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Municipales 2020 : l’eau est un droit

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L’eau est un droit pour tous. Pourtant, aujourd’hui encore, plus de deux milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable. Et plus de quatre milliards ne bénéficient pas de réelles installations sanitaires.

Il y a pourtant un défi mondial à relever, celui fixé par les Nations Unies d’assurer à ces milliards de personnes des services d’alimentation en eau et d’assainissement d’ici 2030. De quoi leur assurer une vie digne.

Cet objectif concerne également la France. A l’occasion des élections municipales de 2020, 29 associations s’unissent à la campagne lancée par la Coalition eau et la Fondation France Libertés, « L’eau ne se mérite pas, c’est un droit ».

  • Avec Justine Richer, chargée du programme “Eau, bien commun” à la Fondation France Libertés

On connaît les difficultés, voir l’impossibilité d’accéder à l’eau et à l’assainissement dans énormément de régions dans le monde. Ce qu’on sait moins, c’est qu’en France aussi, des millions de personnes connaissent ces carences.

« En France métropolitaine on compte 1,4 millions de Français qui n’ont pas accès à des services d’alimentation domestique en eau potable gérés en toute sécurité. Ce sont des chiffres de l’OMS et de l’Unicef qui datent de 2019. Ce sont des chiffres dont on n’a pas forcément conscience. On entend toujours parler de la situation mondiale dans laquelle 40% de la population seront confrontés à des pénuries d’eau d’ici 2050. Mais on sait moins ce qui se passe en France, alors que 7,5 millions de personnes en métropole ne disposent pas de service d’assainissement géré en toute sécurité. La situation en Outre-mer est encore plus alarmante. Par exemple en Guyane, 35 000 personnes n’ont pas accès à des services d’alimentation domestique en eau potable. Ce ce sont plus de 4 700 personnes qui pratiquent la défécation en plein air. Et 16 000 personnes recueillent leur eau de boisson directement à partir de sources d’eau de surface. »

A quoi est-ce dû ?

« En France, les raisons de ces difficultés d’accès sont principalement dues à des raisons économiques et de précarité. Ce sont des estimations qui recouvrent aussi bien des personnes qui vivent dans la rue, que des personnes vivant dans des bidonvilles, dans des squats, dans leur voiture, des gens du voyage. Il y a évidemment les personnes vivant dans des camps de migrants et qui sont dépourvus de confort sanitaire de base. Et il y a ces personnes qui voient leur facture d’eau dépasser 3% du revenu du ménage. Ce sont principalement des personnes sans emploi, seules, des retraités également. On considère au niveau de l’OCDE qu’une facture d’eau qui dépasse 3% du revenu d’un ménage, ce n’est pas acceptable. »

Quelle conséquences concrètes pour ces familles touchées par ce manque d’accès à l’eau ou à l’assainissement ?

Une source d’angoisse au quotidien

« Les familles qui sont touchées par ce manque d’accès à l’eau sont obligées de trouver des solutions intermédiaires, des plans B. Par exemple, elles vont devoir trouver des accès à l’eau beaucoup plus loin de chez elles. Cela va provoquer un manque d’hygiène et une source d’angoisse au quotidien qui perturbe la vie sociale. Il y a par exemple des enfants qui ne veulent plus aller à l’école parce qu’ils sont moqués. Dans des habitats précaires ou mal isolés, on a des cas de propagations de maladies, cela peut être très rapide. Cela concerne les populations les plus vulnérables. »

A l’occasion des élections municipales, vous avez donc lancé ce Manifeste « L’eau ne se mérite pas, c’est un droit », à destination des élus locaux, actuels et futurs. Pourquoi les impliquer eux ? C’est à l’échelon le plus local que les solutions existent ?

« On a lancé ce manifeste pour provoquer un engagement des élus et des futures élus, parce qu’ils ont un rôle à jouer pour la promotion de l’accès à l’eau et à l’assainissement en France dans leur commune. Il est proposé cinq engagements clés pour le droit à l’eau et à l’assainissement et pour surtout l’effectivité de ces droits. On propose la mise en place d’un tarif de l’eau et de l’assainissement accessible, c’est-à-dire une tarification sociale pour faire en sorte que les populations les plus vulnérables paient leur facture d’eau moins chère que les personnes les plus aisées. On propose également de garantir l’accès à des infrastructures d’eau et de toilettes publiques. Par exemple par la mise en place de fontaines à eau. Et évidemment on incite au dialogue avec tous les acteurs, toutes les parties prenantes, pour des solutions adaptées et pérennes, en comprenant les citoyens, les collectivités et les associations. Il faut savoir que les élus ont aussi un rôle à jouer au niveau à jouer au niveau international par le développement d’une coopération décentralisée pour favoriser l’accès à l’eau et à l’assainissement. »

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Est-ce qu’il y des exemples d’initiatives déjà en œuvre et qui sont porteuses de solutions ?

