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Inventons notre avenir !

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Choisir notre avenir et le créer ensemble, il nous reste une chance de tout changer. Notre avenir n’est pas encore écrit. Il sera façonné par ce que nous choisissons d’être aujourd’hui. La crise actuelle impose de changer radicalement notre façon de penser. Chacun d’entre nous doit faire le nécessaire maintenant.

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Pourquoi ? Parce que la terre est en feu, de l’Amazonie à la Californie et de l’Australie à la Sibérie. À l’échelle mondiale la disparition des insectes, des oiseaux et des mammifères est sans précédent, les surfaces boisées ont massivement diminué en cinquante ans, les sols sont moins productifs et les mers moins poissonneuses. La planète a de plus en plus chaud, la Terre suffoque, les barrières de corail disparaissent, les glaciers du monde entier disparaissent à une vitesse alarmante, un accès à l’eau potable se complique d’année en année et chaque jour quelque part dans le monde, la hausse du niveau de la mer entraîne des évacuations.
Christiana Figueres et Tom Rivett-Carnac, auteurs de l’ouvrage « Inventons notre avenir ! » paru chez Albin Michel sont catégoriques : il est grand temps d’abandonner les demi-mesures et de réagir à la hauteur du formidable défi que nous est lancé.
La notion de réchauffement climatique est connue depuis les années 1930 et la confirmation du dérèglement remonte à 1960. Depuis, nous n’avons pas fait grand-chose pour résoudre le problème. Notre négligence a fait du réchauffement climatique non plus seulement un enjeu existentiel mais une crise désastreuse, et nous approchons dangereusement du point de non-retour au-delà duquel la Terre telle que nous la connaissons cessera d’exister. Chaque jour qui passe est un jour de moins à notre disposition pour stabiliser la planète, de plus en plus fragile et en bonne voie de devenir inhabitable.
Idéalement, d’ici à 2040 nous devons avoir cessé de rejeter du CO2 « neutralité carbone ». Si nous ne réduisons pas de moitié nos émissions d’ici 2030, il y a fort peu de chances que nous les réduisions de moitié tous les 10 ans jusqu’à atteindre la neutralité carbone en 2050. C’est la date butoir.
L’urgence climatique effraie mais il nous faut regarder la triste réalité avec un esprit clair. L’atmosphère est trop chargée en gaz à effet de serre, la biosphère trop bouleversée pour revenir à l’époque d’avant le réchauffement. Nous et tous nos descendants, vivrons dans un monde aux conditions climatiques irrémédiablement dégradées.
Notre avenir sera façonné par ce que nous choisissons d’être aujourd’hui. La première chose que nous pouvons tous apporter c’est notre état d’esprit. Face à l’urgence, d’abord regarder en soi.
Prendre conscience de ce qui nous épuise et ce qui nous revitalise. Car un changement de système est aussi une entreprise personnelle. Nos sociétés sont le reflet de nos schémas de pensées, qui dérivent de nos croyances.
Nous devons tendre vers une économie régénératrice, une économie qui réduit les déchets au maximum, qui recycle les ressources utilisées, et qui revitalise celles épuisées par l’homme.
Il s’agit de retrouver la sagesse innée de la nature qui elle sait se régénérer. Notre survie dépend de la nature.

Témoignage de Jane Fonda : « Que faire ? Sauver la planète ! » (1/4)

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Jane Fonda, center, and Ted Danson to her right, with other activists in front of the CapitolInspired by Greta Thunberg and the youth climate strikes as well as Reverend Barber's Moral Mondays and Randall Robinson's often daily anti-apartheid protests, Jane Fonda has moved to Washington, D.C. to be closer to the epicenter of the fight for our climate. Every Friday through January 2020, she will be leading weekly demonstrations on Capitol Hill to demand that action by our political leaders be taken to address the climate emergency we are in. This third Fire Drill Friday included speakers: Greenpeace Ocean Director John Hocevar; activist, advocate and actor Ted Danson; professor and environmental social scientist Jennifer Jacquet; New York human Rights and environmental activist Denise Patel and Sea Turtle Rehabilitation specialist Whitney Crowder., 8.19.90.Third Fire Drill Friday

9782226455871 jQue faire ? tel est le titre du livre de Jane Fonda paru chez Albin Michel, un ouvrage attendu par de très nombreux pacifistes et défenseurs de la nature, tant l’actrice est devenue, au fil des décennies, une activiste qui force le respect et dont on attendait qu’elle nous partage son immense expérience par quelques conseils ou commentaires sur ces sujets d’une brûlante actualité.

