Accueil Blog Page 67

Avec l’EMDR, le passé sort par les yeux

0

Au carrefour de la psychothérapie et des neurosciences, l’EMDR est une thérapie qui agit sur les blessures du passé en désensibilisant la mémoire.

L’objectif est de  chasser les souvenirs toxiques pour aller mieux. Et cette thérapie se propose de « guérir le mal » en bougeant les yeux.

EMDR signifie Eyes Movement Desensitization and Reprocessing soit littéralement «  désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ».

Cette nouvelle approche de la psychothérapie  s’appuie sur les neurosciences et est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé depuis 2012.

L’EMDR fait partie aujourd’hui de l’arsenal d’aides psychologiques apporté aux victimes d’attentats et est très efficient également pour toutes personnes ayant subi des chocs émotionnels.

Cette technique a été mise au point par Francine Shapiro en 1987 et l’introduction en France a été facilitée grâce à David Sevran Schreiber avec son livre « Guérir ».

L’EMDR intervient sur la mémoire traumatique d’évènements passés pour en supprimer les effets pathogènes. À savoir que lors d’un traumatisme, le sujet est plongé dans une forme de sidération qui empêche la bonne digestion et le traitement des informations douloureuses. Les pensées et les sentiments sont alors comme emprisonnés dans le système nerveux. Le cerveau ne pouvant pas traiter ces émotions, la détresse continue de se manifester. C’est ainsi que la personne peut se plaindre d’avoir des flashs, le souvenir traumatisant revient comme une rengaine incessante. La thérapie EMDR va permettre de réintégrer correctement ces souvenirs pathogènes dans la mémoire profonde. Pour cela, le thérapeute demande au patient de se remémorer la scène traumatisante tout en recréant chez lui les conditions du sommeil paradoxal grâce à des mouvements rapides et alternés des yeux. En activant certaines zones du cerveau, ces mouvements oculaires vont permettre de reléguer l’expérience traumatisante dans les archives du passé. Et donc d’en désamorcer toute la charge émotionnelle.

C’est une thérapie qui fonctionne très bien et a le mérite d’être rapide. En particulier lorsqu’il s’agit de traumatisme clairement identifié et traité très  rapidement, comme par exemple une agression ou un accident.

En général, 3 ou 4 séances suffisent. Rien de magique à cela, comme toute thérapie l’EMDR, obéit à un strict protocole qui permet de cerner le nœud traumatique, d’instaurer la confiance nécessaire, de préparer au processus, de désensibiliser puis d’installer de nouvelles cognitions qui seront ensuite stabilisées.

Cependant l’EMDR peut aussi soulager nombre de troubles chroniques tels que dépression, phobie, trouble du comportement, insomnie, perte d’estime de soi, etc. car la plupart du temps un évènement de vie perturbant qui n’a pas été digéré correctement par le cerveau peut être à l’origine du mal-être.

Depuis plus de 15 ans,  l’EMDR ne cesse de se développer et les mouvements oculaires sont parfois remplacés par des tapotements sur les cuisses ou encore  par de faibles pulsions électriques dans les mains de façon alternée via un petit appareil gérer par le thérapeute. L’EMDR ne prétend ni changer ni effacer les chocs du passé, juste les rendre inoffensifs pour continuer à avancer, plus léger.

Source : Le journal des femmes ( printemps 2019).

 

« Ne plus s’indigner dans son canapé, mais agir contre un système mortifère »

0
© Fondation Danielle Mitterrand

En mars 1986 Danielle Mitterrand se lançait dans un combat : celui pour un monde plus solidaire. Soucieuse de changer de monde, elle le voulait plus juste et respectueux du vivant.

35 ans après, c’est à une métamorphose radicale que nous invite la Fondation, qui se réinvente.

Pour concrétiser cette utopie, vous vous êtes fixés de nouveaux objectifs et des modes d’actions renouvelés. Le vivant, la citoyenneté, restent toujours présents, mais d’une autre manière.

« On travaillait beaucoup sur la question du droit à l’eau. On va continuer sur les lois mais cela va être beaucoup moins important. On est en train de se concentrer sur les questions du lien entre le droit à l’eau et le droit de l’eau. Il y a des initiatives territoriales où l’on essaie de repenser notre rapport à l’eau, pour que l’élément eau, et tout ce qui le constitue – une rivière, des fleuves – puissent avoir des droits et participer à la vie du territoire. On voit foisonner par exemple des parlements, de la Loire, de la Seine, du Rhône. On va essayer de dialoguer avec les autres espèces vivantes, pour les prendre en compte. Et cela va aussi agir sur le changement climatique, sur l’effondrement de la biodiversité, puisque l’on va repenser notre façon d’envisager le monde. C’est le champ d’un autre rapport aux vivants. C’est notre programme Vivant et communs. »

Votre second programme s’intitule Alternatives démocratiques et communs.

