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Les chats ont pris le pouvoir

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Selon Un lion sur le canapé Abigail Tucker édité chez Albin Michel, la population mondiale des chats domestiques est estimée à plus de 600 millions d’individus, alors que seulement 20 000 irréductibles lions survivent à grand peine.

Autre constat, le web est véritablement saturé d’images de chats.  Pourtant  « les chats ne rapportent pas le journal et ne pondent pas d’œufs » remarque l’auteure. Mais force est de constater que le chat domestique a une capacité prodigieuse d’adaptation.  En réalité, il est une espèce invasive et ravage toutes sortes d’écosystèmes.

Abigail Tucker enquêta auprès de spécialistes divers comme  des scientifiques, historiens, anthropologues, éleveurs, militants…  afin de mieux comprendre cette fascination pour le chat domestique et pour chercher à répondre à la question « pourquoi les chats sont-ils les seuls à être restés à nos côtés pour toujours, et à avoir été domestiqués ? ».

Et en parlant de domestication, au départ le chat est un très mauvais candidat car il est peu sociable, plutôt nocturne  et l’on serait plutôt enclin à dire qu’il s’est domestiqué tout seul. Autre question intéressante est quelle est la contribution du chat à la société ? Une croyance est qu’il contribue à éradiquer les nuisibles mais l’enquête que l’auteure mena auprès de spécialistes conclut que le chat n’a pas d’efficacité sur les nuisibles. À ce propos, le lecteur découvrira bien d’autres vérités surprenantes.

Un lion sur le canapé a un second titre qui est : Comment les chats nous ont domestiqués et sont devenus les maîtres du monde.

L’ouvrage est absolument passionnant, il regorge d’explorations inattendues, d’informations passionnantes, de délicieuses pépites d’humour  qui permettent au lecteur d’élaborer son point de vue sur la question de façon vivante et aisée.

Spécialiste des animaux, la journaliste américaine Abigail Tucker a parcouru le monde pour observer et écrire sur les loups roux, les lions de Tanzanie avant de comprendre que le meilleur sujet était juste là sous ses yeux, inspirée par son propre chat. Elle a exploré son sujet de A à Z en allant aussi bien dans les étendues sauvages  sur les traces des premiers chats et, d’autre part, en allant caresser des minets dans des bars à chats.

Quand vous  refermez ce livre sur le nouveau roi des animaux, nul doute que votre amour pour votre chat sera encore plus grand !

Abigail Tucker est écrivaine, spécialiste des animaux sauvages, chroniqueuse au Smithsonian Magazine. Son livre a été distingué comme Best science Books of 2016 par le Library Journal, le Smithsonan Institute et Forbes.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Défenseur de l’Océan -Steven SURINA : comment démystifier la peur du requin

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Un guide  sous -marin qui est l’ observateur privilégié des requins , Steven SURINA de Shark EDUCATION, nous explique les comportements du requin et démystifie les préjugés, les peurs  que suscite cet animal indompté . A écouter et diffuser sans modération !

http://www.longitude181.org                        http://www.sharkeducation.com/

 

Des politiciens-lobbyistes forment des « casseurs »

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Nouveau PGF siteFT 17Trois à quatre heures avant la manifestation bruxelloise pour le climat de ce 31 mars 2019, j’avais lancé cette alerte sur les réseaux sociaux :

« En France avec les gilets jaunes, en Belgique avec les manifs pour le climat, en Algérie pour la démocratie, au départ PACIFISTES, j’ai l’impression que les dénigrements, reniements, tergiversations et autres dédains des politiciens-lobbyistes sont une stratégie pour pousser ces citoyens à bout, d’où de possibles violences et, alors, les « élus » clameront, la bouche en cul de poule et la main sur le coeur : « Vous voyez, ce sont des casseurs !!! » »

Eh bien, cela s’est avéré exact ! Après plus de trois mois de manifestations pacifistes dans les rues de la capitale de l’Europe, les politiciens belges ont enterré avec mépris et dédain la « Loi Climat » pourtant promise aux citoyens. Le résultat ne s’est pas fait attendre ce dimanche  31 mars avec des violences urbaines, quand ce ne sont pas des policiers eux-mêmes « déguisés » en casseurs comme ce fut démontré en France…

Cependant, le combat pacifiste, tellement dérangeant pour les pouvoirs, se poursuit !

