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Quelques cerises sur mon gâteau d’Alice Dona (Flammarion)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

De l’extraordinaire séance de spiritisme avec Théo Sarapo et la « conversation » avec Edith Piaf qui en découla à sa rencontre avec Pierre Delanoë, le parolier de Gilbert Bécaud, idole de la chanteuse qui rêvait de devenir compositrice à temps plein afin de faire oublier Alice Dona uniquement cataloguée de yé-yé, ce sont des décennies du show-business et de la chanson française qui défilent dans cet ouvrage.

Sylvie Vartan (chaleureuse), Claude François (dragueur puis pro jusqu’au bout des ongles), Serge Lama (son fidèle ami pour qui elle composa le mythique « Je suis malade »), Johnny Hallyday (qui ne tint pas parole à son égard), Georges Brassens (sublime de simplicité), Romy Schneider (tellement délicate), Régine (cabotine), Annie Giradot (fidèle en amitié), Serge Reggiani (simple et pudique), Gilbert Bécaud (Monsieur 100.000 volts à l’œuvre), Barbara (géniale)…, pour chacun, Alice Dona raconte au moins une anecdote truculente, triste, étonnante, joyeuse ou surprenante.

Ce livre est, tout simplement, un trésor qui relève du patrimoine musical et de son intimité profonde et tellement humaine. Loin d’un voyeurisme qui aurait été mal placé.

Pierre Guelff.

Le maître ardoisier de Françoise Bourdon (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Une fois n’est pas coutume, avec « Le maître ardoisier » de Françoise Bourdon (Editions Pocket), voici un livre de terroir qui évoque l’Ardenne.

L’histoire débute au milieu du XIXe siècle aux « Ecaillères », la vaste demeure de la famille Warlet.

Eugène Warlet est le patron d’ardoisières qui font vivre tout un village mais qui tuent ou estropient aussi plusieurs « écaillons », ces ouvriers courageux qui, sous terre, arrachent le schiste pour en faire des ardoises prisées dans de nombreuses régions.

Lucienne est l’épouse du patron. C’est une citadine qui est totalement indifférente à l’activité professionnelle de son mari, sauf quand il lui rapporte beaucoup d’argent.

Ils ont deux enfants : Louis et Benjamine.

Louis se dit artiste et, à l’instar de sa mère, il ne désire pas côtoyer le monde ouvrier, alors que Benjamine porte un intérêt croissant pour la fosse au point qu’elle se passionne pour l’entreprise familiale.

Au fil du temps, ô révolution, on la trouve même à la tête de celle-ci ce, qui, à l’époque fait beaucoup jaser.

Après quelques déboires et une certaine lassitude, elle passe le flambeau à Bertrand, le fils de Louis, mais elle se rend rapidement compte que l’adage « Tel père tel fils » n’est pas vain. Bertrand méprise les ouvriers !

Cette saga superbement racontée par Françoise Bourdon ne peut laisser le lecteur indifférent, car elle décrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse un important pan de la lutte ouvrière tout en montrant certaines facettes, parfois franchement antagonistes, d’une même famille.

Pierre Guelff.

Les silences de Margaret de Paul Couturiau : un polar, un vrai !

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

La règle, quand on « chronique » un polar est de ne pas dévoiler la réponse à l’intrigue. C’est un minimum de respect pour le lecteur.

Sachez cependant, que dans « Les silences de Margaret » de Paul Couturiau aux Presses de la Cité, le suspense ne prend fin que dans les ultimes lignes d’un roman qui compte plus de 470 pages !

L’histoire se déroule en deux phases : une première à Metz avec des allers et retours dans l’Allemagne nazie toute proche et une autre, toujours dans la cité messine, mais en 1981.

Un médecin est drogué puis tué par balle, la sœur d’un avocat est soupçonnée. Il va prendre sa défense et découvrir, peu à peu, des secrets de famille époustouflants.

