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Le Pélican de Constance Delpierre (Éd.MdV)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

Que n’a-t-on dit et écrit sur le pélican, sympathique animal universellement connu pour le symbolisme qu’il recèle ou révèle ? Dans « Le Pélican » de Constance Delpierre paru à Maison de Vie, il est question de grade pour des initiés, de référence au mythe christique, d’oiseau royal dans les bestiaires médiévaux, on le retrouve statufié comme à la basilique du saint-Sang de Bruges, ou, encore, dans maints vitraux, voire dans des textes anciens égyptiens, entre autres. Dans son ouvrage, l’auteure aborde surtout ce pélican qui, je la cite  « se tient au cœur du secret comme une manifestation la plus parfaite de l’amour initiatique. »

Pour elle, ce symbole est celui du don le plus total et celui qui incarne la dualité créatrice, à la fois père et mère de la totalité de la création.

La vie d’une abbaye par Jean-Pierre Rorive (Editions Jourdan)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Il y a des essais qui, dès les premières pages, se révèlent être, par la grâce de l’auteur et du sujet qu’il développe, de véritables romans avec leurs lots d’intrigues, de rebondissements, de narrations d’aventures et de faits authentiques, d’études de mœurs de sentiments, de passions…, d’autres, en revanche, sont comparables à de réelles encyclopédies.

Dans le cas présent, c’est-à-dire celui de « La vie d’une abbaye » par Jean-Pierre Rorive (Editions Jourdan) on peut, sans conteste, évoquer les deux aspects avec, néanmoins, un imposant supplément de très nombreuses références (dates, lieux, personnages, documents…) et illustrations.

Pour d’aucuns, il s’agira d’une sorte de « roman historique », voire d’une saga (dans le sens noble du terme), pour d’autres, il sera question d’un ouvrage de référence sur une période de près de sept siècles, allant de 1100 à 1797.

Cet imposant livre de plus de 500 pages, débute avec « La légende de Pierre », c’est-à-dire Pierre l’Ermite (1053-1115), autrement appelé « L’Apôtre de la Croisade », celle intitulée « La Croisade Populaire ».

Personnage exceptionnel, peut-être natif d’Amiens, c’était un ascète, un prédicateur, un thaumaturge, un homme fort généreux qui prêchait dans de nombreuses régions. Il avait une réputation de sainteté et les gens arrachaient même des poils à son âne en guise de reliques !

Il aurait fondé l’abbaye de Neufmoustier à Huy, « l’une des deux plus jolies villes sur la Meuse avec Dinant », comme l’a décrit Victor Hugo qui appréciait ces remarquables cités mosanes.

Une cité de Huy qui, au Moyen Âge, était célèbre tant sur le plan de l’artisanat, que celui de l’architecture, du commerce, de l’enseignement…

L’auteur nous conte avec un luxe de détails la création de cette abbaye au retour de Pierre l’Ermite de la croisade jusqu’à sa disparition à la Révolution. Une abbaye où le code de vie spirituelle tournait autour de trois vœux : l’obéissance, la chasteté et la pauvreté.

Précision intéressante pour la suite de la lecture, ce code s’adressait à des chanoines réguliers de Saint-Augustin et non à des moines.

Autre précision intéressante, cette abbaye resta modeste, sans opulence, et, pourtant, elle recela un trésor inestimable.

Ainsi, on lit avec stupéfaction le catalogue des reliques détenues à Neufmoustier : cinq pains et deux poissons provenant de la multiplication des pains, de la sueur du Christ récoltée au Jardin des Oliviers, des cheveux et des vêtements de Marie, un arbre de la Fuite en Égypte, des bouts de la Porte Dorée de Jérusalem, de la Sainte Croix, de la Sainte Lance, du bâton de saint Pierre et, bien sûr, des reliques de multiples saintes, saints, martyrs…

Outre à Amiens, une statue de Pierre l’Ermite trône aussi à Huy et, sous elle, il y a une sorte de crypte où l’on peut voir des débris de squelette : s’agit-il de restes de l’« Apôtre de la Croisade » ou « d’un ensemble hétéroclite d’os humains, de chiens, de porcs et d’autres animaux » ?

Il y a peu de temps, des débris de squelettes ont encore été découverts dans les environs du site de l’abbaye, précise Jean-Pierre Rorive.

