« Banksy. The Brussels Show » est un ensemble d’œuvres originales, parmi les plus importantes et représentatives de l’artiste de street art, exposées à la Galerie Deodato Art (www.deodato.be) située au cœur de la Capitale de l’Europe, dont le succès est tel qu’il a fallu une prolongation jusqu’à la mi-juin pour satisfaire l’engouement du public et des potentiels acheteurs.
Actif depuis les années 1990, Banksy utilise principalement le pochoir pour exprimer graphiquement sa philosophie basée sur l’anarchisme pacifique, l’antimilitarisme, l’anticapitalisme et l’antisystème.
Ses personnages emblématiques représentent souvent des rats, des singes, des forces de l’ordre, des militaires, des personnalités, mais aussi des enfants et personnages âgées, œuvres dont l’humour n’est pas toujours absent.
Mais, comment expliquer le succès mondial de Banksy ? Par l’anonymat de l’artiste ? Par ses messages hautement engagés ? Par son design ? Comment distinguer une œuvre de Banksy d’une imitation ou d’une copie ? Qui le représente dans le commerce de tableaux ou vérifie l’authenticité de ses œuvres ?
Que de mystères, donc, derrière cet artiste travaillant principalement sur des murs, dans des rames de métro, dans des enclos de zoos, sur les piliers de ponts, sur des trains…, et dont certaines réalisations sont devenues des sérigraphies d’une très grande valeur marchande. Il faut aussi savoir qu’il offre régulièrement le produit d’une vente ou l’autre à une association humanitaire.
Pour nous en parler davantage et répondre à nos questions, Mme Ginevra Andreoni, responsable de la Galerie Deodato Art, a reçu Fréquence Terre et fait visiter son exposition (podcast ci-contre).
En plus de la pandémie qui ravage la planète, ce dont ils souffrent au même titre que le commun des mortels, les réfugiés ont aussi à compter avec la précarité, le déracinement, la séparation familiale, parfois le racisme.
Dans le cadre de ce reportage, Fréquence Terre est allé à la rencontre de Tibétains qui, depuis des années, manifestent pacifiquement devant l’ambassade de Chine de la capitale de l’Europe.
Un rituel récurrent comme à chaque fois, un appel au secours et à la fraternité universelle.
Gestes et onomatopées à l’appui, Jamyang Tsering, 60 ans, et son frère Bu Zhu, 63 ans, exilés tibétains depuis près de deux décennies, expliquent la répression chinoise qui les a fait fuir et qui, aux toutes dernières nouvelles qu’ils peuvent recueillir, n’a guère évolué.
Ainsi, depuis 1950, le Tibet est sous la férule de la Chine et le monde entier est au courant que la dictature y règne avec la volonté d’y éradiquer la culture ancestrale, que les Droits des êtres humains y sont bafoués et qu’il y est question d’un véritable génocide.
D’où des centaines de milliers d’exilés, le plus célèbre d’entre eux étant le 14e dalaï-lama.
Certes, ce reportage (podcast en annexe) n’a pas eu la prétention de théoriser sur la situation au Tibet. Il a tout simplement voulu donner la parole à deux exilés, tout heureux qu’un média se penche sur leur sort.
Leurs sourires suffirent à nous convaincre que l’aspect humaniste prime parfois sur tout autre considération.
Photos de Marie-Paule Peuteman et Pierre Guelff : actions pacifiques diverses devant l’ambassade de Chine à Bruxelles et les deux interlocuteurs au micro Fréquence Terre.
Posséder une surface terrestre au sens large qu’elle soit terrestre ou maritime permet beaucoup de choses , par aliénation de tout ce qui s’y passe., On ne sortira pas du droit de la propriété demain matin pour sûr.En matière d’environnement, la propriété est un élément butoir sur lequel butent de nombreuses tentatives de réparations environnementales.Autrement dit avec la capacité pérenne de destruction ou au contraire de sauvegarde d’un objet de propriété. La propriété est donc une barricade , une défense , à l’encontre de toute tentative de demande de compte. On peut imaginer de la retourner à bon escient et c’est ce que n’ont pas manqué de faire des associations de protection de l’environnement dans le monde , en faisant des acquisitions foncières leur permettant de créer des havres de paix pour le vivant.
