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Assises Nationales des déchets de Nantes – interview de Claire Estève

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Assises Nationales des déchets de Nantes
déchets plastiques
Claire Esteve - Nantes métropôle
Claire Esteve

Fréquence Terre reçoit à Claire Estève, ingénieure projet au service traitement des déchets de Nantes Métropole.

A l’occasion des Assises Nationales des déchets qui se tiendront les 2 et 3 octobre prochain à Nantes vous allez co-animer une conférence sur les progrès en matière de valorisation énergétique.  Qu’est-ce que vous appelez « la valorisation énergétique » ?

C’est tout ce que l’on peut valoriser, grâce à nos pratiques d’incinération des déchets, mais aussi en terme de méthanisation , également de production de combustible (combustibles solides de récupération) qui permettent entre autre chose de valoriser les refus de tri de collecte sélective, pour leur permettre d’avoir une seconde vie. Par exemple en combustible dans les cimenteries.

En tant que particulier, quand on trie nos déchets, on a plusieurs catégories de déchets on est d’accord ? Tout ce que l’on ne sait pas vraiment recycler,  on le met dans une poubelle à part, ce sont nos déchets alimentaires. Et de l’autre côté il y a tout ce qui est recyclable – donc en général « la poubelle jaune » (plastiques, métaux…), et après on a les encombrants.

Effectivement, il y a plusieurs modalités de tri de nos déchets.  Tout ce qui se retrouve dans les poubelles en général « bleues », l’ordure ménagère part à l’incinération. De cette incinération on produit de la chaleur. Donc une des formes de valorisation énergétique qui nous permet d’alimenter entre autre chose des réseaux de chaleur urbain permettant la production d’eau chaude et de chauffage dans les établissements publics et dans les collectifs à proximité des usines. Voilà une forme de valorisation.

 Donc on brûle et on relâche dans l’atmosphère des gaz pas très sains pour la santé ? Si je me souviens bien il y avait ce problème de dioxine dans pas mal de centrales. Il y a encore un procès qui a eu lieu au mois de mai à Melun.

Par rapport à ça, la réglementation s’est extrêmement renforcée. Nous avons des suivis très stricts. Pour ce qui concerne tous les traitements des fumées qui sont issues de l’incinération des déchets.

Le fait de brûler nos déchets produit des gaz qui sont relativement toxiques, comment sont-ils captés ?

Clairement, on est sur des dispositifs de traitement des fumés qui sont des dispositifs soit « secs », soit « humides », qui permettent sur différentes étapes, d’arriver à des rejets quasi purs en haut de cheminée. Et sur ces cheminées nous avons également des analyseurs qui permettent en continu ou en discontinu d’avoir des relevés des analyses des gaz émis et donc un contrôle en permanence de la qualité de ses émissions.

 Vous confirmez que les scandales de la dioxine n’existeront plus ? (en France en tous les cas).

Sur l’usine que nous suivons, je peux vous confirmer que nous mettons tout en œuvre pour avoir un suivi extrêmement méticuleux et une vigilance accrue sur ces sujets.

La deuxième filière de valorisation c’était donc la poubelle jaune. Donc là on met nos plastiques en particulier, quelques métaux, les boîtes de conserve… Où est-ce qu’on en est sur le tri des poubelles jaunes ?

C’est très inégal entre les villes… Certaines villes prennent certains composés d’autre en prennent d’autres on ne peut pas dire que c’est un tri « global ».

La loi de transition énergétique a beaucoup aidé à l’harmonisation des pratiques dans ce domaine parce que d’ici 2022, nous allons mettre en œuvre à l’échelon national, l’extension des consignes de tri. Ce qui va permettre pour l’usager de n’avoir plus qu’une seule consigne de tri pour lui permettre, quel que soit son lieu de vie (de vacances par exemple), de ne plus se questionner sur ce qui doit intégrer ou non sa poubelle jaune.

Nous sommes donc en train de nous équiper pour faire progresser notre matériel de tri pour répondre à cet élargissement des consignes.

Par exemple, le plus parlant est celui des pots de yaourts à intégrer dans les plastiques triés et recyclés.

A l’issu de ce tri nous conservons tout de même des refus et là encore ces refus vont intégrer les filières de valorisation…

Qui les refuse ? (les pots de yaourt).

Avec les nouvelles consignes, il n’y aura plus de refus. Mais nous avions des processus de tri qui était efficient pour trier ou non ce type de résine. Demain l’intégralité des instruments de tri devra être en mesure d’effectuer ce tri là et donc de permettre une valorisation par le recyclage de la matière de ce type de résine.

Aujourd’hui sur ces types de résines qui ne seraient pas triées, nous avons deux types de valorisations qui sont dites « énergétiques ».

Une partie de ces refus peuvent repartir en incinération et reviennent donc notamment à la production de chaleur que nous évoquions tout à l’heure,  et une autre partie permet la production de combustible solide de récupération (CSR) qui est un combustible réutilisé notamment par des cimenteries et donc on est sur une autre forme de revalorisation énergétique.

Donc finalement on arrive toujours à tirer profit de tous les déchets à niveau ou un autre…

Exactement. C’est le principe et la logique qui nous animent. C’est « comment faire en sorte de pouvoir valoriser un maximum de nos déchets et cela dans le respect de la réglementation » bien évidemment… dans l’objectif de rendre de plus en plus performants nos équipements de tri.

 La poubelle jaune, c’est donc une filière qui marche… On a aussi les encombrants, et je voulais aborder le sujet de la méthanisation…  où est-ce qu’on en est sur ces circuits-là ?

Oui effectivement, ces circuits se développent. Au niveau de la méthanisation, il y a deux valorisations possibles :

. D’abord la production d’un biogaz grâce à la dégradation, via des micro-organismes, de la matière organique.  Ce biogaz est réinjecté dans des réseaux de chaleur.

