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Washington : oui à l’humusation, France et Bruxelles : cela bouge  

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sigle ftpgf2ft250infographie frDepuis des années, Fréquence Terre évoque l’humusation, cette technique de transformation du corps d’une personne décédée en compost, « véritable alternative aux funérailles classiques », titrait Le Parisien il y a quelques semaines[1].

Dans ce reportage, le quotidien expliquait que l’État de Washington légalisait cette pratique, alors qu’en France et en Belgique, par exemple, « nombreux sont ceux à souhaiter ce retour à la terre littéral après leur mort », mais que la législation ne le permettait pas.

Robert Morez, fondateur des Cahiers de l’agroécologie, y corroborait le mouvement belge « humusation.org » en déclarant à notre confrère : « À ce jour, on a le choix entre du béton et du plastique si l’on opte pour un enterrement ou émettre énormément de CO2 en cas de crémation, sans parler de toute la chimie qui sert à l’embaumement et qui va ensuite polluer les cours d’eau. »

L’infographie du quotidien et de humusation.org stipule les différentes étapes de cette technique : le choix du terrain, de la stèle, la composition du mélange végétal où reposera le corps, les quatre phases de transformation jusqu’au but final, celui de « Donner la vie après sa mort en régénérant la terre ».

Force est de constater que le monde politique tergiverse face à cette pratique pourtant 100% écologique et moins onéreuse.

Alors, en France, des coopératives citoyennes funéraires militent très activement pour que l’exemple de Washington soit aussi d’application.

ft300infographie frFrancis Busigny, cheville ouvrière dudit mouvement humusation.org a d’ailleurs été invité à exposer cette technique et, au micro de Fréquence Terre, il évoque l’accueil qu’il a reçu en Bretagne et, surtout, les espoirs qui naissent ci et là de voir enfin aboutir pareil combat écologique tant attendu par des dizaines de milliers de personnes, certaines étant très âgées ou malades.

L’interview de Francis Busigny, dont les propos sont emplis d’enseignements et d’un espoir raisonnable, est à découvrir en podcast ci-dessous.

En conclusion de ce reportage, nous pouvons dire que des citoyens convaincus bougent, s’organisent et interpellent les politiciens compétents en la matière. Cependant, ces derniers les entendront-ils enfin ?

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Musique Michaël Mathy: : http://www.michaelmathy.be/#music

[1] 29 avril 2019.

Assises nationales des déchets de Nantes : bilan de la quinzième édition

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Assises Nationales des déchets de Nantes

Il y a un mois, nous présentions sur Fréquence Terre la tenue des 15e assises nationales des déchets de Nantes. Des assises organisées sous le mode associatif avec plusieurs « partie-prenantes » :

  • Ceux qui produisent les déchets (industriels, BTP, travaux publics, collectivités, particuliers…)
  • Ceux qui collectent les déchets (éco-organismes, collectivités, SEM..)
  • Ceux qui trient et valorisent (Véolia, Paprec, Séché…)
  • L’État qui donne des directives (Projet de loi sur l’économie circulaire par exemple…)

Tout les acteurs de la filière se retrouvent donc pendant deux jours, tous les deux ans (à Nantes) pour faire le point sur les actions menées et les actions à engager pour optimiser la collecte et la valorisation des déchets que produisent les Français. (ouvre un nouvel onglet)

Thierry Meunier Assises nationales des déchets
Thierry Meunier

Il y a donc un mois, j’avais interviewé Thierry Meunier, le président des Assises nationales des déchets, afin qu’il fasse pour nous un état des lieux, après 30 ans d’existence. Grand enseignement, il était d’accord pour dire que nous étions « au milieu du gué » et que tous les acteurs ramaient bien dans le même sens, ce qui était plutôt encourageant.

A l’heure de cet article, les assises ont donc eu lieu (les 2 et 3 octobre 2019) et chacun est venu exposer ses avancées, faire part de ses difficultés, engager des réflexions sur le chemin qu’il reste à parcourir.