Mais qu’en est- il des zones maritimes ? à découvrir dans cette chronique.
Il y a deux conceptions pour définir la mondialisation :
• La conception unitaire, c’est-à-dire un monde uni dans une approche géographique, idéologique, économique avec interpénétrations des cultures, des technologies, des gouvernances…
• La conception pluraliste, elle, est favorable à l’altermondialisme. À savoir, opposition au libéralisme, recherche d’alternatives globales et systémiques, autonomie des peuples, démocratisation des institutions, protections de l’environnement, arrêt de la surexploitation des ressources, solidarité, davantage de coopération que de concurrence…
Pourquoi étendre à la mondialisation le combat pacifique mené contre l’armée, pourvoyeuse de désastres humains et matériels, par exemple ?
Parce qu’elle cause davantage les injustices sociales et les inégalités financières, qu’elle œuvre à 99% en faveur d’une élite richissime, qu’elle impose de faire payer partout l’argent cher à ceux qui n’en ont pas, qu’elle argumente, l’air pénétré de condescendances humiliantes « qu’on ne peut pas aller contre les chiffres du calcul froid des risques » afin de licencier sans le moindre remords et délocaliser les entreprises, que cette mondialisation imaginée par le grand capitalisme génère des désespoirs sociaux et des misères, dont elle n’a que faire et qui n’ébranlent même pas sa conscience, pour peu que ses responsables en aient une.
Telle est l’entrée en matière de Frédéric Gros, auteur de Désobéir, paru aux Éditions Flammarion (2019).
Ainsi, il constate que la mondialisation « innocente celui qui engrange des bénéfices », c’est l’arrogance face au désespoir, les règles de solidarité s’effritent, et ces décideurs agissent de plus en plus pour inculquer la notion que « le sens à la vie passe par la consommation à outrance ».
En présence de cela, la Terre est aussi très fatiguée, voire exténuée, d’être salie, polluée, encrassée, violée. La base vitale est atteinte, le cycle de la renaissance des espèces vivantes et des ressources naturelles est brisé.
Alors, pourquoi encore se taire ? Se résigner ? Allons-nous continuer à laisser faire, à nous comporter en spectateurs blasés, à regarder ailleurs, ou allons-nous enfin ouvrir les yeux ?
Cette passivité devient mortelle. N’est-il pas temps de réagir ? De désobéir et de devenir des « dissidents civiques » ?
« Désobéir est une déclaration d’humanité, déclare encore Frédéric Gros. Désobéir peut-être une victoire sur soi, une victoire contre le conformisme généralisé et l’inertie du monde. »
Une fois encore, Fréquence Terre monte au créneau pour, comme le dit si bien Michel Lancelot dans sa célèbre émission Campus sur Europe 1 dans les années 1960, dont l’audimat se situait aux alentours des deux à sept millions d’auditeurs par soirée : « Je participe personnellement dans mon domaine de la radio à un engagement moral en proposant des témoignages, pamphlets, réflexions, enquêtes et interviews, qui donnent à l’auditeur les principaux aspects de notre époque et mes sentiments, inévitablement par ce que j’ai vu, entendu et vécu, apparaissent ça et là. »
Comme dit Albert Camus : « En tant que journaliste, il faut prendre conscience de son appartenance au monde de son temps, renoncer à une position de simple spectateur et mettre sa pensée ou son art au service d’une cause. Il faut s’engager. »
Et de journaliste engagé à citoyen engagé, le pas doit à présent être franchi en urgence.
Danielle Mitterrand a toujours eu le souci de donner la voix aux sans-parole, aux sans-papiers, aux sans-terre. Le droit de tous les peuples était au centre de toutes ses préoccupations. Aujourd’hui, est-ce que la Fondation revendique encore cette priorité ? Est-ce toujours le cas, voire encore plus ?