« Un des meilleurs exemple, c’est la Ville de Paris. Depuis la création de Eau de Paris, il y a aujourd’hui une soixantaine de fontaines qui se maintiennent dans la ville, qui sont en fonctionnement, même en période de gel. Il y a la ville de Matori, en Guyane, où quatre bornes fontaines monétiques à carte ont été ouvertes. Elles permettent d’assurer l’alimentation en eau potable de zones urbaines qui ne sont pas desservies par le réseau public. Cela réduit le risque sanitaire. On compte également la communauté d’agglomération d’Arcachon-sud, qui a mis en circulation fin 2010 un accueil social ambulant de jour. C’est un camping-car itinérant qui assure un service d’accès à l’eau et à l’hygiène pour les hommes et les femmes en situation de précarité et d’errance. Et on peut citer la Métropole de Nantes qui a mis en place une tarification progressive en fonction des revenus et de la composition familiale. »

Un manifeste qui engage

Un manifeste est en ligne, à destination des candidats aux municipales. Ils peuvent donc venir le signer. Mais après ? Comment faire pour que ce ne soit pas un engagement de façade ?

« Pour le lancement de la campagne, on était installé au Salon des Maire mi-novembre. On a eu 130 signatures en trois jours. On voit déjà un intérêt à s’engager en terme d’information et en terme moral. Mais effectivement, il ne s’agit que d’un engagement moral. Cependant, en signant et en nous laissant leurs contacts, ils nous laissent une possibilité de les recontacter. Or, il s’agit de personnes qui vont être en campagne pour les municipales dès le début de l’année 2020. Donc on a une arme. Celle de communiquer auprès des citoyens qui vont décider de l’élu pour lequel ils vont voter. Si on fait savoir au citoyen que, tel candidat s’est engagé pour l’accès à l’eau et à l’assainissement dans sa commune, cela risque évidemment de faire pencher la balance. Et à l’inverse, si le candidat, une fois élu, ne s’engage pas, on va pouvoir aller le chercher en lui rappelant son engagement et en insistant en termes de plaidoyer. Et il y a la sensibilisation des citoyens qui peuvent toujours appuyer les processus de plaidoyer auprès des élus. »

La Fondation et les ONG partenaires vont suivre ce que vont faire les élus qui se engagés en signant le manifeste, à travers notamment la mise en place d’un observatoire.

Pour aller plus loin :

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© L’eau est un droit

 

Comment approcher et découvrir les dauphins ?

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Comment découvrir le monde du dauphin ? comment l’approcher ? Comment aller à la rencontre de cet animal mythique ? Eric DEMAY, 30 ans d’expérience sur l’approche des dauphins, vous répond …

Confidences d’un manipulateur de médias (5/5)

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sigle ftpgf2 1Nous voici arrivés au terme de la lecture de Psychologie de la Connerie (Éd. Sciences Humaines), essai écrit par une trentaine de spécialistes, avec cette question : « Qui sont les pires manipulateurs médiatiques ? » La réponse fuse : les médias ! Cette affirmation vient de Ryan Holiday, chroniqueur et auteur de Croyez-moi, je vous mens : confession d’un manipulateur des médias (Globe, 2015).

Il explique qu’aux États-Unis, quasiment 100% des journalistes utilisent des blogs ou sites pour s’informer or, la majorité de ceux-ci n’ont pour but que de devenir viraux, ou bien, falsifier Wikipedia ou payer des twittos pour qu’ils twittent ce qui les arrange !

« Je l’ai fait très souvent, avoue-t-il, et certains des actes les plus répréhensibles commis par un gouvernement, s’accompagnent du silence des médias. Le monde bidon influence le monde réel, il existe même des algorithmes écrivant des articles à la place des journalistes. »

Sa conclusion paraît inattaquable : « Ceux qui écrivent pour le web se réveillent le matin en ne songeant pas à des considérations de morale ou de qualité, mais au nombre de clics. » Alors, la manipulation sur Internet est l’enfance de l’art : se faire passer pour un expert et créer un faux scandale. De nombreux journalistes vont foncer tête baissée puisqu’ils ne contrôlent même pas cette source.