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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« Et si la révolution était possible » (2/2), Denis Langlois (SCUP)

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Nouveau PGF siteFT 16Il me fallait bien deux chroniques pour vous présenter l’essai Et si la révolution était possible de Denis Langlois aux Éditions SCUP, tant cet auteur de terrain (objecteur de conscience, ancien de Mai 68, pacifiste, avocat de toutes les causes perdues donc utopistes…), propose en 120 pages un important matériau de réflexion.

Texte 1En cette deuxième chronique, pas de longs discours mais quelques citations qui donnent un éclairage édifiant sur la manière de réagir dans notre société capitaliste, égoïste et violente et en faire une communauté internationale fraternelle et humaniste.

« Il y a lieu de former suffisamment d’animateurs, des donneurs de souffle, pour que leur permutation soit possible et qu’ils ne deviennent pas des politiciens professionnels, car n’oublions pas que les chefs naissent parce que les autres militants leur ont donné naissance. Un mouvement révolutionnaire doit être à l’image de la vie : libre, changeant, accessible à tous, enrichi des réflexions et du travail de chacun ».

Et l’auteur de peaufiner sa proposition : « Par définition, un mouvement révolutionnaire a besoin de toutes les bonnes volontés. Il représente le peuple, il est le peuple. Il en accueille toutes les composantes. Si l’on veut mener à bien une révolution et construire une société satisfaisante, l’impératif est clair : faire en sorte qu’elle ne soit pas régie par des rapports de pouvoir et même que le pouvoir n’y existe plus. Quand on n’a plus peur de celui-ci, ou plutôt qu’on a maîtrisé et dépassé sa peur, quand on n’a plus vis-à-vis de lui cet habituel complexe d’infériorité, quand on le défie, il n’est déjà plus tout à fait le pouvoir. »

Alors ? Comment réagir ? Denis Langlois propose : « Organisons des contre-forces selon nos possibilités sans violence car généralement plus difficile à contrer par les pouvoirs en place, surtout si l’humour en fait partie. Soyons honnêtes, écartons la censure, édifions un socle de valeurs acceptables pour tous, écoutons les autres, posons de bonnes questions, écartons la revanche, ne manipulons pas, établissons des canaux de communication plus sûrs et plus crédibles, le droit pour tous, l’épanouissement dans l’égalité, le bien-vivre ensemble, passons du travail forcé au travail choisi, allons à l’essentiel, renonçons à l’inutile… »

Bref, d’une prise de conscience individuelle, tendons vers une prise de conscience collective. Tout ça et bien d’autres éléments sont développés dans cet ouvrage, véritable mode d’emploi réaliste pour une indispensable révolution. Pacifiste, cela va de soi.

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Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Pourquoi et comment jeûner

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Pourquoi et comment jeûner

Les maladies augmentent et  la consommation de médicaments aussi. Une autre voie thérapeutique, une méthode ancienne, longtemps méconnue par la science est le jeûne, qui peut être une thérapie accessible à tous. D’ailleurs, notre corps est parfaitement adapté au fait de ne pas manger.

« J’ai moi-même expérimenté à plusieurs reprises une semaine de jeûne  en résidentiel et en groupe et à chaque fois je me sens renouvelée, légère et plus forte d’une expérience enrichissante. »

Depuis des décennies, en Russie, en Allemagne, aux États-Unis, des chercheurs explorent cette piste. Et les résultats sont étonnants,  le jeûne, selon eux, est efficace contre plusieurs maladies notamment par rapport à la maladie du siècle, le cancer. Mais jeûner fait peur.

« Souvent la question de l’interlocuteur lorsque j’annonce qu’il m’arrive de  pratiquer  le jeûne est : « Quoi ! Tu ne manges rien du tout pendant une semaine… »

En réalité, le corps s’adapte à la privation de nourriture. C’est le psychisme qui demande à manger et pas l’organe estomac. La sensation de faim disparaît environ après 3 jours de jeûne. Bien sûr, pour effectuer un jeûne d’une semaine, il y a une préparation minimale à suivre une semaine avant et une semaine après.

Bien se préparer au jeûne

Un jeûne cela se prépare. Il est important de bien adapter son métabolisme.  Pour cela il faut réduire les quantités de nourriture, et manger très sainement  avant. Mangez plutôt des fruits et légumes biologiques.

La veille du jeûne, il est d’ailleurs recommandé de ne boire que du jus de légumes et du jus de fruits. Le dernier repas pourra être un bouillon de légumes.

Comment  fonctionne l’organisme pendant le jeûne ?