Alors ? Duperie, supercherie ou fait avéré ?

L’auteur invite le lecteur à se faire une idée précise sur la question et, encore, sur sept siècles de vie monastique « sous toutes ses facettes ».

C’est un retour dans le passé absolument fantastique !

La Figuière en héritage de Françoise Bourdon (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff

S’il faut lire un livre de terroir de référence, c’est bien « La Figuière en héritage » de Françoise Bourdon aux Editions Pocket.

Tous les ingrédients du style s’y retrouvent : patrimoine, us et coutumes d’antan, évolution de la société, sagas familiales avec leurs joies et peines, sourires et drames, intrigue…

Mélanie est encore une toute petite fille quand elle fut abandonnée et qu’elle fut placée par les nonnettes qui l’avaient recueillie dans une ferme que dirige une brute, Joseph Duruy. Tout le monde ferme les yeux devant les actes méprisables de cet homme immonde et on ne cesse de dire à la jeune Mélanie que, effectivement, « il ne fait pas bon être une femme en Ardèche en cette fin de XIXe siècle ! ».

Heureusement, Mélanie s’enfuit avec la complicité d’adultes bienveillants et elle est placée chez une cartonnière de Valréas et son fils, Jean-François, plutôt tourné vers l’imprimerie.

Mélanie s’épanouit dans cet environnement familial et est même littéralement couvée par le jeune homme, d’une dizaine d’années son aîné.

Néanmoins, Mélanie rencontre un certain Alexis Gauthier, descendant d’une fameuse lignée qui fabrique l’absinthe, fort à la mode à l’époque.

Deux enfants naissent de ce mariage entre une fille abandonnée et un garçon de la bourgeoisie : « Il existe deux mondes bien différents, avait rappelé la mère d’adoption de Mélanie. On ne mélange pas les ouvriers et les patrons. »

A force de courage et d’humiliations, d’études en tant qu’autodidacte, d’humilité et de bonté, la jeune fille finira par être considérée comme membre à part entière de la famille Gauthier et, surtout, fort appréciée.

De conquêtes en drames, Mélanie, jeune veuve, retrouvera aussi Jean-François…

Le domaine du belvédère de Colette Vlérick (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Emily, jeune anglaise férue de gastronomie, suit ses parents en France dans le cadre du jumelage entre une cité des Cornouailles et une de Bretagne.

Elle y rencontre Jean-Pierre, également dans la restauration mais côté salle et c’est le coup de foudre.

La jeune fille quitte son Angleterre natale, épouse l’ami français de son adolescence, ils ouvrent un restaurant à l’ombre de la cathédrale de Quimper, elle est aux fourneaux et lui auprès de la clientèle et tout semble bien aller.

Bien sûr, Nathalie, la notaire devenue amie d’Emily l’avait prévenue de manière subtile : « Ne fais jamais confiance à personne en affaires ou en matière de droit, même à tes meilleurs amis ! C’est le plus sûr moyen de les perdre. »

Prémonition ?

Sept ans plus tard, le beau rêve s’écroule comme un petit château de sable balayé par les vagues de l’Océan Atlantique et le couple explose en divorçant.

Emily retrouve ses Cornouailles et la nostalgie d’un certain Alan, son prince charmant d’antan, mais tout n’est pas toujours rose : « J’ai 32 ans et je ne voudrais qu’une seule chose : avoir de nouveau 18 ans pour pleurer dans les bras de maman… », clame la jeune femme.

Il faut, cependant, se consoler… Est-ce avec l’ultime chapitre du roman quand il s’agit de recettes… gastronomiques typiquement locales ?

Celle de pommes au four fourrées amandes-abricot appelées « mixture », celle d’une soupe de concombre glacé, celle d’agneau à la menthe.

Il est vrai que les goûts et les couleurs ne se discutent pas, dit-on.

L’Inquisiteur et la Sorcière de Sonia Pelletier (Ed… du Pierregord)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Dans une chronique parue il y a plusieurs mois, j’avais dit tout le bien que l’on pouvait penser du premier tome de la trilogie écrite par Sonia Pelletier-Gautier « Le Soufre et l’Encens » aux Editions Pierregord. Un avis partagé par de très nombreux auditeurs et lecteurs de « Fréquence Terre » puisqu’ils l’avaient classée en tête des consultations de « Littérature sans Frontières » lors de notre « Top 10 » de la dernière rentrée littéraire en septembre-octobre.

