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François SARANO: Ce que l’approche respectueuse des cachalots nous enseigne

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(c) S.GRANZOTTO

François SARANO, plongeur et océanographe, étudie depuis plusieurs années un clan de cachalots au large de l’ile Maurice . La parution d’articles scientifiques couronne les résultats d’une méthode originale,  d’une approche respectueuse, permettant de comprendre la société de ces géants des mers. François SARANO, avec sa passion, nous les fait découvrir.

une interview de D. KRUPKA

www.longitude181.org

De la détresse à l’espoir

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Eesra (Photo P.Gf)

Ce n’est pas à un « Curio guide » ordinaire que je vous invite dans cette rubrique, mais à un voyage dans une exposition[1] mais, surtout, dans les rêves d’une jeune fille de 11 ans.

À l’instigation de l’association « Entendre leurs voix » fondée par l’Union européenne, la parole est donnée à des réfugiés qui ont fui la guerre et espèrent « un avenir meilleur ».

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Tout enfant réfugié rêve d’un avenir meilleur (Photo P.Gf)

Le témoignage d’Eesra, une jeune syrienne de 11 ans, est touchant et mérite d’être répercuté.

Eesra fuit la guerre avec sa famille alors qu’elle n’a que 4 ans et elle se retrouve en Jordanie, loin des massacres, des explosions et autres fusillades. On peut la comprendre quand elle dit : « Je suis vraiment heureuse d’avoir déménagé dans un autre pays… Bien que la Syrie soit mon pays et que je l’aimerai toujours. »

Au fil du temps, Eesra développe sa passion pour le dessin, elle apprend à peindre, participe à des peintures murales de son école en groupe : « Je n’aime pas dessiner toute seule. Ce que j’aime, c’est que nous nous amusions en dessinant et que nous apprenions de nouvelles choses ensemble. Par exemple, l’une de mes amies peut me montrer comment dessiner une fille et je peux lui montrer comment dessiner une maison. De cette manière, nous nous entraidons. Nous devenons comme les doigts d’une seule main. C’est pour cela que j’aime à ce point quand nous nous entraidons. »

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« Entendre leur voix » (Photo P.Gf)

Eesra rêve de devenir illustratrice professionnelle et en attendant, elle s’adonne à la poésie :

« Je dessine, je dessine avec mon cœur ouvert à tous les humains – battant avec amour, battant avec tendresse.

Je dessine, je dessine un jardin béni de tant de fleurs – à chaque fois plus belles.

Je dessine, je dessine un arbre si vert – dense, haut et élancé.

Je dessine, je dessine avec toutes les couleurs qui existent.

Je dessine tous mes rêves – je les dessine avec amour, je les dessine avec paix… »

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Voyage dans une exposition et les consciences (Photo P.Gf)

[1] Exposition itinérante dans la capitale de l’Europe. Pour notre reportage : Esplanade Spaak-1150 Bruxelles jusqu’au 30 mars 2021.

 

Angela Davis : « Je suis optimiste car nous avons généré de nouveaux espoirs »

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pgfAngela Davis d’Éric Fottorino, livre publié en 2020 par Légende (Photo P.Gf), ne peut qu’attirer l’attention en librairie compte tenu de son grand format et des nombreuses photos qui l’illustrent, mais aussi par le sujet consacré à ce célèbre personnage qui reste une icône pour maintes personnes.

Angela Davis, âgée de 77 ans, militante américaine emblématique des Droits humains, professeure de philosophie à Santa Cruz avec « Histoire de la prise de conscience », continue de défrayer la chronique, non seulement par ses nombreuses publications et apparitions publiques, mais également par son engagement citoyen qui perdure depuis les années 1970.

ft20201223 103841À cette époque, elle fut emprisonnée durant près de deux années aux motifs de « meurtre, kidnapping et conspiration » lors d’une action du « Black Panther Party », un mouvement révolutionnaire de libération afro-américaine.

