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L’espace démocratique se réduit-il en France ?

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Poursuites des multinationales contre les associations, attaques des médias par les politiques, criminalisation des mouvements sociaux, mesures anti-terrorismes qui peuvent être liberticides, les questions de la liberté d’expression et du droit à l’information sont de plus en plus prégnantes. Et l’actualité sociale de ces dernières semaines nous le rappelle fortement.

Cet espace démocratique menacé a fait récemment l’objet d’un colloque. C’était le 14 janvier à Paris.

Vous avez participé à ce colloque sur la reconfiguration des espaces démocratiques. Il y a donc une vraie menace sur la liberté d’expression en France ?

« Oui. Aujourd’hui il y a des menaces qui pèsent sur la liberté d’expression en France. On peut penser à des menaces de type différent. Par exemple aux usages liberticides qui ont été faits des outils antiterroristes avec les écologistes qui ont été empêchés de manifester en étant assignés à résidence dans le cadre de l’état d’urgence. Mais on peut penser également à ces procédures bâillon. Ce sont les multinationales qui sont de plus en plus nombreuses à attaquer en justice ceux qui les critiquent. Et je pense également à la loi sur le secret des affaires qui a été votée l’année dernière et qui menace les lanceurs d’alerte et les journalistes. On voit qu’aujourd’hui les menaces sont multiples et que les démocraties sont questionnées à la fois sur la restriction de leurs droits fondamentaux, mais également sur le rétrécissement des marches de protestation ».

Quels types d’attaques sont les plus fréquentes et les plus visibles ?

« Je ne sais pas quelles attaques sont les plus fréquentes mais on sait que, par exemple, les poursuites-bâillons sont de plus en plus courantes en France. La Fondation France Libertés en a elle-même été victime. Elle a été accusée de diffamation par Veolia, même si cette procédure s’est soldée par une relaxe de la Fondation au bout de deux ans de procédure. Mais il y en a plein d’autres actuellement. Je pense à Vinci par exemple contre l’association Sherpa, à Bolloré contre le journal Basta Mag, ou à nouveau Bolloré contre la journaliste Fanny Pigeaud de Médiapart. Il y a environ une quarantaine de personnes qui sont poursuivies par Bolloré aujourd’hui dans une vingtaine de procédures différentes. Donc on voit que c’est quelque chose de courant. Et ce n’est pas une problématique spécifique à la France. Par exemple aux Etats-Unis, il y a un groupe forestier, qui s’appelle Résolu, qui a attaqué Greenpeace en réclamant 300 millions de dollars de dommages et intérêts, même si ces demandes ont été heureusement rejetées par la justice ».

On a vu bon nombre de politiques s’en prendre ouvertement aux médias… Des politiques de tous bords… du président de la République à des responsables de partis. Est-ce que c’est du parler vrai, du sans langue de bois, ou alors ce sont des dérives inquiétantes ?

« Oui, il y a vraiment à un climat très inquiétant pour les médias aujourd’hui, mais qui touche de diverses façons les médias. Par exemple, je peux parler de la loi sur le secret des affaires qui a été votée l’année dernière en France, et qui prétend protéger les entreprises de l’espionnage industriel. Mais on voit bien que cette loi bride la capacité d’investigation des médias. Il y avait une revendication de limiter le champ d’application de ce secret des affaires aux acteurs économiques, puisque le secret des affaires ne devrait s’appliquer qu’aux relations commerciales et non pas au journalisme. Mais cette revendication a été complètement rejetée. Et aujourd’hui cette loi est une véritable restriction au droit d’informer. Elle s’insère dans un contexte qui est vraiment très difficile pour les médias aujourd’hui en France. Et on peut dire que de manière générale il y a de plus en plus de contournements de la loi sur la liberté de la presse. Mais heureusement il y a certaines personnes qui luttent contre ces dérives. Je pense notamment au collectif qui s’appelle « Informer n’est pas un délit », et qui rassemble des journalistes qui défendent la liberté d’expression ».

Les attaques se portent aussi du politique sur les mouvements sociaux. Il y a une vraie criminalisation de ces mouvements ?

