Stop aux soldes, stop aux surconsommations qui remplissent nos poubelles ! Comment en sommes-nous arrivés à ce niveau de pollution délétère? Par quel mécanisme nous fait-on consommer plus, voire à notre insu ? Révélations sur les évolutions marchandes des 70 dernières années et sur celles en cours…
Cabu, l’homme qui dessinait librement
Cinquième année que Cabu nous manque (et tous les autres de Charlie Hebdo abattus le 7 janvier 2015). Fécond dessinateur de presse, amoureux inconditionnel du jazz, militant pacifiste, son ami Jean-Luc Porquet, auteur de Cabu, une vie de dessinateur paru chez Gallimard, écrit qu’il « était toujours du côté ensoleillé de la rue », néanmoins qu’un an avant sa tragique disparition, il avait confié « être optimiste mais qu’il pensait tous les jours à la mort ».
Dès les années soixante-dix, j’ai apprécié Cabu (1938-2015) qui, avec Cavanna, Reiser, Wolinski et d’autres, firent l’essence même de Charlie Hebdo et lui donnèrent une dimension jamais égalée, selon moi.
Avec le recul, je me rends compte de hasards ( ?) de l’existence qui me firent mettre mes pas dans ceux de Cabu puisque, objecteur de conscience et coopérant technique de 1969 à 1971 à Bejaïa, cité de Kabylie, ce fut précisément là que Cabu fit partie d’un régiment semi-disciplinaire en 1958, et écrivit à sa sœur : « Je suis entouré d’abrutis, aussi bien gradés que deuxième classe. »
Invité à décorer une école maternelle de Constantine, il y glissa un éloge à la désobéissance en pleine Guerre d’Algérie, une façon de s’élever contre le rôle « criminel et non pacificateur » de l’armée française, alors qu’il clama aussi qu’il comprenait le désir d’indépendance « parfaitement légitime » des Algériens, allant jusqu’à en faire part à un gradé en lui spécifiant que les autochtones étaient chez eux.
Son antimilitarisme se forgea également à la vue d’un hélicoptère français balançant dans le vide des résistants algériens « pour s’en débarrasser » et, parce qu’il était dans la colonne de troufions en montagne obligés de la gravir et d’apporter des jerrycans d’eau au sommet sous le cagnard car, un hélico ne pouvait s’y poser… sauf pour un général apportant au colonel qui dirigeait les soldats une bouteille de champagne frais !
En 1976, dans la canicule, Cabu et moi faisions partie des centaines de participants à la « Marche internationale non violente pour la démilitarisation » entre Metz et Verdun durant une semaine et nous scandions « Plus jamais ça » en passant près des milliers de tombes et autre ossuaire sous les cris de nervis nous traitant de « poules mouillées », « gonzesses », « dégonflés ». Ce qui fit dire à Cavanna : « Ce qu’ils nous reprochent, c’est de ne pas aimer tuer ; la guerre est leur grande fête de la virilité ».
Près de trois décennies plus tard, Cabu tombaient sous les balles et Jean-Luc Porquet releva qu’il avait été assassiné « pas par un braqueur ou un fou, mais très exactement pour ce qu’il était, un homme qui dessinait librement ».
Dessins : Cabu (armée et champagne), couverture de Cabu, une vie de dessinateur et Xavier Lambours (Marche Metz-Verdun).
Musique : Robot de Michaël Mathy, http://www.michaelmathy.be/#music.
Très intéressante émission sur Radio Libertaire :