Cette arrestation eut un retentissement international et la jeune femme reçut le soutien de personnalités comme Louis Aragon et Jean Prévert et celui de centaines de milliers de manifestants, dont je fus, à travers le monde.

Après son procès qui se déroula en 1972 où elle fut innocentée, elle poursuivit sans relâche son combat pour la paix, contre le racisme, pour les droits des femmes…

Si la pandémie au COVID-19 m’empêcha une rencontre prévue l’année dernière avec elle à Bruxelles en « présentiel », comme on dit à présent, après maints contacts et grâce à l’autorisation et l’aimable intervention de Stéphane Decrey du Forum des Droits humains à Genève[1], voici la quintessence d’une « rencontre virtuelle » avec Angela Davis (photo : capture d’écran P.Gf).

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  • Jeunesse et ségrégation raciale

« Le fait d’être entrée dans un mouvement qui désirait transformer l’histoire, est venu de mon enfance en Alabama quand ma mère me disait que la ségrégation raciale n’était pas éthique, que ce n’était pas l’ordre sous lequel nous devions vivre et que nous devions changer cette situation, en somme que nous devions défier le racisme structurel. »

  • Un mouvement collectif

« J’ai toujours développé la perspective d’une lutte internationale collective pour transformer le monde dans les nombreuses campagnes où je me suis impliquée. Ce fut d’ailleurs une conscience collective qui m’aida à rester en vie et à échapper à la chambre à gaz. »

  • Émergence d’une conscience collective

« Compte tenu du nombre impressionnant de violences policières à l’égard des Noirs, d’aucuns disent que rien n’a changé. Pour ma part, je constate que de plus en plus de personnes blanches ont rejoint le mouvement antiraciste lors des manifestations ayant lieu suite aux assassinats de George Floyd et d’autres et, ensuite, ma position est que nous devons apprendre à reconnaître nos victoires, même les petites, même si elles n’arrivent pas à transformer les conditions que nous souhaitons changer, nous devons quand même reconnaître que notre activisme radical fait la différence et permet l’émergence d’une conscience collective du caractère institutionnel, systémique et structurel du racisme. »

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  • Optimisme

« Naguère le racisme était traité comme un défaut individuel. Aujourd’hui, je suis optimiste car nous avons généré de nouveaux espoirs.  Partout, dans le monde avec les images des huit dernières minutes de la vie de George Floyd on a reconnu que le lynchage était toujours un phénomène aux États-Unis, que la Justice ne devait pas se réduire à traduire un individu mais un système structurel où des policiers sont fondamentalement entraînés et formés pour exercer la violence. Or, la sécurité des communautés ne peut pas être obtenue par la violence. »

  • Pollution planétaire

« Le capitalisme a aussi eu pour moteurs l’esclavagisme et le colonialisme et il faut reconnaître que les idées racistes ont pollué toute la planète.

Des jeunes prennent la tête de mouvements de lutte avec de nouvelles approches différentes des années 1960 et j’apprends auprès d’eux la nature collective et la façon de lutter en mettant également en cause le patriarcat.

Les mouvements de masse doivent continuer à mettre la pression sur les gouvernants et il faut dire que le racisme n’existe pas de manière abstraite. Nous devons continuer la recherche pour comprendre la manière dont les   réalités sociales fonctionnent.

Ainsi, toute approche de justice sociale, du féminisme, de l’anticapitalisme, le racisme et la façon de percevoir le monde à travers cela doit également inclure la question du climat, l’empoisonnement de la planète. »

