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Oser la bienveillance de Lytta Basset (Albin Michel)

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L’ouvrage Oser la bienveillance ne donne évidemment pas de recette pour devenir bienveillant. L’auteure, Lytta Basset, décrit de façon très documentée, la généalogie et l’impact de la notion de péché originel. Sa démonstration à travers une fine  analyse, permet de répondre à différentes questions, comme : « Qu’est-ce qui encombre encore notre culture de cet héritage religieux non digéré ? Qu’est-ce qui nous interdit l’accès au pays de la bienveillance ? Qu’est-ce qui empêche l’être humain de développer un regard fondé sur  la certitude que nous sommes bénis dès le départ, et que nous le resterons toujours ? »

Il importe donc pour chacun d’entre nous  de prendre la mesure de la malveillance dont on a soi-même souffert, se dépolluer de ce regard d’autrui posé sur soi, que l’on a fini par intérioriser et laisser son propre regard devenir bienveillant sur soi et les autres

Il nous faut redécouvrir la capacité à nous reconnaître responsables de nos actes et non plus coupables de notre nature humaine. Ainsi, chacun d’entre nous peut oser la bienveillance envers lui-même et envers autrui, et passer ainsi de la culpabilité à la responsabilité.

En effet, aujourd’hui des chercheurs en sciences humaines soulignent  la complexité de l’homme et nous remettent sur la voie du mystère qu’est l’être humain.

Prendre en compte toute la réalité humaine.

Or, nous baignons encore dans une sorte de pensée binaire : victime ou monstre, pas les deux ! La complexité de la réalité nous dérange, elle a quelque chose d’angoissant car elle nous prive d’une certaine maîtrise sur ce qui nous fait mal ou pourrait nous faire mal. La réalité humaine est infiniment plus complexe que nos catégories de pensées. Notre nature s’inscrit dans le Réel dont elle est indissociable. Notre vivre ensemble s’améliore dès que nous renonçons à penser, à dire et même à chercher ce qu’est en définitive telle ou telle personne. Accepter de prendre en compte les multiples facettes de la réalité, alors beaucoup de choses s’éclairent.

Lytta Basset est conférencière passionnante et théologienne protestante suisse. Elle a notamment écrit, Guérir du malheur ou la joie imprenable publiés chez Albin Michel et tous ses ouvrages sont vendus à plus de 15 000 à 30 000 exemplaires. Elle a encore augmenté son audience avec  son témoignage sur le suicide de son fils, Ce lien qui ne meurt jamais et avec Aimer sans dévorer. Elle a reçu le Prix des librairies Siloë et celui du syndicat des libraires religieux.

Le miel du lion (2) de Matthew Neill Null (Albin Michel)  

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Il y a quelques semaines, je vous avais déjà proposé une chronique sur cet extraordinaire roman de plus de 400 pages « Le miel du lion » de Matthew Neill Null paru chez Albin Michel, tant il est dense et poignant.

La poursuite et la fin de sa lecture ne me font pas changer d’avis : nous sommes en présence d’un véritable chef-d’œuvre de la littérature américaine, selon moi, tant l’histoire, basée sur des faits avérés, est forte, secoue les tripes et les consciences quand, en 1904, en Virginie, des dizaines de milliers d’hectares de forêt sont rasés par les « Loups de la forêt », bûcherons et ouvriers adjacents, ceux préposés à l’entretien du matériel, à la pose de rails pour le transport des arbres géants… pour le compte de capitalistes sans foi ni loi.

