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Coronavirus : après la crise, réinventons demain !

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Restons chez nous !

Depuis un mois, c’est le mot d’ordre que nous devons suivre pour tenter d’endiguer la progression du coronavirus. Depuis un mois nous essayons de nous adapter à cette situation inédite, en repensant notre mode de vie, nos besoins de consommation. Depuis un mois, on redécouvre la pertinence d’avoir un service public fort et performant. Et depuis un mois, des nouvelles solidarités apparaissent, ou plutôt, reprennent du sens.

Avec Jérémie Chomette, directeur de France Libertés

Comment la Fondation a abordé cette crise sanitaire inédite, dans son fonctionnement et dans ses missions ? Comment on arrive encore, dans cette période, à défendre les droits humains et les biens communs du vivant ?

« Ce n’est pas évident, mais c’est très important pour nous de rester mobilisés. L’ensemble de l’équipe est aujourd’hui en télétravail. On essaie d’être présent pour continuer à mettre en lumière les violations des droits humains – on le voit sur les questions d’accès à l’eau en France et dans le monde qui prennent une importance plus grande que d’habitude. Et on est un inquiet sur la défense des libertés, notamment en France avec l’état d’urgence qui est censé durer jusqu’en décembre. On espère que les violations des droits ne seront pas trop importantes. »

L’exemple du municipalisme

Cette crise est arrivée à un moment majeur de la vie démocratique française. La campagne pour les élections municipales a porté un peu partout des projets de société divers. Certains ont tenté de proposer des façons nouvelles de faire société localement, de vivre la ville différemment,  avec la volonté de mettre en pratique le municipalisme. Concrètement, comment ce municipalisme prenait forme ?

« On peut prendre l’exemple de Barcelone où les citoyens qui s’étaient mobilisés dans le MOUVEMENT OCCUPY au début des années 2010, ne souhaitaient plus que ce soient des gens à qui on délègue un pouvoir par les élections, qui décident pour eux. Ils voulaient reprendre la main sur les décisions dans la cité. En élisant une liste citoyenne de personnes de personnes qui ne sont pas présentes dans des partis, ils voulaient mettre en place des outils collaboratifs et décentralisés pour permettre des prises de décisions où les citoyens ont leur mot à dire. C’est assez facile à dire, mais plus compliqué à mettre en place. On l’a vu à BARCELONE, il y a eu une multiplication d’ateliers pour les citoyens qui ont été pris en compte, des réformes proposées au niveau local où les citoyens peuvent suggérer des choses. En France, il y a l’exemple de la petite ville de Saillans (Drôme), où l’on a vu que c’était assez compliqué à mettre en place, mais où on a essayé de de développer une démocratie où on organise, de manière régulière, des temps de rencontre et d’échange avec la population, avec des ateliers, pour répondre aux besoins de la population et pour que chacun puisse s’exprimer dans la prise de décisions. »

Pendant la campagne des municipales, vous aviez lancé une initiative autour de ce municipalisme. Est-ce que vous avez des retours des projets qui portaient cette question ?

« Il y a environ 500 listes citoyennes qui ont été déposées. Il y a des listes qui sont plutôt portées par des partis politiques, comme du greenwashing, avec cette idée de redonner le pouvoir aux citoyens, parce que cela porte bien. C’était donc des citoyens encartés. C’est un peu le défaut. Mais on estime qu’il y a environ 200 listes qui ont été déposées vraiment par des citoyens. Beaucoup sont issus de ce qui s’est passé à Barcelone, mais d’autres du mouvement des gilets jaunes. Pendant le mouvement des gilets jaunes, il y a eu une assemblée des communes qui a essayé d’insuffler un mouvement de reprise en main des municipalités par l’autogestion. »

Enclencher un vrai changement

C’est donc bien une autre manière de faire société qui est mise en avant dans ce projet. Comment aujourd’hui ce municipalisme, ce besoin de penser la société autrement, peut être un outil pour construire autre chose ?

