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Le trophée 2018 du voyagiste-plongée écoresponsable pour AWATHEA !

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Au salon de la plongée en Janvier 2019, le trophée du voyagiste-plongée écoresponsable 2018 a été remis par L’association LONGITUDE 181 à AWATHEA. L’occasion de rencontrer Claire LE SAUX, sa dirigeante et d’évoquer avec elle les conditions dans lesquelles elle a obtenu ce trophée. Une exemplarité à suivre. Une référence à choisir.

Le TROPHEE 2017 des centres écoresponsables à EQUATION DIVE !

LONGITUDE 181 : UNE ASSOCIATION POUR NE PAS PERDRE LE CAP !

Longitude 181

« Un violon en forêt » de Didier Cornaille (Les Presses de la Cité)

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Nouveau PGF siteFT 19téléchargement 2Le dilemme quand vous lisez plusieurs fois un même auteur et que vous avez l’apprécié, est de savoir s’il en sera de même avec l’ouvrage que vous débutez, malgré ce qu’en dit la quatrième de couverture.

Ainsi, j’avais adoré Les Trois Chats de Chamasson écrit il y a une paire d’années par Didier Cornaille et allais-je y ajouter Un violon en forêt ?

Certes, comparaison n’est pas raison, mais force de constater que, si ce nouveau récit de terroir relève d’une tout autre histoire, il m’a autant enthousiasmé.

Magie de la plume ? Choix d’un récit qui accroche ? Les deux à la fois ? Allez savoir et, dans le fond, peu importe.

En revanche, la guéguerre que se livraient les villageois de Chausseney et Montfort se partageant les côtés d’une immense forêt et les roches de Montcouvert, ce n’était pas n’importe quoi depuis des générations !

À ce combat de coqs, s’ajoutaient des détails qui donnent la raison que telle famille ne daigne même pas saluer telle autre famille, que l’on change de trottoir, ou, plutôt de chemin afin de ne pas rencontrer tel villageois…

Ajoutons que routes, rails, nouveaux commerces, débuts du tourisme dans l’un de ces villages du Morvan attirent automatiquement la jalousie et l’envie de l’autre, et cela devient une quasi querelle permanente.

Jusqu’au jour où, un jeune de l’entité défavorisée tombe amoureux d’une belle de l’autre côté de la frontière et l’épouse, c’est cependant encore considéré comme une traîtrise, mais, son petit-fils qui adore revenir en week-end se promener avec son cheval dans la région, tombe, à son tour, amoureux, mais d’une jolie violoniste de la ville, Guillermina,  squattant une ferme abandonnée Elle trouve l’acoustique de la région exceptionnelle, eh alors, cela va tout changer ! En 300 pages vous allez vivre la métamorphose d’une région sous le splendide label de « convivialité », en somme.

 

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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Comment tout savoir des cachalots?

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A l’île MAurice , les cachalots  sont des animaux étudiés par François SARANO depuis plusieurs années.  Les résultats scientifiques sont importants, avec des avancées incroyables. Comment etudie-t-on leur comportement et quelle suite sra donnée : c’est ceque nous explique François SARANO dans cet interview faite dès son retour de sa dernière campagne début  Avril 2019 .

A écouter avec délectation et sans modération.

Conscience verte et capitalisme dévastateur (4)

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Nouveau PGF siteFT 18sagesses dailleursLes peuples racines, ceux qu’il arrive de mépriser en les appelant « les sauvages », avaient un principe de vie fondamental qui, outre le respect de l’environnement, était l’esprit collectif. Dans l’ouvrage Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen[1] qui a rencontré des « Passeurs de Mémoire », il est souligné que l’homme contemporain se doit de puiser la philosophie de sauvetage de notre planète malmenée dans le principe de vie de ces peuples : arrêtons nos individualisme et narcissisme exacerbés pour revivre en collectivité, cela permettra de se débarrasser des dogmes, de différences et autres sectarismes et fera place à la vie, à l’univers, à la perception de l’autre et de soi, à une intelligence collective.

En somme, il s’agit d’un retour aux pratiques de reliance et au langage de la nature, sans pour autant rejeter systématiquement des progrès technologiques et scientifiques.

