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On ne bâtit pas de cathédrales avec des idées reçues

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On ne bâtit pas de cathédrales avec des idées reçues est un essai de Lucie Branco (Éditions Kero) qui devrait être lu et relu par tous ceux, principalement des initiés à certaines philosophies dites non dogmatiques, qui prônent la fraternité, la liberté et l’égalité et qui se révèlent être de fieffés machistes. Certains au nom de principes et constitutions archaïques et complètement obsolètes, d’autres par esprit d’une supériorité de genre absolument injustifiée.

m02366585160 largeLucie Branco, tailleure de pierre, est devenue, à force de volonté, de courage et de persévérance, la première femme reçue chez les Compagnons du Devoir, cette association aux valeurs professionnelles et humanistes extraordinaires. Pourtant, ce ne fut guère aisé car la jeune femme dut mener un « combat » (le mot est choisi) tant, à de rares exceptions près, ladite association véhiculait un véritable machisme depuis des siècles et sous toutes les latitudes.

C’est ce qu’explique Lucie Branco : « Je me suis battue, je n’ai jamais baissé les bras, je n’ai jamais accepté les explications toutes faites, les traditions ancestrales qui justifiaient le statu quo et l’exclusion. »

Pour ce faire, elle fut obligée d’argumenter, de prouver, de rendre des comptes sur sa volonté de tailler la pierre, de faire partie de l’association compagnonnique, de subir des remarques déplacées, des sous-entendus moqueurs et insultants durant des années et des années : « Quand on fait ce métier, disait-elle à la fin des années 1990, notre objectif, c’est de bâtir collectivement des monuments qui vont survivre aux hommes qui les ont imaginés. Quand on travaille sur le chantier de restauration d’une église, que l’on soit croyant ou pas, le résultat a un supplément d’âme. Il y a quelque chose qui dépasse l’ouvrier qui apporte sa pierre. »

250ft20191128 135052Malgré ce genre de déclaration, la maîtrise de plus en plus grande de l’outil, du tracé, de la solidarité sur chantier, eh bien, par misogynie, l’institution « Compagnonnage du Devoir » lui restait inaccessible dans sa finalité : celle d’être « reçue ».

« Je suis née femme et on me le reproche. J’ai eu beau faire le dos rond, travailler dur, prouver ma motivation, faire des progrès, montrer patte blanche, rien n’y a fait. Toutes ces années, pour monter en compétence, j’ai dû consentir à me former essentiellement sur le tas. Il fallait souvent rassurer les patrons, leur signifier que même si j’étais une femme, j’étais capable, désamorcer les malentendus sur ma prétendue fragilité…» explique encore la Lilloise qui, tente de comprendre cette attitude à son égard et à celui des femmes, en général.

Pour elle, cette attitude de rejet, est l’apanage d’hommes qui veulent à tout prix conserver leur pré-carré, qui s’arc-boutent à leur tradition millénaire et foulent à leurs pieds le principe de l’égalité hommes-femmes : « Un grand nombre de Compagnons voit cette avancée à venir comme une intrusion dans leur identité de métier et d’homme. En clair, ajoute-t-elle, cela signifie qu’ils n’ont pas envie que les bonnes femmes marchent sur leurs plates-bandes. Ils ne comprennent pas pourquoi elles viendraient jouer dans leur cour, alors qu’elles s’en étaient gardées jusque-là. »

À ces hommes, on a beau leur dire que l’artisane a de tous temps eut une place dans la Société, rien n’y fait. Du moins, jusqu’au moment où des femmes, parfois aidées par des hommes, il est vrai, éclairent leur lanterne quand Lucie Branco et ses semblables clament que « le compas, la règle, l’équerre ne trichent pas et la lumière n’est jamais très loin, pourvu qu’on garde son objectif en tête. »

En novembre 2007, elle fut enfin reçue : « Je me sens des leurs. À ce moment-là, j’oublie les difficultés, les ornières, les chemins de traverse. Il n’y a que de la bienveillance dans les regards qui se posent sur moi. La famille [compagnonnique] m’accueille, telle que je suis. »

20200218 100936Et, Lucie Branco n’en reste pas là, elle participe à faire reconnaître le Compagnonnage en tant que Patrimoine immatériel de l’UNESCO et, aujourd’hui, elle est cadre dirigeante chez les Compagnons du Devoir en Occitanie.