Lors d’un jeûne d’une semaine, il y a un moment  parfois plus délicat  qui survient souvent vers le 3e jour,  il s’agit du passage  de la crise d’acidose. La crise d’acidose, aussi appelée l’effet rebond, peut durer de 24 à 48 heures et elle annonce le début de l’élimination, de la désintoxication.

Cette crise peut se traduire par une sensation de faiblesse, des nausées ou des migraines. En effet, le corps apprend alors à vivre de ses réserves.  Ensuite, il retrouve un nouvel équilibre. Dès la crise d’acidose passée, c’est une sensation de bien-être qui vous envahira. C’est une étape essentielle vers la guérison.

« En effet, lors de mes différents jeûnes en groupe résidentiel, j’ai observé que certaines personnes ont des symptômes  plus ou moins importants et d’autres, comme moi, ressentent juste une fatigue plus importante. De plus la cure de jeûne que j’ai suivie  propose un apport de minéraux via des petites rations de jus ou de bouillon  ce qui atténue la crise d’acidose. »

À savoir que le corps dispose de 3 carburants, le glucose, les protéines et les lipides. Après un jour, le glucose est épuisé alors le corps va fabriquer du glucose et va puiser dans les graisses pour créer un substitut de glucose.

Par exemple, une personne mesurant 1m70 et qui pèse 70kg possède  environ 15kg de réserve de graisse. De quoi tenir, s’il est en bonne santé, une quarantaine de jours. Après la crise, le corps trouve un nouvel équilibre et des soins appropriés aident à mieux supporter le jeûne.

« Effectivement, au programme d’une journée type il y aura 2 à 3h d’exercices physiques comme la marche, ensuite des soins comme le massage, le sauna, le lavement intestinal et, bien entendu, du repos.

Car, il importe d’être occupé au quotidien et aider le corps à faire au mieux son travail. Il faut aussi aider la tête à se détendre via la relaxation, la méditation, le scanning corporel et s’accorder du temps pour aller à la rencontre de soi. »

Tout converge vers un même objectif, stimuler les organes d’élimination que sont les poumons, les reins, les intestins, le foie, la peau. Le but est de permettre au corps d’éliminer les déchets du métabolisme. Le corps s’adapte et le mental traîne parfois. Le psychisme croit à des besoins qu’il n’a plus. Ce n’est pas l’estomac qui réclame à manger, c’est la tête. Et lorsque la faim psychique disparaît, les sens s’aiguisent et une certaine euphorie s’installe.

« D’ailleurs, on observe dans le groupe de la bonne humeur, de la joie, de la liberté, plus de spontanéité. »

Le jeûne a un effet stimulant, anti-dépresseur, avec diminution de la douleur et un effet calmant. Au départ, le jeûne provoque un état de stress au niveau corporel et la réaction d’adaptation de l’organisme déclenche une sorte d’alerte, un bouleversement hormonal et neuro-endocrinien. De ce fait, des hormones  mobilisent les réserves du corps dont certaines ont aussi un effet anti-inflammatoire et ces mécanismes d’autorégulation induisent les effets thérapeutiques. En d’autres mots, le jeûne stimule les forces curatives de l’organisme. Malheureusement, la recherche n’est pas encouragée faute d’aide financière. Car force est de constater que l’organisme via son patrimoine génétique semble  mieux équipé  pour supporter la carence que l’excès.  

La fin du jeûne est une étape très importante

À la fin du jeûne, qui est une étape importante, il faut  reprendre une alimentation progressivement. Le corps doit se réhabituer doucement à la nourriture. Il est conseillé d’avoir la même alimentation qu’avant le jeune, et ce pendant le même nombre de jours. Par exemple, si vous avez jeûné pendant 7 jours, il faudrait idéalement garder une alimentation très saine pendant 7 jours afin que le corps refasse le plein de minéraux, de vitamines, etc. Et puis, après toutes ces étapes franchies, c’est l’occasion d’un nouveau départ.

En d’autres mots, effectuer une reprise en pleine conscience avec de nouvelles bonnes habitudes. Côté pratique, avant de vous lancer, n’oubliez pas  de prendre conseil auprès de professionnels de la santé.

Autre possibilité : vous pouvez aussi commencer à alléger votre système digestif de façon plus douce. Le jeûne séquentiel peut être pratiqué sans encadrement et consiste à élargir jusqu’à 17 heures la plage horaire où vous ne mangez pas. Cela vous permet de stabiliser votre poids, de préserver votre masse musculaire, de déstocker au niveau des graisses uniquement, de réparer un certain nombre de tissus et cellules et de réguler le terrain inflammatoire.

