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France et Belgique : pourquoi tant de haine ?

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ft20210701 111805J’aime le foot, du moins le beau jeu, j’aime le folklore bon enfant qui l’entoure parfois, en revanche, je ne m’associe absolument pas à leur transformation en une haine ou un véritable racisme dans le chef de qui que ce soit. Il faut raison garder, n’y a-t-il pas assez de problèmes climatiques et sociétaux comme cela ?

Quand je lis le titre du quotidien belge Le Soir, qui s’est autoproclamé Le Monde belge depuis longtemps : « Pourquoi les Belges jubilent-ils quand la France perd ? », je corrige aussitôt l’amalgame « les » par « des » Belges.

Heureusement, l’article nuance ce titre : « Le plaisir de nombreux Belges (francophones surtout) qui saluent les déboires sportifs français dévoile nos complexes, nos agacements et nos frustrations face à une certaine condescendance française qui vire parfois à l’arrogance. »

Quand j’entends Gilles Favard, le chroniqueur de L’Équipe, clamer que « les Belges vont vite rentrer chez eux manger des frites », je me souviens des lamentables blagues racistes de Coluche qui, je pense, passeraient à la moulinette de la cancel culture qui sévit actuellement dans le monde.

Depuis des semaines, donc, le foot, sport n°1 sur la planète, génère des comportements tellement éloignés du fair-play, du simple folklore à se brocarder, de la gouaille, pour faire place à l’insulte, à l’abaissement, à l’humiliation, qui donnent le sentiment d’un nationalisme qui, c’est son but, ne fait qu’élever des barrières entre les peuples.

On peut supporter telle équipe, souhaiter qu’elle gagne face à telle autre équipe, sans pour cela tomber dans la haine de l’autre, et de qui que ce soit d’ailleurs.

Comment et pourquoi en arrive-t-on à pareilles situations, si ce n’est par un nationalisme qui va à l’encontre des élémentaires relations fraternelles et qui tisse une société où l’égocentrisme est porté comme un étendard.

Quand j’entends retentir la Marseillaise, puisque c’est une règle qui semble immuable de débuter un match international de la sorte, une règle tellement loin de l’esprit universaliste, je me demande pourquoi elle n’a pas encore été remplacée par la Marseillaise de la Paix ?

Vous ne connaissez pas ? Voici son refrain, et croyez-moi c’est plus agréable à fredonner que le sang qui coule dans nos sillons…

Photos : Pierre Guelff.

Chanson Plus Bifluorée – Marseillaise de la paix (DP/Adaptation : S.Richardot-X.Cherrier-M.Puyau )

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« Chaque citoyen a la responsabilité de déconstruire les violences de la société » (Emmanuel Poilane)

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© Editions 2031 / Tignous

« Coupures d’eau : Victoire des citoyens face aux multinationales« , c’est le titre d’un ouvrage signé Emmanuel Poilane et Jean-Claude Oliva. C’est le récit de plus de quatre ans de combat contre les coupures d’eau et pour redonner de la dignité aux victimes de ces coupures.

Est-ce que les relations se sont un peu normalisées entre les usagers et les distributeurs d’eau ? Est-ce qu’elles sont plus à l’écoute, plus conciliantes ?

« Il s’est passé plusieurs choses. La première, c’est que les coupures et les réductions d’eau sont interdites. Les géants de l’eau ont perdu l’arme fatale pour récupérer les impayés. Maintenant, ils sont obligés de travailler sur une dynamique de récupération des impayés via par exemple des prélèvements sur salaire. Donc on est dans un mode normal. L’impayé sur une facture d’eau doit être payé, mais n’amène plus à ce que les gens soient dans des conditions hallucinantes dans leur domicile. C’est la grosse avancée de notre combat. Il y a un autre sujet qui a été très intéressant dans notre combat, c’est quand on a travaillé avec l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA), notamment avec Marie Tsanga-Tabi (ingénieure de recherche). Elle a travaillé avec ses étudiants et a récupéré les bases de données des 1 500 témoignages que l’on a eu. Elle a fait un travail scientifique d’analyse de ces témoignages. Elle a rendu un document qui est accessible sur le site de la Fondation. Ce document explique ce que vivent ces populations pauvres et en quoi la violence mises en œuvre par les multinationales était contre-productive pour tout le monde. A la fin de notre combat, on a pu présenter ce document avec Marie Tsanga, en présence de l’ensemble des multinationales de l’eau et des représentants des régies publiques, pour que les multinationales puissent s’en emparer. Cela a clairement amené une évolution dans le fonctionnement des multinationales. Ces changements ont été très rapides chez certaines, notamment Suez. Elle a été la première multinationale condamnée et a ensuite très vite changer son mode de fonctionnement pour mieux accompagner les problématiques d’impayés. Cela a été plus long pour Veolia et la Saur. Véolia, par exemple, a créé une nouvelle direction, qu’ils appellent le suivi des consommateurs. Cette direction est clairement dédiée à l’accompagnement des familles précaires qui n’arrivent pas à payer la facture d’eau. Je reviens sur quelque chose qui nous avait été dite au démarrage, comme quoi  les coupures d’eau étaient indispensables au modèle économique de l’eau. On se rend bien compte plusieurs années après que ce n’est pas le cas. Les coupures d’eau sont interdites et le modèle économique de l’eau est toujours ce qu’il est, avec ses faiblesses, avec ses forces. Il ne s’est pas du tout écroulé avec l’interdiction des coupures d’eau. »

