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Vers un décolonialisme mental

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photo pgfftDepuis moins d’une décennie, le mouvement décolonial prend de plus en plus d’ampleur.

En France, les avancées sont timides pour reconnaître les affres de la Guerre d’Algérie, guerre coloniale par excellence, si j’ose dire. En Belgique, où la frilosité politicienne existe dès que la monarchie est sur la sellette, la politique menée par le roi Léopold II au Congo fut tout aussi dramatique pour le peuple autochtone et l’admettre relève encore d’un combat sans relâche dans les mentalités.

À ce propos, il n’est pas toujours aisé aux populations françaises et belges, mais aussi allemandes, espagnoles, britanniques, portugaises, hollandaises, bref, aux occidentales, d’admettre cette évidence : le colonialisme fut un système de gouvernance basé sur une occupation militaire, sur le racisme et l’exploitation éhontée des ressources humaines et naturelles locales.

20210719 111256 copiebLa propagande des, je cite, « bienfaits du colonialisme » fit le reste : enfumer les populations des pays colonisateurs et leur fournir des stéréotypes d’une prétendue supériorité de la race blanche sur l’africaine, ou sud-américaine, ou asiatique…[1]

Si la priorité des priorités actuelle est la lutte contre le racisme, rejeter toute forme de néo-colonialisme et la reconnaissance officielle de ce qui s’apparente parfois à un génocide, la restitution des pièces de collections africaines, par exemple, doit aussi s’opérer en coordination avec les pays qui furent colonisés.

Une coordination et non pas une attitude patriarcale ou, encore, développée avec un esprit de suffisance et d’arrogance, voire avec des desseins de business.

Ce sera le sujet, ô combien sensible, d’une prochaine chronique sur nos antennes.

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Photos explicites

Le Musée de Tervuren, dans les environs de Bruxelles, est encore appelé « musée colonial » par les nostalgiques de la présence belge au Congo.

Les photos du présent reportage situent le pillage des richesses locales, même animales, avec des éléphants aux défenses coupées pour en faire des boules de billard pour amuser les bourgeois et les nantis, aux autochtones aux mains coupées parce qu’ils n’étaient pas assez rentables pour enrichir le monarque Léopold II, aux statues présentant les Congolais comme de « braves sauvages »…

Photos : Pierre Guelff.

[1] Le Soir, 3 et 4 septembre 2022.

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Approcher les cétacés sans déranger :ce qu’il faut savoir

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Comment éviter d’attenter à la tranquillité des mammifères marins?  Pour satisfaire la curiosité des touristes, et leur faire vivre un moment d’exception,  des approches bateaux très proches  sont parfois effectués  par des opérateurs peu scrupuleux. En Méditerranée, dans le sanctuaire Pelagos, les règles d’approche ont changé pour le bien être des animaux. lesquelles, pourquoi ? A découvrir en compagnie d’Alain BARCELO du Parc National de Port-Cros.

Génération Z, génération psy

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photo pgfft 1La Génération Z est celle des personnes nées entre 1997 et 2010. Elle succède à la Génération Y, celle des « milléniaux », c’est-à-dire des personnes venues au monde dans les environs de 1980 et fin des années 1990, et elle précède la Génération Alpha, celle des personnes nées de 2010 à celle de ceux qui naîtront au mitan des années 2020, la première génération née entièrement au XXIe siècle.

Ça va ? vous suivez ce classement concocté par des sociologues et psychologues. Très bien !

La Génération Z est aussi appelée « Génération psy » par certains spécialistes.

La raison plausible est la suivante : cette génération est celle d’adolescents qui serait la plus consciente de l’état dramatique de la société, plus particulièrement par l’angoisse générée à cause de la crise climatique.

Si elle est plus consciente à une échelle collective, c’est aussi parce qu’elle l’est à une échelle individuelle et cela provient en partie du fait que ces jeunes consultent pas mal de thérapeutes.

