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Angèle de Marcel Pagnol (Livre de Poche)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

J’apprécie Marcel Pagnol et ses histoires de terroir me touchent et m’enthousiasment.

Chez un bouquiniste, j’ai acquis l’un de ses ouvrages, pages jaunes garanties !, édité il y a quatre décennies en « Livre de Poche ».

En vérité, « Angèle » est une courte pièce de théâtre où Clarius, un paysan du Sud, est considéré comme un sage.

Il résout pas mal de problèmes domestiques alors que Saturnin, son valet, dévore des yeux ladite Angèle, fille unique du sage fermier.

Albin, un gars des environs fait de même. Mais, un salopard de la ville traîne par là et la jolie fille est prise au piège et se retrouve sur le trottoir à Marseille.

Clarius est devenu violent, intolérant… jusqu’au moment où Angèle revient chez ses parents, est d’abord enfermée dans la ferme, avant de servir à nouveau un bon café à ce père qui avait été déboussolé.

Dans cet ouvrage, outre l’histoire fort captivante, il y a aussi quelques propos qui, à mes yeux, sont encore d’actualité :

« C’est pas la robe qui fait les juges, c’est la Justice ».

« On ne peut pas être d’une sorte avec les bêtes, et d’une autre avec les gens ».

Pierre Guelff.

La Cathédrale d’Oloron ou Le Banquet céleste par Jean Sernin

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Comme le précise Christian Jacq, le directeur de la collection « Message initiatique des cathédrales », l’ouvrage « La Cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie ou Le Banquet céleste » de Jean Sernin (Editions Maison de Vie) est la démonstration de la cohérence de l’ensemble du portail de cet édifice sacré : « Il s’agit d’un authentique livre de pierre dont aucun élément n’est dû à l’art pour l’art. »

Ce portail (mais, également, l’avant-porche, des chapiteaux, les extrémités du tympan…) raconte une histoire, celle du pèlerin en esprit qui part en quête des nourritures essentielles avec l’espoir de participer au banquet suprême. Et, il n’y a pas de hasard puisque la cité d’Oloron-Sainte-Marie est une étape importante sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle !

Le portail, pour revenir à lui, a été sculpté à partir du XIIe siècle et les imagiers le façonnèrent durant un siècle : « Le style de ce portail roman n’a d’égal que le riche contenu spirituel », déclare Jean Sernin.

Par miracle, il échappa aux coups de pioches et de marteaux lors de la Révolution !

Ainsi, cela permet encore aujourd’hui de constater que la main du sculpteur s’est approchée de la perfection et que son âme est parvenue à animer la pierre, surenchérit l’auteur.

À Oloron-Sainte-Marie, les sculptures évoquent la subtilité du parfum, le langage sacré de la musique, nourriture du cœur, le feu secret, la transmission de la Tradition, la pierre du Sage, le poisson qui est l’eau qui vit et ce qui vit dans l’eau, et, encore, un monstre qui dévore un homme, des animaux hybrides, bras armés de la cathédrale, des hommes nus, bouches ouvertes, des êtres enchaînés et somptueusement habillés, une femme nue et souriante à la chevelure abondante…

Le tout « sous le vêtement de la simplicité de scènes quotidiennes ».

« Tout ce qui s’exprime dans le portail ou à l’intérieur de la nef donne les clés du chemin… », paraît-il, « et le pèlerinage est une initiation, l’initiation est un pèlerinage. »

Pour terminer son périple, Jean Sernin emmène le lecteur à l’église Sainte-Croix, également à Oloron, où l’on découvre, entre autres, un être à trois visages. Ici, aussi, l’ésotérisme bat son plein.

Et puis, immense sujet de réflexion suscité par la démonstration de Jean Sernin : « On ne vit jamais rire le Christ, bien qu’on l’eût vu souvent pleurer. »

Rose de Tatiana de Rosnay (EHO)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Avec « Rose » de Tatiana de Rosnay aux Editions Héloïse d’Ormesson, nous sommes à Paris sous le Second Empire et un personnage, le baron Haussmann, va bouleverser l’existence de milliers de Parisiens et transformer de manière radicale la topographie de la ville.