Tout en saluant ce parcours de pionnière, je termine cette chronique par l’une de ses déclarations qui, sans conteste, reflète à présent dans sa totalité une philosophie et un savoir-être et un savoir-faire uniques : « Être compagnon, c’est s’entendre avec les individus qui n’ont pas forcément le même regard, la même histoire et donc le même langage que soi. »

Musique : Michaël Mathy

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Qu’est-ce qui fait qu’un arbre est un arbre?

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woluwe5L’arbre est surprenant car il résiste à toutes les tentatives de définition. Ni sa longévité, ni sa taille, ni son bois, ni ses gènes ne confèrent une spécificité à cette plante dont l’originalité nous apparaît pourtant évidente.

Nous pensons savoir ce qu’est un arbre, mais sa définition nous glisse entre les doigts. De nombreuses plantes ont une durée de vie strictement limitée, ce qui n’est pas le cas des arbres, dont beaucoup peuvent vivre des siècles. La caractéristique de la croissance illimitée distingue très nettement l’arbre des autres plantes. Mais les arbres ne forment pas un groupe clairement défini. Ils forment plusieurs lignées évolutives et ont adopté de multiples stratégies pour devenir ce qu’ils sont.

Les séquoias géants, par exemple, dont le tronc peut atteindre 9 mètres de diamètre bravent le feu et les maladies grâce à leur écorce épaisse et résistante. Le peuplier faux-tremble est un arbre frêle qui ne dépasse pas 15 m de haut mais il excelle dans l’art de régénérer de nouvelles pousses à partir de sa base. Cela donne des bouquets d’arbre qui sont en réalité un seul individu. À savoir,  qu’il existe une colonie de peupliers faux- trembles dans l’Utah dont l’âge est estimé à 80 000 ans.

D’autre part, en Californie, des spécialistes ont daté au carbone une espèce  d’arbuste baptisé King clone avec un âge estimé à 11 700 ans. Autrement dit, la longévité ne suffit pas à caractériser « l’arbritude des arbres », selon l’expression du forestier Ronald Lanner.

Un autre élément caractéristique des arbres c’est de produire du bois. Les cellules de l’arbre se divisent dans deux directions, vers l’extérieur  produisant l’écorce et vers l’intérieur produisant le bois. Cela dit on peut être un arbre sans avoir de bois. Il y a des spécimens arborescents  qui sans être de « vrais » arbres y ressemblent beaucoup. En effet,  le tronc du bananier est un faux-tronc, un amas de feuilles serrées et superposées.

Enfin à ce jour, on a identifié aucun gène, ensemble de gènes  qui caractérise en propre les arbres.

Même s’il est difficile de définir ce qu’est un arbre, en être un présente des avantages indéniables : sa grand taille lui permet de mieux capter la lumière du soleil et de disperser  son pollen et ses graines plus facilement que les végétaux proches du sol.

Si bien qu’on devrait peut-être considérer le mot « arbre » comme un verbe et dire « arbrer » ou arbrifier » pour exprimer une stratégie, une action. Car l’arbre, si on le laisse faire, il croît à l’infini, il  arbrifie sans fin.

 

Référence : Taxinomie « C’est un arbre, au juste ? »Rachel Ehrenberg , Magazine BOOKS n°99 juillet-août 2019 « La forêt et nous ». pages 22-24

 

Transmettre est plus qu’un devoir, c’est un plaisir

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sigle ftpgf2 7Andrée Willems est l’auteure de l’essai Être sur le chemin pour se retrouver soi-même paru aux Éditions F. Deville dans la collection « Les Carnets littéraires des amateurs de pavés mosaïques », ouvrage illustré de quelques gravures, certaines datant du XVIIe siècle, dont les légendes sous forme poétique sont, à elles seules, des messages parfaitement ciblés.