61cQJ9kRWYL. SX195 1Une tentative de rébellion se met en place, un pasteur considéré comme farfelu entre en scène, des prostituées font de même, un marchand ambulant va de camp en camp proposer ses objets de pacotille et images pornos, la vie est dure, dangereuse, les gardiens sont féroces…

Comme d’habitude, plutôt que de longues présentations qui risquent de trop dévoiler l’histoire, je préfère en citer quelques phrases marquantes :

« Où donc est passé le Dieu de justice et de vertu dont on m’a tant rabattu les oreilles au catéchisme ? »

« En Amérique, tout le monde déteste quelqu’un sans même savoir qui il est. »

« Seuls les imbéciles respectaient les puissants et on constatait avec un étonnement chaque jour renouvelé combien la réserve d’imbéciles de ce monde paraissait inépuisable. »

La fin est en forme de message pour les générations futures, c’est-à-dire la nôtre, entre autres, et cela confine à une triste réalité écologique : « Tout un conté rasé, plus un arbre, plus un cervidé, plus un oiseau. Tout avait été coupé, comme on vide une cruche. C’était comme le paradis, c’était devenu comme la mort. »

 

L’humain d’abord, pas la finance ! (Partenariat avec POUR – Écrire la liberté)

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J’ai un profond respect pour la pensée et l’action d’Albert Camus, et si je lis et relis souvent ses œuvres, c’est parce qu’elles sont (re)devenues d’une brûlante actualité et me renforcent dans la nécessité – impérieuse ! – de prôner et de mettre en action des moyens humains et non gérer la société avec des machines et des chiffres qui broient les êtres et la nature au nom du profit.

Ainsi, à voir l’état de certains pays, toujours plus nombreux d’ailleurs, dont les principaux dirigeants politiques et les décideurs industriels, financiers, commerciaux, sociétaux… qui, pour les premiers, n’ont pratiquement que les termes élection, réélection et pouvoir comme plan de carrière, et, pour les autres, rendement, actionnariat, dividendes, comme ligne de conduite, un constat d’ensemble s’impose.

BXL 2015 1 ftC’est celui que, tendance devenue majeure, semble-t-il, ces gens sont portés par un esprit nationaliste exacerbé, autoritaire, antidémocratique, tellement éloigné du vivre-ensemble et de la fraternité universelle vu leur quasi indifférence face aux problèmes graves, dont ils sont les sources, tels la dégradation du climat, le fossé qui s’accentue entre les nantis, dont ils font partie, et le peuple, la suffisance qu’ils affichent, les citoyens n’ont plus comme recours que s’organiser du mieux possible pour faire barrage, autant que faire se peut de manière non violente, à ce système de castes indigne et méprisant à l’égard des 99% de la population de la planète.

« Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet et ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles… » écrivit Albert Camus. Comme il avait raison quand on analyse l’évolution de la société ces derniers temps.

Heureusement, la résistance à cette puissance financière, souvent occulte, ou, disons, discrète, s’organise dans plusieurs pays où il est encore temps de le faire. Ce qui n’est pas le cas, ou alors de manière clandestine, dans des états totalitaires.

Alors, ici, grâce à des supports médiatiques alternatifs comme Fréquence Terre, POUR, Fakir, L’UnionPartenariat200 1 2 Pacifiste, Golias Magazine, Les liens qui libèrent, qui est une maison d’édition, grâce à des libres-penseurs non inféodés à des partis politiques, religions, dogmes, grâce à des citoyens porteurs de projets d’avenir, celui-ci peut se bâtir autour d’un slogan que j’ai lu lors d’une manifestation : « L’humain  pas la finance ! »

À nous d’agir tant qu’il est encore temps, donc.

Naissance d’une Fédération citoyenne nationale

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Nouveau PGF siteFT 1 8Lors des récentes élections municipales belges, les électeurs, pour qui le vote est obligatoire, eurent la possibilité de soutenir une cinquantaine de listes citoyennes exclusivement composées de candidats non inféodés à un parti politique. « Ils ont apporté un vent de fraîcheur », souligna le quotidien La Libre Belgique.[1]

Quelque quatre-vingts personnes furent élues et l’idée d’un regroupement sous une même bannière est née. Elle se concrétisera le dimanche 20 janvier 2019 lors d’une assemblée constituante avec une charte s’articulant autour des Droits de l’être humain, de l’éthique politique, de la participation limitée dans le temps (donc pas d’élus d’élection en élection, de père en fils…).

