C’est en Mer rouge que nous retrouvons Eric DEMAY, qui approche les dauphins depuis plus de 30 ans, pour nous parler de la captivité des dauphins, des dauphins sauvages et des dauphins ambassadeurs.
Fréquence Terre a profité de l’édition du livre co-écrit par Pierre Guelff et Larbi Adouane pour mettre en exergue un témoignage, celui de Larbi Adouane, retraité de l’éducation nationale Algérienne, participant invétéré aux marches du vendredi qui, à l’heure de ces écrits (le 29 nov 2019) en sont à leurs 41e édition.
“Combats d’un humaniste algérien”, ce livre écrit à « quatre mains » reflète la situation très actuelle, où deux humanistes, l’un à Bruxelles, l’autre à Bejaia en Kabylie défilent dans les rues dans ces mouvements populaires emprunts de liberté et de bon sens.
En faisant cette interview par Skype avec nos deux compères, je souhaitais en savoir plus sur ce qui à l’évidence était l’histoire d’une rencontre.
Cela s’est traduit par le récit poignant d’un Algérien qui a avait 7 ans quand la guerre d’Algérie éclate pour se terminer aujourd’hui fin 2019…
« A la fin de la guerre d’Algérie – nous dit Larbi Adouane – nous étions emprunts d’idéalisme, d’Humanisme, c’était l’époque d’Albert Camus, du communisme ! »
« 1962 a finalement été une déchirure humaine immense »
Pour finir par « Aujourd’hui, avec l’armée, c’est le même combat qui se retrouve ».
Vous découvrirez également, dans ce récit vivant et plein de détails comment la radicalisation a fait son entrée dans le Lycée dont Larbi Adouane etait le proviseur. En 1994, un événement vient troubler les esprits.
Le magazine POUR, dont la devise est « Pour écrire la Liberté », partenaire de Fréquence Terre depuis plusieurs années, a publié – au prix plus que démocratique de 3 euros – un numéro spécial consacré à la prison : « Abolir l’école du crime, c’est croire en l’humain ».
Plutôt que de longs discours, j’en ai extrait quelques passages et vous les livre sans autres commentaires car ils parlent d’eux-mêmes, la parole ayant été donnée à des acteurs de terrains : à trois prisonniers, à des membres du personnel de prisons, d’une directrice à un aumônier, à une membre et avocate de l’Observatoire International des Prisons ou d’un Collectif de luttes anti-carcérales, à un ancien détenu, à un juge honoraire, à un enseignant en prison…
Jean-Claude Garot, rédacteur en chef de POUR et deux chroniqueurs de son équipe expliquent d’emblée : « Qui peut croire que la vengeance, l’humiliation vont rendre des êtres meilleurs ? Les conditions de détention, en elles-mêmes, sont des sources de potentielles récidives. Changeons de modèle ! Investissons dans l’humain plutôt que dans le béton !Il est urgent de remettre l’humain au centre des débats, par une justice restauratrice et réparatrice. C’est une autre manière de rendre la justice, dans le plus grand respect des victimes, avec le souci d’envisager un futur positif tant pour la victime, que pour l’auteur, et pour la société. »
Voici, à présent, quelques propos des témoins :
• Un détenu : « L’absence d’aide. L’absence d’information. On vous a mis en prison parce que vous avez commis une faute. C’est tout à fait normal. Après, on vous a mis dans une pièce où il y a des murs et où il y a plein de portes sans vous dire quelle porte il faut ouvrir. Certains psychologues et certains directeurs s’amusent même à vous mettre des embûches derrière certaines portes pour vous freiner dans votre avancement vers la réinsertion, qui n’existe de toute façon pas en prison !»
L’avocate : « La prison ne va pas toucher tous les auteurs de la même manière. Quand on a des élus qui se servent dans les caisses publiques, je ne vois personne sous mandat d’arrêt dans ce cas-là. Par contre, si vous êtes sans papiers et que vous volez un portefeuille, il y a beaucoup de chances que vous vous retrouviez en prison.»
L’enseignant en prison : « Ce sont surtout les inégalités qui créent la criminalité. Ce n’est pas en soi la pauvreté. Ce sont les inégalités qui créent la délinquance.»
L’aumônier de prison : « La prison étant une arme de destruction massive, l’idée est donc de faire des unités beaucoup plus petites avec beaucoup plus de relations humaines et de ressources restauratrices, où l’on restaure les liens humains entre les gens.»
Réflexion du Collectif de luttes anti-carcérales : « La société qui punit l’un ou l’une de ses membres par l’exclusion rend l’individu coupable des symptômes de son propre dysfonctionnement. Se venger est un choix, guérir les blessures en est un autre.»
