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« Le fil d’Ariane » de Dany Gilson et Jean Borremans (Éditions L’Acia)

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texteFTPGF 1 1Le fil d’Ariane est un ouvrage d’une soixantaine de pages « de contes d’aujourd’hui pour le monde de demain » dont les textes de Jean Borremans et les illustrations de Dany Gilson paru aux Éditions L’Acacia (www.maison-condorcet.be), s’adressent prioritairement aux grands adolescents mais, à certains adultes qui pourraient en puiser matière à réflexion !

Effectivement, qui peut rester insensible à ces lignes : « Quelle que soit la couleur de ta peau, quelles que soient tes raisons d’être, tu es notre enfant. Parce que la faim tenaille ton petit ventre, parce que la maladie te cloue au sol, parce que la guerre te blesse et fait saigner, tu es notre enfant (…) Pourtant, Enfant de Terre des Hommes, tu es le monde de demain. La mort de cinquante de tes frères ne justifie en rien la mort du cinquante et unième. Que nous arrêtions cette hécatombe à quarante-neuf, à lui seul cet enfant préservé justifie notre effort. D’aucuns nous diront que c’est une goutte dans l’océan. C’est vrai. Mais il faudra bien qu’un jour une goutte fasse déborder le vase de l’amitié et de la fraternité sur la terre entière des hommes de bonne volonté. Enfant de Terre des Hommes, c’est à ta survie que se mesurera le progrès de l’humanité. »

20190704 103806Suit une vingtaine de contes, tels La pêche non miraculeuse, Grand-père, dis-moi, La travail, Regard sur la ville, Bords de mer, L’orchestre, Suivez le guide… et, par ci par là, des propos qui interpellent « D’une main nous distribuons du blé et, de l’autre, nous vendons des armes », « Ici des cures d’amaigrissement, là-bas des enfants de la faim » mais, ce cri d’espoir : « Tu verras, tant que l’eau coulera elle arrosera notre champ d’espérance ».

Musique : Michaël Mathy.

 

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Nos sociétés sont-elles menacées d’effondrement ?

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Les crises écologique, sociale, économique et politique que nous connaissons actuellement sont-elles annonciatrices d’un profond bouleversement de nos civilisations ?

Ce sont les questions soulevées par de plus en plus de citoyens pour qui changement climatique, épuisement des ressources naturelles, chute de la biodiversité et pollution, condamnent à court terme notre ère industrielle.

Cette réflexion, Corinne Morel Darleux l’a menée dans un livre, « Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce ». La conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes cherche des moyens pour endiguer le naufrage généralisé.

Corinne Morel Darleux était l’invité d’un débat le 18 juin dernier, organisé par la Fondation France Libertés. Dans son livre, elle fait le constat, comme beaucoup de théoriciens, que nous sommes arrivés au bout d’un cycle. C’est également votre analyse ?

« C’est un constat assez proche de ce qu’on peut faire. Aujourd’hui, quand on regarde ce qui se passe sur la planète, on a un effondrement de la biodiversité et des espèces. 60% des mammifères ont disparus en l’espace de 40 ans. C’est une extinction dramatique. En même temps on a une montée des individualismes, des extrémismes, qui est très forte, l’arrivée au pouvoir de dictateurs ou de personnes très proches de l’extrême droite, et des inégalités sociales qui explosent. On a un cocktail de plein de crises qui nous font penser que tout cela est systémique et lié à nos modèles de faire société. Avec la fin à venir des énergies fossiles, forcément, nos sociétés étant tellement dépendantes de l’énergie, on s’inquiète. Il nous semble préférable d’anticiper ces changements de société et de proposer une autre société. »

Cet effondrement énoncé par beaucoup est à la fois écologique, économique, politique, sociétal ?

« Oui. Il est clair que sur le plan économique on peut aussi voir un effondrement. Il y a une multitude de facteurs qui, pris individuellement, nous font croire à des moments difficiles. Mais mis bout à bout, on est très inquiet. Et on peut estimer qu’il puisse y avoir un effet boule de neige. Si la biodiversité continue à s’effondrer, on va avoir des gros problèmes de ressources, qui vont avoir un problème sur notre énergie, notre économie et ainsi de suite. »

https://www.facebook.com/Francelibertes/posts/10157172508859156

Est-ce que la montée des extrêmes, l’arrivée des populistes au pouvoir dans certains pays, est aussi un signe de cet effondrement ?