Sur Wikipedia, Ryan Holyday, le faux expert déclaré, s’y présente comme « manipulateur de médias » ! Alors, où sont les vrais cons dans cette situation ?

Voici, pour terminer, quelques autres réflexions en ce domaine de la connerie :

  • Emmanuelle Piquet, psychopraticienne : « Que faire contre les connards et leurs homologues féminins ? Il faut prendre un virage à 180° et reprendre le contrôle du cercle vicieux en cessant de se recroqueviller, de ne rien dire, d’espérer que cela passe. En ripostant, répliquant, en se déployant au lieu de subir ces comportements.»
  • Alison Gopnik, professeure de psychologie et de philosophie, évoque un article du New York Times reprochant à Donald Trump, encore lui ! un comportement de gamin de 4 ans, et bien, « c’est très désobligeant pour les enfants de cet âge ! dit-elle. Les connards sont obnubilés par leur propre personne et leurs propres objectifs, tout l’inverse des enfants !»
  • Un clin d’œil de Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, qui explique que « ce qui est très surprenant chez un con, c’est quand il dit une chose intelligente… Mais, la pire des bêtises, c’est de se croire intelligent !»
  • Tobie Nathan, professeur de psychologie, précise à son tour : « Plus on est con, plus on veut montrer qu’on ne l’est pas, c’est une question de fierté. Il n’y a pas de moyen pour combattre la connerie. Il faut se cacher des cons, c’est tout. Les cons n’aiment pas ceux qui ne sont pas cons.»

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Eric DEMAY, pour une rencontre respectueuse avec les dauphins…

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C’est en Mer rouge que nous retrouvons Eric DEMAY,  qui approche les dauphins depuis plus de 30 ans,  pour nous parler de la  captivité des dauphins, des dauphins sauvages et des dauphins ambassadeurs.

A écouter avec délectation et sans modération.

www.longitude181.org

Algérie : de 1950 à aujourd’hui, récit du combat d’une vie

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Fréquence Terre a profité de l’édition du livre co-écrit par Pierre Guelff et Larbi Adouane pour mettre en exergue un témoignage, celui de Larbi Adouane, retraité de l’éducation nationale Algérienne, participant invétéré aux marches du vendredi qui, à l’heure de ces écrits (le 29 nov 2019) en sont à leurs 41e édition.

“Combats d’un humaniste algérien”, ce livre écrit à « quatre mains » reflète la situation très actuelle, où deux humanistes, l’un à Bruxelles, l’autre à Bejaia en Kabylie défilent dans les rues dans ces mouvements populaires emprunts de liberté et de bon sens.

En faisant cette interview par Skype avec nos deux compères, je souhaitais en savoir plus sur ce qui à l’évidence était l’histoire d’une rencontre.

Cela s’est traduit par le récit poignant d’un Algérien qui a avait 7 ans quand la guerre d’Algérie éclate pour se terminer aujourd’hui fin 2019…

« A la fin de la guerre d’Algérie – nous dit Larbi Adouane – nous étions emprunts d’idéalisme, d’Humanisme, c’était l’époque d’Albert Camus, du communisme ! »

« 1962 a finalement été une déchirure humaine immense »

Pour finir par « Aujourd’hui, avec l’armée, c’est le même combat qui se retrouve ».

Vous découvrirez également, dans ce récit vivant et plein de détails comment la radicalisation a fait son entrée dans le Lycée dont Larbi Adouane etait le proviseur. En 1994, un événement vient troubler les esprits.

“Combats d’un humaniste algérien” de Larbi Adouane (Éd Champs-Élysées-Deauville)

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Croire en l’humain (Partenariat avec POUR)

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sigle ftpgf2 4Le magazine POUR, dont la devise est « Pour écrire la Liberté », partenaire de Fréquence Terre depuis plusieurs années, a publié – au prix plus que démocratique de 3 euros – un numéro spécial consacré à la prison : « Abolir l’école du crime, c’est croire en l’humain ».

