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Destination vacances et visites insolites : de célèbres « fantômes » en Baie de Somme

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La Baie de Somme s’étend sur 70 km² et la Somme, fleuve côtier, se jette dans la Manche à cet endroit. Deux milieux naturels la forment : une zone de vasières recouverte par la mer deux fois quotidiennement et celle recouverte uniquement lors des grandes marées d’équinoxes. La baie est également constituée de deux estuaires qui s’emboîtent : celui de la Somme et celui de la Maye.

Haut lieu ornithologique, une partie est transformée en réserve naturelle. À marée basse, dans l’estran, on voit des moutons brouter dans la baie, ce qui leur donne une chair au goût de « pré-salé ».

Considérée comme l’une des plus belles baies du monde, elle accueille également des phoques-veaux marins, parfois des phoques gris, et, de manière régulière, des sarcelles, chipeaux, bécassines…

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Magnifique Baie de Somme (Photo Marie-Paule Peuteman)

Au Crotoy, « La station où il fait bon vivre », c’est, aussi, celle de certains « fantômes »… En effet, ici, l’âme de Colette plane encore quand, en 1907 et 1908, elle s’imprégna des sensations de la Baie pour écrire : « Ses ciels turquoises, égyptiens, cendre verte, cendre bleue… qui se mirent dans des chenaux oblongs parmi les sables blonds… »

Ici, Seurat et Sisley, Manessier et Toulouse-Lautrec ont manié pinceaux et palettes de couleurs pour immortaliser ou s’inspirer d’un environnement exceptionnel.

Et puis, sans oublier que Victor Hugo passa en ces lieux, c’est aussi ici que Jules Verne, entre 1865 et 1870, écrivit « Vingt mille lieues sous les mers », non loin où, le 21 novembre 1430, Jeanne d’Arc fut incarcérée par les Anglais jusqu’au 20 décembre, avant de marcher dans la baie pour se rendre à Saint-Valery puis à Eu, enfin à Rouen où elle monta sur le bûcher.

Parlons-en, justement de Saint-Valery…

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Par ici, Jeanne d’Arc se rendit au bûcher… (Photo Pierre Guelff)

Dès la préhistoire, le lieu de Saint-Valery fut occupé et ensuite au moment de l’épopée de Guillaume le Conquérant, il y eut un épisode particulier puisque, en 1066, son imposante flotte attendit les vents favorables à Saint-Valery pour mettre le cap sur l’Angleterre. Il sera couronné roi d’Angleterre peu après son séjour au « Vaisseau blanc ».

Français, Anglais, Bourguignons firent la destinée de la ville, les guerres de religions s’éternisèrent, quand, au XVIIe siècle, ce fut le début de la prospérité grâce à l’activité du port et à l’épanouissement de l’abbaye.

Puis, ce fut l’édification du canal de la Somme et, après de nombreuses décennies, une source d’inspiration pour les artistes-peintres, sculpteurs et écrivains.

 

Aujourd’hui, on se promène avec le ravissement chevillé au cœur dans l’une des plus belles baies au monde, on découvre Saint-Valery-sur-Somme « aux mille endroits pittoresques », cité médiévale, cité des marins, cité aux charmes tranquilles où se côtoient les quais, de rares vestiges des remparts, les vieilles pierres, les ruelles fleuries, les maisons du quartier des marins « Le Courtgain », la Porte de Nevers (XIVe siècle) et la Porte Guillaume (XIIe siècle), située entre deux tours majestueuses…

 

 

 

La France du complotisme

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sigle ftpgf2 20Théorie des complots, infox, fake news, actions antihumanistes… : qui est derrière ce fléau qui empoisonne la Société ?

 

Engendrer, manier et répandre de fausses informations, tel est le dessein des comploteurs, conspirateurs, complotistes et conspirationnistes unis dans le même but de nuisance et de dresser des citoyens les uns contre les autres.

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Photos : Vandalisme, saccage, menaces… dans un temple maçonnique à Serrières (Photos JL G.)

De nombreux observateurs rappellent que ces procédés ne sont pas nouveaux et furent significatifs de la propagande nazie, fasciste, franquiste, vichyste, salazariste, communiste…, exception faite que dans la manipulation contemporaine, les réseaux sociaux sont à présent parties prenantes au point que l’on parle de « message viral » quand c’est répandu à grande échelle. Parfois planétaire.