Le renforcement du droit à l’eau n’est pas encore d’actualité

Il reste encore un combat : celui de faire reconnaitre le droit à l’eau pour tous dans la loi. Les députés avaient entamé le travail avant 2017. Où en est-on depuis ?

« D’un point de vue de communication, tout le monde dit, le droit à l’eau en France existe. Mais d’un point de vue juridique, les multinationales partent du principe que le droit à l’eau en France n’existe pas. Malheureusement, le climat parlementaire actuel ne permet pas réellement de faire avancer les choses. On a eu des petites avancées, notamment dans la loi de proximité, où il y a eu des avancées, notamment sur l’accès à l’eau au niveau des fontaines. Ce sont de petites choses. Mais c’est vrai qu’on attend une vraie grande loi qui puisse permettre de renforcer encore la puissance du droit à l’eau. Derrière, il serait formidable de pouvoir mettre en place un système préventif qui protège et renforce les familles qui n’arrivent pas à payer l’eau, qui n’ont pas accès à l’eau. On estime à peu près à 300 000 familles en France qui sont dans des difficultés très importantes, et un million de familles qui sont dans des difficultés réelles pour payer l’eau. Si on pouvait mettre en place une vraie protection législative et un système préventif d’aide, ce serait formidable. Malheureusement, ce n’est pas réellement d’actualité pour l’instant. »

A chaque citoyen d’œuvrer pour l’intérêt général

Vous avez intitulé votre livre « Victoire des citoyens face aux multinationales ». Est-ce que cela veut dire que votre combat va au-delà des géants de l’eau ? Il s’inscrit dans une autre dynamique ?

« C’est pour cela que l’on a fait ce livre. C’est autant pour raconter l’histoire, que pour inviter les citoyens qui sont engagés, qui mènent des combats, à se dire que, parfois, on peut renverser la table. On est dans une période aujourd’hui qui est très violente. Je pense qu’on a une responsabilité en tant que citoyen engagé pour déconstruire ces violences. Et derrière le combat qu’on a mené, on a clairement déconstruit de la violence pour ces familles qui, chaque année, étaient victimes de ces coupures d’eau. Je fais partie des personnes qui pensent qu’on a la possibilité, chacun à notre endroit, de participer à la déconstruction que ces violences. On doit jouer un rôle. Ce qui a été formidable avec ce combat, c’est qu’on ne s’est pas mis en frontal, on n’a pas fait des manifestations. On s’est servi de deux outils. On s’est servi en premier de la justice. Et cela a fonctionné. Aujourd’hui il y a plein d’associations qui travaillent sur cette dimension de judiciarisation des combats associatifs. La deuxième chose, c’est le relais des médias qui, à chaque décision de justice, parlaient de nos affaires et mettaient en lumière la façon dont les entreprises se comportaient. Ils expliquaient la violence qui était faite aux familles. Les multinationales ont eu du mal à accepter ça. C’est pour cela que Veolia nous a attaqué en diffamation. On a dû se défendre devant la Cour correctionnelle, et on a gagné. Et le juge, dans sa décision de justice, a dit « vous avez eu raison de dire ce que vous avez dit, même si cela pouvait paraître violent pour l’entreprise. Parce qu’en aucun cas vous ne l’avez fait pour vous-même, vous l’avez fait pour l’intérêt général. Et à partir du moment où vous faites les choses pour l’intérêt général, vous avez raison de le dire, de le crier et de faire en sorte que les choses changent ». Et c’est vrai qu’on pourrait attendre des politiques, on pourrait des élites de notre pays, de travailler pour l’intérêt général. On voit que malheureusement c’est trop peu le cas. Et en tant qu’association, en tant que militant, en tant que personne engagée, on a aujourd’hui cette responsabilité de porter l’intérêt général, non pas pour nous en tant que personne, mais bien pour le collectif.  C’était formidable d’être entendu par la justice comme légitime à porter cet intérêt général. Ce livre raconte cette histoire-là. Et il est là pour donner envie à celle et ceux qui portent ses combats, qui ont envie de faire des choses pour l’intérêt général, de dire, nous sommes légitimes chacune et chacun pour l’intérêt général. Je trouve que dans la période actuelle où il y a énormément de violence, cela doit participer à permettre à chacune et à chacun de s’engager sans violence, et de participer au contraire à déconstruire les violences qui sont en œuvre dans notre pays. »

