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Soutien à Europe 1, la radio mythique menacée

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Depuis mon adolescence, j’écoute Europe 1. La radio née en 1955, alors que j’avais 11 ans, m’accompagna dans maints moments de mon existence. À l’adolescence, ce fut « Salut les Copains » et les yéyés, « Musicorama » et les étapes du Tour de France, puis lors des événements de Mai 68, ce fut « Radio Barricades », nom donné avec rage par le régime de Gaulle à la station car les reporters diffusaient au cœur-même des manifestations et cela embêtait fortement le pouvoir, plus tard, ce fut « Campus », l’exceptionnelle émission de Michel Lancelot qui fut et reste mon modèle de journalisme-radio, bien plus tard, je fus invité pour parler de l’un de mes ouvrages dans l’émission dominicale consacrée à l’ésotérisme, au monde de l’étrange, au paranormal…, le tout avec l’inoxydable carillon égrenant les heures des infos.

Aujourd’hui, Europe 1 va mal, très mal, car le milliardaire Vincent Boloré, patron de Canal+ aurait l’intention de faire d’Europe 1 une future succursale audio de CNews et Zemmour, selon le quotidien Le Soir. La rédaction craint de servir de levier d’influence à l’activisme ultra-conservateur, est-il précisé. Mais, aussi la suppression d’une quarantaine d’emploisphotos e 1 serait envisagée, une grande purge, en somme.

En mon nom personnel, mais aussi au nom de toute la philosophie humaniste développée sur Fréquence Terre depuis une quinzaine d’années,  je ne peux que soutenir confraternellement nos collègues qui luttent contre cette mainmise politico-affairiste sur ce qui reste, malgré ses déboires, un fleuron de la presse.

 

À travers les fissures la lumière (re)vient

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Certains philosophes, sociologues et ethnologues sont particulièrement pessimistes quant à l’avenir de la société. Pour eux, le monde est irrémédiablement perdu, il n’y a plus d’espoir de sortir du marasme dans lequel l’être humain est englouti et il est absolument impensable de récupérer une vie en commun normale.

Pour eux, l’apocalypse est sous nos yeux et on n’y échappera pas, quoi que l’on fasse.

Ce n’est pas du tout mon ressentiment et le très ancien dicton qui dit que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, garde tout sens.

Bien évidemment, il faut raison garder par rapport à une personne atteinte d’une maladie incurable ou victime d’un accident la plaçant dans un état en fin de vie avéré, mais ceci relève du domaine médical qui n’est pas de mon propos.

Il s’agit de ceux qui clament que le monde est foutu à tout jamais et que l’existence terrestre s’éteint.

Certes, il est moins une ou moins deux, amis je constate quand même une fameuse prise de conscience planétaire sur la nécessité de changer de paradigmes et cela se réalise, certes par petites doses, par petites choses ou des micro-libérations, selon l’anthropologue Franco la Cecla[1] qui cite très opportunément Leonard Cohen : « Il y a des fissures partout et c’est à travers elles que la lumière vient ! »

Que la Lumière – avec un L – suis-je tenté de paraphraser.

Ainsi, l’espoir en l’humanité me semble de plus en plus présent parmi cette jeunesse qui critique à raison et avec force l’héritage du capitalisme ultralibéral qu’elle doit à présent gérer.

Et, comme cette jeunesse trouve à ses côtés de plus en plus d’anciens qui ont remis leur bleu de travail militant, après une phase d’analyse, de constat très inquiétant comme le démontre plus que jamais l’urgence climatique, on constate aussi que pas mal de citoyens reprennent possession du terrain. Du terrain de la vie.

Quand j’apprends aussi qu’une institution aussi ancrée sur le respect strict et quasiment dogmatique des lois promulguées par le législateur qu’est la Justice et qu’elle rend des jugements moraux qui condamnent fermement des États, des autorités, des décideurs, de puissantes sociétés industrielles, des oligarques, dictateurs, doctrinaires et autres totalitaristes et intégristes au nom de gestions omnipotentes et antidémocratiques, de non-respect des droits fondamentaux à la vie et à la liberté, d’abus de pouvoir, de défaut de prévoyance ou de mauvaise gestion publique, d’atteintes à la clause de conscience…, je me dis que des mentalités changent et que du catastrophisme ambiant émerge une sorte de nouvelle humanité, même si force est de constater que l’après pandémie Covid-19 débouche sur une reprise du consumérisme à outrance pour d’aucuns.