Et si l’expérimentation du jeûne ne vous tente guère, vous pourriez simplement tester le fait de moins manger à chaque repas, c’est-à-dire, quitter la table en ayant un peu faim. Ainsi vous resterez léger et dynamique. En vous souhaitant à tous et toutes, une excellente santé !

Source : Lejeune, nouvelle thérapie ? Documentaire ARTE, France, 2011.

Alain Huot, www.hygea-alainhuot.fr et webinaire/le jeune-tout-un-art.

Alain Pozarnik :  « Le sage est aussi est un mammifère » (2) 

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Nouveau PGF siteFT 16« Nous sommes dans une époque où l’Être est oublié, une époque privée d’Être, embourbée dans les formes extérieures et le paraître. Une époque de détresse (…), déterminée par les technologies et technosciences où l’homme-animal, indigent, est envahi par les ténèbres de la nuit sans lumière au loin comme phare directeur. (Alors) Il ne s’agit pas de nier le monde, la société ou l’être humain en tant que réalité mais au contraire de les appréhender avec plus de justesse pour les rencontrer dans leur totalité avec plus d’harmonie et de bonheur (…) »  écrit Alain Pozarnik dans Philosophie, méthode et pratiques initiatiques (Éd. Dervy).

bisDSC03390Mais comment vaincre les vertiges de nos habitudes pour vivre une telle aventure ? Comment agir si nous voulons faire partie des êtres qui ont progressé en conscience et en sagesse ? se demande l’auteur. Une de ses réponses est :

« Il faut réellement, intentionnellement, oser lâcher nos repères, nos habitudes, nos convictions sans en saisir d’autres au passage (…) Juste être silencieux, ne plus écouter les vieux bruits si familiers auxquels nous nous identifions tant que nous devenons nous-même le tohu-bohu de la pensée. »

Quel chemin emprunter ? « Votre succès dépend surtout de votre sagacité à entreprendre, à vous aventurer, à devenir (…) Si nous voulons vraiment connaître la réalité du monde, il nous faudrait d’abord nous connaître… »

 

Autre constatation d’Alain Pozarnik digne d’une grande attention : « Le sage ne porte pas de jugement de valeur. Il sait ce qu’est le comportement des autres humains car il fait partie lui-même des mammifères. »

Et, tournant important du livre : « La vraie question à résoudre n’est donc pas celle de la place de notre ego parmi d’autres ego, mais : est-il possible de vivre dans ce monde sans que nous ressentions des oppositions, des divisions, des conflits ? »

Poser la question est y répondre, dit-on communément un peu trop facilement car, l’impressionnante somme de propos tenue par l’auteur démontre que si le choix est conséquent, faut-il encore trouver le juste milieu et, surtout,le mettre en pratique de manière adéquate.

« À savoir, explique-t-il, la seule attitude raisonnable est de nous interroger sur l’origine de nos fonctionnements, de comprendre l’horreur de leurs influences et de les abandonner dans notre silence, pour les dépasser par une autre forme de vie. »

Certes, il avoue que ce n’est pas si simple à appliquer, mais, promet-il, partir à l’assaut des stratégies qu’il propose devrait donner des résultats tangibles. À une condition, au moins : « Vous êtes en train de lire, de comprendre et d’apprendre, mais soyez en même temps en train de vivre, d’expérimenter, de ressentir, de vibrer, pas seulement de savoir. » La symbiose entre le spéculatif et l’opératif paraît être une étape essentielle dans notre orientation vers les trois concepts Sagesse, Connaissance et Vérité, socle de l’édifice de la pensée universelle qui éviterait tant de conflits, misères, drames sociaux et autres.

« Nous ne jugeons plus, ne critiquons plus, ne voulons plus rien que préserver ou laisser être notre Être, notre ‘‘soi’’ qui a pris sa place dans ‘‘l’univers’’. C’est le début d’une véritable initiation, d’une véritable sagesse, d’une véritable connaissance. »

Rencontre avec Alain Pozarnik effectuée à la Librairie-Salon de thé abao à 1170 Bruxelles.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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Municipalisme au Rojava – une utopie menacée

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Au Kurdistan syrien, le territoire du Rojava, situé au nord du pays, a engagé depuis plusieurs années une véritable révolution sociale, féministe, écologique et multiethnique, basée sur le municipalisme libertaire.