Pour aller plus loin :

 

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Ici commence l’Océan-épisode2- Réduisez vos pollutions domestiques!

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Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre
Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre

Deuxième épisode de la série de podcast «  Ici commence l’Océan », série éponyme de la campagne «  Ici commence l’Océan » lancée par l’association LONGITUDE 181 à destination de tout public afin d ‘agir pour un océan riche d’une vie retrouvée.

Une campagne qui a pour cœur les 10 actions pour réagir objet du livre « Sauvons l’océan ! » édité aux éditions Rustica et écrit par Véronique et François SARANO et préfacé par Isabelle AUTISSIER.« Ici commence l’Océan » est une proposition de réponses aux menaces qui pèsent sur l’Océan. Après s’être réconcilier avec l’Océan, je fais ici référence au précédent épisode de cette série de chroniques, examinons comment nous pouvons combattre une des menaces principales qui pèsent sur l’Océan , je veux parler de nos pollutions domestiques. Elles affectent les océans par le lien du cycle de l’eau . Ce cycle de l’eau qui , si on en remonte le fil , nous conduit aux fleuves, rivières, lacs, et un cran plus loin en amont des stations d’épuration, quand elles existent ou sont suffisantes. Et en amont des stations d’épuration, ce sont nos éviers, douche , Wc et autres égouts qui charrient les polluants qui proviennent de nos usages au quotidien .

Et c’est ici que vous pouvez agir, chez vous, tout de suite !

A découvrir dans cette chronique

également sur youtube : https://youtu.be/Zt9oKChwfGM

D. KRUPKA

Le NUDGE, dernier outil à la mode

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Le NUDGE est une méthode douce pour inspirer la bonne décision.

Vous pouvez traduire nudge par coup de pouce.

Ou comment faire changer le comportement sans contraintes.

L’idée est  d’obtenir des comportements bénéfiques pour l’individu, pour la société, pour la planète et de créer des systèmes pour aider les gens à passer à l’acte.

Le NUDGE est une science comportementale venue des Etats-Unis apparue en premier lieu pour augmenter l’efficacité des applications politiques.

Aujourd’hui l’option est de l’utiliser pour de nombreux secteurs.

Un premier exemple si l’objectif est de réduire la pollution aux particules fines, ce n’est pas en culpabilisant les individus qu’il y aura des résultats mais  si l’outil utilisé est pédagogique, c’est-à-dire qu’il  informe sur les conséquences pour tout en chacun. Alors chacun peut y prendre part.

Autre exemple, si vous souhaiter que les gens bougent plus, fasse plus de sport, des escaliers ont été peints en touches de piano. La personne monte les marches et elle peut s’imaginer pianoter sur les différentes notes blanches et noires.

Pour inciter les automobilistes à ralentir, des passages piétons ont été peints en relief.

Du côté de l’hôtellerie il est possible d’économiser l’eau en affichant une note dans chaque chambre d’hôtel qui précise que 79% des personnes n’ont pas donné les draps à nettoyer tous les jours. Et du coup, chaque client se sent concerné et se dit « oui au fond, je peux faire la même chose ».

Pendant le Covid, pour encourager la distanciation physique, des cercles ont été tracés sur les quais de gare.

