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PPDA : « Trente-cinq ans de prédation sexuelle »

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photo pgfft 1La voix que vous venez d’entendre est celle d’Hélène Devynck, autrice de l’essai Impunité paru au Seuil et invitée de l’émission « La Grande Librairie » diffusée hier, le 21 septembre 2022, sur France 5.

Dans cet ouvrage, elle fait part de son viol qu’elle attribue à Patrick Poivre d’Arvor, ancien présentateur du JT de TF1 et omniprésent dans le monde littéraire, elle apporte aussi une vingtaine de témoignages de femmes ayant subi le même sort qu’elle avec une constante dans le modus operandi, elle attire également l’attention sur l’omerta inhérente à pareille situation, les complicités cachées sous les termes «Vous inventez », « Vous étiez semi-consentante », « Vous n’êtes pas une oie blanche », « Vous êtes une écervelée », « Vous cherchez la lumière », « Vous êtes beaucoup dans la séduction », « C’est de la vie privée », Cela ne nous regarde pas », « C’est de la vieille histoire », « On passe à autre chose »…

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« Trente-cinq ans de prédation sexuelle », selon Hélène Devynck.

J’ai particulièrement bien connu cette douloureuse problématique pour, en 1994, avoir publié le livre Moi, Nathalie, violée par mon père paru aux Presses du Lion et qui donna la parole à une jeune mère de famille qui avait subi l’inceste paternel quasiment toute son adolescence. Ici, aussi, il y avait la fameuse disposition juridique stipulant que dix ans après les faits, eh bien, la Justice s’en lave les mains car il y a prescription.

dsc05035De plus, autant la victime, que l’éditrice et moi-même, avons subi des pressions, voire des menaces pour nous obliger au silence. Cela décupla nos forces et le livre rencontra une énorme attention du public et des médias.

L’auteur, lui, est décédé de sa belle mort dans son lit sans avoir été inquiété par la Justice.

Hélène Devynck, et toutes les autres femmes, quelque soixante-dix, paraît-il, vivent ce même genre de déni, de climat de complaisance à l’égard de celui qu’elles accusent, de banalisation et, pour finir, d’impunité.

Voici un extrait significatif du témoignage de cette ancienne journaliste au courage et à la solidarité exemplaires : « Raconter un viol est une réalité dangereuse. J’ai témoigné pour que ça cesse. On a parlé et il ne se passe toujours rien. Le classement sans suite a été une claque. Comment font celles qui restent seules ? »

Oui, comment font-elles toutes ces victimes dans ce qui s’apparente trop souvent comme de la « lâcheté d’un groupe social », spécifie l’autrice, la tendance à confondre l’autorité avec la vérité, l’indifférence ?

« Il faut mettre en adéquation les paroles et les actes », ne pas tourner la page après avoir lu ce témoignage, à avoir écouté cette chronique : il faut agir.

Agir de manière concrète auprès de vos élus – ils sont payés pour cela – pour que cesse cette loi de la prescription élevée comme un dogme, il s’agit quand même de viols, pas d’un vol de pomme à l’étalage.

 

Photos : captures d’écran et P.Gf.ft 1 1

Sauver la liberté d’expression (1/5)

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photo pgfft 1L’essai Sauver la liberté d’expression de Monique Canto-Sperber, philosophe et directrice de recherche au CNRS, publié dans la collection Espaces Libres chez Albin Michel, pose quatre questions fondamentales dans notre société contemporaine :

  1. Comment éviter que l’expression libre ait pour effet d’empêcher les autres de parler ?
  2. Comment laisser s’exprimer tous les points de vue sans pratiquer de censure préalable des propos ?
  3. Comment éviter que la parole publique expose à son auteur une stigmatisation sans appel ?
  4. Comment résister ?

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L’autrice répond à ces questions en quatre cents pages et je vais tenter de vous livrer quelques extraits qui peuvent éclairer notre lanterne.

« Toutes les opinions, même les plus discutables, même les plus choquantes, doivent être tolérées sur els campus comme en société – du moins tant qu’elles sont des opinions, et non des propos de haine travestis en opinions… »

« Même les plus ardents défenseurs de la liberté d’expression admettent qu’il y a des choses à ne pas dire : les fausses nouvelles, la pornographie infantile, la diffamation, les injures, en particulier les injures raciales… Tous considèrent que bannir de l’espace public les propos nocifs libère la vie sociale de la violence des mots sans nuire pour autant à la diversité des opinions ni obliger au conformisme : la conversation continue, et il reste toujours possible de dire et d’entendre quelque chose de différent. »

Autre considération émise par l’autrice est que « l’une des premières vertus de la liberté d’expression est de permettre que l’on rencontre un jour son contradicteur. »

D’autres réflexions à ce sensible aspect de la vie en société seront diffusées dans de prochaines chroniques.