C’est donc un bilan que j’ai demandé de faire à Thierry Meunier après ces deux jours intenses.

Je vous propose ici une rédaction synthétique que je vous propose dans cet article. Le reste, plus complet et plus précis, est à écouter dans le podcast qui accompagne cette page.

Premier constat, tout s’est bien passé. L’année 2019 était un bon cru, et il y avait bien plus de participants cette année, signe d’un engouement, signe aussi que la cause mobilise.

Les grands chantiers de cette années : la responsabilité élargie du producteur (les écotaxes). Un chantier qui est déjà en place, mais qui tend à se développer sur de plus en plus de filiales. Les écotaxes se développent donc et tendent à se développer dans tous les secteurs de la consommation pour organiser sa filière de valorisation.

Si tout se passe pour le mieux dans une nouvelle filière, celle des travaux public, il n’en va pas de même pour le où les acteurs ne semblent pas réussir à se mettre d’accord. Problèmes dans le recyclage du bois, le plastique et les vitres… C’est une filière dans laquelle il y a encore beaucoup d’efforts à faire  avoue Thierry Meunier.

Les décharges sauvages coûtent chaque année entre 450 et 500 millions d’euros / an

Pour ce qui est de l’avenir, Monsieur Meunier insiste sur le fait qu’il faille revenir aux fondamentaux. C’est un message qu’il a fait passer avec insistance lors des assises : il faut mobiliser… Le citoyen, mais aussi le citoyen en qualité de responsable dans une entreprise. Les déchets, nous en faisons en tant que citoyen, mais nous en faisons aussi dans notre activité économique, au travail.

Il y a urgence à amplifier et continuer encore et encore à sensibiliser. A donner plus de pouvoir aux éco-organismes pour qu’ils sensibilisent. Il y a aussi urgence à faire mieux, à orienter notre consommation (pour faire moins d’emballages).

Les fondamentaux, pour résumer, c’est la sobriété.

Il faut aussi penser les produits en pensant à leur potentiel de valorisation. Donc des produits simples et faciles à recycler.

Brune Poirson, la secrétaire d’État à l’écologie a elle aussi fait passer son message. Elle a rappelé le projet de loi sur l’économie circulaire, en insistant sur la consigne des bouteilles en plastique, dont tout le monde a entendu parlé il y a quelques mois.

Pour Thierry Meunier, même si cette nouvelle directive de consigne va venir perturber les schémas déjà en place, il rappelle tout le bien fondé de ce projet de loi. « Certains acteurs devront s’adapter » dit-il.. mais il rappelle également que certains s’y sont déjà essayés comme des organismes de tri qui ont mis des machines qui délivrent déjà des bons d’achat contre des bouteilles en plastique sur des parkings de supermarchés. « ça marche » et on sait le faire. Cela permettra de mieux trier le plastique sur une filière qui n’est pas évidente entre les différentes essences de plastique « polystyrène, film plastique et bouteilles sont mélangées et difficiles à trier ».

Pour les plastiques, nous ne sommes pas à zéro, mais nous ne sommes pas à 80% non plus

Une façon de dire que l’on peut faire mieux, et que la consigne peut être une solution « je demande à voir » conclut Thierry Meunier.

Nous avons ensuite abordé un moment « détente » qui se déroule depuis les deux dernières éditions des assises nationales des déchets de Nantes : « le speed meeting » !

9 candidats (sur 40 propositions), sont venus présenter leurs projets « pour un meilleur recyclage » pendant 3 minutes devant le public. De tous horizons et sur des projets aussi divers que variés. Ce speed meeting permet de dégager des axes de réflexion, de récompenser des idées, voire de favoriser leur mise en œuvre.

