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COP 27-Programme : « Au service des personnes et de la planète »

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nouvelle photo pgf ft 1 1« La 27e conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra en Égypte du 6 au 18 novembre 2022, vise à renouveler la solidarité entre les pays afin de concrétiser l’accord historique de Paris au service des personnes et de la planète », tel est le message des Nations Unies.

Un vœu pieux pour certains, un barnum inutile pour d’autres, Fréquence Terre suivra de très près le déroulement de ce rassemblement afin que chacun puisse juger.

Sachez que le programme de cette COP 27 est le suivant :

  • Le mercredi 9 novembre, journée de la finance, pierre angulaire de la mise en œuvre des actions climatiques.
  • Le jeudi 10 novembre : Journée de la science avec, entre autres, des rapports scientifiques du GIEC, également journée des jeunes et des générations.
  • Le vendredi 11 novembre, journée de la décarbonisation.
  • Le dimanche 13 novembre : journée du genre et journée de l’eau, source de vie et des moyens de subsistance.
  • Le lundi 14 novembre : journée de la société civile et de l’énergie.
  • Le mardi 15 novembre : journée de la biodiversité.
  • Enfin, tant attendue, voici la journée des solutions officiellement prévue le mercredi 16 novembre.

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Reportage : Pas de démocratie sans liberté d’expression !

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photo pgfft 2Vous pouvez aller à la source d’un activisme citoyen responsable en visitant l’exposition « ICONIC » afin d’être inspiré – ou conforté – qu’« il n’existe pas de démocratie sans liberté d’expression. »[1] Cette exposition est organisée par les Communautés européennes à Bruxelles et Word Press et est située Esplanade Solidarnosc jusqu’à la mi-janvier 2023, entrée gratuite tous les jours, même le week-end.

Il s’agit d’une vingtaine de photos, certaines mythiques ou iconiques, qui mettent également le rôle de photographe-journaliste à l’avant-plan de l’engagement comme l’appréciait Albert Camus[2], afin d’immortaliser des faits de société en totale contradiction avec les droits humains, des répressions fomentées par des dictatures (tel « L’homme au tank » place Tian’anmen à Pékin) ou des systèmes politiques qui s’y apparentaient ponctuellement selon les événements (comme la chasse aux migrants sous le président Trump avec la « Fillette hondurienne en pleurs »), des conflits (telle « La petite fille au napalm », brûlée par les bombardements américains de son village au Vietnam)…

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L’homme au char, Chine (Photo PGF)

Un de ces photographes-journalistes, explique : « Mon travail de photo-journaliste consiste à informer et à rendre compte de ces événements, et je pense aussi qu’il est important d’humaniser des questions qui sont souvent présentées sous forme de statistiques. »

[1] Parlement européen et Fondation World Press jusqu’au 13 janvier 2023, Esplanade Solidarnosc, rue Wiertz 60 – 1047 Bruxelles. Entrée libre tous les jours de 9 à 18 heures, et le week-end de 10 à 18 heures.

[2] « L’on ne mettra jamais assez de passion à défendre une cause où nos raisons et notre vérité sont si profondément engagées. » Regards sur Camus, Carnets, Open Edition Journals, 2015.

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L’énigme Banksy : militantisme ou business ?

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photo pgfft 1J’apprécie beaucoup les œuvres de Banksy, artiste d’art urbain, antimilitariste, anticapitaliste notoire.

La Trois, troisième chaîne de la RTBF, vient de diffuser un documentaire « Banksy wanted » particulièrement évocateur de la chasse qui lui est menée pour découvrir son identité. Il y eut trois pistes, disons crédibles, mais rien de concluant et Banksy poursuit son travail de conscientisation allégrement.

Je retiens plusieurs déclarations de ce documentaire. Elles complètent le reportage que je lui avais consacré il y a un peu d’une année sur Fréquence Terre[1], ayant le privilège d’avoir sous les yeux quelques authentiques de ces œuvres, dont celle que je préfère parmi toutes : Le lanceur de fleurs (The Flower Thrower).

J’ai donc retenu ceci : Banksy a alerté notre génération sur les dérives de la société, personne n’a jamais été aussi célèbre et invisible à la fois.

