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En Afrique et en Uruguay, le droit à l’eau défendu par France Libertés

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Sensibiliser, plaider et agir. Ces trois valeurs fondatrice de France Libertés sont au cœur des projets de terrain que la Fondation soutient et accompagne depuis de nombreuses années.

Depuis 2017, ce sont quatre combats qui ont ainsi été aidés en Equateur, en Uruguay, en Afrique sub-saharienne et aux Etats-Unis. Quatre projets qui œuvrent pour le droit à l’eau et contre les activités extractives.

Avec Justine Richer, chargée du programme « Eau, bien commun » à France libertés.

Nous avons évoqué avec vous la semaine dernière les projets que vous avez suivi aux Etats-Unis et en Uruguay. Direction cette semaine l’Equateur, où vous avez soutenu les communautés locales qui se sont mobilisées pour dénoncer les pollutions dues aux activités pétrolières. Quel est l’état des lieux ?

« Les impacts de l’extraction sur l’environnement sont toujours très lourds. Ce sont des conséquences en termes de pollution des écosystèmes et de pollution de l’eau. Et c’est le cas en Equateur. L’ONG Accion Ecologica travaille au renforcement des capacités des communautés pour essayer de lutter contre cela. Accion Ecologica a créé une organisation locale qui se réunit régulièrement et interpelle les autorités. Cela fait trente ans que l’ONG travaille sur ces problématiques liées à la pollution causée par l’exploitation du pétrole en Equateur. Une assemblée sociale permanente des communautés affectées a été créée et Accion Ecologica travaille régulièrement en cours de co-construction avec les populations locales pour les renforcer. 25 communautés ont été structurées pour pouvoir parler d’une seule voix et pouvoir réclamer leurs droits humains à l’eau face à cette pollution massive de l’eau en Equateur, à cause de l’extraction du pétrole. Les citoyens prennent part aux débats, sont écoutés par les entreprises et les autorités locales, grâce à cette structuration permise par Accion Ecologica. »

Ils sont écoutés par les entreprises et les autorités. Concrètement, quel sont les effets sur ces activités ?

« Il y a un vrai enjeu de transmission et de diffusion des informations notamment sur la qualité de l’eau en Equateur. Donc ces paroles de communautés sont entendues puisque justement, en essayant de s’allier et former une communauté plus massive, évidemment l’écho de leur parole est plus fort et est nécessairement entendu par les entreprises et les autorités. Après, la prise en compte diffère des cas. Mais il est certain que cette capitalisation des expériences et ce renforcement communautaires permet d’avoir un poids plus fort. »

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© France Libertés

Pour se faire entendre, pour dénoncer, pour revendiquer, les populations ont besoin aussi d’être informées. C’est le cas en Afrique sub-saharienne, il s’agissait d’aider à la mobilisation en amplifiant l’information des populations sur les dégâts des activités extractives. Quel effet sur les revendications des populations et sur l’écoute qu’elles peuvent avoir ?

« France Libertés a soutenu la Gaïa Fondation, qui est une ONG britannique qui renforce les capacités de la société civile, et notamment en Afrique subsaharienne, dans les communautés où le droit à l’eau est affecté par les activités extractives. Le but est de relier les organisations entre elles et les connecter pour les intégrer aux mouvements internationaux et créer un renforcement de leurs capacités. Pour ce faire, des dialogues communautaires ont été organisés sur les zones affectées. Et Gaïa Fondation a également produit du matériel d’information en plusieurs langues, plusieurs supports, des rapports des affiches et des vidéos, dans le but de sensibiliser les acteurs locaux. Le tout a été réuni pour créer un kit de mobilisation qui permet d’éclairer sur les impacts de l’industrie extractive sur les ressources en eau et puis s’informer. Ce kit de mobilisation et d’information est essentiel pour les populations locales puisque la première étape pour pouvoir se mobiliser est d’être informés des menaces que représentent ces activités pour construire une mobilisation locale. »

Et aujourd’hui, les populations se prennent “plus en main” pour aller revendiquer ?

« Oui. Ce type de mobilisation a été largement diffusé en Afrique subsaharienne mais également dans d’autres pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Europe. Cela permet vraiment d’informer un maximum les populations, de créer une mise en lien, et une mise en réseau, qui permet un renforcement de la mobilisation pour avoir un poids plus fort. C’est un petit peu le même principe que d’autres projets soutenus par France Libertés. On croit sincèrement en cet effet de masse et de mise en réseau qui permet d’avoir une voix plus forte et d’être entendue à la fois par les autorités et les entreprises extractives. »

Ces actions locales ont maintenant leurs propres vies. Le financement que vous leur apportez se termine. Vous allez malgré tout continuer à avoir un œil dessus, à rester en appui ?