20284 large defaultDans son livre, l’auteure retrace son parcours d’humaniste débuté en 1969 et qui l’amena à un très haut degré dans la hiérarchie de son ordre philosophique, parcours qu’elle enrichit durant un demi siècle de nombreux voyages, de rencontres essentielles, même de travaux sur des sites archéologiques.

Parallèlement, être une femme dans un milieu principalement masculin, trop souvent machiste, l’a aussi amenée à œuvrer pour que la mixité ne soit plus considérée comme une injure ou une menace à des constitutions et principes obsolètes.

D’emblée de texte, André Willems se révèle : « C’est un vécu personnel que je vais parcourir avec vous, car transmettre est plus qu’un devoir, c’est aussi un plaisir ! »

Et, comment transmettre si on ne se dévoile pas ? Transmettre à tous ceux qui véhiculent inconsidérément la notion de « complot » afin que cela puisse les éclairer sur leur faux ressentiment.

En toute franchise, elle avoue « qu’il n’est pas facile à faire ce travail sur soi ». Ce travail, c’est celui d’œuvrer au progrès de l’humanité, celui qui exige le respect de l’autre dans sa différence, qui réclame le dialogue, l’échange, c’est donner un sens actif au terme « tolérance ».

Avec lucidité, Andrée Willems constate que « nous revivons un repli identitaire dans le monde et que nous assistons au désastre que subit la Terre ». Pour ce faire, elle ne cesse de prôner le dialogue et de clamer qu’il est impératif d’oser pour répondre à ce dilemme vital.

Oser être créatif, oser le geste de donner, et celui de recevoir, oser le sourire, oser partager, car le partage est un cadeau précieux qui s’appelle « fraternité », conclut-elle dans son ouvrage.

Se dévoiler, communiquer, transmettre

ft20200216 173248Lors d’une rencontre à la librairie bruxelloise abao, Andrée Willems apporta aussi des éléments poussant à la réflexion et au moyen de réagir en ces temps troublés et inquiétants :

« Quand on a la possibilité d’échanger des idées, de dialoguer, c’est comme cela que peut débuter une certaine fraternité. Pour ce faire, je me dévoile, j’explique comment j’ai vécu le chemin, parfois ardu, vers l’apprentissage de la Connaissance. Ces étapes me permirent de progresser, de comprendre, de travailler avec des outils ‘‘opératifs’’, c’est-à-dire de mener un travail constant sur moi. J’ajoute qu’il ne faut pas refuser d’autres expériences, car elles peuvent ouvrir d’autres fenêtres. »

Et comment réagir face à ce climat de tension, voire de haine ?

« Ce qui me révolte le plus, ce sont les persécutions à l’égard de différentes personnes ou communautés qui exposent leur authenticité. Cette situation recommence et la vigilance s’impose, dès lors il faut absolument travailler au progrès de l’humanité ! C’est-à-dire, communiquer et transmettre. On doit aller à l’extérieur pour apporter nos notions et préceptes de dialogue et d’ouverture aux autres. Si on se ferme, on perd quelque chose !

La différence nous enrichit. Prenons l’exemple d’un orchestre. Il est constitué de musiciens aux instruments différents et le but du chef d’orchestre est, bien entendu, d’arriver à faire un ensemble harmonieux.

Dans cet exemple, comme dans notre démarche, tout est au niveau de la relation humaine… »

Librairie abao, 1170 Bruxelles, le 16 février 2020.

Musique : Michaël Mathy

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France Libertés prône « un radicalisme utopique »

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Le système capitaliste et consumériste est à bout de souffle. L’Humanité est en train de dépasser les limites de la Terre. Il est donc temps d’inventer d’autres formes de rapport au monde.

C’est le sens d’un texte que publiera prochainement France Libertés. La Fondation défend un « radicalisme utopique ».