« Oui. Il y a un exemple qui est vraiment frappant, c’est l’acharnement contre les militants à Bure. Ce sont ces militants qui luttent contre le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à plus de 500 mètres sous terre. Il y a déjà eu plus d’une cinquantaine de procès contre ces personnes qui s’opposent au projet. Donc ça inclut des centaines de mois de prison avec sursis distribués, des années de prison ferme, des interdictions de territoire, des milliers d’euros d’amende. Il y a même eu récemment une trentaine de gardes à vue, dont celle de l’avocat. Une enquête pour association de malfaiteurs a été ouverte, un escadron de gendarmes mobiles s’est installé sur place. On voit que c’est une criminalisation de cette lutte. Les habitants de Bure et des alentours sont surveillés, sont suivis, fichés. Ils sont contrôlés parfois plusieurs fois par jour. C’est un exemple extrême de criminalisation d’une lutte qui a vraiment pour but d’asphyxier la contestation« .

Les ONG sont aussi victimes de cette remise en cause de la liberté d’expression… de la part des multinationales… qui sont de plus en plus friandes de « poursuites-bâillons »… Que recherchent-elles ?

« Les multinationales cherchent avant tout à intimider et à faire taire les voix critiques. Ils attaquent en justice vraiment ceux qui les dérangent sous diverses accusations. cela peut être n’importe qui, des professeurs d’université, des ONG, des avocats, des lanceurs d’alerte. En fait tous ceux qui dénoncent au grand public les violations des droits humains et les violations environnementales. C’est un peu un renversement du sens de l’accusation. On estime aujourd’hui qu’en France il y a environ 90% des poursuites-bâillons, intentées pour diffamation, qui n’aboutissent pas. Donc on voit bien que, gagner en justice, n’est vraiment pas le but de ces multinationales. L’objectif, c’est d’affaiblir, psychologiquement, financièrement, les personnes ou les organisations qui sont visées. Cà cherche à confisquer le débat public aux dépens de l’intérêt général ».

Le collectif « On ne se taira pas » créé il y a deux ans, a eu une véritable portée ? une prise de conscience ?

« Oui, c’est le but du collectif. Pendant toute l’année 2018, le collectif « On ne se taira pas » a essayé de sensibiliser et de faire connaître cette question. On est passé par plusieurs outils de sensibilisation, des vidéos, des tribunes dans les médias. On s’est doté d’un compte Twitter et un site Internet. Et puis le collectif a commencé l’année 2019 en organisant ce colloque sur la reconfiguration des espaces démocratiques avec des intervenants très divers, aussi bien des chercheurs, que des militants, des journalistes. Et c’est vraiment cette approche croisée qui est essentielle. Croiser les approches universitaires militantes pour créer du savoir et renforcer la lutte contre ces dérives ».

Pour aller plus loin :

 

« La Chambre du Milieu » de Marc Steinberg (MdV Éditeur)  

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Nouveau PGF siteFT 1 11« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« Être Maître, c’est avant tout être maître de soi », dit-on communément dans les milieux initiatiques. Mais, dans ces milieux, le moment où se réunissent les Maîtres entre eux s’appelle la « Chambre du Milieu » et cette réunion s’organise généralement au sein même du Temple.

9782355993329 200x303 1Il ne s’agit donc pas d’un endroit comme la célèbre « Chambre-à-coucher-du-Roi » de Louis XIV où défilait un tas de personnes pour assister aux petit et grand levers du monarque : valets, chirurgiens, officiers de la Couronne, aumônier, barbier, intendant…, soit plus de vingt personnages !

« La Chambre du Milieu », dont il est question dans le livre signé Marc Steinberg chez MdV Éditeur, est le moment où se réunissent les Maîtres, mais sans les Apprentis ni les Compagnons, a fortiori les profanes, et, comme le précise l’auteur : « La lumière de la Sagesse l’éclaire et cette Chambre se réunit pour travailler. »

Ce travail consiste généralement à établir l’ordonnancement du calendrier, l’organisation interne, des « affaires de familles » éventuelles, c’est-à-dire des situations particulières et des séances de réflexion approfondie.