D’ailleurs, les psychologues expliquent qu’ils reçoivent davantage de jeunes en consultation, les trois quarts ont moins de 20 ans, alors que le psychologue Mathieu Blard déclarait récemment qu’un Français sur trois avait déjà fait appel à un psy.

20220724 094257Dans l’excellent ouvrage Le Feu ou rien – Portrait d’une génération engagée paru aux Éditions Mango Society (2022), il est aussi spécifié cette particularité énoncée par un jeune de cette fameuse Génération Z, voire la précédente : « Nos grands-parents bloquaient les usines, nos parents lançaient des pavés. Notre génération, elle, crée du remue-ménage à coups de millions de hashtags. »

Il est aussi expliqué la raison de leur fréquentation accrue des thérapeutes par le fait que ces jeunes ont quasiment subi toutes les crises : la climatique, la sociétale, la sanitaire, l’économique, la menace d’une guerre nucléaire, tout cela à la fois !

Cependant, si elle fréquente les psys, elle est aussi engagée à sa manière pour repenser le système : elle s’absente en masse des élections ou bien vote blanc, mais elle réclame que l’abstention et ce vote blanc soient comptabilisés car ils sont le reflet d’un désaccord, d’un outil de protestation.

Néanmoins, force est aussi de constater que cette jeune génération a ses habitudes de consommation avec des technologies dites nouvelles à profusion, celles dans lesquelles elle est née, en somme, et qu’elle est plus individualiste car elle place ses droits avant ses devoirs, au contraire des baby-boomers, par exemple.

Mais, ne nous y trompons pas, les jeunes qui sont engagés revendiquent les droits à la révolte, à l’action directe, et ils évoluent parfois en dehors des appareils conventionnels, pensons au mouvement engendré par Greta Thunberg et à Extinction Rebellion.

img 1443ft500Quelque 63% des jeunes français estiment d’ailleurs que ce sont les citoyens qui devraient prendre les décisions pour le pays.

Est-ce à dire que les militants plus âgés, les soixante-huitards, par exemple, sont passés à côté de la plaque ? Non, bien entendu, car la féministe qui dans les années 1960-1970 s’est battue pour l’IVG et la pilule, a eu et a encore la même importance que la féministe contemporaine adepte de l’intersectionnalité, celle qui prend en compte le genre, la couleur de peau, l’orientation sexuelle, la validité d’une personne, c’est-à-dire une combinaison de stratégies et d’identités.

En somme, ces luttes anciennes et celles de la Génération Z me paraissent complémentaires même si les babyboomers militaient davantage pour l’universalisme et prônait l’unité.

En conclusion, cette jeunesse de la Génération Z n’est pas là, précisent les auteurs, pour brosser dans le sens du poil, bien au contraire : « Elle est là pour soulever le tapis et montrer tout ce qui a été placé dessous et combien ça pue et pollue. Internet est donc une révolution, disent-ils encore, une révélation et pas n’importe laquelle. C’est celle qui va permettre à notre génération de tout faire péter. »

Photos : Pierre Guelff.

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Le sexe, c’est beaucoup mieux aujourd’hui !

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La sexualité a changé.  Bien sur  la génération 68 a amené la possibilité pour les femmes d’avoir des rapports sexuels sans risquer de tomber enceintes. Par contre les mêmes pratiques sexuelles ont continué avec  peut-être la possibilité de le faire avec plus de personnes. Mais les normes « du comment cela doit se faire » étaient toujours d’application.  À l’époque et  jusqu’à il y a peu, on a limité le masculin à un pénis en érection, on a admis qu’il faut  mettre un terme au rapport lorsque l’homme a joui, on a admis l’évidence que la femme attend d’être comblée, et  on continue d’appeler « préliminaires » les pratiques qui donnent plus de plaisir aux femmes. Au final peu de conditions sont réunies pour parler de rapports sexuels égalitaires et d’un renouvellement des pratiques.

Mais aujourd’hui, on admet beaucoup plus aisément que la sexualité, c’est avant tout se faire du bien.