Une technique derrière laquelle se cachent maints anonymes ou groupuscules, alors que des Trump et Cie en font une tribune mondiale de matraquage et prosélytisme.

Ces derniers mois, COVID-19 et confinement/déconfinement obligent probablement, une nette recrudescence du complotisme doublé d’un antihumanisme exacerbé est constaté.

Parmi les exemples relativement récents, épinglons cette déclaration de l’auteur Marek Halter[1] au sujet de la pandémie actuelle spécifiant que la télévision russe diffusa une information soulignant que « les milliardaires internationaux » détenaient l’antidote au virus et qu’ils attendaient que la peur envahisse tous les continents pour commercialiser le médicament à prix d’or. L’écrivain précisa : « Et qui sont-ils, ces milliardaires internationaux ? Des juifs ! La fausse information ne va pas tarder à se répandre en France », disait-il en mars. Eh bien ! C’est fait, Monsieur Halter.

Et, comme pour les complotistes, qui dit juif pense automatiquement franc-maçon, la théorie du complot judéo-maçonnique a repris force et vigueur.

Comme à l’époque nazie, des listes de francs-maçons circulent publiquement sur Internet afin d’éradiquer les « satanistes »[2], par exemple sur un site français sous la forme d’un montage de sigles d’organisations et d’un titre racoleur : « Francs-maçons qui nous gouvernent » : Club de Rome, UNESCO, CIA, Klu Klux Klan…[3] Canular ? La suite fait état d’une liste « non exhaustive » et cite des noms liés aux fonctions, tel celui d’une « ancienne ministre franc-maçonne de la secte maçonnique du Grand Orient de France… »

Ce qui n’a pas été non plus un canular s’est déroulé durant cet été 2020, avec l’article dans Métropolitain (édition de la région occitane), hebdomadaire français du groupe Publi Hebdos[4] : « À Métropolitain, il y a belle lurette que nous possédons les noms des gendarmes, policiers, douaniers, sapeurs-pompiers, avocats et magistrats – ainsi que des confrères – qui fréquentent assidument les obédiences héraultaises… Mettre son nez dans une loge peut vous envoyer en enfer. »

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Corneto, cornuto, cornes… : coureur cycliste remportant une classique et faisant un signe jugé « satanique » par les complotistes, alors qu’il est question d’une marque de sympathie à un être cher (Prise d’écran RTBF)

Généralement, les complotistes se targuent de donner des « indices » » pour reconnaître ceux qui conspirent. Ainsi, un site musical[5] de l’hexagone a créé la rubrique « Corneto ».

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Outre différentes explications (cocu en Italie, « Je t’aime » en langage sourd et muet…), on y lit : « Certains adeptes de théories sur une conspiration possible vous dirons que c’est un geste montrant l’appartenance à une société élitiste secrète des dirigeants de notre monde… Possible, c’est un code maçonnique (…) »Dès lors, il n’est pas étonnant de constater que se répandent les profanations de tombes juives, les menaces, tags (surtout avec des croix gammées), insultes, agressions verbales et physiques envers des juifs et francs-maçons, le vandalisme et le saccage de temples (Tarbes, Poitiers, Rennes, Vienne, Serrières…)

Ce récurrent phénomène du complotisme fait l’objet de multiples commentaires et, parmi eux, il apparaît intéressant de répercuter celui de Ryan Holiday, chroniqueur et auteur américain, qui, sur base d’une longue expérience personnelle (« J’ai été un manipulateur de médias »), explique que la manipulation sur Internet est l’enfance de l’art, puisqu’il suffit de se faire passer pour un expert, créer un faux scandale, qu’aussitôt de nombreuses personnes vont le relayer sans vérifier la source.

Sur Wikipedia, Ryan Holyday, le faux expert déclaré, s’y présente comme « manipulateur de médias » et pourtant, de grands médias de la planète ont repris ses informations comme paroles d’Évangile.

 Peut-on rester indifférent face à ce phénomène qui gangrène de plus en plus la Démocratie ? Jouer la politique de l’autruche n’est pas une solution citoyenne, responsable.

Une proposition d’attitude à adopter émane de l’Université de Limoges.

Elle paraît digne d’intérêt : « Les séminaires de recherche doivent être l’occasion de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentées dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure. »

À présent, il faut passer de la théorie à la pratique. Sur le terrain et en urgence.

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[1]  Le Vif-L’Express, 27 mars 2020.