Carl Gustav Jung (1875-1961) avait parfaitement assimilé certains enseignements de peuples racines quand, en 1925, il se rendit en Arizona et au Nouveau-Mexique et s’intéressa à la pensée des Indiens Pueblos, Navajos, Hopis…, puis au Kenya à la rencontre de peuples indigènes : « Ce fut à partir de ces rencontres qu’il élabora l’idée d’un inconscient collectif à toute l’humanité. »

 

Mais, l’ouvrage de Frederika Van Ingen est aussi particulièrement instructif en signifiant que pour les Amérindiens contemporains, l’importance vitale de la sauvegarde de la culture originale qui, au fil des décennies, disparaît de plus en plus, se fait de manière dramatique au point que des statistiques dressées en 2009 et 2014 montrent que le taux de suicide est très élevé chez les jeunes Apaches de moins de 25 ans : treize fois plus que dans l’ensemble de la population américaine du même âge.

Deux raisons sont avancées à cet inquiétant constat : ces jeunes ont perdu la fierté d’être apaches et le fait de ne plus pouvoir vivre leurs traditions.

En d’autres endroits, la situation fut partiellement sauvée, ainsi, au cœur de l’Amazonie, les Surui étaient environ 5 000 et en trois ans, de 1969 à 1972, ils sont passés à 242 depuis que débarquèrent les colons coupant leurs arbres et apportant leurs maladies, jusque là inconnues de ce peuple racine.

Après un dur combat pour sauver ce qui pouvait encore l’être, un plan sur cinquante ans de gestion de ce patrimoine a été mis péniblement en place en 2000 pour une adaptabilité au monde industriel et un respect de la Terre-Mère.

La fameuse conscience verte de ces peuples qui, en l’associant à la vision occidentale capitaliste devrait pouvoir sauver un minimum de ce patrimoine humain exceptionnel. Le défi est grand mais il est vital. Pour eux et pour nous.

[1] J’ai Lu, France, 2018.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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« Le yoga au lit »D’Agnès Australe (Albin Michel )

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Si je vous dis yoga, il y a de fortes chances pour que d’emblée vous pensez à postures compliquées, apprentissage laborieux, matériel spécifique, etc. Mais, savez-vous que le yoga qui signifie « union » ou « lien » en sanskrit, privilégie la qualité, plutôt que la quantité,  privilégie aussi l’observation de soi et le relâchement plutôt que la rapidité et la performance. Et figurez-vous, qu’il est possible de pratiquer des postures simples, voir même ultra-simples dans un lieu idéal qui est votre lit.

C’est ce que nous explique Agnès Australe, auteure de l’ouvrage « Le yoga au lit » paru chez Albin Michel. Il ne vous faut aucun tapis de sol ni aucune tenue coûteuse. Bien sûr, votre matelas sera plutôt ferme et l’un ou l’autre oreiller vous seront fort utiles.  Chaque exercice est parfaitement bien illustré par Hélène Lafaix.  Il vous suffit  juste de prendre un peu de temps au réveil ou au coucher et de pratiquer les différentes  postures soit  couchées sur le dos, sur le ventre ou encore assises mais aussi  de pratiquer des exercices de respiration, de relaxation et de méditation.

Pour votre information, sachez que le  yoga nous encourage à être plus attentifs à nous-mêmes et nous permet de vivre l’instant présent. C’est une pratique qui aide à procurer un délassement profond du corps et un apaisement du mental.

Alors, ne reportez pas à demain et commencez dès maintenant afin de revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à ce qu’il se passe içi et maintenant. Bonne pratique !

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Grândola Vila Morena : Terre de fraternité où le peuple commande

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Nouveau PGF siteFT 19Il y a peu de temps, le Portugal célébrait le 45e anniversaire de la « Révolution des Œillets », c’est-à-dire ce moment historique de 1974 où, pacifiquement, la dictature fut remplacée par la démocratie.

Et tout, ça avec l’aide précieuse d’une chanson : « Grândola vila morena » du poète José Afonso dit Zeca.