À savoir, une inlassable pratique de militante et d’écologiste de la première heure qui nous permettrait de puiser des enseignements supplémentaires aidant à lutter davantage pour la fraternité universelle et la sauvegarde de la planète.

Effectivement, Jane Fonda milite pour l’environnement depuis les années 1970 en installant une éolienne dans son ranch, des panneaux solaires dans sa maison de Santa Monica, c’est-à-dire une prise de conscience écologique dès les premiers signes tangibles d’une dégradation de la nature.

Cela fut doublé par un militantisme pour le pacifisme, contre les guerres du Vietnam et d’Irak, également pour les droits des femmes.

Et puis, en 2018, elle découvrit une jeune fille courageuse qui, selon Jane Fonda, « nous exhorte à sortir de notre zone de confort et, surtout, à agir, Greta Thunberg. »

Avec beaucoup d’humilité, l’actrice qui connaît encore une célébrité planétaire, expliqua qu’en cinquante années d’engagement citoyen elle a déjà participé à beaucoup de mouvements sociaux et, qu’à plus de 80 ans, elle allait imiter ladite Greta Thunberg, c’est-à-dire imaginer à son instarun rassemblement du vendredi avec en point d’orgue une action de désobéissance civile non-violente.

Le premier rendez-vous fut fixé sur les marches du Capitole, haut lieu sensible de la politique américaine, comme on le vit avec les partisans de Trump en janvier 2021.

Cependant, avec Jane Fonda et d’autres activistes, il ne fut absolument pas question de la moindre violence.

Quelle fut cette organisation de l’actrice ? Durant quatorze vendredis, baptisés « Vendredis d’Alerte Incendie », « parce que notre maison, la Terre, brûle », précisa-t-elle, son dispositif se basa sur un panel de manifestants qui, semaine après semaine, exposaient des thèmes centrés sur le climat, telle cette jeune indienne de 17 ans qui évoqua le combat des peuples autochtones, tel Jerome, un autre jeune, qui réclama l’union des manifestants, gage de succès pour interpeller les élus, telle Sandra, une biologiste qui, preuves scientifiques à l’appui, confirma que des populations entières de poissons et de récifs coralliens sont en train de disparaître, tout comme les insectes, et que les plastiques asphyxiaient la vie marine ou finissait dans un incinérateur aggravant encore plus la pollution et la crise climatique.

La volonté de Jane Fonda était claire : « La meilleure chose que nous, adultes, puissions faire, c’est de soutenir activement la prochaine génération de militants climatiques prêts à prendre la tête du mouvement.  Plus j’en apprenais sur la crise climatique, plus je sentais que ce serait en créant une vraie communauté que nous allions réussir à lever l’armée nécessaire pour changer la manière de faire dans ce pays, et cela sur le long terme. »

Grâce à son témoignage, suivons quelque peu Jane Fonda dans son premier vendredi.

Ainsi, après une dernière réunion avec les différents intervenants, le choix du parcours dans Washington jusqu’au Capitole, s’assurer d’avoir suffisamment alerté la presse sur cette action qui, faut-il le rappeler, n’était pas autorisée par les autorités, du moins dans son cheminement jusqu’aux marches du siège du Congrès, nous retrouvons l’actrice avec à ses côtés sa belle-petite-fille, des militants, des scientifiques…

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Arrestation de Jane Fonda sur les marches du Capitole à Washington ©Greenpeace/Tim Aubry

Bien entendu, la police n’apprécia pas, arrêta celles et ceux qui avaient réussi à grimper les marches, dont Jane Fonda, les menottèrent, les menèrent dans des fourgons sous les applaudissements de la foule.

Au poste de police, ils furent fouillés, enfermés dans des cellules. Et, là, les sept prisonniers échangèrent entre eux des propos sur le climat, la démocratie, la guerre, la santé, firent plus ample connaissance et élaborèrent les thèmes à présenter lors des prochains vendredis !

