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Petit dictionnaire énervé de la Franc-Maçonnerie de Patrick Lelong (Ed… L’Opportun)

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« Littérature sans Frontières » et une chronique de Pierre Guelff.

Faut-il avoir du courage ou être inconscient pour se déclarer publiquement franc-maçon en cette période ?

Patrick Lelong, journaliste à France Info, n’a pas hésité à évoquer son « jardin secret », à savoir son appartenance à cette vénérable institution, secret qu’il livre dans son ouvrage « Petit dictionnaire énervé de la Franc-Maçonnerie » paru aux Editions de l’Opportun.

Précision notoire : la Franc-Maçonnerie est une institution à vocation philosophique, contrairement aux fausses idées et aux rumeurs qui se répandent comme la peste.

Quasiment tout cet ouvrage se veut caustique, mais, heureusement, l’auteur sait de quoi il parle avec ce sujet « sérieux » quand il évoque la menace bien présente dans maints pays : « Les francs-maçons relèvent de la chasse à courre » et, au sujet de certaines campagnes d’une presse aux abois, il suggère, avec une référence historique sous-jacente qu’« il faut les obliger à se dénoncer, à porter des signes distinctifs, à multiplier et affiner les enquêtes ».

Pourtant, avec sagesse, il avait mis les choses au point : « Résumer la maçonnerie aux affaires, c’est comme ne retenir du catholicisme que l’Inquisition ».

Ainsi, l’antimaçonnisme semble retrouver de sa superbe, si j’ose dire, et Patrick Lelong le compare à l’antisémitisme.

Néanmoins, l’essentiel du livre donne une définition par ordre alphabétique des principaux termes maçonniques : cabinet de réflexion, équerre, compas, humanisme, mots de passe, etc. Parfois, ça décoiffe et peut déranger.

A lire par les francs-maçons qui, toujours restent des Apprentis, et ceux qui ne le sont pas, ou pas encore.

Pierre Guelff.

Savoir revivre de Jacques Massacrier (Editions Albin Michel/Devin)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

En 1973, une véritable « bible » écologique fut publiée par Albin Michel : « Savoir revivre » ou quelque 200 pages de textes et illustrations signés par Jacques Massacrier (400.000 exemplaires vendus !).

Dans sa préface, l’auteur était clair sur ses intentions : « A quoi bon lancer des cris d’alarme contre la société de consommation et d’industrialisation, contre la pollution qui en résulte, si nous continuons à faire vivre les industries qui nous empoisonnent et épuisent les ressources naturelles de notre planète ! »

Alors, dans cet ouvrage joliment illustré, on trouvait des conseils et des recettes pour récupérer l’eau de pluie, élever un mur de briques, coudre des ourlets, bouturer, s’intéresser au bon voisinage des plantes, convenablement s’alimenter, cuisiner sans s’empoisonner, etc.

A l’époque, ce livre m’avait donné l’envie de fabriquer un chevalet pour débiter les bûches, un banc, des banquettes, ne pas mélanger les cultures de cerfeuil et de radis, d’haricots et d’oignons, par exemple.

Aujourd’hui, c’est avec une certaine émotion que j’ai relu ce livre passablement jauni par le temps qui passe inexorablement.

Puis, j’ai appris qu’il venait d’être réédité il y a quelques semaines aux Editions du Devin.

Il n’y a vraiment pas de hasard et, assurément, c’est une superbe information permettant à de nouvelles générations de réapprendre à vivre au contact de la nature, tellement bafouée depuis 1973 et, hélas, surtout après !

Pierre Guelff.

La nuit de l’amandier de Françoise Bourdon (Pocket)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff

Ah ! L’extraordinaire histoire d’Anna, jeune « amandière », tombée follement amoureuse de Martin. La réciproque est vraie, d’ailleurs.

Néanmoins, un fils de riche industriel ne fréquente pas, a fortiori n’épouse pas, la fille d’un paysan en cette fin de XIXe siècle.

Pourtant, la belle « amandière » s’est donnée à lui et, comme on le dit à l’époque, elle a fêté Pâques avant les Rameaux.

Anna, outre son amour pour Martin, a cependant une autre passion : celle des amandiers. Comme son père, comme son grand-père. Un amandier de leur domaine aurait même plus de deux cents ans !

Et Martin dans tout cela ?