« Oui. Tout est lié. Quand on voit l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro au Brésil, on a une inquiétude très forte avec une dimension très populiste et avec un impact très fort sur nos sociétés. Tout est lié. Il est très lié au monde économique et de la finance, à cette pensée d’une croissance infinie. C’est ce qu’il l’amène à faire des accords horribles avec des entreprises pour déforester ce qu’il reste de l’Amazonie pour développer la croissance du Brésil sur le court terme. Mais ces effets de destruction de l’Amazonie vont être terribles, à la fois au Brésil, mais aussi un peu partout dans le monde. On sait que c’est le poumon de la planète. Donc on ne peut pas juste regarder la dimension climatique ou écologique, sans se poser la question démocratique et d’accaparement du pouvoir. C’est la même chose aux Etats-Unis. Et on pourrait prendre aussi l’exemple de la Chine et d’un planning à long terme de développement productiviste très dangereux. »

Face à cette situation, il y a plusieurs attitudes possibles : se préparer au pire ou agir pour renverser la tendance. Dans son livre, Corinne Morel Darleux entend instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé ? Que veut-elle dire ?

« Il ne faut pas se projeter trop loin et se dire, tout va s’effondrer et on ne peut rien y faire. On ne sait pas ce qu’il va se passer exactement. Et si on essaie d’être juste – c’est ce qui fait écho avec l’action de la Fondation et avec Danielle Mitterrand qui parlait de l’importance d’être juste, faire ce qui est bon pour l’humain et le vivant – si on se dit, aujourd’hui, je vais essayer d’agir pour le présent et essayer d’être au maximum de justesse, peut-être que cela va avoir des effets bénéfiques. Elle dit, il faut lutter contre chaque dixième de degré. Au quotidien, il est nécessaire de lutter pour que chaque dixième de degré, ou chaque espace de liberté qu’on essaie de nous enlever, ne soit pas enlevé. Il faut agir de la manière la plus juste en restant digne. »

Corinne Morel
© France Libertés

Corinne Morel Darleux prône des îlots de résistance et la désobéissance civique. Quelles sont ces autres voies qu’elle préconise ?

« Elle a fait le choix de sortir du monde politique, qui demande un temps important. Le temps que l’on utilise en politique est surtout fait pour avoir un rapport de force entre les partis politiques pour acquérir ce pouvoir et pas forcément pour agir. Elle pense, et nous avec elle, que les actions de désobéissance civile que l’on voit naître, appuyées par des réflexions politiques au sens noble du terme, peut avoir un vrai impact. Il y a ce mouvement qui émerge, Extinction Rébellion, qui dit qu’il faut dire la vérité aux citoyens sur l’état de notre planète. Et c’est un moment où les citoyens doivent se rebeller si les Etats ou les multinationales nous entraînent vers une catastrophe ou vers une destruction du vivant. »

Un mot sur le parcours atypique de Corinne Morel Darleux, qui l’a mené de grands groupes du CAC 40 à la France insoumise. Quand on regarde ce parcours, est-ce que cela sous-entend que le champ politique n’est pas propice à un vrai changement de nos modes de vie ?

« Le monde politique comme on le pense actuellement est tourné vers une délégation du pouvoir des citoyens. De temps en temps on vote, et on a des personnes qui passent le plus de temps à chercher à se faire élire plutôt que d’utiliser ce pouvoir pour amener un changement sociétal. Ce mode de fonctionnement est, à notre avis, un peu caduque. C’est notamment pour cela qu’elle a décidé de se retirer de la France insoumise. Par contre, le besoin de politique est très fort. Le besoin de faire société et de réinventer des façons de faire politique est très important. C’est notamment pour cette raison qu’on se rend avec Corinne Morel Darleux au Rojava, au Kurdistan syrien, dans les prochaines semaines. C’est pour aller voir ce mode de fonctionnement qui s’appelle le fédéralisme démocratique, basé sur une démocratie directe et une façon de faire politique beaucoup plus libérée des questions d’élections et des rapports de forces qu’on retrouve en Europe. »

« Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce », le livre de Corinne Morel Darleux, est édité chez Libertalia.