[2] Sur Wikipedia, une liste publiée par un sympathisant de l’extrême droite belge fut finalement supprimée.

[3] « Éveil de la conscience », site visité en juillet 2020.

[4] Une centaine d’hebdomadaires payants, journaux gratuits, quotidien… pour quelque 3,1 millions de lecteurs. Le groupe compte 900 salariés, également des imprimeries, régie publicitaire…

[5] French-metal.com, visité en juillet 2020.

François SARANO : Pourquoi parle-t-il « Au nom du requin « ? – Episode 6 –

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Dans cette série «  Au nom du requin » , après avoir rencontré Steven SURINA,  Eric CLUA, c’est François SARANO que nous retrouvons pour évoquer  ses raisons qui le poussent depuis  des décennies à défendre et à parler « Au nom du requin », et aussi  éclairer nos rapports humains.

A écouter et partager sans modération.Rediffusion.

Destination vacances et visites insolites : le Géant chauve ou mythique Mont Ventoux

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Le Mont Ventoux culmine à 1 912 mètres et est surnommé le « Géant  de Provence» ou « Le Mont chauve » (le sommet est dépourvu de végétation). Le climat y est particulier  : méditerranéen, montagnard, d’où une flore fabuleuse (1 000 espèces de plantes), une faune inouïe (120 espèces d’oiseaux), des spéléologues ayant même retrouvé des ossements fossilisés d’ours bruns il y a une douzaine d’années.

Température caniculaire en été avec de violents orages, elle peut descendre jusqu’à -30° en hiver, la neige se maintenant en moyenne 140 jours par an.

Un dicton climatique fleurit bon sur les pentes du mont : « Quand le Ventoux a son chapeau, quand la Durance a son manteau, s’il ne pleut pas maintenant, il pleuvra bientôt. »

C’est le philosophe français Jean Buridan qui, en 1334, aurait gravi jusqu’au sommet pour la première fois la montagne et la première ascension « relatée » aurait été effectuée par le poète humaniste Pétrarque.

Ce dernier, 32 ans, habitait Avignon et décida de gravir le Ventoux, en compagnie de son frère Gherardo et de deux accompagnateurs en avril 1336, suite à une déception amoureuse. Il adressa son ouvrage intitulé, tout normalement, « L’ascension du Mont Ventoux », à son ami confesseur Dionigi, professeur de théologie à la Sorbonne. C’est l’une des plus célèbres lettres épistolaires de la tradition occidentale. Le récit de Pétrarque est une allégorie à Dieu.

En voici quelques extraits significatifs :

– « Je voulais différer la fatigue de la montée, mais la nature ne cède pas à la volonté humaine, et il est impossible pour un corps de gagner les hauteurs en descendant. »

– « La vie que nous appelons heureuse occupe les hauteurs et, comme dit le proverbe, étroite est la route qui y mène. Nombreux aussi sont les cols qu’il faut passer, de même nous devons avancer par degrés, de vertu en vertu ; sur la cime est la fin de toutes choses, le but vers lequel nous dirigeons nos pas. Tous veulent l’atteindre, mais comme dit Ovide, « vouloir est peu ; il faut, pour parvenir, désirer. »

– « Que de fois, aujourd’hui, j’ai tourné mes regards vers la cime du mont ! Et pourtant sa hauteur me semble bien petite en comparaison de celle où peut prétendre la pensée humaine, si elle ne s’enfonce pas dans la fange des turpitudes de ce monde. »

Au XVe siècle, une chapelle dédiée à la Sainte Croix fut érigée au sommet, aujourd’hui, c’est une immense antenne de télévision qui le domine…

Quant à ses pentes, leur utilisation relève de tous les domaines, parfois insolites…

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Le Mont Ventoux, rendez-vous des sportifs, plus particulièrement des cyclotouristes et des joggeurs,à l’image de de notre chroniqueur (Photo AD)

Effectivement, depuis les temps les plus reculés, les pentes du Mont Ventoux sont utilisées pour faire paître les troupeaux comme l’attestent la présence de nombreuses  bergeries souvent bâties en pierres sèches.