250ft120191102 092416Plutôt que de longs discours, j’en ai extrait quelques passages et vous les livre sans autres commentaires car ils parlent d’eux-mêmes, la parole ayant été donnée à des acteurs de terrains : à trois prisonniers, à des membres du personnel de prisons, d’une directrice à un aumônier, à une membre et avocate de l’Observatoire International des Prisons ou d’un Collectif de luttes anti-carcérales, à un ancien détenu, à un juge honoraire, à un enseignant en prison…

Jean-Claude Garot, rédacteur en chef de POUR et deux chroniqueurs de son équipe expliquent d’emblée : « Qui peut croire que la vengeance, l’humiliation vont rendre des êtres meilleurs ? Les conditions de détention, en elles-mêmes, sont des sources de potentielles récidives. Changeons de modèle ! Investissons dans l’humain plutôt que dans le béton ! Il est urgent de remettre l’humain au centre des débats, par une justice restauratrice et réparatrice. C’est une autre manière de rendre la justice, dans le plus grand respect des victimes, avec le souci d’envisager un futur positif tant pour la victime, que pour l’auteur, et pour la société. »

Voici, à présent, quelques propos des témoins :

• Un détenu : « L’absence d’aide. L’absence d’information. On vous a mis en prison parce que vous avez commis une faute. C’est tout à fait normal. Après, on vous a mis dans une pièce où il y a des murs et où il y a plein de portes sans vous dire quelle porte il faut ouvrir. Certains psychologues et certains directeurs s’amusent même à vous mettre des embûches derrière certaines portes pour vous freiner dans votre avancement vers la réinsertion, qui n’existe de toute façon pas en prison !»

  • L’avocate : « La prison ne va pas toucher tous les auteurs de la même manière. Quand on a des élus qui se servent dans les caisses publiques, je ne vois personne sous mandat d’arrêt dans ce cas-là. Par contre, si vous êtes sans papiers et que vous volez un portefeuille, il y a beaucoup de chances que vous vous retrouviez en prison.»
  • L’enseignant en prison : « Ce sont surtout les inégalités qui créent la criminalité. Ce n’est pas en soi la pauvreté. Ce sont les inégalités qui créent la délinquance.»
  • L’aumônier de prison : « La prison étant une arme de destruction massive, l’idée est donc de faire des unités beaucoup plus petites avec beaucoup plus de relations humaines et de ressources restauratrices, où l’on restaure les liens humains entre les gens.»
  • Réflexion du Collectif de luttes anti-carcérales : « La société qui punit l’un ou l’une de ses membres par l’exclusion rend l’individu coupable des symptômes de son propre dysfonctionnement. Se venger est un choix, guérir les blessures en est un autre.»

La conclusion est tirée par un professeur à une école de criminologie en milieu universitaire : « Observons le sort réservé au personnel politique corrompu, aux capitaines d’entreprises fraudeurs, aux marchands de poisons en tous genres, aux experts en blanchiment d’argent et aux marchands d’armes. La prison ne semble pas faite pour eux, malgré les dégâts considérables qu’ils occasionnent, malgré les humains qu’ils tuent volontairement, mais proprement, à distance respectueuse. Les crimes qu’ils commettent n’ont pas besoin d’une réponse pénitentiaire ? Ce qui compte est que leurs torts soient réparés ? Parfait, au nom de l’égalité, prenons exemple sur leur sort pour le généraliser aux délinquants ‘‘traditionnels’’ ».

Pour : www.pour.press

Musique : Michaël Mathy

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« Le Voyageur des Bois d’en Haut » de Jean-Guy Soumy (Les Presses de la Cité)

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sigle ftpgf2 351bsqbs2ddl. sx309 bo1204203200Camille limousinait comme maçon à la ville à 16 ans, c’est-à-dire que, paysan, il avait quitté ferme, herbages, étables des Bois d’en Haut pour devenir ouvrier durant quelques mois afin d’aider sa mère à rembourser un prêt afin de ne pas hypothéquer ses terres, car son mari était mort dans les eaux tumultueuses du Rhône, l’hiver 1858 avait été très rigoureux et elle avait été obligée de vendre quelques têtes de bétail pour subsister. « Le malheur, c’est comme le choléra, il s’attrape aisément »…

Voici le décor planté par Jean-Guy Soumy auteur d’un roman qui m’a énormément plu,  Le Voyageur des Bois d’en Haut aux Presses de la Cité.

À Lyon, le jeune Camille côtoya des ferblantiers, plâtriers, peintres d’ornement, menuisiers et ces limousins maçons où, chaque année depuis des décennies, son père oeuvrait également avec la truelle et le fil à plomb et, malgré l’omerta autour de sa mort, les langues finirent par se délier.

Petit à petit, Camille qui fréquentait aussi des Maîtres tailleurs de pierre et l’École du Trait, apprit que son père avait une double vie, celle des Bois d’En Haut et celle de Lyon, et il désira ardemment en savoir davantage sur cette situation, au point de se poser la question : « Mon père est-il vraiment décédé ? »

Au total de ce livre, pas moins de soixante-sept courts chapitres donnant un fameux rythme à une histoire prenante, passionnante, puissante, au point que le lecteur a l’impression de vivre le récit au présent, alors qu’elle se déroula il y a cent soixante ans !