Une idée plus récente et dans l’air du temps du zéro déchet :  placer un code de réparation sur les électro-ménagers. Cette idée est apparue suite à différentes études comme observer comment les personnes se comportent dans les magasins, de les questionner et voir s’ils sont sensibles à la notion de réparation, etc et aujourd’hui on voit apparaître un logo de réparabilité sur certains appareils.

Ce nouvel outil va donc se répandre de plus en plus et notamment du côté des pouvoirs publics, alors gardons notre libre arbitre afin de continuer à choisir des comportements qui correspondent à nos valeurs.

Source : émission radio France inter du 11 mai 2021

Les Promesses de l’innocence

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009278187Voici Clotilde, Naïma et Judith, trois amies d’une vingtaine d’années qui, depuis des années, vivent leur jeunesse dans une sorte de gaieté communicative, le regard porté vers un avenir prometteur.

Comment pourrait-il en être autrement puisque, en principe, à cet âge-là, que l’une soit née dans une famille chrétienne, l’autre chez des Musulmans et que la troisième soit juive, peu importe, ces différences ne les touche pas.

Alors, c’est le temps des promesses du genre « Toutes pour une, une pour toutes », « Amies un jour, amies toujours », « À la vie, à la mort ».

De la mort, parlons-en, d’ailleurs puisque le tournant du roman Les Promesses de l’innocence d’Éric Le Nabour paru aux Presses de la Cité, se déroule le jour de la Toussaint, celui qui est considéré, à tort, comme le jour des défunts, alors qu’il s’agit de la fête de tous les saints, mais, on ne refait pas les vieilles traditions.

Cependant, Clotilde, que ses parents verraient bien mariée à un officier, Naïma qui doit faire une croix sur son rêve de devenir infirmière afin de veiller sur son père malade et ses frères, alors que Judith se sent étouffée par le poids de la thora et veut goûter sans entrave sa relation amoureuse avec son ami arabe, ce jour de la Toussaint est le 1er novembre 1954 et se déroule en Algérie.

Ce 1er novembre 1954 est appelé la « Toussaint rouge », car c’est le moment historique où le Front de libération nationale (le FLN) manifesta pour la première fois son refus du colonialisme imposé depuis des décennies par l’omnipotent colonisateur français. C’est le début de la Guerre d’Algérie, celle qui fit jusqu’en 1962 des centaines de milliers de victimes militaires et civiles, dont tellement d’autochtones qui ne demandaient qu’à vivre libres dans leur propre pays.

Alors ? La belle amitié entre les trois principales figures du roman allait-elle subir les dégâts collatéraux de cette guerre coloniale ? Allaient-elles être séparées par les événements ? Se livreraient-elles, elles aussi, à des représailles ?

L’auteur vous expliquera en 400 pages ce triple destin qui, aujourd’hui encore, mais de manière non fictive, habite l’existence de maintes personnes de part et d’autre de la Méditerranée.

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Coupures d’eau, la victoire des citoyens face aux multinationales

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C’est le récit d’un combat de quatre ans contre les géants de l’eau. Un combat contre les multinationales pour faire respecter la dignité de chacun et pour faire avancer le droit à l’eau en France. Emmanuel Poilane, de la Fondation Danielle Mitterrand, et Jean-Claude Oliva, directeur de la Coordination Eau Ile-de-France, signent « Coupures d’eau : Victoire des citoyens face aux multinationales« , aux éditions 2031,  avec la collaboration de Justine Loubry et Benjamin Grimont. En 140 pages ils reviennent sur le parcours qui les ont mené à une victoire assez inattendue : contraindre les multinationales à respecter l’interdiction des coupures d’eau.

Commençons par rappeler les origines de ce combat. En 2012, vous menez un travail sur le droit à l’eau pour tous, cheval de bataille de Danielle Mitterrand. Et c’est là que la question des coupures d’eau s’est présentée à vous.