Ce premier meurtre se déroule le soir du premier tour des présidentielles de 1981, puis survient un deuxième meurtre au deuxième tour, celui avec la victoire de François Mitterrand. Dans la foulée, s’ensuivent deux suicides…

Dans son style alerte, Paul Couturiau qui a déjà été couronné par le prestigieux « Grand Prix de littérature policière », confirme toute l’étendue de sa maîtrise d’un roman policier. Du vrai.

Avec ses plongées dans le passé et ses retours déconcertants, c’est du grand art.

De plus, l’auteur offre au lecteur quelques propos comme autant de messages « existentiels » que, bien entendu, il capte pour en tirer profit ou rejette, selon les cas : « Un sentiment n’est pas objectif », écrit Paul Couturiau.

Parmi ces petites phrases, relevons-en cinq :

« Pour connaître un fleuve, il faut l’aborder au plus près de sa source. »

« Perdre une guerre, c’est parfois en préparer une nouvelle. »

« On a beau dire, il faut toujours être à l’écoute de son intuition. Elle est souvent plus sage que la raison. »

« Le cœur est un organe plus complexe que le cerveau. »

« Pardonner aux autres est tellement plus simple que de se pardonner à soi-même. »

Pierre Guelff.

Les sanglantes roses écarlates de Karen Rose (Ed… Mira)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Terrifiante ! Le mot est même trop faible pour décrire la trame du roman policier « Les roses écarlates » de Karen Rose aux Editions Mira.

Une brique de près de 630 pages avec une histoire qui se déroule à Minneapolis et qui décrit un tueur en série qui maquille ses assassinats minutieusement préparés en suicides.

Il défie la police que la presse people met en lumière pour la résolution de maintes affaires criminelles.

L’auteure décrit ce tueur de la manière suivante : « Quand le désir de tuer devenait trop fort, il fallait qu’il passe à l’action, sinon il ne cessait de ruminer les différentes manières de procéder et ça l’empêchait de se concentrer. Il ne pouvait pas se permettre d’être distrait. Il lui fallait au contraire une présence aiguë, de tous les instants. (…) Les flics n’étaient que des voyous qui avaient obtenu l’autorisation de porter un gros revolver. Ce n’était pas difficile de les manipuler, il en savait quelque chose, lui qui les menait en bateau depuis des années sans qu’ils ne se doutent de rien.

Mais il en avait marre de les voir se pavaner et tout ça allait changer. Il avait l’intention de les mettre plus bas que terre, de les humilier publiquement, de montrer à tout le monde ce qu’ils valaient réellement. Son plan était simple. Il allait continuer à tuer des femmes sous leur nez, comme il le faisait depuis si longtemps…
»

Et Karen Rose d’ajouter : « Un tueur en série en liberté, ça faisait frémir les bonnes gens. Dommage qu’ils ne puissent pas savoir que ça faisait des années qu’il sévissait tranquillement parmi eux. »

Tout est dit dans cette présentation ! Et ceux qui apprécient l’hémoglobine seront ravis de lire ce policier écrit par une personne qui, avant de devenir auteure d’une grande rigueur dans le scénario, était scientifique.

Ceci explique peut-être cela.

Pierre Guelff.

Les chemins de garance de Françoise Bourdon – Ed…Pocket

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Nous sommes au début du XIXe siècle du côté du Mont Ventoux, d’Avignon, de Carpentras…

La très jeune Camille vit au mas de la Buissonne où son grand-père Augustin Vidal, fortuné et pingre, lui fait subir mille et mille tourments.

Sa petite-fille, orpheline de père et mère (?), subit et s’arc-boute à sa passion pour cette plante.

Camille est jolie et cherche à savoir ce qui est arrivé à ses parents et pourquoi son grand-père lui voue une haine féroce en l’insultant de « bâtarde ».