  • Avec Jérémie Chomette, directeur de France Libertés

« Pour nous, il n’y a pas une seule solution, mais il y a une multitude de façons de penser, d’autres façons de faire société. On part du principe qu’il est fondamental de reprendre à la racine les problèmes et d’essayer de développer quelque chose d’autre. Aujourd’hui, on a par exemple l’écoféminisme qui est extrêmement intéressant. Cela croise des formes de dominations. A travers cette domination des hommes sur les femmes, celle du patriarcat ou de la domination des humains sur la nature, on voit comment on contre cela en recréant d’autres système. Il y a l’écoféminisme, le confédéralisme démocratique qu’on voit au Rojava, et la question des communs : comment on va essayer de créer des liens sociaux pour interagir et préserver nos relations dans la durée ? »

Les limites de la transition

« On ne peut plus passer par une délégation du pouvoir, où on va élire quelqu’un qui va diriger pour nous. Il s’agit de se dire, on va créer des lieux où on va pouvoir prendre des décisions entre humains, qui concernent les autres êtres vivants. C’est la seule possibilité de sortir de là où on en est. Ce qu’on dit, c’est exclure cette idée de transition qu’on entend partout. Souvent, quand on pense à transition, on pense écologie. On va remplacer le pétrole par des énergies renouvelables. En fait, les énergies renouvelables, dans la plupart des cas, on vient, notamment de manière industrielle, ponctionner la Terre. On vient chercher des minerais pour développer des énergies. Mais en fait on vient taper dans les limites que nous offre la planète. »

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© France Libertés

La transition a ses travers. Vous pointez le fatalisme de certains, d’autres qui rejettent les responsabilités à plus tard, ou qui comptent sur la technologie qui va nous sauver… Que reste-t-il à opposer ?

« Il y a une forme de sagesse. On travaille beaucoup avec Hindou Ibrahim qui est une femme peule du Tchad qui dit, « la meilleure technologie aujourd’hui pour combattre le changement climatique, c’est ma grand-mère ». Il ne s’agit pas de glorifier le passé. Mais cela veut dire : on a des savoirs assez simples qui nous permettent de repenser notre monde et de beaucoup plus prendre soin de la planète. On le voit au travers des structures que l’on soutient, au Kurdistan de Syrie notamment, au Rojava. On a vu comment, quand les femmes qui s’étaient révoltées voulaient créer un autre monde, ont réutilisé des techniques de constructions anciennes. Ces constructions permettraient d’avoir une température beaucoup moins importante, et donc de ne pas utiliser de climatiseur. Il n’y a pas besoin toujours d’avoir une technologie qui va nous sauver. On peut revenir à des solutions qui existaient. Repenser notre conception du savoir est aussi très importante. »

Penser le monde autrement

C’est ce que vous appelez le radicalisme utopique ?

« On a repris l’idée de radical, puisqu’on disait toujours que Danielle Mitterrand était radicale. Mais c’était dans le sens premier du terme : reprendre à la racine les problèmes. Le climat est une conséquence de nos actions. Ce n’est pas une cause. Chercher à agir sur le climat nous semble problématique. Il faut agir sur les causes. Les causes, ce sont notre rapport à la nature, avec cette idée qu’il faut toujours consommer plus pour aller plus loin. Donc il y a cette idée de proposer des solutions qui prennent les problèmes à la racine. Et il y a l’idée d’utopie. Aujourd’hui, il nous semble fondamental de créer de nouveaux imaginaires, de penser le monde autrement. C’est important de repenser les utopies, de penser que l’on peut sortir de ce système capitaliste, productiviste, et imaginer d’autres mondes beaucoup agréables à vivre. »

Danielle Mitterrand France Libertés 30 ans
© France Libertés

Des lueurs d’espoir

On le voit en France et dans le monde, il y a des crises sociales, démocratiques, environnementales. Cette année 2020 est année d’élections, aux Etats-Unis avec le présidentielle, en France avec les municipales. Vous voyez des lumières ? Des raisons de ne pas désespérer ?