« Oui absolument. Il s’agit de projets de très long terme, puisque ce sont des projets orientés vers des activités de sensibilisation, d’information, de renforcement de capacités, de plaidoyer. Donc on est vraiment sur du long terme. Et malheureusement, ce type de projet la plupart du temps souffre d’un manque de visibilité, voire d’intérêt de la part de bailleurs de fonds. Donc s’il s’agissait vraiment pour France Libertés de donner l’opportunité à des associations porteuses de ce type de projets très valorisables, de concrétiser leurs actions. Bien sûr on va continuer à suivre ces quatre structures et tenter de leur donner un maximum d’écho, via de la communication notamment et de la mise en réseau, pour essayer d’aller vers leur duplication peut être sur du long terme. »

Dès 2019, France Libertés va se tourner vers d’autres projets, d’autres communautés locales. Nous en reparlerons ici-même prochainement.

Pour aller plus loin :

« Les nouveaux bijoux de chez Carlier » (3) de Guy Carlier (Pocket, Hors Collection Éditions)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Les nouveaux bijoux de chez Carlier 9Poursuivons avec cette troisième chronique des Nouveaux bijoux de chez Carlier de Guy Carlier en haussant quelque peu, voire beaucoup, la verve de l’auteur. La méchanceté, diront certains.

Heureusement, ce livre de chroniques date de tant d’années, qu’il y a une sorte de prescription qui autorise de citer celle, par exemple, dévolue en 2003 à Sophie Davant : « À propos de lune, par association d’idées avec con comme la lune, pour nous donner le moral avant d’affronter la guerre, je voudrais vous parler de Sophie Davant, dont l’émission gériatrique d’hier n’avait exceptionnellement pas pour sujet le fibrome ou la constipation, mais « les femmes et la voiture. »

Autre vacherie, si j’ose dire, quelques mois plus tard au sujet de la même animatrice : « Ce matin, Sophie Davant vient annoncer le thème de son émission, à savoir : « Les chats fugueurs » et explique : « Nous aurons des témoignages, comme celui de ce chat qui a parcouru 375,2 km pour retrouver ses maîtres qui venaient de déménager à l’autre bout de la France. Trois conneries en une phrase, faut le faire ! »

Eh bien, cher Guy, j’ai eu beau relire votre chronique, je cherche encore la troisième connerie. Je me demande si Fréquence Terre va continuer à me programmer.

Justement, toujours en 2003, Guy Carlier y est allé d’une très grosse bêtise, histoire de l’arroseur arrosé, en somme. Je le cite : « Sans qu’on sache vraiment pourquoi, les téléspectateurs ne veulent plus de Christophe Dechavanne – comme ils ne veulent plus de Nagui. Et on sait déjà que, quoi qu’ils fassent, ces deux-là ne reviendront jamais ! »

Loupé, cher Guy Carlier ! Quinze ans plus tard, Nagui est bien en place et, selon les sondages, il occupe la tête  du hit-parade des animateurs préférés des téléspectateurs.

Tout cela me rappelle un passage de L’Art d’être grand-père  de Victor Hugo :

« Nous (les hommes) qui régnons, combien de choses inutiles

Nous disons, sans savoir le mal que nous faisons ! »

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Droit à l’eau contre extractivisme : les projets soutenus par France Libertés

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Depuis 30 ans, la Fondation France Libertés soutien des projets de terrain un peu partout sur la planète. Objectif : offrir un soutien opérationnel et juridique à des associations locales qui œuvrent pour le droit à l’eau et contre les activités extractives.

Depuis 2017, ce sont quatre combats qui ont ainsi été aidés en Equateur, en Uruguay, en Afrique sub-saharienne et aux Etats-Unis, autour des trois valeurs de la Fondation, sensibiliser, plaider et agir.

  • Avec Justine Richer, chargée du programme « Eau, bien commun » à France libertés.

Cela fait maintenant plus de deux ans que vous suivez ces quatre projets. Ils avaient été amorcés dès 2014. On le rappelle, il s’agit, ici comme ailleurs, de défendre les droits humains et les biens communs du vivant. Tout d’abord, rappelons ce qu’est l’extractivisme.