« Le réveil des sorcières » de Stéphanie Janicot (Albin Michel)
Connaissez-vous le principe majeur de la magie ? Savez-vous faire la différence entre un guérisseur, un médium ou un naturopathe ? Avez-vous déjà eu des visions ? Toutes ces questions et bien d’autres sont abordées avec intelligence et finesse dans Le réveil des sorcières, le nouveau roman de Stéphanie Janicot paru chez Albin Michel.
Le réveil des sorcières est un roman personnel, captivant et qui frôle parfois l’envoûtement. L’auteure y interroge, à travers le personnage d’une adolescente dotée d’une grande sensibilité et d’un caractère bien trempé, les liens complexes et parfois obscurs de la transmission. Des concepts aussi fondamentaux que l’universalité ou encore les limites entre la vie et la mort y sont également explorées.
C’est un roman en forme d’enquête qui cherche à éclaircir des secrets de famille. Et cette enquête aboutira à un certain apaisement. Je cite ici une phrase de l’héroïne « nul besoin d’espace pour être soi, il suffit d’être en soi ».
L’auteure Stéphanie Janicot est née à Rennes en 1967 et le roman a bien sûr comme décor la forêt de Brocéliande. Elle est autrice d’une dizaine de romans chez Albin Michel dont La Mémoire du monde qui a obtenu le Prix Renaudot poche.
Actions concrètes et encourageantes
L’ASPA, Association pour la protection des animaux sauvages, a fini par réunir 2,3 millions d’euros avec l’aide précieuse de 20 000 donateurs et a, de la sorte, sauvé quelque 500 hectares dans le Vercors, là, où les chasseurs s’y donnaient à fusil joie en y abattant même le cerf sika importé et emprisonné dans des clôtures comme tant de renards, sangliers, loups…
Désormais, ces 500 hectares ne seront plus le terrain d’abattage privilégié des prétendus défenseurs de l’environnement, tout comme les dix hectares qui, grâce aux 22 500 euros récoltés par l’Association Forêt vivante en Haute-Savoie, devraient également échapper aux chasseurs.
Actions à suivre, donc.
Source : Charlie Hebdo.
Musique : Michaël Mathy.
Photo : Fréquence Terre.

Bilan 2019: moitié vide ou moitié plein ?
2019 marque un tournant: plus de 50% des français se disent préoccupés par les questions environnementales. On peut s’en féliciter. Pourtant tous les appels pour la protection de notre environnement sont peu suivis de faits. 2020, l’espoir?
Avec Fréquence Terre et LONGITUDE 181, pour agir et ne pas disparaitre !
Fréquence TERRE, c’est une webradio indépendante qui sensibilise et éveille les consciences sur des thématiques écologiques, environnementales et sociétales. Ce sont des journalistes, auteurs, éditorialistes, tous bénévoles.
Pour continuer l’aventure de Fréquence Terre , pour poursuivre et développer l’expression et l’engagement citoyen sur les thématiques écologiques et sociétales, Quatre chroniqueurs (Philippe Boury, Frédéric Bénot , Pierre Guelff, et moi-même) se sont associés pour vous présenter un livre ,“Agir ou disparaître”, qui revient sur plus d’une décennie de chroniques consacrées à l’environnement.
Le titre du livre : « Agir ou disparaitre » , provocateur , certes est aussi une alarme sur l’urgence à agir pour une société plus humaniste, pour un environnement sain, pour une nature respectée, pour une réconciliation de l’homme avec notre planète, notre Terre, nos océans.
Ce livre-recueil vendu au prix de 7 euros (hors frais d’envoi) vous propose quelque 220 pages et près de vingt-cinq thèmes illustrés de photos et de citations. Tous les bénéfices de la vente de ce livre serviront exclusivement à soutenir Fréquence Terre.
Merci de votre soutien , merci de diffuser cet appel à soutien.
« Agir ou disparaître” est disponible au prix de 7 euros sur internet
Internet : le chaos général ! (4/5)