« Là, on va s’intéresser aux droits humains en allant plus loin, en se posant la question de, comment faire société sans remettre des rapports de domination. Avec l’État-nation, vous déléguez votre pouvoir à l’Etat une fois tous les 5 ans. Et finalement votre pouvoir vous est ôté. Vous pouvez avoir l’Etat qui rajoute de la domination sur les êtres. Donc, on regarde comment on peut s’extirper de ces modèles qui entraînent la domination des puissants. On s’intéresse beaucoup notamment aux mouvements des communs, au communalisme, à l’autogestion, à ce qui se passe dans les Zad, à ce qui se passe au nord-est de la Syrie. Cela va nous permettre de repenser et d’agir tous ensemble sans rapport de domination. Et il y a aussi la question de l’égalité homme-femme. Ce sont deux grandes entrées. Mais on travaille toujours sur la question de l’eau et des peuples autochtones ou sur le Kurdistan, mais par ces deux entrées. »

Rompre avec un système mortifère

2021 n’est pas qu’une année de célébration. C’est aussi la poursuite des actions et le démarrage de nouvelles campagnes. Quels sont les grands rendez-vous de l’année qui vient ?

« On a beaucoup d’événements. Sur la fin de l’année on a deux temps. Un premier qui est ouvert à la société civile : les rencontres “Sans transition, donnons vie aux utopies”. On va essayer de réunir 250 personnes issues de la société civile, des artistes, des universitaires, des représentants du mouvement associatif, des politiques, pour s’interroger sur la situation d’aujourd’hui. Quand on regarde notre système actuel, les accords de Paris, s’ils sont suivis, on arrive à 3,2 degrés de réchauffement climatique à la fin du siècle. Cela nous amène dans une impasse. Aujourd’hui notre système, tel qu’il est, nous amène dans une impasse. L’idée de transition écologique telle qu’elle est pensée par les gouvernants et la plupart de nos structures nous amène dans une impasse. Donc, plutôt que de rester dans un constat et dans la dénonciation, on va essayer de réfléchir ensemble à comment on peut opérer une rupture historique avec ce système mortifère. L’agriculture intensive détruit des sols, elle détruit la vie. L’extractivisme, l’industrie pétrolière, c’est la même chose. Nous aurons deux jours de rencontres pour discuter de cela, pour avoir des temps de réflexion sur la métamorphose. Comment on peut entrer en métamorphose et essayer d’envisager d’autres pratiques, d’autres imaginaires? Ce sera notre gros événement à Paris. Les dates ne sont pas encore fixées. »

Résister aux injustices

« Le deuxième événement sera une cérémonie hommage à Danielle Mitterrand, le 27 novembre à Cluny. Lors de cette cérémonie, on va donner la parole à celles et ceux que Danielle a soutenue et à ceux qui nous ont soutenus. Ce ne sera pas qu’un hommage. Il y a la volonté de rappeler ces valeurs fondamentales qu’avait Danielle Mitterrand, celle de la Résistance. Elle a été résistante et elle a résisté toute sa vie aux injustices. Là, il faut résister. On ne peut plus juste s’indigner dans notre canapé. Il faut s’engager. Pour les deux événements, il y aura deux livres. Un premier sur le fond et sur les nouveaux positionnement de la Fondation. Le deuxième livre est un livre hommage à Danielle Mitterrand qui recueillera des témoignages de personnalités qui ont connu Danielle, pour remettre les actions transformatrices de Danielle Mitterrand au centre. Elle a été avant tout une militante et une figure de l’altermondialisme. »

phrase danielle mitterrand
© Fondation Danielle Mitterrand

Un prix Danielle Mitterrand de la transformation

Un rendez-vous incontournable comme chaque année, c’est le prix Danielle Mitterrand. Le prix 2021 aura une saveur particulière ?

« Ce prix sera remis lors de ces deux jours de rencontres. Comme ce sont aussi  les 35 ans de la Fondation et les 10 ans de disparition de Danielle Mitterrand, on va essayer de donner une dimension à la fois historique et qui nous prolonge vers l’avenir. Ce prix sera donné à un collectif qui ne porte pas seulement une initiative, mais vraiment un collectif qui aura eu dans son histoire et dans son appréhension du monde, une symbolique très forte sur cette question de cette résistance et de transformation. La cérémonie en elle-même sera un peu plus importante que d’habitude. Elle aura une dimension festive plus importante que d’autres fois. Vu ce qu’on vit actuellement, il est important de célébrer, de prendre des temps ensemble pour être joyeux, et se rappeler le bonheur d’échanger les uns avec les autres. »

La Fondation France Libertés-Danielle Mitterrand est redevenue cette année la Fondation Danielle Mitterrand. Pourquoi ce choix ? En quoi c’est important et qu’est-ce que cela change ?