D’ailleurs il est bon de rappeler que certaines études démontrent qu’avoir des rapports sexuels peut procurer un effet bénéfique sur le corps comme faire oublier la douleur d’une migraine ou des règles.

Le sexe est une vraie question de santé tant mentale que physique et aujourd’hui preuve que les mentalités changent, certains sexe-toys sont reconnus comme produits de bien-être. Bien sur  le consentement mutuel et continu est la base. Et d’autre part la priorité est d’éviter l’ennui. Pour se faire, la curiosité, la simplicité et la pratique seront vos atouts.

Avez-vous déjà imaginé un monde où toutes les femmes se donnent la permission d’être demandeuses, elles prendraient librement  l’initiative, cela  pourrait soulager les hommes, et probablement qu’ils seraient moins en demande s’ils étaient désirés à la base.

Bien évidemment un couple n’est pas forcément composé d’un homme et d’une femme, il est composé de deux êtres désireux de se procurer mutuellement du bien-être et du plaisir. Alors pourquoi ne pas prévoir des plages d’insouciance à l’avance pour  prendre le temps  ensemble d’imaginer des choses différentes. Comme par exemple des pénétrations plus  lentes voir immobiles plutôt que rapides, des masturbations guidées ou partagées, multiplier des massages, découvrir les nombreux sex-toys qui proposent des sensations nouvelles.

Allez vers une sexualité solaire et joyeuse est possible, et un couple peut être le lieu ou exprimer ses fantasmes, déposer sa vulnérabilité sans avoir peur que l’autre vous abandonne.

Un couple peut être un super espace d’épanouissement pour les deux partenaires où l’ensemble des sens sont convoqués et où toutes les émotions s’expriment et se partagent.

Sources : levifweekend 06022020, le Soir 13 janvier 2020.

 

Rencontre avec Bob Dylan : tant de choses à partager ! (3/4)

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photo pgfft 1En octobre, je dois rencontrer Bob Dylan. Lui sera sur scène et moi dans la salle de concert mais, et ce serait la cerise sur le gâteau, l’organisateur n’exclut pas une conférence de presse à laquelle je serais invité. J’ai tellement de choses à lui partager.

Entre autres…

…que dans ma candeur de jeune militant pacifiste, je pensais qu’il était notre chef de file au cœur des événements des années 1960. Quelle erreur !

« Je n’étais le porte-parole de rien ni de personne, j’étais seulement un musicien. Sans aucun doute, mes textes avaient touché des sensibilités qu’on n’avait pas encore touchées. Tant que mes certitudes restaient intactes, je ne devais rien à personne, écrit-il dans Chroniques, son autobiographie parue chez Folio. Légende, icône, énigme, ce genre de choses, ça va. Sereines inoffensives, usées, ces dénominations-là sont plus faciles à contourner. Prophète, messie, sauveur… ça, c’est dur. Je me sentais vraiment isolé, sans personne d’autre que moi et ma petite famille qui grandissait, face à un monde livré à de fabuleux sorciers. Je refusais d’être un symbole, un emblème ou un porte-parole. Révolté, pas engagé en somme ! »

20220806 1643031ftEt puis, dans les années quatre-vingt, la superstar, après de multiples introspections, déclara : « Je marche depuis trop longtemps à l’instinct et à l’intuition et – problème – ces deux gentes dames se muent en vautours et me sucent la moelle. Puis, brusquement, un soir en Suisse lors d’un concert, tout s’est disloqué et je me suis envolé, le phénomène inattendu s’est produit devant tout le monde. C’était une métamorphose. S’il m’avait manqué un dessein, eh bien, je l’avais. J’étais devenu un autre interprète, j’avais l’idée de redémarrer, de me mettre au service du public. »

Il décrit cette métamorphose : « L’amour, la peur, la haine, le bonheur… dans les termes les plus évidents avec mille et une ramifications subtiles. Une fois de plus, les événements extérieurs peuvent inspirer une chanson, parfois allumer le moteur. »