. Et puis, autre résultat de ce processus, c’est ce qu’on appelle le « digestat », une matière qui peut retourner au sol et être valorisée dans les filières agricoles.

Il y a aussi le GNV (Gaz naturel pour véhicules) ?

On a une valorisation du biogaz en carburant oui, c’est une des filières qui émane de la gestion du biogaz issu de la méthanisation.

 Nous avons reçu sur la Fréquence Terre Isabelle Saporta qui nous expliquait un scandale en Bretagne. Elle nous avait expliqué tout un process très étrange où en Bretagne les agriculteurs s’étaient lancés dans la méthanisation… et comme ils s’étaient aperçus avec le lisier de porc que le méthane n’était pas assez riche ils s’étaient mis à cultiver des champs de maïs pour enrichir leur mélange… est-ce que c’est des pratiques qui existent encore ?

A mon échelle,  je ne peux pas le confirmer ou l’infirmer. Par contre c’est une des limites de la méthanisation et ce vers quoi il ne faut pas tendre, c’est-à-dire mettre en œuvre des cultures dédiées à ce dispositif pour son bon fonctionnement. Un des objectifs de la méthanisation c’est vraiment de s’intégrer à un territoire et de pouvoir en tirer une valorisation des déchets à l’échelle locale et également la réintroduction de la valorisation des déchets dans un territoire proche de l’usine de méthanisation encrée dans le territoire.

Les déchets qui servent à la méthanisation quels sont-ils ?

Intègrent la méthanisation tous les déchets dits « organiques » donc tout ce qui va être lié à des déchets alimentaires. On a des déchets de l’industrie agroalimentaire… On a également des déchets verts et des déchets qui peuvent être issus des collectes de territoire de collectivités territoriales.

 C’est un secteur qui se développe comment ? 

C’est un secteur qui est en devenir.  Et la principale interrogation pour demain va être de l’intégrer comme je le disais, sur une échelle locale, lui permettant à la fois de fournir de l’énergie sur un territoire proche de l’usine de méthanisation, et également de pouvoir être alimenté par une production de déchets locale. C’est l’un des principaux enjeux actuels  de la méthanisation.

Maintenant, si on jette un regard global sur les l’évolution de de ces filières,  quel est votre constat aujourd’hui ? Quand on regarde 10 ans en arrière par exemple quels sont les progrès que nous avons faits ? Est-ce que tout s’organise bien comme il le faut ?

Aujourd’hui, on a la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui est très incitative et qui invite, collectivité comme porteur de projets publics ou privés à nous inscrire dans ces différentes formes de valorisations. Les progrès sont notables en terme de valorisation énergétique de nos déchets. Mais je pense qu’on est qu’au milieu du gué. Je pense qu’on est en ordre de marche et que du travail reste effectivement à faire mais que les fondements sont posées et que la loi et les réglementations nous invitent à progresser.

Vous dites qu’on est au milieu du gué, qu’on a posé les bases, que tout est présent. Maintenant, si on se projette dans l’avenir c’est quoi votre vision idéale de la gestion de nos déchets ?

Je dirais que le premier pilier va justement venir du consommateur.  Un des premiers enjeux reste la prévention et la réduction des déchets. Donc tout déchet qui peut être évité doit l’être.

L’objectif étant pour nous d’aller dans le sens d’une optimisation de la valorisation des déchets tout de même produits… parce qu’il en restera. Mais le premier enjeu aujourd’hui, au-delà des progrès que nous faisons en termes de valorisation, reste la limitation de la production à la source.

Si le déchet peut être évité, je l’évite.

Assises Nationales des déchets de Nantes – Interview de Thierry Meunier, son président

Assises Nationales des déchets de Nantes – Interview de Thierry Meunier, son président

 

« Repenser notre rapport au vivant » et aller vers « une métamorphose du monde »

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L’Amazonie, ou le déracinement du monde. C’était le thème du festival Climax qui s’est déroulé début septembre à Bordeaux. Si les festivaliers ont pu échanger sur la situation dramatique que connaît l’Amazonie actuellement, ce fut aussi l’occasion de réfléchir, d’échanger, de débattre sur la nécessaire métamorphose de nos sociétés. Et le message des peuples autochtones a été très écouté.

Le fondateur du festival a souligné la responsabilité de l’Europe dans le drame amazonien. En quoi cette responsabilité est prégnante ?

« Il y a plusieurs aspects. Il y a les importations de l’Europe de produits issus de l’Amazonie via une déforestation de ce territoire, on peut penser au soja. Un conférencier, Nicolas Bourcier, qui a donné ce chiffre : 60% du soja importé en France vient du Brésil. C’est énorme. On peut aussi pointer la responsabilité des banques qui financent des projets destructeurs de l’Amazonie. Il y a des banques françaises ou européennes. Cela peut être à la fois via la consommation que les Européens ont de certains produits, mais aussi tout le système économique banquier ou financier où l’Europe est très puissante et investit dans ces projets-là ».

Changer de système, de mode de pensée

La Fondation était présente à Bordeaux, pour écouter et rencontrer. Quel message vous avez pu porter, ou quel est celui avec lequel vous revenez ?

