
« Allongé dans son immense lit Renaissance juché sur une estrade en bois, les mains jointes sur la poitrine, il n’avait peur de personne. Les générations futures jugeraient. Lui, il avait apporté son écot à l’humanité. Les chiffres, d’ailleurs, parlaient d’eux-mêmes. Avec son infinie douleur de vivre, avec quelques maigres joies grappillées çà et là, il avait bâti une œuvre. Vingt tomes. Mille deux cents personnages. »
Lui, c’est Émile Zola. Il était parti de rien pour se hisser au sommet avec ses millions de livres vendus. Cela fit des jaloux et envieux, dont Edmond de Goncourt qui déversait des propos fielleux à son égard, le traitant de « vilain Italianasse », comme on dit une connasse, une pétasse. Sans compter les insultes du style « Zola est un imbécile colossal, un incomestible pourceau, un malfaiteur littéraire, un souilleur d’âmes, un roublard, un scribouillard dont les livres sentent la boue et la bestialité… »
Toute sa vie, Zola avait travaillé, comme l’explique Jean-Paul Delfino dans son exceptionnel roman Assassins ! paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson : « C’était finalement la seule chose qui payait lorsque l’on naissait pauvre, sans particule, à moitié nu. Écrire pour être digne de la maxime qu’il avait fait graver sur son fauteuil : ‘‘Si Dieu veut, je veux.’’ »
Mais, le principal, outre ses ventes faramineuses, n’était-il pas aimé par le peuple, les humbles, les opprimés, lui qui les avait toujours défendus ?
Alors, l’extrême droite et ses acolytes allaient abattre Zola et tous ceux qui défendaient la fraternité universelle en clamant que « l’armée, l’éducation et l’Église seraient purgées des Juifs, des métèques, des francs-maçons et des protestants » que « tous seraient remplacés par des Français, de vrais Français, des Français de souche… »
Assurément, un tout grand roman qui, s’il relève de la fiction, n’en possède pas moins un indéniable aspect historique, parfois insoupçonné, fascinant et surprenant.

Musique : Michaël Mathy.

Les centaines de milliers de Français qui habitent et qui visitent la Capitale de l’Europe, auront certainement un souvenir inoubliable de leur visite à la fantastique exposition « Crossroads » au Musée Art & Histoire du Cinquantenaire, l’un des plus vastes d’Europe avec ses milliers d’œuvres d’art et objets archéologiques.
Jusqu’au mois de mars 2020 s’y tient, donc, une exposition consacrée au Haut Moyen Âge, c’est-à-dire de l’an 300 à l’an 1000 et, je cite, ce fut un temps « où les objets circulaient, de même que les savoir-faire, les coutumes et les conceptions religieuses. Tous témoignent d’une étonnante diversité au cours de cette période unique en mutations. »
Et puis, voici une citation plus que surprenante « Pas de paix sans guerre » et sa triple explication : des voisins belliqueux, l’appât du gain et, déjà !, des changements climatiques…
L’intrigue du roman de Brelan de cadavres de Claude Michelet qui vient de paraître aux Presses de la Cité se déroule dans les années 60.
Depuis la nuit des temps, les êtres humains se demandent ce qu’ils vont devenir après leur mort. Retour en poussière ? Paradis ? Enfer ? Néant ? Compost ? Jusqu’à présent, exceptions d’expériences de mort imminente (et encore…), personne n’a pu répondre à cette question fondamentale.
« Ils meurent tous les hommes
Lucas, 30 ans, revend avec un plantureux bénéfice sa star-up et prend le temps de s’occuper de son arrière-grand-père, Émilien, 94 ans, et l’entraîne là-haut, dans un hameau vidé de ses habitants et animaux domestiques du Limousin, où se trouve encore la maison familiale.
Larbi Adouane, ancien enseignant et chef d’établissement scolaire algérien, raconte son combat humaniste. Cet essai un peu atypique car écrit à quatre mains, est remarquable de simplicité, de sincérité et de tenacité. Acteur de terrain, Larbi Adouane nous expose son expérience et nous confie sa vision de nombreuses situations sociétales, politiques et économiques.

« Êtes-vous un sale con certifié ? », non il ne s’agit pas d’une insulte à nos auditeurs et lecteurs, mais d’une question posée dans l’essai Psychologie de la Connerie paru aux Éditions Sciences Humaines et signé par un collectif de psychologues, neuropsychologues, philosophes, sociologues, auteurs…, dont Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, qui évoque la connerie comme délire et débute fort son propos en clamant : « Il n’y a rien de plus fréquent ni de plus sérieux que la connerie » !