« Les activités extractives correspondent à l’extraction de produits minéraux présents à l’état naturel, solide, liquide ou gazeux. Cela inclut les minerais, les hydrocarbures ou les gaz. Typiquement, les mines à ciel ouvert ou les forages de gaz de schiste en sont de bonnes illustrations. La raréfaction de minerais, liée à leur surexploitation, implique d’aller les chercher toujours plus loin, plus profond, et d’employer des techniques toujours plus invasives et dangereuses pour la santé et l’environnement. Or, le modèle extractiviste se développe de plus en plus pour assouvir la croissance économique, notamment de pays désormais émergents comme la Chine. Et c’est également à cause de la prolifération d’accords commerciaux libéraux comme l’Alena qui facilite l’accès aux hydrocarbures non conventionnels, comme le pétrole le gaz de schiste ou les sables bitumineux. »

Et cet extractivisme a des impacts très forts sur l’environnement et la ressource en eau.

« L’extractivisme induit une surexploitation de la ressource en eau pour les activités qui provoquent souvent la baisse du niveau des nappes phréatiques ou le transfert de masses d’eau. On voit parfois des détournements de cours d’eau. Cela perturbe le cycle de l’eau local, et évidemment cela porte atteinte au droit à l’eau des populations, que l’on définit par un accès culturellement acceptable en quantité et qualité suffisantes pour tous. Or, les activités extractives impactent la qualité et la quantité de l’eau disponible pour les populations et mettent donc en péril leur accès à l’eau, sa disponibilité et sa potabilité. »

Vous avez donc soutenu quatre projets de terrain depuis 2017. Commençons par exemple par les Etats-Unis… où vous êtes aux côtés d’une communauté de défense de l’environnement, la CELDF (Community Environmental Legal Defense Fund). Il s’agissait d’aider ces communautés à faire voter le bannissement des activités extractives sur un territoire donné.

« Pour venir à bout de ces violations du droit à l’eau, le CELDF, aux Etats-Unis, passe par la structure de la loi dans les villes et états américains, en créant un dispositif légal favorable au niveau local par l’adoption des chartes. C’est à dire qu’ils vont dénoncer le manque de protection juridique du droit à l’eau pour tous face aux activités extractives, qui elles, aux Etats-Unis, bénéficient de réglementations plus souples. Le vrai défi du CELDF est de promouvoir une gouvernance locale qui puisse s’opposer au modèle de développement qui ne sont pas du tout durables. C’est pourquoi les membres des CELDF sont principalement des juristes. Ils tentent de faire adopter, au niveau de la municipalité, ces chartes communautaires qui établissent un droit humain à un environnement sain et à une eau pure. Cela implique évidemment de passer par une démocratie participative, ce qui est particulièrement important dans ces cas de figure. Le CELDF soutient donc la formation de comités citoyens et assure cet appui juridique à la rédaction de cette charte. »

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© France Libertés

Dans le contexte politique américain, comment ces actions sont perçues par les habitants et les dirigeants locaux ? Vous parlez de démocratie participative. Est-ce que c’est évident aux Etats-Unis ?

« Non, ce n’est pas du tout évident puisque là-bas le droit à l’eau n’est pas une évidence. Les entreprises bénéficient vraiment d’une réglementation très souple par rapport à l’usage de la ressource. Mais on constate que partout où ces chartes sont passées, partout où le CELDF a soutenu les communautés, en passant notamment par des référendums au niveau des municipales, cela a été très efficace. Les entreprises ont finalement parfois abandonné, parfois revus à la baisse leurs activités. Par exemple, à Columbus, une ville de 800 000 habitants, une charte a réussi à faire bannir la fracturation hydraulique et à déclarer le droit à une eau pure. »

Autre exemple, en Uruguay. Vous avez soutenu une association qui cherche à impulser des politiques alternatives et protectrices du droit à l’eau. Quelle la portée de son action ?