« Si on veut aller vers un autre monde, ou un monde plus juste et plus solidaire, il nous faut obligatoirement la participation citoyenne. Ce municipalisme a cette vocation, cette force, de remettre les citoyens au centre du jeu dans les prises de décision. Ensuite, on a besoin d’être beaucoup plus présent sur le terrain. C’est souvent sur le plan local que c’est plus facile d’être présent et de sentir très rapidement des évolutions positives. Enfin, le municipalisme permet de développer une culture de la participation démocratique. On est en train de développer plein d’outils qui permettent aux citoyens, pas juste de s’exprimer, mais de trouver des moyens d’échanger, dans le conflit, dans le désaccord, pour trouver des solutions collectives, bonnes pour tout le monde localement. Après, tout ne se résout pas par le municipalisme. Pour enclencher un vrai changement, on a besoin aussi des solidarités, à la fois nationales et internationales, et d’essayer de faire plier les lois qui sont contraires aux bienfaits du vivant et des citoyens. On reste aussi dans une dynamique de processus électoral. On est toujours avec des listes qui vont gagner une municipalité et qui vont gérer la cité. Dans un système parfait, on aimerait que ce soient des élections sans candidat, où on va d’abord avoir l’ensemble des citoyens de la cité qui vont décider ensemble d’un programme et qui, derrière, vont choisir, par des élections sans candidat, qui sont les profils des personnes qu’ils voudraient voir administrer la cité. Et il faut comprendre que le changement ne peuvent arriver que sur le long terme. Cela fait des années qu’on a l’habitude que des gens décident pour nous. Et il y a des règles qui sont établies qui sont difficiles à contourner. Pour les modifier, il faut une action sur le long terme. Cela ne se fait pas en cinq ou six ans’.

Au-delà de ce municipalisme, la crise sanitaire fait naître ou réapparaître des solidarités. La question reste de savoir comment en faire un terreau pour imaginer le monde d’après. C’est ce que nous verrons avec vous la semaine prochaine.

Pour aller plus loin :

Etude des Cachalots 2020: écourtée mais riche !

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Nous retrouvons le programme cachalot de  l’association LONGITUDE 181 avec,  de retour forcé de l’île Maurice (covid oblige…) ,  François SARANO,  qui nous explique  les nombreux résultats déjà espérés pour 2020 . Passionnés du clan des cachalots, vous allez en apprendre encore plus !

D.KRUPKA.

Rien de bon en dehors de la lumière

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sigle ftpgf2 13m02070453340 sourceTroisième chronique consacrée aux 760 pages des éditoriaux et articles d’Albert Camus au quotidien Combat extrait d’un ouvrage publié à Folio.

Le but est d’extraire des phrases, des idées, une philosophie, qui restent d’actualité.

« Un pays vaut souvent ce que vaut sa presse. »

« Nous sommes décidés à supprimer la politique pour la remplacer pa rla morale. C’est ce que nous appelons une révolution. »

« Le réalisme politique est toujours contraire à la morale, à la justice, à la fidélité. »

« La justice, c’est de juger les hommes sur eux-mêmes et non sur leurs noms ou leurs idées. »

« La fraternité qui se forge dans les défaites est plus sûre que celle qui naît dans la victoire. »

« La révolution n’est pas la révolte. »

« Les hommes doivent porter la responsabilité de leurs privilèges. »

« Qui pourrait se plaindre de voir des hommes que l’argent a détournés de toute conscience frappés dans ce qu’ils ont justement de plus cher et qui est encore l’argent ? »

« Pour les esprits déterminés, la vérité est toujours la meilleure nouvelle. »

« Toute politique qui se sépare de la classe ouvrière est vaine. »

« Rien de bon ne peut se faire en dehors de la lumière. »

Musique : Michaël Mathy.

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Faire « GANDOUSH »,  voie royale pour éliminer des toxines et renforcer le système immunitaire.

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L’art de l’oil pulling.

250ft1000ft20200408 105843Cette pratique renforce les dents, assainit les gencives, embellit les lèvres, rend le visage plus harmonieux  et au final augmente l’énergie corporelle.

Comme vous le savez peut-être, l’ayurveda ou médecine traditionnelle de l’Inde excelle dans le domaine de la prévention. Une bonne hygiène de vie favorise une bonne santé.

Voici comment procéder :

Le matin avant avoir bu ou mangé et  aussi, si vous le souhaitez  entre les repas.

Prendre une cuillère d’huile de coco ou huile de sésame  biologique bien sûr, et faire circuler l’huile dans la bouche. Vous pouvez aspirer l’huile à travers les interstices des dents, vous pouvez également lever le menton pour atteindre les molaires du fond, et vous pouvez  tirer l’huile d’avant en arrière de vos dents.

Mais attention,  ne surtout pas gargariser l’huile, car cela risque de faire descendre des bactéries dans la gorge.

L’objectif est de garder l’huile en bouche quinze à vingt minutes et ensuite de bien tout recracher. Puis, il est conseillé de bien rincer la bouche avec de l’eau chaude et éventuellement additionnée d’un peu de bicarbonate de soude ou de sel marin.  Le rinçage permet d’éliminer d’importantes quantités de toxines et bactéries. Au final, il vous reste à vous brosser les dents.

