Mons est une importante ville de Wallonie située à une vingtaine de kilomètres de la France. Capitale du Hainaut dont le slogan est « Une ville à taille humaine où il fait bon flâner », ajoutons-y un patrimoine remarquable avec son beffroi baroque, son exceptionnelle architecture romane, sa dizaine de musées, dont le Mons Memorial Museum (www.monsmuseummemorial.mons.be) qui, jusqu’à la mi-décembre, présente une exposition consacrée aux affiches politiques.
Il s’agit de la 14e édition de la Triennale de l’affiche politique mettant en évidence les grands enjeux politiques, sociaux et environnementaux qui traversent nos sociétés.
La triennale de l’affiche politique est un concours international ouvert aux graphistes professionnels et aux étudiants d’écoles d’Arts Plastiques développant le thème politique au sens premier du terme à savoir la vie dans la cité, et dans la société. La triennale est ouverte sur le monde entier.
Utilisé au début dans la communication institutionnelle et la publicité, ce support va devenir un véritable moyen d’expression et de diffusion des nouvelles idées et des contestations.
Ces affiches mettent en exergue tous les aspects de la vie en société : Droits des êtres humains, la problématique Nord-Sud et le Tiers-Monde, la faim dans le monde, la chute du communisme, les minorités, les migrations, le racisme et le fascisme, la clandestinité, l’exode, l’holocauste, l’environnement, le sida, les sans-abris, la pauvreté, la violence à l’égard des femmes, la maltraitance… mais aussi des thèmes plus en phase avec l’actualité de ces trois dernières années.
Pour cette 14e édition, sont exposées de nombreuses illustrations sur des sujets tels que l’hyper mondialisation, les changements climatiques, le fanatisme, les dangers du numérique, la démocratie en péril, la migration, certaines questions politiques, la Mémoire, l’espoir et un focus sur le Portugal.
Parmi les dizaines d’affiches exposées, six françaises sont présentées sous le titre générique « les femmes disent non au harcèlement de rue ».
Cette campagne fut tenue lors d’une récente Journée internationale des Droits des femmes et en voici des slogans : « Les femmes disent non aux regards insistants dans les cafés », « Non aux insultes sexistes », « Non aux sifflements harceleurs », « Non aux mains baladeuses dans la rue », « Non aux frotteurs dans le bus »…
Et, comment ne pas être sensible à cette affiche créée par Vanessa Verillon : « L’égalité ça se défend ! », un concept très cher à Fréquence Terre.
Plus qu’une mode, être végétarien aujourd’hui est non seulement une tendance qui se répand à travers le monde, c’est aussi une sorte d’engagement de la part de plus en plus de personnes face aux nombreux problèmes de santé et de société.
Manger végétarien que ce soit pour des raisons éthiques, d’environnement, ou de santé demande certains changements d’habitudes, d’organisation et de compréhension des besoins physiologiques du corps. Alors laissez-vous guider pas à pas avec l’ouvrage « Végétarien sans carences » co-écrit par le Dr Arnaud Cocaul et Isabelle de Vaugelas aux éditions Albin Michel. En effet, avancer pas à pas vous permettra de choisir ce qui vous convient et ce qui vous correspond, en matière d’aliments, de cuisson, de conservation, de réaménagement de vos placards, etc.
L’idée centrale lors d’un changement alimentaire, est d’être à l’écoute de son corps, c’est-à-dire des divers symptômes possibles comme des ballonnements, des changements de transits ou autres et de progressivement devenir végétarien. Les auteurs de l’ouvrage nous guident aussi sur l’importance d’équilibrer notre assiette afin que notre organisme ne souffre d’aucune carence. Et puis de précieuses règles d’or parsèment les différents chapitres. Je vous invite à les découvrir dans ce magnifique ouvrage abondamment illustré et qui, rien que lui, vous met en appétit.