Priorité, aussi, à la protection sociale, au vivre-ensemble, au respect de l’« autre », à la solidarité entre les populations, à la transition écologique, à la participation citoyenne via le référendum d’initiative, aux débats constructifs et propositions concernant l’enseignement, l’économie, la mobilité…

Il reste à espérer que cette initiative, que suivra de très près Fréquence Terre,  ne soit pas récupérée puis étouffée par des politiciens passés maîtres pour privilégier leur propre intérêt ou celui de leur parti au détriment des citoyens.

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[1] 5 et 6 janvier 2019.

La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino (Albin Michel)

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Nouveau PGF siteFT 1 7FTtexte9782226401854 j« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 En 1943, Rosa Sauer est une jeune Berlinoise de 26 ans qui habite non loin de la « Tanière du Loup », principal quartier général d’Adolf Hitler. Ce dernier, non seulement féru d’un ésotérisme sordide, d’une idéologie génocidaire, était hanté par l’idée d’être empoisonné.

Les SS réquisitionnent Rosa, qui ne peut qu’accepter de se rendre au bunker du führer deux fois par jour afin de tester les principaux repas de celui qui allait mettre à feu et à sang une grande partie du monde.

Si cet ouvrage, « La goûteuse d’Hitler » de Rosella Postorino qui vient de paraître chez Albin Michel est présenté comme un roman, l’auteure spécifie quand même qu’il y a un fond historique à son écrit : « En 2014, j’ai appris que Margot Wölk, la dernière goûteuse d’Hitler, était encore en vie. À 96 ans, elle avait décidé de rendre publique cette information. Hélas, quand j’ai retrouvé son adresse à Berlin, elle venait de mourir. Ainsi, je ne pourrais jamais lui parler, ni raconter ce qu’elle avait vécu. Mais je pouvais tenter de découvrir pourquoi elle m’avait frappée. C’est ainsi que j’ai écrit ce roman. »

Rosella Postorino a donc réagi en journaliste, qu’elle est aussi, et cite quelques sources crédibles. Son ouvrage débute par une citation de Bertolt Brecht qui, assurément, résume bien cette histoire :

« L’homme ne vit que d’oublier sans cesse

Qu’en fin de compte il est un homme. »

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COP 24 : un manque de volonté des Etats

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Du sur place et aucune prise en compte de la réalité du changement climatique. C’est le sentiment général qui a prévalu mi-décembre lors de la clôture de la COP24.

La conférence des parties sur le climat qui se déroulait à Katowice en Pologne a accouché d’une souris. Limiter le réchauffement climatique en dessous 1,5°C semble aujourd’hui compromis. Face à l’inertie des dirigeants de la planète, reste l’action des citoyens.

Rappelons tout d’abord quelle était la mission de cette COP24 ?

« La COP 24 fait suite bien entendu aux COP23 et 22 avant, mais surtout à la COP21 de Paris. Il s’agissait, pendant cette COP24, de se mettre d’accord sur les règles d’application de l’accord de Paris de la COP21, à savoir quelles mesures vont être prises par chaque Etat pour arriver collectivement à rester sous la barre des 2°C à la fin du siècle. »

Donc ce qui a été signé mi-décembre, c’est juste une manière d’acter l’accord de Paris, sans aller plus loin ?

« C’est un petit peu plus que cela. Il y a des règles de mise en œuvre qui ont été votées et qui ont été adoptées, ce qui n’était pas gagné. La difficulté est que ces règles sont encore loin d’être suffisantes pour permettre d’arriver à moins à 2°C. Avec les règles les plus optimistes, le GIEC pense qu’on arrivera à 3°C d’ici la fin du siècle. »

Un accord a minima, sans ambition, une urgence ignorée, un compromis sans éclat… Les critiques sont nombreuses après un accord qualifié de gâchis énorme. En quoi ce qui a été conclu à Katowice est décevant, voire inquiétant ?