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  • La révolution

Enfin, le dernier point abordé par Angela Davis fut ce qu’elle entendait par le concept de « révolution ». Après avoir parlé du génocide de peuples, des violences, surtout celles faites aux femmes, de la crise migratoire, de sécurité sociale, de la destruction de la faune et de la flore, du besoin d’abolir le système carcéral et policier actuel et de revoir le système économique qui veut que la concentration des richesses soit dans les mains de quelques personnes, de l’intersectionnalité, de la nécessaire reconnaissance de l’histoire de l’esclavagisme et du colonialisme, de constater la féminisation grandissante de la société, elle donna un exemple sur ce qui est à prendre conscience afin d’agir collectivement pour que les choses évoluent vers un monde plus juste : « La classe   des travailleuses et des travailleurs, dit-elle, est constituée de personnes de tous parcours et réalités ethniques et raciaux et il faut être conscient que le racisme est justement  utilisé pour diviser cette classe. Ensuite, il y a donc lieu d’imaginer un futur qui soit basé non plus sur le profit mais sur les besoins des êtres humains. »

Je termine cette chronique en citant une de ces déclarations majeures durant cette heure de « rencontre virtuelle » : « À quoi sert une libération si on n’a plus de planète pour en profiter ? »

[1] Festival du film et forum international sur les Droits Humains, Genève, 2021. Site fifdh.org

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Fondation Danielle Mitterrand : 35 ans de refus de l’irréparable

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© France Libertés

Défendre les droits humains et les biens communs du vivant, construire un monde plus solidaire, ce sont les missions dévolues à la Fondation France Libertés il y a 35 ans par sa créatrice Danielle Mitterrand.

En mars 1986, Danielle Mitterrand s’est lancé dans le combat contre toutes les souffrances des hommes pour construire un monde plus solidaire.

Avec cette Fondation, Danielle Mitterrand disait vouloir être le maillon d’une alternative à la mondialisation capitaliste et à l’injustice. Qu’est-ce qui a motivé, il y a 35 ans, la création de cette Fondation ?

« La création de cette Fondation est d’abord dû à la personnalité de Danielle Mitterrand qui a tout le temps été une insoumise, une rebelle, qui a toujours résisté à toutes les injustices, quelles qu’elles soient. Souvent elle disait, mais quel mobile nous pense à défendre des causes indéfendables, qui semblent perdues ? Elle disait, sans doute, c’est le refus de l’irréparable. Toute la motivation de la création de la Fondation se trouve dans le refus de l’irréparable. Elle ne pouvait pas supporter de voir des injustices et que ces injustices perdurent. Toute sa vie, elle n’a été qu’engagement et résistance. C’était un mode de vie pour elle. Il ne faut pas oublier qu’à 17 ans elle a obtenu la médaille de la Résistance. Je pense que c’est ce qui a forgé sa raison de vivre, sa façon de résister à toutes les injustices quelles qu’elles soient. Elle a toujours défendu tous ceux qui étaient sans, les sans-parole, les sans-papiers, les sans-terre. Elle a toujours été du côté des opprimés et des plus faibles. Elle ne supportait pas l’injustice. Elle n’aimait quand on disait d’elle, c’est une femme engagée. Non. Elle était engagement. C’était une philosophie de vie. »

La Fondation est née de la fusion de trois associations humanitaires, « L’association du 21 juin », « Cause commune » et « La France est avec vous ». Et le choix s’est vite porté sur le nom de France Libertés.

« C’est un beau label, c’est un beau nom France Libertés. Et libertés avec un S. Pour elle, la liberté n’était pas un concept. C’était défendre les libertés, tout ce qui fait la vie, les libertés dans notre vie. C’est ce qui était important pour elle. Ce n’était pas la liberté comme un concept philosophique. Il faut se rappeler le logo de la Fondation : le mélange du chêne, la force du chêne et la paix représentée par l’olivier. »

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© France Libertés

Un contre-pouvoir

Comment elle s’adaptait entre son statut de femme du président et sa volonté, sa nécessité de s’engager, de porter des combats ?