« Terre de fraternité,

Grândola ville brune

En chaque visage l’égalité

C’est le peuple qui commande »

Dans un livre qui vient de paraître aux Éditions Otium, Grândola vila morena, Mercedes Guerreiro et Jean Lemaître nous retracent, heure par heure, le déroulement de cet extraordinaire instant de libération de tout un peuple qui, durant près de cinq décennies, avait vécu, plutôt survécu, dans le régime de terreur de Salazar et de ses sbires, dont la tristement célèbre PIDE devenue DGS, police politique secondée par les traditionnels indicateurs.

Et, ce fut grâce à la diffusion sur antenne de la chanson de Zeca, que le signal de départ de cette révolution put avoir lieu dans la nuit du 24 au 25 avril. Aussitôt, vingt-quatre unités des armées (marine, aviation, infanterie), réparties dans tout le pays, se mirent en marche et renversèrent la dictature de manière, j’insiste, totalement pacifique.

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Jean Lemaître (Photo M-P.P., Fréquence Terre).

Inutile de dire que cette opération avait été minutieusement préparée, car les fonctionnaires de la censure, les indics, les policiers en civil, des fidèles du fascisme… quadrillaient le pays et veillaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre. D’ailleurs, la « Révolution des Œillets » n’a tenu qu’à un fil, comme il est expliqué dans le livre.

L’auteur, Jean Lemaître, lors d’une présentation de cette nuit exceptionnelle, attira l’attention, entre autres, sur le fait que les jeunes militaires qui avaient réalisé le soulèvement avec le peuple, se sont ensuite retirés dans leurs casernes et qu’actuellement, les forces de l’ordre et armées portugaises défilent lors des commémorations en rangs serrés « fières de ne plus être le bras armé d’une dictature ».

Outre le récit de ce moment d’Histoire, les auteurs s’attardent sur la personnalité de José Afonso et le sens  profond donné aux paroles de sa chanson.

En lisant cet ouvrage, on se dit que l’on ne voudrait plus revivre pareille période de terreur et, pourtant, la peste brune semble à nouveau, petit à petit, envahir l’Europe et que l’on s’éloigne insidieusement de cette « terre de fraternité où à chaque coin de rue on rencontre le visage de l’égalité. »

Musique : extrait de « Grandôla vila morena » (youtube)

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Autochtones du Brésil : l’art comme arme de sensibilisation

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Face à la crise des droits humains et au défi environnemental, les voix des peuples autochtones peuvent être des sources d’inspiration pour l’ensemble de la planète. Partage, solidarité et action… C’est ce à quoi nous invitent notamment les peuples indigènes du Brésil. Dans un contexte politique qui marque selon eux un véritable retour en arrière, trois de leurs représentants étaient à Grenoble début avril. Ils sont venus témoigner de la situation dans leur pays et apporter leurs pistes d’actions.

Avec Marion Veber, chargée de mission Droits des peuples à la Fondation France Libertés.

Ils sont artistes ou avocats. Ces trois représentants sont venus porter la lutte de leur peuple face aux attaques incessantes sur leurs droits et leur mode de vie. Ce qu’ils entendent dénoncer, c’est aussi le danger qui pèse sur leur culture, leurs langues et sur leur diversité.

« Aujourd’hui on a 305 peuples autochtones rien qu’au Brésil et 274 langues. C’est une réelle diversité, c’est une véritable richesse. Mais aujourd’hui, avec toutes ces politiques-là, on craint effectivement une disparition de langues, de peuples. C’est ce que les autochtones dénoncent. C’est un ethnocide, une mise à mal de leur culture ».

Ils entendent aussi sensibiliser à leur combat à travers l’art.