Un vieil ami de la famille lui confie : « Dans la vie, petite, on se bat de la naissance à la mort, mais il faut composer avec le destin. »

Elle tombe follement amoureuse de Félix, fils de « bonne famille » mais qui est un pleutre au point qu’il accepte les remontrances de son père : « L’amour et le mariage ne font pas souvent bon ménage. »

Qu’en pensa Camille ? « Leurs mains s’étaient frôlées. L’espace d’un instant, Camille avait observé le contraste frappant entre ses doigts hâlés et les longues mains blanches de Félix. Toute la différence était là, avait-elle songé, le cœur lourd. »

Le temps passe et Camille rencontre Fabien, fils d’un industriel. L’un et l’autre n’ont pas perdu leurs idéaux de jeunesse et ils ne sont pas du tout considérés comme des bourgeois, mais comme des travailleurs ayant gravi les échelons.

« Parfois, la fille d’Angéline (la mère de Camille au destin tragique) prenait conscience du chemin parcouru. A présent, plus personne ne se serait risqué à la traiter de bâtarde ! »

Félix se maria avec Hortense, Camille avec Fabien… et les deux couples eurent des enfants dont certains vont poursuivre cette profonde saga malgré les balles tirées par les sbires de Louis Napoléon sur les « vrais » républicains…

En un roman, Françoise Bourdon a pu allier de manière poignante des faits historiques aux notions de terroir dans une région, le Comtat Venaissin, qui n’en manquaient pas.

Pierre Guelff.

Dictionnaire de la Symbolique des couleurs aux Editions Maison de Vie

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

La couleur a une fonction fondamentale, parfois surprenante.

Prenons deux exemples contemporains bien concrets : le vert pâle est considéré comme « doux » dans le monde médical, d’où cette couleur habillant les chirurgiens et qui aurait un impact moins angoissant des patients à leur égard ; puis, prenons le rouge flamboyant placé à des endroits déterminés d’une grande surface afin de mieux attirer l’attention du potentiel client.

Dans le « Dictionnaire de la Symbolique des couleurs » de Georges Lanoë-Villène publié aux Editions « Maison de Vie », l’étude est ancienne et fait appel à la mythologie, à la tradition, aux croyances diverses… et nous propose une palette des couleurs essentielles : blanc, bleu, jaune, noir, rouge et vert.

Egalement, d’autres couleurs qui ont une valeur symbolique indéniable : le violet de l’Eglise catholique, le pourpre héraldique, l’orange de la Maison de Nassau…

En d’autres termes, cet ouvrage permet de déchiffrer un langage d’une très grande richesse. Richesse colorée, comme il se doit.

Pierre Guelff.

Un palais dans les dunes d’Annie Degroote aux Editions Pocket

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Comédienne et metteur en scène, auteur dramatique et créatrice de dizaines de fictions télévisuelles et cinématographiques, l’écrivaine « de terroir », Annie Degroote, a donc du métier.

En résumé, elle allie la rigueur historique à l’imaginaire d’une véritable romancière.

Et, justement, en bonne écrivaine de terroir, la plupart de ses ouvrages sont des hommages littéraires à sa terre natale (Flandres françaises) et se situent « entre attachement aux racines et ouverture à la différence ».

Des mondes différents

Dans « Un palais dans les dunes » (Editions Pocket), George Walter Aston, écrivain anglais, fortuné et tellement charmant, voire attirant, fréquente assidûment Le Touquet et plus particulièrement le plus beau et le plus huppé palace du monde : le Royal Picardy.

Nous sommes entre les deux guerres mondiales et la « haute » société se retrouve dans ce Paris-Plage à la mode.

Non loin de là, au village d’Etaples, les familles de pêcheurs se débattent avec les aléas de la mer et de l’existence.

Un jour, George Walter Aston sauve de la noyade l’une des jeunes villageoises, Laurette, à peine adolescente et qui ne rêve que des fééries et des gens chics du Touquet.

Sœur – en principe – d’Adeline, couturière qui attend son prince charmant oriental depuis plusieurs années, la modeste famille de gens de la mer se trouve soudain confrontée avec cette haute société internationale dont elle dépend tant (employées de villas, grooms dans les palaces, bonnes à tout faire, serviteurs…).