La conclusion est tirée par un professeur à une école de criminologie en milieu universitaire : « Observons le sort réservé au personnel politique corrompu, aux capitaines d’entreprises fraudeurs, aux marchands de poisons en tous genres, aux experts en blanchiment d’argent et aux marchands d’armes. La prison ne semble pas faite pour eux, malgré les dégâts considérables qu’ils occasionnent, malgré les humains qu’ils tuent volontairement, mais proprement, à distance respectueuse. Les crimes qu’ils commettent n’ont pas besoin d’une réponse pénitentiaire ? Ce qui compte est que leurs torts soient réparés ? Parfait, au nom de l’égalité, prenons exemple sur leur sort pour le généraliser aux délinquants ‘‘traditionnels’’ ».
Camille limousinait comme maçon à la ville à 16 ans, c’est-à-dire que, paysan, il avait quitté ferme, herbages, étables des Bois d’en Haut pour devenir ouvrier durant quelques mois afin d’aider sa mère à rembourser un prêt afin de ne pas hypothéquer ses terres, car son mari était mort dans les eaux tumultueuses du Rhône, l’hiver 1858 avait été très rigoureux et elle avait été obligée de vendre quelques têtes de bétail pour subsister. « Le malheur, c’est comme le choléra, il s’attrape aisément »…
Voici le décor planté par Jean-Guy Soumy auteur d’un roman qui m’a énormément plu, Le Voyageur des Bois d’en Haut aux Presses de la Cité.
À Lyon, le jeune Camille côtoya des ferblantiers, plâtriers, peintres d’ornement, menuisiers et ces limousins maçons où, chaque année depuis des décennies, son père oeuvrait également avec la truelle et le fil à plomb et, malgré l’omerta autour de sa mort, les langues finirent par se délier.
Petit à petit, Camille qui fréquentait aussi des Maîtres tailleurs de pierre et l’École du Trait, apprit que son père avait une double vie, celle des Bois d’En Haut et celle de Lyon, et il désira ardemment en savoir davantage sur cette situation, au point de se poser la question : « Mon père est-il vraiment décédé ? »
Au total de ce livre, pas moins de soixante-sept courts chapitres donnant un fameux rythme à une histoire prenante, passionnante, puissante, au point que le lecteur a l’impression de vivre le récit au présent, alors qu’elle se déroula il y a cent soixante ans !
J’apprécie beaucoup ce genre de récit initiatique qui rend en même temps hommage au monde ouvrier, artisanal et agricole, une sorte de Mémoire du « petit peuple » et, en Jean-Guy Soumy, j’ai découvert un véritable intercesseur de Savoir. (Musique : Michaël Mathy)
Il y a un peu plus d’un an, Jair Bolsonaro était élu président de la République du Brésil. C’était le 28 octobre 2018. Les Brésiliens portaient au pouvoir cet ancien militaire proche de l’extrême droite. Depuis, ils assistent à un profond bouleversement de leur pays, tant économique, sociétal, environnemental, ou encore sécuritaire.
Muriel Pérez est photographe et auteure. Il y a un an, elle a passé plus d’un mois aux côtés de ces Brésiliens. Elle témoigne, dans un livre à paraitre prochainement, de l’ascension au pouvoir de Jair Bolsonaro et du ressenti de la population.
Muriel Pérez, vous êtes une ancienne membre de la Fondation France Libertés. Vous avez beaucoup travaillé dans le développement international. « O Coiso, la chose » est un récit sur votre voyage au Brésil de l’an dernier. Vous connaissez bien le Brésil pour y avoir vécu plusieurs années. Avant de parler de cette élection qui a changé la vie des Brésiliens, d’’abord, quel souvenir, quelle impression gardez-vous de ces années passées là-bas ?
« La première fois que j’y suis allée, c’était en 2012. Je suis arrivé à Rio, c’était l’époque vraiment dorée. On avait envie d’y aller, on avait envie d’y vivre. Tout était encore très lumineux là-bas. C’est vraiment une période très lumineuse que je garde en mémoire. C’était avant toute la période des Jeux olympiques et de la Coupe du Monde, et le début des grands mouvements sociaux qui s’opposaient à cela. Très lumineux, c’est le mot qui me vient. »
Vous y êtes donc retournée l’année dernière à l’occasion d’un festival de cinéma. Qu’est-ce qui vous a marqué en y arrivant ?