« Les femmes ont toujours voulu changer les hommes mais n’y sont jamais arrivées… » constate Brune, la tante dévouée de la jeune femme.

Cette dernière arrivera-t-elle à prouver le contraire ?

Est-ce son intention ?

Et puis, voici la boucherie de 1914-18 et, alors que la leçon ne semble pas avoir servi, la montée du fascisme débouche sur la Seconde guerre mondiale et les atrocités nazies.

Entre les deux conflits, se dessine une double saga : celle d’Anna, mariée à un artisan, et celle de Martin, marié de force à la fiancée de son frère décédé.

Comment vivront-ils cette double saga. Ou, plutôt, comment la subiront-ils ?

Cet ouvrage de Françoise Bourdon couvre plus de cinq décennies de vie de terroir provençal et il m’a valu de très bons moments de lecture. Jusqu’à l’émotion parfois.

Pierre Guelff.

Les cadavres n’ont pas froid aux yeux d’Andrea Japp (Marabout)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Le docteur Hélène Audibert, chercheuse, est affublée de ce qu’il est convenu d’appeler charitablement « un caractère de cochon ».

A dire vrai, un homme ferme et décidé a du caractère, alors qu’une femme dans la même situation a un « mauvais » caractère, spécifie l’auteure, Andrea Japp dans « Les cadavres n’ont pas froid aux yeux » paru aux Editions Marabout.

Hélène Audibert est aussi très méfiante à l’égard de tout ce qui n’est pas démontré de manière scientifique, même si l’une de ses amies intimes, Charlotte, est psychiatre.

Celle-ci l’emmena chez le docteur Pallard qui, pour près de 300 euros la séance d’hypnose, allait la débarrasser de l’envie de fumer à tout jamais.

En sortant du luxueux cabinet médical, Hélène n’eut qu’une seule pensée : griller une cigarette pour calmer ses nerfs !

Son amie fut la victime d’une colère homérique de la part de la chercheuse.

Une scientifique qui, un matin, très tôt, trouva Stéphane Lambin, sa pire bête noire, décapité dans le laboratoire. On retrouva la tête, pas le restant du corps et voici le lecteur embarqué durant 250 pages avec la reine du crime qui, par parenthèses, ne manque pas d’humour avec de savoureuses ou incroyables citations, dont voici un exemple : « J’éprouve une sorte d’aversion pour les ordures qui essaient de me tondre la laine sur le dos en tentant de me convaincre que c’est pour mon bien et que je devrais dégouliner de reconnaissance. »

Assurément, l’enquête ne s’annonçait pas aisée…

Pierre Guelff.

Les héritiers de Stonehenge de Sam Christer (Ma Editions)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Guetteurs, Nettoyeurs, faux Dieu, Porteurs, pierres bleues et monolithes de 40 tonnes, astronomes-architectes, Disciples, sacrifice, bûcher, Maître, congrégation secrète, silhouettes encapuchonnées, esprits sacrés, Pierre des sacrifices… tous les ingrédients d’un thriller sur l’un des lieux les plus mystérieux de la planète, Stonehenge, sont réunis par Sam Christer dans son ouvrage « Les héritiers de Stonehenge » publié à MA Editions.

A ce constat, il faut surtout ajouter cette étrange lettre d’un père à son fils : « Tu te demandes peut-être pourquoi j’ai mis fin à mes jours. La réponse n’est pas simple. »

Ce père est l’un des plus importants chasseurs de trésors du monde. A-t-il aussi assisté au massacre d’un homme sacrifié sur l’autel du fanatisme sectaire huit jours avant le solstice d’été, ce moment qui marque la nuit la plus courte de l’année et qui est chère aux ésotéristes du monde entier ?

La réponse, effectivement, n’est pas simple et pas moins de 450 pages seront nécessaires pour révéler un mystère vieux de 5.000 ans avec, en filigrane, une question récurrente : « Pourquoi Stonehenge a-t-il été construit ? »

Pierre Guelff.

Les Misérables, Victor Hugo et Waterloo (exposition)

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De nombreux Français sursautent lorsqu’on prononce le nom de « Waterloo », synonyme, pour eux, de débâcle.

Mais, combien savent-ils que c’est à Waterloo, plus précisément à l’Hôtel des Colonnes, aujourd’hui disparu, que Victor Hugo inscrivit le mot « fin » à la dernière page du manuscrit du roman « Les Misérables » ?