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L’énigme des tableaux fantômes

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L’autrice Marguerite Yourcenar a été la première femme élue à l’Académie française, c’était en 1980. Trois ans plus tôt, elle avait fait état de Bailleul dans son ouvrage Archives du Nord, livre de mémoires autobiographiques.

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Marguerite Yourcenar statufiée à Bailleul.

Elle y évoquait la vie de ses aïeux paternels, les Cleenewerck de Crayencour, l’histoire de Bailleul et de la Flandre française.

Par cet écrit, “elle donna une portée universelle à cette famille de la haute bourgeoisie du Nord”, selon Fabienne Viala dans son essai Le Labyrinthe du monde de Marguerite Yourcenar.

Cette dynastie des Crayencour “s’offre comme miroir où se reflètent les vices et les vertus de la nature humaine”, precise-t-elle.

Un monument est dédié à Marguerite Yourcenar à Bailleul, il est situé en face du Musée Benoît-de-Puydt, du nom d’un mécène natif de la cité.

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Un musée qui a une « âme ».
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Mme Justine Thorez, community manager, assistante du régisseur des œuvres au Musée Benoît-de-Puydt, au micro de Fréquence Terre.

Une belle occasion de se rendre dans ce lieu où des « Tableaux fantômes » attendent les visiteurs, œuvres qui, effectivement, méritent une attention particulière.

D’ailleurs, Bailleul fut décrite par des Anglais comme le « Petit Cluny du Nord » grâce audit musée, que j’ai visité sous l’aimable conduite de Justine Thorez, assistante du régisseur des œuvres :

« Louis-Henri Hans, un ami de Benoît De Puydt a légué quelque quatre-vingts objets dont une soixantaine de peintures.

Malheureusement, elles furent pratiquement toutes détruites durant la Première guerre mondiale, alors que la collection du musée l’était à plus de 80%.

De ces quatre-vingts objets, il reste cinq peintures et un bénitier en ivoire.

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Tableaux fantômes.

Le deuxième conservateur du musée avait réalisé une description très détaillée de cette collection de peintures de Louis-Henri Hans. Elle fut retrouvée et le troisième conservateur eut l’idée de mettre les textes au format des tableaux. Ils sont exposés sur le mur comme des peintures.

En lisant ces textes on peut imaginer la collection de peintures que pouvait posséder le musée.

C’est un concept original en France, que l’on ne retrouve pas dans d’autres musées. »

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Mme Justine Thorez pour un chaleureux et très documenté accueil.

Néanmoins, dans la foulée de ces textes exposés, un projet a été lancé il y a une dizaine d’années :

« Luc Hossepied, directeur de la plus petite galerie du monde -ou presque – à Roubaix, a proposé à des artistes contemporains de réaliser des œuvres en s’inspirant des descriptions écrites, comme ‘‘Sur une pelouse devant un épais massif de verdure…’’

Ces artistes ont repris des textes, ont effectué des recherches et trouvé de la documentation sur les peintres de l’époque et ont donc réalisé des œuvres contemporaines : peintures, photographies, dessins, céramiques…

Et ces œuvres sont visibles au deuxième étage du musée ! »

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Trappiste jardinier au Mont des Cats.
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Les dauphins de la fontaine.

Assurément, outre les lieux décrits dans une précédente chronique, tels le beffroi qui repose sur une salle gothique sauvée des bombardements, la fontaine de la place Liénart et ses dauphins qui supportent la vasque de bronze, le tympan des Corporations de l’église Saint-Vaast, le Présidial, l’École dentellière…, le Musée Benoît-de-Puydt  propose un superbe cabinet en écaille « que l’on achetait comme on aurait acheté un tableau », et, justement, voici trois tableaux, parmi des dizaines, qui m’ont plu : Scène dans un café lillois d’Albert Dequène (1924) ou c’est extraordinaire Trappiste jardinier au Mont des Cats d’Émile Salomé (1877), voire La mort de Dom Lacaes par Pierre-Louis-Joseph De Coninck en 1893.