Cette nouvelle humanité se compose de gens qui, inlassablement, résistent au pouvoir imposé par les institutions et les oppresseurs, des gens qui re-construisent des liens humanistes, des gens qui ne se contentent pas de grandes théories intellectuelles distillées par des experts autoproclamés depuis leur tour d’ivoire ou d’une intelligentsia qui pérore sur le sexe des anges, mais de gens qui mouillent leur maillot, comme on dit dans le monde sportif, et qui, comme Giuseppe Onufrio[2], directeur de Greenpeace Italie, déclare qu’il est exact que la vision actuelle du monde est effrayante selon laquelle on ne peut rien faire, mais qu’à force d’actions, aussi minimes soient-elles, de protestations, de militantisme actif sur le terrain qui modifie réellement tel ou tel élément dans le bon sens, tout cela montre clairement que tout n’est pas dit, que tout n’est pas fini.

 

[1] Ivan Illich et l’art de vivre, Atelier de création libertaire, Lyon, 2021.

[2] Cité par Franco La Cecla.

L’économie totalement tournée vers le mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être

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r08b5df5115f0ab73a79976e1fda7c600Quand, au tout début des années 1970, je lus et entendis quelqu’un énoncer qu’une société conviviale était une société où l’être humain contrôlait l’outil et non l’inverse comme le faisait le trio capitalisme-communisme-religion et l’hyper-industrialisation, que l’école devait être démocratisée au profit d’un apprentissage s’apparentant au compagnonnage, qu’il mit au point un programme pour le Tiers Monde avec une formation concrète basée sur des idées neuves et des énergies nouvelles opposé à la philosophie expansionniste américaine et à l’endoctrinement de l’Église catholique, je fus directement impressionné.

 

Cette personne était Ivan Illich (1926-2002) qui, à l’heure actuelle, retrouve un écho sociétal assez conséquent.

Il est vrai, qu’en 1973, il s’était révélé un incontestable visionnaire :

« Je crois que la croissance s’arrêtera d’elle-même. En un temps très court, la société perdra confiance non seulement dans les institutions dominantes, mais également dans les gestionnaires de la crise.

Ce qui est évident pour quelques-uns, sautera un jour aux yeux du monde, à savoir que cette économie totalement tournée vers le mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être. »[1]

Ce philosophe, penseur de l’écologie politique, libertaire, critique de la société industrielle, fut d’abord un prêtre considéré comme rebelle puis comme un drôle de personnage puisqu’il n’hésita pas à interpeller directement le pape sur sa non-dénonciation de l’arme nucléaire, ce qui n’a guère été du goût du Vatican.

Ivan Illich développait des théories où dominait le concept de convivialité, où il réclamait avec force de sortir des idées préconçues, clamait que la planète était en danger et préconisait un projet urbain à forte connotation écologiste (marche, vélo, transports en commun…), il en appelait à une société qui ne crée pas d’inégalité mais renforce l’autonomie de chacun en accroissant le champ d’action sur la réalité.

Pour lui, la guerre tend à égaliser et homogénéiser les cultures tandis que la paix est la condition dans laquelle chaque culture s’épanouit de sa propre inégalable manière.

Selon Franco La Cecla, anthropologue et incontestable spécialiste de la pensée d’Ivan Illich, qu’il côtoya beaucoup, la méthode de celui-ci se voulait radicale en appelant à un monde écoconscient articulé sur des relations de proximité.

Illich disait qu’il fallait distinguer l’école de l’éducation et il faisait remarquer qu’elle était devenue un lieu de compétition, un lieu où l’acquisition de diplômes devenait plus importante que l’acquisition du savoir.

Il développa cette analyse en soulignant que le ministère de l’éducation était principalement préoccupé par la comptabilisation du nombre de reçus au BAC : la course à ces statistiques continuelles empêcherait considérablement les enfants de s’installer dans la Vie, selon lui.

Il ne dénonça pas l’école, mais la manière (comme l’Église, ajouta-t-il) dont elle pervertit en institutionnalisant les études et en ne faisant pas la connexion entre elles, en imposant une discipline qui ne laisse pas l’enfant s’épanouir au monde actuel, d’où, de plus en plus de décrocheurs et d’inégalité dans ce système de transmission.