Voilà les lauréats de l’édition 2019 :

  • Catégorie 1️ • Prévention et recyclage : Pandobac, la livraison zéro déchet.
  • Catégorie 2 • Rupture technologique et digitalisation : application Les sentinelles de la nature, par France Nature Environnement.
  • Catégorie 3️ • Initiatives sociétales : les Brewsticks, gâteaux apéritifs fabriqués à partie de « drêche » issue de la fabrication de bière.
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Les lauréats des speed meeting 2019

Le site des assises nationales des déchets de Nantes : Assises Nationales des déchets de Nantes

Notre dossier sur les 15e assises nationales des déchets de Nantes

 

 

 

 

Défenseur de l’Océan : Umberto Pelizzari, une légende de l’apnée en soutien à l’océan

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Umberto PELIZZARI : un apnéiste au parcours de légende, qui a détenu en 1999 tous les records de la plongée libre. Un personnage hors du commun qui nous livre les clefs de son parcours et de sa discipline, ainsi que son approche environnementale et son soutien à ceux qui oeuvrent pour sa protection, en particulier LONGITUDE 181.

Capitalisme, États complices, mafias et « génocide » (6)

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texteftpgf 1 1Frederika Van Ingen, journaliste et auteure de l’important et imposant essai Sagesses d’ailleurs (J’ai Lu), résume en quelques phrases une situation s’apparentant à un véritable « génocide » par le capitalisme, sous le couvert d’États, dont la France. Voici, dans son intégralité, cette déclaration :

« Nous avons peu conscience de la violence qu’ont subi ces peuples (racines) et qu’ils subissent encore. En Amazonie, on estime que 50 à 90% des Amérindiens, selon les ethnies, sont morts de maladies apportées par les Européens depuis le XVIe siècle. Un peu partout sur la planète, ils pâtissent de notre développement : destruction de leurs milieux de vie, exploitation minière et industrielle de leurs sols et territoires, pollutions, militarisation, barrages, vols de leurs terres, d’objets traditionnels, tourisme, pillage de leurs connaissances ancestrales…

Mais ils souffrent aussi du racisme, de l’acculturation forcée et de violences.

Rien que pour le Brésil, par exemple, 80 tribus ont été anéanties au XXe siècle. Certaines ont été empoisonnées volontairement à l’arsenic et aux insecticides, une a été dynamitée depuis un avion puis les survivants achevés avec une barbarie inouïe, une autre a été contaminée sciemment par le virus de la variole, une autre alcoolisée puis tirée au fusil…

Actuellement, au Brésil comme dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, les intimidations et meurtres continuent.

Chercheurs d’or, forestiers, agriculteurs, mais aussi mafias et bandes armées convoitent leurs territoires et font peu de cas de ceux qu’ils voient encore comme des archaïques. Quand ce ne sont pas les grandes entreprises internationales (françaises également), en accord avec les États, qui construisent leurs infrastructures (barrages, extractions minières, etc.) au nom du développement, quitte à noyer et détruire leurs terres ancestrales. »

« Manger pour vivre » hurle un mur (photo Fréquence Terre)  près de la Communauté européenne, ses lobbies et politiques étroitement unis, mais les peuples racines n’ont souvent même plus de murs pour y exprimer quoi que soit, n’ont plus à manger ou ont été radiés du genre humain.

Tout autre commentaire est superflu !

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Musique : Michaël Mathy.

Sagesses d’ailleurs (6) : Des Toltèques aux Navajos, quelles leçons !

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texteftpgf 1 1UNEDans son essai Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen (J’ai Lu), dont il a déjà été question, l’auteure présente en détail les « quatre accords toltèques pour se remettre en harmonie » concoctés par une civilisation ancienne du Mexique, qui fut la gardienne de connaissances et pratiques spirituelles.

Ces quatre accords sont destinés, selon elle, à lutter contre nos peurs, à faire tomber nos masques, à nous dépouiller d’un état formaté par des convenances, processus de domestication et autres souffrances. À savoir :

  1. Que votre parole soit impeccable : propageons l’amour plutôt que la médisance.
  2. Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle.
  3. Ne faites pas de suppositions. Posons des questions, plutôt.
  4. Faites toujours de votre mieux. Ni trop en s’auto-flagellant, car on perd de l’énergie, alors que ne pas en faire assez, c’est s’exposer aux regrets et à la culpabilité.