« La Fondation et la Coordination travaillaient depuis très longtemps sur les questions de « l’eau, bien commun », de la place de l’eau dans la société, de cette ambition du droit à l’eau pour tous, et pas seulement pour ceux qui peuvent payer. Ce sont ces sujets-là qui nous ont amenés à arriver jusqu’aux coupures d’eau. On a notamment porter un plaidoyer très important au moment du Forum mondial de l’eau à Marseille en 2012, juste après la mort de Danielle Mitterrand. C’est cette mobilisation qui nous nous a d’abord poussé à travailler avec un groupe d’une quarantaine d’organisations pour essayer de faire avancer le droit à l’eau en France d’un point de vue législatif. On a travaillé sur un texte, à la fois philosophique et juridique. On l’a proposé notamment à Jean Glavany qui nous a aidé à regrouper un certain nombre de groupes parlementaires à l’Assemblée de l’époque pour porter une proposition de loi devant l’Assemblée nationale et le Sénat afin de faire avancer le droit à l’eau en France. C’est à partir de cette initiative qu’on a découvert la problématique des coupures d’eau, et notamment grâce à Henri Smets qui a écrit un article sur ce sujet disant notamment que le droit à l’eau en France avançait avec la loi Brottes qui venait de passer. On s’est donc rendu compte qu’il y avait un texte qui interdisait les coupures d’eau. On s’est dit, c’est formidable, le droit à l’eau en France avance. A partir de ce moment-là, on s’est retrouvé assailli par tout un tas de familles disant, « nous sommes coupés, vous dites que c’est interdit, comment peut-on faire ? ». »

25 procès gagnés et 1 500 familles aidées

Vous avez donc eu très vite une multitude de témoignages de Français victimes de ces coupures, des appels à l’aide de personnes confrontées, au quotidien, à l’absence d’eau au robinet pendant des mois et des mois.

« Très vite, on a construit un appel à témoignage. Cet appel à témoignage nous amener des centaines et des centaines de témoignages de familles qui n’avaient pas l’eau. On a donc travaillé sur la base de ces témoignages, dans un premier temps plutôt en médiation, en échangeant avec les entreprises de l’eau, en posant la question aux fédérations des acteurs de l’eau, en interrogeant le ministère de l’environnement. Et on s’est retrouvé dans une situation où tout le monde nous répondait, « vous lisez mal la loi, les coupures d’eau sont autorisées et sont même indispensables au modèle économique de l’eau ». On a été confronté à quelque chose de nouveau pour nous, et pas très courant à ce moment-là pour les associations : le seul moyen possible, c’est d’aller devant un juge et de vérifier si la lecture de la loi qui est la nôtre est la bonne. C’est comme cela qu’on a déclenché une première action en justice sur Soissons, une deuxième sur Bourges, et une troisième dans l’Est et dans le Nord. Et petit à petit, on s’est rendu compte que les juges validaient notre position de l’interdiction des coupures d’eau et indemnisaient très fortement les victimes. On a mené tout au long de ces quatre ou cinq années un travail complémentaire entre des médiations directes avec les acteurs de l’eau pour que l’eau soit remise, et de temps en temps, sur des cas emblématiques, des dépôts de plainte devant les tribunaux pour faire en sorte que ce système s’arrête. On a aidé quasiment 1 500 familles en l’espace de cinq ans, et on a gagné plus de 25 procès devant les tribunaux.

emmanuel poilane et jean claude oliva

« Une violence invraisemblable » contre les usagers

On l’a déjà évoqué ici, mais on peut rappeler qu’au quotidien, ne pas avoir d’eau courante chez soi, c’est un défi et une atteinte à la dignité.

« C’est vraiment ce sujet qui nous a amené devant le Conseil constitutionnel. Les multinationales de l’eau notamment traitaient les usagers du service public comme des numéros de facture. Ils n’avaient pas conscience de ce que vivaient les gens dans les maisons quand ils coupaient l’eau. Ils coupaient l’eau le matin depuis la rue, sans même interroger les personnes, et « débrouillez-vous : tant que vous n’avez pas payé, vous ne retrouverez pas l’eau ». Et ils mettaient les familles dans des situations hallucinantes, où, quand on a plus d’eau dans une maison, elle est clairement invivable. Ils ont confronté les gens à une violence invraisemblable. Dans l’ensemble des jugements qu’on a eu, les préjudices moraux qu’on demandait étaient liés à cette violence qui leur était faite en leur coupant l’eau. »

Jusqu’à 20000 euros pour préjudice moral

« Ces préjudices moraux étaient très importants au regard de ce que donnent d’habitude les juges. Cela a d’ailleurs fait l’objet d’une réaction de Veolia dans le deuxième ou troisième jugement, où l’avocate de Veolia a dit, « si une personne était morte, le préjudice moral aurait été moins important ». Et les juges, malgré cette remarque, ont continué à demander des préjudices moraux très importants aux multinationales. C’est même allé jusqu’à près de 20 000 euros pour un cas dans le sud de la France qui a notamment été éclairé dans l’émission « Complément d’enquête » qui raconte l’histoire de ce monsieur qui a été le plus indemnisé dans le cadre du combat qu’on a mené. »

Mais malgré toutes les condamnations, cela n’a pas découragé les multinationales de continuer leurs pratiques.