Pour lui, l’enseignement et la pratique de la production, la culture orientée vers la consommation de biens et de services, la société technologique avec ses spécialisations à outrance, étouffent la disponibilité à la convivialité.

Ivan Illich fut un penseur engagé qui avait le sens du concret et du réel, celui d’un monde de résistants à la guerre du Vietnam et à la folie du nucléaire, celui des objecteurs de conscience d’inspiration libertaire.

Il avait choisi une voie laïque par ses positions sur l’avortement, le célibat, le ministère féminin, la contraception, la pauvreté, selon Franco La Cecla.

Il était franchement contre l’acharnement thérapeutique le comparant à de la torture, et il considérait même les soins de santé comme une entreprise et un « garage humain », regrettant amèrement le temps du diagnostic médical qui était établi par la relation d’écoute personnelle entre le médecin et le patient, diagnostic devenu un ensemble de radiographies, de biopsies, d’analyses qui s’expriment en graphiques et courbes de probabilités, dénonça-t-il au grand dam de scientifiques.

Néanmoins, force est de remarquer qu’une grande partie de ses thèses sont devenues évidentes dans « un monde qui semble brûler du désir de se détruire ».

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Précision : pour d’aucuns qui le côtoyèrent, surtout à la fin de sa vie alors qu’il était atteint d’un cancer au visage, Ivan Illich se serait montré colérique, despote, irrespectueux, négatif, un véritable gourou qui jouait au maître absolu, ne supportait pas la contradiction et considérait les autres comme des subalternes, certains ne méritant même plus son amitié, selon lui.

 

[1] Idées, RFI, 6 septembre 2020 et Ivan Illich et l’art de vivre, Franco La Cecla, Atelier de création littéraire, Lyon, 2021.

Témoignage de Jane Fonda : 1.500 scientifiques pour la désobéissance civile (4/4)

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Activist, advocate and actor Jane Fonda addresses the first Fire Drill Friday. Inspired by Greta Thunberg and the youth climate strikes as well as Reverend Barber's Moral Mondays and Randall Robinson's often daily anti-apartheid protests, Jane Fonda has moved to Washington, D.C. to be closer to the epicenter of the fight for our climate. Every Friday through January 2020, she will be leading weekly demonstrations on Capitol Hill to demand that action by our political leaders be taken to address the climate emergency we are in. We can't afford to wait.

9782226455871 jVoici la dernière chronique consacrée à l’essai Que Faire ? de Jane Fonda (Albin Michel), qui avança un chiffre plus qu’angoissant : notre Terre a déjà perdu 30% de ses forêts à cause du changement climatique et il ne reste seulement que 15% des forêts primaires.

Sur tout le globe, ce furent de gigantesques incendies ajoutés à la déforestation industrielle avec pour conséquence des dégagements de CO₂ accrus.

Parmi les multiples recommandations pour tenter d’éviter ces catastrophes, il y en a une trop oubliée et qui consiste à respecter et protéger les droits des peuples autochtones pour avoir une chance de préserver l’immense forêt amazonienne, la plus vaste du monde, par exemple, puisqu’ils la géraient convenablement depuis la nuit des temps.

Hélas, cette forêt, comme tant d’autres, est rasée pour faire place à d’immenses plantations de soja nécessaires pour alimenter le bétail.

Comment et sur qui faire pression ? Sur les chaînes de fast-food et Mc Donald’s n’acheta plus de soja provenant de zones récemment déboisées.

Heureux résultat : cela freina la déforestation au Brésil.

En revanche, très mauvaise information : Burger King refusa le moratoire et 70% de la déforestation perdure à cause de cette entreprise.

Il y a encore lieu d’être vigilant sur le commerce du bois qui ne tient pas compte de l’abattage des arbres en plein milieu urbain, même lors de la délicate période de nidification. Au Parc de la Woluwe, à 1150 Bruxelles, véritable havre de verdure au cœur de la capitale de l’Europe, plus de 400 arbres furent abattus sans vergogne et avec l’aval des autorités communales, dont des membres du parti dit écologique, en quelques semaines.

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La dernière salve de « Vendredis Alerte Incendie » fut dévolue à l’obligation d’arrêter l’extraction d’énergies fossiles et, surtout, de ne plus soutenir les industries et banques qui n’ont que faire de ce problème majeur pour le climat.