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Œuvre de Banksy (Photo MPP).

Dans cette société de selfies, il doit être le dernier à refuser la célébrité.

Est-ce un coup de génie d’un homme d’affaires ou un moyen récurrent d’échapper à la police, ce qui semble fondamental pour lui.

C’est l’un des nôtres, il parle aux 100% des gens et pas au 1% des amateurs d’art contemporain, ce monde de l’art tellement snob.

Son œuvre relève du sarcasme, de l’humour anglais, du message facile qui dénonce le traçage de nos téléphones, les fouilles policières, l’ordre établi, le dérèglement climatique, le portable qui devient plus important que l’être humain…

Il mène des combats et appuie où cela fait mal, c’est un génie situationniste car il vient dire la bonne chose au bon endroit.

On perdrait de toute cette magie si on devait révéler son identité.

Moi, personnellement, je ne vais rien vous révéler car je n’en sais rien du tout et je suis déjà très heureux de contempler ces œuvres.

[1] Le 17 avril 2021.

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Sauver la liberté d’expression (2)

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photo pgfft 1Avez-vous constaté la détermination avec laquelle les pouvoirs politiques, socio-économiques, religieux…, discréditent et tentent d’annihiler les initiatives citoyennes qui les contrecarrent légitimement dans leurs funestes desseins ou entreprises destructrices et égocentriques ?

C’est qu’ils dérangent ces activistes, lanceurs d’alertes et autres militants qui luttent, entre autres, pour le respect des droits fondamentaux et la sauvegarde de la planète, contre la militarisation de la société civile et l’omnipotence des lobbys politico-industriels !

Ils sont prêts à tout, ces pouvoirs, pour faire taire ceux qui dénoncent et s’opposent à leurs juteuses affaires qui mettent à mal les libertés et l’écosystème et qui érigent les armes et les violences qui en découlent en véritables dogmes, le business de l’armement et la propagande militariste n’ont jamais été aussi « florissants », semble-t-il !

Ceux, également, qui brandissent un ethno-nationalisme exacerbé attisant la haine et le rejet de l’« autre », qui actionnent tous les leviers possibles pour produire et encourager une consommation addictive – souvent inutile – et qui, en plus, creusent sans vergogne le gouffre entre les classes sociales.

Cependant, les pouvoirs ne s’en laissent pas conter. Pour d’aucuns, qui dit museler la contestation et l’engagement citoyens, dit souvent piétiner allégrement les principes de la liberté d’expression et de la liberté de conscience.

Celles-ci sont d’ailleurs régulièrement les premières à être ciblées par un gouvernement autoritaire ou un régime non démocratique.

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Pour Monique Canto-Sperber, philosophe et directrice de recherche au CNRS[1], dans son essai Sauver la liberté d’expression, Collection Espaces Libres, Albin Michel, dont il a déjà été question dans cette chronique,  il y a lieu de « délégitimer » les discours haineux, les théories complotistes et autres fake news transformés en opinions, et cela consiste à neutraliser ces propos et les désarmer de leurs nuisances en les ramenant par des arguments crédibles à ce qu’ils sont : l’expression de préjugés, d’humiliation, de nocivité, de dogmes…

C’est, encore, dénoncer une prétendue liberté d’expression qui n’est que l’expression d’une conviction basée sur des concepts étrangers au dialogue, c’est-à-dire à un réel débat d’idées.

Néanmoins, ce dernier est-il transposable dans notre société hyperconnectée et hyper-consommatrice de réseaux sociaux où déferlent, souvent sans la moindre nuance, des messages qui s’érigent en vérité absolue ?

Et, lorsqu’on sait qu’il existe des algorithmes qui relaient et amplifient les propos particulièrement favorables à ceux qui font réagir le plus vivement, voire violemment, les internautes, on ne peut certainement pas considérer ces réseaux sociaux comme l’éden de la liberté d’expression.

Régulièrement, Facebook, surtout, est le théâtre d’échanges virulents, haineux, irrationnels, provocateurs, entre « amis », chacun voulant dicter son opinion ou, à défaut, réduire son interlocuteur au silence.