« Danielle Mitterrand a créé sa structure en la nommant France Libertés. Elle ne voulait pas qu’elle ne porte que son nom. On est très attachés à ce nom de France Libertés. Mais on a voulu remettre la personnalité de Danielle Mitterrand au centre, parce qu’il nous semble fondamental que ses valeurs soient plus reconnues et puissent nous guider. On a besoin d’éclaireurs. On va remettre Danielle Mitterrand au centre. Et la notion de fondation est importante. France Libertés pouvait faire penser à une ONG. Nous sommes une fondation politique, au sens noble du terme, pas liée à un parti. Nous sommes une fondation qui a pour objectif de travailler sur les idées, d’agiter les idées et de soutenir celles et ceux qui transforment notre société ici et ailleurs. Dans notre logo, qui est un petit peu retravaillé, France Libertés apparaît toujours, parce que c’est notre histoire. »

logo fondation danielle mitterrand
© Fondation Danielle Mitterrand

Pour aller plus loin :

 

L’Océan a des droits- Episode 15 -Pourquoi l’Océan doit-il être un sujet de droit ?

0

Quand on veut défendre l’environnement devant la justice, encore faut- il pouvoir le faire ? En effet en matière de droit, pour se défendre il faut avoir une existence juridique, une « personnalité » qui peut être considérée c’est à dire  une personnalité à qui l’on reconnait des droits. Et le droit reconnait l’existence des êtres humains en tant qu’individu, entreprises ou organismes en tant que « personne morale »,  mais pas l’océan,  pas la nature, pas l’environnement. De fait  en évoquant la personnalité juridique des espèces non humaines , animaux, flore, ou écosystèmes, nous ne sommes  qu’à une nouvelle étape historique d’inclusion, dans le droit , de l’ensemble du vivant dont nous faisons partie et dont nous prenons conscience. Une idée qui fait son chemin à découvrir dans cette chronique.

D. KRUPKA

 

www.longitude181.org

Voyage au cœur de la transe

0

En 2001, Corine Sombrun fait un voyage en Mongolie et on lui dit qu’elle est chamane, par contre à Paris on lui dit qu’elle souffre de troubles psychiatriques.

ft20210328 114742« La diagonale de la joie » le dernier ouvrage de Corine Sombrun paru chez Albin Michel nous relate l’extraordinaire volonté de l’auteur qui déclare : « Je me fiche d’être chamane, je veux juste étudier les capacités liées à l’état de transe ». Sa conviction  est que l’état de transe n’est pas seulement accessible aux chamanes mais que tout le monde peut l’atteindre. Et si la transe se révèle être une fonction cognitive, nous serions alors tous capables de développer des capacités dites « chamaniques ».

Il faut savoir que dans la tradition mongole, le chamane est censé faire des rituels pour éloigner le malheur, renforcer la force vitale, attirer la chance, l’argent et la bonne santé. De plus, en Mongolie l’intuition est considérée comme un langage utilisé par les esprits pour nous prévenir d’un danger ou d’un comportement irrespectueux envers soi ou son environnement. D’une certaine manière l’intuition et la transe sont l’expression de la même intelligence mais à un niveau différent.

Corine Sombrun témoigne que l’expérience de la transe semble avoir une action sur le développement de la créativité et dans celui de l’apprentissage intuitif. « En transe j’apprends sans avoir à apprendre, j’utilise des techniques que je n’ai jamais apprises, comme contrôler la colonne d’air pour faire des sons d’une longueur exceptionnelle… »

Pendant presque vingt ans, Corine Sombrun multiplie les rencontres avec des scientifiques reconnus et se plie à de multiples tests et expériences scientifiques avec comme but de faire émerger une étude scientifique des effets de la transe et ce malgré d’innombrables tiraillements entre  science et tradition. Tout d’abord, elle s’entraîne à induire la transe, à l’induire sans rituels ou mouvements et au bout  de cet entraînement elle parvient à limiter ses mouvements à presque rien, ceci afin de ne pas perturber les dizaines de capteurs électriques qui lui sont appliqués.

 

Comment unir tous les humains ? (1/2)  

0

Une personne qui apprécie Ivan Illich attire déjà mon attention, parce que dans les années 1970 j’étais enthousiasmé et interpellé par la lecture de celui qui influença positivement toute une génération au grand dam des dominants.