« C’était l’idée de dire qu’aujourd’hui, face aux enjeux, aux défis cruciaux auxquels on fait face, il va falloir se mettre dans une métamorphose du monde. Non pas une transition, mais une véritable métamorphose. Donc véritablement changer de système, changer de mode de pensée, changer de postulat. Cela demande un très gros travail qui commence notamment sur le plan des idées. Il faut porter d’autres idées que celles liées au système en vigueur basé sur l’exploitation de la nature et de l’homme. Autre point intéressant, c’était la question de la décolonisation : décolonisation des savoirs, de l’école, le devoir de mémoire. Il y a un gros enjeux pour les peuples autochtones, mais aussi pour les afro-descendants qui étaient fortement présents à Climax. Et cela fait écho au travail de la Fondation de chercher à promouvoir une autre pensée, et notamment une pensée décoloniale. L’idée est d’avoir des coopérations entre autochtones et non autochtones qui soient apaisées, dans la co-construction, dans la collaboration. Et on a aussi porté un sujet lors d’une conférence sur la biopiraterie. Le fait de voler les savoirs des peuples autochtones est une chose qui est trop peu connue. C’est une nouvelle forme de colonisation, tant de la nature que des peuples autochtones. Cela participe au déracinement ».

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© France Libertés

Convergence des luttes et première campagne sur la pollution au mercure

Le festival a eu une résonance particulière dans les médias, vu l’actualité. Quelle portée les échanges peuvent-ils avoir ? Quelles suites à ces rencontres ?

« Le plus important c’est que c’est un festival très fréquenté. Il y avait plusieurs milliers de personnes, notamment pour la conférence avec Pablo Servigne, Nicolas Hulot et Edgar Morin. Edgar Morin, souffrant, n’était pas là. Mais ne serait-ce qu’à cette conférence, il y avait une file d’attente énorme. On voit que les gens sont mobilisés, intéressés. C’est un événement qui permet de sensibiliser un large public. Il y avait aussi beaucoup d’enfants, d’adolescents, de publics scolaires. C’est aussi fondamental parce que c’est ce genre d’évènements, avec des rencontres très fortes, des discours puissants des autochtones, qui peuvent marquer une personne et la faire basculer dans un nouveau comportement, un nouveau rapport au monde. Cela permet aussi d’entamer des convergences de luttes avec l’ensemble des associations qui étaient présentes. Il y a eu aussi la volonté des organisateurs de lancer une première campagne ensemble. Avec l’idée de travailler sur un cas concret lié à l’Amazonie, à savoir la pollution au mercure par l’orpaillage illégal en Guyane. Cela permet de mettre des forces en commun des différentes associations et de travailler à former les juristes et à porter un recours à la fin du programme qui a été lancé pendant le festival. C’est une action concrète qui découle du festival. Ces événements permettent de revenir avec plus d’énergie, plus de force. C’est un partage des luttes, des résistances, de pensées ».

Pour aller plus loin :

Le drame de l’Amazonie et du déracinement des peuples autochtones

Défenseur de l’Océan: Jacques PERRIN avec un film d’exception, « Océans »

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photo: D.KRUPKA/J.PERRIN

On le présente comme  acteur, réalisateur de documentaires et producteur de cinéma.  Il a produit entre autres Microcosmos, le peuple migrateur et  « Océan »s , un film qui en France enregistra 2.5 millions de spectateurs en un mois  , et plus  de 10 ,5  million d’entrées dans le monde  : cet homme c’est Jacques PERRIN. En réalité il s’agit d’un poète, d’un homme des arts et des lettres, d’un humaniste, d’un artiste qui va à la rencontre des autres , du monde et qui nous fait partager  la vie merveilleuse qui nous entoure. Alors pourquoi en particulier « Océans »?

 http://www.longitude181.org

Marche pour le Climat : « Le pacifisme ne sert plus à rien… » (Reportage Fréquence Terre)

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sigle ftpgf2250ft1En ce vendredi 20 septembre 2019, la Capitale de l’Europe accueille une nouvelle manifestation pour le climat, compte tenu de l’urgence face à une inquiétante dégradation de l’Environnement.

Inspiré par l’activiste Greta Thunberg, cette jeune suédoise qui continue inlassablement d’alerter les politiques et décideurs malgré les sarcasmes et insultes lancés lâchement à son insu, à l’image des propos odieux du philosophe Michel Onfray, principalement des jeunes, aujourd’hui de plus en plus rejoints par des adultes, clament depuis des mois qu’il faut sauver la Terre du désastre.

Si, même des grands-parents se retrouvent aux côtés de leurs petits-enfants, ce qui est symboliquement très fort, de plus en plus d’ONG, mais, aussi, de puissants syndicats, s’associent à ce mouvement citoyen.

250En ce 20 septembre, Fréquence Terre (en partenariat avec POUR) est à nouveau au cœur de l’événement et, plutôt que de longs discours, le reportage se concentre sur les slogans scandés, chantés ou écrits sur une multitude de calicots et pancartes.

En voici quelques-uns : Nous sommes tous des colibris – Pas de nature sans futur – Savez-vous nager ? – H&M = 12 tonnes d’invendus brûlés par an ! – Halte aux fausses politiques, place à la pratique – Fin du monde, fin du mois, même combat – Sobriété, solidarité, humilité envers la Nature – Arrête de niquer la mer – Pas la guerre mais la révolution climatique –

 

Depuis des mois, donc, des centaines de milliers de citoyens, voire des millions, font pression sur les élus pour qu’ils aient le courage de mettre au pas ceux qui salissent la Terre. Ce n’est pas facile quand on connaît les accointances entre certains politiciens et les lobbys, mais, que ceux-ci prennent garde car, si, jusqu’à présent, ces Marches pour le Climat se sont déroulées dans le calme, on sent de plus en plus cet engagement pacifique voisiner avec des propos plus radicaux au cœur des manifestations.

Ainsi, un tract disait clairement : « Comme on a pu l’observer, les révoltes qui restent dans les cadres établis rentrent totalement dans le jeu du pouvoir et ne permettent pas d’obtenir de réelles avancées » alors qu’un slogan était assez explicite sur la manière d’agir : « Notre maison brûle, brûlons leurs palais » et qu’un jeune manifestant me déclarait que le « pacifisme ne sert plus à rien, il faut passer à autre chose… »

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C’était Pierre Guelff, parmi 15 à 20 000 manifestants depuis la Capitale de l’Europe, pour Fréquence Terre.

