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Reportage : Monument aux SS avec l’aval des autorités (partenariat avec POUR)

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Depuis plus d’une semaine, la Belgique connaît des journées de chasse à l’homme. Jürgen Conings, 46 ans, un militaire professionnel depuis près de trente ans, armé, déclara vouloir s’en prendre à l’intégrité physique d’un virologue et entrer dans la résistance.

Ce militaire est sympathisant de l’extrême droite, proches des néonazis et a reçu le soutien de dizaines de milliers de facebookiens clamant « Sauvez notre héros », alors que de nombreux de ses collègues de la Défense déclarèrent être de son avis.

Catalogué de « menace grave », c’est-à-dire d’extrémiste potentiellement violent par l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM), la Défense belge négligea le suivi de cette information, selon diverses sources.

Pour moi, ce fut l’occasion de me rendre à Zedelgem et à un monument cher à des gens comme Jürgen Conings.

Reportage en direct (Photos Marie-Paule Peuteman/Fréquence Terre) :

ftSi Jacques Brel a magnifiquement chanté le Plat Pays, gageons qu’il serait monté au créneau comme je le fais depuis Zedelgem, une commune de Flandre occidentale  située entre Bruges, la Venise du Nord, et Ostende, la Reine des Plages.

Là, dans cette commune balayée par un vent puissant, sous une pluie battante et un ciel de plomb, au bout d’une longue route menant vers la campagne, s’élève un monument en forme de stèle.

Elle est parsemée de dizaines d’abeilles dorées en métal et au sommet trône une ruche.

Ode à la Nature ? Salut amical à nos merveilleuses productrices de bon miel ? Surréalisme à la belge ?

Non, hélas, ce monument est censé symboliser la « Liberté » mais, en réalité, il est dédié aux légionnaires SS lettons qui, après la Seconde Guerre mondiale ont été emprisonnés à Zedelgem comme prisonniers de guerre.

Ces soldats, les pires sanguinaires parmi les nazis, membres de divisions de la Legion Waffen SS, étaient volontaires pour s’allier aux hordes d’Hitler et commirent de multiples atrocités à l’encontre de populations civiles et de prisonniers de guerre qu’ils arrêtaient.

Pourquoi une ruche au sommet du monolithe ? Parce que, tenez-vous bien, selon le concepteur de ce monument, « les abeilles sont pacifiques ».

Érigé depuis trois ans, malgré cette « falsification mémorielle » dénoncée avec vigueur par diverses associations démocratiques, l’État belge joue la politique de l’autruche, ce qui ravit, bien entendu, les partisans de l’extrême droite et autres négationnistes qui se rendent à ce monument avec une ferveur non feinte.

Pour ma part, m’y rendre était une obligation de démontrer médiatiquement que la démocratie est de plus en plus bafouée dans une indifférence dangereuse qui menace nos libertés fondamentales.

 

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François SARANO: Ce que l’approche respectueuse des cachalots nous enseigne

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(c) S.GRANZOTTO

François SARANO, plongeur et océanographe, étudie depuis plusieurs années un clan de cachalots au large de l’ile Maurice . La parution d’articles scientifiques couronne les résultats d’une méthode originale,  d’une approche respectueuse, permettant de comprendre la société de ces géants des mers. François SARANO, avec sa passion, nous les fait découvrir.

une interview de D. KRUPKA

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Inventons notre avenir ! (2/2)

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Vous n’êtes pas impuissant. Au contraire, chacun de vos actes est plein de sens et vous avez un rôle à jouer. Et sachez que la colère qui se mue en conviction est invincible.
Ainsi parlent Christiana Figueres et Tom Rivett-Carnac, auteurs de l’ouvrage « Inventons notre avenir ! » publié chez Albin Michel. Ceux-ci ont joué un rôle clé dans l’accord de Paris et ils ont cofondé Global Optimism, une organisation dédiée au changement environnemental. Ils collaborent avec les plus grands écologistes comme Al Gore, Jane Goodall ou Greta Thunberg.