De plus, quand cette personne ajoute qu’elle fut séduite par l’humanisme et le courage de René Dumont, un pionnier de l’écologie en France, et qu’elle dédie son livre à Greta Thunberg, porte-parole écologiste de la jeunesse militante, je me suis dit que j’allais lire son ouvrage avec un intérêt décuplé.

ft20210401 101537Cette personne, c’est Michel Joli qui vient de publier aux Éditions érès un essai consacré à la Fraternité globale, avec en sous-titre « Expliquée à ceux qui veulent changer le monde ».

D’emblée, un constat au sujet de ce concept de la Fraternité : « Nous pouvons aujourd’hui considérer que, au cœur de la complexité de la civilisation, la Fraternité constitue la seule caractéristique universelle qui unit tous les humains. Le phénomène fraternel est bien ce sentiment de solidarité incrusté au fond de chaque être humain. »

Hélas, sous les coups de boutoir de l’économie libérale productiviste et d’un égocentrisme exacerbé chez de nombreux citoyens, cette fraternité est en « voie de disparition ».

Pourtant, explique Michel Joli, « la solidarité a un effet direct en matière de secours, elle fonde aussi un sentiment de proximité utile, de cohésion et de solidité de la trame sociale qui nous supporte, loin d’être une forme de soumission à un ordre extérieur, elle est surtout une affirmation de soi ».

J’ai apprécié sa phrase qui devrait être méditée par tous les citoyens, particulièrement les nombrilistes : « Il ne peut y avoir de bonheur individuel sans bonheur collectif. »

L’auteur assène également une raison à la perte du sens fraternel que Fréquence Terre constate depuis deux lustres : « Dans les pays développés, la fraternité devint sans objet, remplacée par la concurrence économique et l’adhésion forcée à l’individualisme libéral. »

ftcitation 1Mais, au juste, qu’est la Fraternité aux yeux de l’auteur ?

« C’est le temps disponible, le partage, l’engagement, la solidarité, les limites éthiques, le bon usage des techniques et de la science, le rapport à la nature… C’est aussi la participation de tous aux débats essentiels, mieux mobiliser la raison en lieu et place de l’avidité pour fixer les limites humanistes au progrès dans le respect des ressources de la Terre. »

ft20210401 101605Et, Michel Joli d’expliquer que tout cela fut possible et démontré lors de ces derniers mois, je le cite « dans le dos de nos dirigeants empêtrés dans leur ego, leurs compétitions stériles et leur persistance obstinée dans l’erreur. »

C’était sans encore connaître les réactions égoïstes de plus en plus marquantes pour boycotter les mesures sanitaires en ces temps de pandémie, je suppose.

À bientôt pour la suite de cette lecture importante, celle qui pousse à la réflexion critique et non à l’endoctrinement ou à la manipulation.

sigle ft 2015

 

 

Exceptionnels mausolées bourguignons et Michel-Ange à Bruges  

0

ft20210325 120130Au cœur de Bruges dite la Venise du Nord, se dresse fièrement la tour (XIIIe-XIVe s) de 123,3 mètres, soit la plus haute construction du monde en briques, de l’église Notre-Dame située dans un quartier pittoresque du centre de la ville.

Un édifice que je considère comme un musée exceptionnel par son architecture et les œuvres qui y sont présentées de manière remarquable.

Cinq nefs et un espace lumineux grâce à de multiples vitraux « légers », ainsi que des chapelles, des transepts, le déambulatoire, le chœur… accueillent une bonne centaine de tableaux, monuments et plaques funéraires, triptyques, autels, statues, mausolées, mémoriaux, stalles, confessionnaux…

ft20210325 114548Parmi eux trône au centre de la décoration baroque d’un autel, la sculpture mondialement connue de Michel-Ange (1475-1564) la « Vierge et l’Enfant ».

Façonnée entre 1504 et 1505, cette statue en pierre de Carrare, mesurant 1,28 mètre de haut, est représentative de l’École de Florence.

Les spécialistes expliquent que Marie y est présentée comme une mère assez juvénile, l’enfant grimpant sur elle.

Le visage de la Vierge est serein, le jeu du drapé est gracieux et raffiné. Cette statue est la seule du maître qui quitta l’Italie de son vivant.

La statue fut la proie des nazis en 1944 et on la retrouva dans une mine de sel autrichienne en 1945. Elle est revenue à Bruges intacte.

On peut également admirer à Notre-Dame de Bruges des œuvres de Jacob van Oost le Jeune (1639-1713) et l’Ancien (1601-1671), Jan Maes (1620-1677), Frans Pourbus le Jeune (1659-1622) et Pieter Pourbus (1523/1524-1584), Erasmus Quellinus (1607-1678) ; Gerard Davis (1460-1523), Antoon van Dijck (1599-1641)…

ft20210325 115216

Et puis, objet principal de ma visite en ce lieu chargé d’Histoire : les mausolées bourguignons.