Mais, George Walter Aston, qui côtoie aussi bien le Prince de Galles que Somerset Maughan, chaperonne Laurette, la jeune fille guère gâtée par la nature sur le plan physique. Elle tombe éperdument amoureuse de son sauveur…

Il lui trouve un emploi de femme de chambre chez les richissimes Foster, dont la femme est un véritable poison. Elle finit pas accuser Laurette du vol d’un somptueux collier qu’elle a pourtant revendu pour payer une dette au casino.

Mais, chez Laurette on ne vole pas et on ne va pas en prison. Pauvres mais honnêtes !

La suite relève de prises de conscience, de drames irréparables et de joies profondes, d’intrigues, de règlements de comptes, dans une période de ces Années folles où le krach américain commence à faite tache d’huile et qu’un certain Hitler pointe le bout de ses bottes.

Pêcheuses et papillons

Voici trois citations pour mieux illustrer cet ouvrage attachant :

. « Si tu ne peux être riche toi-même, travaille au milieu des riches. Chez nous, c’est pêcheuse de crevettes ou pêcheuse de crevettes. »

. « Quand quelqu’un a de la bonté dans l’âme, il est difficile de transformer son cœur. »

. « Ce n’est pas aux fleurs de courtiser les papillons. »

Pierre Guelff.

Le Maitre de la vigne de Willy Deweert (Editions DDB-Mols)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Nicolas Rambert est moine à l’abbaye de Saint-Maur. Rien, en principe, ne le prédestinait à pareil engagement.

En effet, cet homme est un pur produit de l’Allemagne hitlérienne, celle qui « inventa » le fameux « Protocole des Sages de Sion » , un faux légendaire évoquant un complot juif.

Tuer père et mère

Hitler, justement, qu’en pense le jeune allemand ?

« J’étais dépourvu de tout esprit critique, endoctriné, fasciné, en particulier par le Führer, ses harangues frénétiques me mettaient en transes ; j’aurais tué père et mère s’il me l’avait ordonné. »

Alors, il participe à des pogroms, à la Nuit de Cristal et autres exécutions et exactions effroyables.

« Ravisseur, assassin, fornicateur », il change plusieurs fois d’identité pour semer ceux qui veulent l’envoyer en enfer.

Et puis, le 15 février 1943, un discours du Führer lui ouvre les yeux : « Et maintenant, peuple, lève-toi, tempête, déchaîne-toi. »

Le futur moine sort de son fanatisme et s’écrie : « C’était exactement ce qui se passait, mais dans un sens inverse aux blatèrements du tyran. Je le vis tel qu’il était : menteur, manipulateur, mégalomane, un dément obsédé par sa propre gloire, indifférent aux souffrances du peuple. »

Ainsi, de prises de conscience en situations haletantes, Willy Deweert emmène le lecteur d’Allemagne en Suisse, en Italie, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis… dans un thriller mystique étonnant de rebondissements et d’analyses pointues de l’être humain sous toutes ses facettes.

Questionnements fondamentaux

Et puis, Willy Deweert, sans être pédant ou donneur de leçons, nous distille aussi quelques propos qui poussent à une réflexion profonde :

« Pourquoi le Dieu d’amour tolérait-il le mal absolu ? »

« L’Eglise a trop souvent recours à la culpabilisation comme instrument de chantage. »

« Les desseins de Dieu sont impénétrables. Le slogan de tous les abus. »

Et, cette phrase encore tellement d’actualité : « Dès qu’un salopard exerce le pouvoir, il n’a que l’embarras du choix pour trouver des collaborateurs ».

Croyez-moi, il y en a des « collaborateurs » dans cet ouvrage captivant qui, encore, émet une interrogation lourde de sous-entendus et de conséquences : « Le mal peut-il servir le bien ? »

Pierre Guelff.

Rester à Paris comme un défi par Mélèze – The Book Edition

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« Est-ce qu’on peut approcher la vérité mieux par le roman que par l’histoire ? C’est le propos de ce livre. Par ces quelques lettres et documents il espère bousculer certaines idées reçues sur l’école de la sociologie française », annonce l’auteur Mélèze dans son ouvrage « Marcel Mauss et son frère Henri » ( The Book Edition).