Ces accords toltèques sont un enseignement qui renferme, comme d’autres évoqués dans le livre, la Connaissance universelle.

Pour clore cette chronique, voici Lorenza Garcia et les Indiens Navajos, qui l’accueillirent comme une amie.

Ainsi, quand elle entra dans le hogan, c’est-à-dire le temple des Navajos, là où elle resta neuf jours et neuf nuits, on lui dit : « Reste avec nous, et quand tu rentreras dans ton pays (en France), tu diras qui nous sommes. »

Elle appris à « cultiver » avec ces femmes et hommes-médecins, ce verbe symbolisant pour eux un cercle à l’intérieur duquel se trouvent la beauté, la joie, la compassion, la prospérité, l’amour, la conscience, la santé, l’harmonie et l’humour.

Tant que l’être humain est en lien avec cela, dit-elle, il est une voie de passage entre le Ciel et la Terre, il est en lien avec ce que la Nature lui a donné.

Et, cultiver, c’est trouver ou retrouver la paix en soi, réparer plus que jamais, collectivement.

Pour info à ce sujet :

https://www.youtube.com/watch?v=nVP4Mfge6vw

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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Laïcité républicaine, Devoir de Mémoire et Justice humaine (2/2)  

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sigle ftpgf2Trois concepts, Laïcité républicaine, Devoir de Mémoire et Justice humaine, pour cette deuxième chronique dévolue à l’essai Pour un humanisme universel de Jean-Michel Quillardet (Éditions Dervy).

250ft20190922 204346La laïcité, explique-t-il, c’est la liberté de penser, la liberté d’opinion, la liberté de croyance, la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience : « Les Églises et les religions sont ainsi restituées dans la sphère uniquement privée, dans laquelle le domaine public n’a pas à intervenir de quelque façon que ce soit, sauf pour faire respecter les grandes lois républicaines et en particulier la liberté de conscience. »

Hélas, ce principe n’est pas d’application dans tous les pays. Ainsi, les nouveaux présidents des USA prêtent toujours serment sur l’une ou l’autre bible, en Belgique, l’Église est omniprésente dans maints rouages de la Nation, dans l’enseignement et le financement des cultes, par exemple.

L’auteur insiste : « La laïcité républicaine, c’est dire toujours que nous sommes, avant d’être juifs, musulmans, catholiques, protestants, athées, agnostiques, francs-maçons, etc., d’abord et avant tout des citoyens », l’auteur clame encore que « le totalitarisme de la foi viole constamment la liberté de penser et la liberté de choisir ses propres certitudes ou interrogations. »

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Jean-Michel Quillardet (Photo Fréquence Terre)

Cependant, pour Jean-Michel Quillardet, la laïcité ne peut pas se résumer qu’à la séparation de l’État et des Églises, « c’est aussi une vision d’une société égalitaire qui considère l’individu d’abord comme un citoyen en fonction de son humanité et non de son appartenance à tel ou tel groupe culturel ou ethnique. »

Encore plus concrètement, il déclare que « tant que la population, pauvre, précarisée, non instruite et non éduquée existera, la laïcité, idée émancipatrice pour l’être humain, ne pourra guère triompher. »

Au sujet de la nécessité du Droit de Mémoire, l’auteur rappelle à juste titre que « la bête immonde, ce monstre froid, qui comme dans la nouvelle de Kafka se couche, se déploie et se déploie encore et prend une telle place qu’elle étouffe et très vite étrangle, cette bête immonde est toujours prête à renaître »

Pourtant, la civilisation ne signifie-t-elle pas le respect de l’individu, la liberté et la tolérance ?

La Shoah, l’Arménie, les Khmers rouges, Staline, Mao, Franco, Pinochet, le Rwanda, le Darfour et tant d’autres exemples, cela exista quoi que disent les révisionnistes. Et, comme l’Histoire a tendance à repasser les plats, même les plus nauséabonds, la nécessité de se souvenir sans cesse, je cite encore : « les bourreaux trouvent toujours une bonne raison de bâillonner, d’emprisonner, de tuer », cette nécessité vitale doit donc être constante.