Au cœur du chœur, quasiment côte à côte, deux tombeaux attirent l’attention de tout visiteur : celui de Marie de Bourgogne (1457-1482) et celui de Charles le Téméraire (1433-1477), son père.

ft20210325 113617

Elle est née à Bruxelles, lui à Dijon, elle est morte d’une chute de cheval dans le bois de Torhout (Flandre occidentale), lui à la Bataille de Nancy.

Les restes du duc furent transportés à Bruges en 1533 sur l’ordre de Charles Quint. Marie fut inhumée une semaine après son accident mortel dans un tombeau maçonné de Notre-Dame de Bruges, ensuite recouvert d’un mausolée puis doré à la demande de son fils Philippe le Bon.

Le monument funéraire de Charles le Téméraire fut réalisé en 1562.

20210325 113656Des plaques commémoratives, arbres généalogiques, armoiries ont été ajoutés et, selon la coutume moyenâgeuse, les souverains sont représentés en position couchée, les mains jointes.

Marie est représentée en souveraine, sa couronne est rehaussée de pierres précieuses, deux chiens sont couchés à ses pieds en tant que symbole de fidélité.

Charles le Téméraire, lui, porte la couronne de Duc de Bourgogne et la chaîne de l’Ordre de la Toison d’Or, ordre de chevalerie fondé par Philippe le Bon en 1430.

Les chapitres se tenaient dans des églises, cathédrales et collégiales de Lille, Bruges, Dijon, Bruxelles, Saint-Omer, La Haye, Valenciennes, Bois-le-Duc, Malines, Middelbourg, Barcelone, Tournai, Utrecht, Anvers et Gand.

 

ftimg 0916

Aux pieds de Charles le Téméraire se trouve un lion, symbole de courage et de fidélité.

Les deux mausolées ont été déplacés à l’endroit actuel bien plus tard et les fouilles (1979-1981) permirent de localiser des tombeaux décorés que l’on aperçoit à travers une vitre à quelques centimètres de Charles le Téméraire et Marie.

Pour compléter cette visite, il est bon de rappeler que le dernier Duc de Bourgogne était maître de l’État bourguignon, qu’il était fort ambitieux, selon les historiens, ce qui lui aurait coûté la vie à Nancy.

Quant à Marie, elle avait 19 ans au moment de se retrouver titulaire de cet « État fragilisé » et passa une grande partie de son règne à défendre son héritage face au roi de France.

L’empereur Charles Quint fut le petit-fils de Marie de Bourgogne.

 

Reportage photo graphique : Marie-Paule Peuteman.

Remerciements à l’Office de Tourisme de Bruges et au personnel de l’Église Notre-Dame.

sigle ft 2015

 

 

 

« Face au péril, transformons le monde »

0

Il y a 35 ans, Danielle Mitterrand s’engageait dans un combat : le combat contre toutes les souffrances des hommes. Avec sa Fondation, elle aspirait à une utopie : organiser une alternative à un monde plus juste et plus humaniste.

35 ans après, la Fondation continue de s’inscrire dans les pas de sa fondatrice et appelle à une métamorphose radicale de la société.

Au mois de janvier, l’éditorial de Gilbert Mitterrand, le président de la Fondation, avait pour titre : « Donnons vie aux utopies pour une métamorphose radicale ». Un appel que ne renierai pas Danielle Mitterrand et qui sonne comme celui d’une urgence.

En 35 ans, le monde et la société ont changé, trop ou pas assez, c’est selon. Est-ce que les urgences de l’époque sont les mêmes aujourd’hui ? Est-ce que ce sont les mêmes combats ?

« Oui. Probablement. Sauf que les urgences sont encore plus importantes que par le passé. Dans les années 1980, on parlait d’un péril écologique et d’un péril néolibéral de la mondialisation. La grosse différence avec l’époque, c’est qu’aujourd’hui on le ressent plus fortement. Le péril est là et n’a jamais été aussi important. Dans les années 1980, on parlait d’une possibilité d’une transformation due au changement climatique. Aujourd’hui, les effets sont là. C’est notre génération et la génération de nos enfants qui sont en danger. La transformation est plus qu’urgente. Elle ne peut pas s’attaquer qu’à la superficie et au premières conséquences, mais vraiment aux causes. Dès le début, l’ambition de Danielle Mitterrand était de s’attaquer aux causes, que tout le monde ait des droits et qu’on puisse développer une justice qui permette d’éviter des inégalités qui perturbent l’équilibre de la planète. On avait déjà conscience de ça. Aujourd’hui, c’est face à nous. C’est inédit dans l’histoire de l’humanité que l’humanité elle-même puisse être en danger. Une partie de la vie sur terre est clairement en danger. Il faut développer d’autres pratiques et d’autres imaginaires. Il faut envisager d’autres façons de vivre tous ensemble, joyeuses, et qui procurent du bien-être. C’est ce moteur-là qui nous permettra de transformer nos sociétés. »