Photos : Fréquence Terre

Assises nationales des déchets, interview de Isabelle Martin, directrice de relations institutionnelles chez Suez recyclage et valorisation

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Isabelle Martin, directrice de relations institutionnelles chez Suez recyclage et valorisation
Isabelle Martin

Les assises des déchets ont lieu les 2 et 3 octobre prochain à Nantes, l’occasion de faire un point sur la façon dont nous gérons nos déchets en France.

 J’ai interviewé Isabelle Martin, directrice de relations institutionnelles chez Suez recyclage et valorisation. A l’occasion des Assises Nationales des déchets qui se tiendront donc les 2 et 3 octobre prochain vous allez animer une conférence sur les outils numériques au service de la gestion des déchets. De quoi parle-t-on ? C’est quoi ces outils numériques ?

 

On est dans une société de plus en plus connectée, et pour les déchets et bien effectivement, les outils numériques vont nous aider… vont aider le citoyen à être de plus en plus connecté pour améliorer son geste de tri.

Mais au-delà de ça, ça va nous aider également en tant qu’industriels, à mettre en place des outils qui vont pouvoir être plus performant.

Par exemple sur la collecte des déchets on va pouvoir déployer des puces sur les bacs qui reçoivent les déchets de façon à mesurer les quantités de déchets à l’intérieur et optimiser les collectes et les tournées de collectes, ce qui va permettre de faire des gains et d’optimiser.

C’est aussi utiliser toutes les données qui sont maintenant de plus en plus disponible à travers l’intelligence artificielle pour robotiser et détecter sur les bandes transporteuses de nos centres de tri les différents types de plastiques d’emballage, de façon à limiter les erreurs de tri et à préparer une matière de qualité supérieure à celle qu’on a aujourd’hui par exemple.

 

 Donc on ne parle pas trop d’applications mobiles, mais c’est plus le déploiement de l’intelligence artificielle au service du tri ?

 

Il y a aussi bien évidemment tout ce qui concerne ce dont vous parlez, c’est-à-dire les applications services des bonnes pratiques. Ça, c’est déjà bien déployé. Si vous êtes un citoyen sur Paris par exemple, vous voulez savoir où il y a une déchetterie, vous pouvez effectivement vous connecter et vous aurez toutes les informations sur les horaires, les temps d’attente, les périodes d’influence, les déchets que vous pouvez déposer / pas déposer, si vous voulez faire enlever un encombrants, à quel moment… tout cela existe déjà.

Il y a ces robots donc qui qui permettent de faciliter le tri, est-ce que vous pouvez nous expliquer d’où on est partis et où on va arriver avec ces nouvelles technologies au service des déchets ? Au départ on ne triait pas, puis est arrivé le tri sélectif « manuel » puis on a mis de l’informatique dans tout ça…

 Vous avez entièrement raison oui. Au départ le premier flux qu’on a séparé c’est le verre. Ça date déjà de 25 ans, mais ce sont des boîtes « des box » qui sont sur les trottoirs et petit à petit effectivement, on a mis en place, soit de la collecte sélective qui se fait au sein du ménage. Pour les ordures ménagères il faut le trier pour séparer les différentes matières.

Il y a déjà plusieurs années (une vingtaine d’années, se sont développé les centres de tri. Dans les premiers centres de tri, on triait le carton du plastique et petit à petit, comme dans les plastiques il y a beaucoup de résines (il y a 5 résine majoritaire notamment le polyéthylène qui constitue pratiquement toutes les bouteilles) on les a amélioré avec des détecteur optiques… des soufflettes qui permettent aussi d’évacuer les déchets qui doivent pas rester dans le flux. Et derrière, on a toujours quand même du tri manuel pour corriger les erreurs qu’a fait la machine.

Donc, comme on va avoir un déploiement sur 3 ans en France de l’extension des consignes de tri,  nous allons mettre dans le bac jaune d’autre matières comme les barquettes en plastique, les pots de yaourt, les enveloppes de de jambon etcetera.. Et bien en fait on est amenés à utiliser l’intelligence artificielle qui va utiliser soit les photos, la détection de la forme qui est à trier et tout ça va nous permettre effectivement d’avoir un meilleur tri. Et il ne faut pas oublier qu’on doit préparer la matière pour pouvoir la vendre derrière. Et pour qu’elle puisse être recyclée, il faut amener cette matière un bon niveau de qualité, satisfaisante pour l’industriel.

Sur une chaîne de tri, on a l’aimantation, l’électricité statique, vous avez parlé des soufflettes, la visée optique…

Vous en avez cité une grande majorité effectivement… donc il y a effectivement tout ce qui est soufflette pour séparer ce qui est léger du reste. On voit bien que les soufflette c’est plutôt pour écarter le plastique. Ensuite vous avez du tri optique. Donc là c’est de l’infrarouge qui vient détecter la typologie de la résine et qui va permettre une séparation en trois flux.

Il y a également une recherche au niveau national qui va être déployée pour pouvoir améliorer encore ce tri en utilisant la détection de la forme qui arrive sur la bande transporteuse.

Alors quand on passe d’une ville à l’autre on a vu que les déchets collectés ne sont pas les mêmes, donc on suppose que c’est au centre de tri que ça se passe ? C’est-à-dire qu’on est dans l’incapacité de trier c’est ça ? C’est pour cette raison que l’on refuse certaines matières dans les poubelles de recyclage ?

