grande partie de l’équipe contre ce projet. On a été contacté par France Libertés. Cela nous semblait évident de soutenir l’appel de Geovani Krenak et de le faire entendre le plus possible, parce qu’ils vivent exactement les conséquences des problèmes liés à l’extractivisme. »

Au Brésil, la vie du peuple Krenak a été dévastée depuis la rupture de ce barrage de déchets miniers en 2015, mettant à mal toute la vallée du Rio Docé. Depuis, les Krenak se battent pour obtenir réparation et pour que leurs droits soient respectés. Aujourd’hui, quel est leur quotidien ?

« Il y a deux choses très marquantes qui font que leur vie a complètement changé. Evidemment ce fleuve est complètement devenu impropre à toute utilisation et consommation et donc il sont devenus complètement dépendants en eau. Il n’ont plus d’accès à l’eau. L’eau leur donne leurs moyens de subsistance évidemment à la fois par la pêche, l’utilisation des plantes qui avaient dans le fleuve, l’eau pour l’agriculture, pour boire. Ils sont devenus totalement dépendants de l’aide extérieure en eau. Ce sont des ressources extérieures qui ne correspondent pas à leurs besoins particuliers. Et comme beaucoup de peuples autochtones, les Krenak ont un rapport très très fort à leur environnement. Là pour eux, la mort de ce fleuve, le fait qu’il soit totalement pollué, c’ést comme si ils avaient réellement perdu un membre de leur famille parce qu’ils ont une spiritualité et un culte et une manière de vivre qui est totalement fondée autour du fleuve. Et aujourd’hui ils ne peuvent que le regarder couler à leurs pieds, sans plus du tout pouvoir avoir des rapports avec lui. C’est vraiment comme s’ils avaient perdu quelqu’un de la famille. »

Dans leur relation avec le fleuve, il y a vraiment une dimension environnementale et humaine très forte ?

« Il y a un truc culturel qui est très fort. C’est vraiment quelque chose qui fonde leur identité profondément. Geovani Krenak raconte que son peuple se sent affaibli, et lui-même se sent affaibli, parce qu’il ne peuvent plus du tout avoir la communication qu’ils ont l’habitude d’avoir avec le fleuve qui est une chose quotidienne. En fait, c’est vraiment une manière de vivre avec le fleuve et pas du tout uniquement en s’en servant. »

Au Brésil, les responsables locaux continuent de parler d’accident, au sujet de la rupture du barrage. Les associations, elle, évoquent un crime. Vous l’avez-vous-même rappelé. En quoi y a -t-il eu crime ?

« On parle très clairement de crime mais pas du tout de catastrophe. Il a été démontré, prouvé, qu’il y a des études qui ont été portées à la connaissance de la multinationale Samarco qui démontraient les failles des barrages de rétention des eaux polluées. Ils ont eu connaissance des fragilités de leur système de stockage de déchets et rien n’a été fait pour consolider les digues ou pour retravailler ces déchets pour en faire quelque chose. Donc c’est d’une manière consciente que cette entreprise a laissé les choses se faire en prenant le risque qu’il se passe ce qui s’est passé, à savoir la mort de gens et une vie condamnée pour les 600 km de fleuve dans lesquels les boues se sont déversées. On estime que c’est un crime puisque ils avaient connaissance du danger potentiel. »

Vous avez signé une tribune dans le journal Le Monde où vous en appelez à la solidarité de la communauté internationale. Que peut-elle faire ?

« C’est une demande de Geovani Krenak lui-même. C’est une recherche de soutien international pour plusieurs raisons. D’abord parce que ils se sentiront moins isolés de savoir qu’il y a des gens qui s’intéressent à leur combat. Ensuite c’est évidemment pour eux une possibilité en étant au Brésil de dire ‘regardez il y a tel article de journaux, tant de signatures, tant de parution de gens qui parlent de notre combat. La communauté internationale a un œil dessus’. Et puis, concrètement, je pense que plus on va parler d’eux, plus ils vont exister de manière internationale et plus ils vont être protégé, et moins cette multinationale pourra continuer à faire des dégâts et à les malmener. Le fait que la communauté internationale soit au courant de leur existence les protège aussi d’une certaine manière. »

En quoi l’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil fait peser une menace sur les peuples autochtones ?