Cette collection de MdV Éditeur consacrée aux « Symboles universels », est déjà riche de près d’une centaine d’essais où des rites et rituels, les Nombres, des légendes, principes, fonctions… sont expliqués et s’avèrent, pour les uns, un apprentissage ou une découverte supplémentaire, pour les autres, un rappel ou une confirmation de notions parfois oubliées; cependant, il s’agit toujours de conduire le lecteur à mieux ou davantage percevoir et propager la Fraternité universelle, celle dont notre société a tant besoin.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Pour aller plus loin :

 

Et ça continue ! « Leurs fausses solutions sont nos vrais problèmes ! »

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Nouveau PGF siteFT 16199De très nombreux citoyens de la capitale de l’Europe, et à présent dans des villes de province ne désarment pas.  Les  grandioses manifestations des 2 décembre et 27 janvier rassemblant 150 000 participants, plus, chaque jeudi depuis le début de cette année, celles d’étudiants qui concentrent une foule considérable (35 000 à Bruxelles le 24 janvier, et pour ce 31 janvier, nouvelle stratégie en « délocalisant » les rassemblements : 15 000 participants à Liège, 12 500 à Bruxelles, au moins 10 000 à Charleroi, Tournai, Chimay, Louvain, Anvers, dont la jeune initiatrice de « Youth for climate » a été menacée de mort sur Facebook…), il y a, aussi, ces dizaines de jeunes qui, ce même jeudi, sont allés réveiller l’une des QUATRE ministres belges de l’Environnement et rappeler leur détermination face à l’inertie politicienne

400Parmi ces citoyens, le groupe « Act for climate justice » s’est formé il y a plusieurs semaines et ses actions vont aussi en s’amplifiant : à son instigation, des centaines et centaines de gens harcèlent téléphoniquement et par textos les ministres pour qu’ils agissent concrètement, des milliers d’affiches très explicites sont disposées dans plusieurs villes, dont certaines anti-pub,  des revendications trouvent un écho dans la presse, même au Washington Post qui évoque ce qui se passe dans ce petit pays de 11 millions d’habitants, qui est quand même le siège de l’Union européenne, de l’Otan et de nombreuses multinationales, bref, ce minuscule pays semble s’ériger comme un modèle de résistance populaire.

À ce sujet, « Act for climate justice » tient un discours qui ne souffre aucune concession : « Les coupables de la destruction climatique existent. Il est temps de les nommer. Il est urgent de les arrêter. Leurs fausses solutions sont nos vrais problèmes ! »

Toujours de manière non-violente, ces activistes ont envahi l’enceinte du Parlement belge et prononcé une déclaration de principe particulièrement remarquée que « Fréquence Terre » ne peut que répercuter à son tour (photos Act fort climate justice – Stop climate criminals » et Pierre Guelff) à travers quelques extraits :

« Nous sommes ici parce que rien ne bouge. Malgré les catastrophes climatiques et sociales déjà en cours, malgré les nombreux rapports scientifiques alarmants, malgré les cris de la société civile partout dans le monde, rien ne bouge. Nous sommes ici dans le Parlement, lieu censé porter la voix des citoyennes et citoyens, pour nous adresser aux élu.e.s et au gouvernement. Mais aussi, pour partager avec toute la population. On est ici parce qu’on a peur. On a peur du mur dans lequel on fonce, on a peur pour nos écosystèmes, pour nos liens sociaux.

On est là parce qu’on est en colère ! En colère contre nos gouvernements, qui nous font avaler des mesures insuffisantes, mais qui ne font que creuser les inégalités sociales. On est ici parce qu’on refuse un système dévorant et toxique, basé sur la croissance, les inégalités, mais qui fait payer la facture aux plus pauvres, aux plus fragiles, là où les vrais responsables continuent à détruire en toute impunité. »

Au moment de boucler la présente chronique, l’idée d’une grève générale pour le climat est dans l’air…  air pollué de la capitale de l’Europe !

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

À nouveau, 70.000 personnes à la Marche pour le climat à Bruxelles !

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Nouveau PGF siteFT FTClimat1 1En moins de deux mois, ce n’est pas moins de 200.000 personnes qui ont défilé dans les rues de la Capitale de l’Europe, 75.000 un dimanche de décembre et 70.000 ce dimanche 27 janvier, et, trois jeudis d’affilée de janvier – et ce n’est pas fini !, – plus de 50.000 jeunes étudiants à l’image du mot d’ordre lancé par la suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, dite « La gréviste du climat », celle qui osa interpeller les prétendus « grands » de ce monde (à la COP 24, à Davos, entre autres) en leur lançant qu’ils n’étaient pas assez matures, qu’ils faisaient porter un fardeau, même à leurs propres enfants.

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Greta Thunberg.