jeremie chomette
Jérémie Chomette / © Fondation Danielle Mitterrand

Vivre en harmonie avec les autres êtres vivants

Qu’est-ce qui a changé réellement en 35 ans ? La dégradation du monde, de la société, la prise de conscience de citoyens ?

« Il y a pas mal de choses. Probablement qu’il y a une prise de conscience plus importante du péril, mais moins de pourquoi il est là. On a toujours la volonté de remplacer les voitures au pétrole par des voitures électriques, ce qui malheureusement répond à un problème mais en pose un autre. Ce qui a pu changer c’est que, notamment dans la société civile, on est sorti des grandes organisations, les grands syndicats, les grandes ONG, qui jouaient un rôle et que les états ont essayer de démanteler. Elles ont eu du mal à se pérenniser parce qu’elle se sont probablement coupées de la base. Ces organisations s’écroulent un peu et les syndicats sont de moins en moins attirants. Mais derrière, on a des citoyens qui disent, on va changer les choses. On ne va plus demander, mais on va réquisitionner le pouvoir et ne plus le déléguer. On a partout un foisonnement de collectifs qui ont envie de transformer les choses. Avant, on était sur une approche internationale. Dans les années 1980, 1990, on rêvait d’un changement par des gouvernements internationaux. Aujourd’hui, on en est un peu revenu. On a une relocalisation des luttes qui peut poser problème, parce qu’on ne peut pas penser les choses qu’à partir du territoire. Mais il faut les penser à partir du territoire en les liant aux autres territoires. La dernière chose qui a changé, c’est de ne plus voir l’être humain comme le maître du monde. On a toute une philosophie, issue notamment des peuples autochtone, où on ne veut plus transformer le monde pour le dominer, mais le transformer par des alliances, en vivant en harmonie avec les autres êtres vivants. Donc ce sont plutôt des choses positives à l’intérieur d’un péril qui, lui, grandit. »

Mettre en lumière les initiatives

La société change, le monde change,… la Fondation se doit donc de se réinventer ou d’adapter son action ?

« Oui. Concrètement. On a décidé quasiment de ne plus faire de plaidoyer institutionnel. Comme on a moins de moyens, on ne va plus juste demander à l’état de changer. On a décidé de soutenir celles et ceux qui, sur le terrain, agissent. Danielle faisait ça. On va les soutenir en les mettant en lumière. En les finançant ou en les liant à d’autres, on va soutenir des collectifs qui envisagent le monde autrement, qui envisagent, dans leurs pratique, de prendre en compte les êtres vivants. Ce sont des collectifs où le pouvoir, à l’intérieur,  va être partagé et va tendre vers l’autonomie, mais une autonomie qui se fait toujours en interdépendance. On diminue fortement notre travail en direction des états. Et on se concentre sur la société civile, sur ces collectif. On va aussi renforcer les récits mobilisateurs. On a des initiatives qui sont extrêmement positives et qui donnent envie de se mobiliser et nous permettent de penser le monde autrement. Cela ouvre nos imaginaires et nos pratiques. On va les diffuser pour donner envie à d’autres de se mobiliser. Il s’agit de ne plus demander, mais de reprendre le pouvoir et de le redonner aux citoyennes et aux citoyens pour le partager. »

  • La semaine prochaine, quels sont les nouveaux champs d’actions de la Fondation, et ses objectifs.

Pour aller plus loin :

François SARANO: Ce que la génétique nous apprend sur les cachalots

0
cachlaots_sarano-guerin
Crédit Photo : Fabrice Guérin

François SARANO, plongeur et océanographe, étudie depuis plusieurs années un clan de cachalots au large de l’ile Maurice. Les études génétiques réalisées à cette occasion, confirment, dans un article scientifique paru, les relations sociales qui s’y déroulent. Ceci nous permettant de réaliser combien la transmission culturelle y est  importante. François SARANO, avec sa passion,  nous démontre combien les cachalots et le vivant d’une manière générale sont  nos égaux dans bien des comportements.

