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« Où qu’on va après ? » de Chantal Dupuis-Dunier  

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sigle ftpgf2 2dsc03680Depuis la nuit des temps, les êtres humains se demandent ce qu’ils vont devenir après leur mort. Retour en poussière ? Paradis ? Enfer ? Néant ? Compost ? Jusqu’à présent, exceptions d’expériences de mort imminente (et encore…), personne n’a pu répondre à cette question fondamentale.

Alors, laissons aller l’imagination de la poétesse Chantal Dupuy-Dunier, aidée dans son œuvre avec des illustrations d’Elena Ojog, qui, toutes deux, nous mènent dans un sympathique recueil titré Où qu’on va après ? publié aux Éditions L’Idée Bleue et, à présent, par Cadex. J’en ai extrait un passage et une illustration qui, comme l’exprime l’écrivaine se veut une « tentative de réponse poétique et humoristique » :

 

dsc03682« Ils meurent tous les hommes

Ils se retrouvent un jour

tous ensemble.

 Ça me fait tout drôle quand j’y pense :

rejoindre au creux d’une poignée de terre

des gens qui auraient jamais voulu

me serrer la main de mon vivant, nager entre deux eaux

avec des hommes politiques

qui m’auraient dit :

‘‘ Nous n’avons pas gardé les poissons

avec vous ! ’’

 Et les écrivains – c’est terrible un écrivain

ça s’imagine qu’on n’oubliera jamais

ni son nom ni ses livres.

Plein d’illusions, l’écrivain !

alors qu’au plus tard dans mille ans,

il n’y aura personne pour s’en souvenir ! »

 

sigle ft 2015 2Musique : Michaël Mathy.

Plastic Odyssey, Pionniers d’un océan sans plastique..

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Le plastique a trop de valeur pour finir dans l’océan,
Plastic Odyssey va naviguer autour du monde pour le prouver.….et c’est ce que nous explique Bob Vrignaud , responsabel R&D du projet rencontré sur le salon GALATHEA.

« Une fois en mer, il est trop tard.
Il faut traiter le problème à la source en ramassant les déchets pour les valoriser avant qu’ils atteignent l’océan.

Comment ? c’est à découvrir dans cette chronique .

« Même les arbres s’en souviennent » de Christian Signol (Albin Michel)

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sigle ftpgf2 1meme les arbres s en souviennentLucas, 30 ans, revend avec un plantureux bénéfice sa star-up et prend le temps de s’occuper de son arrière-grand-père, Émilien, 94 ans, et l’entraîne là-haut, dans un hameau vidé de ses habitants et animaux domestiques du Limousin,  où se trouve encore la maison familiale.

– Il faut que tu écrives ce qui s’est passé ! dit Lucas à Émilien.

– À quoi bon ? répond l’aïeul.

– Parce que pour pousser haut, les hommes, comme les arbres ont besoin de racines profondes et vigoureuses. C’est important pour moi, pour nous, pour tous ceux qui sont de nulle part et sont perdus dans des villes tentaculaires où ils n’existent que dans la virtualité. On a perdu le contact avec le monde vivant ; les arbres, les forêts, les rivières, les pierres, les bêtes, les hommes.

Alors, sous la plume de l’ancêtre défilent neuf décennies qui content une histoire indispensable à la Mémoire et un exemple touchant de transmission entre des générations aux antipodes.

Même les arbres s’en souviennent, de Christian Signol paru chez Albin Michel, rend Émilien quelque peu philosophe : « Je me félicite du fait que mes enfants et petits-enfants soient davantage maîtres de leur destin que nous ne l’étions, nous, dans ces années où manger à sa faim, ne pas avoir froid l’hiver, apprendre à lire et à écrire satisfaisaient les rêves les plus grands. »

Après quelques mois, Lucas revient aux nouvelles et Émilien lui avoue qu’il puise dans certains souvenirs du passé, des raisons d’espérer en l’avenir et il entraîne le lecteur pour une promenade dans le passé propice aux confidences, à la Mémoire des êtres, des lieux, de la Nature et des événements.

Ce roman m’est apparu remarquable, l’un des plus beaux et touchants de Christian Signol, selon moi.