Mais, avant d’évoquer le deuxième tome, « L’Inquisiteur et la Sorcière », je tiens à souligner la qualité de la présentation de ces ouvrages sur le plan graphique. A partir d’un même document, les trois couvertures sont absolument remarquables et reproduisent l’atmosphère exceptionnelle propre à cette période troublée décrite par des archives historiques.

A ce propos, l’auteure, férue en histoire médiévale, s’est documentée de manière quasiment scientifique et peut donc attester de sources historiques lors de l’élaboration de son ouvrage dont, quand même, une certaine partie relève de l’imaginaire.

Venons-en à ce récit historique.

La jeune Christine, habitante d’une cité alsacienne à la fin du XVe siècle, n’avait pas toujours eu une conduite « exemplaire » aux yeux de certains membres de l’Eglise et d’habitants, alors que d’autres, ou les mêmes, un comble !, n’hésitaient pas à profiter de ses charmes.

Alors, l’Inquisition s’en mêla, la machine à broyer les êtres humains se mit en marche et catalogua la jeune fille de « sorcière » en lieu et place de, disons, « frivole ».

Le vieux curé local n’était pas dupe du manège inquisitorial impitoyable et osa timidement dire qu’il ne pensait pas que les « défaillances » de Christine méritaient la mort.

Bien entendu, ce n’était pas l’avis de l’inquisiteur Bichwiller et de ses sbires ! Des fanatiques ou des pleutres se retranchant derrière des arguments spécieux du style : « C’est Satan qui se cache dans la sorcière et c’est lui que nous atteignons en la faisant avouer, même par la torture » !

Le curé posa quand même une question pleine de sous-entendus : « Cette chasse aux sorcières est-elle la réponse à la décadence morale dans la société ? »

Durant ce temps, l’Eglise promettait des indulgences aux délateurs et à ceux qui émettaient des propos incroyables.

L’inquisiteur Bichwiller, qui faisait croire qu’il était parfois tiraillé par sa conscience, voulait des faits, rien que des faits, disait-il. Alors, quand il n’arrivait pas à ses fins, il faisait user et abuser de ladite torture.

Au fil de la lecture de cet ouvrage magistral, la désolation, la révolte et la rage atteignent le lecteur de plein fouet. Du moins, celui qui n’est pas indifférent à l’injustice et à la cruauté.

Comment des êtres dits humains, les inquisiteurs, se prétendant chrétiens et intelligents purent-ils agir avec autant de barbarie et de mauvaise foi, c’est le cas de le dire ?

Voici un aperçu de ce qu’ils pensaient de la femme : « Elle est l’ennemie de l’amitié, le mal nécessaire, la tentation naturelle, le péril domestique, intrinsèquement faible et inférieure à l’homme, mue uniquement par ses pulsions bestiales… Une femme qui pleure est un mensonge ! »

Comme je ne cesse de le répéter dans certains de mes écrits et émissions : quand l’Eglise va-t-elle réhabiliter les victimes de ces êtres sanguinaires et hypocrites qu’étaient les inquisiteurs ?

Quoi qu’il en soit, « L’Inquisiteur et la Sorcière » est un livre qui devrait être lu et étudié dans tous les milieux catholiques, jusqu’au Vatican-même, selon moi !

La trilogie se termine avec « Le Brasier de l’Imparfaite » dont il sera aussi question dans « Littérature sans Frontières » dans quelques semaines.

Sachez, cependant, que l’on peut-être trahi par un être très proche de soi.

Christine-la-Sorcière en fit la triste expérience…

Sachez, aussi, que l’inquisiteur Bichwiller fut hanté par le procès et que ses dilemmes dédouchèrent sur des doutes.

Et, paraît-il, une situation inattendue…

La maîtresse d’école de Marie-Paul Armand (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

On sent très bien que l’auteur, Marie-Paul Armand, a été professeur à l’école publique durant une décennie avant de devenir écrivaine, surtout lorsqu’elle raconte l’histoire de deux enseignantes, une mère et sa fille, dans le très attachant roman « La maîtresse d’école » paru chez Pocket.