Et pour terminer, je vous mets davantage l’eau à la bouche en vous citant les noms des nombreuses recettes, il s’agit de pastilla, de tortilla, de pâté, de gratin, de mijoté, de crème, de sauce, de dahl, de crumble, de curry, de fafafel, de brownie, de cake, et je vous le confesse le pudding à la mangue est pour moi une découverte incontournable.
Que vous soyez déjà végétarien ou en passe de le devenir ou simplement un amateur de cuisine saine, cet ouvrage qui a comme objectif « j’équilibre mes apports et je me régale avec 80 recettes ultra-gourmandes » est tout simplement idéal pour vous.
Son doctorat en sciences appliquées en poche, Pedro Correa est devenu artiste photographe ! Une seule raison à ce changement notoire de statut social : la force de la passion.
« Nous sommes la Relève », écrit-il dans son ouvrage Matins clairs (L’Iconoclaste) ou « Lettre à tous ceux qui veulent changer de vie ». C’est-à-dire, les contestataires, les rebelles, les subversifs, les bienveillants, les sensibles, les rêveurs, les inadaptés, les malades de ce système.
Son père, son grand-père, ont connu la guerre d’Espagne : « La guerre, c’est le retour à l’état sauvage. Plus aucune règle de notre édifice social ne compte. Il s’agit de tuer son prochain, c’est le ‘‘ tuer ou être tué’’ des champs de bataille devenu le ‘‘croître ou mourir’’ des entreprises. »
La mère de l’auteur n’avait pas été mieux lotie, puisqu’elle porta sa jeunesse difficile comme les plongeurs leurs bouteilles d’oxygène : « un lourd poids sur le dos qui permet de survivre ».
Ses parents sont devenus enseignants et artiste à Bruxelles, loin des champs et chantiers de leur coin reculé d’Espagne à la frontière portugaise, là où cette famille émigrée dans la capitale de l’Europe retournait lors des congés.
Pedro Correa explique : « Je suis devenu photographe car j’étais à la recherche de la beauté du quotidien. J’ai toujours écrit car j’étais fasciné par la beauté de l’humain. »
Il fit un constat, qu’ici à Fréquence Terre nous avions aussi dressé il y a bientôt une année : lors du premier confinement pour cause de COVID-19, les acteurs essentiels de la Société sont les soignants, les éboueurs, les enseignants, les artisans, les artistes, les conducteurs de bus, le personnel de nettoyage, les agriculteurs, les militants, les bénévoles, soit, je le cite « toutes celles et tous ceux qui nous font vivre, nous maintiennent en vie et nous donnent envie d’exister. »
En revanche, à l’opposé, il y a toutes ces professions dont la disparition n’altérerait par ladite Société car, selon Pedro Correa, « ils ont pour unique vocation le maintien du système en place. »
Système capitaliste, consumériste, hyperconnecté et robotisé jusque dans la pensée.
L’auteur a un rêve : celui d’un nouveau monde où l’on rétribuera chaque activité de façon proportionnelle à son bénéfice sur nos prochains, sur notre habitat, sur notre planète.
Il conclut et je suis en accord avec lui : « Toutes nos luttes sont indispensables ». J’ajoute : faut-il encore que la majorité des gens adhèrent à ces luttes citoyennes, en soient des acteurs, ne considèrent plus l’insoumission et la désobéissance civile, par exemple, comme de l’incivisme ou du folklore.
Comme un mantra, il me plaît à répéter que ce qui est présenté comme légal par les autorités n’est pas obligatoirement légitime, et que la conscience prime sur les lois et le système ultracapitaliste qui bafoue les droits humains et notre environnement au nom du rendement, donc du profit et de l’actionnariat.
Poursuivons la lecture de la « Théorie du tube de dentifrice » de Peter Singer (Le Livre de Poche), essai qui relate la vie d’Henry Spira, américano-belge dont la méthode fit plier le FBI, L’Oréal et Mc Donald’s et qu’il fut un activiste notoire pour la cause animale.