Poursuivons la lecture attentive de l’essai Psychologie de la Connerie écrit par un collectif de spécialistes aux Éditions Sciences Humaines.
« La connerie à l’ère des réseaux sociaux, c’est la formulation de jugements sans appel réduisant la vie à l’apparence » et, justement, qu’en pense Howard Gardner, professeur en cognition et en sciences de l’éducation, quand on lui demande si Internet est la défaite de l’intelligence. Il répond qu’Internet c’est le « chaos général créant la confusion dans une quasi absence de réflexion », alors que l’objectif principal de l’éducation, outre l’alphabétisation, est de procurer les outils permettant de distinguer le vrai du faux, de juger ce qui est beau en art, dans la nature…, et de pouvoir justifier ses préférences, enfin d’orienter son jugement et son action dans les domaines moraux et éthiques. »
Pour Sébastien Dieguez, neuropsychologue, « la connerie n’est pas, ou pas seulement, le contraire de l’intelligence, on peut être très intelligent et très con : il suffit pour s’en convaincre de mettre n’importe quel intellectuel à un poste politique ou d’encourager tel expert à s’exprimer sur un sujet qu’il ne connaît pas, ce qui produira de la bêtise intelligente dont l’essence est une indifférence à l’égard de la vérité.
Alain Roger, auteur du Bréviaire de la bêtise est tout aussi formel : la connerie est la suffisance à l’état pur : « Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis et si je ne suis pas d’accord avec quelque chose, c’est bien la preuve que c’est faux… »
Nous lisons encore sous différentes plumes que l’imbécile, du fait qu’il est imbécile, ne dispose pas des ressources mentales qui lui permettraient de s’apercevoir de son imbécillité.
Quant à la connerie, elle cherche à se faire passer pour de l’intelligence. « Le con n’a pas le moindre début d’idée concernant ce qui lui permettrait d’être moins con. Il ne sait d’ailleurs pas qu’il est con. Ainsi, le dernier des imposteurs peut se faire passer pour un petit génie, un géant de la philosophie ou une pointure des neurosciences. Les théories du complot cherchent à se faire passer pour des investigations sérieuses et soucieuses de faire éclater la vérité, mais sans jamais fournir le moindre effort en ce sens. »
Musique : Michaël Mathy :http://www.michaelmathy.be/#music

Océan et climat, même combat!
Quand vous prenez votre voiture le matin, quand vous êtes au milieu du trafic, ne vous est-il pas arrivé de vous demander ce que devenaient les gaz émis par votre voiture essence ou diesel ? Le CO2 présent dans l’atmosphère est absorbée par les plantes sur terre, et les x forêts ces poumons de la terre. On ignore le plus souvent le rôle important tenu par les océans, puits de carbone, dans le processus d’absorption du CO2. Cet effet d’absorption a des limites. Et on peut se demander comment et jusqu’à quand cela va durer…
On n’abat pas le chêne de Victor Hugo !
La Nature est sacrée. Parmi elle, le chêne, arbre sacré par excellence. Symbole de puissance et de générosité dans toutes les civilisations, il est généralement chéri, exception faite par ceux qui méprisent l’environnement au nom du mercantilisme.
Victor Hugo fut un ardent défenseur de la Nature, un écologiste avant l’heure, et l’un de ses descendants, Jean Baptiste, photographe, fils de Jean (1894-1984), vient de le rappeler dans le deuxième numéro de La Lettre de Jean Hugo, une publication en ligne (lesamisdejeanhugo@gmail.com) des Amis de Jean Hugo, celui-ci étant l’arrière-petit-fils du célèbre écrivain.

Et, comme bon sang ne saurait mentir, il fut un artiste de renom très connu pour ses vitraux exceptionnels, tels ceux de Notre-Dame de la Sarte, une église perchée sur les hauteurs de Huy, « une des plus belles filles de Meuse », selon l’Immortel, de la Maison de saint Dominique à Fanjeaux, là où vécut, de 1206 à 1215, le sous-prieur Dominique, véritable idéologue de l’Inquisition.
Si André Malraux emprunta des vers de Victor Hugo le titre de son ouvrage dévolu au général de Gaulle, Les chênes qu’on abat…, le chêne de Victor Hugo d’Hauteville sur l’île de Guernesey, lui, paraît indestructible. On n’abat pas ce chêne-là !
La famille Hugo est très attachée à Hauteville, la maison où son prestigieux aïeul s’exila durant quatorze années et, illustré par des photos de Jean Baptiste, un reportage dans La Lettre de Jean Hugo évoque ce chêne dont il est question dans la présente chronique.