« Il y a eu des situations sans doute très délicates. Lors de petits déjeuners dans la rue de Bièvre, il y avait des discussions fort animées. C’était très compliqué. Elle a dû donner des sueurs froides au ministre des Affaires étrangères qui était Roland Dumas à l’époque. Je pense que c’était une forme de contre-pouvoir. Et François Mitterrand devait apprécier cette situation. Il disait que tout pouvoir devait susciter son contre-pouvoir. Avec sa Fondation, elle exerçait une sorte de contre-pouvoir. Elle faisait ouvrir les yeux à certains. Elle allait voir les vrais gens. Elle racontait comment parfois elle s’est un petit peu ennuyée quand elle devait tenir la conversation avec des femmes de présidents dans la diplomatie officielle. Elle préférait aller voir sur le terrain, déjouer les programmes qui étaient faits d’avance pour aller voir la réalité des choses. C’est à partir de cette réalité-là qu’elle pouvait aller dénoncer toutes les injustices. Je pense qu’elle a su utiliser cette position de « première dame », nom qu’elle n’aimait pas à juste titre, pour être active sur un autre terrain. »

Un lieu de dialogue

Comment ses sont passés les premiers temps de la Fondation ?

« La Fondation au début était au Trocadéro avec la vue sur l’esplanade qui s’appelle maintenant l’esplanade des Droits de l’Homme. Chaque fois qu’on allait dans les locaux de la Fondation, il y avait une ambiance très enthousiaste. On savait qu’on allait rencontrer là des écrivains, des artistes de la planète toute entière. Je me souviens qu’il y avait Breyten Breytenbach qui luttait pour les droits de l’Afrique du Sud avec l’ANC. C’était toujours très joyeux, très enthousiaste. On savait qu’on allait pouvoir dialoguer. Cela foisonnait d’idée. C’était plein de jeunes qui entouraient Danielle. Elle s’est beaucoup entourée de la jeunesse. On pensait pouvoir réaliser plein de choses. Ces rencontres avec toutes les nationalités, c’était extraordinaire. »

Vous étiez au démarrage de la Fondation. Vous étiez en Gironde, avec des comités relais. Comment ça fonctionnait ?

« Ce n’était pas hiérarchisé comme une association. C’était des comités qui n’existaient que par le projet qu’ils portaient. Les comités avaient le choix, soit de relayer les actions de la Fondation, soit de travailler sur des actions initiées par les associations locales. Il y avait des comités dans chaque département. A l’époque, cela soulevait un enthousiasme considérable. »

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Jacqueline Madrelle avec Danielle Mitterrand / © Fondation Danielle Mitterrand

La rencontre des enfants sud-africains

Et c’est en Gironde que vous avez été amenée à accueillir des enfants sud-africains victimes de l’apartheid. Une belle aventure humaine.

« Moi j’ai des souvenirs extraordinaires avec le comité relais. Notamment quand Danielle Mitterrand nous avait demandé d’accueillir ces enfants d’Afrique du Sud, juste avant la libération de Nelson Mandela, cela devait être à l’été 1989. On ne savait pas forcément tout de ces enfants qui était accompagnés par des adultes qui étaient membres de l’ANC. C’était une aventure humaine dont on se souvient encore avec beaucoup d’émotion. Cela avait suscité un grand élan de solidarité de plein de corps de métiers, notamment de l’Education nationale, de la médecine. Ces enfants étaient souvent victimes de crises de paludisme. C’était des enfants de 10 ans à 18 ans. A l’époque il y avait en France un racisme sous-jacent. Ces enfants devaient être accueillis dans des familles le week-end. Peu de maires ont acceptés de les accueillis dans un collège. A l’époque, le collège d’Hourtin dans le Médoc, dans le nord de la Gironde, a accepté d’accueillir ces enfants. Et le week-end ils partaient dans des familles. Je me rappelle d’être allé chercher ces enfants à la Fondation, d’avoir pris le train avec eux. Et ces enfants ne voulaient pas s’asseoir à côté des blancs dans le train, parce qu’ils avaient l’apartheid dans leur chair. Pour eux, marcher à côté d’un blanc, c’était du domaine de l’interdit. Au fur et à mesure, on a appris à se connaître. Il se sont familiarisés avec la proximité des blancs. C’était une aventure humaine très intéressante. »

Et ce chemin plein d’humanité avec ces enfants s’est achevé sur un grand spectacle.