Il y a quelques temps, lors d’une émission télévisée à la RTBF et TV5 Monde (voir le lien ci-dessous), j’avais déjà souligné la place prise par Waterloo dans l’œuvre du génial écrivain et, plus précisément, les proches ruines de l’abbaye cistercienne de Villers-la-Ville d’où l’auteur transposa la description d’une sinistre geôle afin d’illustrer ledit manuscrit.

Au Musée Wellington situé au cœur de la commune de Waterloo, se tient jusqu’au 30 septembre une remarquable exposition retraçant, entre autres, les six semaines de Victor Hugo passées à l’Hôtel des Colonnes.

Y sont présentés au public des documents rares, dont des originaux écrits, corrigés, raturés, illustrés de ce roman qui assurera l’immortalité à son auteur.

Je ressens toujours beaucoup d’émotion lorsque je peux prendre connaissance de ce type de documents authentiques et non de fac-similés sans âme.

Et d’âme, Victor Hugo en parla avec enthousiasme et gravité dans « Les Misérables »: « Il y a un spectacle plus grand que la mer, c’est le ciel ; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c’est l’intérieur de l’âme. »

Entre des plumes d’oies ayant servi lors de l’écriture du manuscrit, des balles et un fer à cheval ramassés par Victor Hugo sur le champ de bataille en 1861, entre ses confidences « Cette sombre bataille de Waterloo est une de mes émotions presque permanentes… », j’ai relevé un autre extrait des « Misérables » : « Près du droit de l’Homme, au moins à côté, il y a le droit de l’Âme. »

L’exposition « Les Misérables, 150 ans à Waterloo » a une âme et reflète bien l’état d’esprit de cet écrivain visionnaire.

Pierre Guelff.

Le Rhin, lettres à un ami de Victor Hugo (Edition Bourin)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

L’éditeur François Bourin a récemment décidé de publier dans la collection « Voyage littéraire » « Le Rhin, lettres à un ami » de Victor Hugo.

Excellente initiative car cet ouvrage méritait mieux que la relative indifférence qui l’entoura durant de très longues décennies.

Fort de plus de 560 pages, il s’agit du journal plein de verve et très détaillé de l’illustre écrivain quant à deux de ses voyages, principalement le long du Rhin.

Certes, comme le signale aussi Charles Wright, le directeur de cette collection, « Hugo triche un peu et prend avec le réel quelques libertés », on lit avec ravissement les descriptions méticuleuses de sites, de paysages et de constructions : « Lorsqu’un donjon est en ruine, sa fenêtre regarde encore, mais avec ce regard hideux d’un œil crevé. »

Il y a également quelques citations exceptionnelles : « Où cesse la certitude historique, l’imagination fait vivre l’ombre, le rêve et l’apparence » et « La civilisation est comme le soleil ; elle a ses nuits et ses jours, ses plénitudes et ses éclipses, elle disparaît et reparaît. » et, encore, « Dans les voies de la providence, il y a des hommes pour les fruits verts et d’autres pour les fruits mûrs. »

Un passage m’a particulièrement frappé dans ce livre. En visite dans les ruines d’un château, Victor Hugo dit écrire son nom sur un mur à l’aide d’un morceau de basalte pointu. Pourtant, dans les ruines de l’abbaye cistercienne de Villers-la-Ville, il avait poussé un magistral coup de gueule contre les auteurs de graffitis.

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, c’est bien connu, ce qui n’empêche pas de se régaler de l’écriture du maître.

Pierre Guelff.

Angèle de Marcel Pagnol (Livre de Poche)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

J’apprécie Marcel Pagnol et ses histoires de terroir me touchent et m’enthousiasment.

Chez un bouquiniste, j’ai acquis l’un de ses ouvrages, pages jaunes garanties !, édité il y a quatre décennies en « Livre de Poche ».

En vérité, « Angèle » est une courte pièce de théâtre où Clarius, un paysan du Sud, est considéré comme un sage.

Il résout pas mal de problèmes domestiques alors que Saturnin, son valet, dévore des yeux ladite Angèle, fille unique du sage fermier.

Albin, un gars des environs fait de même. Mais, un salopard de la ville traîne par là et la jolie fille est prise au piège et se retrouve sur le trottoir à Marseille.