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La mort de Dom Lacaes.

Quelques trésors européens enrichissent ce sympathique musée, dont l’Adoration des Rois Mages attribuée à Pierre Breughel II, une Vierge à l’enfant sculptée au XIVe siècle, des céramiques hollandaises, flamandes, orientales…

 

Reportage photographique : Marie-Paule Peuteman

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Bailleul et la protection de la fée Mélusine

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Pierre Guelff - Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre
Pierre Guelff – Musiques du monde, Infos environnement – Fréquence Terre

Bailleul est une ville d’une quinzaine de milliers d’habitants de la Flandre française qui fut quasiment détruite par les Allemands en 1918, puis rebâtie dans un style néo-flamand qui lui va à ravir. « Bailleul, modèle d’une reconstruction flamande », tel est le slogan suffisamment explicite qui y est clamé.

Le centre historique de la ville est incontestablement la Grand-Place et ses environs immédiats.

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Hôtel de ville (Photo Marie-Paule Peuteman)

Bien entendu, visible à des kilomètres à la ronde, le beffroi accolé à l’Hôtel de ville attire l’attention. Inscrit au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, il émet depuis son sommet des ritournelles grâce à trente-cinq cloches.

La salle gothique qui est à sa base et le Présidial de Flandre tout proche sont, eux, classés aux Monuments historiques.

La base du beffroi est en grès et date du XIIIe siècle, il comporte une salle gothique aux murs d’1m20 d’épaisseur, ce qui fit qu’elle résista aux bombardements.

On y lit : « De 1920 à 1934, un immense chantier fait renaître Bailleul en style néo-flamand inspiré de Bruges et édifie des pignons aux briques de sable, à pas de moineaux, à volutes ou rectilignes ».

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Un message qui devrait fleurir dans toutes les communes (Photo Marie-Paule Peuteman).

J’ai particulièrement apprécié le côté écologique développé au pied de cet imposante mairie et le message planté dans le gazon y faisant face : « Sensibiliser la population à la préservation de la biodiversité ».

La vaste place Liénart à quelques pas de là, est dévolue à ce cardinal (1884-1973), évêque de Lille, plus jeune évêque de France en 1928, promu cardinal en 1930, il mena une politique sociale hardie par sa défense permanente du monde ouvrier et participa activement aux commissions de Vatican II.

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Château d’eau et église Saint-Vaast (Photo Marie-Paule Peuteman).

Au centre de la place a été érigée une fontaine qui a connu un destin assez mouvementé. En voici trois phases :

  • Relevée de ses décombres, inaugurée en 1932, cette fontaine publique est l’exacte reproduction de l’ancienne.
  • Arrêtée pour faits de guerre et par manque d’eau pendant plus de trente ans, elle fut restaurée et remise en marche le 3 avril 1970.
  • Inaugurée le 16 septembre 2006, elle retrouva sa place au sein du patrimoine bailleulois pour offrir à nouveau son doux chant de l’eau.
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Fontaine « sauvée des eaux »…(Photo Marie-Paule Peuteman).

Sur la place, on distingue aussi l’imposant château d’eau mis en service en 2011. Ce Château d’eau du Taillis compte 235 marches pour une hauteur de plus de quarante-cinq marches et en impose par sa structure.

L’imposante église Saint-Vaast, également sur cette place, est de style romano-byzantin et comporte trois porches avec, au-dessus du central, le tympan sculpté représentant le Christ roi.

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L’imposant chœur de l’église Saint-Vaast (Photo Marie-Paule Peuteman).

Si les vingt-trois vitraux racontent l’historique de la ville, cet édifice est particulièrement dévolu à Notre-Dame du Fief en Flandre et honore saint Antoine, parmi tant d’autres.

Le Portail des Corporations contient des blasons de métiers et l’Art déco prédomine à l’intérieur avec, aussi, un air byzantin et une alternance de couleurs dans les briques et les frises.

De petites niches accueillent la représentation de saints en mosaïque, tout comme plusieurs endroits de ce lieu de culte qui font honneur à cet art décoratif.

L’origine de l’église est très ancienne (le portail roman daterait du XIIe siècle), sa flèche fut détruite pendant la Révolution française pour y installer le télégraphe de Chappe.