Il y a aussi ceux qui, à longueur de journée, partent en croisade contre, au choix, le vaccin anti-covid, les Arabes ou les Occidentaux, Greta Thunberg, le PSG, l’heure d’été/d’hiver, l’énergie éolienne…, sans le moindre espoir de glisser un argument qui contredirait leur logorrhée.

En présence de pareille situation, et malgré les tentatives d’un réel échange d’idées, on pourrait avoir tendance à conclure par cette phrase de Romain Roland (1866-1944), auteur, Prix Nobel de littérature et pacifiste : « Une discussion est impossible avec quelqu’un qui prétend ne pas chercher la vérité, mais déjà la posséder », mais, n’est-ce pas une sorte de fuite ?

Alors, rappelons-nous la déclaration d’Elie Wiesel (1928-2016), journaliste, auteur et philosophe, « grande voix morale de notre temps et conscience du monde »[2], Prix Nobel de la Paix, inlassable militant pour dénoncer les atteintes à la liberté et que l’on n’oublie jamais, entre autres, la Shoah : « Je jure de ne jamais rester silencieux lorsqu’un autre être subira tourments et humiliations. On doit toujours prendre parti. La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage celui qui tourmente, jamais celui qui est tourmenté. »

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[1] Sauver la liberté d’expression, Collection Espaces Libres, Albin Michel, 2022.

[2] Barak Obama, juillet 2016.

Reportage/Manif : « Le climat est plus important que votre mandat ! » (Partenariat avec POUR)

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photo pgfft 1Je ne compte plus les manifestations qui ont été organisées dans la Capitale de l’Europe afin de sauver ce qui peut encore l’être de notre planète bien mal en point sur le plan environnemental, entre autres.

 

 

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Les dizaines de milliers de manifestants, la plupart des citoyens qui rejettent la récupération politicienne, ont à nouveau réclamé des mesures concrètes de la part des élus et, surtout, que ceux-ci se détachent des lobbyistes qui pullulent dans les environs de la Communauté européenne.

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30.000 manifestants devant les Communautés européennes à Bruxelles.

La « Coalition Climat », organisatrice de cette nouvelle manifestation de masse, attira aussi l’attention sur la situation financière catastrophique vécue par les citoyens, le dérèglement climatique en étant un corollaire. Je cite :

« Nous n’avons plus le luxe d’attendre. Le dérèglement climatique est partout et tous les jours. Et pourtant, nous restons dépendants des énergies fossiles. Cette dépendance et le contexte international nous le font payer cash avec des factures d’énergie totalement impayables ».

 

Interviews d’un agriculteur et d’une manifestante : écoutez-le sur notre podcast.

Au cœur de la manif, alors qu’un tracteur ouvre le cortège en hommage aux agriculteurs frappés de plein fouet par la destruction de l’environnement, on y lit « La Terre, c’est notre affaira à tous » et qu’un agriculteur brandit une pancarte « Des fermes à taille humaine, pas des usines », voici quelques slogans pris au vol : « L’appauvrissement des peuples, c’est le capitalisme », « Sauvons la planète, pollueurs payeurs », « Bientôt tous réfugiés climatiques, vers quel exil ? », « Le climat est plus important que votre mandat », « Sauvez un ours polaire, mangez un actionnaire »…

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La Coalition Climat insiste également sur les menaces qui pèsent sur le système alimentaire mondial dues à la sécheresse, aux inondations et au déclin de la biodiversité. Cette même Coalition Climat réclame la fin de la bétonisation des cités et sites naturels, d’accélérer la vitesse de rénovation des logements, de diminuer les émissions de CO2, en particulier celles des voitures avec de meilleurs transports publics, et de taxer les surprofits exceptionnels du secteur énergétique.

Tout ceci avant la COP 27 qui se déroulera dans deux semaines en Égypte où il sera encore clamé que chaque dixième de degré en moins compte, mais que cela passe par des actions politiques concrètes, fortes et urgentes.

Photos : Marie-Paule Peuteman.

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Reportage Fréquence Terre : Changer le monde avec Laurent Voulzy

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photo pgfft 1« Changer le monde » nous déclara Laurent Voulzy accompagné de Suzanne Grimm et de Michel Amsellem, lors de son concert de ce 20 octobre 2022 à la cathédrale de Bruxelles.