Mais, le Mont Ventoux est surtout devenu un site touristique majeur grâce au Tour de France qui l’a popularisé (surtout en 2016, lorsque le coureur Frome dut y mettre pied à terre et commença à l’escalader en… joggant !, un épisode moins dramatique que le décès de Tom Simpson dans les ultimes pentes, en 1967, victime de la conjugaison de la chaleur, du manque de ravitaillement en eau et de la prise d’amphétamines, entre autres) et c’est, aussi, un haut (!) lieu de pratique sportive : cyclisme, donc, courses motorisées, ski alpin, ski nordique, équitation, VTT, parapente, « grimpe d’arbre », cyclotourisme, randonnée et, pour quelques inconditionnels de la course à pied en montagne et du jogging – j’en fus à un récent été -, l’ascension éprouvante de pentes avec des endroits s’apparentant à un enfer terrestre !

Selon le versant, la route est plus pentue, plus longue, allant de 9,5 à 10,7 % de moyenne et de 21 à 26 kilomètres.

Cependant, cette montée mythique dans un site environnemental exceptionnel, peut s’avérer dangereuse lorsque le vent se lève, puisqu’on y a déjà relevé une vitesse de 320 km/h, il y a cinq décennies.

À la semaine prochaine !

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« Au nom du requin  » : le nourrir ou pas ? – Episode 5 –

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Les pratiques de nourrissage du requin sont nombreuses : feeding, chumming, baiting, … Autant de termes et de techniques pour attirer le requin afin de le rencontrer. Un sujet  avec de fortes polémiques, pour lequel j’ai demandé à Eric CLUA, scientifique, de donner son éclairage. A découvrir dans cette chronique.Rediffusion.

D.KRUPKA

wwww.longitude181.org

Destination vacances et visites insolites : Des Dames de Meuse légendaires  

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 Les Ardennes sont devenues une région privilégiée par les touristes et les vacanciers à la recherche d’une nature verdoyante et boisée propice à la randonnée, au trail, au cyclotourisme, aux produits d’un terroir authentique… À Laifour, on trouve les « …charmes situés dans une arène de verdure, que traverse la Meuse… » et son célèbre site classé des « Dames de Meuse ». Un lieu fréquenté à plusieurs reprises par le général de Gaulle.

Mais, au juste, qu’est-ce qui y attirait le président de la République française ? La beauté sauvage de l’endroit ou les légendes qui s’y rattachent ? Ou toutes à la fois ?

Les « Dames de Meuse » est un lieu habité par les dieux, clame-t-on sur place, et plusieurs légendes lui sont attribuées, c’est l’un parmi les plus impressionnants paysages de la Vallée de la Meuse, selon l’auteur Bernard Chopplet.

En 1080, le seigneur de Hierges eut trois fils, Héribrand, Geoffroy et Vauthier, qui épousèrent les filles du Seigneur de Rethel, Hodierne, Berthe et Ige.

Peu de temps après leur union, les trois jeunes mariés accompagnèrent Godefroid de Bouillon dans sa croisade (1096-1099), la première du genre sur huit sans tenir compte de la « Croisade populaire » de Pierre l’Ermite.

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Les Dames de Meuse, que des personnes prétendent voir pleurer certains jours…(Photo Marie-Paule Peuteman)

Alors qu’ils combattaient en Terre Sainte, les épouses commirent de conserve l’adultère en compagnie de trois chevaliers. Mais, Dieu les punit ! Ainsi, lors de l’attaque de Jérusalem, elles furent changées en trois immenses rochers noirâtres surplombant la Meuse.

Il y a une deuxième légende, selon le « Guide de la France Mystérieuse », sous le titre des « Pierres Infidèles » : « Le seigneur de Montcornet, en partant pour la croisade, laissa son château à la garde de sa femme et de ses deux nièces. Un seigneur du voisinage, du nom de Neyrac, voulut s’emparer des biens de Montcornet et déclencha un conflit. (…) La dame de Montcornet alla au-devant de son mari qui revenait de Terre Sainte et Neyrac se sentant en danger réclama l’aide du diable. Celui-ci provoqua un séisme qui ensevelit la dame et sa suite. Arrivé à l’endroit du drame, le seigneur de Montcornet reçut des explications de la part d’un berger et Neyrac eut la tête tranchée ! Après une prière au divin, la dame et sa suite sortirent vivants du sol. Le rocher en forme de têtes perpétuerait le souvenir de la dame de Montcornet et des deux nièces. »

La troisième légende concernant les « Dames de Meuse » émane de Hierges.