Clarius est devenu violent, intolérant… jusqu’au moment où Angèle revient chez ses parents, est d’abord enfermée dans la ferme, avant de servir à nouveau un bon café à ce père qui avait été déboussolé.

Dans cet ouvrage, outre l’histoire fort captivante, il y a aussi quelques propos qui, à mes yeux, sont encore d’actualité :

« C’est pas la robe qui fait les juges, c’est la Justice ».

« On ne peut pas être d’une sorte avec les bêtes, et d’une autre avec les gens ».

Pierre Guelff.

La Cathédrale d’Oloron ou Le Banquet céleste par Jean Sernin

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Comme le précise Christian Jacq, le directeur de la collection « Message initiatique des cathédrales », l’ouvrage « La Cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie ou Le Banquet céleste » de Jean Sernin (Editions Maison de Vie) est la démonstration de la cohérence de l’ensemble du portail de cet édifice sacré : « Il s’agit d’un authentique livre de pierre dont aucun élément n’est dû à l’art pour l’art. »

Ce portail (mais, également, l’avant-porche, des chapiteaux, les extrémités du tympan…) raconte une histoire, celle du pèlerin en esprit qui part en quête des nourritures essentielles avec l’espoir de participer au banquet suprême. Et, il n’y a pas de hasard puisque la cité d’Oloron-Sainte-Marie est une étape importante sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle !

Le portail, pour revenir à lui, a été sculpté à partir du XIIe siècle et les imagiers le façonnèrent durant un siècle : « Le style de ce portail roman n’a d’égal que le riche contenu spirituel », déclare Jean Sernin.

Par miracle, il échappa aux coups de pioches et de marteaux lors de la Révolution !

Ainsi, cela permet encore aujourd’hui de constater que la main du sculpteur s’est approchée de la perfection et que son âme est parvenue à animer la pierre, surenchérit l’auteur.

À Oloron-Sainte-Marie, les sculptures évoquent la subtilité du parfum, le langage sacré de la musique, nourriture du cœur, le feu secret, la transmission de la Tradition, la pierre du Sage, le poisson qui est l’eau qui vit et ce qui vit dans l’eau, et, encore, un monstre qui dévore un homme, des animaux hybrides, bras armés de la cathédrale, des hommes nus, bouches ouvertes, des êtres enchaînés et somptueusement habillés, une femme nue et souriante à la chevelure abondante…

Le tout « sous le vêtement de la simplicité de scènes quotidiennes ».

« Tout ce qui s’exprime dans le portail ou à l’intérieur de la nef donne les clés du chemin… », paraît-il, « et le pèlerinage est une initiation, l’initiation est un pèlerinage. »

Pour terminer son périple, Jean Sernin emmène le lecteur à l’église Sainte-Croix, également à Oloron, où l’on découvre, entre autres, un être à trois visages. Ici, aussi, l’ésotérisme bat son plein.

Et puis, immense sujet de réflexion suscité par la démonstration de Jean Sernin : « On ne vit jamais rire le Christ, bien qu’on l’eût vu souvent pleurer. »

Rose de Tatiana de Rosnay (EHO)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Avec « Rose » de Tatiana de Rosnay aux Editions Héloïse d’Ormesson, nous sommes à Paris sous le Second Empire et un personnage, le baron Haussmann, va bouleverser l’existence de milliers de Parisiens et transformer de manière radicale la topographie de la ville.

Rose vit dans le quartier de Saint-Germain depuis des décennies et elle n’a pas du tout l’intention de plier sous le joug du préfet. A ses côtés, quelques irréductibles qui se moquent des sommes d’argent offertes pour l’expropriation de leur habitat et qui préfèrent poursuivre leurs relations de voisinage entre la fleuriste, les hôteliers, le libraire, le restaurateur…

D’autres, en revanche, baissent pavillon : « Mais que pouvons-nous faire contre le préfet, contre l’empereur ? Cela fait quinze ans qu’ils ravagent la ville. Nous sommes tout bonnement impuissants. (…) Nos biens matériels ne sont que de petits riens emportés par le tourbillon de l’indifférence. »

Dès les premières pages de ce roman où alternent des récits sous la forme de lettres et la description des lieux et de la situation, on a vraiment envie d’avancer dans cette histoire où se mélangent la nostalgie d’un certain Paris et « le » secret de Rose.

La fin du récit est absolument pathétique.

Pierre Guelff.