« Les coupures d’eau pour les multinationales, c’était quand même l’arme fatale. A partir du moment où on vous coupe l’eau, vous n’avez qu’une solution pour vivre normalement : c’est de payer la facture d’eau. Donc quand on a une arme aussi puissante, on a du mal à s’en priver. En trois jugements, la loi était bien énoncée. Les multinationales se sont accrochées et ont continué, jugement après jugement, en essayant d’étouffer les affaires. Ils n’allaient qu’en première instance, ils ne faisaient pas appel, ils payaient rubis sur l’ongle en espérant qu’on arrête d’en parler et qu’on se fatigue. Et c’est vrai qu’on ne s’est pas fatigué. Mais cela a été un très long combat. »

Ce combat a forcé les multinationales à changer leurs pratiques. Un combat qui veut inciter les citoyens à oser s’engager contre les violences de notre société. C’est aussi le but de cet ouvrage. On en reparle la semaine prochaine.

Pour aller plus loin :

 

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Ici commence l’Océan-épisode1- Réconciliez vous avec l’Océan !

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Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre
Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre

Ici commence l’Océan est la série de podcasts que j’initie par cette présente chronique.Ici commence l’océan est aussi la campagne que lance l’association LONGITUDE 181 à destination de tout public afin d ‘agir pour un océan riche d’une vie retrouvée.Cette campagne a pour cœur  les 10 actions pour réagir, objet du livre « Sauvons l’océan ! » édité aux éditions Rustica et écrit par Véronique et François SARANO et préfacé par Isabelle AUTISSIER.

Ici commence l’Océan est une proposition de réponses aux menaces qui pèsent sur l’Océan.On ne le dira jamais assez mais touts les voyants sont au rouge : pollutions chimiques, multiplication des plastiques , destructions, surexploitation, Il est temps d’agir car l’océan commence chez vous , à la maison. Même si vous habitez loin de la mer .

Mais avant de vouloir protéger l’Océan, il faut le l’aimer pour avoir envie de le protégez. Il faut se réconcilier avec L’Océan. Examinons dans ce premier épisode comment et pourquoi se réconcilier avec l’océan. A découvrir dans cette chronique

également sur youtube :

D. KRUPKA

Soutien à Europe 1, la radio mythique menacée

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Depuis mon adolescence, j’écoute Europe 1. La radio née en 1955, alors que j’avais 11 ans, m’accompagna dans maints moments de mon existence. À l’adolescence, ce fut « Salut les Copains » et les yéyés, « Musicorama » et les étapes du Tour de France, puis lors des événements de Mai 68, ce fut « Radio Barricades », nom donné avec rage par le régime de Gaulle à la station car les reporters diffusaient au cœur-même des manifestations et cela embêtait fortement le pouvoir, plus tard, ce fut « Campus », l’exceptionnelle émission de Michel Lancelot qui fut et reste mon modèle de journalisme-radio, bien plus tard, je fus invité pour parler de l’un de mes ouvrages dans l’émission dominicale consacrée à l’ésotérisme, au monde de l’étrange, au paranormal…, le tout avec l’inoxydable carillon égrenant les heures des infos.

Aujourd’hui, Europe 1 va mal, très mal, car le milliardaire Vincent Boloré, patron de Canal+ aurait l’intention de faire d’Europe 1 une future succursale audio de CNews et Zemmour, selon le quotidien Le Soir. La rédaction craint de servir de levier d’influence à l’activisme ultra-conservateur, est-il précisé. Mais, aussi la suppression d’une quarantaine d’emploisphotos e 1 serait envisagée, une grande purge, en somme.

En mon nom personnel, mais aussi au nom de toute la philosophie humaniste développée sur Fréquence Terre depuis une quinzaine d’années,  je ne peux que soutenir confraternellement nos collègues qui luttent contre cette mainmise politico-affairiste sur ce qui reste, malgré ses déboires, un fleuron de la presse.