Livre Corinne Morel Darleux Ed Libertalia
« Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce », © Edition Libertalia

Pour aller plus loin :

 

L’Océan a des droits ! – Episode 1 –

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L’association LONGITUDE 181 lance un programme intitulé « Les droits de l’Océan ».  Le droit de l’Océan mer est au cœur des préoccupations de ce 21ème siècle…. avec un échec dans la protection pérenne de l’environnement marin !  Découvrez les facettes de ce programme qui veut, à  long terme , reformuler notre droit pour le bien commun .  Un premier épisode qui va vous mener à la compréhension de ce que chaque citoyen doit savoir pour agir et défendre ses intérêts et ceux de l’Océan.

« Cathédrale » de Chantal Dupuy-Dunier (Éditions Pétra)

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texteFTPGF 1 1« Chaque fois que je découvre l’architecture d’une cathédrale, je demeure saisie d’admiration pour ses bâtisseurs. Quelque chose, qui est indépendant du fait religieux – l’auteure de cet écrit se dit d’ailleurs devenue « incroyante » -, me fascine, me baigne, me parle. Je sais le passage sous l’édifice de cours d’eau semblables au langage poétique, de lignes de forces agissantes à l’image de la poésie. Je sais les bâtiments érigés sur les vestiges d’autres bâtiments, dans un lieu identique, souvent sacré bien avant Jésus-Christ. Je sais l’âge des pierres, leurs vies successives.

(…) Mythes et histoire coexistent dans les cathédrales, ce qui les rapproche encore davantage de l’imagerie poétique.

cathedrale couv1(…) Si j’étais née, ou j’avais grandi dans une autre culture, j’aurais écrit ‘‘Mosquée’’ ; ‘‘Temple’’, ‘‘Synagogue’’, ou ‘Temple bouddhiste’’. Des édifices comme Sainte-Sophie d’Istanbul (qui fut une église), la Synagogue de Jéricho, le Temple de la Montagne parfumée creusé dans le rocher, pourraient assurer le même rôle, porter une symbolique analogue. »

Suivent ces explications de la poétesse Chantal Dupuy-Dunier, auteure de Cathédrale (Éditions Pétra), quelque trois cents pages de textes, souvent magnifiques, parfois surprenants dans leur présentation, jamais futiles, que du contraire !

Il s’agit de trois suites logiques dans l’érection d’une cathédrale moyenâgeuse : le choix du terrain à bâtir selon un rituel bien précis, la construction et la contemplation du chef-d’œuvre, le tout agrémenté d’extraits de textes de Victor Hugo, Claude Baudelaire, Charles Péguy, François Villon, François-René Chateaubriand, Paul Claudel, Gérard de Nerval, entre autres.

Ce livre est une sorte d’ode à ce Patrimoine extraordinaire qui ne laisse personne indifférent, tels ces passages spécialement choisis :

« Un bâton à la main

je traçais des signes dans le sable.

Le bâton que je tenais

possédait le pouvoir de chanter.

Il était l’archet de la terre. »

et

« Bertrand le Bourguignon et Géraud l’Hirondelle[1],

poètes de la pierre,

Vous vous êtes posé les mêmes questions,

Avez ébauché les mêmes réponses.

Bâtir était votre écriture

et  cette cathédrale

une enluminure sur la page du ciel (…) »

[1] Premier et deuxième Maîtres d’Œuvre.

Musique : Michaël Mathy.