« En Uruguay, France Libertés a soutenu le projet de REDES qui vise à améliorer la gestion durable et participative de l’eau, en renforçant les capacités des institutions présentes sur le territoire par des activités de formation, de plaidoyer et d’activités juridiques. L’objectif de ce projet était de provoquer un changement politique dans la vision de l’eau et dans sa gestion participative au niveau local, en essayant de renforcer les capacités des communautés. Les activités menées par REDES visent à apporter une expertise juridique sur les accords signés entre l’Etat uruguayen et les entreprises extractives, comme Total notamment. Il s’agit vraiment de participer activement aux échanges avec les autorités nationales compétentes en matière de gestion de l’eau. REDES a cherché à impulser ces politiques alternatives pour protéger le droit à l’eau et générer un véritable débat public. Alors évidemment l’idée est d’amplifier ce débat public, mais également d’ajouter une mise en valeur des alternatives de développement local pour les territoires ruraux. REDES a notamment fait des propositions en termes d’activité d’agroécologie. »

La semaine prochaine, nous reviendrons sur les deux autres projets que vous avez accompagné, en Equateur et en Afrique sub-saharienne.

Pour aller plus loin :

« Les nouveaux bijoux de chez Carlier » (2) de Guy Carlier (Pocket, Hors Collection Éditions)  

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Comme expliqué lors d’une précédente rubrique dévolue au « Nouveaux bijoux de chez  Carlier » de Guy Carlier, mais qui date de 2004, cet ouvrage n’a pas pris une ride sur le ton et la verve déployés par l’actuel animateur sur Europe 1.

Prenons Christine Bravo qui, visiblement, l’énerve : « Cette fille est incroyable : elle annonce une émission sur la vie des gens, et en fait un concept « Christine Bravo dans la France d’en bas » !

Les nouveaux bijoux de chez Carlier 8Bernadette Chirac en prend aussi pour son grade, quand l’auteur raconte que le couple présidentiel passa un soir de réveillon au Maroc : « Bernadette est descendus au restaurant vêtue d’une tenue audacieuse constituée d’une robe de cuir et d’une veste de jean. Bon, je voudrais rassurer les auditeurs qui pensent avec angoisse que maman a viré rock ‘n roll attitude : le blouson était signé Christian Dior et doublé de vison. »

Autre chronique : « Les sujets de l’émission télévisée « Incroyable mais vrai » sont d’une connerie sans nom. Comme chroniqueuse, il y avait Sophie Favier, qui se contentait de lire sur le prompteur des informations prétendument incroyables mais vraies, ponctuées par les applaudissements du public enthousiaste, comme par exemple, quand elle annonce sans rire : « Vous savez d’où vient le nom avion ? »

Sans rire, elle annonce : « Avion, ça signifie Appareil volant imitant un oiseau naturel ! » Oui, parce qu’il y a beaucoup d’oiseaux artificiels, écrit perfidement Guy Carlier et explique que les gars qui ont écrit ça sur le prompteur c’était pour se foutre d’elle et que ça ne l’a pas gêné.
Pour la petite histoire, l’auteur explique quand même qu’avion vient du matin avis et, je vous l’avoue, là, eh bien, j’ai pris ma deuxième leçon de langue ancienne après le rosa rosa rosam de Jacques Brel.

Comme quoi, une troisième leçon me sera peut-être nécessaire pour un troisième épisode de cette saga Carlier.

Mais, avant de clôturer la présente, un petit mot de Guy Carlier au sujet de Julien Courbet : « J’ai compris. C’est un cercle sans fin. Regarder les conneries de Courbet rend con. Du coup, quand Courbet vient vous filmer, vous ne vous rendez pas compte que c’est con. » CQFD.

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Droits de l’homme : 70 ans après, un combat toujours d’actualité

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C’était le 10 décembre 1948. Au Palais de Chaillot, à Paris, la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) était adoptée par 48 des 56 pays alors membres de l’ONU.

Ce texte, fondateur pour le combat en faveur des droits humains, s’ouvre sur un préambule affirmant “un idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations”.

Elaboré au sortir de la seconde guerre mondiale, le texte s’impose à tous les Etats et protège tous les êtres humains contre toutes les discriminations. Il garantit le droit à la vie, à la dignité, à l’égalité, à la sécurité, à la santé, à la liberté d’expression et d’opinion, à l’éducation et à une justice équitable.

Mais ce n’est pas un texte de loi. La déclaration, retranscrite dans plus de 500 langues, a été voulue non contraignante pour les Etats afin de pouvoir être adoptée rapidement. Elle traduit un idéal de justice et de liberté.

Cet idéal à atteindre a été renforcé par un ensemble de textes de droit international qui ont été signés ou ratifiés par la majorité des États membres de l’ONU. Ils permettent, eux, de revendiquer ces droits et de poursuivre ceux qui ne les respectent pas.

Les 30 articles du texte exposent l’ensemble des droits civils, politiques,sociaux, économiques et culturels inhérents à toute personne humaine. Des droits inaliénables, interdépendants et universels.