« Je crois que c’est assez terrifiant. Geovani Krenak était à Paris quand il y a eu le deuxième tour des élections. C’était tout à fait tangible de voir l’angoisse que ça lui a procuré. Il est tout à fait conscient du fait que Jair Bolsonaro et ses équipes n’auront qu’une volonté, c’est de les mettre au pas. Ils n’auront absolument aucune volonté d’écouter leurs revendications et encore moins de faire respecter les droits des peuples autochtones qui sont marqués dans la Constitution au Brésil qu’il faut appliquer et qu’il faut faire respecter. C’est évident que Jair Bolsonaro, cela ne va pas du tout être son sujet. Ce sont donc des populations qui sont encore en très grande précarité, en très grande fragilité. Se dire qu’il y a des gens à l’international qui soutiennent ce combat, cela peut être une manière de les protéger un petit peu. »

Geovani Krenak avec la Jeunesse autochtone guyanaise (JAG), dont Christophe Yanuwana Pierre © France Libertés“Défendre le peuple Krenak, c’est nous défendre nous-mêmes”, c’est ce qu’Anne Suarez et Olivier Rabourdin soulignent dans leur tribune… Pour eux ce combat est symptomatique des dérives et des dangers que court la planète.
On retrouve Anne Suarez la semaine prochaine pour parler de la Guyane et du projet Montagne d’Or.
Pour aller plus loin

Geovani Krenak dénonce le crime du Rio Doce
“Défendre le peuple Krenak, c’est nous défendre nous-même”
Le Prix Danielle Mitterrand

« Thibaut des choucas » de Didier Cornaille (Presses de la Cité)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff
Tout débuta dans l’ambiance d’une auberge, naguère florissante, tenue par Mathilde, la mère d’Adeline, 17 ans, un brin aguicheuse avec la clientèle et de Thibaut, plus renfermé, carrément distant, rivé à son portable.
Un jour, Fulbert, client, demanda au jeune garçon s’il avait aussi reçu un message prétendant que la civilisation était fichue, sauf aux Ruées, leur hameau du Morvan, de plus en plus déserté par sa population ! Les Gédéon, Armand, Sidonie et quelques autres qui y vivotaient, mordirent à l’hameçon lancé sur Internet, d’autant plus, qu’un autre message annonçait la création d’un immense parc d’attractions à quelques dizaines de mètres de chez eux.
Le silence qui régnait sur cette terre bourguignonne plaisait bien aux choucas qui y avaient élu domicile : dans une ruine, dans le toit délabré de l’auberge, dans la cheminée d’une ancienne locomotive oubliée sur les rails près de la petite gare désaffectée… Ils s’y étaient installés comme étant une marque de confiance à l’égard des gens du hameau.
Alors, là, c’en fut de trop ! Déranger à faire fuir « leurs » choucas, pas question ! Et, après quelques péripéties, les rescapés du hameau se mobilisèrent : « Touche pas à mes choucas ! » et « Vive les choucas libres ! » furent leurs slogans et l’objet d’une lutte écocitoyenne dont le taiseux et mystérieux Thibaut devint le personnage majeur.
Certains se seraient fait tailler en pièces plutôt que de laisser des magouilleurs œuvrer.
Didier Cornaille.Ce roman de terroir, tellement vraisemblable dans son récit quand on voit les multiples combats menés par des citoyens pour sauver du mercantilisme sans foi ni loi des terres à haut potentiel écologique ou des lieux où le concept de patrimoine trouve tout son sens profond, ce roman, donc, remarquablement écrit par Didier Cornaille, est une véritable ode à la sauvegarde de l’âme du monde rural.

