Au nom de la tradition, dit-on, Joe Biden a prêté serment sur la Bible, il invita aussi un prêtre à s’exprimer et celui-ci y est allé de son sermon, puis ce fut au tour d’un pasteur de déverser du religieux à grosse louche et, dans son discours d’investiture, le 46e président des États-Unis d’Amérique a fait référence à Dieu et à la religion à six reprises ! Il demanda même que l’assemblée prie. Ce qu’elle fit, levée et au garde-à-vous, tête baissée, soldats et policiers y compris.
Je le cite : « Nous nous rassemblons en une seule nation, devant Dieu… », « Saint Augustin, un saint de mon Église… », je rappelle que saint Augustin est ce Père de l’Église catholique qui envoyait les enfants non baptisés aux enfers. Soit. Je poursuis avec Biden : « Je vous demande une prière silencieuse… », « Je conclus avec un serment sacré devant Dieu… », « Que Dieu bénisse l’Amérique… » et, enfin, « Que Dieu protège nos soldats… »
Six fois en une vingtaine de minutes… Biden est-il bien le président de tous les Américains, comme il le prétend ?
Car, selon une statistique fiable[1], 25% des Américains se déclarent « sans religion », soit, quand même un quart de la population. Ce qui n’est pas rien. Et, selon ces mêmes statistiques, le déclin religieux a progressé de 7% en une décennie et ne cesse de l’être.
Alors, ne serait-il pas temps que le président des États-Unis sépare le religieux de l’État et qu’au lieu de prêter serment sur la Bible, ce livre absolument pas neutre, il le fasse sur la Constitution ? Et que ses croyances religieuses ou autres restent du domaine de sa vie privée ?

Ah ! J’entends d’ici les railleries au sujet de cette chronique « iconoclaste ».
Peu importe, à Fréquence Terre , il n’est pas question de jouer les béni-oui-oui et profitons-en pour mettre les choses au point à ce sujet, voulez-vous ?
L’objectivité et la neutralité sont les conditions essentielles dans la pratique journalistique, selon les mythiques canons de la profession. « Les faits rien que les faits », clame-t-on à la BBC et « Pas question de laisser transparaître sa propre opinion », renchérit-on encore dans maints médias ou associations professionnelles, et, bien entendu dans le monde politique et décisionnel qui ne supporte pas certaines enquêtes et contre-enquêtes journalistiques concernant différentes « affaires ».
Alors, d’aucuns reprochent à des journalistes « de terrain » d’être « engagés ». Ils les appellent dédaigneusement des « journalistes-militants ». Comme le prouve le reportage ci-contre, je suis de ces derniers.
La raison est simple à exprimer, car elle est guidée par une prise de conscience comme il le fut expliqué lors de récents débats à la Maison des Journalistes à Paris, entre autres : « Albert Camus écrivain, philosophe mais aussi journaliste, fut parmi les premiers à revendiquer l’importance d’un journalisme enraciné dans la société, impliqué dans la vie et en lutte contre l’injustice. Selon Camus, il faut prendre conscience de son appartenance au monde de son temps, renoncer à une position de simple spectateur et mettre sa pensée ou son art au service d’une cause. Bref, pour Camus, il faut s’engager. »
Cette chronique s’est engagée dans le sens d’une fraternité universelle au-delà de tout, religions et philosophies y comprises. Et la laïcité est la seule à pouvoir l’incarner.

Photo : Pixabay libre de droit.
[1] Religion in on the decline, WSJ, 2019.







Une fois n’est pas coutume, c’est de bande dessinée qu’il va être question dans « Littérature sans Frontières » avec « Dans les pas du fils » de Clémentine Fourcade publié chez Calmann Levy. À savoir, une adaptation du livre éponyme de Renaud et Tom François écrit avec Denis Labayle.
N’étant pas qualifié pour vous décortiquer le graphisme, bien que celui-ci soit agréable à parcourir par une simplicité colorée sans être simpliste, cette bande dessinée vaut par le chemin initiatique dont voici les premières lignes :

« Alors, voilà, il aura fallu trois mois du Kirghizistan, deux accidents de moto, une rupture de ligament

Après une première approche dans notre rubrique « Terre citoyenne », voici la deuxième chronique consacrée à l’essai Anarchisme non-violent et pacifisme libertaire de Sebastian Kalicha qui vient de paraître à l’Atelier de création libertaire (
Pierre Ramus (1882-1942), éditeur, l’un des plus grands théoriciens de l’anarchisme non-violent au XXe siècle : « Ils sont bien mal placés ceux qui, en général, prennent fait et cause pour la violence de l’État pour nous considérer comme identiques à eux-mêmes, nous autres qui luttons en faveur de la non-violence… »


Effectivement, cela n’agrée pas du tout les pouvoirs d’entendre, je cite le livre, « que la résistance non-violente est parfaitement en mesure d’exercer une pression sociale en développant une force par en bas, c’est-à-dire un contre-pouvoir non-violent. La révolution sociale est un bouleversement fondamental de l’ensemble de la société touchant toutes les sphères sociopolitiques : sociale, économique, politique, écologique, éthique…
Alors, quelles sont ces actions non-violentes qui déstabilisent peu ou prou certains pouvoirs ? En voici une liste non exhaustive tant l’imagination est grande en fonction des situations : à côté des traditionnels sit-in, manifestations, marches, distributions de tracts, graffitis…, certaines actions sont plus radicales : objection de conscience, désobéissance civile, non-collaboration, boycotts, insoumission, grèves, non-respect de lois jugées injustes car ce qui importe n’est pas ce qui est légal, mais ce qui est légitime…