Alors, que j’annonçais à Greta le nouveau succès de cette manifestation citoyenne du 27 janvier, elle qui salua de « héros » les dizaines de milliers d’élèves de Belgique pour leur action du jeudi, mes confrères[1] immortalisaient ce nouvel événement et je notais, aussi, quelques slogans  pas piqués des vers : « Haut les mains politicien, tu finiras en maillot de bain ! », « Sauvez un arbre, mangez un lobbyiste », « Je consomme, tu consommes, nous sommes cons cernés de cons ! », « L’écologie ou la mort », sur l’air d’une comptine « Ainsi fond, fond, fond…. Notre belle planète bleue », « Détruis tes mauvaises habitudes, pas la planète »… et, encore, ce très touchant sit-in en guise de protestation de la part d’une dizaine de mamans allaitant leur bébé en pleine rue de la Loi, artère de multiples ministères et de la Communauté européenne.

Comme depuis bientôt deux mois, trois cibles majeures pour les manifestants : les politiciens-complices, les multinationales et les lobbyistes.

Et, déjà, l’un parmi des 70.000 qui brava les intempéries ce jour, le programme est clair et net : « Certes, le combat s’annonce long et ardu, mais nous ne lâcherons absolument rien ! »

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[1] Photos : Le Soir, La Dernière Heure, RTBF, Facebook de Greta Thunberg, Pierre Guelff (photos et son)…

À l’heure du négationnisme climatique capitaliste : relire les ultimes messages d’Albert Camus (Folio)

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Nouveau PGF siteFT 2 1« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff

 Albert Camus (1913-1960) a énormément compté dans mon cheminement existentiel et ce n’est pas sans une certaine émotion que je viens de lire son Carnet III (Mars 1951-décembre 1959), troisième recueil où il consignait ses réflexions sous la forme de Cahiers, ceux avant sa mort accidentelle.

Ainsi, de 1935 à son décès, il fut question de réflexions, d’idées, d’informations, d’extraits de correspondances…

150 1Comme pour chaque chronique dévolue à cet auteur humaniste que j’estime tant, j’ai extrait quelques-uns de ses propos sous forme de messages, dont, je pense, il est plus que nécessaire de se référer par les moments difficiles que la planète en cette année 2019 est occupée à vivre.

« Certains soirs, écrit-il, dont la douceur se prolonge, cela aide à mourir de savoir que de tels soirs reviendront sur la terre après nous » et « Il ne faut jamais dire d’un homme qu’il est déshonoré, des actions, des groupes, des civilisations peuvent l’être. Non l’individu. Car s’il n’a pas conscience du déshonneur, il ne peut perdre un honneur qu’il n’a jamais eu. »

On connaît le combat incessant mené par Albert Camus pour la fraternité et son corollaire l’humanisme. Dans le dernier lustre de son existence, il ne cessa de marteler son attachement à la liberté, au peuple, à une presse indépendante :

« Une presse n’est pas vraie parce qu’elle est révolutionnaire. Elle n’est révolutionnaire que pace qu’elle est vraie. » À ce sujet, après avoir essuyé maintes critiques du couple Jean-Paul Sartre-Simone de Beauvoir qui, par leur « engagement politique » tentèrent certainement de faire oublier qu’ils avaient quelque peu été aux côtés de collaborateurs et de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale, Camus écrivit : « Parvenus de l’esprit révolutionnaire, nouveaux riches et pharisiens de la justice. Sartre, l’homme et l’esprit, déloyal » et « Des politiciens de droite ont placé des malheureux dans une situation indéfendable et, pendant le même temps, les hommes de la gauche leur tiraient dans le dos. Je n’ai pas de mépris pour les militants communistes, bien que je les croie dans une erreur monumentale, écrivit-il en 1955. Quand un opprimé pour la première fois dans l’histoire du monde régnera par la justice, sans opprimer à son tour, tout sera fini et tout commencera enfin. »

Et, cette déclaration très  forte : « C’est dans la lutte que, finalement, j’ai toujours trouvé ma paix. »

Enfin, cette vision extraordinaire écrite en 1956 et qui, malheureusement, s’avère d’une précision dramatique alors que le négationnisme climatique au nom d’une capitalisme financier mondial et anthropophage sévit plus de six décennies plus tard: « La civilisation industrielle, en supprimant la beauté naturelle, en la couvrant sur de longs espaces par le déchet industriel crée et suscite les besoins artificiels. Elle fait que la pauvreté ne peut plus être vécue et supportée. »