C’était la grande foule pour ce « chanteur populaire et durable » comme le désigne Wikipedia, avec des spectateurs qui ont littéralement fait la fête à la bande à Voulzy et qui, pour la majorité, ne devinaient pas que parallèlement à cet interprète-compositeur se double un homme qui milite de manière concrète pour aider les plus précarisés de notre société de consommation et qu’il lutte aux côtés de ceux qui tentent de sauver la planète du réchauffement climatique.

Laurent Voulzy est un pacifiste, un humaniste, un poète : « Changer le monde, changer les choses avec des bouquets de roses. Changer les femmes, changer les hommes avec des géraniums. Changer les âmes, changer les cœurs avec des bouquets de fleurs »

img 20221020 wa0009Durant deux heures, Laurent Voulzy chanta, certes, mais il expliqua aussi dans le détail quelques pans de sa carrière, quelques états d’âme également, même ceux remontant à son adolescence :

« Je me passionne pour les cathédrales. J’aime aussi arpenter leurs allées, surtout quand il y a peu de monde, m’y recueillir, dans ce silence habité, où les bruits de l’extérieur semblent irréels. On franchit le porche, dit-il, on entrevoit l’éternité et c’est rassurant. »

Pourquoi se produit-il dans des lieux sacrés ?

« Y jouer de la musique, et y chanter est exaltant, car le lieu n’est pas neutre. Ses murs, ses voûtes, vitraux, ses piliers qui nous imposent leurs résonances, ses statues, ses pierres sculptées parfois énigmatiques, qui nous poussent à l’introspection et au mystère, sont des partenaires avec qui il faut compter. »

En ce lieu, la musique prend-elle une autre dimension pour lui ?

« J’essaie de me soulever, de me faire décoller, à l’instar de Bach et Brian Wilson qui me font cet effet-là avec une dimension spirituelle.

Le rythme me transporte également et je tente d’oublier l’espace et le temps…

img 20221020 wa0012Ma présence en ces lieux où tant de gens sont déjà venus pour des moments importants de leur vie, pour chercher l’espoir, pour célébrer des naissances, mariages, décès, se recueillir, moi, y aller me permet d’avancer sur mes questions existentielles. »

Photos Marie-Paule Peuteman, extraits du programme et enregistrement de Fréquence Terre.

 

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Le Souffle d’Ange de Gilles Laporte

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photo pgfftDans son dernier roman Le Souffle d’Ange paru aux Presses de la Cité, Gilles Laporte évoque une passion. Et, quoi de plus enthousiasmant qu’un tel sentiment soit conté par un auteur passionné et passionnant ?

Un auteur qui se revendique « ouvrier de la plume » et qui sans relâche depuis des décennies, distille des histoires où le monde manuel tient la place de choix qu’il mérite.

La main n’est-elle pas la prolongation de l’esprit, comme aiment à le souligner les ouvriers et artisans du Compagnonnage ?

Ange, c’est le doux prénom d’une jeune fille qui, lors d’une visite familiale au Pays de Caux, tomba littéralement amoureuse d’un instrument de musique : un orgue.

dsc05038Ce fut déjà une chose peu banale en ce mois de juillet 1898, et cela le devint davantage quand, au lieu de devenir institutrice comme le rêvaient ses parents, elle entama une solide formation de facteur d’orgues.

C’est que, lors de cette visite, elle avait entendu jouer de cet instrument dans une abbaye. Le visage inondé de larmes, elle avait déclaré que c’était beau en désignant l’endroit qui déversait du Jean-Sébastien Bach.

Alors, tout s’accéléra dans la vie de la jeune Ange : une agression de la part d’un gars jaloux qu’elle puisse aimer Fortunato, qu’elle épousa, et continua à la harceler dangereusement des années plus tard, une plongée corps et âme dans l’Art du Facteur d’Orgues avec un long apprentissage à la clef, loin des siens, mais tout cela ne la détourna pas de sa passion.

Mieux, elle y ajouta un concept : « Je serai ce que je dois être, facteur d’orgues, et j’aiderai à faire entendre ce qui libère plutôt que ce qui soumet ! »

Les dés étaient-ils pour autant jetés ? C’était sans compter avec la prétendue « Der des Ders », soit la Première Guerre mondiale, ce massacre perpétré au nom de nationalismes exacerbés, de la volonté de militaires assoiffés de gloriole et de marchands de canons qui se repaissent du sang versé par les autres.