« Ces enfants étaient dans une école de danse. La veille de leur départ, ils ont donné un grand spectacle à Hourtin, en présence de Julien Clerc qui était venu pour soutenir la lutte antiraciste. Il faut se replacer dans le contexte des années 1989. Les Touré Kunda ont chanté sur scène avec les enfants et les enfants ont donné un spectacle inoubliable en présence de Danielle. La Fondation pour moi c’est une grande famille. Ca toujours été quelque chose de très joyeux, plein d’humanité. Danielle donnait cette énergie-là. »

Et à travers cet accueil des enfants sud-africains, c’est le droit des peuples qui était mis en avant par Danielle Mitterrand.. Une constante de l’action de la Fondation, aux côtés également du droit à l’eau ou de la citoyenneté. Une révolte contre toute les injustices que nous continuerons d’évoquer la semaine prochaine.

Pour aller plus loin :

 

 

L’océan, une mine convoitée en danger !

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L’Océan est riche, et fabuleux : il ne s’agit pas ici de sa biodiversité qui n’intéresse guère les financiers et le monde marchand prêt à exploiter tout ce qui nous entoure dans une vision de court terme. Riche et fabuleux car il  qui aiguise l’appétit des exploitants miniers : une grande variété de ressources minérales sous forme de gisements de nodules polymétalliques, de dépôts, de dunes,  de monts sou-marins,…Une détérioration irréversible sur des milliers d’années avec des conséquences sur la pêche, le stockage du carbone, la biodiversité est en cours pour satisfaire nos consommations croissantes qui ont des alternatives.

Le toucher,  un contact vital.

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Aucun mot ne traduit mieux une émotion que la douceur d’une caresse. Le toucher est le premier langage que nous apprenons à décoder. Et les vertus du toucher sont aujourd’hui étudiées de très près.

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Et  dans cette période où l’on doit éviter de se toucher, on mesure combien c’est essentiel. Car le sens du toucher est tellement important que nous ne pourrions probablement pas vivre sans. Il est notre façon la plus immédiate d’interagir à notre environnement. Le contact corporel sécurise, rapproche, réconforte, stimule le désir, exprime la joie et l’attachement à l’autre. Les récepteurs de notre peau nous renseignent presque instantanément sur la nature du contact qui nous parvient. Des millions de récepteurs nous indiquent si le contact est bienveillant ou au contraire hostile.

Le toucher nous est tout aussi indispensable que l’air que nous respirons.  Il apaise l’ensemble du corps et réduit le niveau de stress. De simples stimulations tactiles agissent sur la biochimie du cerveau et ont sur lui des effets très bénéfiques. Le contact peut soulager une douleur, renforcer le système immunitaire et même allonger l’espérance de vie.

Mais la distanciation physique et sociale imposée aujourd’hui ne nous fait pas du bien, cela crée des barrières entre les gens, cela nous empêche de consolider nos liens sociaux, de nous serrer la main, de nous prendre dans les bras,  de s’embrasser.

Les contacts corporels agissent au plus profond de nous et contribuent à notre équilibre émotionnel. Toucher son propre corps ne peut pas complètement remplacer le contact avec les autres. La preuve, un câlin réconforte parfois plus que les mots. Et plus il y a des contacts physiques au sein du couple, entre un enfant et son parent et plus la relation est ressentie comme harmonieuse.

Les contacts corporels soulagent non seulement les douleurs physiques mais aussi psychiques et souvent beaucoup plus efficacement que les mots. Ils permettent entre deux personnes l’échange d’informations supplémentaires importantes et d’émotions profondes que les mots seuls ne peuvent exprimer.

En vieillissant, certains sens se dégradent mais pas le toucher émotionnel, il semble même s’affiner, on en retire davantage de plaisir. Il est donc bien évident que le toucher est une clé indispensable pour notre bien-être tout au long de notre vie.