Pour Jean-Michel Quillardet, avocat de profession, rappelons-le, « seul un État de droit, avec des règles, des lois et des cours de justice, permettra à l’homme de maîtriser ses passions, de canaliser ses tentations et d’organiser le vivre ensemble malgré nos contradictions. »

Et puisqu’on évoque la Justice, il insiste également sur le concept de « Justice humaine », c’est-à-dire que « nous savons bien que le miroir nous renvoie l’image de notre pire ennemi : nous-même ! »

Sans le moindre détour il expose que « l’homme a une terrible responsabilité à l’égard de l’humain et qu’il doit toujours, pour être un homme, éradiquer l’inhumain dans l’humain. Seules les règles de droit, d’un droit démocratiquement élaboré, d’un droit humaniste, peuvent éviter les transgressions. Le Justice doit rendre sa dignité d’homme à la victime, lui rendre son humanité, pour le présent et l’avenir, exprimer de manière rationnelle, implacable, irréfutable, le jugement de l’humanité, chaque homme étant porteur de la condition humaine. »

Il ne s’agit pas d’un discours, un de plus, qu’émet Jean-Michel Quillardet puisqu’il fut cheville ouvrière de la Charte de la Laïcité à l’École affichée et, en principe commentée, dans tous les établissements scolaires de l’Enseignement public en France.

Elle s’articule sur trois grands concepts : prévenir, répondre et soutenir. Il y est question de neutralité de l’État, de la liberté de croire ou de ne pas croire, de s’exprimer librement dans le respect de l’autre, du vivre ensemble, de l’accès à une culture commune et partagée, du rejet de toutes formes de violence, du devoir de stricte neutralité des personnels…

Et si d’autres pays, dont la Belgique, prenaient exemple sur cette Charte plutôt que tergiverser depuis des décennies en cette matière ?

Une matière devenue particulièrement urgente à traiter, compte tenu des bouleversements sociétaux auxquels nous assistions.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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Rodrigo Mundaca, prix Danielle Miterrand 2019, prône un autre rapport à la nature

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Il se bat pour le droit à l’eau au Chili et subit censure et intimidation pour son action. Rodrigo Mundaca, est le lauréat du prix Danielle Mitterrand 2019.

Il est à la tête du Modatima, le Mouvement de défense pour l’accès à l’eau, la terre et la protection de l’environnement.

Rodrigo Mundaca vit dans la province de Petorca, au nord de Santiago. C’est au centre du pays. Avec ce prix, la Fondation a distingué son action avec le Modatima, il se bat contre l’accaparement de l’eau par les grand propriétaires fonciers.

« Modatima s’est créé en 2010 sur cette question des conflits liés à l’eau et à l’accaparement de l’eau par les grands propriétaires fonciers, notamment pour la culture des avocats destinés à l’exportation en Europe et en Chine. Modatima cherche à dénoncer ces accaparements des eaux par ces grands groupes d’agro-business, soutenus par les politiques en totale connivence. Parfois même, ce sont des politiques qui détiennent ces droits à l’eau. Modatima cherche à rendre visible ces conflits liés à l’eau et à mettre en avant la question des usages de l’eau ».

Son combat, il le mène dans un pays, le Chili… l’un des États du monde qui va le plus loin dans la marchandisation et la privatisation de l’eau.

« C’est très particulier au Chili. L’eau est décorrélée de la terre. On peut être propriétaire d’une terre, mais pas propriétaire des eaux qui sont sous la terre. Et ce n’est pas l’Etat qui détient les eaux. On a aujourd’hui des politiques et des personnes de l’agro-business qui achètent les eaux souterraines et qui vont pouvoir, soit les conserver, soit les revendre pour spéculer dessus. L’eau est perçue comme une marchandise. On est dans un statut très particulier avec le Chili. C’est l’Etat qui va le plus loin dans ce que la Fondation et Modatima dénoncent, à savoir cette marchandisation et privatisation de l’eau. Cela date de l’époque de la dictature de Pinochet, en 1981. Cela n’a jamais été remis en question. Cela fait 38 ans que les Chiliens subissent les effets néfastes de cette privatisation et marchandisation de l’eau ».