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« Crimes et châtiments » de Marc Metdepenningen (Éditions Racine)

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Vingt-cinq chapitres et autant d’affaires criminelles dans Crimes et châtiments (Éditions Racine) de Marc Metdepenningen, chroniqueur judiciaire depuis trente-cinq ans au quotidien Le Soir, consultant à Europe 1, RTL, Le Parisien

Quel que soit l’endroit où se déroule un crime, c’est toujours un drame, seul le châtiment peut varier selon les lois pénales et, fort d’une solide expérience doublée d’un art de la synthèse, l’auteur retrace les actes de trois brocanteurs accusés d’agressions dans un presbytère, de deux crimes en plein Océan Atlantique, d’une guéguerre violente entre partisans d’un cimetière paroissial et ceux pour un municipal dit « trou aux chiens », d’un policier ripou criminel, d’un couple diabolique composé d’un maire et de l’épouse d’un artisan, celui-ci échappant de justesse à l’empoisonnement et aux coups de feu, le procureur général s’écriant pour l’occasion : « L’ouvrier aussi a droit à la protection de la loi ! »…

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À droite, Marc Metdepenningen, auteur du remarquable essai « Crimes et châtiments » (Photo Fréquence Terre).

Il y a aussi, les affaires d’une teinturière surprenant son mari dans les bras de sa jeune sœur, de trois personnes massacrées chez un notaire, de la vengeance du « cocu de la capitale », son épouse  le trompant avec le peintre réputé Félicien Rops, entre autres, d’enfants assassinés, pour un déni de grossesse, par exemple, d’autres, « les petites anglaises », envoyées se prostituer dans des bordels, d’une fausse erreur judiciaire aux relents politiques, d’un jeune ouvrier lillois amoureux fou d’une « fille légère » bruxelloise lui ayant transmis une maladie vénérienne, d’une empoisonneuse à la digitaline qui « tuait les vieux et faisait pleurer les enfants »…

Pas de fiction, mais la réalité précise l’auteur : « Les drames d’hier semblent souvent être la première version de ceux qui surviennent aujourd’hui. L’âme humaine de ces ancêtres, lorsqu’elle est criminelle se nourrissait des mêmes égarements que ceux qui sont exposés à notre époque dans les cénacles judiciaires. L’amour trompé, la jalousie, l’appât du gain, la vengeance sont depuis la nuit des temps des sentiments exacerbés qui guident la main criminelle. Il n’y a pas de ‘‘grands’’ et de ‘‘petits’’ procès : tous permettent de s’intéresser au destin de ceux qui les ont commis et à ceux qui en ont été les victimes. »

Cet essai de quelque 225 pages en est le reflet et son intérêt réside, outre une écriture agréable à lire, dans la multiplicité de comportements qui fait le quotidien de tout un chacun et qui, parfois, peut amener une personne dans le box des accusés ou, hélas, devenir victime.

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Protéger l’Océan, c’est pas sorcier ! Avec Fred…

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Faire comprendre les enjeux liés à l’Océan, le protéger, c’est possible et c’est pas sorcier ! Démonstration avec Fred et son « esprit sorcier »  rencontré au festival GALATHEA 2019, soutien de Longitude 181.  On parle de requins, de bien commun de l’humanité et d’éducation. A découvrir dans cet interview réalisée par Patrice BUREAU , président de LONGITUDE 181.

www.longitude181.org

https://www.lespritsorcier.org/

Le projet Montagne d’Or est-il enterré ?

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Le projet Montagne d’Or est-il enterré ? Le 23 mai dernier, à l’issue du premier Conseil de défense écologique, le gouvernement a rejeté le projet d’extraction d’or en Guyane. Nous étions à trois jours des européennes. Quelques jours plus tard Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, ajoutait que “cela ne se fera pas”. Mais les opposants au projet restent sceptiques.

Le Conseil de défense écologique (CDE) a jugé que « le projet actuel Montagne d’Or était incompatible avec les exigences de protection de l’environnement ». Est-ce que c’est un projet enterré ?

« Ce qu’il faut constater, c’est que la plupart des collectifs et des personnes impliquées n’ont pas crié victoire de suite. On voit qu’il y avait une certaine méfiance. Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le projet est enterré. Il a été expliqué qu’en l’état, le projet n’était pas compatible avec les exigences de protection de l’environnement. Mais à partir du moment où on ouvre une potentielle réforme du code minier, l’entreprise peut tout à fait redéposer un dossier qui soit davantage conforme avec les évolutions du code minier. Donc ce projet n’est pas vraiment totalement enterré ».