Mais cette expérience démocratique inédite, en plein cœur du chaos syrien est sérieusement menacée.

Avec Jérémie Chomette, directeur de France libertés.

Ce municipalisme, ou confédéralisme démocratique, est inspiré par un écologiste américain. Qui est-il et que prône-t-il ?

« C’est Murray Bookchin. C’est lui qui a fondé ce qu’on appelle l’écologie sociale, qui est un mouvement américain des années 1960-1970-1980, avec l’idée de sortir des relations de domination, notamment de domination et la nature et de la domination des êtres humains sur les autres. C’est pour cela que Murray Bookchin pensait qu’il fallait sortir de l’Etat : ne plus avoir un fonctionnement de l’Etat nation. A partir du moment où on a un gouvernement étatique, on retrouve toujours des mécanismes de domination. C’est là où il a inventé le municipalité libertaire qui a influencé Abdullah Öcalan, qui a créé le confédéralisme démocratique. Pour prendre des décisions et faire société, il faut repartir des échelles locales, et ne plus avoir un Etat tout en haut qui va décider pour les gens localement. C’est localement que l’on va prendre des décisions. Quand il y aura besoin de prendre des décisions communes qui vont toucher à plein de localités, il faudra se réunir en assemblée, avec des gens qui sont mandatés pour porter une parole et pas des gens qui sont élus pour diriger un pays et accentuer une forme de domination d’êtres humains sur l’autre ».

« Le municipalisme libertaire au Rojava peut-il être une source d’inspiration pour les mouvements municipalistes en Europe ? » C’était le thème de la conférence qui s’est tenue le 12 mars dernier. En quoi ce qui se vit au Rojava peut-il servir de modèle pour nos sociétés ?

Bob

« Ce qui est très intéressant, c’est qu’on a une mise en pratique. On n’est pas sur quelque chose de théorique. Dans un contexte qui est vraiment très particulier, on a vraiment des gens qui essaient de mettre concrètement en pratique un autre modèle de société, à l’échelle d’une région entière qui correspond à plusieurs millions de personnes. Donc forcément, il y a des tentatives, il y a des erreurs, il y a des réussites. Cela peut nous inspirer en Europe. En Europe on a des mouvements municipalistes qui ne se revendiquent pas forcément des mêmes idées qu’au Rojava, mais avec quand même certaines lignes directrices qui se regroupent : partir du bas et redonner le pouvoir aux citoyens localement. On a des mouvements, comme ce qui se passe par exemple en Espagne, où des listes de citoyens ont repris le pouvoir de leurs municipalités comme à Barcelone. Derrière, ils essaient d’organiser collectivement et localement l’organisation de la cité. Et c’est vrai que ce qui se passe au nord de la Syrie, au Rojava, est très inspirant. On peut s’intéresser à leurs pratiques, pour ne pas faire les mêmes erreurs ou pour mettre en place les réussites qu’ils ont eu. On peut prendre en exemple la Maison du peuple, ou la Maison des femmes, qui viennent répondre à des besoins très locaux. L’idée est de partager ce pouvoir avec les habitants ».

Rojava une utopie au coeur du chaos syrien

Cette révolution démocratique est en train d’être mise à mal. Pris dans le chaos syrien, le Rojava a essuyé notamment les bombardements de la Turquie. Pour quelle raison ? Quel est l’enjeu ?

« On est vraiment au centre de plein de jeux d’acteurs. On se retrouve avec tout ce qui se passe en Syrie, l’influence turque, l’influence russe, même l’Arabie saoudite et l’Iran. On se retrouve autour d’enjeux géopolitiques très complexes. Mais pour simplifier les choses, on a le voisin, la Turquie, qui voit d’un très mauvais œil la réussite de ce projet-là. La Turquie voit qu’il y a un territoire qui est un peu auto-administré par la majorité de la population kurde. Elle ne voudrait pas que la même chose se fasse sur son territoire en Turquie, où il y a 25 millions de Kurdes, à peu près, ce qui correspond à plus d’un quart de la population. Le gouvernement turc a très peur d’un soulèvement kurde et d’une reproduction de ce modèle-là en Turquie. Et on a un pouvoir, celui du gouvernement turc et d’Erdogan, qui est aujourd’hui mis à mal. Ils ont des grosses difficultés économiques. Pour garder ce pouvoir et garder l’adhésion de la population, ils essaient de revenir aux sentiments nationalistes en essayant d’annexer des anciennes parties de l’Empire ottoman et de ce qu’il revendique comme la grande Turquie. C’est pour cela qu’ils ont intérêt à dire qu’ils veulent récupérer une partie du nord syrien pour montrer à leurs électeurs qu’ils ont une Turquie forte, qui saura redonner un vrai sentiment de fierté aux nationalistes turcs qui attendent de retrouver le grand empire ottoman ».

https://vimeo.com/316782950

Quel avenir pour le Rojava et son modèle démocratique ? Est-ce- qu’il y a un soutien de la communauté internationale ou de la société civile ?