Consommer un avocat qui vient du Chili met à mal le droit à l’eau des Chiliens

Quelle forme prend la lutte de Rodrigo Mundaca ?

« Cela passe essentiellement par sensibiliser les premiers concernés qui souffrent de l’assèchement des eaux par la culture de l’avocat liée à la privatisation de l’eau. Mais cela passe aussi par les étudiants, des marches pour l’eau, des rencontres avec les décideurs. Ce sont des formes assez multiples. La pierre angulaire, c’est de faire connaître ces enjeux et y compris les faire connaître en dehors du Chili. On peut rattacher ce qui se passe au Chili à la consommation en Europe de ces avocats. Un chiffre éloquent : 90% des terres agricoles au Chili sont entièrement dédiées aux avocats. C’est la culture sur laquelle le Chili a misé. C’est une culture qui est très gourmande en eau qui vient assécher les rivières, sachant qu’on est déjà dans une région aride. C’est très important pour les consommateurs européens d’avocats de savoir que, quand on consomme un avocat qui vient du Chili, on participe quelque part à la mise à mal du droit à l’eau des Chiliens ».

Menacé de mort pour son action

Les action de Rodrigo Mundaca ne sont pas sans risque. Cela lui vaut d’être régulièrement pourchassé, voir persécuté. Il subit même censure et intimidation.

« En 2012, il a eu le malheur de dénoncer cet accaparement de l’eau. Un des responsables qu’il dénonçait était l’ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Bachelet. En dénonçant cette personne, forcément il s’attaquait à des gens très puissants. Cela a entraîné un long processus judiciaire. On l’a accusé de diffamation. Il y a eu quatre procédures pénales à son encontre qui visaient très clairement à démotiver Modatima, à les faire cesser leurs actions. Il a été condamné à 61 jours de prison pour diffamation à l’issue de l’une de ces procédures. C’était assorti d’un sursis à condition qu’il se présente à la police tous les mois pendant un an et qu’il paie une amende. C’est quelque chose de très lourd. Cela vient mettre à mal la lutte quotidienne. En 2015 il a carrément été agressé physiquement dans la rue. On a un climat de violence assez fort. En 2007 il a même reçu un appel téléphonique lors duquel on lui a dit : « On va te tuer enfoiré ». On passe à un niveau au-dessus, à savoir la menace de mort. C’est pour cela qu’Amnesty International avait lancé une campagne pour faire reconnaître les actions de Modatima et protéger Rodrigo Mundaca. Ce n’est pas le seul de son organisation à avoir reçu des menaces. C’est un vrai enjeu, cette criminalisation qui est subie par les défenseurs des droits humains et de l’environnement ».

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© Modatima

Avec Modatima, Rodrigo Mundaca agit surtout localement. Mais il fait aussi des propositions pour défendre le droit à l’eau partout dans le monde, de la reconnaissance de l’eau comme droit humain, à la nécessité d’en faire un bien public non marchand.

« L’idée est de se poser la question de quel statut devrait avoir l’eau. Il prône un statut particulier, à savoir que l’eau est patrimoine commun de l’humanité et de la nature, pour son caractère vital, et que l’eau n’est pas une marchandise. Vraiment, il se positionne dans la même mouvance que Danielle Mitterrand et plein d’autres acteurs pour que le droit à l’eau soit effectif. Il faut aussi que cet élément vital soit considéré, non pas comme une marchandise, mais bien comme un élément qui soutient toute vie sur terre ».

Pour une métamorphose du monde et un autre rapport à la nature

Rodrigo Mundaca est le lauréat du prix Danielle Mitterrand 2019. En quoi son combat est dans la lignée de celui de Danielle Mitterrand ?