« C’est toujours central. Le droit des peuples, c’est ce qui nous a fait démarrer en tant que Fondation. Donner la voix aux sans voix, cela tenait beaucoup à cœur Danielle Mitterrand. On continue aujourd’hui en mettant en lumière les actions qui sont portées directement par les peuples. A l’époque, on défendait beaucoup les Sahraouis, les Tibétains et les peuples autochtones dans leur recherche d’autodétermination et de respect de leurs droits. Aujourd’hui, c’est toujours d’actualité. Il y a des soulèvements populaires un peu partout, au Liban, au Chili ou ailleurs, où le peuple se réveille, exige le respect de ses droits, exige de pouvoir retrouver son pouvoir. C’est pour cela que l’on a développé tout un programme autour des questions de démocratie, et notamment de démocratie radicale qui essaie de dépasser les régimes représentatifs, pour retrouver l’essence du mot démocratie : le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. »
Droits des peuples, biopiraterie, droit à l’eau, citoyenneté, sont l’ADN de la Fondation. 35 ans après, quels sont les positionnements majeurs de la Fondation ?
« Globalement, cela reste le même ADN, la défense des droits humains et des biens communs du vivant. C’est cet entrelacement entre les droits de l’homme et de l’environnement : comment les deux s’interconnectent et comment une Terre viable au niveau écologique permet et facilite la réalisation des droits humains et leur plein épanouissement ? Vu l’urgence actuelle et les enjeux majeurs aujourd’hui, quand on voit les soulèvements populaires et ce qu’il y a derrière comme critique des pouvoirs établis, du capitalisme et des ravages en cours, on est obligé d’acter des positionnements encore plus forts pour remettre au centre un certain nombre de choses. »
« Redonner sa place au vivant »
La Fondation a donc désormais deux axes de travail, « Vivant et commun » et « Alternative démocratique et commun », avec l’idée derrière de faire émerger un autre rapport au vivant.
« On le voit aujourd’hui, le néolibéralisme productiviste entraîne des ravages majeurs, l’extinction de la biodiversité, le réchauffement climatique… Cela pose la question de comment on doit habiter cette Terre, et de quel rapport on a avec les non-humains, avec les écosystèmes. Il faut essayer de redonner toute sa place au vivant. Cela a toujours été très central pour la Fondation, mais on le réaffirme encore plus. On essaie d’adopter une démarche plus systémique qu’avant où on avait une porte d’entrée par l’eau, une porte d’entrée par l’extractivisme, une porte d’entrée par la biopiraterie. Là, l’idée est de travailler tous ces enjeux en même temps. Derrière, c’est un seul et même système qui est en cause : un vivant qui est là, à la disposition des humains, à exploiter, à aménager. L’autre affirmation, c’est d’essayer de reposer ces questions de démocratie en actes, de démocratie radicale. On le lie à cette question de l’autonomie, de l’autodétermination. La question des communs est une piste intéressante pour essayer de repenser à la fois le rapport au vivant, le rapport à l’autre, la manière de faire société. C’est une alternative au capitalisme néolibéral et au dépassement de notion de propriété privée. »
Il y a donc une nécessité de s’adapter aux défis de plus en plus nombreux ?
« C’est une bonne question. Une des premières piste a été d’acter le caractère systémique de tous les ravages contre lesquels on essaie de lutter. On estime que cela va permettre d’arrêter de raisonner en silo, qui est le problème aujourd’hui, où l’on ne raisonne que sur le climat, que sur la biodiversité que sur l’eau. On a aussi acté que, face à l’urgence, il fallait arrêter de croire à la transition, une notion qui induirait que l’on va y aller petit à petit. Il faut opérer plutôt un rupture franche. C’est pour cela que l’on parle de concept de métamorphose et de rupture. Comme disait Einstein, on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’on engendré. Ce n’est pas en essayant de faire des petites améliorations par-ci par-là que l’on va arriver à trancher le problème. »
« Multiplier les fronts de résistance »
« Face aux enjeux, on est obligés de multiplier les fronts de résistance, d’entremêler les stratégie et de soutenir tous les acteurs qui essaient de se soulever, que ce soit par des actions classiques de plaidoyers, que par des occupations de territoires, des réappropriations de lieux. L’urgence est de montrer qu’il y a des alternatives qui se construisent et qui sont très importantes. Il faut essayer d’ouvrir les imaginaires et se dire qu’un autre monde est possible. On en revient à ce que Danielle Mitterrand a toujours dit. C’est pour cela qu’elle était très proche du mouvement altermondialiste. Un autre monde est possible, il est déjà en construction. »
Est-ce à dire que, malgré la force du message de Danielle Mitterrand, ses alertes n’ont pas encore pleinement portés leurs fruits?