Hierges est une cité médiévale, distante de Laifour d’une vingtaine de kilomètres, considérée comme l’un des plus beaux villages de France, dont le château aurait été bâti en 882 en une nuit par la fée Mélusine. Il est question des trois épouses infidèles transformées en rochers juste avant qu’elles n’aient eu le temps de se jeter dans la Meuse au retour de leurs maris afin d’échapper à leur colère.

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« Au nom du requin  » : le surfeur est-il confondu avec une tortue? – Episode 4 –

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Après Le film « Au nom du requin »  largement présenté dans cette chronique, je vous invite à  une suite  avec Eric CLUA, un scientifique, qui va nous aider à démystifier certaines idées reçues. Celle que le requin confond un surfeur en surface avec une tortue en train de nager résiste-t-elle à l’examen ? Découvrez-le à l’écoute de cette chronique et de la série « Au nom du requin » pour aller plus loin .Rediffusion.

Destination vacances et visites insolites : Paris-Village, Paris bucolique

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spot officiel curio guide ft 1« Paris, Ville Lumière », la citation paraît galvaudée et, pourtant, cette mégapole ne reste-t-elle pas immortelle ? Ville considérée comme la plus romantique au monde, elle se distingue aussi par ses grands monuments, son histoire millénaire, son fabuleux héritage artistique et littéraire.

ftdsc04048Plutôt que de longs discours, voici deux citations – parmi des centaines ! – qui rendent hommage à la capitale française : « Creuset des passions, tu m’as donné la boue et j’en ai fait de l’or », clama Baudelaire au sujet de Paris, puis, voici quelques propos d’Honoré de Balzac, dont un musée lui est consacré dans son ancienne demeure : « Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur… Quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire, quelques nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un autre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d’inouï oublié par les plongeurs littéraires » .

ftdsc04049Effectivement, exemple parmi des dizaines,  il est très agréable de déambuler dans le Parc Montsouris : 1 400 arbres, dont plusieurs centenaires, avec observation du tulipier de Virginie, du cèdre du Liban, de l’hêtre tortueux, et rencontre avec un héron cendré, une oie à tête barrée, un canard colvert, un troglodyte mignon, une corneille noire ou un gobe-mouches, le tout sous l’œil de statues dues à Etex, Lipsi, Desca, Valsenis…

Mais, peu de touristes, voire d’habitants de la capitale, connaissent Paris-Village…

ftdsc04050Ainsi, en poursuivant la promenade du Parc Montsouris vers l’ouest, on pénètre dans un monde à part, un « autre » Paris : Paris-Village !

ftdsc04051Des demeures pleines de charme dans des ruelles en pente et des impasses, véritable cité fleurie et conviviale.

Ici, square de Montsouris, rue du Parc-de-Montsouris, impasse Nansouty…, ou dans les environs immédiats du Réservoir de la Vanne, habitèrent ou érigèrent leur lieu de travail (souvent des ateliers de peintres) le Douanier Rousseau (Henri Rousseau), Foujita, André Derain, Georges Braque, Ozenfant, Gromaire…

Mais, au juste, pourquoi Henri Rousseau fut-il surnommé le « Douanier Rousseau » ? Parce que ce digne représentant de l’art naïf travailla dans sa jeunesse à l’octroi de Paris, c’est-à-dire à un bureau où était perçu un droit sur certaines denrées à leur entrée dans les villes.

ftdsc04053Poursuivons notre balade en signalant quand même que cette taxe n’est plus d’application depuis 1948, et dirigeons-nous vers le Réservoir de Montsouris qui alimente 20% de la capitale. Particularité : des truites en aquarium témoignaient de la pureté de l’eau, m’affirma-t-on sur place… tout en précisant qu’aujourd’hui, pour contrôler la qualité de l’eau, ce sont des tests en laboratoire qui sont effectués.

Un peu plus loin, voici la Cité Fleurie qui accueillit Paul Gauguin, Modigliani, Eugène Grasset (le créateur de la « Semeuse » chère au Larousse), Laurens, Jean Boucher, Domela, alors que, non loin de là, la Cité Florale est un spectacle ravissant avec ses rues des Glycines, des Volubilis, des Mimosas, des Orchidées…

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La revanche de la nature  

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sigle ftpgf2 20Aymeric Caron est journaliste, reporter de guerre (Bagdad), chroniqueur (Europe 1, TF1, Canal+…) dont les propos soulèvent parfois la polémique, tel son accrochage avec Bernard-Henri Lévy sur France 2, d’où son surnom de chroniqueur-flingueur !