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À savoir, les trois états d’esprit fondamentaux pour une cocréation d’un monde meilleur sont l’optimisme inébranlable, l’abondance infinie, la régénération totale.
Le défi a beau être intimidant, ensemble nous avons tout ce qu’il faut pour le relever maintenant. En revanche, cette invitation exige une réponse immédiate. Deux dates 2030 et 2050.
Nous sommes dans le même bateau, soit on gagne cette bataille ensemble, soit on la perd ensemble.
Alors pour être optimiste, il faut commencer par admettre les mauvaises nouvelles sur le climat. L’optimisme c’est être capable d’identifier un autre avenir de façon intentionnelle afin de le faire advenir plus rapidement. Les incertitudes doivent être acceptées, il faut être prêt à prendre des risques de se tromper. L’optimisme rend fort, il est le moteur derrière le désir de s’engager, de contribuer, de faire la différence. L’optimisme c’est avoir une confiance indéfectible en notre capacité à relever les défis, c’est faire le choix de travailler dur pour améliorer notre réalité.
Nous n’avons plus le choix, hormis mettre la priorité sur la collaboration. Et il est rare que l’expérience de collaboration ne s’avère pas enrichissante.
Chacun d’entre nous doit faire le nécessaire maintenant.
Parmi les dix actions nécessaires : Dire adieu au vieux monde, et cultiver une vision positive de l’avenir. Vivre en citoyen plutôt qu’en consommateur. Replanter des arbres. Exiger un numérique responsable. Faire de la politique.
Aujourd’hui la planète est en péril et elle a atteint les limites de ses capacités à se régénérer. Nous vivons ensemble sur la Terre et ensemble nous pouvons repenser totalement notre place dans le monde.

Témoignage de Jane Fonda : faire capituler l’industrie fossile (2/4)  

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Activist, advocate and actor Jane Fonda, is escorted past other activists after her arrest during a peaceful protest on the steps of the Capitol at the first Fire Drill Friday. Inspired by Greta Thunberg and the youth climate strikes as well as Reverend Barber's Moral Mondays and Randall Robinson's often daily anti-apartheid protests, Jane Fonda has moved to Washington, D.C. to be closer to the epicenter of the fight for our climate. Every Friday through January 2020, she will be leading weekly demonstrations on Capitol Hill to demand that action by our political leaders be taken to address the climate emergency we are in. We can't afford to wait.

La première chronique consacrée à Que faire ? de Jane Fonda (Albin Michel) expliqua la stratégie inspirée par Greta Thunberg à organiser quatorze « Vendredis Alerte Incendie » à Washington et donner la parole à maints experts, scientifiques et militants pour le climat et la démocratie.

Une Greta pleine d’espoir quand Jane Fonda lut le discours de celle-ci lors de l’attribution du Prix de la Femme de l’année en 2019 par le magazine Glamour : « Si une ado suédoise, fan de sciences, qui n’achète plus de vêtements et ne prend pas l’avion, qui ne s’est jamais maquillée et n’est jamais allée chez le coiffeur, peut être élue Femme de l’année par l’un des plus grands magazines de mode, je me dis que rien n’est impossible. »

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Néanmoins, pour ce faire, la conscientisation se poursuivit au fil des vendredis, où il fut question du « Pacte Vert » traitant des enjeux environnementaux et climatiques : limitation à 1,5° l’augmentation de la température terrestre, réduction de 40 à 60% des émissions de CO₂, meilleure qualité et protection de l’eau, qui est un bien public relevant de l’intérêt général et qu’il y a lieu de réclamer à sa commune d’adhérer au label « Communauté bleue » qui privilégie les citoyens et non les actionnaires de multinationales de l’eau, également de favoriser la performance énergétique des bâtiments, régler le problème des décharges toxiques, faire la promotion de l’agriculture familiale, s’occuper du sort des peuples autochtones, des minorités, des travailleurs pauvres et ruraux, des communautés vulnérables, du monde ouvrier…

À chaque vendredi, Jane Fonda, parfois arrêtée et mise au cachot, prit la parole : « Je souhaite que les gens voient la crise climatique comme une chance de créer un monde de nouvelles possibilités pour plus de justice, de prospérité et de santé. »

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©Greenpeace/Tim Aubry

Un « Vendredi Alerte Incendie » fut spécifiquement dévolu aux océans et il y fut dénoncé avec vigueur les terrifiants méfaits de la pêche industrielle.

On y rappela aussi que « le vrai pouvoir citoyen est de s’unir et de faire savoir la moindre petite victoire, car cela incitera d’autres gens à s’engager et à informer sur la réalité scientifique ».

À savoir, exemple concret parmi des centaines, que 100% des tortues mortes échouées en Floride avaient l’estomac gavé de plastiques : « N’oublions pas que nos activités terrestres ont un impact sur la mer ! », clama-t-elle.