« Evidemment pour son combat pour l’eau. C’est une thématique qui est très forte à la Fondation. On a été pionniers avec d’autres, dès les années 2000, pour qu’on fasse reconnaître le droit à l’eau par l’Onu, ce qui a été le cas en 2010. Cela fait aussi écho ce que l’on porte à la Fondation de métamorphose du monde et notamment d’un autre rapport à la nature. Il prône clairement l’importance vitale de l’eau et de ne plus la percevoir comme une marchandise. Cela fait écho à ce que l’on porte à la Fondation. Gilbert Mitterrand, qui était membre du jury cette année, a dit : « L’engagement de Rodrigo Mundaca, il est radical, il est humaniste, comme l‘était celui de Danielle Mitterrand ». Il est source d’inspiration pour la construction d’un monde plus juste, qui est ce qui sous-tend toutes les actions de la Fondation ».

Rodrigo Mundaca recevra son prix Danielle Mitterrand le mercredi 20  novembre à la Bellevilloise à Paris.

Pour aller plus loin :

Nouvelle-Calédonie : « Il y a urgence pour les générations futures » (Subama Mapou)

 

Rencontre : Pour un humanisme universel avec Jean-Michel Quillardet (1/2)

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ft250 1« Aujourd’hui, je pense qu’il y a une universalité d’un corpus de valeurs qui nous viennent des Lumières et avec lesquelles l’homme ne peut ni négocier ni transiger. La liberté de conscience, les droits de l’homme, le droit à la dignité pour tous, la liberté d’expression, la liberté de manifestation, la démocratie peuvent être partagés par toutes les cultures du monde. »

Jean-Michel Quillardet, rédacteur, entre autres, de la Charte de la Laïcité dans l’École de la République (Photo P.Gf).

Ainsi s’exprime Jean-Michel Quillardet dans son nouvel essai Pour un humanisme universel paru chez Dervy, auteur, avocat, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, rencontré à la librairie bruxelloise Abao : « Il y a lieu d’expliquer ce qu’est une vision humaniste universelle, parce qu’elle contient des valeurs pouvant être acceptées par tous. Cela participe à un combat mené contre le populisme. Il y a des rappels à faire face à l’obscurantisme, à l’intégrisme, à l’antimaçonnisme… », précisa-t-il. À la question de savoir si l’humanisme est une croyance au même titre que la religion, Jean-Michel Quillardet répondit : « C’est à la fois une croyance et une réalité, il faut essayer que l’Amour règne dans la Société. En effet, compte tenu de la renaissance du communautarisme, de ne pas s’ouvrir aux autres, il faut enseigner la laïcité. C’est un principe trop peu connu. Être laïque n’est pas être contre une religion, mais c’est la séparation de l’Église et de l’État[1], l’application du multiculturalisme, car aucune identité n’est supérieure à une autre. Il faut expliquer, dès l’école primaire, ce qu’est la Charte de la Laïcité, dont je suis à l’origine, et ne pas omettre que la démarche humaniste est un combat à mener au quotidien sur soi-même. »

250ft20190922 204346En sept chapitres bien rythmés et illustrés de nombreux exemples, l’auteur aborde la nécessité de s’engager : « Il existe un esprit, une conscience, qui donne à l’homme une responsabilité particulière et qui l’oblige, pour reprendre le beau mot de Montaigne ‘‘à porter l’humaine condition’’, se remettre en question et choisir soi-même plus de force, plus de sagesse, plus de beauté[2]. »

Des militants de l’humanisme

 Comment définir l’humanisme ? Comment l’appliquer ? Jean-Michel Quillardet exposa son point de vue : « L’humanisme, c’est préserver en l’homme son immense et incomparable dignité. C’est découvrir la nature profonde de l’être humain. L’énergie spirituelle qui fonde la nature humaine, est la raison elle-même. Le mouvement des Lumières est un idéal universel qui permet encore au XXIe siècle de donner un sens et un guide à l’humanité. Les Lumières constituent la révolution de l’esprit dont nous avons plus que besoin. Les Lumières, c’est la libre pensée, le libre examen, le refus de tout dogmatisme, elles constituent le projet humaniste avec lequel il ne peut être transigé. L’homme est au cœur de nos interrogations à partir du moment où nous nous considérons comme des militants de l’humanisme. C’est dans le sens de l’affirmation de la liberté et dans le combat contre tout déterminisme, qu’il soit considéré comme naturel ou comme culturel, que nous devons pousser nos efforts. »

Une prochaine chronique abordera plus spécifiquement, outre la laïcité, le devoir de Mémoire et la Justice humaine.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

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[1] Ce qui est loin d’être le cas en Belgique, par exemple.