« Aujourd’hui, c’est difficile de ne pas être au courant de la situation. La logique du court terme prime. Pour beaucoup, toutes les catastrophes à venir du changement climatique, c’est encore assez loin. C’est pour cela qu’on a décidé d’arrêter le plaidoyer et le fait d’attendre des Etats. On fait le choix plutôt de soutenir ceux qui sont sur le terrain, ceux qui sont déjà en train de métamorphoser, ceux qui vont racheter des forêts pour les gérer en commun, ceux qui vont monter un réseau d’entraide en lien avec le Covid, ceux qui vont récupérer des fruits et légumes pour en faire des repas. Des choses très diverses et variées, qui peuvent paraître anecdotiques, mais qui fleurissent un peu partout et qui sont assez profondes dans la rupture qu’elles opèrent avec ce qu’on a l’habitude de faire. C’est cela que l’on veut les soutenir en priorité pour leur donner plus de visibilité afin d’arriver à convaincre que, in fine, il y a déjà une métamorphose en route.«
Pour sauver l’Océan, sauver notre environnement , nous sauver nous , que faut-il faire pour que ça change ?
Aujourd’hui 2 choix s’offrent à nous : une croissance continue sinon effrénée au prix d’un désastre écologique pour tous . De l’autre mettre rapidement notre avenir en commun en l’adaptant aux limites planétaires. Chaque jour l’écologie progresse dans les têtes et les pratiques, mais semble contrariée, lente, face aux inerties que génèrent les états et les entreprises.
Mais comment aller plus vite ? entre autocratie et démocratie représentative usée, quelle voie choisir ?
Humble réponses dans cette chronique à écouter .
Récemment, je posais la question suivante sur les réseaux sociaux : « La fraternité et la solidarité sont de plus en plus sacrifiées sur l’autel d’une « liberté » individuelle méprisant le respect de l’Autre, s’agit-il d’un nouveau paradigme sociétal ? »
Comme d’habitude, suis-je tenté de dire, il n’y eut pas d’échanges sur le fond et, le hasard faisant à nouveau bien les choses, j’ai reçu au même moment en service de presse La fraternité globale (Éditions érès, 2021) de Michel Joli, docteur en médecine qui exerça une carrière à l’armée, quitta cette dernière pour cofonder l’association « France-Libertés » dont le slogan est « Défendre les droits humains et les biens communs du vivant » prônant de la sorte un monde plus solidaire. Le logo de cette association représente deux arbres : le chêne symbole de justice et l’olivier incarnant la paix.
Le sous-titre de l’essai est « (La Fraternité globale) Expliquée à ceux qui veulent changer le monde ».
Certes, le monde a évolué avec d’indéniables avancées et progrès notoires en matière de médecine, pour ne citer qu’un exemple, mais il y a lieu, pour l’auteur, d’établir le ‘‘bien commun de l’humanité’’ en urgence face à la destruction de la planète, à l’augmentation des inégalités sociales, au manque de perspectives concrètes pour le mieux-vivre ensemble tant promis.
Dans des temps très lointains existaient dans le monde entier les ‘‘communs’’, c’est-à-dire des biens tels les sources, terres agricoles, espaces boisés… n’appartenant à personne et entretenus par la collectivité.
Le principe de ‘‘commune fraternelle’’ était donc de mise.
Puis, tout cela fut accaparé par des moines, des aristocrates, des industriels… à leur profit, bien sûr, menant les peuples à la servitude. À ce jour, ce sont principalement des multinationales qui ont pris le relais.
Les confinements, surtout le premier, dus à la pandémie Covid-19, ont démontré qu’un certain ‘‘retour aux sources’’ était possible en allant à l’essentiel de nos besoins et non à ceux dictés par le capitalisme.
La lecture de cet ouvrage me donne donc l’occasion de le commenter en m’appuyant également sur un texte de juin 2020, titré Trois choses démontrées par le confinement,[1] que j’avais publié.