Après avoir travaillé dans la marine et été obligé de servir sous les drapeaux américains, armée dont il garda un souvenir féroce toute son existence, Spira travailla en usine et parallèlement était journaliste au Militant, le magazine du Parti Socialiste des travailleurs (SWP).
On est au mitan des années 1950 et une certaine Rosa Parks, couturière afro-américaine de l’Alabama refusa de céder sa place dans un bus réservée aux Blancs. Reconnue coupable d’infraction, les Noirs boycottèrent les services de transport et Henry Spira, en reportage, se retrouva face à Martin Luther King qui dit : « Un long chemin nous attend avant que nous puissions devenir des citoyens de 1ère classe. »
Mais les Noirs prouvèrent qu’ils pouvaient s’unir et s’organiser pour retrouver leur amour-propre.
Non seulement Spira en fit état dans ses reportages, mais il en retint les premiers fondements de sa théorie pour l’activisme citoyen : écouter les individus impliqués dans des événements, trouver ce qui les a fait passer à l’action, savoir pourquoi ils l’ont fait et ressentent.
Ainsi, il répercuta par un journalisme de terrain que des gens qui n’avaient jamais parlé en public, s’étaient levés, s’exprimaient et ressentaient une force nouvelle parce que, enfin, ils étaient écoutés.
Avec ses articles, Spira contribua à obtenir le soutien de puissants syndicats à la 1ère manifestation de masse à Washington contre le racisme dans le Sud.
Il poursuivit ses reportages de la terreur infligée par les Blancs du Sud aux Noirs et, ô crime de lèse-majesté, il s’attaqua au FBI et à son omnipotent patron, J. Edgar Hoover. Voici un extrait de l’un de ses articles : « La fonction première du FBI n’est pas le débusquage de gangs, mais celle du fichage et avec l’aide de mouchards, de parjures, de coups montés et des dossiers par millions, de tous ceux que juge dangereux un ordre social rongé par la crise. Le véritable rôle du FBI est d’orchestrer la chasse aux sorcières. »
Une des conséquences des articles de Spira est que le célèbre quotidien New York Post récupéra une bonne partie des éléments révélés par Henry Spira pour mettre au point sa propre série, ce qui, on le devine aisément n’a pas plu au FBI et au pouvoir américain.
Dès lors, un dossier dit « secret » fut ouvert à son nom et de fausses informations, des témoignages bidouillés, des accusations inventées, des renseignements trafiqués sur ses activités, constituèrent une action diffamatoire d’envergure.
Henry Spira ne se laissa pas démonter et continua son travail de journaliste d’investigation qui, nous le verrons dans une prochaine chronique, déboucha sur son engagement pour le droit des animaux, sans conteste un autre aspect de l’écologie.
Ce que l’on peut déjà avancer, c’est que le travail de correspondant de presse d’Henry Spira, fut un exemple de déontologie et d’humanisme, une véritable leçon d’une attitude d’une actualité plus que nécessaire en cette année 2021.
Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre
Huitième épisode de la série de podcast « Ici commence l’Océan « », série éponyme de la campagne « Ici commence l’Océan » lancée par l’association LONGITUDE 181 à destination de tout public afin d ‘agir, pas à pas, pour un océan riche d’une vie retrouvée.
Une campagne qui a pour cœur les 10 actions pour réagir objet du livre « Sauvons l’océan ! » édité aux éditions Rustica et écrit par Véronique et François SARANO et préfacé par Isabelle AUTISSIER.
« Ici commence l’Océan » c’est une proposition de réponses aux menaces qui pèsent sur l’Océan. Lors de la dernière chronique, nous étions sur le littoral en bord de mer pour éviter les mauvaises pratiques qui nuisent à l’Océan. Aujourd’hui, je vous propose d’examiner les bons réflexes à avoir quand on prend le large quand on navigue, quand on plonge.
Car être au large, quel que soit l’activité exercée, c’est vivre en mer, en bateau, lieu de vie en prise directe avec l’océan.