 Tout à fait… Effectivement sur le centre de tri on ne peut pas tout trier.  Dans certains arrivages avant de charger les déchets il faut déjà faire un tri pratiquement à la pelle parce qu’il y a des consignes qui ne sont pas bien connues. Donc on trouve un certain nombre de flux qui ne peuvent pas être recyclés.

Comment sont répartis les centres de tri ?

En fait, historiquement, il y a eu beaucoup de petits centres de tri qui se sont ouverts et qui posent aujourd’hui d’ailleurs la problématique de de leur revamping (réorganisation) parce que bon c’est centre de tri ne sont plus suffisants pour effectuer un tri correct des matières… Donc il y a il y a depuis 3,4 ans une optimisation des centre de tri qui sont en cours et l’idée c’est d’arriver à 200 centres de tri au niveau français. Ça se calcule en fait par « bassins de vie ».

 

Il y a 96 départements et donc 200 centres de tri… ça fait à peu près 2 par département…

C’est quoi votre vision de la planète dans 10 ans ? Bien entendu, sous le prisme du tri des déchets. Vers quoi on tend ?

 Compte tenu en fait que la planète est limitée, que les ressources sont limitées… Il faut au moins que la matière soit recyclée au sein de l’Europe… Donc je pense qu’il va falloir développer de la matière à recycler de plus en plus propre. Ce qui veut dire aussi que ça va aller vers de plus en plus de collecte à la source.

On va aller de plus en plus vers du démantèlement, que ce soit au niveau de la construction ou de la déconstruction… Donc pour moi d’ici une dizaine d’années, oui, on va aller vers ce type de modèle.

 Pour l’usager final – je parle du citoyen comme moi – il pourra tout mettre dans la même poubelle ?  

C’est un peu compliqué de se projeter… Un pays comme l’Allemagne par exemple, qui a démarré beaucoup plus rapidement sur des collectes séparées au niveau des citoyens… Je pense que le citoyen allemand et un peu désemparé devant le nombre de poubelles. Je pense que nous il faut en France que l’on tire profit de toutes ces expériences et voir effectivement si il ne faut pas plutôt développer du tri derrière, sachant quand même que bon le tri que le citoyen ne fait pas, si on le fait derrière ça a un coût.

Plus on va trier, plus le citoyen devra payer ? Où est-ce que la revente  de la matière première dégagée des tris suffira financer la filière ?

Entre la collecte et la préparation de la matière, on voit bien qu’on empile un certain nombre de coûts fixes et que c’est coûts c’est difficile de les réduire.  Donc la matière à recycler bien souvent il faut qu’elle soit aidée (subventions).  Par exemple, pour le plastique quand le prix du pétrole est bas,  il est plus difficile de vendre de la matière recyclée par rapport à la matière vierge qui elle, est moins chère.

Donc il est vrai que il faut trouver un juste milieu pour que la matière sortie (traitée, triée) soit disponible à un prix satisfaisant afin qu’elle puisse trouver preneur.  Parce que s’il n’y a pas de clients, il n’y a pas de recyclage…

Le coût du recyclage se répercute dans les impôts locaux c’est ça ?

C’est vrai que pour inciter le citoyens à faire le bon geste de tri, il y a effectivement plusieurs outils qui peuvent remplacer la fameuse « TEOM » (taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères), qui est une taxe donc la taxe calculée sur la surface habitable… donc rien à voir avec le comportement du Citoyen. Donc l’idée, c’est plutôt de s’appuyer sur des tarifications incitatives qui incitent les citoyens à recycler.  Donc plus il recycle, moins il paiera de redevance.

Donc, plus le prix du pétrole sera bas, plus le citoyen payera cher ?

 Pour le pétrole, non, il n’y aura pas de lien direct parce que de problème du pétrole c’est qu’il peut être cher et puis tout d’un coup, comme le pétrole répond à des problèmes très géopolitiques, on peut tout à fait avoir des creux très importants donc la restitution ne fera pas directement auprès du citoyen mais elle se fera au niveau de la réincorporation. Donc on voit bien qu’avec le projet de loi sur l’économie circulaire, les histoires de bonus / malus vont pouvoir se répercuter directement sur le produit acheté.

 Donc le coût du recyclage est prélevé à la source… quand on achète le produit ?

 Voilà, quand vous achetez le produit, vous allez effectivement soutenir la réincorporation et le recyclage de la matière.

Assises Nationales des déchets, les 2 et 3 octobre à Nantes.

Assises Nationales des déchets de Nantes – Interview de Thierry Meunier, son président

https://frequenceterre.com/2019/09/27/assises-nationales-de-dechets-de-nantes-interview-de-claire-esteve/

 

 

 

Le drame de l’Amazonie et du déracinement des peuples autochtones

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L’Amazonie brûle… et c’est le monde qui brûle. C’est le message délivré au Festival Climax qui s’est déroulé à Bordeaux début septembre.

La plus grande forêt tropicale du monde est grignotée depuis des semaines par des incendies. Alors face aux grands discours des chef d’Etat du monde entier et à l’inertie international, le Festival s’est donnés cette année comme mission de tisser des liens entre les cultures, avec un thème : « L’Amazonie, ou le déracinement du monde ».

Ce Festival s’est tenu dans un contexte particulier. Les dernières données scientifiques sont accablantes. La déforestation a quasiment doublé entre janvier et août par rapport à la même période de l’an dernier. A quoi est due cette déforestation ?

« Cette déforestation a des causes assez nombreuses, et notamment la question de l’extractivisme. C’est l’exploitation des ressources naturelles un petit peu partout sur la planète. C’est notamment celles qui se trouvent dans ces forêts primaires, que ce soit les ressources de pétrole, de mines ou tout simplement le bois. Et puis il y a la déforestation pour installer du bétail ou des cultures de soja qui viennent alimenter les animaux de l’élevage intensif. Il y  des causes nombreuses. Ce que l’on note, c’est une accélération depuis l’arrivée du président Bolsonaro au Brésil. C’est assez inquiétant. Lui-même, en tant que président, a largement incité à cette déforestation en cherchant à faire de cette forêt, qu’il considère comme improductive et qui ne contribue pas suffisamment à l’économie, un territoire a exploiter ».