Tout au long des quatre mois, donc des quatorze vendredis de sensibilisation au climat organisés par l’actrice, il y eut des actes de désobéissance civile. Ici, l’exemple de Jane Fonda, malgré tout ce que l’on peut dire sur elle de péjoratif, défraya la chronique internationalement et, ce fut son but, alerta quelques consciences endormies ou franchement hostiles dans le chef de climatosceptiques.

« Certes, dit-elle, je m’étais déjà fait arrêter pour avoir distribué des exemplaires du Code unifié de la justice militaire à des soldats au moment de la guerre du Vietnam, mais si c’était de la désobéissance civile, je ne m’en rendais pas compte. À présent, si nous voulons que la désobéissance civile devienne la nouvelle norme, les alerteurs d’incendie doivent saisir pleinement sa signification. »

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Tous mes remerciements à Florence Godfernaux et Raphaëlle Gourvat, attachées de presse aux Éditions Albin Michel, à Greenpeace, à Tim Aubry, photographe, et, bien sûr, à Jane Fonda pour les documents photographiques et informations.

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Sauvons l’Océan! Les 10 actions pour (ré)agir!

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Vous voulez que ça change ? Changez maintenant ! Mais comment faire ?  Les réponses tiennent dans un petit livre  édité aux éditions RUSTICA,  intitulé «  Sauvons L’Océan  », disponible sur boutique.longitude181.org, écrit par Véronique et François  SARANO, témoins de la vie  de l’Océan et des bouleversements qu’il subit .  Dans ce manifeste,  ils se font les portevoix  afin de changer les choses et nous proposent 10 actions concrètes pour que chacun puisse agir efficacement à son échelle. Et si vous voulez en savoir plus, voire prolonger ce livre, rendez-vous dans cette chronique ! Rediffusion.

D.KRUPKA.

https://boutique.longitude181.org

Reportage Sommet OTAN : le risque d’une guerre nucléaire plus grand que durant la guerre froide (Partenariat POUR)

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Photo Fréquence Terre.

Quelques centaines de pacifistes ont fait savoir dans la capitale de l’Europe, que les Biden, Macron, Merkel et autres supposés grands du monde n’étaient pas les bienvenus à Bruxelles pour la Conférence de l’OTAN de cette mi-juin 2021 et qu’il y avait d’autres priorités sur la planète que de faire la guerre et consacrer des sommes colossales en renforçant l’arsenal, principalement le nucléaire.

Alors que les urgences environnementales, sociales et économiques s’accumulent, une nouvelle course aux armements aux coûts exorbitants est irresponsable, plus particulièrement quand elle accroît le risque d’une guerre nucléaire, aujourd’hui plus grand que durant la guerre froide, selon une coalition contre les armes nucléaires présente au rassemblement sous le slogan générique : « Oui à la Paix, non à l’OTAN ».

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Photo Fréquence Terre

Intervention d’une organisatrice (podcast ci-contre)

 

 

 

 

 

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Obéissez sans réfléchir ! (3/3)

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Dans Désobéir de Frédéric Gros, il est bien entendu fait référence à Henry David Thoreau, celui-ci expliquant l’opposition majeure entre l’État et les politiciens qui se secouent et bougent quand ils sont animés par des lobbyistes et des carriéristes ambitieux, et les individus habités par leur conscience.

La morale trouve son assise dans la conscience, alors que la politique est un mode de fonctionnement gigantesque et glacé, selon le pionnier de la désobéissance civile.

À l’argument de la légalité des lois votées selon des procédures réglées (majorité simple, majorité des 2/3, unanimité…), il répliqua que ce qui devait l’emporter était la supériorité éthique et non une loi arithmétique.

Quant à la dissidence civique, elle est une posture éthique par laquelle la désobéissance civile décourage par avance toute récupération politicienne.

Les trois grands foyers de l’obéissance aveugle en sont : l’Administration, la Religion et l’Armée.

Leur mot d’ordre est le même : obéissez sans réfléchir, dit-il.

Le dissident civique est celui qui désobéit parce qu’il ne peut plus continuer à obéir, est-il encore expliqué.

Les notions d’obligation éthique, de responsabilité sans limites apparaissent également dans le constat qu’il posa : la neutralité est un choix, c’est celui de la complicité passive.