Henry Spira (1927-1998) fut un influent militant pour le droit des animaux, encore et toujours un modèle pour des associations de défense animalière, telle L214 dont une fondatrice déclara dans « Théorie du tube de dentifrice » ou « Méthode de l’homme qui a fait plier le FBI, L’Oréal et McDonald’s », ouvrage de Peter Singer (Le livre de Poche) : « Notre efficacité ce sont les méthodes d’Henry Spira ».
L’auteur explique la philosophie d’Henry Spira : « Son travail peut nous enseigner comment transformer nos positions morales en actions afin qu’elles puissent avoir un impact sur le monde. »
Les campagnes de Spira aboutirent à supprimer ou à limiter la souffrance animale et la théorie de ce pacifiste manifestant seul semblait aussi simple que de déboucher un tube de dentifrice.
À savoir, d’un côté, tenter d’enlever ce qui obstrue l’ouverture, de l’autre appuyer sur le tube. Résultat de l’opération : lever l’obstacle et faire pression.
Ajoutons qu’à chaque problème posé il suggérait une solution crédible. Certes, parfois il est difficile de déboucher un tube de dentifrice, mais, au moins, cela donne un sens à son existence, permet de lutter contre l’injustice et, petit à petit, changer les mentalités.
Henry Spira, d’origine belge a fui l’Allemagne nazie avec sa famille à 11 ans, puis, à l’âge adulte, il émigra aux États-Unis, devint marin, ensuite syndicaliste et enfin activiste à temps plein.
« Successivement inspiré par les socialistes, les anarchistes et Martin Luther King, ce défenseur des travailleurs et des Noirs américains se mua, à 45 ans, en militant de la cause animale », spécifie Peter Singer.
Quant à Henry Spira, retenons cette première citation avant de développer davantage et dans plusieurs chroniques son parcours : « Si vous repérez une situation injuste, vous devez faire quelque chose. »
Peu enclin à servir sous les drapeaux des USA, il fut cependant intégré de force à l’US Army en 1952, alors que, je cite l’auteur « la marche au pas et les manœuvres militaires lui paraissaient vaines… »
À vrai dire, ces deux années passées dans l’US Army l’éclairèrent sur ce qui allait devenir l’œuvre majeure des vingt-cinq dernières de sa vie : « L’armée ne cherchait pas à nous inspirer, elle s’efforçait de produire des robots humains. Ainsi, on donnait aux recrues une brosse à dents pour nettoyer le bureau des officiers. Tout le monde savait que c’était absurde, mais l’exercice servait à apprendre au nouveau soldat à faire ce qu’on lui disait. Tel un zombie, le soldat n’avait droit ni à une conscience ni à de la spontanéité.
Toutes les recrues à qui l’on faisait faire des manœuvres s’interrogeaient sur le sadisme des instructeurs. À la fin de la formation de base, nous avons compris que l’armée avait pris un certain nombre de connards, les avait mis à l’école des dirigeants, et, après quelques semaines, ceux-là mêmes qui ne pouvaient imaginer quelqu’un d’aussi sadique que leur instructeur faisaient la même chose aux nouvelles recrues. »
« Je crois que, fondamentalement, on a envie de sentir que notre vie est revenue à plus que simplement consommer des produits et générer des déchets », déclara Henry Spira, celui qui fit plier quelques multinationales.
Dans de prochaines chroniques nous analyserons de plus près ce « mode d’emploi » pour changer le monde.
Apprendre à vivre avec son meilleur ami et son pire ennemi, proposition étrange me diriez-vous. Pourtant, c’est ce que chacun d’entre nous tente de faire au quotidien. Car le meilleur ami ou le pire ennemi c’est en réalité soi-même.
Et aujourd’hui entre isolement, incertitudes sur l’avenir, le confinement est une période particulièrement déstabilisante. Certains subissent pour la première fois des troubles anxieux ou dépressifs et d’autres voient leurs troubles psychiques préexistants s’aggraver.