J’ai encore relevé quelques phrases qui corroborent sa révolte :

  • « Il fait abolir le chemin qui va du bien au mal. »
  • « Si quelqu’un vole du cuir et fait des chaussures pour les pauvres, c’est un geste moral, mais illégal, donc répréhensible. C’est cette dissociation entre le côté légal et le côté moral des choses qui me dérange. »
  • « On n’avait pas la parano des communistes, on n’en avait pas peur, tout ça, c’était du bruit pour rien. Les cocos valaient bien les extraterrestres. S’il y avait quelqu’un à craindre, un ennemi, c’était plutôt les grands propriétaires miniers. »
  • « J’ai été initié à la poésie d’Arthur Rimbaud. Ça n’était pas n’importe quoi. Quand je suis tombé sur la formule ‘‘Je est un autre’’ dans une de ses lettres, les cloches ont sonné à toute volée. C’était parfaitement clair. »
  • « Je ne cherchais pas l’amour, je ne cherchais pas l’argent. La conscience aiguisée, j’étais déterminé, irréaliste et visionnaire par-dessus le marché. »

Bob Dylan, est ce musicien de génie qui aspirait à la gloire certes, mais qui ne la supporte toujours pas.

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L’inquiétude d’Annie Ernaux : une défaite de l’intelligence

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photo pgfft 1Annie Ernaux, auteure à qui d’aucuns prédisent un Prix Nobel de littérature, est craintive. Au Soir[1], elle déclara : « Mon combat, c’est de ne pas laisser les classes populaires dont je suis issue, c’est important de le rappeler, dériver vers Marine Le Pen. Ce serait une telle défaite politique, une telle défaite de l’intelligence… »

À ce propos, le ban et l’arrière-ban de l’extrême droite internationale et des groupes nazis, s’étaient donné rendez-vous en cette fin août à Ypres, en Flandre, à quelques pas de la France, pour y célébrer leur politique nauséabonde.

Sous la pression citoyenne, l’autorisation fut finalement refusée par des autorités, mais les hordes brunes n’en démordent pas et reviennent à l’assaut.

Hélas, trois fois hélas, il faut se rendre à l’évidence que, déçues par la social-démocratie, des couches dites populaires, surtout ouvrières, ont été séduites par les sirènes du Rassemblement National, du Vlaams Belang et autres formations aux discours racistes, xénophobes, au rejet des « autres », aux accointances avec les lobbys des armes, etc.

Il est grand temps d’agir concrètement en interpellant vos élus, ceux qui représentent encore la démocratie, de manifester publiquement votre opposition, de participer à des manifestations en ce sens, et pas seulement se contenter de liker sur Facebook, parfois sous un pseudonyme, ou une banale bannière.

D’aucuns rétorquent : « Je n’ai pas le temps, il y a le boulot, les enfants… », « Cela ne sert à rien, tous pourris… », « Je reste en dehors de la politique » …

À mon tour de leur rétorquer un proverbe arabe, mais universel : « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse. »

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Photo : prise d’écran Le Soir.

[1] 17 août 2022.

Profession et passion pour l’Océan : rencontre avec Thomas Canetti –

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Mettre en cohérence ses valeurs avec ses activités, c’est un objectif largement partagé par beaucoup d’entre nous. Y arriver est plus compliqué. Je vous invite à la rencontre d’un parcours, de celui de Thomas Canetti, fondateur de FOOD4GOOD , entreprise de distribution de produits de la mer, -poissons MSC et poissons bio,  qui a créé cette activité, reflet de ses convictions personnelles en lien  avec la volonté de contribuer à la protection de l’Océan. Un exemple d’un parcours qui fait la preuve que vous aussi vous pourriez faire de même : allier profession et passion …

A découvrir dans cette interview.