« Victor Hugo s’était réfugié à Bruxelles en 1851 suite à son opposition au coup d’État de Napoléon III. Il gagna ensuite Jersey avec un groupe de proscrits mais leur activité journalistique leur valut au bout de trois ans une mesure d’expulsion par le gouverneur de l’île. Ils avaient notamment publié une lettre jugée injurieuse pour la reine Victoria.
De Jersey, Victor Hugo se rendit à Guernesey car il voulait rester proche de la France, persuadé que le règne de l’Empereur ne durerait pas longtemps. Il y loua pendant environ un an une maison sur les hauteurs de Saint Pierre Port puis, à la suite du succès exceptionnel des ‘‘Contemplations’’, il devint propriétaire à 54 ans d’une grande bâtisse construite vers 1800 par un corsaire anglais. Il avait initialement l’intention de la baptiser ‘‘Liberty House’’, mais il choisit ‘‘Hauteville House’’, en référence au nom de la rue où elle se situait. »

Le 13 septembre 1870, de Paris où il était rentré, Victor Hugo écrivit : « Julie m’écrit de Guernesey que le gland planté par moi le 14 juillet a germé. Le chêne des États-Unis d’Europe est sorti de terre le 5 septembre, jour de ma rentrée à Paris. »
Près de cent cinquante années plus tard, son descendant Jean Baptiste le photographiait, visiblement fidèle au symbole de puissance qu’il véhicule comme la pensée hugolienne, tellement utile à rappeler en ces temps troublés, plus particulièrement au plan environnemental : « Il faut aussi civiliser l’homme du côté de la Nature, là tout est à faire. » écrit-il dans le deuxième tome d’En voyage.
Musique : Michaël Mathy
Remerciements à Jean Baptiste Hugo pour l’autorisation de publier des extraits de La Lettre de Jean Hugo.

Une société d’exclusion (8/8)

Pour cette ultime chronique dévolue à l’essai Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen (J’ai Lu), qui se base sur des récits de « passeurs de Mémoire» ayant vécu avec des peuples racines, il y a cette mise au point : « Plus vous côtoyez la mort, plus ou aimez la vie, car vous êtes conscient de ce qu’est la vie, de ce qu’est cette énergie dans la matière. »
Quant à Boris Choleka, professeur de yoga devenu chaman, il explique : « Tu deviens indépendant à partir du moment où tu comprends que tout est connecté et que tu es relié. La liberté, c’est l’expérience vécue de cette reliance à chaque instant. »
Éric Julien, ancien géographe, à présent responsable de l’École de la nature et des savoirs, côtoya les Indiens semi-nomades de la Sierra Nevada, des Kogis, qui lui déclarèrent : « Avec nos terres, nous pouvons retrouver l’histoire. Une personne sans histoire, sans mémoire, est une personne malade. »
Si leurs terres furent spoliées et occupées en grande partie par les colons, ils croient avec force que s’ils pouvaient refaire leur travail dans la Sierra, cela permettrait de maintenir l’équilibre du monde.
« Rien que ça ! » s’exclama Frederika Van Ingen, et de poser une hypothèse valable pour tout son livre : « Il s’agit sans doute de mythes traditionnels à ranger au rayon des croyances naïves, comme on a coutume de le faire quand une idée questionne trop fortement nos certitudes. »
La réponse vint de la bouche d’Éric Julien : « Pour les Kogis, la Terre est un corps vivant, culture, spiritualité et réalité quotidienne ne font qu’un. Ainsi, quand ils réinvestissent les terres, les forêts refleurissent à une vitesse à faire pâlir le plus brillant des agronomes. »
Et, cette dernière constatation : « On met nos parents à la maison de retraite, on paie quelqu’un pour élever nos enfants, on n’a plus le temps… Les peuples racines, eux, vivent dans une société d’inclusion, tandis que nous avons créé une société d’exclusion. »
Musique : Michaël Mathy