Une interview de D. KRUPKA

https://youtu.be/a0EheFkvbeQ

www.longitude181.org

Fondation Danielle Mitterrand : « Il faut changer de cette logique financière qui nie tout ce qui est humain »

0

Lutter contre toutes les injustices et défendre les libertés de chacun. Depuis 35 ans, la Fondation France Libertés-Danielle Mitterrand œuvre à la construction d’un monde plus solidaire. De la lutte contre l’apartheid au droit à l’eau pour tous, Danielle Mitterrand a été aux côtés des sans parole, des sans papier, des sans terre, pour refuser l’irréparable.

Avec Jacqueline Madrelle, vice-présidente de la Fondation Danielle Mitterrand.

« Une insoumise, une rebelle, qui a toujours résisté à toutes les injustices ». C’est le portrait de Danielle Mitterrand que vous nous avez dressé la semaine dernière. Elle s’est engagée dans la lutte pour le droit des peuples. C’est une constante de ses combats. On a évoqué avec vous son action aux côtés des enfants d’Afrique du Sud. Mais il y a eu aussi le Cambodge, le Tibet ou encore le peuple kurde.

« Pour le Tibet, je me rappelle que Danielle Mitterrand était venue à Bordeaux. A l’époque nous avions accueilli Gao Xingjian, un Chinois, qui n’était pas encore prix Nobel de littérature. On l’avait accueilli au Boulevard des Potes, le lieu de SOS racisme. C’est un peintre, un homme de théâtre. Il avait donné une pièce qui s’appelait « Dialoguer, interloquer ». J’avoue que cette pièce était quelque peu hermétique. Et Danielle me dit, « décidemment, je ne comprendrai jamais rien aux Chinois ». Elle a accueilli aussi souvent le Dalaï-lama, pour défendre tous ces peuples opprimés. Il y a eu aussi les Kurdes. C’est la « mère » des Kurdes. Quand il y avait eu le massacre d’Halabja (en 1988), on avait recueilli à l’époque des sommes très importantes qui étaient données par des mécènes, des grandes surfaces. On les a amené dans le bureau de Danielle au Trocadéro pour aider à la reconstruction des écoles au Kurdistan. Elle a aussi mis en lumière cette nécessaire lutte contre l’apartheid, avec les accords de Marly-le-Roi avec les responsables de l’ANC. On lui doit beaucoup de choses. Il y a eu le Chiapas, le Tibet, les Kurdes et toute l’Amérique du Sud. Danielle Mitterrand est souvent plus connue à l’étranger que dans son propre pays en France. C’est le paradoxe. Et elle en jouait. »

Le combat pour la reconnaissance du droit à l’eau

Danielle Mitterrand disait vouloir organiser une alternative à la mondialisation capitaliste. Et elle l’a mise en pratique notamment sur sa défense du droit à l’eau pour tous. Comment ce combat est arrivé ? Pourquoi ce choix ?

« L’eau pour tous, c’est parce qu’elle participait à beaucoup de forum mondiaux dans lesquels on dénonçait que l’eau ne devait pas être une marchandise. Comme elle a toujours dénoncé les ravages de la dictature économique et financière, l’eau en fait partie. C’est la première, à l’époque, qui a dénoncé avant tout le monde qu’il y avait une contradiction entre le statut économique de l’eau et son statut naturel. A partir de cette contradiction, elle a dit que l’eau ne pouvait pas être considérée comme une marchandise et devait échapper à tout statut économique. L’eau est comme l’air qu’on respire. Elle doit échapper à cette marchandise. D’où après l’élaboration de la charte des porteurs d’eau. La Fondation avait un statut consultatif au sein de l’ONU. Et elle a beaucoup bataillé pour qu’il y ait cette reconnaissance du droit à l’eau potable pour tous les peuples. C’est la Bolivie je crois qui, la première en 2010, a fait passer cette déclaration à l’ONU pour cette reconnaissance du droit à l’eau potable. Elle n’est pas encore acquise puisque la France ne l’a même pas mise dans sa Constitution. Il y a encore beaucoup de travail à faire. La Fondation s’est aussi beaucoup engagée, avec Emmanuel Poilane, sur la dénonciation des coupures d’eau avec l’application de la loi Brottes. Il y a beaucoup de choses de faites dans le domaine de l’eau. On le doit d’abord à l’engagement de sa présidente. Elle était venue à Bordeaux pour lancer ce mouvement des porteurs d’eau avec des sportifs de haut niveau. Et à chaque fois sa venue donnait lieu à des moments de grande complicité. Elle était très appréciée et très reconnue par les jeunes notamment. »

leau est un droit
© L’eau est un droit

Faire respecter la dignité humaine et le droit à la vie

La biopiraterie, la citoyenneté, le droit des peuples, l’accès à l’eau. Il y a bien un lien entre toutes ces causes, un point commun ?