Source : ARTE Documentaire « Le toucher, un contact vital » Dorothée Kaden Allemagne 52’ 2020

Robert Badinter : « Je crois à l’exemplarité des Hugo, Camus et Zola »

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La Grande Librairie sur France 5 de ce mercredi 10 mars 2021, était exclusivement consacrée à Robert Badinter, l’avocat qui obtint l’abolition de la peine de mort en France, écrivain, grand amateur de théâtre et ardent lecteur des Victor Hugo et Albert Camus, militants de cette noble cause, qu’il cita devant les élus du peuple pour argumenter ses propos, mais aussi d’Émile Zola, auteur de J’accuse et défenseur de Dreyfus, injustement accusé d’avoir trahi la nation.

« Je crois à l’exemplarité » déclara d’emblée d’émission Robert Badinter. Et, avec Camus, il fut servi puisque, à travers la présente chronique, c’est encore une occasion pour feuilleter À Combat (Folio), son important essai reprenant les éditoriaux du temps où le Prix Nobel de Littérature fut journaliste au quotidien Combat.

J’y ai lu à la date du 23 mai 1945 : « La civilisation matérielle que nous poussons sans arrêt devant nous, ne se sauvera que si elle parvient un jour à libérer plus profondément tous ceux qu’elle asservit » ou, encore, dans le même éditorial, « Voulez-vous sérieusement être haïs par des hommes, comme vous avez haï des hommes ? Si non, accueillez ces hommes auprès de vous et faites-en vos égaux. »

Un mois plus tard, le 27 juin 1945, Camus écrivait : « Il faut faire de bonnes lois si l’on veut avoir de bons gouvernés » et, concernant le Procès Pétain auquel il assista en partie, tout en vilipendant « ce vieillard vaniteux », il dit attendre « un jugement explicite dont les attendus soient évidents pour tous » et lança « Toute condamnation à mort répugne à la morale ».

Robert Badinter rendit donc un hommage appuyé à ce genre d’écrivain engagé : « Mon parcours doit beaucoup à la lecture, elle est inhérente à ma vie. Je quittais les manuels de Droit pour Camus, dont l’Étranger et La Peste. Camus fut une grande source dans ma vie. Ce n’était pas seulement de la lecture de divertissement, mais elle fit partie de la formation de mon caractère et de mon idéal et me fit prendre conscience de la valeur du mot ‘‘juste’’… »

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Prise écran France 5

Sa reconnaissance envers Victor Hugo fut aussi omniprésente durant cette émission : « Je suis hugolâtre, car je suis convaincu qu’il a sauvé bien plus de vies humaines que n’importe quel avocat ! »

Et puis, autre comportement exemplaire aux yeux de l’avocat : Émile Zola.

« Un exemple parce que rien ne le força à se jeter dans l’affaire Dreyfus. Il fut poursuivi par une haine allant peut-être jusqu’à sa mort. Zola a été un moment de la conscience humaine et il a payé le prix de la vérité ! Il fut un grand exemple de courage. »

Et de conclure sur une généralité qu’il est bon de rappeler : « Le livre est un monde et s’en priver, c’est se priver d’une joie. »

Les outils pour éduquer

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20210308 093116En ces temps particulièrement difficiles à vivre, d’aucuns se tournèrent vers l’artisanat pour meubler, c’est le cas de le dire, des journées de confinement, voire le bricolage pour réparer ou construire un objet usuel. Donc, l’utilisation d’outils est redevenue fort à la mode, en dehors d’une pratique habituelle et professionnelle.

À première vue, dans Les outils de l’apprenti, un essai de Thomas Wisniewski paru à la Maison de Vie, il est question d’une approche totalement différente au bon apprentissage d’un maillet ou d’un ciseau pour ceux qui travaillent la pierre ou le bois, par exemple.

Supposons que l’on doive tailler un bloc de pierre brute pour l’équarrir et la placer au millimètre près dans un ensemble ou qu’elle serve de support, le maillet et le ciseau seront donc à manier avec dextérité. Cela va de soi.