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Il y a tant de saints à honorer dans cette église, que les luminaires (et les troncs !) à leur effigie sont légion. Ici, vous avez le choix pour une neuvaine, Jean-Paul II, Jean XXIII, saint Joseph, sainte Thérèse, saint Antoine, sainte Rita, Notre-Dame du Fief, Notre-Dame de Lourdes (Photo Pierre Guelff).
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Arbre de Paix (Photo Pierre Guelff).

Un peu plus bas que l’église, voici l’Arbre de la Paix, un peu maigrichon à côté du massif monument aux victimes des guerres (surtout des civils), puis l’école dentelière et le Présidial.

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L’École dentellière (Photo Marie-Paule Peuteman).

 

 

 

 

À l’école, on y explique cette tradition bailleuloise depuis 1664. Le bâtiment fut reconstruit en 1925 par l’association « Le Retour au Foyer » (« Secours immédiats aux régions libérées » -1917) grâce à un mécène américain, Nelson Cromwell, dont le buste trône à l’entrée de cet édifice qui se visite en plus d’y être un lieu d’enseignement apprécié.

Le Présidial de Flandre se situe à quelques pas de là. Transféré d’Ypres en 1713, construit en 1776 sur d’anciens cachots du XVe siècle, c’est le plus ancien bâtiment de la ville. Il est l’expression du classicisme français et non de style néo-flamand.

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Le Présidial (Photo Marie-Paule Peuteman).

Le Présidial fut la cour de justice pour toute la Flandre française du côté de la Mer du Nord. Ce transfert amena maints magistrats, juges, avocats, employés, greffiers, huissiers dans la cité.

Bailleul, c’est encore le Mardi Gras et son géant Gargantua, alors que Mélusine trône au sommet du beffroi en « Gardienne des Bailleulois ».

Mélusine était une fée qui apportait la gloire, la richesse, la force et la puissance, elle était aussi une inspiratrice de talent : n’a-t-elle pas construit la chapelle pour la cérémonie de son mariage en une nuit ?

Elle faisait surgir, comme par enchantement, un château juché sur une colline, des couvents, des églises… Cette mère de dix enfants modèle, apportait la prospérité en plus d’être une très jolie et aimable femme.

Deux légendes suivent cette première narration. La première dit qu’elle travaillait la nuit, au clair de lune et avant le chant du coq, mais qu’elle arrêtait sa construction si on la surprenait à la tâche.

C’est la raison pour laquelle, prétend-on, certains édifices sont restés inachevés : il manque la dernière pierre de la flèche (qui culmine à 75 m) de l’église Notre-Dame de Niort, par exemple.

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La fée Mélusine au sommet du beffroi de Bailleul (Photo Marie-Paule Peuteman).

Deuxième légende : une sorcière avait prédit à Mélusine que, si, un samedi, son mari la regardait en secret prendre son bain, elle resterait à tout jamais transformée en femme-serpent, c’est-à-dire très jolie femme jusqu’au nombril, ensuite le corps se terminant par une queue de serpent.

Son mari, Raymondin, avait accepté pareil marché et ils eurent même dix enfants, jusqu’au jour où, poussé par la curiosité, voire une jalousie non fondée, l’homme regarda…

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Ancienne girouette de Mélusine exposée au Musée De Puydt (Photo Marie-Paule Peuteman).

Surprise, Mélusine hurla et plus jamais son mari ne la vit sous une forme humaine.

En revanche, nous, nous nous retrouverons dans une prochaine chronique pour évoquer Marguerite Yourcenar et des “Tableaux fantômes”, également à Bailleul.

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Élizabeth II : indécente idolâtrie (en partenariat avec POUR)

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photo pgfftSi vous ne le savez pas encore, quel que soit le recoin que vous habitez sur la planète, à moins de sortir du coma ou d’une cure de sommeil, la reine Élizabeth II est décédée.

Partout, dans le monde, il ne s’agit que de cette mort au point d’éclipser la Guerre en Ukraine, les crises climatiques, énergétiques et financières qui plongent davantage dans la détresse des millions de personnes, jusqu’à l’anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

Même Libé, quotidien prétendument de gauche, donc pas forcément monarchique, lui consacra dix-neuf pages dans une édition spéciale le 9 septembre, alors que la très républicaine France fait mettre en berne tous les drapeaux, de quoi se faire retourner dans leurs tombes tous les humanistes, car, Élizabeth II ne fut certainement pas un modèle de fraternité universelle. Que du contraire !