 

À travers les fissures la lumière (re)vient

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Certains philosophes, sociologues et ethnologues sont particulièrement pessimistes quant à l’avenir de la société. Pour eux, le monde est irrémédiablement perdu, il n’y a plus d’espoir de sortir du marasme dans lequel l’être humain est englouti et il est absolument impensable de récupérer une vie en commun normale.

Pour eux, l’apocalypse est sous nos yeux et on n’y échappera pas, quoi que l’on fasse.

Ce n’est pas du tout mon ressentiment et le très ancien dicton qui dit que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, garde tout sens.

Bien évidemment, il faut raison garder par rapport à une personne atteinte d’une maladie incurable ou victime d’un accident la plaçant dans un état en fin de vie avéré, mais ceci relève du domaine médical qui n’est pas de mon propos.

Il s’agit de ceux qui clament que le monde est foutu à tout jamais et que l’existence terrestre s’éteint.

Certes, il est moins une ou moins deux, amis je constate quand même une fameuse prise de conscience planétaire sur la nécessité de changer de paradigmes et cela se réalise, certes par petites doses, par petites choses ou des micro-libérations, selon l’anthropologue Franco la Cecla[1] qui cite très opportunément Leonard Cohen : « Il y a des fissures partout et c’est à travers elles que la lumière vient ! »

Que la Lumière – avec un L – suis-je tenté de paraphraser.

Ainsi, l’espoir en l’humanité me semble de plus en plus présent parmi cette jeunesse qui critique à raison et avec force l’héritage du capitalisme ultralibéral qu’elle doit à présent gérer.

Et, comme cette jeunesse trouve à ses côtés de plus en plus d’anciens qui ont remis leur bleu de travail militant, après une phase d’analyse, de constat très inquiétant comme le démontre plus que jamais l’urgence climatique, on constate aussi que pas mal de citoyens reprennent possession du terrain. Du terrain de la vie.

Quand j’apprends aussi qu’une institution aussi ancrée sur le respect strict et quasiment dogmatique des lois promulguées par le législateur qu’est la Justice et qu’elle rend des jugements moraux qui condamnent fermement des États, des autorités, des décideurs, de puissantes sociétés industrielles, des oligarques, dictateurs, doctrinaires et autres totalitaristes et intégristes au nom de gestions omnipotentes et antidémocratiques, de non-respect des droits fondamentaux à la vie et à la liberté, d’abus de pouvoir, de défaut de prévoyance ou de mauvaise gestion publique, d’atteintes à la clause de conscience…, je me dis que des mentalités changent et que du catastrophisme ambiant émerge une sorte de nouvelle humanité, même si force est de constater que l’après pandémie Covid-19 débouche sur une reprise du consumérisme à outrance pour d’aucuns.

Cette nouvelle humanité se compose de gens qui, inlassablement, résistent au pouvoir imposé par les institutions et les oppresseurs, des gens qui re-construisent des liens humanistes, des gens qui ne se contentent pas de grandes théories intellectuelles distillées par des experts autoproclamés depuis leur tour d’ivoire ou d’une intelligentsia qui pérore sur le sexe des anges, mais de gens qui mouillent leur maillot, comme on dit dans le monde sportif, et qui, comme Giuseppe Onufrio[2], directeur de Greenpeace Italie, déclare qu’il est exact que la vision actuelle du monde est effrayante selon laquelle on ne peut rien faire, mais qu’à force d’actions, aussi minimes soient-elles, de protestations, de militantisme actif sur le terrain qui modifie réellement tel ou tel élément dans le bon sens, tout cela montre clairement que tout n’est pas dit, que tout n’est pas fini.

 

[1] Ivan Illich et l’art de vivre, Atelier de création libertaire, Lyon, 2021.

[2] Cité par Franco La Cecla.

L’économie totalement tournée vers le mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être

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r08b5df5115f0ab73a79976e1fda7c600Quand, au tout début des années 1970, je lus et entendis quelqu’un énoncer qu’une société conviviale était une société où l’être humain contrôlait l’outil et non l’inverse comme le faisait le trio capitalisme-communisme-religion et l’hyper-industrialisation, que l’école devait être démocratisée au profit d’un apprentissage s’apparentant au compagnonnage, qu’il mit au point un programme pour le Tiers Monde avec une formation concrète basée sur des idées neuves et des énergies nouvelles opposé à la philosophie expansionniste américaine et à l’endoctrinement de l’Église catholique, je fus directement impressionné.