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© France Libertés

Un sentiment d’insécurité

Depuis l’élection de Bolsonaro, les choses se sont vraiment aggravées ?

« Oui. En termes de déforestation, cela s’aggrave. On peut aussi noter les attaques que subissent les peuples autochtones, notamment deux assassinats récemment. Là aussi, ses propos sur les peuples autochtones n’incitent pas à un climat de paix. Bien au contraire. Sur la question de la violence, on est sur une augmentation du sentiment d’insécurité chez les autochtones face à des discours présidentiels qui invitent à ce que les autochtones soient intégrer le plus possible à la population brésilienne, qu’ils n’aient plus de territoire. On est sur des propos assez forts qui incitent à la violence de ces peuples. Donc monsieur Bolsonaro indirectement, et directement avec certaines de ses politiques, commencent à faire s’aggraver la situation en Amazonie brésilienne ».

Le thème de ce festival Climax a été décidé avant que Bolsonaro ne soit élu. Les choses ont donc changé depuis. Le festival a donc pris une autre dimension ?

« C’est sûr que le choix du sujet est on ne peut plus dans l’actualité. Le sujet complet du festival c’était, l’Amazonie ou le déracinement du monde. C’était l’idée d’avoir une analyse des causes du déracinement. C’est la déforestation. Et , moins littéral, le déracinement, c’est ces peuples autochtones toujours plus déracinés, perdus entre tradition et modernité. C’est aussi la question des Noir-Marrons, ou des Bushinengués, ces anciens esclaves qui ont fui ce système et se sont retrouvés à créer une nouvelle façon de faire société. C’est aussi la question du rapport à l’autre qui était posée dans ce festival. C’était à la fois le rapport à la nature, mais aussi le rapport à l’autre et comment réharmoniser tout cela ».

L’appel de Raoni

De nombreuses personnalités étaient présentes à cette édition dédiée aux peuples autochtones. Beaucoup de leurs représentants étaient à Bordeaux, à commencer par le chef Raoni. Quel message a-t-il voulu faire passer ?

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© France Libertés

« Malheureusement c’est un peu le même message qu’il nous délivre depuis des années. C’est un message de destruction de l’Amazonie, de destruction plus générale de la nature et du vivant, une véritable menace qui pèse à la fois sur les peuples autochtones mais qui nous concerne tous. Car en détruisant l’Amazonie, on détruit des équilibres écosystémiques très importants pour l’équilibre du bien-être de notre système Terre. Son discours était très axé aussi sur la situation avec monsieur Bolsonaro où les tensions avec les peuples autochtones sont d’autant plus fortes. Il a appelé à ce qu’une solidarité se créée avec les peules autochtones du Brésil. C’est l’idée de faire connaître la situation de ces peuples et d’appeler à un climat beaucoup plus de paix et de solidarité entre les peuples ».

Ces peuples sont les sentinelles de la planète ?

« Oui. C’était une idée très forte du festival. C’est pour cela qu’il y avait un grand nombre de représentants autochtones invités. Une des idées majeures était la nécessité d’avoir un autre rapport à la nature, de repenser les relations avec les humains et les non-humains. Et de repenser notre rapport au vivant et de revenir à l’élément essentiel. Nous humains, faisons partie de la nature. On a eu trop tendance à se mettre au-dessus et à chercher à exploiter la nature et faire en sorte qu’elle ne serve seulement qu’aux intérêts des humains. Dans ce cadre de réflexion, les peuples autochtones ont beaucoup à nous apporter puisqu’ils entretiennent des relations avec la nature qui sont beaucoup plus harmonieuses que nous, occidentaux ».

Et la semaine prochaine nous reviendrons sur ce festival et sur son message d’une nécessaire métamorphose de nos sociétés.

Pour aller plus loin :

 

 

Défenseur de l’Océan : Sandra Bessudo , une femme d’exception, un exemple inspirant !

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Voici l’occasion de rétablir la parité  dans cette émission et pas avec n’importe qui : une femme d’exception,  Sandra BESSUDO, franco-colombienne, biologiste, plongeuse, défenseuse de l’environnement, et excusez du peu  ex-ministre de l’environnement en Colombie : un parcours riche et inspirant qui démontre que la sensibilité et la volonté  sont les ingrédients de réalisations exceptionnelles , et notamment dans le domaine de la protection de l’environnent marin .

A découvrir ,  à écouter et même à retrouver dans de prochaines chroniques .

http://www.longitude181.org

« La Fiancée anglaise » de Gilles Laporte (Les Presses de la Cité)

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texteftpgf 1 1Le « dernier » Gilles Laporte est souvent attendu par tous ceux appréciant la plume de cet auteur qui, depuis de nombreuses années, trouve aussi une place de choix dans « Littérature sans Frontières » avec, entre autres, Des fleurs à l’encre violette, La Clé aux âmes, Sous le regard du loup, Un parfum de fleur d’oranger, Les Roses du Montfort…

la fiancee anglaiseAvec La Fiancée anglaise, roman paru aux Presses de la Cité, le lecteur quitte les falaises de Douvres, traverse la Manche, voit le Cap Gris-Nez et se retrouve en compagnie de Robert Forester qui est parti à la recherche du passé d’Adolphe Lamesch, marin lorrain sur « La Combattante », un torpilleur des Forces françaises libres qui sauta sur une mine allemande, envoyant par le fond plus de soixante de ses collègues et lui-même.