Derrière cette réforme qu’est-ce qu’il y a ?  A quoi faut-il s’attendre ?

« C’est une réforme qui est attendue d’ici décembre 2019. Cela fait des années que les gouvernements successifs parlent d’une réforme du code minier. Mais cela ne se fait jamais. Donc à voir si cela va clairement avoir lieu. Quant au contenu, l’idée avancée est de mettre davantage en cohérence le code minier actuel avec les exigences environnementales qui sont de plus en plus présentes dans les consciences. Le code minier est un ensemble de règles que les entreprises doivent respecter quand elles souhaitent explorer ou exploiter les ressources du sous-sol français ».

Un code minier daté

« Cet ensemble de règles date de 1956. Il a été réformé plusieurs fois. Mais la plupart des associations environnementales considèrent que ce code minier est encore très ancré dans une certaine vision du passé, très industriel, et très peu en accord avec les rapports sur la biodiversité. Jusqu’où ira le gouvernement et quel sera la réaction des parlementaires ? On peut avoir de gros doutes. A notre sens à la Fondation, et c’est une idée partagée par d’autres, c’est que monsieur Macron veut faire passer l’idée d’une mine responsable et de faire passer l’idée qu’une mine peut être verte et propre. Ce que l’on conteste totalement ».

Or de question contre la mine dor
© Or de question

Quand Brune Poirson ou Emmanuelle Wargon disent que montagne d’Or ne se fera pas, il faut comprendre « en l’état » ?

« Oui. Il faut comprendre cela. A partir du moment où le code minier sera réformé et acté, il y aura un nouveau cadre, peut-être plus exigeant. Mais pour autant, cela ne veut pas dire « non » à toute forme d’exploitation minière. Le projet Montagne d’Or peut revenir sur la table, mais modifié. Mais il n’y a pas que le projet Montagne d’Or. C’est ce que les militants du collectif Or de Question soulignent. C’est un projet parmi tant d’autres en Guyane. On s’est focalisé sur celui-ci parce que c’était le plus emblématique. On savait que si celui-ci passait, tous les autres plus petits passeraient plus facilement. Aujourd’hui en Guyane, on a plus de 300 000 hectares dédiés à l’exploitation minière. Donc c’est un enjeu plus global que simplement Montagne d’Or ».

Quelle est la réaction des autochtones de Guyane ?

« La confiance n’est pas au rendez-vous. Jusqu’à présent, monsieur Macron poussait très fort pour que le projet voit le jour. Là, il y a un revirement de dernière minute. Mais c’est un revirement qui n’est pas définitif, puisqu’il y a la porte ouverte avec la réforme du code minier. Les peuples autochtones, et notamment Christophe Pierre, pointent du doigt la question plus générale de l’extractivisme. Est-ce qu’on a réellement besoin de ces métaux ? Christophe Pierre pose la question de la préservation des territoires et la question de l’eau. Quand on regarde une carte de la Guyane, les concessions minières sont souvent calquées sur le bassin hydrographique. On sait qu’aujourd’hui, extraction minière rime avec pollution des cours d’eau. Le moindre accident, la moindre rupture de barrages de déchets miniers viendrait mettre à mal une très grosse partie du bassin hydrographique de Guyane ».

Un droit de veto bafoué

« Les peuples autochtones mettent aussi en avant la question du droit de veto. Il se sont exprimés à plusieurs reprises en disant non au projet. Si on suit à la lettre le droit international des droits des peuples autochtones, les autochtones sont censés donner leur consentement, ou non, sur tous projets les concernant. Cela fait plusieurs fois qu’ils disent non clairement. Donc normalement, on est face à un droit de veto et donc on abandonne le projet. C’est ce qu’ils souhaitent, que soit intégrée plus fortement cette question du consentement. Quand on interroge le public, que la décision soit réellement contraignante ».

Quelle est la prochaine étape ? La décision est prévue pour quand ?