Exclusif : Quand sera-t-il définitivement fini le « bon temps des colonies » ? (Partenariat avec POUR)

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texteftpgf 1 2tervuren3blogUn débat sociétal et historique commence enfin à prendre de l’ampleur : faut-il déboulonner les statues et débaptiser les rues et avenues au nom du roi Léopold II (1835-1909) fort nombreuses en Belgique, mais aussi dans le 16e arrondissement à Paris, à Villefranche-sur-Mer, à Nice…, voire un arrêt de bus à Auteuil ?[1]
En effet, le deuxième roi des Belges, considéré comme un « roi bâtisseur » (transformations de Bruxelles, d’Ostende, édifications de serres royales, de l’Arc de Triomphe de la capitale, de parcs publics, de digues…) avait aussi acquis deux grands domaines sur la Côte d’Azur et y avait implanté des palmiers exotiques.
Sa richesse personnelle était colossale, en plus de recevoir une donation grâce aux prélèvements effectués par l’État chez les citoyens. Non élu démocratiquement, ce chef de l’État aux pouvoirs pas seulement protocolaires, avait, en réalité, bâti une grande partie de sa fortune au Congo dont il en avait fait sa colonie.
Mais, et ceci est fort peu prisé par les royalistes pour qui le sujet est tabou depuis des décennies, l’Histoire fait de plus en plus ressortir les conclusions d’une Commission d’enquête internationale mettant en lumière l’exploitation éhontée et les mauvais traitements infligés au peuple congolais : esclavage, malnutrition, mutilations, dont l’affaire des mains coupées, au point qu’en 1905, Mark Twain s’exclama que Léopold II était « le roi aux dix millions de morts sur la conscience » !
tervurenblogDu coup, je résume, le Congo passa de l’escarcelle du roi catalogué de « génocidaire » à l’État belge, qui continua à exploiter ce vaste pays jusqu’à son indépendance en 1960.
Enfin une réaction « officielle »
Quand on connaît la mainmise de la royauté en Belgique, remettre en cause ce roi (tout comme la monarchie, d’ailleurs) tient de la gageure.
Cependant, après l’action éparse de citoyens qui, par exemple, scièrent les mains de Congolais d’une statue sur la digue ostendaise saluant l’œuvre de Léopold II, avoir renversé son buste dans un parc bruxellois ou badigeonné de rouge une autre statue au cœur de la capitale de l’Europe, voici enfin une réaction officielle émanant de la direction du Musée ROYAL de l’Afrique centrale qui placera sous peu un panneau avec un texte particulièrement critique à l’égard du roi Léopold II près du monument « The Congo, I presume ? » (photos P.Gf).
À savoir, une sculpture de Tom Frantzen inaugurée en 1997 dans le parc de Tervuren adjacent audit musée, cela dans le cadre du centenaire de l’exposition coloniale !
Si, personnellement, j’étais toujours choqué de voir ce monument grandiose, aujourd’hui, je ne le suis plus du tout. Que du contraire ! En voici la raison et l’objet de ce reportage sur place pour Fréquence Terre : « Le panneau indiquera que les trois guerriers africains sans pieds sont « exposés tels trois trophées personnels du roi » et que ce monument « de commémoration satirique » constitue « le seul ensemble de statues anticoloniales » de Belgique, que l’éléphant détourne son regard du buste et « prend ses distances, de manière symbolique, du pillage de l’ivoire grâce auquel Léopold II s’est enrichi éhontément ». Le paon fait lui référence « à la vanité, la mégalomanie et l’orgueil de l’homme.  »
Est-ce enfin le réel départ d’une prise de conscience que le « bon temps des colonies » n’a été qu’un vaste crime contre l’humanité de la part de ce roi, de ses semblables et des sbires à leurs bottes ?

[1] Je sais que des réflexions en ce sens ont lieu dans l’Hexagone et que, peut-être, au moment de réaliser la présente chronique les choses ont évolué…

Musique : Michaël Mathy.

Photos : Fréquence Terre.