70 ans après, l’idéal de la déclaration reste encore un objectif à atteindre.

Les violations des droits humains sont multiples et des millions de personnes à travers le monde ne jouissent toujours pas ces droits et de ces libertés.

Emprisonnement de militants des droits de l’homme ou de journalistes, populations civiles en insécurité permanente dans les pays en guerre, traitement inhumain des réfugiés dans les pays d’accueil, l’actualité regorge d’exemple de ces violations, sur tous les continents, sans exception.

En2018, de plus en plus de personnes se mobilisent pour agir en faveur de ces droits. Parce qu’il est impensable de vivre comme si ce qu’il se passe ailleurs sur le globe ne nous concernait pas. Mais ce n’est pas sans risque.

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© Amnesty International

Pour célébrer ces 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la faire vivre, les associations se mobilisent, à défaut de voir le gouvernement français les mettre à l’honneur. Parmi elles, Amnesty international a mis en avant 10 femmes. 10 défenseures des droits qui se mettent en danger pour défendre les droits humains.

Au Brésil, c’est Marielle Franco, conseillère municipale à Rio, qui est assassinée en mars 2018 parce qu’elle dénonçait les violences policières.

Les défenseurs des droits humains en danger

Au Kenya, c’est le peuple Sengwer qui s’élève contre leur expulsion de leur territoire naturel.

En Iran, c’est Atena Daemi, une militante pour l’abolition de la peine de mort,qui est emprisonnée pour avoir manifesté et distribué des tracts.

En Egypte, c’est Amal Fathy, mère de famille de 33 ans, qui a été condamnée à deux ans de prison pour avoir dénoncé, dans une vidéo, le harcèlement sexuel.

En Ukraine, au Venezuela, au Maroc, en Inde, d’autres citoyennes paient cher leur engagement pour un monde respectueux des droits universels.

A travers un numéro spécial de son journal La Chronique et une déclinaison sur son site Internet, Amnesty International revient sur la genèse de la Déclaration universelle, et met en lumière certains territoires où la notion de droits humains n’est encore qu’une chimère.

Fin octobre, à Paris, 150 hommes et femmes venus du monde entier sont venus, sous l’égide d’Amnesty, pour échanger sur leur expérience et pour imaginer les stratégies d’action pour faire vive l’universalité des droits humains. 150 défenseurs qui ont dit leur inquiétude face à la répression et les dangers qui les menacent.

Amnesty International le clame haut et fort : “Il y a urgence à s’organiser en réseaux et à faire communauté, au-delà des frontières”.

Parce que faire triompher l’idéal des droits universel est une affaire de conscience collective. Il en va de la responsabilité de chacune et de chacun d’entre nous., et pour le bien de tous.

Pour aller plus loin :

 

« Les nouveaux bijoux de chez Carlier » (1) de Guy Carlier (Pocket, Hors Collection Éditions)  

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« Les nouveaux bijoux de chez Carlier » 1 de Guy Carlier Pocket Hors Collection Éditions

« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Vu dans une « boîte à livres », heureuse initiative qui fleurit dans de nombreuses cités sur le principe de la bibliothèque de rue où chacun se sert gratuitement d’ouvrages, système alimenté par ceux qui en transmettent plutôt que les jeter ou les laisser prendre la poussière au grenier, j’ai donc bénéficié de l’essai Les nouveaux bijoux de chez Carlier de Guy Carlier (Pocket- Hors Collection Éditions) qui, c’est vrai, n’est pas si nouveau que ça, puisque ce recueil de chroniques radio date de 2004.

Néanmoins, outre le plaisir d’y retrouver toute la verve de celui que j’appréciais tant aux côtés de Marc-Olivier Fogiel dans On ne peut pas plaire à tout le monde sur France 3, j’ai extrait différents propos qui, dans le fond, n’ont pas pris une ride !

1544432605 466 « Les nouveaux bijoux de chez Carlier » 1 de Guy Carlier Pocket Hors Collection ÉditionsAlors, accrochez-vous, parce que ça décoiffe de temps en temps !

D’abord, au sujet d’émissions télévisées du style The Voice :

« Certaines chansons sont à la musique ce qu’une poêle à marrons en cuivre accrochée à un mur recouvert de papier à fleurs est à l’art contemporain » et « On a eu droit aux sélections, avec les cadrages complaisants sur les filles obèses et les garçons acnéiques, pour bien montrer que chacun a sa chance ».