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« Combats d’un humaniste algérien » de Larbi Adouane (Éd Champs-Élysées-Deauville)

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livre larbiftLarbi Adouane, ancien enseignant et chef d’établissement scolaire algérien, raconte son combat humaniste.  Cet essai  un peu atypique car écrit à quatre mains, est  remarquable de simplicité, de sincérité et de tenacité. Acteur de terrain, Larbi Adouane nous  expose son expérience et nous confie sa vision de nombreuses situations sociétales, politiques et économiques.

Des questions fondamentales émergent de Combats d’un humaniste algérien qui vient de paraître aux Éditions Champs-Élysées-Deauville : pourquoi assiste-t-on dans de nombreux pays à une montée du radicalisme et à un rejet de l’ « autre » ? Et la même question se pose aussi face au silence à l’égard des régimes qui, en théorie, prônaient l’humanisme, tel le communisme, mais se révélèrent être des dictatures impitoyables.

De nombreux thèmes sont abordés dans cet ouvrage, comme la répression, la souffrance du peuple, le quotidien  scolaire sous les bombes, le contexte historique tendu entre l’Algérie et son colonisateur, celui des mouvements citoyens récents ou actuels….

Larbi Adouane, 72 ans, se retrouve encore chaque vendredi dans les rues pour clamer pacifiquement le voeu d’une grande partie de la population algérienne pour la Liberté. Liberté que n’aurait pas dénié Albert Camus (1913-1960).

À ce propos, Larbi Adouane, tout comme son interviewer Pierre Guelff, est rétif à la violence. « Combats » est donc à prendre dans le sens noble du terme. Il fait implicitement référence à Albert Camus qui fut rédacteur en chef du journal Combats. Lui qui, au-delà de l’information, fit entendre la voix d’un auteur épris de justice, de liberté, de vérité et du respect de la dignité humaine.

Tous des concepts que les manifestants actuels en Algérie prônent avec un pacifisme remarquable, d’où, aussi, l’intérêt majeur de ce livre.

 

Défenseur de l’Océan : Morgan BOURCH’IS , apnéiste champion et engagé !

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Découvrez l’apnéiste champion Morgan BOURCH’IS nous parler de sa discipline et de la nécessite de son engagement pour la préservation du milieu marin.

Êtes-vous un sale con certifié ? (3/5)

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texteftpgf 1 1texte20190819 111231« Êtes-vous un sale con certifié ? », non il ne s’agit pas d’une insulte à nos auditeurs et lecteurs, mais d’une question posée dans l’essai Psychologie de la Connerie paru aux Éditions Sciences Humaines et signé par un collectif de psychologues, neuropsychologues, philosophes, sociologues, auteurs…, dont Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, qui évoque la connerie comme délire et débute fort son propos en clamant : « Il n’y a rien de plus fréquent ni de plus sérieux que la connerie » !

Pour Patrick Moreau, professeur de littérature, « celui qui dit des conneries n’a pas réellement l’impression de tromper ses interlocuteurs. Il dit plutôt n’importe quoi. Certes, sans le moindre souci pour la vérité mais, aussi, avec un sentiment de supériorité de celui qui a tout compris. »

Le psychiatre Jean Cottraux, lui, se base sur une enquête effectuée auprès de cent de ses collègues et médecins d’un hôpital parisien et vingt autres personnalités de la psychiatrie, et il explique que « le con serait quelqu’un qui manque d’intelligence émotionnelle », avec un besoin d’être admiré, avec des éléments possibles d’exploitation, tromperie tyrannique, hostilité, agressivité, exhibitionnisme, séduction, anxiété…, un état se partageant en plusieurs catégories : cela va de jouer au con pour en tirer des avantages sociaux au con glorieux à l’ego en inflation perpétuelle, en passant par le con toxique ou le sale con qui se délecte de la souffrance des autres. La passion de ce dernier est l’humiliation.

Alors, si vous voulez savoir si vous en êtes, un test datant de 2007 peut vous l’indiquer : « Êtes-vous un sale con certifié ? » par Robert Sutton (Vuibert) et la version date de 2012.

Bon test à tous et, surtout, n’oublions pas que dans ce livre la Connerie s’écrit avec un C majuscule !