Certains détails du fonctionnement (ou du non-fonctionnement) de l’Instruction publique, diverses attitudes d’élèves et de leurs parents, voire celles d’autres enseignants, ne trompent pas sur l’exactitude des situations vécues en milieu scolaire et dans certains milieux sociaux.

Cet ouvrage se décompose en deux parties bien distinctes mais la seconde est une sorte de suite familiale de la première. Il y a d’abord l’évocation de Céline, enfant d’une famille de pêcheurs qui, au début du XXe siècle, décide contre vents et marées de devenir institutrice. Son grand amour d’enfance sera même sacrifié au nom de son idéal, à dire vrai d’une forme de féminisme avant l’heure : celle du droit de choisir sa destinée professionnelle au temps où les femmes se devaient d’être au service quasi exclusif des hommes.

Irène, née après la Seconde Guerre mondiale, vivra une existence tout aussi tumultueuse que sa mère Céline avec, cependant, une issue plus « conforme » à l’évolution des mœurs.

Tout en étant assez réaliste, cette saga en milieu scolaire est particulièrement prégnante et elle s’inscrit dans la lignée des ouvrages majeurs du style, selon moi.

Sur les ailes des lucioles d’Isabelle Fable (Editions du Cygne)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Un haïku est une forme poétique particulièrement codifiée qui nous vient du Japon où elle fut créée au XVIIe siècle.

Composée de mores, notion plus fine que celle de la syllabe, il s’agit d’un petit poème constitué d’un verset de dix-sept syllabes.

Cela paraît un peu compliqué pour le profane et c’est peut-être la raison pour laquelle il fallut près de trois siècles pour que le haïku soit aussi à l’honneur en Occident.

C’est tellement vrai que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, en est devenu un auteur prolifique car il y trouve une forme de poésie légère et concise qui offre l’opportunité d’aller à l’essentiel de la parole dans un langage non sophistiqué, dit-il.

Généralement, le haïku vise à exprimer l’évanescence des choses, spécifient encore les spécialistes du genre.

A ce titre, Isabelle Fable a écrit un recueil de haïkus sous le beau titre de « Sur les ailes des lucioles » publié aux Editions du Cygne.

Huit chapitres y donnent rendez-vous au lecteur dans la forêt, à la mer, sur un lac, au jardin, dans un verger… et en voici quelques extraits significatifs :

la vie perle à perle

écoule en colliers légers

rapines et dentelles

effeuillant mon âme

l’air se respire en pétales

et le temps s’apaise

quand l’arbre émouvant

sort de terre en la lumière

temple de la vie

Je vous lis un quatrième qui fleure bon le temps de nos grands-mères et arrière-grands-mères, écologistes avant l’heure pour d’aucunes :

pomme pépins cannelle

quand mijote la compote

naît un nouveau fruit

Thérèse Desqueyroux de François Mauriac (Livre de Poche)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Tout vient à point à qui sait attendre ou… comprendre. Comprendre qu’il faut parfois aller au-delà de préjugés pour s’ouvrir et découvrir d’autres horizons.

Dans le cas présent, grâce à l’achat pour 1 euro, chez un bouquiniste, du roman « Thérèse Desqueyroux » de François Mauriac (1885-1970), j’ai, donc, découvert la plume de cet académicien et de ce Prix Nobel, souvent controversé dans sa vie privée et considéré comme un jeune de la nouvelle vague, dans les années ’60.

L’histoire de ladite Thérèse, mariée malgré elle à un homme autoritaire et égoïste, a même fait l’objet d’un film à succès pour lequel Emmanuèle Riva obtint le prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Venise en 1962.

La trame de ce livre édité chez Grasset en 1927, n’a absolument pas vieilli.

Sauf les pages, à présent jaunies, de mon exemplaire paru au « Livre de Poche » il y a près de cinquante ans, l’histoire aurait bien pu se dérouler et s’écrire en cette année 2011.

Voici, à ce propos, quelques citations pour mieux illustrer mes propos :

. « Une lettre exprime bien moins nos sentiments réels que ceux qu’il faut que nous éprouvions pour qu’elle soit lue avec joie. »

. « Chaque minute doit apporter sa joie, – une joie différente de toutes celles qui l’ont précédée. »

. « Être soi-même ? Mais nous ne sommes que dans la mesure où nous nous créons. »

. « Rien n’est vraiment grave pour les êtres incapables d’aimer. »

En d’autres termes, un livre, une œuvre, un auteur à (re)découvrir pour ne pas mourir idiot !