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https://frequenceterre.com/wp-content/mp3/chronique-2019-01-27-09-00-00-pierre-CamusIII.mp3

Des salades toute l’année dans mon jardin

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Des salades toute l’année dans mon jardin
Des salades toute l’année dans mon jardin

Laitues, mesclun, endives…

Les salades bénéficient d’une réputation trompeuse de culture facile. Pourtant, quel jardinier ne s’est jamais heurté aux salades « qui montent » ou à un excédent de production suivi d’une pénurie brutale ? Xavier Mathias propose le premier livre de jardinage exclusivement consacré aux salades. Il rappelle d’abord les grands principes de culture (travail du sol, semis, repiquage, protection contre les ravageurs, etc.) à l’aide de nombreuses photos en pas à pas. Puis il détaille 45 variétés classiques (laitues, chicorées, mâche…) et élargit la définition de « salades » en présentant également des jeunes pousses, petites feuilles (épinard, cresson, plantain…) et quelques fleurs et sauvageonnes (bourrache, capucine, amarantes…). Un calendrier des quatre saisons indique les semis et récoltes à programmer pour nourrir une famille de quatre personnes toute l’année.

 

Xavier Mathias est maraîcher, producteur de plants et semences bio en Touraine et formateur au Potager du Roi à Versailles. Il a écrit plusieurs ouvrages et est toujours en quête de nouvelles variétés pour de nouvelles saveurs.

Auteur : Xavier Mathias

Collection : Facile et Bio

Description : 120 pages ; (21 x 21 cm) .

ISBN : 978-2-36098-189-2

Date de parution : 19 février 2016

Pour aller plus loin :

Les femmes de Heart  Spring  Mountain  par Robin Macarthur (Albin Michel -collection «  Terres d’Amérique »

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En août 2011, l’ouragan Irène s’abat sur le Vermont et laisse derrière lui le chaos et la désolation. Loin de là, Vale apprend que sa mère a disparu lors du passage de la tempête. Bien que la jeune femme a tourné le dos à sa famille, cette nouvelle ne lui laisse d’autre choix que de rentrer chez elle, à Heart Spring Mountain. Elle y retrouve celles qui ont bercé son enfance et même si elle est venue là, dans le seul but de retrouver sa mère, c’est aux secrets des générations de femmes qui l’ont précédée que Vale va se confronter. Et dans ce même mouvement, se réveille au plus profond d’elle-même, son attachement féroce à cette terre qu’elle a voulu fuir.

Les femmes de Heart Spring Mountain est un émouvant premier roman sur le lien à la terre natale. C’est aussi une réflexion lumineuse sur les liens familiaux.

Les choses sont dites sans effets spéciaux et le lecteur est instantanément invité à partager les joies et les peines des personnages sans doute un peu sauvages mais tellement sincères. En effet, le lecteur tisse rapidement un lien quasi intime avec chaque protagoniste. Une sorte de lien d’amitié intense qui aurait  toujours existé. Ainsi des actes qui seraient jugés inadmissibles sont ici sont compris et pardonnés. Et l’auteur nous partage des phrases qui sont à la fois anodines et à la fois si criantes de vérité : «…nos enfants font notre bonheur, et nous sommes incapables de faire le leur. Alors, nous souffrons, doublement. » « Chacun doit chercher sa voie. Trouver tout seul un sens au monde. Quel travail cela représente, quand on y réfléchit…. »

L’auteur est née en 1978 et est originaire du Vermont, où elle vit  toujours aujourd’hui. Elle a créé avec son mari un groupe de musique folk  « Red Heart the Ticker »  afin de goûter à l’ambiance américaine. Je vous invite d’ailleurs à écouter leur musique disponible sur le net.

Après son premier recueil de nouvelles sous le titre Le cœur sauvage, voici son premier roman traduit en français par France Camus-Pichon.

Il y  est notamment  question de forêts denses, de cabanes en bois, de nostalgie d’origine indienne, d’une chouette borgne et fidèle, du plaisir de se baigner nue dans une eau froide, de vieillesse, de solidarité.

In fine, ce besoin vital d’appartenir à un lieu si bien décrit, nous invite aussi à  admirer, à s’émerveiller des beautés de la nature et surtout  à  protéger notre planète.