Et, de raconter :

« Je m’appelle Henri Mauss et je suis le frère de Marcel Mauss fondateur de l’ethnologie » ; l’ethnologie étant, entre autres, l’étude scientifique des sociétés dans leurs us et coutumes, dans leur histoire…

La trame de cet ouvrage est celle d’une sorte d’exorcisme de moments délicats, pour ne pas dire dramatiques, alors que les forces nazies envahissaient l’Europe et que le fait d’être juif était un danger permanent. Exode ? Exil ? Se cacher ? Pourquoi ? Comment ?

Au fil des pages, on découvre la vie au quotidien de ce frère :

« Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu un déménagement volontaire qu’une expulsion administrative qui nous a fait trembler à chaque pas non seulement pour les livres et autres précieux manuscrits inédits, mais par-dessus tout à cause de sa sécurité ? Imaginez ce professeur juif, visité par les autorités de collaboration contraintes de trouver un appartement pour un des officiers d’occupation : qui n’aurait songé à la solution la plus simple de l’arrestation ou de la déportation, il y en avait des sujets dont nous ne parlions pas dans nos lettres ? »

Ce frère n’a donc pas voulu quitter Paris…

« Je pense qu’il s’est enfermé volontairement. Il a voulu rester à Paris comme un défi. Il voulait porter l’étoile jaune et dire à tous les occupants qu’il croisait dans les lieux publics de l’arrêter. Je pense que d’un seul coup il s’est déréglé. »

Sociologie française et nationalisme allemand

Les mois passent. « Le grand froid (de l’hiver 1941-42) était notre unique façon de désigner ce froid encore plus glaçant qu’était la haine. Nous pouvions tous la rencontrer n’importe quand au détour de la rue. (…) Sa pensée s’était arrêtée et avec elle la sociologie française confrontée au nationalisme allemand. (…) Qu’était-ce donc que le froid ressenti par Marcel Mauss à côté du froid subi par les défenseurs de Leningrad ? »

A dire vrai, ce frère n’était pas resté à Paris pour « rien »…

« Il n’était pas engagé dans la Résistance mais… »

Mais, il était « seulement » au contact du premier vrai réseau de résistance qui a été reconnu par l’histoire ultérieure de la Deuxième guerre mondiale et qui s’était formé au Musée de l’Homme.

Assurément, par les temps où la peste brune revient au grand galop, voici un témoignage, sobre, mais tellement éclairant sur ce membre du Collège de France exceptionnel.

Pierre Guelff.

Suis ta route de Bernard Degavre (Mélimélo)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Cette semaine, pour sortir de l’ordinaire, j’ai choisi de vous évoquer un CD de musique française car, selon moi, le texte d’une chanson est une œuvre littéraire en soi.

Si, « une chanson est une œuvre composée d’un texte et d’une musique indissociables l’un de l’autre », selon la définition consacrée, on sait aussi que l’air ne fait pas la chanson.

Dès lors, le compositeur, le parolier et l’interprète ne forment qu’un, si pas physiquement, du moins en esprit. Incontestablement, on trouve ce label dans « Suis ta route » de Bernard Degavre (photo Marianne Pot), qui explique : « Mes chansons ont une coloration rock-folk et sont des tranches de vie, comme de petits clips sur la difficulté de vivre ou d’aimer, les rencontres et les ruptures, les vies qui se loupent ou qui chaloupent, les amis, la fête, la musique, tout en jetant avec autodérision un regard amusé sur « la course aux honneurs », au pouvoir et… aux gesticulations de couloirs. »

« Et quel rapport tout cela a-t-il avec l’écologie ? », me direz-vous avec raison. Elle y est bien présente avec « Elle est belle la planète ».

En voici le refrain :

« Elle est belle la planète

Il faudrait qu’on arrête

De la prendre pour la plus

Moche des starlettes.
»

Il est aussi question de « nos maladresses qui la blesse », de lacs, de forêts et de montagnes abîmés par la main de l’homme, de glaciers qui fondent et de « pétroliers kamikazes ».

Où, quand une chanson devient une sorte d’hymne militant !

Pierre Guelff.