À l’adresse de BHL, Bernard-Henri Lévy : « Ce n’est pas un philosophe, mais un mondain, un pilleur de forêt africaine et un opportuniste ! »

Par rapport à l’invité du dimanche au JT de 20 heures qui passe en fin de journal, je cite encore Guy Carlier « On voit le visage de l’invité qui prend une tête de circonstance pour bien montrer sa compassion pour la misère du monde, alors qu’il s’en fout complètement, car il est juste en train de penser : ‘J’espère que la présentatrice (ou le présentateur) donnera bien les dates de mon prochain concert à l’Olympia’ », autre flèche décrochée mais, cette fois-ci, à l’adresse de Stéphane Bern qui aurait déclaré à un média que, parfois, quand il prend le bus pour venir bosser, les gens ne le reconnaissent pas, l’auteur clama : « Je voudrais dire aux gens qui prennent le bus de ne pas s’inquiéter, c’est tout à fait normal que personne ne le reconnaisse dans le bus, vu qu’il vient à la Maison de la Radio avec son 4×4 de marque allemande. Probablement pour faire plaisir à Otto de Habsbourg. »

Pour conclure cette première chronique, car il y  en aura d’autres tant les bijoux sont nombreux, cette évidence : « Il faut éviter de se moquer de personnalités âgées ou malades dans une émission enregistrée, car elles peuvent décéder entre-temps. »

Par parenthèse, Guy Carlier avait proposé cette flèche en citant Otto de Habsbourg en 2003, soit huit ans avant le décès de l’archiduc, ce qui ne m’empêche pas de vous donner rendez-vous dans quelques jours pour une deuxième chronique consacrée au chroniqueur actuellement à l’œuvre à Europe 1… si je ne décède pas entre-temps, bien sûr !

1544432605 84 « Les nouveaux bijoux de chez Carlier » 1 de Guy Carlier Pocket Hors Collection Éditions

Souvenirs de Marée noire : Ecoutez Jeunesse …

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Les marées noires on n’en parle plus .. Pourtant les risques sont présents et les conséquences dramatiques.   Avec  un extrait d’Ecoutez Jeunesse ,un voyage sonore  réalisé par de jeunes chroniqueurs, une initiative proposée et  concoctée par l’association COEF 180, pour le 40 ème anniversaire de la Route du Rhum à ST MALO, vous allez retrouver des souvenirs de marée noire proches de l’actualité.

www.longitude181.org

www.coef180.com

Le drame des peuples autochtones “nous concerne tous” (Anne Suarez)

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“Défendre le peuple Krenak, c’est nous défendre nous-mêmes”, c’est ce que martèlent Anne Suarez et Olivier Rabourdin dans une tribune publiée début novembre dans le journal Le Monde. Les deux comédiens, qui sont à l’affiche de la série Guyane, sont les parrains de la campagne “Justice for Krenak”. Ils ont remis début novembre le prix Danielle Mitterrand décerné au peuple Krenak, ce peuple autochtone brésilien.

  • Avec Anne Suarez

En quoi le drame de ce peuple brésilien nous concerne tous ? Il est symptomatique des dérives et des dangers que court la planète ?

« C’est symptomatique d’une chose qui prend une ampleur phénoménale partout sur la planète. Le drame des Krenak, c’est celui de plein de peuples autochtones qui doivent subir la pollution liée à l’extractivisme. C’est vrai en Amazonie, au Brésil, en Equateur. Mais c’est aussi vrai au Canada. C’est d’abord les peuples autochtones qui sont impactés par ces pollutions parce qu’ils ont des sous-sols, la plupart du temps, super riches en matière fossile. Mais cela nous concerne tous parce que cela devient absurde d’imaginer que, quand il se passe des choses avec un impact sur la nature aussi fort, même si c’est à l’autre bout du monde, cela devient compliqué d’imaginer que cela n’a pas d’impact plus global sur le climat, sur les mouvement migratoires et sur l’organisation du monde dans lequel on vit. Cela nous concerne tous. Et cet extractivisme est à l’œuvre un peu partout. Il y a des choses qui fonctionnent de la même manière en Allemagne avec le charbon, il y a une tentative en France avec le gaz de schiste. Ce sont des méthodes qui peuvent être sur nos territoires. Par exemple en Guyane avec Montagne d’or, c’est exactement ce qu’il sont en train d’essayer de faire. La Guyane est un bout de territoire français. Moi, j’estime que cela me concerne. »

Vous le soulignez, il y a un parallèle entre ce qu’a vécu le peuple Krenak et ce qui menace les peuples autochtones en Guyane. Avec la série Guyane, quel regard portez-vous sur l’orpaillage, sur l’extraction d’or, qu’elle soit légale ou totalement illégale ?