Ce livre peut aussi vous intéresser :

Reportage en direct : 35 000 jeunes à la Manif pour le Climat

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Notre reporter au coeur d’une manifestation réunissant plus de 35 000 jeunes « pour le climat ».

Dans la capitale de l’Europe, le mouvement de jeunes étudiants en faveur du climat et contre l’inertie des politiciens en matière de défense de l’environnement a débuté la 1ère semaine après les vacances de fin d’année et a été initié par deux adolescentes via les réseaux sociaux. Un jeudi matin, ils ont séché (brossé, en Belgique) deux à trois heures de cours pour clamer dans les rues bruxelloises leur volonté d’une prise en considération de ce grave problème par les autorités. Ils furent 3 000 et cela n’a guère plu aux directions d’écoles qui firent pression et menacèrent de DSC03250sanctions disciplinaires.

Une semaine plus tard, toujours le jeudi matin, réponse du berger à la bergère, ils étaient 12 500 et encore de manière pacifique, mais déterminée, à défiler jusqu’aux abords des ministères belges et de la Communauté européenne.

Aujourd’hui, nous en sommes à la troisième semaine, en ce jeudi 24 janvier 2019, et les rangs grossissent avec une détermination de plus en plus marquée. Quelque 35 000 participants, selon la police !

DSC03261Si je me trouve au sein de cette manifestation en tant que reporter de Fréquence Terre, c’est aussi pour prendre, comme citoyen adulte, un bain de Jouvence, une bouffée d’espérance : oui, moi, nous, vous, les défenseurs convaincus et souvent militants pour un environnement sain et à visage humain, on sait que la relève est là. Agissante, engagée, responsable, pleine de projets et de  solutions et, qu’obligatoirement, elle est porteuse d’un désir universel.

DSC03268Car, revenons-en à une réalité concrète : les politiciens savent que ces manifestants sont de futurs ou de tout jeunes électeurs et qu’il faut, dès maintenant, tant qu’il n’est pas trop tard, en tenir compte. Ce qui, d’ailleurs se concrétise car, Fréquence Terre n’est plus trop esseulée sur le plan médiatique, car la presse traditionnelle nationale et internationale s’est enfin mobilisée sur cet événement avec des titres comme « La désobéissance civile, la nouvelle manière de militer pour le climat » et fait allusion à quelques slogans et déclarations, tels « Quand je serai grand je voudrais être vivant », « Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir » et, en ce jeudi, une petite touche d’humour avec « Le climat est plus chaud que mon mec », ou « Plus de degrés dans la bière et pas dans nature ! »…

Et, surtout, parce que des directions d’écoles commencent, disons, à « composer » avec leurs étudiants-manifestants et que plusieurs autorités se mettent à table, non pas pour gloutonner, du moins je l’espère, mais pour prendre des résolutions draconiennes sur le plan de l’environnement et répondre positivement à cette jeunesse bien plus consciente de la situation qu’on ne pouvait l’imaginer. Ce qui est très réconfortant !

Pour aller plus loin :

Relaxe de France Libertés : la fin des poursuites-bâillons

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C’est une victoire judiciaire contre les tentatives de museler l’expression. Le 20 décembre dernier, le tribunal de grande instance de Paris relaxait France Libertés et son ancien directeur, Emmanuel Poilane, des accusations de diffamation portées par Veolia.

Ces plaintes intervenaient après plusieurs procès gagnés par France Libertés depuis 2014 contre le distributeur d’eau dans le cadre de la lutte de la Fondation pour le droit à l’eau en France. La Fondation France Libertés et la Coordination eau Ile-de-France ont accompagné en justice durant ces années de nombreuses victimes de coupures d’eau et de réductions de débit d’eau pour impayés.

Après plus de deux ans de procédure, c’est un combat pour la liberté d’expression qui est reconnu.

  • Avec Emmanuel Poilane, administrateur de France Libertés et ancien directeur de la Fondation
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© Emmanuel Poilane

C’est en cette qualité de directeur que Veolia vous poursuivait. Que vous reprochait l’entreprise ?