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Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Défenseur de l’Océan : Eric DEMAY, l’homme dauphin

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Eric Demay est le fondateur et Président de « L’Observatoire DOLPHY » entre 1992 et 1995 et du groupement Tursiops depuis 1993. C’est l’homme-dauphin, tant son expérience est immense avec ces cétacés. Il nous fait partager sa passion, son envie  de faire connaitre les dauphins,  avec respect, afin de les comprendre et d’apprendre à les aimer pour ce qu’ils sont: des individus sauvages et libres.

www.dauphinweb.com

www.longitude181.org

Psychologie de la Connerie (2/5)

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Poursuivons la lecture surprenante, parfois décapante, de l’essai Psychologie de la Connerie (Éditions Sciences Humaines) écrit par un collectif de psychologues, sociologues, auteurs, philosophes…

À côté des textes inhérents à la seule Connerie, il y a la relation d’expériences et de tests sur le comportement humain avec, par exemple, le constat que les gens choisiront de voyager avec un avion qui aura 97% de chance d’arriver à destination, plutôt que celui qui aura 3% de malchance de s’écraser, alors que, bien sûr, le résultat est équivalent. Sans conteste, une formulation peut modifier notre jugement.

Mais, revenons au pays de la Connerie avec :

  • Ewa Drozda-Senkowska, professeure de psychologie sociale : « La connerie, la vraie, c’est cette effrayante suffisance intellectuelle qui ne laisse absolument aucune place au doute et qui est pire qu’un mensonge car celui ou celle qui raconte des conneries se désintéresse de la vérité. »
  • Pierre Lemarquis, psychologue et essayiste : « Un (autre) conflit ruine les maigres capacités de notre cerveau, sa duplicité. Il se trouve en effet nanti de deux hémisphères pourtant connectés : ou ces faux jumeaux ne s’accordent pas. C’est Thatcher contre le Che. »
  • Yves-Alexandre Thalmann, docteur en sciences naturelles et professeur de psychologie, s’interroge : « Et si la stupidité n’était pas un manque d’intelligence, mais une façon particulière d’exercer celle-ci ? La stupidité, constate-t-il, est bien plus subtile qu’il n’y paraît. Elle ne se réduit pas à un manque d’intelligence pas plus que l’intelligence (QI) ne prémunit contre les tentations… »
  • Brigitte Axelrad, professeure de philosophie et psychologie, explique qu’une personne reconnue très intelligente peut croire en des choses bizarres, en des théories farfelues, exprime des idées dénuées de tout fondement. Elle rappelle que le président américain Jimmy Carter croyait aux OVNIs et, en 1977, a même écrit une lettre aux extraterrestres placée dans la sonde Voyager 1 qui, pourtant, en 2025, n’émettra plus et poursuivra son voyage de milliers d’années…

De quoi rendre perplexe, dit Brigitte Axelrad, en citant également un célèbre sociologue qui disait que l’on pouvait croire en des choses folles sans être fou.

Pour notre part, une 3e chronique est prévue car, visiblement, la Connerie, elle aussi, n’a pas de frontières !

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Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Reportage au cœur d’« Extinction Rebellion » (en partenariat avec POUR)  

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ft250 2ft1 1Comme le rappelait ce samedi matin 12 octobre 2019 l’envoyée spéciale de notre partenaire RFI à Londres, le mouvement pacifiste de désobéissance civile « Extinction Rebellion » (XR) qui clame l’urgence climatique, est international et ses actions surprennent souvent les autorités par sa détermination et le lieu qu’il choisit pour les mener.

Ainsi, à Londres, ce fut le blocage de l’aéroport de London City ou de la circulation à Times Square.

ftfct250Parmi les nombreuses personnes arrêtées dans la capitale anglaise, il y eut « Esmeralda la princesse belge rebelle de 63 ans », soulignait le quotidien « Le Soir ». Elle déclina sa participation de ce samedi après-midi 12 octobre de la branche belge d’« Extinction Rebellion » dans les jardins du palais royal à Bruxelles, invitant le chef de l’État belge à déclarer l’urgence climatique et environnemental, lui qui se dit préoccupé par cette situation.

Bien qu’elle partage l’appel du mouvement, je cite la princesse Esmeralda qui, la veille avait prouvé son attachement à cette… noble cause : « Ce serait merveilleux que le roi prenne position sur le climat, c’est un problème global, humain, urgent. Mais, vu la complexité du système belge, il ne parlera pas. »

ft100020191012 135654 esmeraldaFréquence Terre est, bien entendu, sur place.

