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Pour une gestion durable de l’Arctique

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L’Océan Arctique,  un des derniers grands espaces naturels préservés de la planète, est un écosystème fragile et riche, mais également méconnu. Les changements climatiques modifient cet océan et la région qui l’entoure  à une vitesse vertigineuse. En témoignent la fonte brutale de la glace en été, l’acidification de ses eaux, le dégel du pergélisol en Sibérie et les menaces  qui pèsent sur certaines espèces, dont l’ours blanc est le chef de file. Contrairement à ce  que l’on pourrait penser, ces changements n’affectent pas seulement les 5 millions d’habitants du  cercle arctique, mais également chacun d’entre nous par les conséquences dramatiques potentielles sur le climat,  et sur notre vie quotidienne.

Et contrairement à l’Antarctique, l’Arctique n’a pas un statut international. Seul, le Conseil Arctique, formé par ses huit états riverains, gère ce territoire avec l’objectif affiché de défendre les intérêts de chacun de ses membres. Inutile de dire que les demandes de préservation faites par les ONG écologistes rencontrent une opposition qui ralentit toute attention sur la gestion durable et raisonnées des ressources et des zones particulièrement sensibles.  La tentation est très, trop forte pour les compagnies qui cherchent à exploiter  les réserves de gaz et de pétrole.

Les scientifiques s’en mêlent  aussi . Récemment, après une navigation autour de l’Océan Arctique dans un but scientifique,  L’expédition TARA a lancé un appel aux  les décideurs,  et à la société civile c’est à dire à nous,  pour que des actions soient prises immédiatement pour l’Arctique.

Parmi elles,  des mesures de bon sens  telles que le respect des règles de protection de l’environnement dans le cadre de l’exploitation des ressources naturelles; Un accès facilité pour les programmes de recherche en Arctique; Une réglementation stricte du tourisme;  la création de nouvelles normes internationales pour le transport maritime en Arctique; la mise en place  d’un réseau d’aires marines protégés pour les zones ayant une importance écologique,  la mise en place d’une réglementation de la pêche actuellement en pleine expansion ; et enfin l’élargissement du Conseil Arctique. Combien de temps faudra-t-il attendre pour voir ces mesures sur la table de négociations ?

Sans doute jamais. A moins que les citoyens du monde se réveillent …

Car le temps joue contre l’Océan Arctique.  Plus ça fond vite , ce qui est le cas  avec les minima de glace les plus faibles ces dernières années, plus les entreprises foncent vers ce qu’elles considèrent comme le nouvel eldorado que ce soit pour les ressources naturelles, la pêche, le tourismes ou le transport maritime .

Cet eldorado potentiel n’est pourtant que de court terme, et ne se limite qu’à l’intérêt de quelques uns.

Les couts cachés  du changement climatique en Arctique montre qu’aucun investissement ne sera durable s’il  on  ne  prend pas en compte les facteurs écologiques, et notamment le climat global :  Le dégel du pergélisol en Sibérie par exemple est susceptible de libérer tant de méthane, que cela remet en cause les estimations les plus pessimistes sur l’évolution du climat
La seule certitude, face à la rapidité des changements en cours, est que  l’urgence écologique doit aller de pair avec l’urgence économique.

Le Sourire des femmes de Nicolas Barreau (Éd. Héloïse d’Ormesson)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Aurélie a hérité de son père « Le Temps des cerises », un restaurant parisien assez connu pour ses fameuses recettes rassemblées sous le générique de « Menu d’amour ». Un père décédé à 68 ans, « les personnes qu’on aime meurent toujours trop tôt, quel que soit leur âge », dit-elle.

C’est ainsi que le lecteur entre dans « Le Sourire des femmes », le très beau roman, plein de saveurs et d’humeurs, de Nicolas Barreau publié aux Éditions Héloïse d’Ormesson. Dans la vie de la jeune femme, il y a Claude, décorateur de théâtre, homme impulsif, « particulier », dont elle est amoureuse : « Il ne me serait jamais venu à l’idée de remettre en question ma relation avec cet homme compliqué et extrêmement original », avait-elle déclaré.

Bien que… Bien qu’un jour, il lui écrivit qu’il avait fait la connaissance de la femme de sa vie et qu’il plaquait Aurélie en lui souhaitant quand même bonne route. Mais, « la douleur rend philosophe », se dit-elle. Bernadette, sa grande amie, un peu envahissante, le lui avait prédit cet échec : « Il est cinglé, tu ne seras jamais heureuse avec un mec comme ça ! ».