J’ai découvert et expérimenté cette pratique lors d’une cure ayurvédique en résidentiel. Chaque matin, pieds nus dans l’herbe une cuillère d’huile de sésame en bouche et après une déambulation dans le jardin,  recracher l’huile  de sésame au départ  d’une couleur jaune dorée,  elle ressort blanche.

Je vous encourage a démarrer doucement  et de prendre une petite quantité d’huile, ensuite  de faire des mouvements de bouche pendant quelques minutes et puis de progresser à votre rythme.

Il faut savoir que la nuit, notre corps procède à un grand nettoyage et dans la bouche circule une quantité considérable de toxines digestives, et au réveil  bien souvent la  langue est dite « chargée ».

En conclusion cette pratique de bain de bouche désintoxique le corps tout entier avec l’aide des muqueuses buccales.

Et qui dit élimination de toxines, dit aussi système immunitaire renforcé.

Alors, vous n’avez pas une seconde à perdre et vous verrez comme le dit l’adage, l’essayer, c’est l’adopter.

Source : magazine BIOINFO février 2020 n°196

 

Confinement, cachalots, et..caresses !

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En période de confinement, les cachalots nous apprennent beaucoup et l’on peut s’en inspirer dans les moments difficiles que nous traversons. Ce qui nous manque, après avoir ravitaillé le frigo, avec du temps devant soi, c’est le contact. Les cachalots nous proposent une autre approche . A découvrir dans cette chronique.

D.KRUPKA

Franc-maçonnerie, religion et… coronavirus

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sigle ftpgf2 13La franc-maçonnerie est-elle une religion parmi d’autres ? Une fois n’est pas coutume, parlons philosophie en abordant cette question qui suscite maints débats et, aussi pas mal d’informations fallacieuses et mensongères, comme celle récemment diffusée par une télévision russe prétendant que de puissants juifs détenaient le remède au coronavirus et attendaient le moment propice pour le commercialiser de manière rentable. La thèse du complot judéo-maçonnique est à nouveau relancée !

29303100660020lLa lecture de l’essai La Franc-maçonnerie, une religion parmi d’autres ? de Baudouin Decharneux, maître de recherches du Fonds de la Recherche Scientifique, professeur à l’Université Libre de Bruxelles, philosophe et historien des religions, est une excellente occasion de découvrir des réponses argumentées sous forme d’enquête minutieuse et scientifique.

Il explique : « Massivement dépeinte comme une secte, la franc-maçonnerie fut présentée comme une religion hérétique regroupant ceux ayant pour vocation de ruiner la véritable Église dont on sait que le siège se trouve à un endroit où tous les chemins convergent. »

Dans cet ouvrage édité aux Presses Universitaires de Louvain, maison d’édition de l’université catholique éponyme, c’est dire l’évolution de différentes mentalités malgré l’opprobre du Vatican à l’égard de la franc-maçonnerie, Baudouin Decharneux précise encore : « Nous souhaitons juste questionner deux notions : la franc-maçonnerie et la religion. Elles sont intriquées, parfois fondues ; elles sont opposées, parfois réduites à cette agonistique. Elles sont complexes ; et notre monde contemporain hait la complexité, qui nécessite d’appréhender les choses avec esprit critique et mise en perspective. »

Ce qu’il fait ! Après avoir rappelé que « la franc-maçonnerie fut la corporation du métier de la pierre » qui évolua vers la franc-maçonnerie spéculative, que la « Bible est au cœur de l’aventure initiatique » avec, entre autres, la légende d’Hiram, qu’il y eut l’héritage des Lumières, les débats autour du fameux Grand Architecte de l’Univers et la fracture religieuse, il émet une comparaison qu’il me plaît de souligner en guise de conclusion et en réponse aux « cherchants de vérité » sérieux, mais aussi aux conspirationnistes : « Le compagnonnage est aujourd’hui une des dernières écoles permettant à un homme de se perfectionner, de devenir meilleur, sans miser tout sur la possession fétichiste de papiers nommés diplômes ou sur la rentabilité d’autres papiers appelés billets de banque. Contre vents et marées, les Compagnons poursuivent leur quête d’unité entre l’agir et l’être. La franc-maçonnerie poursuit la même quête dans un registre plus intellectuel. »

En ces temps de confinement et de fermeture des librairies, cet ouvrage est disponible en pdf : https://pul.uclouvain.be/book/?GCOI=29303100660020

Musique : Michaël Mathy

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S’accroupir et être bien ancré.