Bob

« Aujourd’hui il n’y a pas un soutien international, en tout cas pas des Etats, au modèle en lui-même. Il y a un soutien géopolitique, lié aux enjeux, des Américains et des Français. On a un soutien armé mais qui n’est absolument pas un soutien au projet. Et donc les soutiens au projet en lui-même se trouvent plutôt au niveau des mouvements. Il y a une partie des « gilets jaunes », qui se sont réunis à Commercy, en février dernier, pour déclarer leur soutien au Rojava et à ce projet politique. Il y a pas mal de mouvements et de populations en Allemagne, au Royaume-Uni et un petit peu en France et en Italie, qui essayent de se mobiliser, à la fois pour dire combien ce mouvement est inspirant et en même temps pour l’appuyer et faire connaître ce projet-là. L’idée est de faire en sorte qu’il ne s’arrête pas et de faire pression sur les gouvernements. Aujourd’hui, il y a vraiment une importance très forte à faire pression sur le gouvernement français et sur le gouvernement britannique pour qu’ils ne s’en aillent pas. Car si tout le monde venaient à se retirer, là ça serait vraiment très très compliqué pour ces populations-là de s’en sortir ».

Pour aller plus loin :

 

 

Reportage au Mémorial aux victimes du 22 mars 2016 : le bouleau, symbole de Vie

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FTD200Reportage en direct : « Nous voici en plein cœur de l’immense forêt millénaire de Soignes, considérée comme le poumon vert de la capitale de l’Europe. Forêt de quelque 5 000 hectares, classée parmi le patrimoine mondial de l’UNESCO. Surnommée la « hêtraie cathédrale », elle abrite un endroit particulier que nous désirions faire connaître aux auditeurs et lecteurs de Fréquence Terre en ce 22 mars.

FT200Endroit particulier parce que planté de bouleaux, véritables pionniers de la recolonisation d’un terrain ravagé par le feu, mais, surtout, lieu de Mémoire. Lieu intime et sensible de recueillement où 32 bouleaux sont disposés en cercle en un mémorial dévolu aux 32 victimes des attentats du métro de Bruxelles et de l’aéroport national le 22 mars 2016.

Situé dans une clairière en haut d’une petite colline entourée de grands hêtres majestueux, le bouleau est symbole de jeunesse et de renaissance, de Vie, donc.

Ce mémorial est muet et se veut offrir un moment de paix, tellement nécessaire dans notre société. Un écrit y stipule une citation de Wangari Maathai : « Chaque arbre est le symbole vivant de la paix et de l’espoir. »

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Rencontre avec Alain Pozarnik (1) « Merci à la Vie ! »

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Nouveau PGF siteFT 16Alain Pozarnik, 80 ans, a consacré toute son existence à la recherche du sens de l’évolution de l’être humain et continue à le faire de manière magistrale, comme en témoigne son dernier ouvrage Philosophie, méthode et pratiques initiatiques (Éd. Dervy).

« Aujourd’hui, dit-il, à mon âge, la vie n’est plus devant moi mais derrière. Cela change tout et rien à la fois. »

bisDSC03390À savoir ? Visiblement, la recherche du « mystère humain » n’est pas totalement tarie pour lui : mystère de l’intelligence et de la déraison, mystère de l’évolution et du sens, mystère de la vie et de la mort, mystère de la violence et de la solitude, mystère de l’amour aussi…

« Très tôt, précise-t-il, j’ai cherché le chemin qui conduit de l’indifférence à la rencontre, de la solitude à l’amitié. N’éprouvant aucun goût pour les réussites de salon, je suis silencieusement retourné vers la recherche d’un devenir plus authentiquement humain. »

Alors, Alain Pozarnik s’ouvre et, par corollaire éclaire notre lanterne et distille sa grande expérience :