Ainsi, dans un article, Jacques Littauer[2], avait établi un constat en trois points : ‘‘ Le confinement aura démontré trois choses. Un : notre économie s’effondre dès qu’elle cesse de vendre des trucs inutiles à des gens surendettés. Deux : il est parfaitement possible de réduire fortement la pollution. Trois : les personnes les moins bien payées du pays sont les plus essentielles à son fonctionnement.’’
Dans le même contexte, il dit encore que ‘‘ de nombreux cadres se sont rendu compte que tout tournait mieux sans eux, et qu’ils étaient à la merci, pour leurs besoins quotidiens, de personnes à qui ils n’accordent guère de considération en temps normal : caissiers, livreurs, éboueurs.’’
Quant à Michel Joli, il propose ‘‘d’organiser la vie quotidienne dans la proximité et le partage et il est indispensable d’organiser, au bénéfice de tous les membres de la communauté humaine, une régulation intelligente du patrimoine de la planète en veillant à son maintien, à son renouvellement et à l’absence d’effets toxiques de l’activité humaine (pollutions, réchauffement, catastrophes techniques et sanitaires). C’est un vaste chantier technique et politique qui pourrait disposer de tous les atouts de la planification intelligente et moderne pour gérer, observer, quantifier, répartir et satisfaire équitablement les besoins de la population humaine, sans nuire à son environnement vital.’’
Alors, comment agir concrètement avec tout cela ? Sans hésitation, Michel Joli prône l’altermondialisme comme unique solution ‘‘ à la fois pour lutter contre le capitalisme et pour développer la conscience d’une communauté de destin’’.
Au carrefour de la psychothérapie et des neurosciences, l’EMDR est une thérapie qui agit sur les blessures du passé en désensibilisant la mémoire.
L’objectif est de chasser les souvenirs toxiques pour aller mieux. Et cette thérapie se propose de « guérir le mal » en bougeant les yeux.
EMDR signifie Eyes Movement Desensitization and Reprocessing soit littéralement « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ».
Cette nouvelle approche de la psychothérapie s’appuie sur les neurosciences et est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé depuis 2012.
L’EMDR fait partie aujourd’hui de l’arsenal d’aides psychologiques apporté aux victimes d’attentats et est très efficient également pour toutes personnes ayant subi des chocs émotionnels.
Cette technique a été mise au point par Francine Shapiro en 1987 et l’introduction en France a été facilitée grâce à David Sevran Schreiber avec son livre « Guérir ».
L’EMDR intervient sur la mémoire traumatique d’évènements passés pour en supprimer les effets pathogènes. À savoir que lors d’un traumatisme, le sujet est plongé dans une forme de sidération qui empêche la bonne digestion et le traitement des informations douloureuses. Les pensées et les sentiments sont alors comme emprisonnés dans le système nerveux. Le cerveau ne pouvant pas traiter ces émotions, la détresse continue de se manifester. C’est ainsi que la personne peut se plaindre d’avoir des flashs, le souvenir traumatisant revient comme une rengaine incessante. La thérapie EMDR va permettre de réintégrer correctement ces souvenirs pathogènes dans la mémoire profonde. Pour cela, le thérapeute demande au patient de se remémorer la scène traumatisante tout en recréant chez lui les conditions du sommeil paradoxal grâce à des mouvements rapides et alternés des yeux. En activant certaines zones du cerveau, ces mouvements oculaires vont permettre de reléguer l’expérience traumatisante dans les archives du passé. Et donc d’en désamorcer toute la charge émotionnelle.
C’est une thérapie qui fonctionne très bien et a le mérite d’être rapide. En particulier lorsqu’il s’agit de traumatisme clairement identifié et traité très rapidement, comme par exemple une agression ou un accident.
En général, 3 ou 4 séances suffisent. Rien de magique à cela, comme toute thérapie l’EMDR, obéit à un strict protocole qui permet de cerner le nœud traumatique, d’instaurer la confiance nécessaire, de préparer au processus, de désensibiliser puis d’installer de nouvelles cognitions qui seront ensuite stabilisées.