« Oui. On est dans une époque qui est cruciale. 2020 démarre la décennie la plus importante de l’histoire de l’Humanité. C’est ce que dit le secrétaire général de l’Onu. On n’a même pas dix ans pour tout changer si on veut la survie d’une partie de l’Humanité et du vivant. Parfois, on pourrait être dans le désespoir. Mais on voit aussi qu’un basculement est complétement possible. On sent que, même sur le plan des élections, on a de plus en plus de listes citoyennes. On l’a vu avec les gilets jaunes, dont on pensait que c’était d’abord juste un mouvement de contestation. C’est, à la base de la contestation. Mais une partie des personnes cherche à reprendre le pouvoir de façon positive, à le partager. On peut très vite tourner vers quelque chose de beaucoup plus positif. On peut voir arriver au pouvoir des personnes qui détruirons un peu moins vite la planète et qui laisserons le temps, aux populations, aux associations, de se battre pour repenser ce monde. Il y a beaucoup de lueurs d’espoirs. On ne sait pas ce que le futur nous réserve. »

Pour aller pus loin :

 

 

« Au nom du Requin » : cohabitation ou extermination ? – Episode 3 –

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Le film « Au nom du requin » tourné au Mexique, réalisé par Jean-François BARTHOD, avec Steven SURINA et François SARANO pour protagonistes véhicule  un message et une intention : réconcilier les hommes et les requins.  Alors que le film, qui montre des requins  bouledogues  présents et  en paix  à 800 m du tourisme de masse,  n’aborde pas la polémique sur les mêmes requins bouledogue pourchassés à la réunion en raison des incidents ayant eu lieu,  la  différence de comportement a été abordé  par le public  à l’issue de la projection du film . Des réponses claires apportées par Steven SURINA et François SARANO.

Passionnant et à suivre dans une prochaine série de chroniques.

www.longitude181.org

L’utopiste Commune des lumières

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sigle ftpgf2 7« L’utopie, ce n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui est irréalisé », déclara le regretté Cabu. Gageons qu’il aurait apprécié La Commune des lumières de Jean Lemaître paru aux Éditions Otium.

Effectivement, le caricaturiste de presse et antimilitariste pacifiste notoire aurait certainement chroniqué l’action pacifique non violente développée dans un coin du Portugal dès 1916, sur cette « terre de fraternité et de spiritualité mécréante », à la population brimée par des nantis mais jamais totalement soumise à eux.

la commune des lumieresSur ce territoire d’injustice sociale, d’oppression, de fascisme,un certain Antonio Gonçalves Correira, voyageur de commerce, humaniste, anarchiste pacifiste, fonda la Commune des lumières, soit 300 hectares, une vieille ferme restaurée, un potager, une fabrique artisanale de chaussures, une cantine commune et des veillées en chansons :

« Dans un petit village

On entend les travailleurs

Se dire les uns aux autres

Plus jamais d’esclaves ni de maîtres. »

Mais, non loin de là, la bourgeoisie, les réactionnaires, les royalistes, le clergé…, firent tout pour écraser, même dans le sang, ceux qui clamaient et mettaient en pratique une vie basée sur la bonté, l’amitié, une pédagogie alternative à la Francisco Ferrer, la cogestion, le respect de l’autre et de la Nature.

Antonio Gonçalves Correira, l’homme à l’abondante barbe – qu’il ne voulut pas couper tant que le fascisme régnait au Portugal, d’où une pilosité d’un mètre ! -, ne s’avoua pas vaincu et milita pour la fraternité universelle jusqu’à sa mort en 1967.

La principale qualité de cet ouvrage, est que l’auteur recueillit de précieux témoignages, entre autres auprès de descendants de la Commune des lumières, ce qui n’aurait pas déplu à Cabu car, comme l’écrit Jean Lemaître : « La grande révolution sociale a besoin d’hommes et de femmes relevant la tête, informés par d’autres voies que la presse conservatrice. »

Musique : Michaël Mathy.

Photo : Jean Lemaître.

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Le watsu : un bercement 100% sérénité

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250ft20200201 160840Je vous invite à découvrir une technique de relaxation qui se pratique dans une piscine chauffée à plus de 35 degrés. Cette méthode est pratiquée par des professionnels  formés à la technique et qui ont aussi des compétences d’écoute relationnelle et corporelle.