Le docteur Philippe Presles dans l’ouvrage intitulé « Moi » publié chez Albin Michel, s’appuie sur les neurosciences, la psychologie du développement et de nombreux exemples, notamment personnels, pour nous guider dans la découverte des potentiels insoupçonnés de notre Moi. L’objectif final étant bien évidemment de faire de ce Moi un ami et un ami sur lequel on peut compter.
L’ouvrage nous explique comment la conscience se développe chez l’enfant puis comment cette même conscience se traduit dans tous nos différents vécus d’adultes. Et ce faisant, nous comprenons comment la conscience participe à la construction de notre monde intérieur, à la fois extrêmement riche et complètement fictif. À savoir que notre conscience interprète tous nos vécus et leur donne un sens en fonction de tout ce que nous avons accumulé dans notre monde intérieur. C’est ainsi que nous pouvons être malheureux dans des situations plaisantes ou heureux quand tout semble aller mal.
Explorer les potentiels de son Moi, est aussi une invitation à réfléchir sur le sens que nous voulons donner à notre vie. Et l’auteur nous encourage a toujours mieux interpréter ce qui nous arrive.
Philippe Presles, médecin et psychothérapeute nous conseille de nombreuses pistes et outils afin de mieux percevoir le beau en nous, les trésors de notre monde intérieur et il « nous pousse dans le dos » pour toujours chercher le chemin afin de devenir la personne que nous voulons être.
Sans une protection majeure débutée dans les années 1950 par une prise de conscience, et dans les années 1960 par des lois, le vautour aujourd’hui aurait complètement disparu.
Car, comme le signale « Vautours.info » qui a pour slogan « Mieux les connaître pour mieux les protéger », l’image négative de charognard ne l’aidait pas.
« C’est avec des formations et un enseignement auprès des différentes générations que nous arriverons à lui faire retrouver sa place dans notre quotidien », explique-t-on chez ces spécialistes des rapaces.
Car, ne l’oublions pas, les vautours jouent un rôle sanitaire important que maints bergers et éleveurs reconnaissent volontiers, puisque ce sont les seuls animaux à pouvoir faire disparaître rapidement les cadavres et, de la sorte, limiter les épidémies et les pollutions organiques.
« Ce ne sont donc pas des tueurs », argumente-t-on aussi à « Nature en Occitanie ». Que du contraire ! Ils font partie intégrante de l’écosystème et les vautours ont donc un rôle écologique fondamental.
Cet exemple précis est l’occasion de rappeler que l’écologie est un concept qui englobe une multitude de paramètres. Certes, la plus connue est la protection de l’environnement incarnée, ces derniers temps, par l’action militante de Greta Thunberg et de millions de jeunes à travers la planète qui manifestent pour le climat.
Parmi les autres paramètres, il y a celui de l’histoire des théories et pratiques écologiques développée au fil des siècles, tout comme les rites, croyances populaires, la mythologie et légendes ancestrales qui ont tracé un chemin aux mouvements écologiques actuels.
Ainsi, les animaux, pour qui des associations luttent sans relâche pour leurs protection, bien-être et respect, relèvent aussi d’un enseignement venu des temps anciens, comme l’explique Didier Michaud dans la « Tradition initiatique » paru à la Maison de Vie.
Écoutons ce qui se disait au sujet du vautour dans l’Égypte alexandrine, plus particulièrement autour du hiéroglyphe du vautour : « Lorsque les Égyptiens écrivaient la mère, la vue, la limite, la prescience, l’année, la voûte céleste, le miséricordieux…, ils peignaient un vautour. »
Et l’écrivain Horapollon d’expliquer au Ve siècle les raisons de ce symbolisme, dont celui de l’année : « Le vautour distribue son année en 365 jours. Pendant 120 jours, il fait sa gestation, pendant 120 autres jours, il nourrit ses petits, et pendant les 120 jours qui restent, il prend soin de lui-même sans être en gestation et sans nourrir de petits et se préparer à une nouvelle conception. Quant aux derniers cinq jours, il les consacre à se laisser féconder par le vent. » C’est joli comme histoire, mais ça l’est davantage quand l’écrivain écrit que le vautour est miséricordieux, lui que l’on décrit pourtant comme un « charognard ». En effet, lorsqu’il n’a plus assez de nourriture à offrir à ses petits, il coupe sa propre cuisse et procure ainsi à ses enfants du sang à boire pour qu’ils ne périssent pas.