Pilier de l’industrie fossile et grand moteur du changement climatique, le plastique issu du pétrole génère des toxines de son extraction du sol à nos cuisines et salles de bain jusqu’à son élimination. Les quatre principaux pollueurs sont Coca-Cola, Nestlé, Pepsi et Unilever : 90% du plastique fabriqué a été jeté dans la nature ou à la décharge, brûlé ou enfoui.

Privilégions, donc, les gourdes en inox ou en verre, évitons les emballages inutiles, utilisons les sacs réutilisables, achetons en vrac et des produits frais non emballés, et interpellons, encore et encore, les élus pour faire capituler l’industrie fossile.

Le thème des femmes et du changement climatique fut aussi abordé, en spécifiant qu’il s’agit d’une crise collective : « Il faut mettre de côté nos différences et nous unir autour de besoins communs. »

Ainsi, quand on se bat pour l’égalité sociale, pour le droit à disposer de son corps, pour la justice climatique, pour le droit des migrants, c’est une seule et même histoire et, d’ailleurs, les femmes semblent plus enclines à trouver des solutions rationnelles contre la pollution.

Ainsi, en Inde, pour faire chauffer la marmite, elles utilisent des moyens bricolés bénéficiant du rayonnement solaire pour alimenter le feu sous les casseroles plutôt que de couper des arbres pour le bois à chauffer.

Un très intéressant point a été soulevé au sujet des femmes et du climat : les États qui comptent un nombre important de femmes parlementaires sont ceux qui font passer davantage de lois en faveur de l’environnement.

Militante pacifiste, l’actrice consacra aussi un vendredi à la guerre, à l’armée et au changement climatique.

Il y fut remarqué que la toute puissante et importante armée américaine est exemptée d’appliquer les lois sur l’environnement et qu’elle peut déverser à sa guise des produits chimiques et toxiques dans la nature, brûler n’importe quel matériel usagé, y aller à coups de bombardements à l’uranium appauvri…

Gageons qu’elle n’est pas la seule à agir de la sorte, pensons aux autres membres de l’OTAN, aux armées russes, chinoises…, mais, nuance importante, l’armée américaine possède 800 bases dans le monde entier et son budget est plus important que les programmes sociaux et le Pentagone, QG de la Défense aux USA, est l’organisme public qui consomme le plus d’hydrocarbures au monde.

« Que chacun d’entre nous fasse pression sur les élus et vérifie si les organismes dont on est membre ou affilié, la banque, par exemple, n’investit pas dans le complexe militaro-industriel. Avec un peu de pratique, vous saurez vous faire entendre et de plus en plus de voix s’élèveront avec la vôtre. »

Celle, par exemple, pour dénoncer que les sociétés pollueuses stockent et déversent principalement leurs produits toxiques dans des lieux habités par des communautés pauvres et non-blanches. Ou, encore, comme il fut démontré que, s’il est illégal à une entreprise pétrochimique de s’installer près d’une école, il est légal qu’une école s’installe près d’une entreprise pétrochimique ! Le capitalisme n’est pas une contradiction près !

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Tous mes remerciements à Florence Godfernaux et Raphaëlle Gourvat, attachées de presse aux Éditions Albin Michel, à Greenpeace, à Tim Aubry, photographe, et, bien sûr, à Jane Fonda pour les documents photographiques et informations.

Une parole de vie

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Boris Nicaise est un auteur bien connu pour ses ouvrages consacrés au symbolisme et, même, à l’épopée napoléonienne, puisqu’il raconta l’histoire de l’un de ses ancêtres ayant servi dans les rangs de l’empereur français. Une époque dont il est amplement question en ce bicentenaire de la mort de celui qui, pour d’aucuns, reste un dictateur et misogyne ayant rétabli l’esclavagisme, pour d’autres, un génie.

Aujourd’hui, il est question du Serment, un livre récemment paru aux Éditions Maison de Vie, assurément un thème, ô combien, d’actualité à l’heure où tant de personnes renient leur parole donnée, voire leur signature au bas d’un document officiel ; que ce soit du sportif professionnel qui, sans le moindre remords, attiré par un appât financier, casse son contrat avec tel club pour en rejoindre un autre, au grand dam de supporters qui l’avaient acclamé, également du politicien qui, après avoir signé, même devant notaire, un accord de coalition avec tel parti, balaie cette procédure d’un revers de la main pour s’allier à un autre parti et, de la sorte, s’assurer un plus confortable nombre d’élus dans son camp.