Rares, très rares, sont mes confrères qui osent émettre un commentaire ne glorifiant pas le règne de la défunte âgée de 96 ans.

Alors, il me faut quand même rappeler que cette ultra-nantie parmi les nantis, privilégia les affaires à ses enfants, avait une très haute estime d’elle-même et se plaisait à manier la subordination, ferma délibérément les yeux sur les atrocités commises par l’impérialisme qu’elle chérissait, était étroitement liée au racisme déployé par le colonialisme…

Dès lors, cette personne mérite-t-elle pareille idolâtrie ? Pour ma part, je la trouve indécente et je me pose aussi la question fondamentale : pourquoi en est-on arrivé à pareil matraquage dans la majorité des médias et, bien entendu, sur les réseaux sociaux ?

Parce que l’esprit critique tend de plus en plus à s’estomper, occulté qu’il est par la facilité à se reposer sur des algorithmes qui caressent dans le sens du poil et, a fortiori, conditionnent les utilisateurs dans ce qui est le plus « bankable », comme on dit, justement, à Londres, et que l’on traduit en français par « qui rapporte de l’argent ». Beaucoup d’argent !

Élizabeth II sous toutes coutures, du mug au parapluie à son effigie, des millions d’euros dépensés pour ses funérailles provenant des taxes et impôts des citoyens, non de la colossale fortune royale, de retransmissions en direct, des documentaires, des éditions spéciales en télévision et à la radio, j’en passe et pas des moindres, pour, dans le fond, taire volontairement ce qui n’est pas « bankable », telle la présente chronique.

Le magazine POUR et votre radio Fréquence Terre cassent délibérément cette indécente idolâtrie car ils restent en conformité avec leur philosophie : celle de la fraternité universelle, un concept particulièrement absent de l’ancienne reine britannique.

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Rencontre avec un bouquiniste-militant et heureux !

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Sculpture calcinée exposée dans l’église d’Esquelbecq (Photo Marie-Paule Peuteman).

photo pgfftEsquelbecq est une bourgade de deux mille âmes au cœur de la Flandre française. Elle possède plusieurs attraits : une église moyenâgeuse inscrite aux monuments historiques mais ravagée par les flammes en 1976, puis reconstruite et qui expose à présent maintes statues calcinées comme autant de témoignages de l’ampleur des dégâts, puis, également inscrit aux monuments historiques, le château du XIIIe siècle, joyau de l’architecture flamande avec des jardins accueillant des œuvres contemporaines, l’Yser faisant partie de ce somptueux décor.

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Château et jardins d’Esquelbecq (Photo Marie-Paule Peuteman).

Il y a encore la Maison du Bailli, la Fête de la patate, le musée des automates, l’extraordinaire arbre lyre et, objet principal de ma visite, le fait qu’Esquelbecq porte le label de « Village du livre ». Il est l’un des huit en France, le seul au Nord de Paris, à être digne de cette reconnaissance.

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Arbre-lyre (Photo Marie-Paule Peuteman).

Je vous invite à présent à une rencontre au cœur de ce Village du livre qui, malgré la crise du livre avec sa chute assez conséquente de 12% au niveau des ventes, m’a permis de côtoyer un bouquiniste heureux. Il s’agit de Jean-Michel Lalou, un bouquiniste « militant », comme il me le précisa lors de notre rencontre dans son commerce « Des livres et vous » installé sur la place principale d’Esquelbecq.

– Ma passion a toujours été la lecture. Sous toutes ses formes. Livres pour enfants quand j’étais petit, la BD, au lycée tout ce que l’on devait apprendre et puis la découverte d’auteurs inconnus et, surtout, des livres qui nous permettent de voyager, d’aller loin, parce que je suis issu d’une famille modeste… je ne suis jamais allé en vacances, je n’ai jamais voyagé à cette époque, donc les livres m’ont permis d’aller au-delà de la colline. Ensuite, la vie professionnelle ne m’a pas éloigné de la lecture, au contraire ! J’ai fréquenté les bibliothèques, les médiathèques, les foires aux livres, les bouquineries, toujours cet attachement aux livres…

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Jean-Michel Lalou, bouquiniste-militant (Photo Marie-Paule Peuteman).