« Je voulais trouver les conditions d’accès à la connaissance sans tomber ni dans les opinions ni dans les croyances, mais par expérience, par préhension objective de la vérité par la raison. Dans cette quête, je me suis quelquefois trompé, j’ai parfois manqué de discernement, de maturité et de force mais jamais d’amour, de cet amour tellement enfoui mais tellement présent que je m’élançais naïvement en tous sens pour l’étreindre, l’être, le partager, et l’offrir au monde. »

Durant une heure de quasi tête-à-tête[1], j’ai retenu ceci :

« Il y a lieu de travailler pour que le savoir devienne transformation. Si on le garde uniquement dans notre intellect, on ne peut avancer et servir la société. Si nous descendons en nous-même, c’est pour nous dégager de l’intellect. Bien entendu, on est libre de choisir, de faire et d’échouer. C’est un travail immense qui donne l’occasion de se dépasser. »

Alors, j’ai commencé à découvrir ce qui pouvait faire me dépasser avec Philosophie, méthode et pratiques initiatiques.

Je vous en livre deux premiers passages[2] qui, selon moi, devraient déjà donner l’envie de saisir cette opportunité exceptionnelle de nous orienter vers la Sagesse, la Connaissance et la Vérité :

« Nous avons tous, dans notre profondeur, un Être intérieur universel que la tradition aborde et que nous croyons découvrir grâce à notre intelligence. Mais la connaissance est aussi vieille que le monde » et « Merci à la Vie de nous offrir les occasions même si nous ne savons pas toujours les saisir, de devenir, ensemble, plus et mieux humains… »

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Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

[1] Rencontre à ABAO, librairie-salon de thé dans la Capitale de l’Europe.

[2] Cet ouvrage de 480 pages mérite plusieurs chroniques.

Rojava – Une utopie démocratique en Syrie

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Une utopie démocratique en plein cœur du chaos syrien ! Le Rojava, ce territoire situé au Kurdistan syrien, au nord du pays, vit, depuis 2012, une expérience démocratique inédite. Basée sur le municipalisme libertaire, la région a mis en application une véritable  révolution sociale, féministe, écologique et multiethnique.

Avec Jérémie Chomette, directeur de France Libertés.

Vous avez participé le 12 mars dernier à la conférence sur ce municipalisme libertaire au Rojava. Revenons d’abord sur cette expérience démocratique unique au monde. C’est en juillet 2012 que tout a commencé. Comment cela a-t-il débuté ?

« D’abord il y a un contexte vraiment particulier. En 2011, il y a eu la révolution en Syrie. Les populations, notamment kurdes, se sont retrouvées du côté de l’opposition démocratique. Très vite, elles se sont retrouvées coincées entre les rebelles de l’opposition, plutôt à tendance islamiste, et le régime syrien, une fois que la révolution a été stoppée par de ceux forces en 2012. Comme ils étaient armés, ils ont réussi à prendre une région qui correspond à peu près à celle de là où les populations kurdes sont les plus importantes : le Rojava au Kurdistan syrien. Ils ont réussi à acquérir une certaine forme d’autonomie. Cela leur a permis de s’autoorganiser et de mettre en place ce modèle qui avait été déjà imaginé depuis 2004 par le leader des kurdes Abdullah Öcalan depuis sa prison. C’est un leader kurde turc qui était emprisonné par le gouvernement turc depuis 1999 ».

Carte Rojava Alternatives libertaire
© Alternatives libertaire

Le Rojava, c’est donc un territoire autonome de six millions d’habitants. Ce sont des milliers de communes qui s’y sont autoorganisées. Concrètement, quel est le principe ? Comment cela fonctionne-t-il ?

« L’idée de base c’est qu’il y a trois cantons. Nous on pourrait appeler ça des régions. Chaque canton s’autoorganise. Après on a une réunion des cantons. Pour s’autoorganiser, ils s’organisent par le bas, vraiment très très localement .Vous avez des assemblées locales qui démarrent dans les quartiers ou dans les villages. On peut avoir de 30 à 150 personnes qui se réunissent, qui vont prendre des décisions et qui vont mandater quelqu’un de la communauté pour une durée de six à douze mois. Cette personne va représenter la communauté dans un cercle un petit peu plus haut, et ainsi de suite. En fait on a trois cercles pour arriver au niveau cantonal. En gros, si je schématise : moi dans ma petite communauté avec 150 personnes on va prendre des décisions liées à ma communauté ; et après, pour les décisions qui sont liées à un plus grand territoire, la communauté va mandater quelqu’un pour aller les représenter dans un autre cercle plus haut qui prendra en compte plus de personnes ».