Mais, ce qui ne va pas de soi, pourrait-on croire, c’est que pour l’auteur, derrière cette situation c’est surtout la pierre brute qui est un « outil », puisque, selon lui, elle sert l’utilisateur à apprendre à éduquer le regard et à manier avec justesse maillet et ciseau, donc à produire un travail de qualité.

L’un ne va pas sans l’autre, suis-je tenté de dire. Et, c’est ici que l’on comprend mieux l’approche de l’auteur quand il développe aussi la nécessité « d’ouvrir l’oreille » et que l’on se rend compte que l’outil devient une sorte de guide pour l’utilisateur, et non uniquement l’inverse. Thomas Wisniewski utilise une comparaison pour illustrer son propos : « La pierre brute se présente comme un livre et le maillet est l’un des outils pour déchiffrer l’intérieur. Le maillet apporte l’énergie pour investir la pierre brute et quérir les richesses qu’elle contient. »

En maniant pareil outil avec justesse, on apprend donc à diriger sa volonté. Quant au ciseau, notre deuxième exemple, il est bien entendu complémentaire au maillet.

Il reste alors au lecteur à opérer la jonction vers le symbolisme qui est cher à Thomas Wisniewski qui écrivit aussi deux ouvrages consacrés au Nombre d’or et à la Science secrète des bâtisseurs.

 

Aires marines protégées: vraiment protégées ?

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«Le monde est labouré, coupé, déchiré, dynamité par l’homme», écrivait en 1951 John Steinbeck dans son livre Dans la mer de Cortez, le récit d’une expédition à caractère scientifique. L’auteur américain voyait juste : surpêche, acidification des eaux, pollution, réchauffement climatique, les océans meurent à petit feu.

que faut-il faire? Simplement ne rien faire, et laisser les espaces marins tranquilles, car leur résilience est grande pour peu qu’on n’y mette pas le nez. L’océan se débrouille très bien sans nous !

Et pour que l’être humain n’y fasse rien, il faut délimiter des zones protégées, des aires marines protégées? et où en sommes nous  dans ce domaine? …. Ecoutez ce constat qui laisse pantois!

 

D. KRUPKA

Multimédia : « La Pensée et les Hommes »

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pgfÀ l’heure où l’information se propage à la vitesse de la lumière, qu’elle ne connaît pas toujours les limites entre l’éclaircissement d’idées, l’apport d’argumentations crédibles et la manipulation de l’opinion, que le temps de la réflexion est de plus en plus réduit à portion congrue au détriment de l’échange et du dialogue, voire de la simple recherche sur le plan de la culture générale, il est parfois bon de prendre une bouffée d’oxygène, de recharger ses batteries et de faire le point sereinement.

Pour ce faire, comme un conseil que vous donne une connaissance qui vous recommande un livre qui l’a touchée, un film qui l’a fait réfléchir sur un sujet bien spécifique, un morceau de musique qui l’a émue, une exposition qui la fascinée, je recommande à tous les Francophones, quel que soit le continent, de se connecter sur www.lapenseeetleshommes.be pour se faire une opinion sur cette manière d’aborder l’information.

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Symbole de « La Pensée et les Hommes » (Photo : site de La Pensée et les Hommes)

À vrai dire, il s’agit du site de « La Pensée et les Hommes », une association qui a pour objet principal de diffuser des principes de tolérance, de fraternité, de progrès social et scientifique, où, d’ailleurs, la dimension environnementale de la société n’est pas absente, de permettre, surtout en ces temps perturbés, un libre examen et d’avoir un esprit critique.

Ce site propose une programmation multimédia, ce qui est assez rare, avec des émissions télévisées et radiophoniques, des présentations et débats sur des livres et revues et, ô sujet combien d’actualité, donc, de parcourir les « Toiles », c’est-à-dire le web, avec un regard éducatif et critique sur le monde.

Assurément, il s’agit bien d’une démarche journalistique et citoyenne que l’on pourrait cataloguer « d’utilité publique » !

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