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L’Histoire sacrée du monde (6/6) : Le grand secret

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Littérature sans frontières est une chronique de Pierre Guelff.
Me voici arrivé au terme des 800 pages de L’Histoire sacrée du monde de Jonathan Black (J’ai lu) et la dernière des six chroniques consacrées à cette anthologie. Qu’en penser ?
De manière globale, je peux dire que ce livre paraîtra sublime aux gens qui croient au surnaturel, aux récits mystiques, aux anges, aux formes d’intelligence supérieure.
Au curieux et aux sceptiques, cet essai extraordinairement documenté, sera quand même une source sérieuse et crédible d’informations sur la mythologie, des personnages comme Dante, les Templiers, Jung…
Dans cette ultime chronique, j’ai relevé quelques citations qui méritaient, selon moi, d’être reproduites.
Selon l’auteur, « la science fonctionne grâce à son approche ciblée, sa concentration sur l’évidence des sens, alors, les expériences spirituelles, telles les influences divines et les visions tendent à être hautement subjectives, à résister à la mesure, sont donc considérées comme irréelles. Pour les scientifiques : n’est réel que ce qui peut être expliqué par une théorie scientifique. Or, souligne Jonathan Black, que font-ils de l’intuition profonde, de la relation entre l’esprit et la matière ? »
Un sondage du magazine Time semble lui donner raison : durant cette dernière décennie, quelque 69% des Américains croyaient aux anges, 46% aux anges gardiens et 32% affirmaient avoir personnellement rencontré un ange !
Carl Gustav Jung n’était pas insensible non plus au surnaturel, finissant même par croire qu’une partie de psyché existait en dehors du temps et de l’espace.
Pour Dostoïevski, « les forces obscures et mystérieuses que renferme la psyché humaine ne peuvent être niées, ni vaincues par la raison. D’une manière ou d’une autre, il nous faut embrasser ces forces et les transformer. »
Et, au bout de ses 800 pages, l’auteur, malgré des exemples à foison, se demande où pourrait-on trouver des éléments prouvant que l’univers matériel dépend de l’esprit, alors que l’univers que les physiciens de renom explorent aujourd’hui repose sur le principe d’incertitude ?

Notre après-mort : une première mondiale écologique !