« L’entreprise me reprochait à l’époque de les diffamer en exprimant sur les médias le fait qu’ils avaient des pratiques illégales et qu’ils faisaient peser un risque assez fort sur les collectivités en lien avec des avenants qu’ils essayaient de faire signer sans fournir aux élus les informations suffisantes pour pouvoir réellement prendre une décision fiable. C’était un moment fort. C’était un moment où les multinationales refusaient encore d’arrêter les pratiques de coupures d’eau. Et c’est vrai que deux ans plus tard le fait de remporter ce procès, c’est une étape très importante ».

Avec la Coordination Eau ile de France, qui avait également été poursuivie, vous dénonciez les poursuites-bâillons des multinationales. Qu’est-ce que cela signifie ?

« C’est utiliser la justice française pour tenter de faire taire et de décrédibiliser des associations qui portent non pas des revendications personnelles mais bien des revendications d’intérêt général. Cela embête ces multinationales que les grands médias français puissent relayer des informations qui mettent à mal leur image de marque. C’est vraiment cette ambition de mettre une grosse pression sur les associations. On est vraiment dans une volonté de faire connaître ces plaintes-bâillons pour faire que cela se produise le moins souvent possible, et puis ensuite qu’on imagine les évolutions pour faire en sorte que ce ne soit plus possible pour une multinationale d’attaquer des associations sans fondement ».

Vous n’êtes pas les seuls à avoir été poursuivi par des multinationales. Du coup, avec d’autres associations vous avez monté un collectif, “On ne se taira pas“. Quel le but de ce collectif ?

« C’est un collectif qui s’est créé au moment où on a été attaqué nous, parce que quand on a été attaqué on s’est dit que l’on ne pouvait pas se défendre seul sur cette question-là. Donc on a fait le choix d’appeler à l’aide et de demander à toutes les associations et à toutes les personnalités qui souhaitaient de nous soutenir pour faire en sorte qu’on puisse être aidé tant financièrement, qu’en soutien avec d’autres associations. Cela a très bien marché, tant et si bien qu’on a aujourd’hui un vrai groupe avec tout un tas d’organisations plus ou moins connues comme Sherpa, comme Greenpeace, comme Les Amis de la Terre, comme Foodwatch,… On a aussi des universitaires qui sont intéressés par cette question-là, parce qu’ils sont eux-mêmes attaqués par des multinationales sur des commentaires d’arrêts par exemple. Il y a vraiment un collectif d’acteurs très différents. L’ambition pour nous est de donner un soutien aux personnes physiques ou aux personnes individuelles qui sont attaquées par les multinationales pour avoir relayé certaines informations. Il faut absolument que la liberté d’expression soit renforcée dans notre pays et ne puisse pas être attaquée par des multinationales qui ont des moyens surdimensionnés et qui se fichent pas mal de perdre devant les tribunaux, mais qui mettent à mal la capacité d’acteurs individuels ou d’organisations de pouvoir critiquer ce qu’elles font ».

On ne se taira pas
© On ne se taira pas

Une victoire pour la liberté d’expression

Jérémie Chomette, l’actuel directeur de France Libertés, parle d’une “victoire pour la liberté d’expression”. Cette victoire va vous permettre de poursuivre votre action de dénonciation des dérives des multinationales, vous et d’autres associations ?

« Disons que ce qui est très intéressant dans la décision qui a été porté par la 7ème Chambre correctionnelle du tribunal de Paris, c’est qu’elle fonde notre légitimité à intervenir dans les grands médias pour dénoncer des pratiques illégales d’acteurs économiques. Donc cela est très intéressant en soi, parce que c’est vrai qu’on doute toujours quand on intervient devant un média, qu’on dit des choses qui sont assez fortes et qu’on est attaqué ensuite, on peut se dire, peut-être que j’ai eu tort, peut-être qu’on n’aurait pas dû dire ça. Le fait que le juge, dans sa décision, explique clairement qu’on a eu totalement raison de dire ça de cette façon-là et que le risque était réel et que dans l’intérêt général c’était important de pouvoir dire ça, cela nous renforce dans notre ambition de continuer ce travail. Mais surtout cela construit une jurisprudence qui sera utile à d’autres personnes qui sont attaquées pour dire, quand on attaque dans l’intérêt général et qu’on le fait de façon intelligente, informée, structurée, on a le droit, voire même le devoir, d’interpeller, devant les médias, ces entreprises multinationales qui travaillent contre l’intérêt général global. C’est en cela qu’on est renforcé ».