Certes, depuis lors, la science a mis les choses au point sur la gestation, la fécondation par contact de la zone cloacal, le fait qu’il est le seul à pouvoir regarder le soleil sans problème, son système génital qui n’est pas externe, néanmoins cet exemple du vautour vu dans l’Antiquité a aussi permis de peaufiner, au fil des siècles, ce qui façonne l’écologie de ce XXIe siècle. Des avis, des observations, des études… aussi nombreux que variés, ont donc affiné nos théories actuelles, celles traitant de l’écologie y comprises.
Et, comme le précise Didier Michaud dans son livre « La tradition initiatique », « tout, dans la vie, se manifeste par la diversité ; ne pas laisser de place à la diversité, c’est nier la vie. »
Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre
Septième opus de la série de podcast « Ici commence l’Océan « », série éponyme de la campagne « Ici commence l’Océan » lancée par l’association LONGITUDE 181 à destination de tout public afin d ‘agir, pas à pas, pour un océan riche d’une vie retrouvée.
Une campagne qui a pour cœur les 10 actions pour réagir objet du livre « Sauvons l’océan ! » édité aux éditions Rustica et écrit par Véronique et François SARANO et préfacé par Isabelle AUTISSIER.
« Ici commence l’Océan » c’est une proposition de réponses aux menaces qui pèsent sur l’Océan. Après la réconciliation avec l’Océan et sa découverte, et une revue des solutions aux pollutions domestiques quotidiennes, des déchets, et de nos consommations d’usage ou de poissons je fais ici référence aux six épisodes précédents de cette série de chroniques, je vous propose d’examiner les bons reflexes à avoir en bord de mer.
En effet , la vie marine se concentre en bord de mer , zone vitale pour l’Océan, zone la plus fragile, en raison des nurseries ou zones de reproduction, mais aussi la plus exposée à nos dégradations et à notre présence en nombre.
Une cantine pour lutter contre le repli identitaire. C’est l’ambition de la cantine syrienne, soutenue par la Fondation Danielle Mitterrand. Installé depuis un peu plus d’un an à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, cet espace « non-lucratif », est pensé comme un lieu de rencontre et de partages de vies, d’expériences, de cultures…
Rindala est la cofondatrice de ce collectif, fruit d’une série de rencontres en 2018 entre étudiants syriens, exilés en France.
« Il y avait un mouvement d’occupation des facs en France. On s’est demandé comment intervenir dans ce mouvement à partir de notre position d’étudiants exilés syriens. Petit à petit on a pris des contacts, on a discuté. On a fait des rencontres dans plusieurs universités. Quand on a quitté l’université, on a voulu continuer de faire des choses de manière plus stable, sur la longue durée, avec plus de consistance. On a rencontré par exemple des gilets jaunes de Montreuil. A travers ces rencontres diverses, éclatées sur la région parisienne, on s’est retrouvé avec un groupe de Syriens et de Français. L’idée est venue de faire une cantine, déjà parce que la nourriture syrienne nous manque. On voulait se réunir sur quelque chose qui n’est pas que politique, mobilisation, soulèvement, répression. On voulait quelque chose de plus joyeux, d’essentiel, de vie. On a décidé de faire un espace de rencontre et de solidarité. »
Tisser des liens de solidarité
Le collectif a donc créé cette cantine populaire. On y partage un repas convivial, mais pas uniquement.