Rose vit dans le quartier de Saint-Germain depuis des décennies et elle n’a pas du tout l’intention de plier sous le joug du préfet. A ses côtés, quelques irréductibles qui se moquent des sommes d’argent offertes pour l’expropriation de leur habitat et qui préfèrent poursuivre leurs relations de voisinage entre la fleuriste, les hôteliers, le libraire, le restaurateur…

D’autres, en revanche, baissent pavillon : « Mais que pouvons-nous faire contre le préfet, contre l’empereur ? Cela fait quinze ans qu’ils ravagent la ville. Nous sommes tout bonnement impuissants. (…) Nos biens matériels ne sont que de petits riens emportés par le tourbillon de l’indifférence. »

Dès les premières pages de ce roman où alternent des récits sous la forme de lettres et la description des lieux et de la situation, on a vraiment envie d’avancer dans cette histoire où se mélangent la nostalgie d’un certain Paris et « le » secret de Rose.

La fin du récit est absolument pathétique.

Pierre Guelff.

Victor Hugo et l’écologie par Sandrine Fillipetti (Folio)

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Littérature sans Frontières et une chronique de Pierre Guelff.

Le texte inédit consacré à Victor Hugo par Sandrine Fillipetti aux Editions Folio, est un modèle du genre : propos de l’auteur et citations diverses forment un ouvrage qui ressemble à un roman passionnant.

Poète, dramaturge, romancier, penseur, politique, Victor Hugo fut souvent sifflé avec passion et applaudi avec grande ferveur.

Son enfance fut chahutée, brisée, mais il reçut quand même une solide instruction.

Adèle fut son premier amour et il l’épousa, mais il avait soif de conquêtes tant dans sa vie intime que professionnelle.

Il devint aussi écologiste avant l’heure : « La religion de la nature prend le pas sur la religion catholique et le héraut du royalisme ultra laisse place à des sentiments plus libéraux. »

Il sera, également, un ardent défenseur du patrimoine : « Il faut des monuments aux cités de l’homme, autrement où serait la différence entre la ville et la fourmilière ? »

Epouse éplorée, maîtresses en masse, tragique perte de sa fille Léopoldine, académie, politique, très long exil, gloire littéraire malgré les railleries et jalousies, mort de ses fils, l’art d’être grand-père… Victor Hugo, homme génial et complexe, fut aussi interpellé par l’irrationnel, plus spécifiquement le spiritisme : « La science est ignorante et n’a pas le droit de rire ; un savant qui rit du possible est bien près d’être un idiot. »

Et, en guise de conclusion à la lecture de cet ouvrage hors du commun, une citation du génie littéraire restée totalement d’actualité : « Qui entrave la pensée, attente à l’homme même. »

Pierre Guelff.

La maîtresse au piquet de Jean Anglade (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Frédérique, dite Frédo, est institutrice dans une école de la Butte de Montmartre. L’existence n’est pas facile, tant à l’école que dans sa vie privée. Après une quinzaine d’années au service de l’Education, elle décide de quitter Paris et trouve refuge en Auvergne.

Elle y reconstruit sa vie professionnelle et son intimité jusqu’au moment où un cancer du sein la frappe de plein fouet.

A travers plusieurs citations, on peut mieux camper l’histoire de Terroir imaginée par Jean Anglade, maître du genre :

. « Le scoubidoubidou ne servait à rien. Les plus belles choses au monde sont celles qui ne servent à rien : la poésie, la musique, les amours enfantines. »

. « Les ailleurs ne sont que des ici déplacés. »

. « Celui qui rit enlève un clou à son cercueil. »

. « La cuisine simple, établie sur des siècles de tradition, est une marque de sagesse. »

. « L’âme est la plus haute complication des êtres compliqués. »

Pierre Guelff.

Grand-mère Antonia de Jean-Paul Malaval (Pocket)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Nous voici en plein roman de Terroir avec cette histoire familiale périgourdine qui met principalement en scène le couple Julien-Antonia.

Lui est un véritable rescapé – mais handicapé – de la boucherie de 14-18, elle est passionnée de truffes.

Ensemble, vont-ils réussir à faire revivre les truffières d’antan ?

Ensemble, vont-ils faire taire les rumeurs à leur encontre ?

Ensemble, vont-ils pouvoir faire tourner un restaurant chic à Périgueux ?

Jean-Paul Malaval nous décrit cette saga avec humanisme et avec un certain suspense.