« J’y retourne depuis 2015. J’y passe trois mois dans l’année. Et à chaque fois je vois la situation changer. C’est toujours Rio qui m’impressionne le plus parce qu’il y a une augmentation de la violence qui est réelle, palpable. Même dans ma bulle des beaux quartiers de Rio, il y a des choses que je pouvais faire en 2012, il y a des rues dans lesquelles je pouvait marcher en 2012, dans lesquelles je ne peux plus marcher maintenant. Ce sont des choses tout à fait palpables. C’est ce qui est le plus marquant. L’Etat de Rio est un Etat qui est en faillite. C ‘est quelque chose qui est en train de s’effondrer. Ça évidement, ça m’a tout à fait marqué. »
« Tout était devenu politique »
« L’an dernier, j’ai passé un mois dans le Nordeste. C’était la période des élections. A ce moment-là tout était devenu politique. Il n’y avait pas une discussion qui ne retombait pas là-dessus. Tout le monde se positionnait. Même quand on passait à la caisse du supermarché, il y avait un échange là-dessus, pour qui on allait voter, qu’est-ce qui allait se passer. On montait dans un bus, on parlait avec le voisin. Tout était politique tout le temps et du coup tout très polarisé. C’était très impressionnant de voir à quel point on n’arrivait pas à penser à autre chose, à parler d’autre chose. »
Depuis l’élection, vous dites que les Brésiliens se sont retrouvés face à l’horreur qui se déploient de jour en jour. Quelle est-elle cette horreur ?
« Moi j’y étais pendant toute cette période où il a constitué le gouvernement. On ne savait pas encore ce qu’il allait faire. Mais malgré ça, tous les jours on recevait des nouvelles. Par exemple le ministre de la Justice qu’il allait nommer, c’était le juge Moro qui a mis Lula en prison, ou son nouveau ministre de l’Environnement qui est un climatosceptique. Il a nommé pendant cette période-là une ministre de la famille qui est une pasteur évangélique. L’une des premières choses qu’il a fait c’est de supprimer le ministère de la Culture. Tous les jours il y avait une nouvelle pire que la veille qui arrivait et on se demandait quand est-ce que cela allait s’arrêter. C’était juste hallucinant. »
« Ne pas se laisser faire »
Face à cette horreur vous mettez en avant la résistance des Brésiliens et leur force créatrice.
« Il y a sur place des mouvements qui se créent, des gens qui se solidarisent, qui ont envie plus que jamais de ne pas se laisser faire, de ne pas laisser faire, de parler, de dénoncer. Du coup, beaucoup de mouvements de résistance se sont organiser, des films se sont faits, des collectifs se sont organisés. Il y a énormément de choses qui se passent au Brésil et en dehors du Brésil par les communautés brésiliennes, ou solidaires avec le Brésil. C’est quelque chose qui en fait m’a aussi donnée de l’espoir. »
Par le biais de vos amis sur place, quel sentiment vous avez sur ces Brésiliens qui se sont laissé tenter par Bolsonaro? Où ils en sont?
« Ça, c’est très rigolo. Dès le lendemain de l’élection, il y avait déjà des dizaines de groupes WhatsApp, Facebook, Instagram qui s’étaient constitués de gens qui regrettaient d’avoir voté pour lui. Dès les premiers jours après son élection, il a commencé à faire des trucs. Dans son premier gouvernement, il avait nommé trois personnes qui étaient poursuivies dans des histoires de corruption. Donc les gens disaient, on pensait qu’on avait voté contre la corruption et on nous met des corrompus au pouvoir. »
« Une grande partie de la population a vu les masques tomber »
« Il y a quand même une grande partie de la population qui n’y a vite plus cru, ou qui a vu les masques tomber. Et il y a une autre partie de la population qui profite de l’ultralibéralisme économique qu’il est en train de mettre en place, qui profite du système et qui continue de l’encourager. C’est encore un président qui a du soutien, mine de rien. Je ne crois pas qu’il soit encore devenu le président le plus impopulaire du Brésil. »
« Comme Voldemort, on ne pouvait pas prononcer son nom »
De ce voyage, vous en êtes revenu avec des notes et des photos… Vous les réunissez dans ce recueil… « O Coiso, la chose ». Quel témoignage voulez-vous livrer ?
« Il faut déjà expliquer le titre, O Coiso, la Chose. O Coiso, c’est un des multiples surnoms qu’avait Bolsonaro. C’était vraiment devenu un peu comme Voldemort, on ne pouvait pas prononcer son nom. Du coup il y avait des dizaine de surnoms, dont O Coiso, qui veut dire La chose. En fait, j’ai toujours sur moi un petit carnet dans lesquels j’écris beaucoup quand je voyage. Et quand j’étais au Brésil je m’étais mis cette règle de faire une photo par jour. Quand je suis rentrée en France, tout ce que je venais de vivre au Brésil avait été tellement intense, je n’arrivais pas beaucoup à écrire pour les gens. Je n’arrivais pas à raconter à mes amis ce qui se passait.