« On a la sensation qu’il n’y a pas une prise en compte vraiment des difficultés actuelles. Par exemple, il a fallu plusieurs jours pour se mettre d’accord entre eux pour savoir s’ils saluaient le rapport du GIEC où s’ils l’accueillaient, alors que ce n’est pas le pire des rapports. Et puis il y a eu beaucoup de discussions sur “qui doit payer”. Par exemple, si on prend l’exemple de la Turquie, jusqu’au bout elle a essayé de rentrer dans les nations qui devaient recevoir de l’argent pour mettre en place l’accord de Paris et pas dans ceux qui doivent payer. »

Le désintérêt de la France ?

A noter notamment, la quasi-absence de représentants du gouvernement français. C’est un signe inquiétant ?

« Ce qui est hallucinant, c’est qu’à la session de clôture il n’y a pas eu de représentant ministériel. On avait un délégué, mais il n’y avait pas le ministre de l’Environnement. Il y a eu Brune Poirson, qui est secrétaire d’Etat, mais on n’a pas eu de représentant élevé du gouvernement, ni Premier ministre de ministre de l’Environnement. Déjà, qu’il n’y ait pas le Premier ministre ou le président, c’est inquiétant. Mais le ministre de la Transition écologique, c’est un signe très très inquiétant lancé par la France. C’est difficile de vraiment comprendre, parce que ce n’était pas très compliqué d’aller en Pologne. Donc oui, c’est un signe de désintérêt. »

Le contexte dans lequel s’est tenu cette COP24, en Pologne, pays très carboné, avec le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, celui, probable du Brésil, le poids des lobbys, est-ce que cela a pesé sur la COP24 ? Est-ce que cela compromet, clairement, la limitation du réchauffement climatique ?

« Oui clairement. Il n’y a pas une vraie volonté des Etats. On sent que tout accord est difficile à atteindre. Il a fallu deux jours de plus pour arriver à un accord qui est très minimal, où le Brésil remet en cause les principes qui étaient acquis, notamment sur les questions d’échange de carbone. La Turquie essaie de changer de groupe. Donc on voit que tout ça est compliqué et qu’il n’y a pas de réelle volonté. On a eu deux faits marquants qui sont venus de l’intérieur de la COP, mais plutôt de ce qu’on entend peu. Le premier, ce sont les pays vulnérables, notamment les pays insulaires qui ont appelé à la rébellion pour empêcher l’extinction de leur pays, voire de l’humanité. C’est un peu une première pendant les COP d’avoir un discours aussi fort. Et puis le deuxième discours très très fort est venu d’une jeune lycéenne qui a appelé les étudiants des collèges et lycées à se mettre en grève pour dire que les adultes ne font rien contre le changement climatique. Mais du côté des Etats, on a l’impression que rien n’avance. Beaucoup d’organisations de la société civile appellent bien sûr les Etats à agir, mais aussi appellent à sortir les lobbys de ces négociations, puisque les grosses entreprises et les multinationales sont toujours présentes, et par leurs lobbys, elles empêchent d’atteindre un accord. »

Alors il y a les atermoiements des gouvernements. Face à ça, il y a eu cet appel très fort de la jeune suédoise à la tribune de la COP24, il y a les mobilisations citoyennes, les marches pour le climat…. Est-ce qu’on peut y voir un contrepoids, une forme d’espérance ? est-ce que c’est un bon signe ?

« Oui, il est évident qu’il faut reprendre espoir. C’est probablement ce qu’amènent ces marches. Elles amènent la dimension de masse, c’est à dire de ne pas se sentir seul face aux événements qui sont très difficiles. Et elles invitent aussi à forcer les Etats à prendre des décisions beaucoup plus ambitieuses. C’est vrai que beaucoup d’acteurs aujourd’hui se disent que ces marches sont une première étape. Je pense bien sûr aux marches en France, mais qui sont faites dans différents pays. Elles permettent de mobiliser la société civile. Mais aujourd’hui beaucoup d’acteurs appellent à quelque chose de plus fort. On voit au Royaume-Uni le mouvement qui s’appelle Extinction Rebellion, qui appelle à des actions de désobéissance civile, c’est à dire à bloquer vraiment des lieux pour obliger les Etats à prendre des décisions beaucoup plus importantes. »

Un plaidoyer pour rendre l’eau à la terre

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© France Libertés

Parmi ces mobilisations citoyennes et d’associations, on le rappelle, il y a votre plaidoyer “Eau et Climat”.. Il s’inscrit dans cette dynamique… dans cette espérance citoyenne ? C’est un des outils de mobilisation ?