Et puis, un jour, à Esquelbecq…

  • … j’ai eu l’opportunité d’ouvrir un commerce de livres. Le projet avec mon épouse était d’ouvrir une librairie associative, trouver un collectif qui pourrait occuper les lieux et proposer au lecteur ce qu’il aime.

Ce projet n’a pas pu voir le jour, néanmoins le couple de passionnés de lecture n’en resta pas là !

  • Nous n’avons pas voulu abandonner et nous avons ouvert une librairie traditionnelle, une bouquinerie où nous nous ne proposerions que des livres d’occasion à petits prix sur des thèmes et dans des domaines que nous aimons et que, très modestement, nous connaissons. À savoir, des romans, des ouvrages de philosophie, sur la Nature, des événements politiques, les deux dernières guerres mondiales, la peinture… Ensuite, nous nous voulions aussi être des bouquinistes militants…
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« Des livres et vous » (Photo Marie-Paule Peuteman).

Jean-Michel Lalou me mène vers un rayon : celui consacré aux femmes. Sous mes yeux, Gisèle Halimi, Madame Badinter…

  • Nous désirons offrir à ceux qui franchissent notre porte une possibilité de se documenter, d’apprendre. Apprendre, toujours apprendre grâce à la lecture.
  • Peut-on dire « conscientiser » les gens ?
  • Tout-à-fait ! Nous ne sommes pas entre nous, nous ne pratiquons pas l’entre-soi, mais, au contraire, nous allons vers les gens et qu’ils essaient de sortir de la librairie avec un livre qui, s’ils l’ouvrent et le lisent… ils seront peut-être moins bêtes demain (rire). Un livre permet d’entraîner une autre lecture, parfois un partage ou, parce qu’il vous a plu ou saisi, de le donner à quelqu’un. Le livre doit voyager, circuler.
  • Comment se porte le livre ?
  • Je ne parle que pour moi, je ne peux pas parler pour les autres, je ne suis pas leur porte-parole, mais disons que le Village du livre est ce qu’il est : trois librairies, trois commerce de livres, avec des animations qui, après la crise sanitaire, reprennent. Le Village du livre a été plus florissant à ses débuts, il y a une quinzaine d’années, et petit à petit, l’enthousiasme est retombé. Je crois qu’aujourd’hui, il aurait besoin d’être redynamisé, de sang neuf et de se réadapter à l’époque.
  • Vers les jeunes, principalement scotchés à leur smartphone au lieu de tourner les pages d’un livre ?
  • Bien sûr, mais cela sont des actions à mener vers les écoles, les lycées, les collèges. Il faudrait des animations dans l’air du temps. Il ne suffit plus d’inviter un auteur pour une soirée de dédicaces. Il faut faire venir un auteur afin qu’il vive plusieurs jours ou semaines dans le village, qu’il se fasse connaître auprès des gens et non pas celui qui redescend un peu de son piédestal…Ce qu’il faudrait, c’est une résidence d’auteurs. Ainsi, ils seraient reconnus comme créateurs. Aujourd’hui, le livre est disponible dans n’importe quel espace culturel d’une grande surface, ce n’est pas sa place ! Le livre a besoin de respect, d’être reconnu… comme son auteur ! On vous présente des auteurs à la télévision, mais qui sont-ils vraiment ? Ce sont des objets comme les livres qu’ils vendent, or le livre est quelque chose qui véhicule une idée, des sentiments, des relations de voyages…
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Jean-Michel Lalou : la passion du livre depuis l’enfance (Photo Marie-Paule Peuteman).
  • Vous humanisez le livre !
  • Oui ! Il faut le rendre humain, comme il a toujours été. On faisait ses humanités grâce aux livres…logo 4

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Voil’Ocean : un projet pour découvrir la mer autrement !

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La voile comme outil de découverte de l’Océan !pour tous ! Même les dirigeants d’entreprise! c’est ce que propose l’association LONGITUDE 181 avec son nouveau programme Voil’OCéan à Découvrir dans cette chronique avec sa responsable , Pascale SOUSSAN, qui nous en explique les détails.

L’homme qui défèque dans le bureau du maréchal Foch

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photo pgfftSalle 8 du Musée de Cassel. Elle est réservée au genre satirique qui explique l’essence même de l’art flamand qui, au-delà de l’image humoristique permet de dénoncer les travers des Hommes et de la Société, voire, même parfois, de contester insidieusement le pouvoir, explique-t-on sur place.