Alors, durant une journée complète, la patronne du « Temps des cerises » erra dans Paris, triste, seule, abattue. Elle entra dans une librairie pour échapper à un policier-dragueur, acheta, par hasard, crut-elle, un livre qui racontait une histoire où son restaurant et elle-même jouaient un rôle. La preuve ? L’héroïne, Sophie, amoureuse d’un Anglais qui travaille dans la Ville lumière, lui ressemble comme deux gouttes d’eau, robe en soie vert foncé y comprise. Le nom de l’auteur ne lui évoqua rien, mais il lui a redonné goût à la vie… Un auteur qui, paraît-il, fuit le public comme la peste. Histoire étrange ou alambiquée ?

Ce roman surprend le lecteur dans le bon sens du terme, comme « le sourire des femmes qui est un cadeau du ciel et à l’origine de toute histoire d’amour… »

Bambou, une herbe pleine de ressources

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Parmi les matériaux écologiques et renouvelables à privilégier pour la construction de maisons respectueuses de l’environnement, il y a le bambou. Utilisé depuis des siècles en Asie pour des constructions en tous genres (maisons, échafaudages, ponts…), ses multiples qualités commencent à être remarquées et appréciées chez nous. Et à raison !

En plus de ses caractéristiques, le bambou nous réserve bien des surprises. Saviez-vous par exemple qu’il ne s’agit pas d’un arbre mais d’une herbe ? Le bambou n’est pas utilisé seulement dans la construction, on fabrique aussi des vêtements, ou encore de l’alcool. Il a aussi une place à part dans l’histoire, pour preuve cette anecdote : la première pointe du tourne disque inventé par Alexandre Graham Bell, était en bambou !

Mais penchons-nous plus précisément sur ce qui nous concerne, c’est-à-dire le bambou comme matériau de construction… Car ses caractéristiques font de lui l’un des matériaux à plébisciter pour construire nos maisons écologiques. Il est en effet très résistant, et même plus que l’acier et le béton. Il peut d’ailleurs être utilisé pour remplacer les tiges métalliques dans le béton armé. Rien d’étonnant à cela quand on sait que le bambou est l’une des seules plantes à avoir résisté à l’explosion d’Hiroshima. Il offre aussi une très bonne résistance mécanique, atout important en particulier dans les zones à risque sismique. Le bambou est aussi flexible et peut donc plier sans se briser, en plus d’être plus léger que les matériaux de construction classiques.

Côté écologie, il présente l’avantage de pousser vite et abondamment, ce qui fait du bambou une ressource renouvelable. Une exploitation de bambou produit d’ailleurs plus de matière première, ainsi pour un hectare de bambou, on obtient 30 tonnes environ, contre 9 tonnes pour le bois. Bien entendu, restez malgré tout vigilant quand vous achetez du bambou… Assurez-vous qu’il ne provient pas de l’autre côté du globe pour ainsi éviter les longs transports, et veillez à ce qu’il provienne d’une exploitation raisonnablement gérée. Écologie toujours, le bambou fixerait jusqu’à quatre fois plus de gaz carbonique que les arbres et libèrerait 30 % d’oxygène en plus.

Dans la maison, le bambou a de multiples utilisations. Charpentes, murs, béton armé, planchers, poutres, palissades… il sert dans toute la construction. Inoxydable, imputrescible et imperméable, il offre des qualités indispensables pour construire une maison écologique. D’ailleurs, construire en bambou serait huit fois moins consommateur d’énergie qu’un chantier d’une maison maçonnée classique. Le bambou est aussi un matériau de décoration et de finition, du mobilier au parquet.

Renouvelable, écologique, résistant et flexible, le bambou pourrait bien devenir l’une des composantes incontournables de nos maisons écologiques.

Vous pouvez retrouver les infos de cette chronique sur notre site www.frequenceterre.com

Confirmation : uriner sous la douche est écologique !

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Humeur verte : l’actu déjantée vue depuis Bruxelles, Capitale de l’Europe,  par Pierre Guelff.

 Il y a trois ou quatre ans, j’avais publié une information émanant d’Amérique du Sud prétendant qu’uriner en prenant sa douche avait des vertus écologiques. Entre autres, celle d’économiser l’eau des toilettes. Eh bien, cette information avait fait le buzz sur les antennes de Fréquence Terre avec des milliers de lectures sur le site de votre Radio Nature préférée, alors que des blogs féminins, médicaux, des forums… traitaient du même sujet, loin, bien loin, de l’incontinence urinaire qu’il aurait pu susciter, au point que « Le Monde » titra « Faire pipi sous la douche pour sauver la planète ». Et que reste-t-il de cette info ? Est-elle partie à tout jamais en tirant la chasse ?