« Oui bien sûr. Ce qui est très intéressant dans notre plaidoyer c’est de montrer qu’il y a des solutions qui sont envisageables. Ce sont des solutions qui ne demandent pas une technique extraordinaire, mais plutôt de revenir à des choses assez simples pour permettre de rendre l’eau à la terre. Aujourd’hui nos territoires, un petit peu partout dans le monde, sont bétonnisés. Et en débétonnisant et en rendant perméables nos territoires, on peut permettre à travers l’eau qui s’infiltre et en retrouvant le cycle local normal de l’eau, de combattre le changement climatique. On a des exemples absolument extraordinaires notamment au Rajasthan, où l’action très simple de villageois sur plus de vingt ans et sur un territoire assez conséquent, a permis de combattre la sécheresse en faisant revenir le cycle de l’eau, et de combattre le changement climatique. Donc il y a des solutions qui existent. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est que quand les citoyens du monde entier s’impliquent. Mais cela ne peut pas venir que des citoyens. Il faut forcer les Etats à agir. Ils ne le feront pas d’eux-mêmes si les citoyens ne les bougent pas. Il faudrait une action conjointe. Et puis on a aussi des jeunes entreprises qui bougent. Il y a des choses qui existent et des choses qui se font. C’est ce qu’on montre dans notre plaidoyer. »

Pour aller plus loin :

 

« Les nouveaux bijoux de chez Carlier » (4) de Guy Carlier (Pocket, Hors Collection Éditions)  

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Et nous voici à la dernière chronique consacrée au recueil de propos de Guy Carlier « Les nouveaux bijoux de chez Carlier » paru il y a quand même quelques années, mais y revenir permettait de mieux saisir, selon moi, cette activité parfois très controversée.

Les nouveaux bijoux de chez Carlier 10D’ailleurs, il met les choses au point en 2003 : « Dans mon émission on rit des vieux, on rit des gros, on rit des gays, on rit des cons et que seuls les vieux cons, les gros cons et les gays cons protestent, eh bien, à ceux qui m’écrivent de la sorte, je voudrais rappeler que l’humour est la politesse du désespoir. »

Alors, pour terminer cette chronique, celle qu’il a lue sur France Inter en 2003, est dans cette lignée : « En mai 1968, on accrochait des posters de Che Guevara aux murs de nos chambres de lycéens, aujourd’hui les lycéens collent la photo parue dans Voici où l’on voit François Hollande entrant dans l’eau aux Seychelles avec son maillot de bain Pantashop et son ventre de notaire panaméen. »

Et puis cette longue réflexion : « Beaucoup de larmes hier soir à la TV. Mais moi je n’ai pas pleuré en regardant L’Emmerdeuse avec Marie-Anne Chazel, qui était notre invitée hier, que je m’étais déjà tapée en cassette. Faut quand même pas abuser des bonnes choses. Et là, sérieusement, il y a un vrai problème. Doit-on dire aux invités que l’on n’a pas aimé l’œuvre pour laquelle ils viennent faire de la promo ? »

Eh bien, après cinq pages en caractères très serrés, je ne connais toujours pas ce que Guy Carlier a décidé de faire, en revanche il détaille les larmes, dignes, d’Adamo qui a retrouvé sa première moumoute, une synthétique de mai 1972, précisa-t-il.