Puis, il y a quelques propos emplis de sagesse, d’interrogation et de surprise :

« L’ambition est la seule qualité, parce qu’elle est le moteur qui fait progresser les sociétés. »

« Sans doute n’est-ce que cela la vieillesse, découvrir soudain sa vulnérabilité devant les aléas de la nature ? »

« Les riches se délestent de leurs cas de conscience en ouvrant leur portefeuille. »

« L’argent ne peut tout. Sinon enfanter de mortelles illusions sur l’existence. »

Pierre GUEFF.

Une pomme oubliée de Jean Anglade-Editions Julliard et Pocket

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

L’édition originale de « Une pomme oubliée » de Jean Anglade date de 1969 (chez Julliard) et près de quarante années plus tard les Editions Pocket ressortent ce livre. Inutile, donc, de faire un dessin : cet auteur et ce style littéraire (tant décrit par une certaine intelligentsia) font recette !

« Une pomme oubliée » évoque les champs, la vie rurale, les villages (de plus en plus abandonnés en cette moitié de XXe siècle), les sagas familiales…

Dans le présent ouvrage, Jean Anglade raconte l’histoire (à la fin sordide) de Mathilde, une dame âgée qui est restée la seule habitante d’un hameau auvergnat. « Elle veille avec amour sur chaque maison, redonne vie à chaque pierre… »

Alors, au fil des pages, j’ai noté quelques passages qui évoquent cette moitié du siècle dernier où, subrepticement, une étrange petite lucarne remplaça les veillées au coin du feu…

. « Tous les vieux étaient morts. Les jeunes avaient quitté cette terre difficile ; ils étaient allés s’installer dans les villes afin de profiter des Assurances sociales et des Congés payés. Alors, tout doucement, les maisons s’écroulaient, la terre redevenait garenne, broussailles, ronciers, ce qui était sa façon à elle de mourir aussi. (…) Non de gueux, que c’est triste un village sans cris d’enfants, sans rires d’enfants ! »

. « On parla des fauchaisons, de la T.V.A . qui allait prochainement frapper le pays et qui signifiait Tout-va-augmenter, des routes pourries du département. »

. « Les enfants naissent, ils grandissent, ils se cabossent mille fois le front, ils s’arrachent les genoux, les mères leur donnent leur lait, leur pain, leurs jours et leurs nuits. Ensuite, ils s’en vont on ne sait où, emportés par les guerres ou par leur ambition. »

. « Il pleut toujours sur ceux qui sont déjà mouillés, si tu es riche on te donnera, et si tu es misérable on t’enlèvera. »

Et qui, donc, peut encore proférer que le roman de Terroir est un art littéraire mineur après avoir lu ça ?

Pierre Guelff.

L’écureuil des vignes de Jean Anglade (Pocket)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Sans conteste, Jean Anglade est un maître du roman dit de « terroir », plus particulièrement auvergnat.

« L’écureuil des vignes » nous conte l’extraordinaire destin de Sylvain, fils d’un carrier.

Encore enfant, Sylvain était employé comme écureuil dans l’entreprise familiale, c’est-à-dire qu’enfermé dans une sorte de cage, il marchait des heures pour faire actionner une roue à soulever les blocs de pierre.

A cette époque, au milieu du XIXe siècle, on ne discutait pas pareil esclavagisme. Néanmoins, au risque d’y perdre la vie, le jeune Sylvain souffrit des poussières de la carrière et ses parents l’autorisèrent à entreprendre des études.

Ainsi, il devint officier de santé en dix-huit mois et partit exercer son art à Saint-Gervais, en pleine campagne.

Considéré comme un médecin des âmes et des corps, il se sentit utile dans ce rude canton auvergnat et fut estimé de tous.

Les années passaient jusqu’au jour où, Hermine, une Parisienne qui prétendait avoir été la maîtresse du peintre Manet et que c’était elle qu’on voyait, nue, à l’avant-plan du « Déjeuner sur l’herbe », bref, cette jeune dame mit le grappin sur Sylvain.

Ils se marièrent, n’eurent pas d’enfants, le couple battit de l’aile et l’histoire, ma foi, faillit se terminer tragiquement.

« Qui aurait jamais pensé que Sylvain, destiné par le sang à la profession de carrier, abandonnerait un jour cette destinée pour le stéthoscope ? », se demandait d’emblée Jean Anglade au début de son livre.

Seul lui pouvait raconter le destin de Sylvain avec autant d’humanité.

Pierre Guelff.