Pierre Guelff.

La plume d’or du drapier de Michel Caffier (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« La plume d’or du drapier » de Michel Caffier (Pocket) est une histoire qui se déroule principalement dans la région de Metz au XIVe siècle et qui apporte au lecteur une foule de détails sur les us et coutumes de l’époque : la préparation culinaire de bécassines farcies cuites dans le lard et le vin blanc, les rapports entre les citoyens et les autorités, les échanges commerciaux, les mœurs villageoises et citadines, parfois foncièrement différentes et qui occasionnent quelques heurts, et, pour corser le tout, l’histoire intime entre Maguin, la fille d’un riche drapier, et le fils Andrieu, enfant du maire-braconnier de la région.

L’amour est omniprésent dans ce jeune couple et Philippe de Vigneulles, le père de Maguin, parti de rien pour devenir notable, apprécie beaucoup son gendre.

Il l’apprécie tellement qu’il lui demande de recopier ses « Nouvelles » qui sont autant de chroniques sur ses voyages et la vie dans la région messine.

Si certaines de ces « Nouvelles » sont littéralement féroces pour la société, Philippe de Vigneulles va-t-il pour autant occulter sa propre existence dans ces histoires ?

« La concupiscence n’a pas de frontière », déclare l’auteur au tiers de son roman. Autant dire que, dès lors, le lecteur est emmené dans un tourbillon aussi grinçant, surprenant qu’anticonformiste.

Les conjurés de pierre de Philipp Vandenberg (City Poche)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

A Strasbourg, à Cologne, à Ratisbonne, à Mayence, à Prague, à Dantzig, à Nuremberg, également à Chartres et à Reims, en Espagne, en Angleterre…, les uns après les autres des pans de majestueuses cathédrales et d’églises importantes s’effondrent : ici, les piliers sont réduits en poussière, là, la clef de voûte entraîne dans sa chute des voûtes, plus loin, des nefs entières sont jetées au sol.

On dit que c’est la main du diable qui cause ces dégâts. N’a-t-on pas retrouvé sa signature sous la forme de pièces d’or dans des décombres ?

Et, quelle est cette histoire sordide d’Afra, une jeune servante du bailli Melchior qui l’a violée ? Elle met ensuite au monde un garçon qui porte six doigts à une main et qui disparaît mystérieusement quelques heures après avoir poussé son premier cri.

Etrange livre que ces « Conjurés de pierre » de Philipp Vandenberg aux Editions City Poche. Il fait penser à une fresque du XVe siècle dans la lignée des « Piliers de la terre » de Ken Follet quand il aborde les fameux bâtisseurs et leurs secrets de construction, mais il a sa trame « particulière ».

Des bâtisseurs qui, on le devine, sont complètement bouleversés par les destructions massives de chefs-d’œuvre. Du moins, on imagine qu’ils soient tous émus… Mais, est-ce le cas ?

L’intrigue est omniprésente dans cet ouvrage de 570 pages, c’est dire si le lecteur est tenu en haleine du début à la fin avec cette rocambolesque affaire de parchemin pour lequel Afra ose se déplacer à Venise en plein fléau de la peste et qu’elle est pourchassée par des membres de la loge des apostats.

Tout cela a-t-il un rapport avec les destructions de cathédrales et d’églises ? Il paraît que le pape de Rome donnerait une immense fortune en or pour acquérir ce document mystérieux.

Voici trois citations relevées dans ce roman épique :

. « Dans la vie, nous n’avons qu’une seule et une unique certitude, celle de notre mort. »

. « Il ne faut pas détruire les illusions de l’homme, et surtout pas ses croyances qui ne sont qu’une fuite devant la réalité. »

. « Il y a plus de sages chez les fous que de fous chez les sages. »

Néanmoins, il faut le souligner pour que le lecteur ne soit pas surpris, l’auteur utilise le système métrique alors que l’histoire se déroule au XVe siècle et il y a une certaine confusion entre le féminin et le masculin à l’abbaye du Mont-Cassin…

Pierre Guelff.