Auteur (Utopia XXI rencontra un immense succès de librairie), Aymeric Caron est également adepte de la désobéissance civile, militant antispéciste, cette éthique consistant à « réconcilier l’humain, l’animal et la nature », fondateur de Révolution écologique pour le vivant, et, à la mi-2020, il publia chez Albin Michel l’important essai La revanche de la nature, objet de la présente chronique.

Scotché à sa démonstration que « le monde doit être radicalement différent de celui que nous avons connu jusqu’ici », et lui ayant partagé la même conviction, il m’accorda l’autorisation d’en publier de très très larges extraits.

cvt la revanche de la nature 28 lecons de vie pour le 3228Cet ouvrage est le témoignage de plusieurs semaines de confinement dues au COVID-19 et d’une multitude de réflexions, étayées par une longue expérience journalistique et un travail de recherche intense, qui, dès les premières pages confirment ma propre pensée : « Les fanatiques du néolibéralisme vont bien être obligés de reconnaître les limites de leur logique. »

Comme des millions de citoyens, il est plus que surpris, voire irrité, de la manière dont les politiciens ont réagi face à cette pandémie : « Une société qui laisse ses bureaux de tabac ouverts mais qui ferme ses librairies, doit se poser des questions sur elle-même. »

Le fera-t-elle ? Dans la foulée, face aux amendes salées et emprisonnements en cas de récidives de violation du confinement, Aymeric Caron lance : « (…) j’ose espérer que les sanctions seront proportionnelles pour les responsables politiques impliqués de près ou de loin dans les décisions qui ont permis au virus de paralyser le pays et de tuer des millions de personnes. »

C’est donc sans complaisance pour quiconque, mais avec un bon sens citoyen loin du populisme ambiant, des rumeurs et amalgames, qu’en 250 pages l’auteur présente ses « vingt-sept leçons pour le monde d’après », dont voici quelques éléments essentiels.

  • Vaccin et traitement : « Contre le SARS-CoV-2, nous cherchons un vaccin et un traitement, nous essayons d’améliorer les capacités en réanimation, nous réorganisons notre économie. Mais nous oublions l’essentiel : identifier l’origine du mal. Le seul animal responsable de la pandémie de COVID-19, c’est nous. »
  • Système de santé : « Notre système de santé, présenté si longtemps comme l’un des meilleurs au monde, n’est plus que l’ombre de lui-même parce qu’il a été peu à peu saccagé par des techno-libéraux qui ont transformé les hôpitaux en entreprises et les malades en statistiques. Les réformes des vingt dernières années ont entraîné des fermetures de services, des suppressions de lits, des réductions des personnels soignants, et la qualité a été sacrifiée sur l’autel de la prétendue rentabilité. »
  • Animaux : « Pour éviter une prochaine pandémie comme la COVID-19 ou plus grave encore, le bon sens recommande d’interdire les marchés d’animaux sauvages. Il convient également de mettre fin aux élevages intensifs, et bien entendu, il faut urgemment cesser la destruction de la biodiversité et des écosystèmes. Ceci implique de repenser tout, de A à Z. »