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À Bruxelles, une remarquable première mondiale qui touche tous les êtres humains (hommes, femmes, jeunes, adultes, toutes les nationalités, conditions familiales, sociales…), alors, que la Wallonie tergiverse et surprend et qu’en France le problème est loin d’être résolu, tout cela méritait un reportage sur Fréquence Terre. Explications par Pierre Guelff.
– J’ai 72 ans et, si l’espérance de vie pour les hommes est de 80 ans, j’ai une épée de Damoclès qui pend au-dessus de la tête avec insistance depuis une décennie, nous expliqua Ghislain A., retraité bruxellois. Il y a une décennie, la mort me frôla, je fus opéré cinq fois, dont une fois, in extremis, à cœur ouvert. Tous les jours, j’ingurgite dix médicaments, certains aux effets secondaires pénibles, je suis strictement un régime alimentaire et pratique une activité physique journellement. Je suis sous contrôle médical régulier et je tente d’avoir encore une vie sociale. Cependant, je vis dans un stress permanent de mort imminente. Conscient de cette situation et par respect pour mes proches, j’ai tout préparé : déclarations officielles d’euthanasie et dispositions pour mes funérailles. Et c’est ici, au XXIe siècle, que ce fut un réel problème ajoutant de l’angoisse à l’angoisse. Alors, depuis des années, j’ai interpellé des politiciens, tous partis confondus, sur le principe qu’on ne leur donne pas notre voix lors des élections, mais qu’on la leur prête et que le rôle d’un citoyen est aussi de participer à la vie en société en dehors du passage aux urnes. Heureusement, depuis le 9 novembre 2018, je suis soulagé.
Mourir, puis donner la vie
Il ne s’agit pas de science-fiction mais d’un véritable ultime acte citoyen… qui se prépare. Outre l’enterrement ou la crémation, pourquoi ne pas envisager l’humusation, processus naturel de décomposition jugé nettement plus respectueux de la nature ? Humusation qui est enfin prise en considération par des autorités belges.
Humusation ? Si tout un chacun connaît les termes inhumation, crémation, dispersion des cendres, columbarium…, celui d’humusation est peu connu ou mal perçu de la quasi-totalité de la population. L’expérience auprès de médecins et d’autorités, pas du tout au courant de la signification de ce terme, en fait également foi[1]. Les animateurs de la « Fondation Métamorphose »[2], éclairent notre lanterne.
– Quel est le principe de base qui guide les partisans de l’humusation ?
– Régénérer et protéger la terre coûte que coûte. Aujourd’hui, même si on a été écologique toute sa vie, d’office on pollue la terre lorsqu’on la quitte. Le modèle qui nous inspire est celui de parcelles boisées qui restent autofertiles si l’homme n’intervient pas dans ce processus naturel, bien sûr. Tout peut donc continuer à pousser et à vivre en harmonie tant que la microfaune qui vit en aérobie dans les premiers centimètres du sol peut recycler  dans l’humus tous les restes de ce qui a été produit, sans engrais, ni pesticides chimiques…
– Quel est le rôle de votre fondation ?
– Nous avons créé la « Fondation d’utilité publique Métamorphose » afin de rendre légale une pratique pour une après-mort 100% écologique. Ainsi, nous proposons une nouvelle option pour prendre soin de nos défunts dans le plus grand respect des êtres vivants et de la terre. Parce que nous pensons aussi aux générations futures, que nous avons la volonté de rester écologiques après notre passage sur terre, que les cycles de la nature nous montrent comment renaître et que nos corps sont un potentiel de vie et de fertilité extraordinaires.
– Dans votre manifeste, vous évoquez un enjeu crucial. Quel est-il ?
– L’enjeu climatique est crucial pour l’avenir de l’humanité tout entière. Si nous n’agissons pas, la terre va devenir une planète morte. Il est fondamental pour évoluer et survivre à la crise en tous sens qui agite notre planète, de changer notre façon d’agir et de voir le monde. Et la vie et sa fin en font partie.
– Comment agir et répondre concrètement à votre constat ?
Pour un départ vers une nouvelle vie, tout en écologie et non en pollution ! (Photo PGf)– Au-delà de la vision habituelle de l’écologie qui vise à réduire l’impact de notre empreinte négative sur l’environnement. Dans l’esprit C2C, ce qui signifie « du berceau au berceau », en augmentant notre empreinte positive sur l’environnement, pas seulement en termes d’écologie, mais du point de vue sociétal en entier. Réduire son empreinte écologique, c’est ce que permet, entre autres, cette nouvelle pratique funéraire, l’humusation, basée sur la permaculture. Pour un départ vers une nouvelle vie.
– Venons-en, alors, à votre projet.
– Il faut tout d’abord savoir que la pratique de l’humusation comprend un espace de mémoire et de recueillement, appelé le Jardin-Forêt de la Métamorphose, dans lequel les amis et la famille du défunt pourront le saluer, selon le rite qui leur conviendra. Le Jardin-Forêt c’est le lieu ou le défunt va reposer, un lieu de recueillement fleuri et boisé. Le jour de la cérémonie, un hommage pourra avoir lieu et être rendu là, en présence de sa famille et de ses amis et connaissances.
– Concrètement en quoi cela consiste-t-il ?