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child 215317 340Dans une grande partie du monde développé, le repos est synonyme de s’asseoir. Nous nous asseyons sur des chaises de bureau, nous mangeons sur des chaises, etc. Avec de courts répits pour marcher d’une chaise à l’autre, ou de courts intervalles consacrés à un exercice, nous passons nos journées à nous asseoir.
Notre échec à nous accroupir a des implications biomécaniques et physiologiques, mais il indique aussi quelque chose de plus important. Dans un monde où nous passons tant de temps dans nos têtes, ou sur nos téléphones, ne pas nous s’accroupir nous laisse dépourvus de la force d’ancrage que la posture nous a procurée depuis que nos ancêtres hominidés se sont dressés. En d’autres termes, si nous voulons être bien, il est temps pour nous de nous baisser.
S’accroupir ; une grande partie de la population mondiale le fait encore quotidiennement, que ce soit pour se reposer, pour prier, pour cuisiner, pour partager un repas ou pour aller aux toilettes. Les latrines à fosse dans les zones rurales du monde entier demandent que l’on s’accroupisse. Dans les pays où les hôpitaux ne sont pas très répandus, s’accroupir est aussi une position associée à cette partie la plus fondamentale de la vie: la naissance.
Dans les pays occidentaux, des populations entières – riches comme pauvres – ont abandonné la posture. Dans l’ensemble, s’accroupir est considéré comme une posture désinvolte et inconfortable, que nous évitons complétement.
Dans une grande partie du monde, s’accroupir est aussi banal et normal que de s’asseoir sur une chaise. Alors pourquoi s’accroupir est-il si bon pour nous ? Et pourquoi tant d’entre nous ont-ils arrêté de le faire ?
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Chaque articulation de notre corps contient du liquide synovial. C’est l’huile dans notre corps qui nourrit le cartilage. Deux choses sont nécessaires pour produire ce fluide : le mouvement et la compression. Alors, si les hanches et les genoux ne dépassent jamais 90 degrés – le corps dit «je ne suis pas utilisé» et commence à dégénérer et arrête la production de liquide synovial.
Un système musculo-squelettique sain ne nous permet pas seulement de nous sentir agiles et frais, il a aussi des implications positives et nécessaires pour notre santé en général.

De plus, la prise de conscience que l’accroupissement est favorable à de meilleurs mouvements de l’intestin a alimenté la popularité (du Lillipad et du Squatty Potty), de plates-formes surélevées qui transforment une toilette de style occidental en toilette à la turque et permettent à l’utilisateur de s’asseoir dans une position fléchie qui imite l’accroupissement.

Si l’accroupissement nous parait si inconfortable c’est parce que nous ne le pratiquons pas. Il en va de même de l’accroupissement comme de la position d’accouchement, qui est toujours pratiquée dans plusieurs régions du monde en développement et qui est de plus en plus préconisé par les mouvements d’accouchement holistiques en Occident.
Dans une position d’accouchement accroupie, les muscles se relâchent et cela permet au sacrum d’avoir un mouvement libre pour que le bébé puisse pousser vers le bas. Mais le fait de percevoir cette position comme primitive est la raison pour laquelle les femmes sont passées de cette position active à la position allongée, où elles sont moins incarnées et interviennent moins dans le processus d’accouchement.
L’augmentation de la pratique du yoga dans le monde est peut-être en partie une reconnaissance du fait qu’être sur le sol nous aide physiquement à être ancré en nous-même – quelque chose qui manque largement à nos vies hyper-intellectualisées et dominées par l’écran.
Différents mouvements de bien-être modernes commencent à reconnaître que la “vie au sol” est la clé. En un sens, l’accroupissement est l’endroit d’où viennent les humains, à chacun d’entre nous, de le revisiter aussi souvent que possible.

Source : Internet
15 janvier 2020 par Dominique Clergue
L’art oublié de l’accroupissement est une révélation pour les corps ruinés par la position assise.
Traduction de l’article The forgotten art of squatting is a revelation for bodies ruined by sitting de Rosie Spinks parue sur le site Quartzy le 9 novembre 2017.

Sources photos: site photo libre de droits d’auteur.

Petits arrangements entre amis

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sigle ftpgf2 12À l’heure où les journalistes sont devenus la cible de certaines personnes qui y  voient des acolytes du pouvoir et des nantis, notre confrère Yvan Stefanovitch tente de prouver l’inverse avec son essai Petits arrangements entre amis publié chez Albin Michel.

D’emblée, il pose une question majeure : « Sont-ils au-dessus des lois ? ». « Ils » ce sont les caciques du Conseil d’État. D’autres questions en disent long sur l’indépendance de plume de l’auteur : S’agit-il du plus influent des réseaux ? Un refuge doré pour les amis du Président en place ? Un lieu de connivence ? Le Conseil d’État est-il indépendant ?

dsc03845Les réponses, argumentées par des références et documents officiels, tombent dru, tombent les masques, en somme.