Un document précieux
Un jour, je revenais d’aller récupérer mes négatifs que j’avais fait développer. J’étais super contente des photos que j’avais faites. Une amie d’enfance qui est graphiste me dit Muriel, cette fois-ci, il faut qu’on en fasse quelque chose. Il faut qu’on en fasse un livre, il faut que cela sorte, que ce ne soit plus uniquement à tes amis à qui tu racontes. Ce que tu as vu, ce que tu as témoigné, ce que tu as vécu, c’est un document qui est précieux, qui raconte le Brésil de ton point de vue, qui est le point de vue de quelqu’un d’extérieur, mais qui connait bien l’intérieur aussi. »
Une interview de Pierre FROLLA , quatre fois champion du monde d’apnée, qui nous parle de son parcours, de sa philosophie, et de son engagement pour la protection des mers et des océans.
Qui ne se souvient pas de ces maquignons qui, en une poignée de mains ponctuaient une négociation sur parole et tenaient ce deal pour contrat : la parole donnée valait toutes les signatures et tous les sceaux au bas de documents notariaux et autres.[1]
Avec Le serment ou la sacralisation de la vie de Joseph Noyer paru à MdV Éditeur, voici un essai qui, je cite, « explore les dimensions rituelles et symboliques de cet acte fondamental ».
Parmi les onze chapitres (Le contenu des serments, À qui adresse-t-on le serment ? Serment et parjure, La fidélité au serment…), il y a celui intitulé « Serment éternel ou limité dans le temps ? Donner ou prêter serment ? » qui a un double intérêt. L’auteur y apporte une réponse qu’il y a lieu de lire ou relire, voire méditer, pour en saisir toute la quintessence : « Donner s’accorde avec un temps illimité ou, plutôt, avec un temps sans temps, un temps au-delà du temps. En réalité, le temps auquel appartient le serment est un état qui est de l’ordre de l’éternité… »
Quant à l’expression « prêter le serment », elle ne correspond pas à la réalité traditionnelle. En effet, « donner est irréversible, prêter est un donner provisoire : on prête un bien en attendant qu’il nous revienne. Or, le serment ne peut être que donné et, lorsqu’il est donné, il ne peut l’avoir été que d’une manière définitive », conclut Joseph Noyer, spécialiste en symbolique depuis des décennies.
Musique : Michaël Mathy.
[1] Bien entendu, il y eut de « mauvais » maquignons ne respectant pas ce deal, d’où l’usage péjoratif de ce mot.
Guillaume Néry est un champion d’apnée français, spécialiste de la profondeur. Il plonge en une seule inspiration à -126m sous la surface de la mer. Multiple recordman du monde, double champion du monde, il s’est illustré en réalisant accidentellement la plongée la plus profonde de l’histoire avec -139m de profondeur. La quête de Guillaume va bien au-delà du simple sport. Avec lucidité, il nous donne son regard sur le respect de l’environnement sous-marin constaté sous la surface des océans.
« Résister à la propagande de guerre ! » est une exposition qui se tient jusqu’au 19 décembre 2019 sur le campus de l’Université Libre de Bruxelles et, comme son thème est universel, c’est une occasion de la répercuter sur nos ondes.
Cette exposition s’articule autour de dix principes développés par la propagande :
Nous ne voulons pas la guerre et chaque camp assure qu’il est foncièrement pacifiste.
Le camp adverse est le seul responsable de la guerre et un incident permet de la déclarer.
Le dirigeant adverse a le visage du diable, l’ennemi est un criminel, un tyran, un dictateur.
Si le dirigeant adverse a le visage du diable c’est, selon les époques, celui d’Hitler ou de Staline réincarnés.
Nous défendons une cause noble, nous combattons pour nos valeurs, or derrière les nobles causes se profilent des visées géostratégiques et des intérêts économiques.
Eux, ce sont des monstres et nous des anges, la propagande ne va retenir que les atrocités provenant du camp adverse et taire celles qui sont perpétrées par son propre camp. Nos soldats sont des bienfaiteurs aimés des populations.
L’ennemi agit en traître et utilise des armes non autorisées.
Nous avons peu de pertes, l’ennemi a des pertes énormes, notre victoire est donc assurée.
Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause, la propagande se fonde aussi sur l’émotionnel.
Notre cause a un caractère sacré et ceux qui mettent en doute la propagande sont des traîtres.
Alors ? La conclusion de cette exposition est : « Peut-on refuser la guerre ? » La réponse est : « Oui, par conviction religieuse, pacifiste, humaniste ou antimilitariste, au nom de la justice, de la légitimité… »