« C’est vrai que les trois autochtones qui étaient présents avaient une sensibilité artistique très forte, notamment JAIDER ESBELL qui est probablement un des plus grands artistes autochtones du Brésil et DAIARA TUKANO qui est elle-même artiste. L’idée était de montrer l’art autochtone contemporain, puisqu’on a très peu, malheureusement, d’exposition sur cette thématique. Par exemple Jaider Esbell est venu avec un livre d’histoire de l’art qu’il a trouvé dans une brocante, qui est un livre particulièrement classique de l’histoire de l’art, très européo-centré. Il s’est complètement réapproprié cette histoire en dessinant sur cet ouvrage. Du coup il a trouvé un autre titre à ce libre qu’il a appelé « Lettre au vieux monde ». Avec cette œuvre de Jaider, et les œuvres aussi de Daiara, l’idée est de nous faire réfléchir sur ce qu’on pense être la norme, sur ce qu’on nous apprend à l’école, sur ce qu’on apprend en histoire. Et de nous réinterroger sur un grand nombre de concepts, notamment par exemple la fameuse idée de découverte de l’Amérique, qu’ils réfutent complètement, et qui est de plus en plus mise en cause. Mais ils préfèrent appeler ça une invasion ou un génocide. Ils nous invitent avec cet art à repenser l’histoire, à décoloniser nos mentalités et à nous ouvrir à leur cosmovision. On a énormément de leurs dessins qui mettent en avant leur façon d’appréhender le monde, la nature, le fait que l’homme est au centre de la nature et n’est pas un être au-dessus de la nature. Donc cela donne des dessins extrêmement riches en termes de réflexion ».

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© Daiara Tukano

Ils témoignent de leur attachement profond à leur territoire. Et ce n’est pas pour rester confinés dans le passé, mais bien pour envisager collectivement l’avenir de la planète, durablement.

« C’est ça. Ils sont venu aussi en Europe pour interpeller sur les interconnexions entre leur bataille qui mènent sur leur territoire et le défi auquel toute l’humanité doit faire face du changement climatique et d’un autre rapport au monde pour qu’il soit plus pérenne. Et effectivement ils nous invitent à s’allier à eux et à résister ensemble pour ce territoire, pour une eau pure, pour un air pur, etc.. C’est effectivement une invitation à travailler ensemble ».

Quel est leur message à la communauté internationale à travers leur témoignage… ? quelle vision du monde entendent-ils promouvoir ?

« Il sont venus effectivement pour dénoncer la situation des violations de leurs droits, mais aussi montrer toutes les résistances qui sont en cours au Brésil et donner à voir les luttes en cours et donner un minimum d’espoir. Dans les exemples concrets qui peuvent être mis en place, ils ont beaucoup insisté sur le boycott. Le boycott par exemple de l’agrobusiness brésilien, c’est à dire de ne plus acheter de soja, de canne à sucre, de bœuf qui viennent d’Amazonie, parce que la plupart du temps ça voudrait dire qu’il y aura eu déforestation, accaparement de leur territoire, et bien évidemment utilisation de pesticides de manière abondante. Ils vont nous demander également de ne plus consommer de produits qui intègrent leurs savoirs traditionnels sans qu’ils y aient consenti : par exemple le Coca Life qui intègre des savoirs d’autochtones du Brésil et du Paraguay. Ils nous invitent à prendre des mesures déjà en tant qu’individus pour être en accord avec ce qu’on souhaite promouvoir, et après en tant que société civile, d’alliance, de sensibilisation et d’actions communes ».

Pour aller plus loin :

Peuples autochtones et planète : des combats communs

 

Défenseur de l’Océan -Albert FALCO , L’Océanaute

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un hommage à Albert FALCO, le premier homme-poisson,   le premier océanaute à vivre sous la mer.  Son combat : Défendre la mer, qui lui a tout donné.  Ecoutons-le dans cet extrait compilé d’un multi -images réalisé  en 2002  par François SARANO et Vincent Ohl, , intitulé 20 000 heures sous les mers et ré-édité par LONGITUDE 181  à l’occasion des 15 ans de cette association.. Vous allez en savoir plus sur son histoire et son message, toujours d’actualité, humaniste et généreux.

Gaston-le-philosophe

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Nouveau PGF siteFT 18DSC03443Le magazine Philosophie vient de rééditer le surprenant ouvrage Gaston, un philosophe au travail. Non, il ne s’agit pas d’un gag digne de Franquin, le père spirituel de ce personnage désopilant de la BD, mais d’un livre qui analyse ce phénomène qui « ne dénonce rien, mais exprime une forme de résistance à l’ordre de l’entreprise ».

En somme, Gaston Lagaffe incarne un peu la désobéissance civile. Et, qui dit désobéissance civile, dit pacifisme dont n’est pas exclu l’humour. Que du contraire !