Avec justesse, Boris Nicaise explique que la spécificité première du serment est de faire appel à la parole, la reçue et la donnée, véritables fondements du lien entre les êtres et de la vie en société.

Pour lui, il s’agit d’une base solide, d’une prise de conscience et il n’hésite pas à clamer que « sans serment auquel s’en remettre ou s’engager, la loi de la jungle est assurée ! »

Et, nous sommes encore au cœur de l’actualité dans cette société contemporaine qui érige l’individualisme en dogme, lorsqu’il rappelle que le serment est une merveilleuse manière de le modérer « en liant chacun à l’autre par un geste et un parler qui inspirent d’emblée confiance. »

Cependant, il constate qu’en France, les hauts fonctionnaires de l’État ne sont plus tenus de prêter serment dans le cadre de leur profession, que le serment de promesse inscrit dans la loi a été effacé des tablettes, que le serment de véracité sur les déclarations d’impôts est passé de vie à trépas, alors, il se demande si le serment est rejeté, obsolète, discrédité ou bien, faut-il le réhabiliter en urgence.

En dix chapitres, parfaitement documentés, à la lecture aisée et tellement riches d’exemples concrets, Boris Nicaise en arrive à comparer le serment à une « parole de vie » et s’adresse à notre conscience : « Que seraient les relations humaines sans l’accès à la confiance ? »

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L’Océan, bien commun de l’ humanité? Vraiment?

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Océan, « bien commun ». Mais bien commun de qui. De l’humanité bien sûr. Magnifique pas en avant qui risque bien d’être celui vers le précipice où nous ont mené les mêmes expériences sur terre. Pourquoi ? car notre regard anthropocentré donne une fois de plus « LA « place à l’homme, à son pouvoir transformateur sur l’Océan.  A viser le bien commun de l’humanité, on risque d’en oublier que les 71 % de surface de la planète bleue ne sont pas notre pré carré. Que les êtres vivants, les écosystèmes le composant, sont fragiles, et indubitablement liés à des cycles qui nous dépassent mais qui nous gardent en vie.

Bien  commun de l’humanité?  Une sémantique à remplacer .A découvrir comment dans cette chronique .

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https://youtu.be/eqkWQef2aZE

Patrick Buisson : la fin du monde ou la fin d’un monde ? (Partenariat POUR)  

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Notre monde va mal, très mal même. Outre une urgence climatique avérée que nient pourtant les décideurs politiques et leurs pendants des multinationales, la crise profonde de société préexistait déjà à la pandémie qui frappe la planète depuis 2019, sauf que le Covid-19 n’a fait que l’amplifier, selon Patrick Buisson dans son imposant essai La fin d’un monde paru chez Albin Michel.

Cet auteur historien et politologue souligne que cette situation résulte de la liquidation d’un monde ancien où les concepts de gratuité, de solidarité, d’entraide et de dévouement étaient des piliers du mode de vie. Toutes ces valeurs ou du moins pas mal d’entre elles, furent petit à petit remplacées par la globalisation et la mondialisation ces quatre à cinq dernières décennies.

 

20210515 120417Jusque là, c’est-à-dire la première vingtaine de pages d’un livre qui en contient plus de cinq cents, je peux être globalement d’accord avec Patrick

Buisson.

Puis, après, « trop c’est trop », comme on dit couramment de l’autre côté de la frontière de l’Hexagone, en Belgique, là où travaillent et résident des centaines de milliers de Français et qui connaissent bien cette expression qui signifie que c’est excessif et que cela dépasse les bornes de l’entendement et du bon sens.

La thèse de l’auteur est, en effet, radicalement différente de la mienne et aussi de Fréquence Terre qui m’accueille et de notre partenaire POUR.

À savoir, que la société actuelle paie, entre autres, la déchristianisation de l’Occident et la désacralisation au profit de l’idolâtrie de la marchandise. Dans cet essai on sent d’abord poindre des regrets à l’égard de la politique de décolonisation du fait que le général de Gaulle mit en chantier les accords d’Évian en 1962 en donnant à l’Algérie son indépendance.

Je passe sur Mai 68 qui, pour Besson, fut un monde de pseudo-révolutionnaires, une génération d’enfants de la télé et que tout cela ruina la commensalité familiale, vida les bistrots et les églises, concurrença les vieilles sociétés villageoises, bref, une civilisation qui se désagrégea et où le modèle parental ne fut plus une source d’imitation mais de répulsion.