Vous me direz : quatre chroniques sur Fréquence Terre pour ça ? Pour Guy Carlier, aujourd’hui à Europe 1, ancien pilier du « Fou du Roi » chez Stéphane Bern et complice de Marc-Olivier Fogiel dans « On ne peut pas plaire à tout le monde » sur France 3, « tout ça, c’est rien que du bonheur ! »

 

Ridicule ou blague (à la belge): permis obligatoire pour détenir un chat ou un chien !

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Nouveau PGF siteFT 1 5Au nom du bien-être animal, le gouvernement wallon, et plus particulièrement son ministre social-chrétien Carlo Di Antonio, a décrété qu’à partir de ce 1er janvier 2019, un permis d’identification, donc de détention, sera obligatoire pour les chats et chiens.

L’enregistrement est payant, bien sûr, et devait « permettre d’alimenter un Fonds de protection contre les abandons et la maltraitance dont pourront bénéficier les refuges », est-il spécifié.

 

Si l’on comprend que la protection et le respect des animaux sont nécessaires dans notre société, cette disposition me fait surtout penser à un nouveau moyen pour ponctionner davantage dans le portefeuille des citoyens. Faudra-il bientôt un permis, payant, cela va de soi, pour faire un enfant ou respirer l’air, même polluée ?

 

 

 

 

 

Trop d’incurie  : les citoyens contre-attaquent !

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Nouveau PGF siteFT 1 4Partenariat200 1 1Selon que la presse soit scotchée aux pouvoirs politiques via les subsides et aux multinationales via la publicité, ou moins frileuse en ce domaine, voire carrément indépendante comme Fréquence Terre et POUR, vous trouverez quelques lignes éparses ou une information parfaitement documentée sur ce qui attend les États en 2019.

Petit rappel : si la température de la Terre augmente de deux degrés, les vagues de chaleur entraîneront annuellement plus de 130 000 décès supplémentaires en Europe, un abaissement de la productivité au travail de 10 à 15%, des dégâts de plus en plus dramatiques dus aux inondations et à la montée des mers et océans qui toucheront au moins 500 000 personnes, sans parler des sécheresses, pénuries d’eau…, selon le Centre de recherche européen.

Bref, trop de laisser-aller et de fausses promesses, c’est trop de dangers à l’horizon tout proche !

Stop !

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75 000 citoyens à la Manifestation pour le climat dans la capitale de l’Europe : à présent, ils contre-attaquent en justice !

Alors, face à l’incurie des pouvoirs politiques et au je-m’en-foutisme intégral d’industriels, de leurs lobbyistes et actionnaires, des citoyens contre-attaquent.

Ils le font de manière structurée et parfaitement légitime, en déposant des plaintes collectives en bonnes et dues formes auprès de la Justice contre les États, au motif de carence face aux catastrophes actuelles et aux menaces qui pèsent de plus en plus sur les populations.

Cette réaction citoyenne prend de l’ampleur et je mets en exergue trois exemples bien précis pour illustrer mon propos.

D’abord, en soulignant que l’association néerlandaise Urgenta a obtenu gain de cause auprès d’un tribunal en obligeant l’État hollandais de relever ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Ensuite, en Belgique, quelque 52 000 citoyens attaquent en justice les quatre gouvernements (le fédéral et trois régionaux) responsables de la politique climatique, alors qu’en France, c’est pas moins de près de deux millions de gens qui soutiennent le mouvement associatif « L’Affaire du siècle » qui, dans un premier temps, interpellent le président Macron, avant d’éventuellement porter plainte pour négligence et non respect de l’obligation de protéger la population sur les plans environnementaux, de santé publique, de sécurité…

Pensons, ici, que, malgré les officielles réclamations de pays voisins (tels l’Allemagne et le Grand-Duché de Luxembourg) et de dizaines de milliers de citoyens, l’État belge se moque carrément que plusieurs des centrales nucléaires disséminées sur son territoire, présentent des fissures et autres problèmes depuis des années !