D’emblée d’ouvrage, le lecteur apprend que ce gaffeur invétéré est « une réponse possible à la question du sens, sinon de la vie, du moins, du travail. »

Alors, sociologues, anthropologue, philosophe des sciences, spécialistes de l’histoire des médias et des sciences, ingénieur, romancier, musicologue… analysent à partir de planches l’existentialisme cher à Gaston Lagaffe qui, dans le fond, est un adepte de la slow attitude, un doux subversif, un amoureux de la musique, un bricoleur qui préfigure le hacker, un activiste pacifiste, un poète, un inventeur…

Tout cela dans une série d’ouvrages aux sujets aussi sérieux que Montaigne, le Coran, Spinoza, l’Iliade et l’Odyssée…, il aurait été intéressant de connaître l’avis de Franquin, l’auteur de centaines de planches dévolues à son cher Gaston, sur toute cette analyse de spécialistes qui ont savamment décortiqué son œuvre que lui, hypothèse plausible, ne désirait produire que pour faire rire suite à une observation pointue de ses contemporains et une imagination fertile.

Peut-être que Gaston, un philosophe au travail, ne fait que corroborer la maxime que « Tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », plutôt gaiement, sans chercher midi à quatorze heures !

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Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

 

Peuples autochtones et planète : des combats communs

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La protection de la planète est l’enjeu majeur de ce siècle pour la communauté internationale. Mais cette lutte rejoint le combat des peuples autochtones pour leur survie.

Cette convergence des luttes était au cœur d’une table ronde organisée début avril à Grenoble, dans le cadre d’une quinzaine dédiée à la résistance des peuples autochtones et aux écocides. Avec en point d’orgue, la question des menaces qui pèsent sur les peuples autochtones du Brésil.

Vous étiez présente à Grenoble le 9 avril dernier où vous participiez à cette table ronde qui s’est tenue autour de cette idée : respect de la nature et défense des peuples autochtones restent totalement liés.

« Un chiffre pour illustrer cette proximité entre défense des droits des peuples autochtones et défense de l’environnement : aujourd’hui, les peuples autochtones occupent environ 20% des territoires sur la planète. Mais dans ces 20% se trouvent 80% de la biodiversité mondiale. Donc effectivement, le lien entre protection des écosystèmes de la nature et droits des peuples autochtones est extrêmement fort. Aujourd’hui, un de nos axes de plaidoyer très fort est, justement, que la lutte contre le changement climatique et pour la préservation des écosystèmes passe par la reconnaissance des droits des peuples autochtones pour qu’ils puissent gérer leurs territoires comme ils le souhaitent. On sait que, de par leur mode de vie, ils ont un rapport à la nature qui est généralement beaucoup plus harmonieux que nos sociétés occidentales, même si on ne peut pas généraliser ça à tous les autochtones. Mais, quand même, on constate un autre rapport à la nature que celui qu’on a en Occident ».

Et inversement, le dérèglement climatique menace la biodiversité et donc leur survie.

« Ce sont effectivement parmi les premières victimes de ces menaces environnementales et climatiques, mais aussi du coup les premiers en front de résistance. Ils sont extrêmement mobilisés en fait pour défendre leur territoire. Donc ils se mobilisent aussi pour nous tous ».

Face à ces attaques, les peuples autochtones s’organisent et agissent, notamment dans les instances internationales.

« Les peuples autochtones ont pénétré dans les instances internationales depuis plusieurs dizaines d’années. Mais c’est vrai qu’avec la COP 21, on a eu une plus grande visibilité de leur lutte. Et aujourd’hui, des instances comme le GIEC reconnaissent même leurs connaissances traditionnelles comme un des éléments à réellement prendre en compte, puisqu’ils ont une connaissance très fine de la biodiversité, des écosystèmes. Ils peuvent prévoir des changements de météo, de par leurs observations de la biodiversité . Donc ils arrivent à faire reconnaître leurs connaissances au même titre que de la science dite occidentale. Donc c’est un premier élément. Et le deuxième élément, c’est qu’aujourd’hui, dans de nombreux textes internationaux, la question des peuples autochtones et de leurs droits est souvent mise en avant, malheureusement très souvent que dans le préambule et dans des articles non contraignants. Mais c’est déjà un premier pas pour rendre visible cet enjeu-là ».