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  • Tracking : « Si nous savons en rester maîtres, la technologie peut nous aider à redevenir en tous domaines créateurs, artisans, artistes (…) Grâce à une application dédié à la COVID-19, un gouvernement peut connaître les moindres détails de notre vie privée (notre emploi du temps, nos lieux favoris, nos fréquentations professionnelles, amicales ou amoureuses, nos préférences politiques, notre éventuel activisme contre ce gouvernement, et ainsi de suite). L’utilisation des données recueillies est donc un enjeu majeur. Sur ce point, je ne fais aucune confiance ni aux opérateurs privés associés ni à l’État. »
  • Souverainisme et internationalisme : « Comment ‘‘faire nation’’ avec des gens qu’on ne reconnaît pas ? En revanche, je me sens frère d’humains croisés à des milliers de kilomètres de la France. J’habite donc le même pays qu’eux. Un pays aux frontières morales, mais pas physiques (…) La seule éclaircie possible pour l’humanité réside dans l’internationalisme. La pollution est un phénomène mondial, auquel on ne pourra apporter qu’une réponse collective. Idem pour la préservation de la biodiversité et la survie des océans. »
  • Consommation : « Un chercheur de l’université californienne de Stanford, Marshall Burke, prétend que la réduction de la pollution (durant le confinement) a sauvé vingt fois plus de vies que la COVID-19 n’en a emporté (…) Enlevez la consommation déraisonnable, et vous faites tomber les neuf dixièmes des puissants d’aujourd’hui. Refuser la société de la production inutile ne profite pas seulement à la biodiversité et aux écosystèmes… »
  • L’ancien monde : « L’ancien monde est à l’offensive et il ne compte pas se laisser mater. Le ‘‘monde d’après’’ risque d’être encore pire que celui d’aujourd’hui car, sous prétexte de rattraper le retard économique accumulé pendant la première partie de l’année, il est probable qu’on exigera des salariés et des indépendants de travailler davantage sans contrepartie (…) Bien sûr, que ‘‘le monde d’avant » va se réinstaller, plus féroce encore, excité par ces mois de frustration (…) L’avidité et l’égoïsme, confinés en partie avec nous pendant que le monde du soin imposait le respect, vont reprendre leur place et nous faire cracher. »
  • Le monde d’après : « Aucun ‘‘monde d’après’’ ne s’écrira sans de nouvelles exigences éthiques que chacun doit prendre soin d’appliquer. Trois du moins s’imposent : assumer ses responsabilités (surtout si elles sont conséquentes), tenir parole, et bien sûr appliquer la Règle d’or que l’on trouve dans toutes les grandes religions mais aussi en philosophie morale : ne pas faire à notre prochain ce que nous ne souhaiterions pas qu’on nous fasse. Imaginez que ces trois principes deviennent prioritaires dans les décisions et comportements de chacun d’entre nous : le monde en serait immédiatement changé. »
  • Conclusion : « Moraliser le capitalisme prédateur ne suffira pas : il faut le remplacer. Cela implique en premier lieu de remettre l’économie à sa place : non plus un but, mais un simple moyen au service du bonheur collectif et individuel (…) Moins de consommation, moins de production, moins de travail et une nature soulagée et non leur recette empoisonnée : produire, consommer, exploiter. Remplaçons le mythe de la croissance et du ‘‘développement’’ sans limites par une mission : celle de protéger le vivant sous toutes ses formes. »

Cet ouvrage n’est pas, à proprement parler, un essai scientifique, mais il est le reflet d’une réflexion citoyenne décortiquée avec un esprit critique sans langue de bois, responsable, constructif en ce sens qu’à côté de constats affligeants et dramatiques, il y a la proposition étayée de solutions crédibles et rationnelles.

À constater la manœuvre post-confinement des politiciens néolibéraux, des lobbies, des multinationales, et le comportement de pans entiers de la population se ruant à nouveau vers le consumérisme (du moins, ceux qui en ont les moyens), la lecture de La revanche de la nature paraît urgente mais, hélas, relever de l’utopie.

Néanmoins, je répète volontairement cette parole de Cabu : « L’utopie n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui est irréalisé ».

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Droit à l’eau : la « vague verte » peut amener des avancées

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Cela fait 10 ans que l’ONU a reconnu que le droit à l’eau était un droit essentiel à la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme.

Combat majeur de la Fondation France libertés, ce droit à l’eau n’est pas encore pleinement effectif. Mais le contexte politique peut peut-être y contribuer.

On a évoqué la semaine dernière la genèse de cette reconnaissance du droit à l’eau, et de son accès pour tous. Il faut aussi rappeler le combat de la Fondation sur l’interdiction des coupures d’eau en France.

« En France, il est interdit de couper l’eau aux foyers, même si la facture d’eau n’a pas été payée. C’est au regard de la dignité humaine. Sans eau, on n’est plus du tout dans la vie, mais dans la survie. On a des questions d’hygiène et de santé qui vont se poser. Nous avons mené un grand nombre de batailles juridiques devant les tribunaux, que nous avons tous gagnés y compris au Conseil constitutionnel. C’était une bataille pour souligner le folie qu’il y a derrière cette question du droit à l’eau. Aujourd’hui, de plus en plus de droits humains sont conditionnés à la capacité de payer. J’ai droit à l’eau si je peux payer ma facture d’eau. J’ai droit à la santé si je peux payer mon hôpital. Encore qu’en France on est plutôt bien lotis. Mais il y a quand même une tendance à ce que ces droits humains soient conditionnés à cette capacité de payer. On considère que l’eau a un prix et que c’est au citoyen de la payer. On pourrait tout à fait être dans une autre démarche. Certains territoires, certaines villes, sont dans cette démarche où c’est la collectivité qui prend en charge les litres d’eau qui correspondent vraiment aux droits humains, aux besoins vitaux. Ensuite, la facture s’applique aux besoins qui sont de l’ordre du confort. Derrière ce combat des coupures d’eau, c’était de souligner l’absurdité de couper l’eau à des personnes au regard de leur situation économique. Aujourd’hui nous avons une campagne « L’eau est un droit » que l’on mène avec 30 associations en France en lien avec les municipales pour rappeler le pouvoir des villes qui peuvent impulser des concrétisations du droit à l’eau à échelle du territoire. En France, plus d’un million de personnes n’a pas accès à l’eau de manière permanente et correcte. »