 

Cette personne était Ivan Illich (1926-2002) qui, à l’heure actuelle, retrouve un écho sociétal assez conséquent.

Il est vrai, qu’en 1973, il s’était révélé un incontestable visionnaire :

« Je crois que la croissance s’arrêtera d’elle-même. En un temps très court, la société perdra confiance non seulement dans les institutions dominantes, mais également dans les gestionnaires de la crise.

Ce qui est évident pour quelques-uns, sautera un jour aux yeux du monde, à savoir que cette économie totalement tournée vers le mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être. »[1]

Ce philosophe, penseur de l’écologie politique, libertaire, critique de la société industrielle, fut d’abord un prêtre considéré comme rebelle puis comme un drôle de personnage puisqu’il n’hésita pas à interpeller directement le pape sur sa non-dénonciation de l’arme nucléaire, ce qui n’a guère été du goût du Vatican.

Ivan Illich développait des théories où dominait le concept de convivialité, où il réclamait avec force de sortir des idées préconçues, clamait que la planète était en danger et préconisait un projet urbain à forte connotation écologiste (marche, vélo, transports en commun…), il en appelait à une société qui ne crée pas d’inégalité mais renforce l’autonomie de chacun en accroissant le champ d’action sur la réalité.

Pour lui, la guerre tend à égaliser et homogénéiser les cultures tandis que la paix est la condition dans laquelle chaque culture s’épanouit de sa propre inégalable manière.

Selon Franco La Cecla, anthropologue et incontestable spécialiste de la pensée d’Ivan Illich, qu’il côtoya beaucoup, la méthode de celui-ci se voulait radicale en appelant à un monde écoconscient articulé sur des relations de proximité.

Illich disait qu’il fallait distinguer l’école de l’éducation et il faisait remarquer qu’elle était devenue un lieu de compétition, un lieu où l’acquisition de diplômes devenait plus importante que l’acquisition du savoir.

Il développa cette analyse en soulignant que le ministère de l’éducation était principalement préoccupé par la comptabilisation du nombre de reçus au BAC : la course à ces statistiques continuelles empêcherait considérablement les enfants de s’installer dans la Vie, selon lui.

Il ne dénonça pas l’école, mais la manière (comme l’Église, ajouta-t-il) dont elle pervertit en institutionnalisant les études et en ne faisant pas la connexion entre elles, en imposant une discipline qui ne laisse pas l’enfant s’épanouir au monde actuel, d’où, de plus en plus de décrocheurs et d’inégalité dans ce système de transmission.

Pour lui, l’enseignement et la pratique de la production, la culture orientée vers la consommation de biens et de services, la société technologique avec ses spécialisations à outrance, étouffent la disponibilité à la convivialité.

Ivan Illich fut un penseur engagé qui avait le sens du concret et du réel, celui d’un monde de résistants à la guerre du Vietnam et à la folie du nucléaire, celui des objecteurs de conscience d’inspiration libertaire.

Il avait choisi une voie laïque par ses positions sur l’avortement, le célibat, le ministère féminin, la contraception, la pauvreté, selon Franco La Cecla.

Il était franchement contre l’acharnement thérapeutique le comparant à de la torture, et il considérait même les soins de santé comme une entreprise et un « garage humain », regrettant amèrement le temps du diagnostic médical qui était établi par la relation d’écoute personnelle entre le médecin et le patient, diagnostic devenu un ensemble de radiographies, de biopsies, d’analyses qui s’expriment en graphiques et courbes de probabilités, dénonça-t-il au grand dam de scientifiques.

Néanmoins, force est de remarquer qu’une grande partie de ses thèses sont devenues évidentes dans « un monde qui semble brûler du désir de se détruire ».

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Précision : pour d’aucuns qui le côtoyèrent, surtout à la fin de sa vie alors qu’il était atteint d’un cancer au visage, Ivan Illich se serait montré colérique, despote, irrespectueux, négatif, un véritable gourou qui jouait au maître absolu, ne supportait pas la contradiction et considérait les autres comme des subalternes, certains ne méritant même plus son amitié, selon lui.

 

[1] Idées, RFI, 6 septembre 2020 et Ivan Illich et l’art de vivre, Franco La Cecla, Atelier de création littéraire, Lyon, 2021.