Et, dans cette tourmente, Fortunato était probablement une cible des tirs d’artillerie allemands…, loin, très loin, de l’état de grâce déversé par la musique de Bach dans la nef d’une église…

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Une BD d’utilité publique

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photo pgfft 1À la page 50 de la bande dessinée La nuit des blaireaux de Serge Monfort parue aux Éditions du Crayon vert, j’ai lu quelques lignes édifiantes qui, du coup, me motivèrent davantage à évoquer cet ouvrage.

Il s’agit de Valaire, toute petite commune du Loir-et-Cher, où l’on aime les blaireaux. On y trouve d’ailleurs de très anciennes blaireautières qui abritèrent des générations de ces petits ours de nos campagnes. La maire a tenté d’interdire la pratique cruelle de leur chasse, la vénerie sous terre, mais le préfet décréta qu’elle n’avait pas le pouvoir en ce domaine, il fut servilement suivi par un juge.

20220927 184042Pourtant, le blaireau est protégé dans la plupart des pays européens et une écrasante majorité de Français souhaite que cette barbarie cesse.

À Fréquence Terre, nous ne pouvons qu’être d’accord avec cela et la BD prit, donc, une autre envergure que celle du simple divertissement, car nous la considérons même comme d’utilité publique.

Toutpoil est le nom générique d’une série BD animalière jeunesse qui spécifie qu’elle est « semi-réaliste ».

À vrai dire, Serge Monfort est un véritable documentaliste doublé d’un pédagogue et de l’art de faire sourire malgré la gravité du sujet.

C’est un exploit car le sort des blaireaux n’est guère enviable avec l’existence tumultueuse que l’auteur fait vivre à travers une famille de ces petits mammifères.

Une existence dont les dangers sont multiples : chasse, circulation routière, pollution…

Cependant, il y a des solutions qui les préservent, à condition que les politiciens et magistrats lisent cet ouvrage pour être convaincus de l’urgente nécessité de protéger la faune sauvage.

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Reportage Fréquence Terre : Bob Dylan sur le chemin « rude et tapageur » 

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photo pgfft 1Bob Dylan semble se foutre complètement de sa médiatisation : pas d’interviews, pas de déclarations publiques, une rigoureuse interdiction des smartphones dans la salle de concert où il n’est pas question de prendre une photo, et si vous arrivez en retard, impossibilité d’y accéder dès la première note du band interprétée, disait-on, l’heure de démarrage étant respectée quasiment à la minute.

20221016 084119Dans le fond, a-t-il tort ? S’agit d’une « manière rude et tapageuse » comme le titre générique de sa tournée (« Rough and Rowdy ways ») ? Qu’est-ce qui compte le plus : s’acharner à réaliser des selfies ou déguster l’heure trois quarts de nouveaux textes, ou, plus rarement, de ceux qui l’ont fait entrer dans la légende, morceaux à l’écriture engagée chantés de sa voix rauque, quelque fois « accidentée », comme disait une admiratrice ?

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Bob Dylan « vit » ce qu’il interprète, pas besoin, à ses yeux, d’artifices pour faire le show avec une entrée fracassante sur scène, pas de rappel et de fausses sorties de scène, pas de tralala de spots, d’écran géant, de passerelle. Non, il est là, assis ou debout à son piano, tout habillé de noir, comme ces cinq fabuleux musiciens. Il se met d’ailleurs physiquement et très symboliquement à leur niveau, et, de temps en temps, les six se placent, côte à côte, sans bouger, pour saluer à leur manière la salle qui tangue de bonheur et de partage.