« On a découvert l’ampleur de la problématique en étant sur place. Ce qu’on a vu, compris, c’est que l’orpaillage, que ce soit légal ou illégal, cela se fait toujours au détriment des peuples autochtones. Soit on ne leur demande pas leur avis, soit on leur demande vaguement leur avis et on en tient pas compte, puisqu’ils disent non. Pour eux c’est un saccage de leurs terres sacrées. Pour ce qui est de l’orpaillage illégal, les déchets sont encore moins bien gérés. Cela apporte une forte criminalité sur place. Cela change complétement le mode de vie. Mais même de manière légale, il n’y a tellement rien qui est fait, ou c’est tellement mal fait. Toutes les obligations de réhabilitation de sites miniers sont mal surveillées. J’ai vu des cratères partout, dans un état effrayant. L’orpaillage abime la forêt guyanaise et impacte les populations locales qui ne peuvent pas vivre comme ils ont envie de vivre. »

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© Collectif Or de question

Ouvrir les yeux et les consciences

Guyane reste une fiction, mais très proche de la réalité. La présence au casting de membres des Jeunesses autochtones de Guyane a été un plus pour la crédibilité de la série ? Leur présence apporte quelque chose de plus à la lutte des peuples autochtones ?

« C’est ce qu’on pense et qu’on espère. Pour Christophe Yanuwana Pierre, leader de la Jeunesse autochtone guyanaise, les réalisateurs qui ont travaillé avec lui, lui ont beaucoup demandé son avis sur le scénario, sur ce qu’on disait, sur qu’on ne disait pas. Il y a des impondérables liés à la fabrication d’une série grand public de divertissement. Mais Christophe a veillé à ce qui soit dit soit vrai et juste. Pour nous, c’est une chose énorme de l’avoir avec nous. C’est comme si cela donnait un poids encore plus réel à cette histoire. Christophe Yanuwana Pierre et Alexis Tiouka, qui ne sont pas acteurs, se sont dit que cela pouvait être un vrai moyen que l’on parle d’eux et de leur combat. »

Je ne sais pas si on peut dire que Guyane est une série militante. mais actuellement le projet Montagne d’Or est au cœur du débat. La décision devrait intervenir sous peu. Est-ce que cette série peut ouvrir les yeux de la population de métropole, et du gouvernement, sur le danger que fait courir le projet Montagne d’Or ?

« Que la série soit militante, je ne pense pas qu’elle le soit tant que cela. Mais en même temps elle montre des choses. Elle n’a pas été faite pour cela, même si on était tous très contents de développer ce sujet-là. La chance qu’on a, c’est qu’elle a été diffusée en plein milieu du débat sur Montagne d’or. Je sais, par le retour que j’ai eu, que les gens ont été très touchés et très attentifs à cette problématique-là. Je pense que cela ouvre des yeux et des consciences sur ces sujets-là. En fait, on ne sait pas forcément : d’abord qu’il y a des peuples autochtones français ; deuxièmement, des peuples qui sont exposés à ces dangers-là ; et troisièmement ce qu’on fait à notre forêt. Je pense que, sur les gens qui voient la série, cela fonctionne plutôt bien. Et c’est un bon outil pour la campagne contre Montagne d’or. Ensuite, pour le gouvernement, je ne peux pas imaginer qu’il ne soit pas au courant des dangers qui sont pris, des risques qui sont pris, des choix qui sont fait contre la population. Il y a une concertation qui a été négative, qui n’a pas vraiment été entendue. Forcément le gouvernement est au courant. Sur ce genre de choses, cela ne peut être que politique. C’est impossible de dire que la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) et le gouvernement mettent en place ce projet Montagne d’or en croyant réellement qu’il n’y aura pas de danger. On sait que l’extractivisme exemplaire n’existe pas. C’est une histoire de volonté. »

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© Jeunesse autochtone de Guyane (JAG)

Ce combat, que ce soit pour le peuple Krenak ou contre Montagne d’Or, c’est quelque chose que vous allez continuer à mener ?