Et il y a aussi l’enjeu de l’écocide qui est porté par leurs représentants.

« Pour eux, l’écocide, le fait de tuer les éléments qui constituent la nature et les équilibres des écosystèmes, elle va de pair avec ce qu’eux nomment génocide ou parfois ethnocide. C’est à dire que, en tuant la nature, on tue ces peuples, puisqu’on met à mal leur mode de vie. Donc souvent, ils lient les deux. Ecocide et génocide sont extrêmement liés. Donc ils se font en fait les porteurs effectivement de nouveaux termes juridiques qui sont aujourd’hui de plus en plus repris par des juristes occidentaux qui visent à repenser notre système de droit. C’est le même principe aussi avec la montée en puissance de ce qu’on appelle les droits de la nature : reconnaître des droits à la nature ».

Exemple concret de ces menaces : le Brésil. Là-bas, les peuples autochtones subissent depuis longtemps ces attaques, déforestation, exploitation minière, entre autres. Trois représentants des ces populations étaient présents à Grenoble… des artistes et avocats militants qui sont venus témoigner. Quel constat de la situation qu’ils vivent depuis des années ont-ils mis en avant ?

« Effectivement, le constat c’est que la situation se perpétue dans le temps, mais qui, avec la récente élection de Bolsonaro, s’intensifie. Ce qu’ils venaient faire avec cette tournée en Europe, c’était d’alerter sur toutes les menaces qui pèsent sur les peuples autochtones en ce moment au Brésil, avec, notamment, ce nouveau président qui est ouvertement raciste et qui entend mener une politique extrêmement assimilationniste des autochtones et ouvrir leur territoire à l’exploitation. Il considère que les territoires autochtones sont improductifs. C’est à dire que le fait que ce soit une forêt inexploitée, dont les ressources, telles que l’or, l’eau, ne sont pas exploitées, c’est une perte pour le développement du pays. Donc il souhaite vraiment ouvrir à l’exploitation tous ces territoires. C’est une véritable menace pour les autochtones aujourd’hui ».

La situation s’est aggravée depuis l’arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir. Les représentants autochtones parlent clairement d’un retour en arrière sur toute un tas de droits humains.

« C’est ça. On a eu plusieurs exemples. Cela fait seulement un peu plus de 100 jours que monsieur Bolsonaro a été élu. Mais on a eu déjà énormément de signes extrêmement négatifs, avec par exemple la démarcation des territoires autochtones qui permet aux autochtones d’avoir des droits sur leur territoire. Elle a été transférée du ministère de la Justice au ministère de l’Agriculture. Or, quand on sait qu’au Brésil, l’agrobusiness est extrêmement puissant, on se doute que ce n’est pas anodin que cette décision a été prise et que ce soit maintenant le ministère de l’Agriculture qui soit en charge de cette question. On craint finalement une montée en puissance des exportations de soja, de bœuf, notamment, sur ces territoires. Un autre exemple plus récent, il y a quelques semaines, le gouvernement a aussi souhaité mettre fin au système de santé autochtone, qui permettait aux autochtones d’avoir accès à des soins sur leur territoire et des soins adaptés à leurs besoins spécifiques. Monsieur Bolsonaro souhaitait rompre avec ce système. Mais évidemment les autochtones se sont très fortement mobilisés. Il y a eu énormément de protestations et finalement il y a eu un retour en arrière du ministre de la Santé. Mais c’est pour montrer qu’effectivement il y a une réelle volonté affichée du gouvernement Bolsonaro de retour en arrière sur cette question autochtone. Il considère par exemple aussi que les autochtones, aujourd’hui, ont trop de territoires, des territoires trop importants au vue du nombre d’autochtones qui vivent sur cette terre. Mais monsieur Bolsonaro, probablement, oublie qu’avant l’existence du Brésil ces peuples-là étaient sur leur territoire, étaient chez eux. Donc c’est aussi ce que les trois autochtones étaient venus nous dire : de repenser nos conceptions ».

Et la semaine prochaine nous verrons quelle vision nous invitent les autochtones brésiliens à partager pour surmonter les crises que nous connaissons.

Pour aller plus loin :

Extractivisme au Brésil : un système à bout de souffle