– Le corps du défunt sera placé au milieu d’une butte de copeaux de bois d’élagage d’environ 3 m³  dans lequel il sera composté en humus sain et vivant. Selon les croyances et traditions du défunt et de sa famille, une croix (ou autre symbole) ou une stèle en bois sera implantée pendant cette phase capitale de transformation. Bien entendu, ce seront des fleurs naturelles, que l’on trouvera lors des cérémonies, et au Jardin-Forêt,  pas des fleurs en plastique ou couvertes de pesticides ou d’insecticides. La permaculture permet tout cela très facilement, avec une profusion de fleurs été comme hiver. Il s’agit d’un processus contrôlé de transformation des corps par les micro-organismes dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, qui transforme, en 12 mois, les dépouilles mortelles en humus sain et fertile. La transformation se fera hors sol, le corps étant déposé dans un compost et recouvert d’une couche de matières végétales broyées que les humusateurs ajusteront pour en faire une sorte de « monument vivant ».  En une année, l’humusation du défunt, réalisée sur un terrain réservé et sécurisé qui aura pour nom « Jardin-Forêt de la Métamorphose », produira +/- 1,5 m³ de « super-compost ».
– S’il fallait résumer l’humusation, comment l’évoqueriez-vous ?
Document www.humusation.org– L’humusation crée un humus riche, utilisable pour améliorer les terres. Un processus de remise à la terre doux, respectueux de la personne et durable. Pour être complet avec ce qui précède, je précise que l’Association Française d’Information Funéraire (AFIF) a calculé qu’une crémation rejette environ 160 kg de gaz à effet de serre, 39 kg pour une inhumation, mais qu’au bout d’une cinquantaine d’années ce chiffre passe à 170 kg, voire 570 kg avec le caveau et le monument en granit. Une autre catastrophe écologique, est le nombre important de problèmes de santé relevés aux abords des 150 crématoriums français. Donc, la décision en faveur d’une législation de l’humusation est entre les mains des politiques.
Première mondiale bruxelloise, aberration wallonne et léthargie française
Des milliers de citoyens convaincus par ce processus depuis trois ou quatre ans, ont entrepris toutes les démarches officielles (testament, déclaration à la Commune ou à la Mairie…) pour que leur volonté d’humusation soit prise en considération. Dans la foulée, certains, comme Ghislain A., ont directement interpellé maintes autorités politiques compétentes en la (dernière…) demeure. Résultat de cette longue lutte écocitoyenne ?
Le jeudi 19 juillet 2018, la presse relayait un communiqué du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. Extrait : « La législation sur ces matières datant de 1971, il était indispensable de moderniser le tout afin que chaque citoyen puisse faire son choix le moment venu. De nouvelles techniques ont vu le jour en matière de sépultures et nous avons décidé de les autoriser. La refonte de ce texte est une plus-value afin de respecter toutes les convictions religieuses et philosophiques reconnues. » Cette ordonnance autorisait également l’humusation (une première mondiale !) ou l’aquamation. Cela a été voté à l’unanimité ce 9 novembre dernier. Vote suivi d’applaudissements sur tous les bancs ! C’est historique !
Quant à la Région wallonne, elle fit savoir, par l’entremise de Carlo Di Antonio, ministre régional de l’Environnement, qu’elle accordait un subside à la faculté des bioingénieurs de l’UCL afin de développer un programme de recherche sur cette pratique funéraire. Et, c’est ici que l’on assiste à une aberration de dimension !
Humusation : l’être humain n’est pas un cochon ! (Photo-montage : PGf-MPP)Alors qu’un très récent sondage de La Libre Belgique[1], fait état de 92,7% de gens désireux de transformer leur corps en compost après leur mort (« Une pratique éco-responsable et sensée »), ladite faculté de l’UCL a décidé d’effectuer ses études durant deux ans, la première année étant réservée à placer un… cochon dans le compost ! Réaction pleine d’incompréhension de Francis Busigny, fer de lance de la Fondation d’utilité publique « Métamorphose » :
– Oser exiger un certificat d’aptitude pour la micofaune du sol, sans qui les couches de notre planète n’auraient jamais pu être autofertiles pour nourrir tous les êtres vivants depuis des milliards d’années et, alors que des tests fiables ont déjà été réalisés sur des animaux, petits et grands, que nous avons réuni une diversité de plus de vingt-cinq experts en compostage qui attestent publiquement que l’humusation va garantir une réelle protection de l’environnement et exclure tous les risques en matière de salubrité publique, là, je pense que l’on vient de toucher le summum de l’arrogance, voire de la bêtise humaine !
En France, le site Simplifia se disant « la référence du funéraire » est claire : « L’humusation est une alternative verte aux funérailles traditionnelles. Ce nouveau concept n’est pour l’instant autorisé nulle part. En France, seules l’inhumation et la crémation sont légalement acceptées. »
Urgences
Cette information relevée début novembre 2018 est donc à mettre à jour, puisque la Région de Bruxelles-Capitale (plus d’1,2 million d’habitants, 19 communes et quelque 25 cimetières et crématoriums) vient d’autoriser l’humusation. À présent, autorités et politiciens wallons, français et du monde entier peuvent s’appuyer sur cette réglementation officielle de la Capitale de l’Europe en tant que jurisprudence et n’ont plus aucune raison de refuser cette avancée majeure en matière de protection de l’environnement et du droit des citoyens.
Si l’urgence écologique n’est plus à démontrer tant notre planète va mal, l’urgence est cependant aussi devenue importante aux yeux de personnes âgées (ou atteintes d’une maladie dite incurable, par exemple) qui ont l’humusation pour dernière volonté et qui attendent le bon vouloir desdits politiques pour être assurées que leur dépouille puisse donner du sens à leur après-vie.
En somme, une course contre-la-montre pour la protection d’un environnement qui en a un besoin vital, parallèlement à une urgence pour satisfaire l’ultime et légitime volonté de milliers de citoyens responsables.
Sigle Fondation Métamorphose (Photo : www.humusation.org)Les avantages de l’humusation