Leur libération s’opéra au compte-gouttes après le relevé des empreintes, le paiement de l’amende de cinquante dollars et avoir récupéré leurs affaires personnelles.

À la sortie, d’autres manifestants baptisés « Soutiens aux prisonniers » les accueillirent. Ce qui sera le cas chaque vendredi.

Bien sûr, Jane Fonda prit la parole devant une imposante presse accourue pour l’occasion : « Je soutiens les jeunes à 100%. Et je veux les aider à faire passer leur message. »

Elle tira un bilan de cette première journée, il sera aussi notre conclusion pour cette première chronique, parce que, depuis plus d’une décennie Fréquence Terre milite aussi dans ce sens : « Si tu veux aller vite, pars seul ; si tu veux aller loin, pars à plusieurs. »

En d’autres termes, une action solidairement partagée avec d’autres défenseurs des valeurs fondamentales de notre société est indispensable pour mener à bien cette lutte pacifique contre les pollueurs, les climatosceptiques et les fossoyeurs de la démocratie.

Tous mes remerciements à Florence Godfernaux et Raphaëlle Gourvat, attachées de presse aux Éditions Albin Michel, à Greenpeace, à Tim Aubry, photographe, et, bien sûr, à Jane Fonda pour les documents photographiques et informations.

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Chili : un premier pas vers une nouvelle Constitution

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© Fondation Danielle Mitterrand

C’est un évènement démocratique particulier que va vivre le Chili le week-end prochain. Les 15 et 16 mai, les Chiliens sont appelés aux urnes. Ils désigneront notamment des maires, des conseillers municipaux et des gouverneurs.

Mais ce scrutin est aussi celui où seront élus les membres de l’Assemblée constituante qui aura pour mandat de rédiger la nouvelle constitution du pays.

Ce week-end, les Chiliens vont donc élire ceux qui auront pour mission d’écrire la nouvelle constitution. C’est le fruit de revendications portées de longue date par la population.

« De longue date, oui. J’oserais même dire que, depuis qu’elle s’est créée en 1980 en pleine dictature sous l’époque de Pinochet, cette même Constitution est restée en place une fois la démocratie de retour au Chili au début des années 1990. Et elle n’a cessé d’être remise en question par la société civile et par les différentes générations qui ont vécu sous l’ère de cette Constitution. Quand a débuté tout le mouvement social en 2019, qui avait été initié par la hausse du ticket de métro de 30 pesos, il est apparu tout de suite une logique qui s’est traduite en une phrase emblématique de ce mouvement social : ce ne sont pas les 30 pesos de la hausse du ticket, ce sont les 30 années de la Constitution au Chili. »

Tourner la page d’une Constitution ultralibérale cadenassée

Derrière cette future constitution, il y a aussi l’idée de mettre un terme à cette constitution de 1980, écrite sous la dictature militaire d’Augusto Pinochet.

« C’est réellement essayer de tourner la page. Paradoxalement, la Constitution se vend au Chili dans les différents kiosques à journaux. Les gens sont très informés sur la Constitution. Et paradoxalement, c’est une Constitution qui est complètement cadenassée quant à la possibilité la modifier. Ce processus de changement de Constitution ne date pas seulement de ces dernières années. Déjà en 2013, lors son second mandat, la présidente Michelle Bachelet avait initié tout un processus pour essayer de modifier les grandes lignes de cette Constitution. Donc c’est un thème qui est assez récurrent. Il fallait sûrement tout ce soulèvement social qui n’a pas été très facile. Il a été évidemment entouré de beaucoup de violences de la part des forces de l’ordre chiliennes, et freiné ensuite par la situation sanitaire de la pandémie. Donc c’est un processus qui a été très long à mettre en place. »

Cette constitution de 1980 consacrait totalement la vision néolibérale de l’économie et une approche conservatrice de la société.

« Tout à fait. La mise en place de cette Constitution a été largement appuyée par ce qu’on appelait à cette époque les Chicago boys. Ce sont toutes ces politiques néolibérales qui se sont traduites dans cette Constitution qui était assez unique pour l’époque et qui a été après très célébrée par Margaret Thatcher entre autres. Basiquement, elle prévoit un démantèlement du service public et une privatisation de tous les services et les biens communs d’une société et d’un peuple. »

Vers une Constitution paritaire et multiculturelle

Cette future nouvelle constitution est souhaitée par près de 8 Chiliens sur 10. Et elle devrait être réellement innovante.

