Qui ne se souvient pas de ces maquignons qui, en une poignée de mains ponctuaient une négociation sur parole et tenaient ce deal pour contrat : la parole donnée valait toutes les signatures et tous les sceaux au bas de documents notariaux et autres.[1]
Avec Le serment ou la sacralisation de la vie de Joseph Noyer paru à MdV Éditeur, voici un essai qui, je cite, « explore les dimensions rituelles et symboliques de cet acte fondamental ».
Parmi les onze chapitres (Le contenu des serments, À qui adresse-t-on le serment ? Serment et parjure, La fidélité au serment…), il y a celui intitulé « Serment éternel ou limité dans le temps ? Donner ou prêter serment ? » qui a un double intérêt. L’auteur y apporte une réponse qu’il y a lieu de lire ou relire, voire méditer, pour en saisir toute la quintessence : « Donner s’accorde avec un temps illimité ou, plutôt, avec un temps sans temps, un temps au-delà du temps. En réalité, le temps auquel appartient le serment est un état qui est de l’ordre de l’éternité… »
Quant à l’expression « prêter le serment », elle ne correspond pas à la réalité traditionnelle. En effet, « donner est irréversible, prêter est un donner provisoire : on prête un bien en attendant qu’il nous revienne. Or, le serment ne peut être que donné et, lorsqu’il est donné, il ne peut l’avoir été que d’une manière définitive », conclut Joseph Noyer, spécialiste en symbolique depuis des décennies.

Musique : Michaël Mathy.
[1] Bien entendu, il y eut de « mauvais » maquignons ne respectant pas ce deal, d’où l’usage péjoratif de ce mot.


« Résister à la propagande de guerre ! » est une exposition qui se tient jusqu’au 19 décembre 2019 sur le campus de l’Université Libre de Bruxelles et, comme son thème est universel, c’est une occasion de la répercuter sur nos ondes.
Cette exposition s’articule autour de dix principes développés par la propagande :
Nous défendons une cause noble, nous combattons pour nos valeurs, or derrière les nobles causes se profilent des visées géostratégiques et des intérêts économiques.
Notre cause a un caractère sacré et ceux qui mettent en doute la propagande sont des traîtres.
Alors ? La conclusion de cette exposition est : « Peut-on refuser la guerre ? » La réponse est : « Oui, par conviction religieuse, pacifiste, humaniste ou antimilitariste, au nom de la justice, de la légitimité… »
Fakir, le bimestriel fondé par François Ruffin il y a une vingtaine d’années, se définit comme « journal lié à aucun parti, aucun syndicat, aucune institution, largement rédigé, illustré et géré par des bénévoles ». Il se prétend aussi « fâché avec tout le monde, ou presque ! »
Le numéro 90 de Fakir, où l’humour ne perd pas ses droits, propose un solide dossier sur l’écologie et pose d’emblée une question primordiale, gênante aux eux entournures de certains : « On nous prétend que la bataille pour le climat est affaire de tous ensemble. Au contraire, la crise écologique n’aiguise-t-elle pas la lutte, la renforce entre riches et pauvres, damnés de la Terre et actionnaires ? »

Étrange et poignante histoire développée par Gérard Glatt aux Presses de la Cité avec Quand le ciel se refuse à pleurer… quand, le 17 août 2016, Joseph Tronchet, paysan savoyard, découvrit Germaine, son épouse, « une mauvaiseté avec un bon cœur », écrasée par un immense sapin, là-haut où pâturaient leurs vaches avec le Mont Blanc pour décor.

En reportage pour Fréquence Terre à la Dune du Perroquet à Bray-Dunes, notre chroniqueur Pierre Guelff a constaté que l’argent des citoyens était bien utilisé. Le podcast ci-dessous est explicite en la matière ! C’est donc une heureuse constatation à l’heure du gaspillage des deniers publics, voire des détournements à d’autres fins.
Néanmoins, ce tableau est entaché par cette autorisation donnée aux chasseurs de pratiquer leur « amour de la Nature » trois fois par semaine, dont un jour du week-end. Et, cela pétarade, foi de chroniqueur !
Au XVIIe siècle, Johannes van der Beeck, peintre néerlandais, réalise sous le nom de « Torrentius » les natures mortes les plus extraordinaires de son temps. En effet, je cite : « En se penchant sur le tableau, il semble que l’air circule et celui qui admire le tableau croit même sentir un souffle frais sur son visage ».
« Allongé dans son immense lit Renaissance juché sur une estrade en bois, les mains jointes sur la poitrine, il n’avait peur de personne. Les générations futures jugeraient. Lui, il avait apporté son écot à l’humanité. Les chiffres, d’ailleurs, parlaient d’eux-mêmes. Avec son infinie douleur de vivre, avec quelques maigres joies grappillées çà et là, il avait bâti une œuvre. Vingt tomes. Mille deux cents personnages. »