Cependant l’EMDR peut aussi soulager nombre de troubles chroniques tels que dépression, phobie, trouble du comportement, insomnie, perte d’estime de soi, etc. car la plupart du temps un évènement de vie perturbant qui n’a pas été digéré correctement par le cerveau peut être à l’origine du mal-être.
Depuis plus de 15 ans, l’EMDR ne cesse de se développer et les mouvements oculaires sont parfois remplacés par des tapotements sur les cuisses ou encore par de faibles pulsions électriques dans les mains de façon alternée via un petit appareil gérer par le thérapeute. L’EMDR ne prétend ni changer ni effacer les chocs du passé, juste les rendre inoffensifs pour continuer à avancer, plus léger.
En mars 1986 Danielle Mitterrand se lançait dans un combat : celui pour un monde plus solidaire. Soucieuse de changer de monde, elle le voulait plus juste et respectueux du vivant.
35 ans après, c’est à une métamorphose radicale que nous invite la Fondation, qui se réinvente.
Pour concrétiser cette utopie, vous vous êtes fixés de nouveaux objectifs et des modes d’actions renouvelés. Le vivant, la citoyenneté, restent toujours présents, mais d’une autre manière.
« On travaillait beaucoup sur la question du droit à l’eau. On va continuer sur les lois mais cela va être beaucoup moins important. On est en train de se concentrer sur les questions du lien entre le droit à l’eau et le droit de l’eau. Il y a des initiatives territoriales où l’on essaie de repenser notre rapport à l’eau, pour que l’élément eau, et tout ce qui le constitue – une rivière, des fleuves – puissent avoir des droits et participer à la vie du territoire. On voit foisonner par exemple des parlements, de la Loire, de la Seine, du Rhône. On va essayer de dialoguer avec les autres espèces vivantes, pour les prendre en compte. Et cela va aussi agir sur le changement climatique, sur l’effondrement de la biodiversité, puisque l’on va repenser notre façon d’envisager le monde. C’est le champ d’un autre rapport aux vivants. C’est notre programme Vivant et communs. »
Votre second programme s’intitule Alternatives démocratiques et communs.
« Là, on va s’intéresser aux droits humains en allant plus loin, en se posant la question de, comment faire société sans remettre des rapports de domination. Avec l’État-nation, vous déléguez votre pouvoir à l’Etat une fois tous les 5 ans. Et finalement votre pouvoir vous est ôté. Vous pouvez avoir l’Etat qui rajoute de la domination sur les êtres. Donc, on regarde comment on peut s’extirper de ces modèles qui entraînent la domination des puissants. On s’intéresse beaucoup notamment aux mouvements des communs, au communalisme, à l’autogestion, à ce qui se passe dans les Zad, à ce qui se passe au nord-est de la Syrie. Cela va nous permettre de repenser et d’agir tous ensemble sans rapport de domination. Et il y a aussi la question de l’égalité homme-femme. Ce sont deux grandes entrées. Mais on travaille toujours sur la question de l’eau et des peuples autochtones ou sur le Kurdistan, mais par ces deux entrées. »
Rompre avec un système mortifère
2021 n’est pas qu’une année de célébration. C’est aussi la poursuite des actions et le démarrage de nouvelles campagnes. Quels sont les grands rendez-vous de l’année qui vient ?
