
« Il faut écouter cet homme-là ! » dit Nicolas Hulot au sujet de Pierre Rabhi auteur du remarquable Manifeste pour la Terre et l’Humanisme avec en sous-titre « Pour une insurrection des consciences » paru à Actes Sud.
Pierre Rabhi, né dans le désert algérien, pratiqua de petits boulots, débarqua en France comme ouvrier, puis se mit à labourer la terre pierreuse d’Ardèche et fit de cette expérience un réel engagement sociétal pour sauver l’environnement de la débâcle.
Révolté pacifiste, il nous déclare dans son nouveau livre qu’« au-delà des catégories, des nationalismes, des idéologies, des clivages politiques et de tout ce qui fragmente notre réalité commune, c’est à l’insurrection et à la fédération des consciences que je fais aujourd’hui appel pour mutualiser ce que l’humanité a de meilleur et éviter le pire. »
Il s’explique de manière assez catégorique sur les moyens à mettre en œuvre pour sauver notre planète du désastre : « Je suis convaincu que la survie de l’espèce humaine ne pourra se passer de l’intégration de deux notions fondamentales : le respect de la Terre, comme planète à laquelle nous devons vie et dont nous ne pouvons nous dissocier (et à son prolongement direct qu’est la terre nourricière), et l’avènement d’un humanisme planétaire, seule perspective capable de donner un sens à l’histoire de l’humanité en tant que phénomène. »
Dans cet ouvrage, il aborde de manière détaillée en apportant des solutions réalistes, les problèmes de la sécheresse, de la pénurie d’eau, des inondations, de la faim et de la détresse alimentaire, de la perte de la biodiversité, des manipulations génétiques, des OGM et pesticides, de la frénésie à la mobilité, de la destruction des abeilles, des changements climatiques…
Alors, place à l’agroécologie, à la culture de son jardin comme véritable acte politique, et, surtout, à l’humanisme tout en précisant que l’être humain doit aussi cesser de s’octroyer le statut de prince et abuser de sa souveraineté et respecter la biosphère et toutes ses créatures.
De plus, que les superoutils technologiques soient indissociables des superconsciences.
Pour ce faire et à la base de la transformation du monde, il y a évidemment une transformation personnelle basée sur la modération, l’autolimitation, la permaculture, l’agroforesterie, les villes à zéro déchet, l’autopartage, la répartition équitable des richesses, des regroupements de consommateurs, des pédagogies alternatives…
En conclusion, Pierre Rabhi clame : « Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent, pour que les animaux qui s’en nourrissent prospèrent, pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée. »

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music


Il est des livres qui ne laissent aucune trace dans votre esprit, en revanche, comme le flux et le reflux de l’océan, certains vous reviennent tant ils vous ont marqué. Lucie Lumière de Gérard Georges (Presses de la Cité) est de cette dernière catégorie dans la mesure où, non seulement c’est remarquablement rédigé dans un style direct et avec une sorte de suspense quasiment à chaque page, mais l’histoire touche au plus profond de notre conscience.
Si vous êtes de passage ou résidez dans la Capitale de l’Europe, il vous reste jusqu’au 21 avril 2019 pour découvrir au Musée du Cinquantenaire une extraordinaire exposition dédiée à l’art inca.
L’art textile, considéré comme un art majeur, fut à l’origine de tous les arts plastiques. Il influença l’architecture, la céramique ainsi que la métallurgie.
Symboles de pouvoir et de prestige, utilisés comme offrandes funéraires ou biens d’échanges, des tissus servaient bien plus qu’à s’habiller.
Au 4e millénaire av. J.-C. ce furent les premières utilisations du coton sur la côte et de la laine de lamas, d’alpagas dans les Hautes Terres.



Une fois n’est pas coutume, c’est à une bande dessinée, disons documentaire historique, qu’est consacrée cette chronique : Louis Renault – Inventeur de génie et artisan de la Victoire (Éditions du Triomphe), un album aux remarquables dessins de Willy Harold Williamson bien connu des bédéphiles puisqu’il publia chez Dargaud, Lombard, Dervy, Tredaniel…, entre autres, et l’historien Patrick Deschamp pour le texte, assez fourni.
Outre l’histoire de ce génial inventeur qui déposa quelque 800 brevets durant sa vie, l’intérêt de l’ouvrage réside dans le témoignage de sa petite-fille, Christine Renault, qui, dans la préface, corrobore les dires du dessinateur et apporte quelques précisions : « Louis, orphelin très tôt, était solitaire, secret, allergique aux conventions, mais il était passionné de métallurgie et de locomotion. Il détestait les diplômes, les banques et les mondanités, mais il était pragmatique et ce qui lui importait avant tout c’était de créer en toute liberté. »
La page POUR affiche 100 000 abonnés sur Facebook, et, comme le signale son fondateur, Jean-Claude Garot : « On essaie d’éviter la langue de bois. Nos arguments sont tellement étayés que nous ne craignons pas le moindre procès ! POUR c’est créer un autre média que les médias prépondérants et nous proposons aux citoyens certains témoignages qu’ils ne trouveront pas chez ces derniers. »

Cette troisième chronique consacrée à l’essai, disons initiatique, Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen (J’ai lu) évoque les peuples racines qui subsistent encore, ci et là, sur la planète.
À ce propos, l’auteure cite Umberto Eco qui conseille « d’aller voir ce que ces peuples premiers ont à nous dire, pour qu’ils puissent nous dire, à nous, Occidentaux, qui nous sommes. »