J’ai été particulièrement attiré par la démonstration reprise du tout premier numéro des Temps modernes en 1945 : Flaubert et Goncourt pouvaient être considérés comme responsables de la répression qui suivit la Commune, parce qu’ils n’avaient rien écrit, pas un seul mot, pour l’empêcher.

À cela, il fut rétorqué que ce n’était par leurs affaires.

Répliques cinglantes des Temps modernes : le procès de Calas était-il l’affaire de Voltaire ? La condamnation de Dreyfus était-elle l’affaire de Zola ? L’administration du Congo, était-elle aussi l’affaire de Gide ?

Le piquant dans cette référence aux Temps modernes, c’est que ce magazine fut fondé par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et, qu’eux-mêmes, ne furent pas des modèles de résistants, c’est le moins que je puisse dire.

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Edgar Morin : Leçons d’un siècle de vie

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Tout arrive ! À la veille de ses 100 ans, Edgar Morin m’est apparu pour la première fois de mon existence par la parole et non par l’écrit durant un bon bout de temps[1]. Impressionnant !

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Capture d’écran La Grande Librairie sur France 5.

Une heure trente pour évoquer son itinéraire durant un siècle, ses soixante livres, son universalisme, son engagement pour les révolutionnaires espagnols, celui en tant que résistant qu’il commenta de la manière suivante : « Je voulais vivre en résistant et pas survivre en me planquant » et l’occasion de rappeler que l’on peut résister pacifiquement : « J’ai foi dans la fraternité humaine », clama-t-il encore avec une conviction communicative, tout en reconnaissant avoir sous-estimé l’horreur du nazisme, mais il avait 20 ans à l’époque et n’avait pas encore assez d’expérience dans la vie, malgré la perte traumatisante de sa mère à l’âge de 10 ans.

Exclu du Parti communiste français après sa rupture avec le communisme de Staline, cet allergique au fanatisme expliqua clairement que la France identitaire ne peut être que fermée sur elle-même, alors que la France humaniste est multiculturelle comme son origine d’ailleurs : « La France n’est-elle pas formée par l’Alsace, la Bretagne, Nice, le Languedoc et d’autres régions ? »

L’inventeur du mot « yéyé » aborda le concept de la liberté qui est, selon lui, dans la volonté de considérer le monde et, aussi, l’état de la planète : « Elle est emportée dans un déferlement techno-économique libéral et la pandémie démontre que malgré lui, l’infiniment petit, comme le virus, reste important et nous rend fragile. »

Pour Edgar Morin, les prises de conscience sont absolument nécessaires, celle, entre autres, de changer de voie pour retrouver la solidarité et non plus vivre le gigantesque vide politique actuel, reprendre le chemin vers l’humanisme et surtout pas vers la révolution violente, comme la pensée de Marx qui fut dénaturée par Staline et consorts.

Il donna plusieurs pistes pour tendre vers cette nouvelle voie :

  • Savoir vivre, c’est oser réaliser ses aspirations, le « je » et le « nous » doivent être complémentaires et non l’égoïsme qui est la source de toutes les solidarités. La disparition de la convivialité, c’est la disparition de facteurs humains.
  • Il y a aussi le besoin de reconnaissance qui est indispensable, d’après Edgar Morin. C’est-à-dire que les gens qui sont humiliés, dédaignés, traités comme des objets, doivent absolument bénéficier d’un humanisme régénéré. À savoir, reconnaître l’humanité dans autrui.
  • Troisième piste : considérer que passion et raison sont indissociables, qu’il y a lieu de revenir à une vie poétique, à s’enthousiasmer, à s’étonner, à s’émerveiller, à aimer, à entretenir l’amitié, tout en ayant de la compassion pour les humiliés et prendre conscience de l’unité dans la diversité.

À l’issue de ce moment privilégié avec un homme qui dit redouter le néo-totalitarisme, avait espéré un autre changement sociétal après la récente crise, il y eut cette confidence : « Je garde la capacité de révolte intérieure face à la cruauté du monde et la sagesse consiste à contrôler mes passions par la raison et à nourrir la raison par mes passions. »

Visiblement, Edgar Morin n’apprécie pas qu’on dise de lui qu’il est un sage, et il en profita pour exprimer son avis sur la sagesse : « C’est l’expérience de la vie ! »

[1] La Grande Librairie, France 5, 9 juin 2021.