Le watsu se pratique donc dans une eau à plus de 35 degrés et c’est déjà tout un plaisir d’entrer dans ce liquide. Ensuite des flotteurs sont placés en général au niveau des cuisses ce qui permet au praticien de soutenir la personne sous les genoux et sous la nuque. Le bercement peut commencer. Et c’est au cas par cas que le praticien proposera des mouvements d’ouverture et fermeture, des exercices de respiration, d’étirement, voire de méditation. Dans cette apesanteur aquatique, les mouvements sont lents, doux et procurent un apaisement profond. La personne est de ce fait bercée, maternée, réconfortée.

Précisons que le watsu se pratique à la surface de l’eau par contre le wata se pratique aussi sous l’eau. C’est en quelque sorte, une technique avancée du watsu qui permet d’aller plus en profondeur dans la dimension relaxation. La personne est amenée progressivement à s’immerger complètement sous l’eau en apnée et toujours avec l’aide bienveillante du praticien. Par un ensemble de mouvements en-dedans et en-dehors de l’eau, il se crée des mouvements ondulatoires et une véritable danse.

Pour l’avoir testé à plusieurs reprises, je peux vous confirmer que la déconnexion est totale. Pour preuve après la séance, il me semble que je flotte au-dessus du sol, j’affiche un sourire grandiose, je ressens des vibrations bien au-delà de mon corps physique et  mon cœur se retrouve tellement nourri qu’il est prêt à embrasser le monde entier.

Ainsi avant  de repartir vers son quotidien, il vaut mieux s’accorder un temps de pause afin de bien s’assurer que vos deux pieds sont en contact avec le sol.

Référence : journal metro  du 5 septembre 2019.

 

Journée Mondiale de la Radio (UNESCO)

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Le secrétaire général de l’UNESCO a publié le message suivant à l’occasion de la Journée Mondiale de la Radio en ce 13 février 2020 :

« La radio a un pouvoir rassembleur. Alors que les médias évoluent rapidement, la radio conserve une place particulière dans chaque communauté, puisqu’il s’agit d’une source accessible de nouvelles et d’informations vitales. Mais la radio est aussi une source d’innovation. C’est là qu’ont été introduits les échanges avec le public et les contenus générés par les utilisateurs, des dizaines d’années avant qu’ils ne deviennent courants. La radio, de par ses formats, ses langues et les professionnels qui y travaillent, est un merveilleux exemple de diversité. Cela envoie un message important au monde entier. Alors que nous nous efforçons d’atteindre les objectifs de développement durable et de lutter contre la crise climatique, la radio a un rôle clef à jouer en tant que source d’information et d’inspiration. En cette Journée mondiale de la radio, rendons hommage au pouvoir durable de la radio, qui contribue à la promotion de la diversité et à l’édification d’un monde plus pacifique et plus solidaire. »

sigle ft 2015 7Rappelons que Fréquence Terre-RFI est une radio libre et indépendante qui sensibilise et éveille les consciences sur des thématiques écologiques, environnementales, sociétales… Son équipe, composée de journalistes, éditorialistes, auteurs, conférenciers… bénévoles, touche quelque 500.000 auditeurs journaliers (radios FM et webradios partenaires incluses) et plus de 15 000 visiteurs mensuels de son site.

Agrémentée de Musique du Monde et d’infos (RFI – Radio France Internationale), Fréquence Terre est un média citoyen et engagé.

Partenariats

Outre  RFI (Radio France Internationale), France Bleu, France Inter et France Info qui fournissent des infos et chroniques à Fréquence Terre, celle-ci est rediffusée partiellement à :

Vingt radios FM (489.300 auditeurs/jour) dans le Verdon, Nord-Franche-Comté, Yonne, Limousin…, en Bretagne, à Argenteuil, Alès, Bastia, Metz, Brive, Le Havre, Bandol, La Réunion, Tulle, Agen, Grenoble, Montluçon, Orléans…

Trente webradios (8.000 internautes/jour) diffusant depuis Limoges, l’Occitanie, la Loire-Atlantique, La Ferté, la Maine, la Garonne, Strasbourg, l’Alsace, le Var, les Landes, la Creuse, l’Auvergne, Paris, la Bretagne, Aubenas, le Nord-Pas-de-Calais, Reims, Agen, La Martinique, La Réunion…

(Audimat : médiamétrie officielle régulière)

 

« On est à la fin d’un système », le regard de France Libertés

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Crise climatique, sociale, démocratique, économique, le monde de 2020 doit faire face comme jamais à des défis majeurs pour l’avenir.