« Elle a deux aspects très innovants. D’une part, la parité de ses constituants, une parité vraiment effective. C’était un désir de la population et de la société civile à vraiment intégrer un processus qui soit avec une parité exemplaire. C’est quelque chose à remarquer. Et d’autre part, le fait d’avoir une proportion de représentants issus des peuples autochtones chiliens à l’écriture de cette Constitution. C’est assez remarquable et presque inattendu. Parce que le Chili est l’un des très rares pays en Amérique latine, avec l’Uruguay je crois, à ne pas avoir de reconnaissance de ces peuples autochtones au sein de la Constitution. Donc ces deux aspects donnent un espace, non seulement innovant, mais aussi, souhaitons-le, porteur pour cette future Constitution qui se veut, si possible, multiculturelle et très ouverte sur la réalité du Chili actuel. »

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Rodrigo Mundaca © Modatima

Rodrigo Mundaca, premier gouverneur issu des peuples autochtones ?

En dehors de cette constituante, le scrutin de ce week-end va aussi être l’occasion pour les Chiliens d’élire pour la première fois des gouverneurs de région. Et parmi les candidats, figure Rodrigo Mundaca, prix Danielle-Mitterrand 2019, dont l’un des grands combats est la question cruciale de l’accès à l’eau.

« Rodrigo Mundaca, depuis plusieurs années maintenant, est devenu une figure presque incontournable de la société civile au Chili et des différents mouvements sociaux. On le connaît à travers le mouvement qui s’appelle Modatima (Mouvement pour la défense de l’accès à l’eau, à la terre et la protection de l’environnement), qui lutte pour l’accès et le droit à l’eau au Chili entre autres. Lui-même viens d’une ville qui s’appelle Petorca, à qui est au nord de Santiago, et qui est un peu le symbole du vol par l’agro-industrie de l’avocat au Chili. C’est une zone qui vit en stress hydrique. Le Chili, depuis une dizaine d’années, vit une méga sécheresse. Donc dans des conditions déjà très compliquées de stress hydrique, cette méga industrie de l’avocat vient renforcer ce modèle qui est complètement à l’encontre des droits fondamentaux humains et de l’accès à l’eau. Rodrigo Munda, dans toute cette lutte, a préféré, non pas être dans la candidat en tant que représentant de la Constituante, mais plutôt en tant que gouverneur. Il faut savoir que ce rôle de gouverneur est une première au Chili. C’est un rôle politique qui ressemble à ce qu’on peut connaître en France comme les présidents de région. Et il devrait permettre, s’il est élu, de pouvoir insuffler un programme très innovant et très local pour faire avancer tout ce qui peut être en lien à l’environnement, au droit à l’eau, mais aussi à une participation démocratique intéressante à suivre. »

Pour aller plus loin :

Rodrigo Mundaca, prix Danielle Miterrand 2019, prône un autre rapport à la nature

Quel danger derrière l’économie bleue ?

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Le concept d’économie bleue est apparu en 2012 lors d’une conférence internationale. Ce terme induisait la conservation et sur la gestion durable des océans, considérant que des écosystèmes océaniques sains sont plus productifs donc plus durables pour nos économies.

2 ans plus tard, ce même terme se modifie légèrement pour devenir la Croissance bleue, : un terme qui revient régulièrement dans la bouche des politiques dès lors qu’ils parlent de l’Océan.? En réalité on ne devrait même plus parler de croissance, mais bien d’accélération bleue, car nous assistons à une très rapide industrialisation capitaliste des océans, une extension de ce que nous avons fait sur terre, dans la continuité du XXème siècle, ce qui a signé le début d’une nouvelle ère historique et géologique, l’Anthropocène.

L’économie bleue , une promesse naïve? a découvrir dans cette chronique.

www.longitude181.org

https://youtu.be/d4C-v5KNE2g

 

Rosa Luxemburg : femme rebelle et citoyenne du monde

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Exception faite de Greta Thunberg, il se dit que la jeunesse actuelle n’a plus de modèles à prendre en exemples pour s’engager dans des actions citoyennes au nom de la solidarité et de la fraternité, concepts qui sont quand même des piliers d’une société où le bien-vivre ensemble est tellement crucial.