La sur-obéissance : une seconde nature ? (2/3)

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desobeirL’essai Désobéir écrit par Frédéric Gros pour Champs essais, dont il a déjà été question dans notre rubrique, attire l’attention sur un paradoxe.

Comme se fait-il que des gens obéissent le doigt sur la couture et sans broncher à des diktats alors que s’ils s’unissaient, ils mettraient à bas ceux qui les oppriment ?

La majorité dite silencieuse qui, pourtant, possède une force en elle avérée est amorphe face à une élite qui, elle, est rapidement solidaire et d’attaque.

Cette majorité silencieuse est-elle prisonnière de sa peur ? À vrai dire, l’élite bénéficie de forces armées, d’une police à sa dévotion, d’une justice de classe, de censeurs professionnels et même de mouchards, souligne l’auteur, tous des gens issus du peuple où se recrutent des espions, des gardiens de l’ordre, des officiers de justice.

Frédéric Gros dit qu’à force de servitude, cela devient une seconde nature chez trop de personnes, au point de ne plus connaître le sens du concept « liberté ».

Et, ne nous le cachons pas, il y a aussi tous ceux qui adhèrent de leur plein gré à la soumission, voire la promulgue, car ils y trouvent un exutoire, une participation active, lucrative, enthousiasmante, selon les cas.

Alors ? Il est certain qu’il n’est pas aisé de désobéir quand on voit pulluler des contremaîtres tyranniques, des dominants incompétents, que la cupidité et la jouissance du pouvoir sont la règle, ainsi que la soif de domination et le goût immodéré des richesses.

Ici, j’ouvre une parenthèse par le constat exprimé par des psychologues qui avancent que dans le silence, les blessures, les différences et les injustices se creusent. Qu’il y a lieu de rompre ce silence-là, plus particulièrement l’omerta, et qu’il est nécessaire de casser l’attitude et l’habitude du suivisme et de l’obéissance par conformisme.

C’est-à-dire, le règne du « on » anonyme qui est un « nous » qui se conjugue comme un « il » incluant simultanément le « tu » et le « vous » et qui absorbe le « je ». C’est donc à la fois tout le monde et personne !

Chacun est responsable de sa sur-obéissance, comme de son obéissance. Automaticité de la parole, prêt-à-penser, éléments de langage façonnent les idées préconçues au détriment d’une opinion.

Pour Frédéric Gros, la sur-obéissance est se rendre coupable d’auto-déresponsabilisation.

Il y a également le consentement qui, pour l’auteur, est une aliénation volontaire, une contrainte pleinement acceptée. Question essentielle : est-il possible de vouloir librement contre sa propre dignité ? Peut-on opposer liberté et dignité ?

Fameux débat qui déboucha sur ce passage de Frédéric Gros : « Consentir, c’est consentir librement à être dépendant d’un autre. »

L’idéologie du consentement est de faire comprendre qu’il est toujours trop tard pour désobéir.

Cependant, faut-il rappeler, comme il le fit dans son essai, que l’obéissance aux dirigeants est réservée et provisoire, que le citoyen délègue mais peut toujours reprendre la main ?

La démocratie est une exigence de liberté, d’égalité, de solidarité. Cette exigence qui fait désobéir est la démocratie critique. La désobéissance civile, qui en découle logiquement, est un mouvement structuré d’un groupe et la contestation personnelle est de l’objection de conscience.

La désobéissance civile, c’est désobéir publiquement ensemble, faire société, communiquer à l’opinion son indignation, s’adresser à la conscience de tous, refuser la violence, ne pas se laisser gouverner en acceptant l’inacceptable mais en pratiquant le vivre-ensemble.

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L’océan, une mine convoitée en danger !

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L’Océan est riche, et fabuleux : il ne s’agit pas ici de sa biodiversité qui n’intéresse guère les financiers et le monde marchand prêt à exploiter tout ce qui nous entoure dans une vision de court terme. Riche et fabuleux car il  qui aiguise l’appétit des exploitants miniers : une grande variété de ressources minérales sous forme de gisements de nodules polymétalliques, de dépôts, de dunes,  de monts sou-marins,…Une détérioration irréversible sur des milliers d’années avec des conséquences sur la pêche, le stockage du carbone, la biodiversité est en cours pour satisfaire nos consommations croissantes qui ont des alternatives.