 

www.longitude181.org

Faites comme les marins, tenez un carnet de bord

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Pour se créer un chouette souvenir d’un évènement, d’un lieu, de vacances, d’une exposition ou autre, il n’est pas nécessaire  d’être un grand artiste ou de savoir dessiner. Il y a juste à écouter son envie de se poser pour aider à arrêter le temps et se détendre.

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Photos Pixabay

Fixer des souvenirs dans la rétine  invite à être attentif aux détails, à ressentir la lumière et ses différentes teintes. S’assoir, puis observer un végétal et s’appliquer à croquer ses contours et ses multiples détails. Il ne s’agit surtout pas de se soucier du résultat final, il s’agit plutôt d’apprécier le moment et de découvrir le plaisir du trait, de la couleur et du geste.

Il y a de multiples façons d’illustrer son carnet de bord ou son carnet de voyage, il y a bien sur le croquis, l’aquarelle, le pastel, les feutres etc., mais aussi le copié -collé ou le déchiré-collé. N’hésitez pas à superposer différents supports, un ticket d’entrée sur lequel vous pouvez déposer un graffiti, une carte postale qui sera customisée, un plan sous forme de puzzle, une fleur brodée… ne mettez aucun frein à votre imagination et votre créativité.

Prendre la plume ou le crayon chaque jour permet aux petites choses du quotidien de sortir de l’ordinaire et de leur octroyer une touche de magie.

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Le marin, lui est dans l’obligation de noter journellement l’état de la mer, l’état du ciel et les grands faits à bord. C’est ainsi qu’il assure la sécurité de tous et qu’il affine ses connaissances et expériences.

Créer son propre carnet de bord avec ses propres contraintes par exemple, un croquis par jour, une phrase liée à un évènement tous les deux jours, une page complète par semaine, etc., vous permettra de raconter ce qui vous tient à cœur, de faire le point, d’éclaircir vos pensées, de prendre plaisir à vous relire, à vous redécouvrir.

Et pourquoi ne pas faire l’exercice en famille, et co-créer un carnet à six, huit, douze mains ou plus. L’essentiel est de s’amuser.

N’attendez plus et commencez dès demain votre carnet de bord, vous verrez, une fois commencé, l’envie d’y revenir s’invitera toute seule. Et votre carnet deviendra votre moment à vous et sera peut-être aussi une sorte de trésor à partager avec les personnes que vous aimez.

Photos : Pixabay

 

Inattendus Chemins de Compostelle

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photo pgfft 1Le très ancien et célèbre Chemin de Compostelle, pèlerinage chrétien dévolu à saint Jacques le Majeur dont la dépouille serait miraculeusement arrivée en Galice, remonte à sept siècles après son martyre.

Au fil du temps, cette longue pérégrination (800 km en territoire espagnol depuis les Pyrénées, mais il faut généralement y ajouter les centaines de kilomètres depuis Paris, Vézelay, Arles et le Puy-en-Velay, les autres départs historiques du Camino francès ou Chemin français) a changé par rapport à son objectif initial, celui de la dévotion et de la repentance.

De chrétienne, cette démarche introspective qui a pour devise « Mourir et revivre à un autre être humain » s’est alors transformée en itinéraire culturel, label donné par la Communauté européenne, et, aussi, à mon instar, un parcours entrepris dans un cadre philosophique, sportif, de découverte du patrimoine humain et mobilier.

Pareille longue marche se prépare minutieusement même si, à présent, modernité oblige, Internet vous en fournit le mode d’emploi de A à Z, adresses de gîtes proposant des masseurs ou masseuses (… des pieds, bien entendu) en option.

Pour ma part, à la fin des années 1980, ce fut un bon vieux guide en papier et certainement pas un GPS qui dirigea mes pas pour accomplir les 1.600 kilomètres à mon programme.

Mais, peu importe !

La beauté de sites, la profondeur initiatique de cette pérégrination, la découverte d’un passé historique et artistique exceptionnel, les enseignements de potentielles rencontres…, restent identiques sur le fond depuis des siècles et leur impact sur le travail intérieur paraît identique, selon de multiples témoignages.