« Il n’y a pas de décision à attendre puisque l’entreprise n’a toujours pas déposé son dossier. Tant que l’entreprise ne soumet pas officiellement son projet aux autorités étatiques chargées de l’analyser, le projet n’existe pas. Pour le moment, l’entreprise n’a pas déposer son dossier. Au vu des signaux envoyés par le gouvernement, je pense qu’elle n’a pas intérêt à le faire. Elle a plutôt intérêt à le remanier de fond en comble pour espérer qu’il passe s’il y a la réforme du code minier. Concernant la suite, il faut être très attentif à cette réforme du code minier pour qu’on soit au maximum des exigences environnementales, climatiques et des enjeux de société ».

Quel modèle de société doit être privilégier ?

« Derrière cette réforme du code minier se pose la question de quelle société avoir au XXIe siècle, avec des enjeux climatiques et de biodiversité extrêmement forts. Comment mettre ça en cohérence avec des besoins industriels en interrogeant bien la notion de besoins ? Est-ce qu’on parle de besoins ou de société de surconsommation qui est totalement à revoir ? Il faut se poser les bonnes questions, surtout sur un territoire comme la Guyane où on a une véritable richesse. Au-delà de la richesse du sous-sol qui attire beaucoup, il y a une richesse qui est celle de la biodiversité, de ces fleuves, d’une forêt tropicale. Il va falloir se poser, selon nous à la Fondation, les bonnes questions ».

Pour aller pus loin :

Montagne d’or : une destruction environnementale, sociale, culturelle

Montagne d’Or – Première victoire judiciaire en Guyane

Pour un vigoureux et efficace lobby citoyen

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texteFTPGF 2 Le mensuel du centre d’Action Laïque (www.laicite.be) Espace de Libertés, consacre de nombreuses pages à un dossier également abordé à plusieurs reprises sur nos antennes : le lobbyisme.

Nous y apprenons qu’« environ 30 000 lobbyistes travaillent à Bruxelles pour influencer la législation européenne. »

Naguère, nous avions répercuté les propos d’un parlementaire progressiste européen qui disait : « On les met à la porte, ils rentrent par les fenêtres ! » Fenêtres largement ouvertes de l’intérieur, ce n’est pas José Manuel Barroso qui nous démentira.

Tour à tour, Espace de Libertés rappelle quelques affaires peu reluisantes : le dieselgate, le glyphosate cher à Monsanto-Bayer, le tabac, les implants mammaires, les droits d’auteur… et, quand on apprend que 31% des parlementaires de la législature 2009-2014 ont ensuite travaillé pour des lobbys, même 50% pour d’anciens commissaires, on se demande qui va pouvoir mettre bon ordre dans cette situation où, sans conteste, la déontologie et la démocratie sont en péril, ci ce n’est un vigoureux et efficace lobby citoyen !

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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Jean-Marc BARR : il faut se battre pour le Grand Bleu et la planète !

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Souvenez vous .Retour arrière ,  en 1988, «  Le Grand Bleu » réalisé par  Luc Besson est  un film  librement inspiré des vies de Jacques Mayol et Enzo Maiorca, célèbres champions de plongée en apnée.

30 ans plus tard,  le  « Jacques MAYOL »  de l’histoire, Jean Marc Barr est toujours dans nos mémoires …Il continue de  convoquer  des destins et  de produire des  apnéistes  tant il a  introduit et changé la perception du monde de l’apnée.  Je vous emmène à sa rencontre, faite sur le stand de l’association LONGITUDE 181 au Salon International de la Plongée de Paris en Janvier 2019

Filets de pêche et economie circulaire ….c’est possible !

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Aujourd’hui en France, aucune filière de recyclage des filets de pêche n’existe. La récupération et le recyclage des filets de pêche réformés ainsi que des plastiques marins est devenu l’objectif numéro 1 de l’association PALANA. L’initiative couvre l’ensemble de la chaîne : du repérage des déchets à la collecte, au tri, au recyclage des matières plastiques et jusqu’à l’éco-conception de nouveaux objets. Le projet se focalise principalement sur un déchet bien particulier : le filet de pêche en nylon.
A découvrir dans cette chronique avec Sabine , cofondatrice de l’association.

http://palana-environnement.org

https://www.longitude181.org