« Nous, on est loin de notre pays, du contexte politique. Etant donné qu’on est exilé en France, on ne veut pas lâcher ce côté d’être acteur et actrice, de réfléchir la politique, de la faire, de la discuter. Pour cela, il faut trouver notre propre place. On a pensé à des formes de solidarités nouvelles, pas qu’avec des Syriens mais aussi avec d’autres locaux. A Montreuil, les gens qui viennent sont originaires du Maghreb, d’Inde… Ce sont des solidarités, des rencontres avec des étrangers qui partagent les mêmes conditions que nous. Mais c’est aussi avec des Français avec qui on peut réfléchir sur la situation politique et les formes de solidarités et de rencontres possibles ici. »
Et à Montreuil, le lien avec le tissu associatif local est un pan fondateur de la cantine.
« On est installé dans un centre social et culturel qui accueille énormément d’associations et de collectifs. Il y a des cours de français, des distributions alimentaires, des cours de yoga à prix libre, des cours de sports, des rendez-vous administratifs concernant des questions de sans-papier. Il y a vraiment un tissu associatif assez dense. Nous, on voulait s’inscrire localement et tisser des liens avec des gens autour de nous. S’installer dans cet espace a été un énorme avantage pour nous. »
Deux fois par semaine, le repas, préparer et organiser en commun, est surtout le prétexte à la rencontre et à la discussion.
« On invite ceux et celles qui veulent nous rejoindre, pas que pour aider dans la cuisine, mais aussi pour rencontrer d’autres personnes, pour se sociabiliser. Petit à petit, pas mal de gens ont continué à venir. Parce qu’au-delà de la cuisine, ils apprécient énormément ce temps de préparation. C’est un espace de sociabilité assez chouette. Pas mal de gens qui reviennent apprécient ce moment. Parfois ils viennent avec leur potes. Parfois, en entendant les discussions des autres, ça commence à parler. Ce sont des grandes tables de découvertes, à la fois de la nourriture syrienne mais aussi des voisins, des gens qui travaillent dans le quartier. »
Au-delà de la seule Syrie, le lieu offre un lieu de débats pour créer des ponts entre les peuples et les cultures.
« On a des dîners-débats. On invite un collectif, un intervenant. On a déjà fait une rencontre avec les gilets jaunes de Montreuil, une soirée de soutien au soulèvement au Liban. Au printemps, on va organiser une rencontre avec un collectif iranien exilé à Paris. On essaie de ne pas rester sur des thématiques syriennes ou françaises, mais d’internationaliser, de créer des ponts. Montreuil, c’est une ville avec énormément de mixité. On s’inscrit dans ce territoire. Et on veut dire que, pour la lutte, que ce soit ici ou ailleurs, on a besoin de se rencontrer, on a besoin de parler, on a besoin d’apprendre, d’être d’accord et parfois ne pas être d’accord. Mais parlons-en. »
Combattre les préjugés
Et Rindala met en avant le rôle primordial de la cantine : Un moyen de lutter contre le repli sur soi, le repli identitaire, et apprendre à se connaître pour abattre les préjugés.
« Avec la révolution syrienne, il y a beaucoup d’aspects qui sont méconnus, pas mal de préjugés, de conceptions qui sont fausses. Parfois on peut parler discrimination ou racisme. Pour nous c’est important d’expliquer notre point de vue, mais pas de manière idéologique. C’est pour ça qu’on favorise les moments conviviaux autour des activités. On va avoir un ciné-club moyen-oriental, des cours de danse… On est en train de faire de la politique dans le sens où les gens se rencontrent. Ils ont un peu moins peur de cet autre Syrien quelque part très loin. Amener notre point de vue, pas de manière idéologique, politique, avec d’abord la rencontre humaine, c’est une manière un peu plus efficace de combattre les préjugés, les discriminations. Cela nous met moins sur la défensive. »
Soutenue par la Fondation Danielle Mitterrand, la cantine syrienne est en recherche de fonds pour se développer, mettre en place de nouvelles activités et améliorer son fonctionnement. Elle est à retrouver sur leur page Facebook.