Une idée du « vivre ensemble »

De nombreux réseaux militants européens vantent les pratiques innovantes du territoire, les institutions démocratiques, le souci écologique, les pratiques féministes. C’est une certaine idée du « vivre-ensemble » qui est mis en pratique ?

« En fait on peut même aller plus loin. C’est vraiment un autre modèle de société. Eux appellent cela le confédéralisme démocratique. L’idée est basée sur cinq grands piliers, dont un des pilier est très lié au « vivre ensemble ». le premier pilier est organisé autour de l’économie coopérative. Le deuxième, c’est la question de l’écologie, qui peut aussi revenir à la question du « vivre ensemble » : comment vivre ensemble avec la nature avec les êtres vivants. Le troisième, c’est celui du féminisme. Le quatrième, c’est celui de la démocratie directe. La cinquième, c’est comment toutes les communautés qui sont présentes sur place, les Kurdes, les Turkmènes, les Arabes chiites et sunnites, les chrétiens, peuvent vivre tous ensemble et chacun trouver sa place dans la communauté ».

Drapeau Rojava

Particularité de cette organisation : les femmes et les jeunes ont leur propres structures et ont leur mot à dire sur tout ce qui les concernent.

« C’est quelque chose qui est vraiment central et qui est très abouti. C’est à dire qu’on a des choses qui sont rentrées dans leur contrat social, puisqu’ils ont un contrat social depuis 2016. Sur la partie des élections, au niveau cantonal, on a toujours une parité et on a toujours des coprésidents. Il faut toujours qu’il y ait une femme et un homme. Ensuite ils sont allés beaucoup plus loin. Ils ont un petit peu partout des « maisons des femmes ». Ce sont des maisons où les femmes peuvent se retrouver et où la communauté peut aussi se rassembler pour gérer les conflits familiaux, ou liés à la place que peut occuper l’homme au centre de la famille ou de la communauté. Il y a des sortes de commissions de justice où les femmes siègent et ont le même pouvoir que les hommes. Il y a aussi des quotas de femmes pour l’assemblée parlementaire. Et puis on a des structures spécifiques. Par exemple les Jinwar, la Terre des femmes, où des femmes qui ont éprouvé des difficultés assez importantes peuvent se retrouver entre femmes et développer un projet dans lequel elles peuvent se sentir partie prenante et en sécurité ».

Coopération interethnique

La dimension multiethnique est aussi primordiale dans le fonctionnement du Rojava ?

« Oui complètement. Il faut savoir que quand l’Etat syrien a été créé, cela remonte à 1920, on avait plein de populations différentes. Et puis les dirigeants qui se sont succédés ont cherché à diviser. Et ils ont cherché à diviser notamment les Arabes et les Kurdes avec une politique d’assimilation des Kurdes sur la partie nord de la Syrie. Donc on est quand même avec un certain ressentiment dans la population, principalement chez les Kurdes. Quand ils sont arrivés au pouvoir dans la partie du Rojava, ils ont cherché à éviter de diffuser ces tensions, mais au contraire à créer du vivre ensemble. C’est pour ça que tout le monde est concerné par le projet actuel. Ce qui est assez étonnant, c’est qu’on va pouvoir retrouver parfois sur des coprésidence de canton, un cheikh arabe, souvent un homme assez traditionnel, qui va faciliter la gouvernance avec une femme chrétienne, par exemple, à ses côtés. On a l’idée de diviser le pouvoir et d’avoir aussi toutes les communautés représentées. Au sein du Parlement, on a des quotas de représentants pour s’assurer que tout le monde puisse avoir la parole. Ça marche plutôt bien. Alors bien entendu il y a toujours des tensions qu’il faut régler. Mais il y a aussi des commissions pour permettre ça. Et il y a dans toutes les assemblées locales, à travers ce qu’on appelle les maisons du peuple, des lieux où les gens peuvent se réunir. Et puis actuellement le projet est aussi mis en place dans des villes à majorité arabe. Et dans ces villes-là, il y a une représentation proportionnelle. On a une duplication du modèle, et cela prend. Leur ambition c’est de le développer à la toute la Syrie, voire au Moyen-Orient, d’avoir un modèle où on sort de l’Etat et on sort des questions ethniques et religieuses pour permettre un vivre ensemble général ».

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