Alors qu’il était attendu de 400 à 1.000 personnes, que près de 3.000 personnes avaient indiqué sur Facebook être intéressées, c’est un fameux dispositif policier qui les attendait. Il avait même entièrement bouclé les accès audit palaisPourtant, dès le départ, et c’est la condition sine qua non pour rallier « Extinction Rebellion » et ses actions, le pacifisme y est omniprésent : « Nous respectons tout le monde : les uns envers les autres, envers le grand public, le gouvernement et la police, nous ne commettons aucune violence, ni physique ni verbale, nous ne portons ni armes ni masques, nous n’apportons ni alcool ni drogues, nous nous tenons responsables de nos actes et quiconque enfreint ces accords sera prié de partir… » indique la charte dite des « rebelles ».

250ftftftLes centaines de manifestants n’ont pas forcé les barrages et se sont installés à même le pavé d’une place adjacente, en principe pour vingt-quatre heures…

Parmi eux, Xavier au micro de Fréquence Terre : sa déclaration se trouve dans le podcast repris ci-dessous. Il y développe les motifs de sa participation parce que les politiciens sont inactifs et qu’il espère que le roi va se « mouiller ».

Eh bien ce sont les manifestants qui ont été mouillés car, avec une rare violence, les policiers ont utilisés pompe à eau et gaz lacrymogènes pour les déloger, certains à l’heure où je vous parle, c’est-à-dire aux environs de 17 heures, se sont regroupés dans un coin de la place et vont, visiblement, faire l’objet d’une attaque en règle des forces de l’ordre.

Décidément, même une manifestation totalement pacifiste ne plaît pas aux autorités…

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Pierre Guelff en direct de Bruxelles pour Fréquence Terre en partenariat avec POUR.

Certaines photos sont des prises d’écran du JT de RTL, de DH Vidéo, les autres sont de Francis D. et de Pierre Guelff.

Offensive militaire turque : « Des années d’efforts anéanties par cette invasion »

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Depuis mercredi 9 octobre, la Turquie mène une offensive militaire au nord-est de la Syrie contre les forces kurdes, une opération baptisée « source de paix ». Les frappes visent les Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde qui constitue la colonne vertébrale des Forces démocratiques syriennes (FDS), principal acteur de la victoire sur Daech dans la région.

Un peu partout dans le monde, des voix s’élèvent pour condamner ce coup de force du président Erdogan. La communauté internationale monte au créneau et des ONG s’inquiètent du brasier ravivé par la Turquie.

Avec Jérémie Chomette, directeur de France Libertés

Par cette opération militaire, que vise le président turc Recep Tayyip. Erdogan ? Quel est son objectif ?

« L’objectif est multiple. Officiellement, c’est d’imposer une zone appelée « de sécurité » de 20 kilomètres à l’intérieur du nord de la Syrie pour, soi-disant, protéger ses populations. Ce qu’il faut savoir, c’est que les 20 kilomètres dont il parle, c’est tout le nord de la Syrie. C ’est là où se situe l’essentiel des populations kurdes. La seconde chose, il veut renvoyer les populations réfugiées syriennes dans ces zones-là pour qu’elles reviennent en Syrie ».

Est-ce qu’on peut rappeler le rôle que jouent les YPG ?

« Les YPG sont les forces de défense. Ce sont elles qui ont combattu Daech pendant plusieurs années et qui en sont venues à bout avec l’aide de la coalition internationale. Aujourd’hui, elles défendent toutes les populations du nord de la Syrie face à l’invasion turque. Ce sont également elles qui essayaient de nettoyer les dernières cellules de Daech, puisqu’il reste des cellules dormantes de Daech dans la région. Il y a encore des attentats de temps en temps ».

Daech peut se relancer sans forcer

Quelle peut-être la conséquence de cette opération militaire pour la région ?

« Les conséquences sont multiples et graves. La première, c’est que toutes les opérations contre les cellules de Daech sont arrêtées. Daech peut se relancer sans forcer. La deuxième, c’est qu’il y a encore énormément de prisonniers jihadistes. On estime à 70 000 jihadistes dans la région. Ces jihadistes ne vont plus être surveillés dans les prisons, puisque les forces démocratiques syriennes doivent empêcher l’invasion turque. Derrière, cela va raviver certaines autres milices, notamment du côté syrien. On a déjà entendu parler d’attaques du côté de Raqqa ou de Deir ez-Zor pour aller récupérer des villes et entraîner encore un peu plus la Syrie dans le chaos. Et on peut aussi s’attendre à une nouvelle grande vague de déplacements de personnes, puisque les populations du nord de la Syrie vont chercher à fuir vers l’Europe ».