Cette thèse ne rappelle-t-elle pas les discours « assassins » d’un certain Pétain ?

Patrick Buisson ajoute, avec une certaine ironie, selon moi, que l’indépendance des femmes fut érigée en bien sacré et il évoque même un véritable génocide ethnoculturel dans les années 1960 et 1970. Rien que ça !

À la page 30, j’ai compris que cet essai La fin du monde, présenté comme, je cite « le grand livre contemporain des objecteurs de modernité » fait l’apologie d’une société aux antipodes des valeurs que Fréquence Terre et POUR développent depuis de très nombreuses années sur leurs ondes et dans leurs colonnes.

Chacun peut, bien entendu, prendre connaissance de cet écrit où l’auteur est décrit comme un « décrypteur » et juger si les nombreux chapitres correspondent à sa philosophie. Sachez déjà, qu’il aborde un « ethnocide bienveillant », « le krach de la foi », un « humanisme  descendant », que « sans le latin, la messe nous emmerde », « une génération défroquée », la « désinflation mariale », « un projet politique : tuer le Vieux », « une croisade idéologique : criminaliser le passé », « une destitution biologique : la pilule », « les déchéances des paternités », « de l’agit-prop au vagit-prop »,  sans oublier l’« éloge du con ou la sexualité sans mâle », « la fabrique de l’homme mou », et ce sous-titre qui termine cette brique que, personnellement, j’ai trouvée parfaitement indigeste et donnant la nausée : « Qui sème le vent, récolte la tapette »…

Je signale quand même que Patrick Buisson est présenté comme « engagé à l’extrême droite depuis son adolescence »[1], qu’il reçut la Légion d’Honneur des mains de Nicolas Sarkozy et fut fait commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le pape Benoît XVI, un titre décerné en reconnaissance pour son « bon exemple donné dans sa communauté et son pays ».

Tout autre commentaire est superflu.

 

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[1] Wikipedia, 2021.

Inventons notre avenir !

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Choisir notre avenir et le créer ensemble, il nous reste une chance de tout changer. Notre avenir n’est pas encore écrit. Il sera façonné par ce que nous choisissons d’être aujourd’hui. La crise actuelle impose de changer radicalement notre façon de penser. Chacun d’entre nous doit faire le nécessaire maintenant.

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Pourquoi ? Parce que la terre est en feu, de l’Amazonie à la Californie et de l’Australie à la Sibérie. À l’échelle mondiale la disparition des insectes, des oiseaux et des mammifères est sans précédent, les surfaces boisées ont massivement diminué en cinquante ans, les sols sont moins productifs et les mers moins poissonneuses. La planète a de plus en plus chaud, la Terre suffoque, les barrières de corail disparaissent, les glaciers du monde entier disparaissent à une vitesse alarmante, un accès à l’eau potable se complique d’année en année et chaque jour quelque part dans le monde, la hausse du niveau de la mer entraîne des évacuations.
Christiana Figueres et Tom Rivett-Carnac, auteurs de l’ouvrage « Inventons notre avenir ! » paru chez Albin Michel sont catégoriques : il est grand temps d’abandonner les demi-mesures et de réagir à la hauteur du formidable défi que nous est lancé.
La notion de réchauffement climatique est connue depuis les années 1930 et la confirmation du dérèglement remonte à 1960. Depuis, nous n’avons pas fait grand-chose pour résoudre le problème. Notre négligence a fait du réchauffement climatique non plus seulement un enjeu existentiel mais une crise désastreuse, et nous approchons dangereusement du point de non-retour au-delà duquel la Terre telle que nous la connaissons cessera d’exister. Chaque jour qui passe est un jour de moins à notre disposition pour stabiliser la planète, de plus en plus fragile et en bonne voie de devenir inhabitable.
Idéalement, d’ici à 2040 nous devons avoir cessé de rejeter du CO2 « neutralité carbone ». Si nous ne réduisons pas de moitié nos émissions d’ici 2030, il y a fort peu de chances que nous les réduisions de moitié tous les 10 ans jusqu’à atteindre la neutralité carbone en 2050. C’est la date butoir.
L’urgence climatique effraie mais il nous faut regarder la triste réalité avec un esprit clair. L’atmosphère est trop chargée en gaz à effet de serre, la biosphère trop bouleversée pour revenir à l’époque d’avant le réchauffement. Nous et tous nos descendants, vivrons dans un monde aux conditions climatiques irrémédiablement dégradées.
Notre avenir sera façonné par ce que nous choisissons d’être aujourd’hui. La première chose que nous pouvons tous apporter c’est notre état d’esprit. Face à l’urgence, d’abord regarder en soi.
Prendre conscience de ce qui nous épuise et ce qui nous revitalise. Car un changement de système est aussi une entreprise personnelle. Nos sociétés sont le reflet de nos schémas de pensées, qui dérivent de nos croyances.
Nous devons tendre vers une économie régénératrice, une économie qui réduit les déchets au maximum, qui recycle les ressources utilisées, et qui revitalise celles épuisées par l’homme.
Il s’agit de retrouver la sagesse innée de la nature qui elle sait se régénérer. Notre survie dépend de la nature.