 

bob dylan 2549292 1920Bon Dylan, c’est mon Mai 68 à moi, c’est ma kyrielle de manifs contre la Guerre du Vietnam, contre le nucléaire, contre les armées, c’est mon passage devant le tribunal militaire belge pour objection de conscience…

Bob Dylan, c’est lui qui balança « Nous vivons dans un monde politique où la sagesse est jetée en prison, nous vivons dans un monde politique où la paix n’est pas la bienvenue du tout », « Combien   de fois doivent tonner les canons avant d’être interdits pour toujours ? », « Vous, maîtres de la guerre qui n’avez jamais fait que construire pour démolir, vous jouez avec le monde comme si c’était votre petit jouet »…

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Ce samedi 15 octobre 2022, là, dans cette salle de la Capitale de l’Europe, Bob Dylan rappela implicitement qu’à quelques centaines de kilomètres de nous, des civils, enfants y compris, sont les victimes innocentes de ces maîtres de la guerre qui ont amassé plein de fric mais qu’ils ne pourront jamais racheter leur âme, comme le souffle le vent, « Blowin’ In The Wind ».

Le sublime final avec un Bob Dylan à la fois chanteur et pianiste, puis, enfin, à l’harmonica, qui me rappelle l’une de ses mélodies qui se termine par « Tant de routes, tant d’enjeux, tant d’impasses, je suis au bord de l’abîme, parfois je me demande ce qu’il faudra pour trouver la dignité »

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Photos Nola, Marie-Paule Peuteman, A.S. (que nous remercions), Pixabay.

Rafle du Vel d’Hiv : policiers, Mitterrand et Cie

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photo pgfft 1Laurent Joly, historien et directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire de Vichy et de la Shoah a commenté les dessins de Cabu pour l’ouvrage La rafle du Vel d’HiverLa honte et les larmes, récemment paru aux Editions Taillandier.

Cet ouvrage fait encore, jusqu’au 7 novembre, l’objet d’une exposition au Mémorial de la Shoah à Paris. L’entrée y est gratuite.

Je vous lis ces extraits significatifs qui expliquent l’omerta qui prévalu dans l’ascension politique de François Mitterrand au sommet de l’État français et qui reste pour maintes personnes, une sorte d’icône :

« La rafle du Vel d’Hiv à Paris, soit l’arrestation de près de 13.000 Juifs dont 4.000 enfants, les 16 et 17 juillet 1942, est l’un des épisodes les plus terribles de la collaboration de Vichy sous l’occupation nazie.

(…) Le maréchal Pétain lui-même, que le jeune Mitterrand admirait, en approuva le principe.

Les décideurs côté français furent Pierre Laval (que François Mitterrand respectait comme l’un des rares hommes d’État de la IIIe République) et René Bousquet, qui comptait parmi les amis personnels du futur président socialiste.

La rafle fut exécutée par la police parisienne et ses gardiens de la paix. »

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Sous le titre : « La période noire de Mitterrand », il y a quelques années, Le Monde avait publié un véritable brûlot. Jugez-en :

« L’ombre du maréchal Pétain a toujours plané sur François Mitterrand. Malgré les témoignages de son soutien au gouvernement de Vichy et sa décoration de l’ordre de la Francisque au printemps 1943, l' »omerta » sur le passé de l’ancien président de la République a toujours été la règle dans la classe politique française. Pendant des années, il y eut une « vérité officielle », celle du blessé à Verdun, puis du prisonnier envoyé au Stalag (camp pour prisonniers de guerre en Allemagne), d’où il s’évada pour rejoindre Jarnac, sa ville natale de Charente, son entrée dans la Résistance et la rencontre avec le général de Gaulle à Alger en décembre 1943.

Mais, après le stalag et avant les maquis, un grand trou noir. Un non-dit jalousement gardé, un silence lourd, une mémoire occultée, un grand flou entretenu par Mitterrand lui-même malgré ses fréquentations affichées après-guerre avec René Bousquet. »

Serge Moati qui tira un documentaire de cette affaire, déclara aussi au Monde : « Comment expliquer ce silence ? C’est une énigme ».  Un Serge Moati, qui ajouta que l’ancien président de la République n’avait jamais été antisémite.

Quant au général de Gaulle, des archives signifient qu’il aurait dit à Mitterrand : « Votre sympathie pour Vichy sera mise sur le compte d’une erreur de jeunesse ».

Voici, donc, une occasion de se rendre au Mémorial de la Shoah pour en savoir davantage sur cette odieuse et dramatique rafle parisienne, ou de lire le livre de Cabu.

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Sources : Magazine Union Pacifiste de France, octobre 2022 et Le Monde, 22 avril 2008.