Avec la pandémie et les mesures qu’elles nécessitent, nous assistons non seulement à une crise sanitaire mais aussi économique, sociale et politique. Alors que l’adolescence est une période pour commencer à se séparer de la famille et que les études permettent de concrétiser cette séparation. Et plus fondamentalement encore, l’adolescence est une période d’expérimentation multiple, et surtout sur le plan relationnel, voilà que l’adolescent doit faire son apprentissage prioritairement derrière un écran.
De plus cet écran se trouve bien souvent dans le foyer familial, ce qui risque de ramener l’adolescent au statut d’enfant dû à un manque réel d’intimité (en effet, la présence des adultes en situation de télétravail entraîne un regard parental constant). Sans parler des adolescents qui sont dans une situation précaire, sans job étudiant pour assurer leur quotidien. Force est donc de constater que tous les outils numériques ne remplacent pas la rencontre en présentiel, une rencontre dans laquelle les corps s’investissent.
Le risque d’une dégradation psychologique est réel, décrochage scolaire, crise d’angoisse, isolement et repli sur soi, tendance à l’errance, mise sous tensions dans les huis clos familiaux.
Or l’adolescence est un peu le passage d’une dépendance à une autre ; en réalité, il s’agit pour l’adolescent de se distancier de sa famille pour investir un autre lieu comme l’école, les amis, des centres d’intérêt et ainsi petit à petit s’introduire au monde social et de ce fait, y trouver sa place.
Ainsi, les heures passées derrière un écran mettent d’une certaine façon toute une série d’émotions en position de veille. D’où le risque pour certains de basculer dans l’angoisse, et pour d’autres il sera question de tenter de se connecter à ses émois parfois fort intenses, par des actes de transgression ( certains jeunes bravent des interdits et ne perçoivent ou ne reconnaissent plus ou pas le sens des mesures de précaution ).
Comment chercher un ailleurs alors que l’adolescent est privé de ses contacts sociaux, qu’il est immobilisé à la maison, n’a pas de pratique sportive, est privé aussi d’une série de rituels comme voyage scolaire, fête scolaire, etc.
Il est fondamental pour l’adolescent de pouvoir rencontrer une autorité « incarnée » afin qu’il puisse l’interroger ou même s’opposer à elle. L’objectif est d’encourager le jeune à devenir progressivement responsable. Il est aussi très important de soutenir les adolescents à structurer leur temps et non pas combler ou occuper le temps. Structurer le temps permet de placer un rythme entre des temps de travail, de repos, des temps en famille, ou temps sur écran. Structurer aussi les espaces, les lieux possibles de collectivité ou d’intimité. L’idée est de respecter une certaine différenciation dans les rythmes et les besoins, malgré la proximité imposée.
D’autre part, il faut également se projeter dans un ailleurs, dans un « après crise ». Réfléchir avec les adolescents à la question : « Et demain, que souhaitons-nous et que pouvons-nous construire ? » Alors, prenons la crise actuelle comme une invitation exceptionnelle et inédite de partager entre adultes et adolescents autour des notions de l’équilibre si sensible à trouver, entre l’acceptation de certaines règles et d’autre part à se définir des espaces de liberté, de créativité.
Source : brochure « Temps d’arrêt » yapaka.be / Adolescence en temps de Covid-19. Entre crise-passions et crispations par Aurore Mairy.
photo: Pixabay (libre de droit)



D’aucuns sont tombés des nues en regardant les reportages en direct des événements du Capitole où, ce mercredi 6 janvier 2021, les troupes de Trump, qui les avaient chauffées à blanc, ont envahi ce symbole de la démocratie de manière violente.
Je ne suis même pas surpris et, sans faire de la prémonition, à l’occasion de mon ouvrage qui sort en ce mois de janvier dans toutes les librairies de France, à savoir « Le temps des comploteurs » publié aux Éditions Jourdan, j’avais argumenté cette possibilité de la manière suivante :


Au fil des siècles, il fut adoré par les Anciens, plus particulièrement par les Égyptiens qui en faisaient un symbole de fécondité, et il fut franchement détesté au Moyen Âge, alors qu’aujourd’hui, dans certaines croyances populaires, il suscite une véritable répulsion s’il est noir et déambule la nuit, car il est aussitôt comparé au diable et devient un symbole des ténèbres et de la mort.
C’était tellement vrai, qu’à Ypres, en Flandre orientale, la population assistait au lancer de chats vivants considérés comme sataniques, du haut du beffroi. Heureusement, des peluches ont remplacé les animaux et, mieux, probablement afin d’atténuer la haine à l’encontre des félidés, celui qui ramène une peluche à sa maison est assuré d’une bonne année.
Mais, à côté de ce côté sombre, le chat est choyé et le Guide pratique de la chance datant de quatre décennies montre l’évolution des mentalités à l’encontre de cet animal domestique cher à Colette et il précise qu’« en général la présence d’un chat, qu’il soit noir ou non, purifie la maison et repousse les mauvaises influences, qu’il attire les maladies et les fluides négatifs de ses maîtres. »
Quand il est stressé, le chat a un miaulement saccadé et quand il pique une colère ou a peur, le miaulement est plus fort et grave.



Autre coup de colère, le 17 mai 1945 : « Il faut que l’on sache qu’un seul des cheveux de ces hommes, ceux encore emprisonnés à Dachau alors que le camp a été libéré par les Américains, a plus d’importance qu’une vingtaine de ces hommes politiques dont des nuées de photographes enregistrent les sourires. »

Et, ouf !, de questionnaires en quiz, je suis considéré comme un « vrai » soixante-huitard !

Une phrase résume bien ce combat : les chercheurs qui ont conçu ces systèmes pensent-ils aujourd’hui que leurs prétendus « résultants probants » en la matière, sont le meilleur usage qu’ils peuvent faire de leur intelligence ? La liberté qu’ils défendent pour eux-mêmes, plaisir de la bidouille créative et du savoir-faire technique, ce travail ne consiste-t-il pas souvent, à très grande échelle, à en priver les autres ? L’automatisation a pour caractérise de « capter » le savoir-faire technique, souvent artisanal, pour le « routiniser » et l’enfermer dans un système que l’opérateur n’a plus qu’à suivre, c’est un transfert de prérogative technique des humains à la machine.