Témoignage de Jane Fonda : « Que faire ? Sauver la planète ! » (1/4)

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Jane Fonda, center, and Ted Danson to her right, with other activists in front of the CapitolInspired by Greta Thunberg and the youth climate strikes as well as Reverend Barber's Moral Mondays and Randall Robinson's often daily anti-apartheid protests, Jane Fonda has moved to Washington, D.C. to be closer to the epicenter of the fight for our climate. Every Friday through January 2020, she will be leading weekly demonstrations on Capitol Hill to demand that action by our political leaders be taken to address the climate emergency we are in. This third Fire Drill Friday included speakers: Greenpeace Ocean Director John Hocevar; activist, advocate and actor Ted Danson; professor and environmental social scientist Jennifer Jacquet; New York human Rights and environmental activist Denise Patel and Sea Turtle Rehabilitation specialist Whitney Crowder., 8.19.90.Third Fire Drill Friday

9782226455871 jQue faire ? tel est le titre du livre de Jane Fonda paru chez Albin Michel, un ouvrage attendu par de très nombreux pacifistes et défenseurs de la nature, tant l’actrice est devenue, au fil des décennies, une activiste qui force le respect et dont on attendait qu’elle nous partage son immense expérience par quelques conseils ou commentaires sur ces sujets d’une brûlante actualité.

À savoir, une inlassable pratique de militante et d’écologiste de la première heure qui nous permettrait de puiser des enseignements supplémentaires aidant à lutter davantage pour la fraternité universelle et la sauvegarde de la planète.

Effectivement, Jane Fonda milite pour l’environnement depuis les années 1970 en installant une éolienne dans son ranch, des panneaux solaires dans sa maison de Santa Monica, c’est-à-dire une prise de conscience écologique dès les premiers signes tangibles d’une dégradation de la nature.

Cela fut doublé par un militantisme pour le pacifisme, contre les guerres du Vietnam et d’Irak, également pour les droits des femmes.

Et puis, en 2018, elle découvrit une jeune fille courageuse qui, selon Jane Fonda, « nous exhorte à sortir de notre zone de confort et, surtout, à agir, Greta Thunberg. »

Avec beaucoup d’humilité, l’actrice qui connaît encore une célébrité planétaire, expliqua qu’en cinquante années d’engagement citoyen elle a déjà participé à beaucoup de mouvements sociaux et, qu’à plus de 80 ans, elle allait imiter ladite Greta Thunberg, c’est-à-dire imaginer à son instarun rassemblement du vendredi avec en point d’orgue une action de désobéissance civile non-violente.

Le premier rendez-vous fut fixé sur les marches du Capitole, haut lieu sensible de la politique américaine, comme on le vit avec les partisans de Trump en janvier 2021.

Cependant, avec Jane Fonda et d’autres activistes, il ne fut absolument pas question de la moindre violence.

Quelle fut cette organisation de l’actrice ? Durant quatorze vendredis, baptisés « Vendredis d’Alerte Incendie », « parce que notre maison, la Terre, brûle », précisa-t-elle, son dispositif se basa sur un panel de manifestants qui, semaine après semaine, exposaient des thèmes centrés sur le climat, telle cette jeune indienne de 17 ans qui évoqua le combat des peuples autochtones, tel Jerome, un autre jeune, qui réclama l’union des manifestants, gage de succès pour interpeller les élus, telle Sandra, une biologiste qui, preuves scientifiques à l’appui, confirma que des populations entières de poissons et de récifs coralliens sont en train de disparaître, tout comme les insectes, et que les plastiques asphyxiaient la vie marine ou finissait dans un incinérateur aggravant encore plus la pollution et la crise climatique.