Depuis 2014, vous avez accompagné et soutenu de nombreuses familles victimes de coupures d’eau.. Vous avez d’ailleurs gagné de nombreux procès contre les distributeurs d’eau qui ne respectaient pas la loi sur les coupures. Aujourd’hui, où en est-on de ces coupures d’eau ? Elles appartiennent au passé ?

« Aujourd’hui clairement l’ensemble des acteurs du secteur ont arrêté de mettre en œuvre les coupures d’eau de façon systématique. Il y a peut-être encore des petits accidents par-ci par-là, mais c’est vrai qu’on en reçoit plus. Donc on peut dire qu’on a gagné vraiment dans les grandes largeurs sur ce combat-là. C’est d’ailleurs intéressant de voir que la condamnation en diffamation arrive deux ans après le temps fort du combat et que dans la dynamique de vouloir faire taire les associations. Ils se servent aussi du temps juridique, qui est beaucoup plus long que le temps des médias, pour essayer de profiter de cette attaque pour nous discréditer. Clairement, cela n’a pas marché. Au contraire, on a pu se servir de cette attaque pour dire que, non seulement les multinationales étaient hors la loi, mais en plus elles essayaient de nous faire taire. Cela a été quelque chose qui a été bien reçu par les journalistes et qui a été relayé. Cela nous a renforcé dans notre combat, cela nous a permis de gagner ce combat. Le fait qu’on soit relaxé devant la 17e Chambre correctionnelle, c’est un peu la cerise sur le gâteau pour nous. C’est la conclusion d’un lourd combat de cinq années. On a pu faire plier les multinationales et faire réellement en sorte que l’interdiction des coupures d’eau soit mise en œuvre dans notre pays. Et en plus on garde cette ambition de liberté d’expression, qui est renforcée par les juges, qui nous confirment la légitimité à pouvoir porter des messages d’intérêt général devant le grand public pour faire en sorte que chacun sache ce qui se passe et quelle est l’ambition de faire en sorte que chacun puisse vivre dignement en France ».

Pour aller plus loin :

Ariane et Juliette d’Hubert de Maximy (Les Presses de la Cité)

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Nouveau PGF siteFT 1 11« Littérature sans Frontières » et une chronique de Pierre Guelff.

 Le dimanche 30 septembre 1917, Juliette, 15 ans, se demande la raison de son placement dans un internat huppé alors qu’elle se sent si bien à l’école primaire supérieure : « Qu’est-ce qu’une fille de la mine comme moi va faire là-bas ? »

Au Collège Sainte-Jeanne, Ariane, une autre jeune fille la rejoint dans l’entrée, lui sourit poliment, elle est orpheline d’un père tombé au front dans la Somme.

1500000000009782258144972ORI« Et mon père ? Il est vivant ou mort ? » se demande Juliette dans un milieu où ses condisciples parlent de Megève, de Riviera, de tennis, de voitures luxueuses, d’hôtels cinq étoiles, elle qui, depuis l’âge de 8 ans reprise son linge.

La directrice de l’établissement prestigieux et une enseignante, excellente pédagogue, pacifiste convaincue, semblent la protéger : « Quels événements, quel drame peut-être, cache le désarroi de la petite ? »

Une Juliette qu’Ariane ne cesse d’observer… Une Juliette qui travaille à la mine durant les vacances, y rejoignant sa mère qui est lampiste au puits 1 de Saint-Étienne… Une Juliette qui possède une véritable culture populaire, dont celle de connaître par cœur l’œuvre d’Aristide Bruant, « digne fils de François Villon », lui avait dit son ancien instituteur.

Alors, petit à petit, les choses changèrent dans le dortoir du Collège Sainte-Anne quand retentit « À la Bastille on aime bien Nini Peau-d’chien… »

Dans ce roman de terroir remarquable,  l’auteur nous transporte d’une famille à l’autre : celle de Juliette la prolétaire et celle d’Ariane la bourgeoise avec, entre les deux, des incursions dans la vie de l’enseignante pédagogue si attachante.

Les deux adolescentes, malgré la différence de classes, se rapprochent, se lient d’amitié et je laisse au lecteur le soin de découvrir l’incroyable dénouement de cet ouvrage. De la belle ouvrage, sans conteste.

Néanmoins, voici une ultime phrase pour encore donner le ton des derniers chapitres si palpitants : « Le malheur vient toujours d’une trahison. Si on n’exige rien, on ne peut être trahi. »

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