Je vous suggère d’écouter attentivement cette citation :
« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »
Cette citation est de Martin Niemöller (1892-1984). Il fut déporté dans les camps de concentration, et à travers ses propos il dénonça la lâcheté des intellectuels allemands lors de l’accession des nazis au pouvoir et des purges qui s’en suivirent.
Sa déclaration, parfois présentée sous forme de poème, est souvent citée pour dénoncer les dangers de l’apathie dans le monde politique, mais, également, dans la société, médias y compris.
Justement, si je fais référence à cette citation en période de pandémie extrêmement mortelle, ce n’est pas du tout par hasard.
En effet, il serait grand temps que des médias arrêtent de trouver mille excuses à celles et ceux qui refusent obstinément d’appliquer les gestes barrières, port du masque y compris, les mêmes qui font circuler des arguments fallacieux basés sur des statistiques sciemment manipulées, qui publient même des tracts comme celui affiché dans la capitale de l’Europe et qui dit, dessin à l’appui, « qu’une plume dans le cul est obligatoire selon un article du Code Anal ».
Ici, il ne s’agit pas d’humour mais de dénigrer les mesures sanitaires publiques prônées pour enrayer une progression dramatique des victimes du Covid-19 et, par ricochet, inciter à la non-solidarité avec les personnes âgées et fragilisées. Il s’agit, selon ma perception, d’un véritable appel à la non-assistance à personnes en danger.
Certes, je suis pour la liberté, mais la solidarité et la fraternité universelle n’en sont-elles pas des corollaires ?
Les médias qui véhiculent encore des excuses pour justifier ces comportements asociaux, du genre « Il y a une profonde lassitude dans le public… », « Il y a eu tant de pagaille dans la nécessite de porter le masque… », et ceci, et cela, se rendent complices de ces dérives et feraient mieux de marteler sans relâche qu’avoir une attitude solidaire ne consiste pas à revendiquer une pseudo-liberté, qui n’est que de l’égoïsme et une potentielle conduite assassine, le terme est choisi.
Ce mouvement dans les médias qui consiste à « ne pas faire de vagues » est indigne de la déontologie journalistique.
Celle que défendit toute sa vie Albert Camus, journaliste engagé, épris de justice, de liberté et de vérité, et qui fut rédacteur en chef et éditorialiste du quotidien Combat.
Un journaliste et un média qui auraient certainement montré le caractère odieux de la non-solidarité des covidsceptiques.
Je le cite : « C’est au journaliste, mieux renseigné que le public, de lui présenter, avec le maximum de réserves, des informations dont il connaît bien la précarité. Les nouvelles fausses ou douteuses ne devraient pas être présentées comme des nouvelles vraies.
Dans tout ce que nous écrivons, jour après jour, nous ne sommes pas oublieux du devoir de réflexion et de scrupule qui doit être celui de tous les journalistes. »
À Fréquence Terre, on se fait fort de ne pas oublier ce devoir.





LA LOI COMME ARME DE RÉPRESSION DES MANIFESTANT·E·S PACIFIQUES EN FRANCE, tels sont les titre et sous-titre d’un accablant rapport d’Amnesty International France, relayé par Amnesty International Belgique, là où la situation est quasiment identique, comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises lors de reportages à l’occasion de manifestations pacifiques pour le climat, par exemple.
Les autorités françaises ont déployé tout un arsenal législatif pour arrêter et déférer arbitrairement à la justice des manifestant·e·s et restreindre indûment les droits de ces personnes à la liberté de réunion, d’expression, de mouvement ainsi qu’à la sécurité.


Dans son introduction, l’éditrice Sarah Slimani explique : « Hommes d’affaires corrompus, militants avérés convertis en sous-traitants d’obscurs politicards, partis politiques discrédités, universitaires ignorés, étudiants méprisés, populations appauvries et maintenues dans la précarité, attendant l’aumône du gouvernement… des pans entiers d’Algériennes et d’Algériens livrés à eux-mêmes, vivant chacun sa propre traversée du désert. »
Et, quand Hédia Bensahli, dans la nouvelle « Le murmure », évoque une souffrance inhumaine, on comprend l’une des raisons qui pousse des citoyens à réclamer des comptes au monde politico-économique : « Il va me falloir apprendre à tendre la main pour que mes filles mangent à leur faim, les habituer aux affres de l’indigence… Tout le monde se tait, se laissant consumer par l’attentisme. Ma déchéance m’a consumée, annihilée, c’est trop tard pour moi… Criez le plus fort que vous pouvez… Pensez à prendre soin de mes filles… »



La lecture de La Révolution du Sourire s’avérait donc un complément nécessaire afin de mieux encore discerner la philosophie de ce mouvement, également qualifié « d’invention d’une nouvelle démocratie ».
En attendant de répondre à cette question avec le recul nécessaire, il me paraît donc opportun, par les temps qui courent, de réagir de manière ferme, déterminée, responsable et de manière totalement pacifique mais, aussi, avec humilité comme lu sur un slogan lors du hirak : « Pardon aux harragas (migrants clandestins) d’avoir mis autant de temps à vous défendre ».
Anta, il s’agit d’elle, fut victime de la traite négrière et n’avait que 13 ans lorsqu’elle fut vendue à un marchand d’esclaves.