Réconfortant

 Mais, ce qui est réconfortant dans toute cette problématique vitale, c’est la réaction de la Cour européenne des droits de l’être humain qui donne raison aux plaignants en jugeant, je cite « que la protection de la vie et de la santé suppose la protection de l’environnement »[1]

Assurément, cette mobilisation citoyenne ne peut que réjouir toute l’équipe de Fréquence Terre qui, depuis des années, œuvre dans ce sens.

Et, surtout, qu’on se le dise : en se mobilisant, il y aura moyen de mettre au pas, autant que faire se peut, politiques et décideurs et, bien entendu, les écolosceptiques.

[1] Le Soir, 26 décembre 2018.

L’honnêteté désespérée

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Nouveau PGF siteFT 1 3Exhumé du fin fond d’une bibliothèque, Littérature du XXe siècle et christianisme de Charles Moeller (Casterman) est un essai qui date de 1954 et est une brique de plus de 400 pages en caractères serrés consacrée à sept auteurs : Camus, Gide, Huxley, Simone Weil, Graham Greene, Julien Green et Bernanos.

20181225 175548L’intérêt, pour moi, de lire ce livre jauni par le temps, résida dans le chapitre Albert Camus ou l’honnêteté désespérée qui, à l’époque, était encore de ce monde. L’auteur expliquait : « Si nous devions constater cependant que l’athéisme de Camus n’était pas seulement le fruit de son rationalisme, mais surtout le résultat d’une option contre Dieu, la valeur de son témoignage purement humain en perdrait d’autant. Il faut donc l’interroger soigneusement. » Et c’est ce qu’il fit sur 90 pages !

J’ai beaucoup apprécié que, à l’époque, il y a soixante-cinq ans donc, une certaine mise au point soit déjà faite quant aux relations entre Sartre et Camus : « Comment a-t-on pu embarquer Albert Camus sur la galère de l’existentialisme ? » se demandait Charles Moeller.

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Une véritable idolâtrie subsiste au cimetière de Montparnasse à l’égard du couple mythique Sartre-de Beauvoir.

Il est vrai que ledit Sartre dont on connaissait l’antipathie, l’acharnement et la jalousie féroces à l’égard de l’auteur de L’Étranger, relevaient peut-être de, je cite Vladimir Jankélévitch (1903-1985), philosophe et résistant : « L’expression de l’image de l’intellectuel engagé qu’il s’échina à transmettre, n’est-ce pas une explication de sa non-résistance entre 1941 et 1944 ? », car, comme il a été historiquement démontré, Sartre collabora à une revue contrôlée et pilotée par la Propagandastaffel, organe allemand lors de l’Occupation, tout comme Simone de Beauvoir, sa compagne et muse, à la radio pétainiste de Vichy[1], alors que Camus, lui, s’était engagé dans la Résistance française. Ceci expliqua peut-être cela.

Alors, c’est avec une joie non dissimulée que l’auteur écrivit : « Camus a récusé formellement son appartenance prétendue à l’école de Sartre » et Charles Moeller de clamer : « Sartre ne parvient jamais à nous convaincre : nous avons l’impression que, quelque part, les dés ont été pipés. Rien de tel chez Camus, son humanité est simple et vraie. »

Il cita encore quelques passages d’ouvrages du Prix Nobel 1957 pour appuyer sa démonstration : « Ces quelques lignes situent la problématique contemporaine devant le problème de la souffrance, elles décri-vent la sensibilité de l’homme moderne, « qui refuse jusqu’à la mort, d’ai-mer cette création (Dieu) où les enfants sont torturés »[2]

Bien sûr, Charles Moeller ne tissa pas que des éloges à Camus, mais quand il décrivit sa philosophie comme celle de « l’amour de l’Homme dans la Lumière » et termina son chapitre par « Comment ne pas aimer un homme qui, au cœur de notre monde de vingt-cinquième heure, de nausée, de « mépris de l’homme », a écrit ces autres lignes : « Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser », on se dit que la lecture de ce genre d’ouvrage ancien n’est pas obsolète. Que du contraire !

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Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

[1] Lettres it be, 2017.

[2] Extrait de La Peste.