Il transparait essentiellement dans les scènes de genre qui ont une portée moraliste évidente et qui frappe par la liberté de ton tel homme qui défèque à la posture sans équivoque.logo 4

Cet homme apparaît dans la peinture flamande dès le XVIe siècle et témoigne d’une manière flagrante de cette dérision si chère aux artistes flamands.

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L’homme qui défèque (Photo Marie-Paule Peuteman.)

Car, au-delà du registre purement scatologique et qui peut paraître aujourd’hui obscène, ce personnage incarne à lui seul des valeurs fondamentales plaçant l’Homme à sa juste place.

Encore aujourd’hui, de nombreuses créations contemporaines, est-il également explicité, se démarquent par leur espièglerie et par leur tempérament subversif.

Cette salle a accueilli le maréchal Foch alors général en chef des armées du Nord, a dirigé la Bataille de l’Yser de 1914 à 1915, soit des dizaines de milliers de victimes civiles et militaires, à la table, il y avait aussi Poincaré, le président de la République, Millerand, ministre de la Guerre et le maréchal Joffre, généralissime des armées.

Dans cette salle à l’heure actuelle, on voit donc un personnage qui défèque Et, tout près de la cheminée, on voit un tas de lingots.

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Un tas de lingots d’or (Photo Pierre Guelff).

Que dire de ce symbolisme ?

Avec ces lingots d’or empilés les uns sur les autres dont l’un a glissé à même le sol, l’auteur Léo Coppers semble vouloir tester le visiteur à la capacité de l’apport du gain, mais tout n’est qu’illusion car, en vérité, ces lingots sont moulés dans un unique bloc de résine dorée, est-il aussi expliqué sur place.

Aucune chance, donc, de devenir riche avec cet or de pacotille.

La richesse n’est-elle par une illusion ?

Est-on plus heureux quand on est riche ?

Et si la vraie richesse était ailleurs ?

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Géants de Cassel (Photo Marie-Paule Peuteman)

Et… si la vraie richesse du Musée de Flandre à Cassel, anciennement Hôtel de la Noble Cour datant des XVIe et XVIIe siècles, devenu le bureau ou QG du maréchal Foch lors du massacre de 1914-18, était donc cette salle 8 devenue Salle du genre satirique ? Là où, pourtant, je devine que les inconditionnels militaristes et nostalgiques des maréchaux, généraux et autres colonels peuvent s’attendre à une évocation dithyrambique de ce qui devait être la « Der des Ders » et de leurs principales figures emblématiques, et qui se retrouvent face à un homme qui défèque, à un tas de faux lingots d’or, ainsi qu’aux géants carnavalesques, le couple Papa et Maman, accompagné, entre autres, d’un ivrogne et du diable…

Je trouve cette symbolique très évocatrice de l’esprit pacifique n’hésitant pas à placer de l’humour dans son analyse qui démontre que, dans le fond, toutes les guerres finissent obligatoirement par un arrêt des hostilités, que les prétendues valeurs de patriotisme ne supplanteront jamais l’humanisme et la fraternité, et que tous ces conflits font les affaires des industries de l’armement et de gens qui ont fait des guerres, donc tuer d’autres êtres humains, leur business. En d’autres mots, que les citoyens sont surtout les victimes de cette apologie du mythe de la « Grande Muette » qui apprend à tuer et qui tue.

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Plaque commémorative de la place du maréchal Foch en cette pièce du Musée de Cassel (Photo Pierre Guelff)

J’ai perçu cette salle 8 comme si elle me confortait dans sa symbolique : « Et si notre Société déployait plutôt un arsenal de pacifisme ? ».

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L’immobilité est un voyage sans limites

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Philippe Pozzo di Borgo qui inspira le film culte Intouchables n’est pas resté inerte comme pourrait le laisser croire son corps paralysé. Il a voyagé dans l’immobile, et son dernier livre Le promeneur immobile paru aux éditions Albin Michel est d’une force incroyable.

41kzu6fooglL’auteur qui a vécu deux vies pour le prix d’une, se demande comment il ferait s’il devait revenir dans sa vie d’avant, après avoir exploré pendant trente ans l’univers de la paralysie et avoir incarné depuis le film Intouchables le prototype du grand handicapé ? Il nous parle de lui avec une sincérité agrémentée d’une touche d’humour qui lui ressemble.