Face à l’accélération des dérèglements politique, sociaux, environnementaux, il est temps de rompre avec un système libéral et productiviste qui mène l’humanité à sa perte. C’est le sens d’un texte que va présenter dans quelques temps France Libertés. Sous le titre « Radicalisme utopique », la Fondation pointe l’urgence de la situation et lance des pistes pour changer de cap.

  • Avec Jérémie Chomette, le directeur de France Libertés

Il y a plus de 30 ans, Danielle Mitterrand affirmait la nécessité pour l’humanité de repenser son rapport au monde. En ce début 2020, son constat est toujours d’actualité ?

« Plus encore qu’avant peut-être. Il y a 30 ans, on parlait de LUTTER CONTRE TOUTES LES OPPRESSIONS. Aujourd’hui, ces oppressions se multiplient et s’accélèrent. Donc il faut complètement reprendre les choses à la racine. Il faut repenser notre rapport au monde, repenser notre rapport aux autres, repenser notre rapport aux autres êtres vivants, et pas seulement aux êtres humains »

Vous estimez qu’il y a une multiplication des crises ?

« Oui, et c’est logique que ces crises soient liées les unes aux autres et qu’elles se multiplient. On est à la fin d’un système. On s’aperçoit que nos ressources sont de plus en plus limitées. Forcément, les personnes les plus riches ou celles qui sont au pouvoir, qui constituent une minorité, vont chercher à garder leurs privilèges au maximum. Elles voient qu’elles ne pourront plus faire autant de bénéfices en détruisant la planète. Elles vont chercher à survivre. Ce sont elles qui ont le pouvoir. Donc les crises vont se multiplier. »

Pour produire du bonheur, « il faut une forme d’esclavage »

Qu’est-ce qui cloche dans le monde de 2020 ?

« On voit qu’on est arrivé à bout de notre système de fonctionnement. Notre système occidental est basé sur la domination d’une poignée d’hommes sur d’autres êtres humains, mais aussi des êtres humains sur toutes les ressources planétaires. Pour qu’on produise une forme de bonheur, qui est souvent de très artificiel, on a besoin de consommer énormément, de chercher à toujours développer la croissance économique. Pour développer la croissance économique, il faut des formes d’esclavage. C’est ce qu’on voit sur le plan social où, pour faire des vêtements, on va toujours délocaliser pour les concevoir là où on va payer 30 euros ou 30 dollars du mois les gens, que ce soit au Cambodge, en Chine ou en Ethiopie. On voit qu’on est obligé de dominer certaines autres personnes. De la même façon, pour continuer cette croissance, on est obligé d’extraire énormément de ressources, d’éléments naturels du sol. En fait, on est en train d’arriver au bout. La planète ne peut plus supporter tout ça. Il en est de même des humains qui sont dominés et qui se révoltent. Donc on est vraiment sur la fin d’un système. Les crises se multiplient puisque les privilégiés ne veulent pas lâcher et vont chercher à garder leurs privilèges. »

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Le système capitaliste et consumériste, que vous dénoncez dans le texte, est à bout de souffle ?

« Exactement. C’est même les systèmes capitalistes et productivistes. Même dans d’autres façons de faire société, toute l’idée qui est basée sur la croissance, sur le productivisme, de devoir toujours faire plus, on ne peut plus. Il y a des limites et on est en train de dépasser toutes les limites. »

Inventer d’autres formes de rapport au monde

Pourtant, les plus grandes nations continuent en ce sens. Comment contrer tout ça ?