« On a beaucoup d’événements. Sur la fin de l’année on a deux temps. Un premier qui est ouvert à la société civile : les rencontres “Sans transition, donnons vie aux utopies”. On va essayer de réunir 250 personnes issues de la société civile, des artistes, des universitaires, des représentants du mouvement associatif, des politiques, pour s’interroger sur la situation d’aujourd’hui. Quand on regarde notre système actuel, les accords de Paris, s’ils sont suivis, on arrive à 3,2 degrés de réchauffement climatique à la fin du siècle. Cela nous amène dans une impasse. Aujourd’hui notre système, tel qu’il est, nous amène dans une impasse. L’idée de transition écologique telle qu’elle est pensée par les gouvernants et la plupart de nos structures nous amène dans une impasse. Donc, plutôt que de rester dans un constat et dans la dénonciation, on va essayer de réfléchir ensemble à comment on peut opérer une rupture historique avec ce système mortifère. L’agriculture intensive détruit des sols, elle détruit la vie. L’extractivisme, l’industrie pétrolière, c’est la même chose. Nous aurons deux jours de rencontres pour discuter de cela, pour avoir des temps de réflexion sur la métamorphose. Comment on peut entrer en métamorphose et essayer d’envisager d’autres pratiques, d’autres imaginaires? Ce sera notre gros événement à Paris. Les dates ne sont pas encore fixées. »
Résister aux injustices
« Le deuxième événement sera une cérémonie hommage à Danielle Mitterrand, le 27 novembre à Cluny. Lors de cette cérémonie, on va donner la parole à celles et ceux que Danielle a soutenue et à ceux qui nous ont soutenus. Ce ne sera pas qu’un hommage. Il y a la volonté de rappeler ces valeurs fondamentales qu’avait Danielle Mitterrand, celle de la Résistance. Elle a été résistante et elle a résisté toute sa vie aux injustices. Là, il faut résister. On ne peut plus juste s’indigner dans notre canapé. Il faut s’engager. Pour les deux événements, il y aura deux livres. Un premier sur le fond et sur les nouveaux positionnement de la Fondation. Le deuxième livre est un livre hommage à Danielle Mitterrand qui recueillera des témoignages de personnalités qui ont connu Danielle, pour remettre les actions transformatrices de Danielle Mitterrand au centre. Elle a été avant tout une militante et une figure de l’altermondialisme. »
Un rendez-vous incontournable comme chaque année, c’est le prix Danielle Mitterrand. Le prix 2021 aura une saveur particulière ?
« Ce prix sera remis lors de ces deux jours de rencontres. Comme ce sont aussi les 35 ans de la Fondation et les 10 ans de disparition de Danielle Mitterrand, on va essayer de donner une dimension à la fois historique et qui nous prolonge vers l’avenir. Ce prix sera donné à un collectif qui ne porte pas seulement une initiative, mais vraiment un collectif qui aura eu dans son histoire et dans son appréhension du monde, une symbolique très forte sur cette question de cette résistance et de transformation. La cérémonie en elle-même sera un peu plus importante que d’habitude. Elle aura une dimension festive plus importante que d’autres fois. Vu ce qu’on vit actuellement, il est important de célébrer, de prendre des temps ensemble pour être joyeux, et se rappeler le bonheur d’échanger les uns avec les autres. »
La Fondation France Libertés-Danielle Mitterrand est redevenue cette année la Fondation Danielle Mitterrand. Pourquoi ce choix ? En quoi c’est important et qu’est-ce que cela change ?
« Danielle Mitterrand a créé sa structure en la nommant France Libertés. Elle ne voulait pas qu’elle ne porte que son nom. On est très attachés à ce nom de France Libertés. Mais on a voulu remettre la personnalité de Danielle Mitterrand au centre, parce qu’il nous semble fondamental que ses valeurs soient plus reconnues et puissent nous guider. On a besoin d’éclaireurs. On va remettre Danielle Mitterrand au centre. Et la notion de fondation est importante. France Libertés pouvait faire penser à une ONG. Nous sommes une fondation politique, au sens noble du terme, pas liée à un parti. Nous sommes une fondation qui a pour objectif de travailler sur les idées, d’agiter les idées et de soutenir celles et ceux qui transforment notre société ici et ailleurs. Dans notre logo, qui est un petit peu retravaillé, France Libertés apparaît toujours, parce que c’est notre histoire. »
Quand on veut défendre l’environnement devant la justice, encore faut- il pouvoir le faire ? En effet en matière de droit, pour se défendre il faut avoir une existence juridique, une « personnalité » qui peut être considérée c’est à dire une personnalité à qui l’on reconnait des droits. Et le droit reconnait l’existence des êtres humains en tant qu’individu, entreprises ou organismes en tant que « personne morale », mais pas l’océan, pas la nature, pas l’environnement. De fait en évoquant la personnalité juridique des espèces non humaines , animaux, flore, ou écosystèmes, nous ne sommes qu’à une nouvelle étape historique d’inclusion, dans le droit , de l’ensemble du vivant dont nous faisons partie et dont nous prenons conscience. Une idée qui fait son chemin à découvrir dans cette chronique.