« Mes quarante années d’homme valide et mes trente années de tétraplégie ne s’additionnent pas comme on l’apprend à l’école : une année de tétraplégie vaut au minimum sept années d’une vie normale. J’ai donc deux cent cinquante ans et cela me donne le droit de parler comme le sage que je ne suis pas ». Il ajoute Immobile, j’ai bien dû me demander pourquoi vivre et quel était désormais le sens de mon existence loin de l’agitation que j’avais connue. Dans le silence infini, j’apprends à discerner le bien du mal, l’essentiel du futile. Je découvre l’instant présent qui me devient précieux. J’apprivoise le silence. Je sais que mon salut est dans mes semblables. »

Pour lui, le succès du film c’est le triomphe de ce que nous partageons tous, la vulnérabilité. Il nous parle avec générosité de la nécessaire reconnaissance des plus fragiles, car la fragilité est constitutive de notre condition humaine. Il déclare que la fragilité stimule l’intelligence. Et mieux que la curiosité ou que l’ambition, la fragilité « aiguillonne » la recherche de solutions. Puisque nous dépendons tous les uns des autres, faisons en sorte que notre dépendance soit aimable et non humiliante.

Philippe Pozzo di Borgo nous parle le cœur ouvert et avec franchise. Il estime que vivre ensemble, cela veut dire entendre la liberté comme une responsabilité, c’est-à-dire avoir de la considération les uns pour les autres, se montrer fraternel envers les plus faibles et solidaires dans l’épreuve et donc on ne touche pas à l’intouchable.

 

Avez-vous lu Marx ? Et Engels ?

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photo pgfftGuerre en Ukraine, Poutine, Kremlin, Gorbatchev, perestroïka…, la Russie, ex-URSS, est plus que jamais sous les feux de l’actualité et d’aucuns entendent évoquer le « temps du communisme ».

À ce propos, il me revient que peu de gens ont lu le pourtant très célèbre Manifeste du Parti communiste écrit par Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895), soit l’amorce d’un mouvement révolutionnaire dont les soubresauts sont encore perceptibles en 2022.

Philosophie Magazine a récemment eu l’idée de présenter un cahier central en deux parties le synthétisant : « Bourgeois et prolétaires » et « Prolétaires et communistes ».

Il est très intéressant de découvrir ce que pensaient ces deux philosophes en 1848, date de la publication de leur essai, et de comparer avec notre époque.

20220906 2111221« Nous assistons aujourd’hui à un processus qui veut que les rapports bourgeois de production et d’échange, de propriété, la société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d’échange, ressemble au sorcier qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées », écrivirent-ils il y a près de cent soixante quinze ans.

Remplacez la société bourgeoise d’alors par le patronat des multinationales actuel, et vous avez le même processus où la machine capitaliste est tellement lancée dans ses délires, qu’elle ne peut même plus s’arrêter et écrase tout sur son passage, y compris la Nature.

Poursuivons la lecture du Manifeste : « L’industrie moderne a fait du petit atelier du maître artisan patriarcal la grande fabrique du capitaliste industriel. Les ouvriers ne sont pas seulement les esclaves de la classe bourgeoise, de l’État bourgeois, mais encore, chaque jour, à chaque heure, les esclaves de la machine, du contremaître et surtout du bourgeois fabricant lui-même. Ce despotisme est d’autant plus mesquin, odieux, exaspérant qu’il proclame plus ouvertement le profit comme étant son but suprême. »

Ici, aussi, ces phrases peuvent être aisément transposées dans notre système ultralibéral qui, récemment, fit dire à l’auteur Philippe Pozzo di Borgo, inspirateur du film Intouchables, que « la finance a envahi toutes les sphères de l’activité humaine, y compris éthique, culturelle, spirituelle. Non seulement elle est impuissante à créer du bien entre les êtres humains, mais elle l’interdit. »

Quant à Marx et Engels, ils disaient que « le pouvoir étatique n’est qu’un comité chargé de gérer les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière. La bourgeoisie a supprimé la dignité de l’individu devenu simple valeur d’échange ; aux innombrables libertés dûment garanties et si chèrement conquises, elle a substitué l’unique et impitoyable liberté de commerce. »

Assurément, il y a des écrits historiques qui sont véritablement prémonitoires. Une philosophie basée sur la solidarité et que certains despotes n’hésitèrent pas bafouer, comme l’Histoire nous l’a également appris.

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