Autre conséquence à prendre en compte : celles pour l’Europe et la France. Il y a déjà plus de 100 000 déplacés depuis mercredi. Est-ce qu’il y a une nouvelle crise migratoire à craindre ?

« Complètement. Sur la zone dont on parle, il y a trois millions de personnes. Ils vivent quasiment tous à proximité de la frontière turque. Ces personnes vont devoir se mettre en sécurité. Beaucoup partent dans le Sud. Mais là vous avez des résurgences et le retour de Daech. Donc elles risquent d’être menacées également. Elles vont chercher à se sauver. Elles ne peuvent pas aller en Turquie. Il ne reste plus qu’à aller côté irakien pour essayer de remonter vers l’Europe. Donc on peut s’attendre à une nouvelle masse de personnes qui partent. Dans la région, on a aussi le Liban ou la Jordanie où il y a déjà énormément de réfugiés syriens, énormément de déplacés ou de réfugiés irakiens. Donc la situation va encore être plus difficile qu’avant ».

Des années d’efforts qui risquent anéanties

Est-ce qu’il n’y a pas le risque que les camps de prisonniers de Daech soient moins surveillés ?

« Exactement. Les jihadistes, qui sont dans ces camps-là, sont maintenus sous surveillance par les YPG notamment. Là, on est dans une question de survie face à une attaque. Donc les moyens ne pourront plus être mis sur ces camps-là. On a encore énormément de jihadistes dans ces camps, des jihadistes européens et notamment beaucoup de France. Ces jihadistes vont revenir par la Turquie, ils peuvent revenir en France ou en Europe ou continuer à agir dans la région. C’est des années et des années d’efforts qui risquent d’être anéanties par cette invasion perpétrée par le gouvernement turc ».

Au Rojava, la fin d’un espoir

Une des inquiétudes des ONG concerne le Rojava. Que craignez-vous ? Et quelle conséquence sur le projet démocratique sur ce territoire ?

« Elles sont multiples. La première, c’est d’abord une question de survie des populations sur place, puisqu’il y a déjà plusieurs morts. Ce sont les morts, les grands déplacements. Et ce sont des populations qui ont subi la guerre depuis des années et qui demandent juste une seule chose, c’est de vivre en paix. On va encore une fois leur enlever cela. Sur le plus long terme, c’est aussi la fin d’un projet d’émancipation et de transformation radicale dans ces territoires. C’est un projet qu’on a pu voir sur place en juillet, où les femmes notamment et les minorités prennent le pouvoir et développent un nouveau modèle de société démocratique, féministe et écologiste, dans une région qui en a profondément besoin et sur une planète qui en a profondément besoin. Pour nous, ce qui se passe là-bas est une vraie source d’inspiration. C’est aussi la fin marquée, si l’invasion venait à durer, d’un espoir très fort pour la région et pour la planète ».

Un appel à des sanctions et à une plus grande protection des populations

Avec la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan (CNSK) vous avez signé un appel à l’adresse du gouvernement français. Gilbert Mitterrand, le président de la Fondation, a également signé une tribune. Que demandez-vous, Qu’attendez-vous ?

« Pour nous, c’est très clair. Il faut que la France agisse le plus fortement possible pour empêcher cette invasion turque. Il y a plusieurs moyens. La première, ce sont les forces sur place. Il est important de mobiliser la coalition internationale pour qu’elle empêche des frappes aériennes. On lui demande de faire le maximum et de prendre des sanctions contre la Turquie. Après, c’est aux Nations-Unies de continuer à faire un travail au niveau du Conseil de sécurité pour arriver à avoir une résolution. Enfin, on demande à faire un travail sur le long terme pour que ces populations soient enfin protégées à long terme et qu’elles ne connaissent plus la guerre comme c’est le cas actuellement ».

Pour aller plus loin :

Rojava – Une utopie démocratique en Syrie

Municipalisme au Rojava – une utopie menacée