Contrairement à l’enterrement : pas de cercueil, de frais de pierre tombale, de caveau, d’embaumement, d’ajout de produits nocifs, de pollution des nappes phréatiques par la cadavérine, la putréscine, les résidus des médicaments, les pesticides, les perturbateurs endocriniens…

Contrairement à l’incinération : pas de rejets toxiques dans l’atmosphère et les égouts, de consommation déraisonné d’énergie fossile, de location de columbarium, de détérioration des couches superficielles du sol lors de la dispersion des cendres…

[1] 25 octobre 2018.
(2) Fondation Métamorphose : www.humusation.org et Facebook.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Étape-clé dans le cheminement du Compagnon d’Olivier Pouclet (MdV Éditeur)

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Une question fondamentale prévaut dans l’essai « Le cheminement du Compagnon franc-maçon » d’Olivier Pouclet publié chez MdV Éditeur : est-ce que le Compagnon est toujours conscient des aspects initiatiques de son grade ?
Dans ce livre, l’auteur, psychiatre, étudie non seulement ce sens initiatique en détail, mais aussi l’aspect psychologique et, en cela, il sort de l’ordinaire, selon moi.
Les titres des sept grands chapitres donnent déjà une idée de ce développement d’aspects, tels Les aspects magiques du grade, Chemin de sagesse et nombre cinq, Vénus, symbole du grade de Compagnon sans compter quelques illustrations de sculptures de la cathédrale de Bourges, l’église Notre-Dame de Vouvant, celles d’Angles, de Bram-sur-Mer, dont un delta qui représente la progression du parcours spirituel de l’homme et de la femme (photo ci-contre).
Pour l’auteur, le grade de Compagnon est une étape-clé de la construction de l’initié et , pour l’expliquer, il s’attarde, entre autres, sur la réalité qui existe entre la Maçonnerie contemporaine, dite spéculative, et les Bâtisseurs du Moyen Âge, autrement dits les opératifs.
Selon lui, la continuité historique est difficile à prouver, mais la filiation en esprit ne fait pas le moindre doute.
Ce sujet est, donc, « au coeur du grade de Compagnon, moment où l’initié affirme sa personnalité et se forge une conscience, deux éléments indispensables à la poursuite de sa quête et à l’accession au grade de Maître », quand bien même, selon une citation récurrente, on « reste Apprenti toute son existence », signifiant par là, que l’apprentissage reste d’actualité à chaque phase de sa vie.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music