Robert Forester, très jeune orphelin d’un père, pilote de la Royal Air Force, également décédé lors de la Seconde Guerre mondiale, est fonctionnaire de Sa Gracieuse Majesté et, contre l’avis de sa mère, se lance sur les traces de l’existence de l’artilleur en Lorraine, là, où il est peut-être oublié. Car, lui, il ne l’a pas oublié !

Mais, pourquoi, la mère Forester s’est-elle toujours fermement opposée à ce que son fils se rende en France et, même, à tenter d’entrer en contact avec la famille d’Adolphe Lamesch ? Cette interdiction annonce-t-elle un secret ? Qu’est-ce qui pousse Robert Forester à trahir sa parole et à se retrouver sur les terres d’Alphonse du côté de Châtel-sur-Moselle ? Trouvera-t-il encore des proches du marin, cinquante ans après sa mort tragique ? Pourquoi se sent-il directement « comme chez lui » dans cette Lorraine pourtant inconnue ?

Toutes ces questions, et bien d’autres, ouvrent la voie à un récit riche de faits historiques, de sentiments profonds, d’une forme de suspense au sujet de situations extraordinaires.

Déjà couronné de plusieurs prix littéraires, gageons qu’avec ce nouveau roman, Gilles Laporte ne laissera pas indifférents certains jurys…

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Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Assises Nationales des déchets de Nantes – Interview de Thierry Meunier, son président

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Thierry Meunier Assises nationales des déchets
Thierry Meunier

Les assises Nationales des déchets de Nantes existent depuis 30 ans. Thierry Meunier, Président de l’association Assises nationales des déchets est l’invité de Fréquence Terre, il fait pour nous un tour d’horizon de toutes les pratiques de retraitement des déchets.

Les Assises Nationales des déchets c’est un rendez-vous qui a lieu tous les 2 ans à Nantes et nous en sommes à la 15e édition cela fait donc 30 ans qu’association entreprise collectivité et représentant du gouvernement se rencontrent pour échanger, proposer des solutions et parler des problèmes rencontrés au quotidien sur le terrain.  Les assises des déchets c’est aussi l’occasion de donner des lignes directrices pour les années à venir.

Thierry meunier, ces dernières années ont largement été consacré à la structuration du tri les citoyens ont constaté car ils ont été largement mis à contribution sur le tri sélectif où est-ce qu’on en est quel est le constat donc 30 ans plus tard ?

« Si on parle du recyclage du verre en France,  c’est une solution qui a été mise en place il y a une trentaine d’années et qui fonctionne extrêmement bien.
Si on prend le plastique, c’est un autre débat. Parce que quand on dit plastique ce sont des plastiques de nature différente. Les plastiques d’il y a 40 ans ne  sont pas les plastiques d’aujourd’hui. Et on a eu une invasion d’ailleurs de résines et de plastiques dans notre vie courante.
C’est difficile de ne plus être addict au plastique, mais il va falloir le faire quand même de toute façon. Je crois que tout le monde a compris ça dans le cas de la pollution des fleuves, des rivières et des océans particulièrement. Là, les choses ont changé.

Ce qui a changé ce sont les éco-organismes comme éco emballage qui a fait beaucoup,  puisque par le biais d’une une petite taxe à la fabrication et à la mise sur le marché on a pu alimenter un système pour faire de la prévention, de l’information du public et puis mettre en place des systèmes de prise en charge des produits en fin de vie pour pouvoir les réintroduire, ou en tout cas les éliminer de manière satisfaisante.

La responsabilité des producteurs s’est largement développée depuis écoemballage. On a aujourd’hui plusieurs dizaines de filières encore en préparation.

On n’est pas forcément sûr que ça soit toujours la solution, donc c’est aussi en débat dans le cadre de nos prochaines assises. Est-ce qu’il faut faire des REP pour tout ? C’est une question. Il y a des parties prenantes qui ont des solutions à proposer.

Si on prend les filières bâtiment-travaux publics, où la masse des déchets est considérable (c’est la plus considérable en fait), les choses ont particulièrement évolué puis-qu’aujourd’hui la démolition est largement prise en charge et les produits valorisables sont triés. Il y a des plateformes de regroupement des travaux publics qui permettent de trier les déchets et les déchets amiantés s’il y en avait pour les mettre en lieu sûr et d’utiliser de réutiliser tous les matériaux. Donc on peut dire qu’on a beaucoup progressé.

Je pense que la progression suivante concernera plutôt la consommation courante des ménages. Si on regarde les pourcentage de de produits collectés pour le recyclage c’est pas suffisant. On peut faire beaucoup mieux. Deux fois ou trois fois mieux si on arrive à convaincre l’ensemble de nos concitoyens.

La collecte ne se fait pas de façon égale non plus selon la ville dans laquelle on habite. Une ville va prendre les pots de yaourt alors que la ville d’à côté ne va pas les prendre. On manque de repères !

En 30 ans on a fait des centres de tri.  Des centres de tri qui était petit où on a fait de l’économie sociale et solidaire. Le côté « économie sociale et solidaire » est très important dans le domaine du déchet.  Cela permet de créer des emploi, d’accompagner des personnes en réinsertion.

Sauf que les centres de tri trop petit, c’est un défaut de productivité, c’est un défaut de massification et la logistique qui s’ensuit pour le transport est problématique. Elle coûte de l’argent. C’est aussi des emplois qui sont exposés parce que le tri peut induire des troubles musculo-squelettiques… Donc c’est critiquable…

Donc il faut trouver des solutions, et la solution, c’est la massification de la collecte et des centres de tri qui sont de plus en plus automatisés.