Alors, en attendant d’autres Greta, allons à la découverte de Rosa Luxemburg (1871-1919), une citoyenne du monde, grande opposante à la guerre et au militarisme, condamnée à la prison en 1914 pour son appel à la désobéissance militaire, puis assassinée par des soldats allemands le 15 janvier 1919, son cadavre étant jeté dans un canal berlinois.

C’est elle qui dit, comme un pressentiment à son terrifiant destin, que, certes, le monde était beau mais qu’il le serait davantage s’il n’y avait pas sur terre des pleutres et des lâches.

Et de mettre en exergue le fait qu’il y a toujours au bout de la chaîne de la répression une personne qui a le pouvoir d’accomplir l’acte qu’on lui commande ou de refuser.

Alors, pour avoir énoncé pareille évidence et avoir eu des idées pacifiques, elle fut donc mise à mort à l’âge de quarante-huit ans. Assurément, quand elle parla de lâches et de pleutres, je pense aussitôt au gouvernement allemand d’Adenauer en 1962 qui jugea que son exécution avait été légale en accord avec la loi martiale.

Elle qui, pourtant, toute sa vie, avait lutté pour la fraternité, dénonça le nationalisme, eut une attention indéfectible au prolétariat, fut alors rapidement fichée par la police tsariste, celle de la Russie ayant envahi la Pologne natale de Rosa.

L’internationale était la clef de voûte de son idéal politique et elle était intransigeante dans son soutien à une organisation pacifique des travailleurs rejetant le terrorisme.

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Une de sources de la présente chronique.

Ajoutons, qu’elle était incorruptible, ne supportait pas les compromissions, et la haine à son égard s’installa insidieusement.

À 23 ans, elle fut traitée de rebut juif, de gredin, de brigand.

Eh bien, malgré ce climat hostile, elle poursuivit inlassablement son idéal, jusqu’à fonder un journal, appelé La Cause ouvrière, avec Léo Jogichès, son compagnon. Dans ses écrits, elle était aussi à la pointe pour affronter ceux qui se disaient socialistes et qui n’hésitaient pas à collaborer avec la police pour se débarrasser d’adversaires politiques.

Après avoir vécu un temps à Zurich, elle débarqua à Berlin.

La suite de la courte vie de Rosa Luxemburg se déclinera dans une prochaine chronique…

Reportage : La Commune de Paris, pour ne jamais oublier !

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ft20210502 100000« La Commune de Paris, il y a 150 ans », tel est le thème d’une exposition en plein air qui se tient jusqu’au 16 mai sur le campus de l’Université libre de Bruxelles, un événement auquel Fréquence Terre invite tous les Français qui résident dans la capitale de l’Europe, comme nos auditeurs autochtones, bien sûr, à visiter tant les documents présentés sont d’un intérêt majeur..

Pour rappel, la Commune est le nom donné au mouvement révolutionnaire et au gouvernement insurrectionnel qui fut mis en place à Paris après la guerre de 1870-1871 contre les Prussiens.

ft801img 0985La Commune décida des mesures sociales majeures : liberté d’association pour les ouvriers, séparation de l’Église et de l’État et transformation en sociétés ouvrières des entreprises abandonnées par leurs propriétaires, entre autres. Mesures qui ne purent être exécutées car, hélas, les quelque 20 à 30.000 partisans de la Commune, les communards, eurent à affronter les bombardements et tirs des troupes dites régulières et, lors de la « Semaine sanglante », c’est-à-dire du 21 au 28 mai 1871, le mouvement fut écrasé, principalement sur les centaines de barricades élevées dans Paris, d’où des milliers de morts et de blessés.

ftimg 0995La dernière poche de résistance tomba du côté du cimetière du Père-Lachaise où de nombreux combattants furent fusillés contre le mur d’enceinte, le tristement célèbre « Mur des Fédérés » du nom des partisans de la Commune.

Quelque 7.500 communards furent déportés dans des bagnes et camps en Algérie et en Nouvelle-Calédonie, dont Louise Michel, dont il sera question sur Fréquence Terre sous peu.