Curieuses histoires de la franc-maçonnerie de L…Vanderhaeghen (Ed…Jourdan)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Il ne se passe plus une semaine sans que la franc-maçonnerie ne fasse la une de médias, parfois avides d’ésotérisme, de faits jugés insolites et secrets ou de démêlés affairistes.

Dans l’ouvrage « Curieuses histoires de la franc-maçonnerie » de Léopold Vanderhaeghen paru aux Editions Jourdan, la surprise est de taille – le mot est choisi ! – pour tous ceux qui propagent des rumeurs et des fantasmes à l’égard de cette vénérable société philosophique et initiatique ; sans occulter, bien sûr, qu’il y ait des brebis galeuses en ses rangs comme dans toutes les sociétés humaines.

L’auteur, agrégé de philologie et lettres, licencié en archéologie et histoire de l’art, est un passionné des sciences des religions et de philosophie, spécifie : « Quels ont été les fondements, les bases structurelles sur lesquelles la franc-maçonnerie a édifié sa réussite ? Notre hypothèse de départ, écrit-il, a été que ces causes de réussite, c’est d’abord dans la Bible qu’il convenait de les rechercher… »

Assurément, on est très loin des excommunications prônées par le Vatican qui place encore les francs-maçons sur sa liste noire.

A moins que, justement, il ne s’agisse d’une reconnaissance implicite de la valeur morale et spirituelle de la franc-maçonnerie, celle portant ombrage à la puissante Eglise catholique désireuse de rester seule à la manœuvre ?

Quoi qu’il en soit, après un contexte historique dont les fameux constructeurs de cathédrales ne sont pas oubliés, puis les multiples théories sur les origines de la franc-maçonnerie spéculative et une très intéressante approche de l’espace profane et de l’espace sacré, nous voici au cœur du sujet avec la Bible.

« La notion de temple de l’homme, ou plus largement de temple de l’humanité, apparaît comme essentielle, explique encore l’auteur. Elle plonge ses racines dans une tradition ancienne, la Bible. »

La démonstration paraîtra peut-être surprenante, voire édifiante aux yeux de certaines personnes, mais elle a au moins le mérite d’interpeller.

Certaines comparaisons avec des rituels chrétiens, tout comme avec les bouddhistes, d’ailleurs, ne peuvent que susciter l’intérêt à l’encontre d’un débat fructueux. On est donc bien loin du lynchage entrepris dans certains milieux sur base de fausses informations ou d’une grande méconnaissance du sujet.

Pierre Guelff.

Le troisième papillon – d’Ode Pactat-Didier – Editions du Cygne d’O

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Dans le « Troisième papillon » (Editions du Cygne d’O) nous retrouvons le couple Orlando-Esther (dont il fut déjà question dans notre chronique du 19 février 2010 consacrée au livre « Le témoin silencieux » du même auteur).

Lui est mal en point suite à un accident, elle lui masse la jambe droite « cabossée ». Il se confie : elle l’a réveillé alors qu’il était en plein rêve, celui où il dévalait des centaines de marches « avec une aisance magique ».

Projection d’une future guérison physique ? Volonté espérée de pouvoir remarcher avec facilité ?

« Ce rêve te conseille de descendre en toi-même sans peur… parce qu’au bout du voyage tu trouveras la lumière », lui dit Esther.

Comment se déroulera leur destin commun, tous deux étant nés sous le signe du Lion avec un même ascendant, « cette configuration risquait de devenir explosive s’ils ne veillaient pas au grain. » ?

Trois papillons

Et qu’en est-il de ce « Troisième papillon » ? Qui dit trois, dit un, deux…

Trois papillons voltigeant au-dessus du désert et causant d’amour, est-ce banal, selon vous ?

Dans ce roman « initiatique » où les dialogues mènent à une sorte de transmutation proposée à l’humanité actuelle, selon Régis Glaise, scientifique (Ecole Polytechnique et CNES) qui signe la préface, Ode Pactat-Didier, férue de symbolisme (des Nombres, du Tarot, des Hauts-Lieux…), nous mène peu à peu à se demander si Orlando et Esther «établiront une intense communion entre eux et s’ils se rejoindront à la « fine pointe de leurs âmes ».

A lire par tous ceux qui croient au célèbre calendrier Maya annonçant de fabuleuses transformations de notre précieux « Univers spatial », la Terre.

Pierre Guelff.