La taille de la commune joue beaucoup… La taille du territoire aussi le maillage du territoire joue beaucoup parce que évidemment quand il y a une densification importante et qu’on peut mettre en commun et partager plus de moyens il y a une mutualisation beaucoup plus importante pour le service public pour organiser le service public et généralement on a plus de pertinence et plus de performance sur les outils. Quand on est sur un territoire qui est plus large, ça peut poser des problèmes d’infrastructures.

Donc on voit vers quoi on tend, ce qu’il faut améliorer et ce qui dessine,  mais vous, comment vous voyez les choses sur les 5 années qui viennent ? Quels vont être les impacts, qu’est-ce qui va changer pour les  entreprises et les particuliers dans les 5 ans qui viennent ?

Je pense que dans les cinq ans qui viennent on aura forcément un niveau de recyclage beaucoup plus fort parce qu’il y a des obligations.  C’est plus que des préconisations ! Il y a des obligations,  il y a des contrôles de l’État. Il y a des filières qui sont bannies comme l’enfouissement par exemple… Sans êtres bannies  parce que moi je n’ai aucune préférence pour une filière mais je sais pas non plus de défiance pour aucune des filières je pense que toutes les filières se valent et qu’elles ont leur articulation dans le maillage territorial. Mais c’est clair qu’on fera beaucoup moins d’enfouissement… ça c’est une évidence, c’est même inscrit dans la loi de transition énergétique.

C’est beaucoup mieux que faire des montagnes de déchets comme j’ai vu à New Delhi dans les informations en Inde.

De contingenter des déchets dans un endroit sûr, en attendant de savoir ce qu’on va en faire et peut-être qu’on en fera quelque chose dans les années futures et peut-être qu’en récupérant l’énergie qui est contenue dedans en faisant la valorisation du biogaz ce n’est peut-être quand même pas complètement stupide… donc voilà…

…

Plus de tri, ça c’est clair..  je pense qu’on fera beaucoup plus de tri. Je pense que ce qu’on va voir venir c’est au niveau des industriels -v pour ceux qui fabriquent encore en France – parce qu’il y a des nuances… il faut quand même rappeler que le déchet est nettement différent qu’il y a 50 ans. Je pense aux déchets de la chimie, pour qui il y aura encore plus d’efficacité pour faire moins de déchets, pour être très efficace dans son process industriel. Mais également sur les échecs qui sont inévitables je pense qu’on aura de plus en plus de valorisation et en tout cas je suis dans un groupe où on y travaille… Et non seulement on y travaille, mais on a des solutions.

Est-ce qu’il y a des chantier en cours et qui vont nous concerner en tant que particuliers ?

Pour le particulier l’enjeu à très court terme se sauver la planète, c’est de sauver l’homme sur la planète. Donc le grand enjeu c’est d’arrêter de faire des bêtises en clair. C’est à dire de faire attention à sa consommation. D’être exigeant en matière de consommation et éviter les suremballage par exemple et de faire attention ensuite à choisir des produits qui ont une durée de vie ou une vraie capacité à être recyclés et d’orienter ces produits de consommation au bon endroit et de le faire collectivement, de s’entraider pour le faire… D’optimiser aussi – je crois que c’est des choses importantes – notre consommation énergétique pour prendre en charge tous ces déchets. Je pense en particulier au fait que les poids d’apport volontaire dans les zones rurales sont une très bonne solution puisque on fait une économie de camions tous les jours pour venir collecter des masses qui sont pas forcément considérable. Le contrepoint, c’est que toutes les marges de la population ne sont pas forcément logés à la même enseigne par rapport à un apport volontaire. Si on prend quelqu’un qui est très âgé, qui a du mobilité réduite… comment il fait ? une personne de 80 ans par exemple aujourd’hui ? Comment fait-il pour apporter ses déchets ? Et là, c’est la solidarité collective.

Thierry MEUNIER,  Président de l’association qui organise les Assises nationales des déchets depuis 30 ans.  C’est à Nantes, les 2 et 3 octobres prochain.

Assises nationales des déchets, interview de Isabelle Martin, directrice de relations institutionnelles chez Suez recyclage et valorisation

Assises Nationales des déchets de Nantes – interview de Claire Estève

Hommage à Salvador Allende : « Les peuples font l’Histoire » (Reportage)  

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À l’initiative du Centre Allende et des autorités communales d’Evere, Salvador Allende n’est jamais oublié ! (Photos Fréquence Terre)

texteftpgf 1 1Le 11 septembre 1973, Salvador Allende, président démocrate et humaniste du Chili, était victime de la dictature militaire menée par Augusto Pinochet. Il fut la première victime de dizaines de milliers d’autres chiliens.

Lors d’un hommage rendu à Evere (Bruxelles), si différents témoignages confirmèrent ce tragique pan de l’Humanité, les intervenants ont, également, attiré l’attention sur les menaces antidémocratiques qui pèsent, ci et là, de la part de nostalgiques de pareille régime dictatorial.

FTSigle POUR FT 3Fréquence Terre, en partenariat avec POUR, ne pouvait que transmettre ces témoignages qui, unanimement, appellent encore à la vigilance, à la solidarité et à la fraternité universelle.

 

Extraits de témoignages :

  • « Comme nous le rappelle Isabel Allende (nièce de Salvador), les ouvriers, les femmes, les jeunes…, sautaient de joie dans la rue pour accueillir leurs (nouveaux) président et gouvernement de l’espoir… »
  • « Dans son discours politique, l’extrême droite fait appel à la peur et aux craintes. Peur du changement, peur et rejet de l’ ‘‘autre’’. »
  • « Se souvenir d’un événement ne sert pas à sortir les fleurs et les drapeaux sans qu’on puisse y mettre du sens. »
  • « Les idéaux que nous légua notre président (Salvador Allende) sont toujours d’actualité.»

La totalité des témoignages, ponctuée de chants, est à écouter sur notre podcast repris ci-contre.

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