Tandis qu’une offensive conservatrice demande de ne plus évoquer le souvenir de la Commune, les organisateurs, c’est-à-dire le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches et l’Institut Marcel Liebman, ont  choisi de nourrir la réflexion sur cet événement fondateur à travers un colloque, des conférences en ligne et donc une exposition.

Celle-ci retrace donc l’histoire de la Commune à travers des photographies actuelles de Paris, sur lesquelles des artistes ont dessiné les acteurs (imaginaires) car, depuis l’écrasement de la Commune de 1871, si des dizaines d’ouvrages ont été consacrés à son histoire, chaque époque pose des questions différentes face à cet événement exceptionnel qui annonçait les révolutions du XXème siècle.

ftimg 0990Ce sont certaines de ces questions qui sont abordées dans cette remarquable exposition, que je vous invite à visiter virtuellement avec moi (écoutez le podcast) devant le siège de l’Internationale des Travailleurs, 14 rue de la Corderie, à l’église Saint Paul-Saint Louis, 99 rue Saint-Antoine où l’on lit encore un graffiti révolutionnaire sur une colonne, au 88 rue Myhra avec l’Internationale, le tout sur l’air du Temps des Cerises, chant de la Commune également diffusé sur le campus universitaire bruxellois à certains moments.

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Reportage photographique : Marie-Paule Peuteman (Fréquence Terre)

Musique : Le temps des cerises (Youtube).

 

 

Vous faites quoi après-demain ?

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Après plus d’un an de Covid 19, la situation va retourner à la normale . Le monde demain est là, ce fameux monde qui devait suivre au mode précédant la crise sanitaire, pour ne plus avoir à vivre aune autre crise,  pour pouvoir dire « plus jamais ça «  . Maintenant que demain est là, que va -t-il se passer? Rien .

Car bien évidemment, tout va ressembler à avant. Libérés, vous allez consommer et vous ruer dans les restaurants, dans les bars, dans les magasins, dans les gares, dans les aéroports. Et Vous consommerez et voyagerez pour rattraper le temps considéré perdu, en remettant à un peu plus tard ce monde d’après que vous souhaitiez. Procrastination, quand tu nous guettes…

Alors on continue comme avant ? Ou on prend la tangente ?

Des pistes à découvrir dans cette chronique

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Gérard de Nerval déboulonné !

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pgfQue je vous explique ma lecture du Voyage de Nerval récemment paru aux Éditions La Déviation.

D’un côté, Gérard de Nerval (1808-1855) présenté comme une figure majeure du romantisme et nouvelliste français du XIXe siècle, ésotériste et symboliste, clamant qu’il croyait à au moins dix-sept religions. Ses dernières années furent vécues dans la déchéance matérielle, physique et psychique. Il se serait suicidé à l’âge de 47 ans.

De l’autre côté, Denis Langlois, encore bien vivant, lui, avocat et écrivain, militant pacifiste, objecteur de conscience, observateur judiciaire international lors de procès politiques, Prix littéraire des droits humains. Il est l’auteur du Voyage de Nerval.

ft20210501 081616Entre eux deux, ce livre en forme d’analyse minutieuse, pointue, un ouvrage passant au crible d’une critique rigoureusement argumentée de Voyage en Orient, des Nuits du Ramazan, de Druzes et Maronites, de Scènes de la vie orientale : les Femmes du Caire, puis les Femmes du Liban, écrits par ledit Nerval, celui qui fut considéré à son époque comme un « voyageur érudit ».

L’analyse de Denis Langlois est aussi le résultat d’une longue présence sur le terrain, c’est-à-dire le Liban, ce qui permet à celui-ci de mettre les choses au point. Au poing, même.

Ainsi, au fil de ses 210 pages, n’hésite-t-il pas à justifier le « déboulonnage » de ce Nerval, qui, je le répète, encore considéré comme un « grand » de la littérature française.