La volonté de Jane Fonda était claire : « La meilleure chose que nous, adultes, puissions faire, c’est de soutenir activement la prochaine génération de militants climatiques prêts à prendre la tête du mouvement.  Plus j’en apprenais sur la crise climatique, plus je sentais que ce serait en créant une vraie communauté que nous allions réussir à lever l’armée nécessaire pour changer la manière de faire dans ce pays, et cela sur le long terme. »

Grâce à son témoignage, suivons quelque peu Jane Fonda dans son premier vendredi.

Ainsi, après une dernière réunion avec les différents intervenants, le choix du parcours dans Washington jusqu’au Capitole, s’assurer d’avoir suffisamment alerté la presse sur cette action qui, faut-il le rappeler, n’était pas autorisée par les autorités, du moins dans son cheminement jusqu’aux marches du siège du Congrès, nous retrouvons l’actrice avec à ses côtés sa belle-petite-fille, des militants, des scientifiques…

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Arrestation de Jane Fonda sur les marches du Capitole à Washington ©Greenpeace/Tim Aubry

Bien entendu, la police n’apprécia pas, arrêta celles et ceux qui avaient réussi à grimper les marches, dont Jane Fonda, les menottèrent, les menèrent dans des fourgons sous les applaudissements de la foule.

Au poste de police, ils furent fouillés, enfermés dans des cellules. Et, là, les sept prisonniers échangèrent entre eux des propos sur le climat, la démocratie, la guerre, la santé, firent plus ample connaissance et élaborèrent les thèmes à présenter lors des prochains vendredis !

Leur libération s’opéra au compte-gouttes après le relevé des empreintes, le paiement de l’amende de cinquante dollars et avoir récupéré leurs affaires personnelles.

À la sortie, d’autres manifestants baptisés « Soutiens aux prisonniers » les accueillirent. Ce qui sera le cas chaque vendredi.

Bien sûr, Jane Fonda prit la parole devant une imposante presse accourue pour l’occasion : « Je soutiens les jeunes à 100%. Et je veux les aider à faire passer leur message. »

Elle tira un bilan de cette première journée, il sera aussi notre conclusion pour cette première chronique, parce que, depuis plus d’une décennie Fréquence Terre milite aussi dans ce sens : « Si tu veux aller vite, pars seul ; si tu veux aller loin, pars à plusieurs. »

En d’autres termes, une action solidairement partagée avec d’autres défenseurs des valeurs fondamentales de notre société est indispensable pour mener à bien cette lutte pacifique contre les pollueurs, les climatosceptiques et les fossoyeurs de la démocratie.

Tous mes remerciements à Florence Godfernaux et Raphaëlle Gourvat, attachées de presse aux Éditions Albin Michel, à Greenpeace, à Tim Aubry, photographe, et, bien sûr, à Jane Fonda pour les documents photographiques et informations.

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Chili : un premier pas vers une nouvelle Constitution

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© Fondation Danielle Mitterrand

C’est un évènement démocratique particulier que va vivre le Chili le week-end prochain. Les 15 et 16 mai, les Chiliens sont appelés aux urnes. Ils désigneront notamment des maires, des conseillers municipaux et des gouverneurs.

Mais ce scrutin est aussi celui où seront élus les membres de l’Assemblée constituante qui aura pour mandat de rédiger la nouvelle constitution du pays.

Ce week-end, les Chiliens vont donc élire ceux qui auront pour mission d’écrire la nouvelle constitution. C’est le fruit de revendications portées de longue date par la population.

« De longue date, oui. J’oserais même dire que, depuis qu’elle s’est créée en 1980 en pleine dictature sous l’époque de Pinochet, cette même Constitution est restée en place une fois la démocratie de retour au Chili au début des années 1990. Et elle n’a cessé d’être remise en question par la société civile et par les différentes générations qui ont vécu sous l’ère de cette Constitution. Quand a débuté tout le mouvement social en 2019, qui avait été initié par la hausse du ticket de métro de 30 pesos, il est apparu tout de suite une logique qui s’est traduite en une phrase emblématique de ce mouvement social : ce ne sont pas les 30 pesos de la hausse du ticket, ce sont les 30 années de la Constitution au Chili. »

Tourner la page d’une Constitution ultralibérale cadenassée

Derrière cette future constitution, il y a aussi l’idée de mettre un terme à cette constitution de 1980, écrite sous la dictature militaire d’Augusto Pinochet.