[2] Les Trois Piliers maçonniques.

Défenseur de l’Océan : Steven Weinberg, 60 ans d’observations…

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Steven  Weinberg est  spécialiste en biologie marine, écrivain et photographe, spécialiste du monde sous-marin et du voyage,  auteur de plus de 30 livres, dont de nombreux guides sur les espèces sous-marines  et de plus de 500 articles de revue.  A 73 ans, il est un observateur privilégié du monde sous-marin depuis 58 ans.  Il nous fait part des évolutions positives qu’il  a constaté.

Un regard positif et plein d’espoir ! A écouter sans modération !

www.longitude181.org                                                 http://www.weinberg.lu/

« Le Rêve de Toinet » de Mireille Pluchard (Les Presses de la Cité)

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sigle ftpgf2cvt le reve de toinet 7126Avec Le Rêve de Toinet de Mireille Pluchard paru aux Presses de la Cité, ce fut une véritable découverte. Une remarquable découverte, même, que l’écriture de cette auteure qui, je la cite, « aime raconter les gens ».

Et, pour raconter la destinée de Toinet, jeune chevrier cévenol devenu un brillant potier au XVIIIe siècle, la romancière met plus de 580 pages qui plongent le lecteur dans une fabuleuse épopée ou, effectivement, tous les sentiments humains sont décrits avec une rare observation.

Ainsi, en pleine Guerre des Religions, ce dialogue entre deux sœurs qui se retrouvaient après des années de séparation tramée par des catholiques à l’égard de ceux qui, selon eux, pratiquaient la « fausse religion », les religionnaires :

– Ton mari est-il un homme de parole et de confiance ?

– C’est un sage doublé d’un pacifiste.

– Un « tiède », alors, comme disent les papistes ?

– Un « tiède » est ce qu’on lui reproche, mais j’admire sa tolérance et je bénis sa bonté. Quel homme aurait pris le risque de vous amener ici, toi et ton prédicant de mari ?

Enfant espiègle devenu un homme-enfant à 7 ans, à la mort atroce de son père, Toinet se chargea des siens, mais de « bonnes âmes », un notaire véreux, un curé et un consul, décidèrent que la famille serait éparpillée ; le gamin fut envoyé en apprentissage chez un potier, maître Jean : « Regarde, écoute et tais-toi » lui dit-il d’emblée.

Ce que fit le jeune séparé de sa famille mais, rapidement troublé par Apolline : « Les lèvres de la fillette étaient chaudes et douces… »

Les années passèrent et Toinet poursuivit son apprentissage chez maître Espérandieu à Anduze, là où on parlait plus de gain et de profit que de travail bien fait.

En l’an de grâce 1715, Toinet, 17 ans, devint maître à son tour, son chef-d’œuvre s’apparentant à une géniale œuvre d’art, un orjol. Comme il faisait de l’ombre à son fils, Espérandieu l’obligea à faire le Tour de France durant cinq années. Apolline jura de l’attendre.

Toinet prit comme nom compagnonnique « Cévenol orjolier du soleil » et, à son retour, après maintes aventures, il s’installa à son compte, retrouva la future mère de leurs enfants, devint un bon père mais exigeant, plus spécifiquement avec son aîné. Celui-ci se rebella, car il préférait la Nature aux tour de potier et vernis. D’où une situation familiale particulièrement tendue…

Assurément, depuis longtemps, je n’avais plus été autant scotché au récit et personnages d’un roman !

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

sigle ft 2015