« Le lien, c’est la révolte contre toutes les injustices, contre toutes les oppressions. Son souhait était de faire respecter les droits de la nature. Nous humains, on fait partie de cette nature. Donc si on détruit cette nature, on se détruit nous-mêmes. C’est le droit à la vie. Elle était toujours animée d’un bon sens extraordinaire, qui manque à bon nombre de politique, un bon sens qui la guidait dans sa vie pour faire respecter la dignité humaine et le droit à la vie. L’eau c’est la vie. Lutter contre les oppressions, c’est lutter pour qu’on ait chacun une vie digne. C’est le droit à la vie, le droit à l’éducation, le droit à la santé, le droit à la culture. Tout ce qui l’a guidée toute sa vie, c’est le respect de la dignité humaine. Donner à chacun d’entre nous une vie digne. »

Changer de monde

Agir, plaider, sensibiliser, ce sont les trois volets de l’action de la Fondation, trois volets voulus par Danielle Mitterrand. Pourquoi sont-ils si importants ?

« 35 ans d’utopie, et 35 ans on le souhaite encore d’utopie. Elle disait que chaque citoyen a le droit d’agir. Si chacun fait sa part, on peut changer le monde. Elle n’aimait pas d’ailleurs cette expression, « on va changer le monde ». On peut changer de monde. Pour les 25 ans de la Fondation, le slogan était juste un monde plus juste. Plaidoyer, c’est l’action de faire connaitre. Et il faut sensibiliser la plus grande partie des citoyens à cette possibilité de changer de monde. C’est très important. »

Changer de monde est un slogan qui résonne beaucoup en ce moment. Quelle voix la Fondation peut encore avoir aujourd’hui ? Comment le message de Danielle Mitterrand peut perdurer, peut se prolonger dans cette période perturbée et alors qu’on nous promet un « monde d’après » différent ?

« C’est d’abord changer de cette logique financière, de cette loi du marché, de cette loi du profit, qui va à l’encontre de la dignité humaine. Il faut montrer que les forces de l’argent, les forces des multinationales, nient tout ce qui est humain. Donc revenir à un monde respectueux de la nature, respectueux de l’humain. La Fondation s’engage dans ce plaidoyer pour la défense du vivant, pour la défense de toutes ces initiatives citoyennes à travers le monde. Elles montrent qu’on peut vivre autrement. Ce monde d’après, il ne faut pas qu’il soit pire que celui d’avant. La Fondation va dans ce sens-là, de respect de la nature, de respect de l’environnement. Il faut absolument changer de logiciel. Et la Fondation est le lieu par excellence pour avancer sur ce terrain-là. »

Pour aller plus loin :

 

 

Qui trompe qui ?

0

20210322 171055Mon frère, ce zéro est le titre accrocheur du roman de Colin Thibert paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson et qui, en plus, affiche un bandeau en forme de question qui interpelle d’emblée le lecteur : « Qui trompe qui ? »

Oui, qui trompe qui, au juste ? Colin Thibert, entre autres spécialisé dans la Série noire, explique qu’Antoine Percier, autoproclamé expert en toilettes sèches, le nec plus ultra écologique en ce domaine, casquette vissée sur le crâne, un gars pas très gâté par la nature avec ses dents pourries et son bégaiement, est convaincu d’une chose dans son existence passablement chahutée : son pote Canard, Sylvain Canard de son vrai nom, est sur un coup de plusieurs millions d’euros.

Il tente même de convaincre Jean-Jacques, le viking blond, grand, baraqué, autre membre du trio, mais celui-ci n’est pas du tout enclin à braquer une banque, un fourgon blindé, un commerce de produits de luxe, genre bijouterie.

Alors, Canard, tatoué, percing, crâne rasé, l’œil perpétuellement aux aguets, explique posément en enfilant les cannettes de bière, que Thibault Dastry, un milliardaire, patron de journaux, de stations de radio et de télévision, a un frère, Julien.

Jusqu’ici, rien de bien spécial dans la trame du polar, je vous l’accorde, mais, le lecteur doit savoir que le magnat de la presse cache soigneusement son parent à raison de 7.580 euros par mois dans un asile, car le pauvre est « taré » et que cela ferait mauvais genre que la planète entière l’apprenne.

Alors, le plan de Canard est de révéler au monde entier cette situation, tout bonnement. Enfin, c’est ce qu’il croit.

Voilà. Vous en connaissez déjà assez sur ce qui vous attend dans ce roman qui, vraiment, sort de l’ordinaire.

Allez ! Un tout dernier indice : Thibault Dastry avait magouillé avec des banques monégasques pour rebondir dans des paradis fiscaux et davantage éluder le fisc et, surtout, qu’à un moment donné, il dut choisir entre son frère et ses secrets bancaires.