Il est question de caractère opaque, froid, presque inhumain de la procédure, du fait que les requérants ne s’y expriment jamais et que les avocats ne plaident quasiment pas, tout cela n’encourage pas a priori le justiciable à déposer des requêtes. L’auteur explique encore que la procédure est souvent rédigée dans une langue incompréhensible du commun des mortels, que les jugements sont une suite de non-dits, que le laconisme des énoncés est courant, sans parler du coût excessif des honoraires d’avocats spécialisés, seulement une centaine pour toute la France.

Autre question qui fâche : qui pilote cette institution ? La réponse est claire et précise : le Secrétariat général du gouvernement, donc le bras armé du Premier ministre. Et, au Palais Royal, siège du Conseil d’État, ce n’est pas un lieu de convivialité, précise Yvan Stefanovitch, les allergies, les coteries, les préjugés, quelquefois les haines y ont leur place.

Il y a 323 membres et le recrutement se fait de manière « monarchique » avec, quand même, une récupération de compétences  très utiles, mais également l’occasion d’offrir sur un plateau une belle situation aux amis du prince, à des avocats et médecins que leur métier sature, puis il y a ces nominations qui défrayent la chronique : Régis Debray, Erik Orsenna, Arno Klarsfeld…

Quelque trente-cinq matières sont abordées, parmi lesquelles on trouve des « affaires enregistrées par domaine contentieux » dont le palmarès, si j’ose dire, est le suivant : affaires consacrées aux étrangers, nettement en tête, suivies des contentieux fiscaux, de ceux concernant des fonctionnaires et agents publics, de l’urbanisme et aménagement de territoire, de l’aide sociale et, fermant la marche, les problèmes liés aux rapatriés, décorés et postes et télécommunications.

Une dernière précision, il faut près d’une année pour juger une affaire ordinaire et, l’auteur conclut  que « ceux qui appartiennent à cette grande maison – même les plus jeunes – sont fréquemment portés à regarder de haut le reste du monde. Ils se sont arrogé le monopole de la compétence et n’entendent guère les critiques adressées à leur institution… Une chose est sûre, le légitimisme vis-à-vis du gouvernement et au-delà de l’administration n’est pas près de disparaître au Palais-Royal. »

Musique : Michaël Mathy.

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Océan, climat, Covid, même combat…

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Océan et climat, même combat, c’était mon propos en fin2019 dans l’une de ces chroniques.

Et clairement,  du côté climatique et écologique il y aura un avant et un après le coronavirus. L’épidémie et ses conséquences ont créé un choc psychologique  pour chacun d’entre nous, ne nous laissant pas indemnes entre  douleurs, stupéfaction, et envie de «plus jamais vivre ça ». Ce que nous vivons ou allons vivre doit avoir un impact sur les politiques environnementales à venir.

Qui peut faire reculer le mensonge ? (2)

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sigle ftpgf2 11Dans la série « De la résistance à la révolution », voici notre 2e chronique consacrée à Albert Camus et à ses éditoriaux et articles du temps du quotidien Combat.

D’emblée ce rappel : « Les éditoriaux de Camus consacrés à la presse témoignent de sa vigilance extrême quant à la liberté d’esprit et d’expression qui, seule, pourrait permettre cette presse claire et virile, au langage respectable… »

m02070453340 sourceSi, au fil du temps, l’esprit « Combat » perdit de sa force avec l’arrivée de nouveaux journalistes, que Camus quitta le quotidien avec amertume, avant cela, durant des années, « les éditoriaux d’Albert Camus jouissaient d’un prestige singulier : un véritable écrivain commentait les événements du jour », dit Raymond Aron.

En voici, durant quelques chroniques, quelques extraits choisis :

« Si le mensonge garde un certain pouvoir, il suffit du moins que la vérité soit dite pour que le mensonge recule. »

« La grande force des opprimés est la solidarité dans la souffrance. C’est cette force qui à son tour tuera le mensonge. »

« Rien n’est plus irritant que la vue d’un homme pour ceux qui ont délibérément cessé d’être des hommes. »

« Il n’y a pas deux politiques, il n’en est qu’une et c’est celle qui engage, c’est la politique de l’honneur. »

« Qu’est-ce que le peuple ? C’est ce qui dans une nation ne veut jamais s’agenouiller. »

« Un peuple qui veut vivre n’attend pas qu’on lui apporte sa liberté. Il la prend. »

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