Ce droit à l’eau est encore à améliorer. Mais depuis 2017, le sujet est un peu tombé aux oubliettes. Où en est-on ?

Le sujet est tombé au point mort. Cependant, avec le coronavirus, il y a une possibilité de reprendre conscience de l’importance de l’eau. On a vu qu’il y a un lien entre l’eau et la santé. Comment lutter contre un virus quand on ne peut pas se laver les mains, quand on ne dispose pas d’une eau propre ? Cela fait aussi appel à cette question des inégalités en France. L’outremer était d’ailleurs extrêmement mal lotie de ce point de vue-là. Il y a probablement une possibilité de remettre à l’ordre du jour ce type de question et de requestionner la place des droits humains dans nos sociétés et de comment ils peuvent se concrétiser en dehors de toute logique marchande. »

Sortir l’eau de la logique marchande

On sort d’une longue campagne électorale. Les municipales ont vu l’essor de gouvernances vertes, ou d’exécutifs plus « citoyens ». Est-ce que c’est une force pour porter cette question de l’eau pour tous au-devant de la scène ?

« C’est très probable. On le voit dans les programmes et les discours des Verts. Il y a beaucoup de projets liés à la revégétalisation des villes. Qui dit revégétalisation des villes, dit un cycle de l’eau qui se porte mieux. Le cycle de l’eau est intimement lié à la végétation. Cela peut être une première approche de l’eau d’un point de vue environnemental et climatique. Il y a aussi une réflexion sur la remunicipalisation de l’eau. Certaines villes vertes sont plutôt enclines à considérer l’eau comme un commun qui ne peut pas être privatisé. On pense à Grenoble qui a remunicipalisé son eau. Aujourd’hui le maire continue sur cette logique. Grenoble est montrée en exemple. On peut espérer ce genre d’avancée liée à cette fameuse vague verte dont on parle.« 

Comment s’inscrit la Fondation aujourd’hui dans ce combat pour le droit à l’eau 10 ans après ?

« L’action est multiple. Il y a ce combat avec la campagne focalisée sur la France. Mais on continue le combat au niveau international pour renverser le statut accordé à l’eau et questionner le rapport qu’on a au vivant. L’eau est centrale dans cette question, puisque l’eau est à la source de toute vie. C’est un plaidoyer qui est fondamental. Si on abandonne cette bataille-là, je pense fondamentalement que rien ne changera. Sortir de cette logique marchande permettrait vraiment d’aller vers des améliorations. On soutient aussi énormément de projets de terrain en lien avec l’eau et le climat. Rendre l’eau à la terre, c’est une façon d’atténuer les effets du changement climatique. On a aussi des projets de dénonciation de projets extractivistes qui mettent à mal le droit à l’eau. L’an dernier, NOTRE LAURÉAT DU PRIX DANIELLE MITTERRAND ÉTAIT UN MILITANT CHILIEN pour le droit à l’eau. C’est aussi une façon qu’on a de lutter pour que ce droit devienne effectif. Au Chili, la relation entre le statut de l’eau et la concrétisation du droit à l’eau est flagrante. L’eau, en tant que telle, y a été privatisée. Des personnes peuvent détenir des droits d’eau et priver d’autres de jouir de leur droit à l’eau. Pendant le coronavirus, encore aujourd’hui,  la situation est catastrophique. Ces populations se sont retrouvées sans eau alors que les avocatiers à côté continuaient d’être abondamment arrosés, alors que les activités extractives continuaient de pomper de l’eau. Cela pose la question de la priorité des usages sur laquelle on mène un gros plaidoyer. »

Pour aller plus loin :

Les facteurs bloquant l’effectivité du droit à  l’eau

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