Je pensais donc bien connaître le sujet. Erreur !

dsc04925La lecture du « Petit Livre des Chemins de Compostelle » de Marie Chamberlain publié en juin aux Éditions Papier Cadeau, ouvrage agrémenté de dizaines d’images, réserve un lot de surprises.

Effectivement, s’il est dit que le Chemin pour s’en aller à Santiago de Compostella débute au premier pas en sortant de chez soi, outre les itinéraires inhérents aux quatre départs historiques cités, cet ouvrage en propose quelques-uns, moins connus mais tout autant chargés de la magie compostellane.

À savoir, la Voie des Plantagenêts dont le départ est situé au Mont-Saint-Michel, sillonne par Fougères, Vitré, Niort, Aulnay, il y a encore la Voie du Piémont pyrénéen qui débute à Narbonne et s’en va en Pays cathare, puis Lourdes, Ordiarp et Saint-Just-Ibarre.

Une première précision importante à l’auteure qui écrit : « …depuis le XIIe siècle, on ne sait pas pourquoi la coquille devint l’emblème du pèlerin… », ce qui est quand même particulièrement interpellant car, la légende qui traverse les siècles, spécifie que le corps de Jacques le Majeur arriva sur les bords de la Galice, très précisément à Iria Flavia, là où les coquilles Saint-Jacques se ramassent sur la plage.

Autre précision, lorsqu’elle écrit encore que « l’embarcation sans guide l’y transporta », à vrai dire, toujours selon la légende, ce sont des anges qui la tirèrent.

Quoiqu’il en soit, ces deux détails font aussi partie intégrante de la magie compostellane merveilleusement composée de mythologie, de sacré, de folklore et de ressentiments personnels.

Ultreïa ! donc, comme clament les pèlerins et autres marcheurs et randonneurs en arrivant à Compostelle et en expression de joie.

 

Extrait musical Youtube : Le chant des pèlerins de Compostelle par Jean-Claude Benazet.

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Yves Le Car, libertaire et poète

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photo pgfftJ’étais adolescent quand j’entendis pour la première fois Le Dormeur du Val d’Arthur Rimbaud, un poème qui, non seulement me bouleversa, mais contribua à mon engagement pour une société fraternelle, pacifiée autant que faire se peut, et solidaire.

Yves Le Car, plume bien connue du magazine de l’Union pacifiste de France, est un libertaire actif auprès des réfugiés, qui milite pour un monde sans armées et sans frontières, mais qui est aussi poète. Un poète-militant, en somme.

Son dernier recueil de poésies Lichens de Soleil me fut préfacé de ces mots : « Un petit livre de contre-battant pacifiste qui brise les P de Damoclès pour en faire le P de Poésie et le P de Paix. »

Ces propos annoncent le ton des quelque 130 pages qui suivent :

« Des gosses de vingt ans s’engagent

poussés par le chômage

boostés par de faux mages qui leur font miroiter

des voyages… »

Un autre extrait :

« Quel toupet !

À vos yeux le premier des suspects

Ce n’est pas celui qui veut la paix… »

20220825 084559La chanson Le Déserteur de Boris Vian, avec la fin remaniée par Mouloudji, marque encore maints esprits en ces temps troublés. Pas suffisamment, hélas.

Yves Le Car, lui, s’adresse directement audit écrivain, musicien de jazz et parolier, également auteur de la Java des bombes atomiques, chanson antinucléaire par excellence :

« Monsieur Boris Vian

Je vous fais une lettre

Qui vous fera renaître

Au moins quelques instants

Le temps de concevoir

Un monde libertaire

Exempt de militaires

Exempt de tout Pouvoir… »

Lichens de Soleil : 15 euros, envoi y compris disponible chez l’auteur : Yves Le Car, 320 ancienne route de Sarrians – 84 810 Aubignan – France.

 

Photo : Triennale de l’affiche politique, Mons, photo Pierre Guelff.

Extrait musical : Le Déserteur, Boris Vian, Youtube.