J’apprécie beaucoup ce genre de récit initiatique qui rend en même temps hommage au monde ouvrier, artisanal et agricole, une sorte de Mémoire du « petit peuple » et, en Jean-Guy Soumy, j’ai découvert un véritable intercesseur de Savoir. (Musique : Michaël Mathy)

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« La Chose » Bolsonaro : un an après, un livre témoignage sur la vie des Brésiliens

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Il y a un peu plus d’un an, Jair Bolsonaro était élu président de la République du Brésil. C’était le 28 octobre 2018. Les Brésiliens portaient au pouvoir cet ancien militaire proche de l’extrême droite. Depuis, ils assistent à un profond bouleversement de leur pays, tant économique, sociétal, environnemental, ou encore sécuritaire.

Muriel Pérez est photographe et auteure. Il y a un an, elle a passé plus d’un mois aux côtés de ces Brésiliens. Elle témoigne, dans un livre à paraitre prochainement, de l’ascension au pouvoir de Jair Bolsonaro et du ressenti de la population.

Muriel Pérez, vous êtes une ancienne membre de la Fondation France Libertés. Vous avez beaucoup travaillé dans le développement international. « O Coiso, la chose » est un récit sur votre voyage au Brésil de l’an dernier. Vous connaissez bien le Brésil pour y avoir vécu plusieurs années. Avant de parler de cette élection qui a changé la vie des Brésiliens, d’’abord, quel souvenir, quelle impression gardez-vous de ces années passées là-bas ?

« La première fois que j’y suis allée, c’était en 2012. Je suis arrivé à Rio, c’était l’époque vraiment dorée. On avait envie d’y aller, on avait envie d’y vivre. Tout était encore très lumineux là-bas. C’est vraiment une période très lumineuse que je garde en mémoire. C’était avant toute la période des Jeux olympiques et de la Coupe du Monde, et le début des grands mouvements sociaux qui s’opposaient à cela. Très lumineux, c’est le mot qui me vient. »

Vous y êtes donc retournée l’année dernière à l’occasion d’un festival de cinéma. Qu’est-ce qui vous a marqué en y arrivant ?

« J’y retourne depuis 2015.  J’y passe trois mois dans l’année. Et à chaque fois je vois la situation changer. C’est toujours Rio qui m’impressionne le plus parce qu’il y a une augmentation de la violence qui est réelle, palpable. Même dans ma bulle des beaux quartiers de Rio, il y a des choses que je pouvais faire en 2012, il y a des rues dans lesquelles je pouvait marcher en 2012, dans lesquelles je ne peux plus marcher maintenant. Ce sont des choses tout à fait palpables. C’est ce qui est le plus marquant. L’Etat de Rio est un Etat qui est en faillite. C ‘est quelque chose qui est en train de s’effondrer. Ça évidement, ça m’a tout à fait marqué. »

« Tout était devenu politique »

« L’an dernier, j’ai passé un mois dans le Nordeste. C’était la période des élections.  A ce moment-là tout était devenu politique. Il n’y avait pas une discussion qui ne retombait pas là-dessus. Tout le monde se positionnait. Même quand on passait à la caisse du supermarché, il y avait un échange là-dessus, pour qui on allait voter, qu’est-ce qui allait se passer. On montait dans un bus, on parlait avec le voisin. Tout était politique tout le temps et du coup tout très polarisé. C’était très impressionnant de voir à quel point on n’arrivait pas à penser à autre chose, à parler d’autre chose. »

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© Muriel Pérez

Depuis l’élection, vous dites que les Brésiliens se sont retrouvés face à l’horreur qui se déploient de jour en jour. Quelle est-elle cette horreur ?

« Moi j’y étais pendant toute cette période où il a constitué le gouvernement. On ne savait pas encore ce qu’il allait faire. Mais malgré ça, tous les jours on recevait des nouvelles. Par exemple le ministre de la Justice qu’il allait nommer, c’était le juge Moro qui a mis Lula en prison, ou son nouveau ministre de l’Environnement qui est un climatosceptique. Il a nommé pendant cette période-là une ministre de la famille qui est une pasteur évangélique. L’une des premières choses qu’il a fait c’est de supprimer le ministère de la Culture. Tous les jours il y avait une nouvelle pire que la veille qui arrivait et on se demandait quand est-ce que cela allait s’arrêter. C’était juste hallucinant. »

« Ne pas se laisser faire »

Face à cette horreur vous mettez en avant la résistance des Brésiliens et leur force créatrice.