« C’est la question à laquelle on essaie de répondre tous les jours. Les méthodes traditionnelles, qui étaient de reprendre le pouvoir notamment par les élections, nous semblent un petit peu dépassées. Il faut inventer d’autres choses. Il faut plutôt vider les Etats et les grandes multinationales de leur pouvoir en inventant d’autres formes de rapport au monde. Il faut multiplier les initiatives locales, en liant ces initiatives. Aujourd’hui, on a beaucoup d’initiatives avec une autre façon de voir le monde, un autre façon d’exercer le pouvoir, une autre façon de penser le bonheur. Il s’agit d’être plutôt dans le lien social, le lien vers les autres. Ces initiatives existent un petit peu partout. Maintenant, l’important c’est qu’elles puissent faire du lien entre elles pour convaincre de plus en plus de de gens et pour que les Etats et les multinationales n’est plus rien à se mettre sous la dent. »

Nous poursuivrons la réflexion la semaine prochaine pour voir quelles sont les autres façons de faire société que préconise la Fondation.

Pour aller plus loin :

 

Un secret de lumière

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sigle ftpgf2 7Je comprends mieux L’Étranger d’Albert Camus et son incomparable ambiance algéroise, après avoir lu Le premier homme du même auteur, quand il y décrit par le détail sa jeunesse.

Une enfance dont il n’a jamais guéri, un secret de lumière, la pauvreté lumineuse qui l’aida à vivre et à tout vaincre.

cvt le premier homme 5740Il y décrit sa mère : « …une vie qui, à force d’être privée d’espoir, devenait aussi une vie sans ressentiment d’aucune sorte, ignorante, obstinée, résignée enfin à toutes les souffrances, les siennes comme celles des autres… »

Il dit qu’elle avait la mémoire « enténébrée » et il précisa que « la mémoire des pauvres est moins nourrie que celle des riches, elle a moins de repères dans l’espace… »

Mais, il ajouta que : « Bien sûr, il y a la mémoire du cœur dont on dit qu’elle est la plus sûre, mais le cœur s’use à la peine et au travail… »

Albert Camus jeune, ce fut une place de gardien de but dans l’équipe de l’école, des travaux d’été dans une chaleur écrasante en lieu et place de vacances car il fallait subvenir aux frais ménagers, une brillante scolarité et l’amour de la littérature découverte à la lueur de la chandelle, un père inconnu, car tué lors de la Première Guerre mondiale, une grand-mère despote et frappeuse, des vêtements rapiécés, Belcourt, un quartier populaire sans commodités, des potes français, des potes arabes,…

Tout cela forgea le caractère du futur Prix Nobel de Littérature et dans ce livre touchant, j’ai relevé quelques phrases qui font davantage comprendre son engagement humaniste   :

 

«  La prodigalité est toujours plus facile dans le dénuement. Rares sont ceux qui continuent d’être prodigues après en avoir acquis les moyens. Ceux-là sont les rois de la vie, qu’il faut saluer bas. »

« La misère est une forteresse sans pont-levis. »

« La règle constante du cœur humain veut que la punition des uns est ressentie comme une jouissance par les autres. »

« Ce qui punit les uns fait jouir les autres. »

« On est fait pour s’entendre. Aussi bêtes et brutes que nous, mais le même sang d’homme. On va encore un peu se tuer, se couper les couilles et se torturer un brin. Et puis on recommencera à vivre entre hommes… »

« Le berger Kabyle qui, sur sa montagne pelée et rongée par le soleil, regarde passer les cigognes en rêvant à ce Nord d’où elles arrivent après un long voyage peut rêver tout le jour, il revient le soir au plateau de  lentisques, à la famille à longues robes, et au gourbi de la misère où il a poussé ses racines. »

« On honore les hommes qui ont fait de grandes choses. Mais on devrait faire plus encore pour certains qui, malgré ce qu’ils étaient, ont su se retenir de commettre les plus grands forfaits. »

« Finalement, il n’y a que le mystère de la pauvreté qui fait les êtres sans nom et sans passé. »

sigle ft 2015 7

 

Musique : Michaël Mathy

Photo : Larbi Adouane