« Je crois que oui. Olivier Rabourdin est complètement impliqué dans cette lutte-là. Evidemment on va suivre Geovani Krenak et son combat et essayer de relayer les choses tant qu’on pourra. Pour Montagne d’or on est carrément très mobilisés contre. Alexis Tiouka est devenu un ami. Donc indépendamment du sujet global, sa vie nous intéresse et nous préoccupe. On est sensible à tous ses combats et tout ce qu’il porte. On va continuer ce combat-là autant qu’on peut. »

Pour aller plus loin :

 

 

Reportage Fréquence Terre : À Bruxelles avec 65 à 75.000 manifestants pour le climat ! (Partenariat avec POUR)

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Quelque 65 à 75.000 personnes ont défilé pacifiquement dans Bruxelles, en ce dimanche pluvieux et maussade 2 décembre 2018.  Témoignages majeurs, slogans et conclusions de notre chroniqueur sur place en direct (écoutez le podcast) :
Deux témoignages (résumés) :
« Nous dérangeons d’une certaine manière parce que nous sommes obligés de changer nos habitudes (…) Les politiques n’avancent pas, mais nous espérons que le fait d’être dans la rue, ils pourront nous entendre ! Nous avons déjà franchi la ligne rouge… » (Vincent)
« Il faut se mobiliser, tous ensemble, pour essayer de faire évoluer la façon dont nos politiques voient les choses (…) Si les politiques sont les décideurs, ils dépendent de nous et sont tributaires de notre avis. Je leur fais confiance car ils doivent voir le nombre de personnes à vouloir changer les choses. J’espère qu’ils vont agir en conséquence et prendre des décisions qui soient en rapport avec cette population qui manifeste pour le climat. » (Une jeune fille qui, dans l’interview, expliqua son comportement « écologique » au quotidien – podcast –  et qui portait un panneau avec le slogan : « Désolés pour le dérangement, on essaie de sauver notre avenir »)
Des slogans :
« Respecte la Mer »
« Un avenir pour nos petits-enfants, s’il vous plaît, messieurs les politiciens ! »
« Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué la dernière rivière et pêché le dernier poisson, ils comprendront que l’€ ne se mange pas »
« Maintenant ou jamais ! »
« Une terre à vivre, c’est le plus beau combat à mener de toute l’humanité »
Conclusion de notre chroniqueur : « En voyant cette foule immense de dizaines de milliers de personnes passer devant les bureaux de la Communauté européenne, je me dis que si les politiciens n’ont pas perçu le message que les citoyens, saturés de leurs turpitudes et hésitations, leur envoient, c’est qu’ils sont indignes de les représenter en tant qu’élus du peuple.

Quant aux lobbyistes, qu’ils sachent qu’ils sont sous haute surveillance d’un peuple qui manifeste pour sa survie. »

 
 

Le miel du lion (1) de Matthew Neill Null (Albin Michel)  

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Le miel du lion de Matthew Neill Null (Albin Michel) ne peut pas se résumer en une seule chronique, tant ce roman est dense, riche en événements, une véritable encyclopédie de la condition humaine et des rapports sociaux en un seul volume de plus de 400 pages.
L’auteur décrit les impitoyables conditions de travail de centaines de « Loups de la forêt », c’est-à-dire des bûcherons, mais, également, des débardeurs, scieurs, affûteurs d’outils, tronçonneurs, poseurs de voies pour acheminer par le rail hommes et arbres coupés.
Il y a aussi la vie de tous ceux qui entourent ces forçats : les commerçants, pasteurs, flics, prostituées, magasiniers…
Ce monde de plusieurs milliers de personnes détruit méthodiquement 4 000 hectares de forêts en Virginie-Occidentale au début du XXe siècle pour le compte d’une entreprise capitaliste menée, sans foi ni loi, par trois New Yorkais qui y avaient fait la guerre de Sécession. L’un d’eux, avait repéré la majesté des arbres centenaires et les affaires qu’il pouvait en tirer.
Cela donne un roman poignant, noir, révoltant, dont j’ai déjà extrait quelques passages en guise de citations :
« Mérite-t-on une terre que l’on n’a pas travaillée ? »
« La science est la magie de l’homme moderne. »
« Nul n’est lui-même tant qu’il n’a pas passé un demi-siècle sur la terre. »
« Patienter est le meilleur moyen de laisser passer une occasion. »
« S’il ne faut pas insulter les morts, il ne faut pas insulter la vérité. »
« Être l’ami de tout le monde revient à n’être celui de personne. »