« Il y a sur place des mouvements qui se créent, des gens qui se solidarisent, qui ont envie plus que jamais de ne pas se laisser faire, de ne pas laisser faire, de parler, de dénoncer. Du coup, beaucoup de mouvements de résistance se sont organiser, des films se sont faits, des collectifs se sont organisés. Il y a énormément de choses qui se passent au Brésil et en dehors du Brésil par les communautés brésiliennes, ou solidaires avec le Brésil. C’est quelque chose qui en fait m’a aussi donnée de l’espoir. »

Par le biais de vos amis sur place, quel sentiment vous avez sur ces Brésiliens qui se sont laissé tenter par Bolsonaro? Où ils en sont?

« Ça, c’est très rigolo. Dès le lendemain de l’élection, il y avait déjà des dizaines de groupes WhatsApp, Facebook, Instagram qui s’étaient constitués de gens qui regrettaient d’avoir voté pour lui. Dès les premiers jours après son élection, il a commencé à faire des trucs. Dans son premier gouvernement, il avait nommé trois personnes qui étaient poursuivies dans des histoires de corruption. Donc les gens disaient, on pensait qu’on avait voté contre la corruption et on nous met des corrompus au pouvoir. »

« Une grande partie de la population a vu les masques tomber »

« Il y a quand même une grande partie de la population qui n’y a vite plus cru, ou qui a vu les masques tomber. Et il y a une autre partie de la population qui profite de l’ultralibéralisme économique qu’il est en train de mettre en place, qui profite du système et qui continue de l’encourager. C’est encore un président qui a du soutien, mine de rien. Je ne crois pas qu’il soit encore devenu le président le plus impopulaire du Brésil. »

« Comme Voldemort, on ne pouvait pas prononcer son nom »

De ce voyage, vous en êtes revenu avec des notes et des photos… Vous les réunissez dans ce recueil… « O Coiso, la chose ». Quel témoignage voulez-vous livrer ?

« Il faut déjà expliquer le titre, O Coiso, la Chose. O Coiso, c’est un des multiples surnoms qu’avait Bolsonaro. C’était vraiment devenu un peu comme Voldemort, on ne pouvait pas prononcer son nom. Du coup il y avait des dizaine de surnoms, dont O Coiso, qui veut dire La chose. En fait, j’ai toujours sur moi un petit carnet dans lesquels j’écris beaucoup quand je voyage. Et quand j’étais au Brésil je m’étais mis cette règle de faire une photo par jour. Quand je suis rentrée en France, tout ce que je venais de vivre au Brésil avait été tellement intense, je n’arrivais pas beaucoup à écrire pour les gens. Je n’arrivais pas à raconter à mes amis ce qui se passait.

Un document précieux

Un jour, je revenais d’aller récupérer mes négatifs que j’avais fait développer. J’étais super contente des photos que j’avais faites. Une amie d’enfance qui est graphiste me dit Muriel, cette fois-ci, il faut qu’on en fasse quelque chose. Il faut qu’on en fasse un livre, il faut que cela sorte, que ce ne soit plus uniquement à tes amis à qui tu racontes. Ce que tu as vu, ce que tu as témoigné, ce que tu as vécu, c’est un document qui est précieux, qui raconte le Brésil de ton point de vue, qui est le point de vue de quelqu’un d’extérieur, mais qui connait bien l’intérieur aussi. »

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© Muriel Pérez

Le livre « O Coiso, la chose » va paraitre grâce à un financement participatif, disponible notamment via le site de France libertés. Et les photos de Muriel Pérez seront exposées à Paris à la galerie du Floréal Belleville du 12 décembre au 7 janvier 2020.

Pour aller plus loin :

 

Défenseur de l’Océan: Pierre FROLLA, apnéiste d’exception au service de l’écoresponsabilité

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Une interview de Pierre FROLLA , quatre fois champion du monde d’apnée, qui nous parle de son parcours, de sa philosophie, et de son engagement pour la protection des mers et des océans.

Reportage : Hommage aux marins

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250ft20191104 144715C’est dans le site protégé du « Perroquet » à Bray-Dunes, que se dresse un impressionnant mausolée en hommage aux marins. Pierre Guelff s’y est rendu.

Podcast ci-dessous.

Photos : Pierre Guelff.