« C’est réellement essayer de tourner la page. Paradoxalement, la Constitution se vend au Chili dans les différents kiosques à journaux. Les gens sont très informés sur la Constitution. Et paradoxalement, c’est une Constitution qui est complètement cadenassée quant à la possibilité la modifier. Ce processus de changement de Constitution ne date pas seulement de ces dernières années. Déjà en 2013, lors son second mandat, la présidente Michelle Bachelet avait initié tout un processus pour essayer de modifier les grandes lignes de cette Constitution. Donc c’est un thème qui est assez récurrent. Il fallait sûrement tout ce soulèvement social qui n’a pas été très facile. Il a été évidemment entouré de beaucoup de violences de la part des forces de l’ordre chiliennes, et freiné ensuite par la situation sanitaire de la pandémie. Donc c’est un processus qui a été très long à mettre en place. »

Cette constitution de 1980 consacrait totalement la vision néolibérale de l’économie et une approche conservatrice de la société.

« Tout à fait. La mise en place de cette Constitution a été largement appuyée par ce qu’on appelait à cette époque les Chicago boys. Ce sont toutes ces politiques néolibérales qui se sont traduites dans cette Constitution qui était assez unique pour l’époque et qui a été après très célébrée par Margaret Thatcher entre autres. Basiquement, elle prévoit un démantèlement du service public et une privatisation de tous les services et les biens communs d’une société et d’un peuple. »

Vers une Constitution paritaire et multiculturelle

Cette future nouvelle constitution est souhaitée par près de 8 Chiliens sur 10. Et elle devrait être réellement innovante.

« Elle a deux aspects très innovants. D’une part, la parité de ses constituants, une parité vraiment effective. C’était un désir de la population et de la société civile à vraiment intégrer un processus qui soit avec une parité exemplaire. C’est quelque chose à remarquer. Et d’autre part, le fait d’avoir une proportion de représentants issus des peuples autochtones chiliens à l’écriture de cette Constitution. C’est assez remarquable et presque inattendu. Parce que le Chili est l’un des très rares pays en Amérique latine, avec l’Uruguay je crois, à ne pas avoir de reconnaissance de ces peuples autochtones au sein de la Constitution. Donc ces deux aspects donnent un espace, non seulement innovant, mais aussi, souhaitons-le, porteur pour cette future Constitution qui se veut, si possible, multiculturelle et très ouverte sur la réalité du Chili actuel. »

rodrigo mundaca
Rodrigo Mundaca © Modatima

Rodrigo Mundaca, premier gouverneur issu des peuples autochtones ?

En dehors de cette constituante, le scrutin de ce week-end va aussi être l’occasion pour les Chiliens d’élire pour la première fois des gouverneurs de région. Et parmi les candidats, figure Rodrigo Mundaca, prix Danielle-Mitterrand 2019, dont l’un des grands combats est la question cruciale de l’accès à l’eau.

« Rodrigo Mundaca, depuis plusieurs années maintenant, est devenu une figure presque incontournable de la société civile au Chili et des différents mouvements sociaux. On le connaît à travers le mouvement qui s’appelle Modatima (Mouvement pour la défense de l’accès à l’eau, à la terre et la protection de l’environnement), qui lutte pour l’accès et le droit à l’eau au Chili entre autres. Lui-même viens d’une ville qui s’appelle Petorca, à qui est au nord de Santiago, et qui est un peu le symbole du vol par l’agro-industrie de l’avocat au Chili. C’est une zone qui vit en stress hydrique. Le Chili, depuis une dizaine d’années, vit une méga sécheresse. Donc dans des conditions déjà très compliquées de stress hydrique, cette méga industrie de l’avocat vient renforcer ce modèle qui est complètement à l’encontre des droits fondamentaux humains et de l’accès à l’eau. Rodrigo Munda, dans toute cette lutte, a préféré, non pas être dans la candidat en tant que représentant de la Constituante, mais plutôt en tant que gouverneur. Il faut savoir que ce rôle de gouverneur est une première au Chili. C’est un rôle politique qui ressemble à ce qu’on peut connaître en France comme les présidents de région. Et il devrait permettre, s’il est élu, de pouvoir insuffler un programme très innovant et très local pour faire avancer tout ce qui peut être en lien à l’environnement, au droit à l’eau, mais aussi à une participation démocratique intéressante à suivre. »

Pour aller plus loin :

Rodrigo Mundaca, prix Danielle Miterrand 2019, prône un autre rapport à la nature