Alors, fusent les « charlatan », « faux-cul », « Judas ! » et « plagiaire », des propos tels, « Je doute, Nerval, que ton écrit soit exact. Toi, tu te contentes d’une description passe-partout… », ou, encore « Pauvre Nerval, quelle minable explication indigne de toi ! Quelle justification de faux jeton ! », « Assez. Tu nous lanternes, Nerval », « Tu exagères toutefois et je trouve même que tu es franchement indécent… »

ft20210501 081704Denis Langlois évoque aussi l’achat d’une esclave par Nerval, qu’il fut traité de « renégat » pour avoir soutenu le dernier roi de France, Louis-Philippe, avant de retourner sa veste et d’aborder la cocarde de la démocratie.

Avant de clôturer son livre, l’auteur se rendit au Père Lachaise, là où Alexandre Dumas, Nadar, Théophile Gautier, entre autres, payèrent une concession pour que Gérard de Nerval puisse reposer en paix pour l’éternité.

ft20210501 102030Est-ce le cas, lui qui est à trois pas, de l’autres côté de l’allée, où repose Honoré de Balzac ? Encore tout un symbole ! Ce qui n’empêche pas Denis Langlois d’être aussi confraternel, voire admiratif à certains moments à l’égard du poète décédé il y a plus de seize décennies.

Pour conclure, Le voyage de Nerval est un livre qui m’a incontestablement plu, car, loin des pamphlets qui pullulent davantage sur le ton peu crédible de messages de réseaux sociaux et qui ne servent qu’à assouvir les fantasmes de décervelés, le récit de Denis Langlois est toujours finement écrit, avec humour et tendresse parfois, mais avec une rigueur de juriste s’appuyant sur des faits avérés. Et, croyez-moi, pour utiliser une formule bateau : son livre se lit comme un roman !

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Le potager, un art de vivre

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20210430 162504Redécouvrir la respiration de la terre nourricière, plonger ses mains dans l’humus et s’enivrer de senteurs naturelles provoquent un sentiment de bien-être incomparable et une grande sensation de calme et d’apaisement

L’amateur qui souhaite débuter un potager se heurte souvent à la question de l’organisation de celui-ci.

Vous trouverez toutes les réponses à vos questions dans « Un potager au naturel avec Tom le Jardinier » paru aux éditions Albin Michel.

Le jardinage cela s’apprend, nous dit Tom et son accueil à l’école du potager à la même force attractive qu’un épais pollen pour une abeille. Tom le jardinier partage sa passion, son expérience, ses conseils et sa vision du jardinage respectueuse des écosystèmes naturels. Il est horticulteur professionnel et ses premiers gestes au jardin lui ont été transmis par son grand-père.

« Un potager au naturel » est un manuel très complet, très didactique et joliment illustré.

Moi-même, je participe à un potager collectif en milieu urbain et j’ai découvert quelques solutions, comme associer poireaux et carottes afin d’éloigner les ravageurs ou encore l’infusion de rhubarbe pour soigner son jardin au naturel.

20210430 162422Des astuces pour les petits espaces et balcons ne sont pas oubliés. Et chaque fiche légume précise comment semer, planter, récolter et soigner si besoin.

L’ouvrage se termine par une invitation : partager et poster vos réalisations et mentionner évidemment le profil de Tom le Jardinier. Bonne récolte à vous !

Les loups sont bien entrés dans Paris

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pgfAu printemps 2021, par centaines, des hauts gradés, dont un candidat aux futures élections présidentielles de 2022, des généraux, amiraux et autres soldats français de la légion étrangère, de l’infanterie, de la marine, de l’armée de l’air, de l’armement…, ont lancé un appel à la classe politique « pour un retour à l’honneur »[1].

Ils signalent que le drapeau tricolore symbolise « Honneur et Patrie » et que leur honneur est de dénoncer « le délitement qui frappe notre patrie » : la haine et le fanatisme des antiracistes et des théories décoloniales, le délitement avec l’islamisme et les « hordes » de banlieues, les forces de l’ordre prises comme boucs émissaires…

« Nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs. Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. »

Publié soixante ans après le « Putsch d’Alger », tentative de coup d’État fomenté par des militaires français en Algérie et conduits par quatre généraux, le 21 avril 1961, l’appel du 21 avril 2021 est considéré par maints observateurs comme un appel à l’insurrection.

« Les loups sont entrés dans Paris » chanta Serge Reggiani…

 

[1] Valeurs actuelles, 21 avril 2021, article répercuté dans toute la presse française et en grande partie au niveau international.

Photo : Pixabay, libre de droits.