Pas du tout, car certains ont calculé que tirer ladite chasse, ça fait environ 10 litres à chaque fois, donc quelque 182 milliards de litres d’eau seraient économisés annuellement en France en urinant sous la douche. Et, encore, comme le démontre le site Topito qui revint à la charge avec, cette fois, l’étude d’une douzaine de bonnes raisons de vider sa vessie sous le jet du pommeau, il y a le gain de temps, l’économie de papier de toilette, puis le fait que l’urine étant corrosive, cela limiterait les siphons bouchés, etc. etc. Donc, le débat est à nouveau ouvert et les internautes ne manquent pas d’y participer. Ainsi, un anti pipi sous la douche signala que l’eau chaude combinée à l’urine, eh bien, ça dégage une odeur à faire décamper un putois.

Un plombier sanitaire belge réagit au quart de tour en disant qu’il dépannait et nettoyait les canalisations et il plaça sa pub sous le message et, bien entendu, ses coordonnées (téléphone fixe, portable, site internet)  en spécifiant qu’il travaillait 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 !  Alors, là, chapeau ! Ça, au moins, ce n’était pas pisser dans un violon comme réactivité !

Bilan 2013: mi figue mi raisin ! 2014: Action !

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Bonne Année 2014 !

La terre a fait une révolution de plus. Et que s’est-il passé durant tout ce temps ? et particulièrement que s’est-il passé dans le domaine de la protection des océans ?

Mi-figue mi-raisin le bilan se présente comme un verre à moitié vide ou comme un verre à moitié plein.

Sur le plan des progrès et des victoires,   l’année a bien commencé avec la mise sous protection de 5 espèces de requins et des raies Manta mises à l’annexe II de la cites, régulant leur commerce international, à défaut de protection totale ;   D’autre part plusieurs parcs marins français ont été ouverts. Dernièrement on a même cru que le chalutage des espèces profondes allait être interdit en Europe. Mais il n’en est rien. En Bretagne, Le peuple des dunes en Trégor se bat toujours pour sauver une dune sous-marine vouée à l’extraction, en attente d’une décision gouvernementale  depuis le mois d’Aout.

Si on regarde le verre à moitié vide, on s’aperçoit qu’on est loin d’atteindre la surface d’aires marines protégées que l’on se devait d’avoir pour 2012  ou pour atteindre celui de 2010, que les requins continuent d’être décimés, que les flottes  industrielles  continuent la surpêche  de plus en plus loin,  en vidant l’Océan indien ou les côtes africaines  . Les pays asiatiques continuent impunément de pêcher partout et à tout va.  le réchauffement climatique se confirme entrainant par l’acidification des océans  des pans entiers de récifs de corail vers leur disparition prochaine.

Bref, nous sommes en 2013, et si le nouvel an de l’année 2000 ouvrait un espoir de changement pour le prochain siècle, force est de constater que nous n’avons pas pris la mesure de la destruction galopante de notre planète. Les solutions existent et elles sont parfois simples. Pourtant peu de choses progressent. En tout cas, très lentement par rapport à la progression des dégradations. Certains pensent que la main du marché, de Dieu, va créer un marché du carbone, du déchet recyclé,  du poisson rare donc de luxe, et que ce seront de nouvelles opportunités régulatrices  pour une société de consommation qui perdurera. Mais c’est sans compter sur l’irréversibilité des dégâts que nous créons à l’échelon de la planète et de l’humanité. À notre allure, c’est avant la fin de ce siècle que les pires scénarii se produiront.

Faudra-t-il attendre de  retirer leur seule source de protéines à plus de 2 milliards d’individus, d’avoir  uniquement des rencontres virtuelles de poissons sur des écrans de télévision,   et d’avoir empoisonné la totalité des océans  pour ne plus en tirer  une subsistance durable ?  La question mérite d’être posée. A l’heure des résolutions,  il serait temps de regarder au-delà du court terme   et d’envisager des  résolutions immédiates pour un objectif de survie de moyen terme. La fin du siècle est  pour demain.  2014 est la première année du restant du siècle. Tachons d’en faire un virage déterminant !

Sur les pas et dans les pages de Victor Hugo (7)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Victor Hugo visita et habita à plusieurs reprises la Belgique. Lors d’un séjour, il se rendit à l’abbaye – déchiquetée  – de Villers-la-Ville, un site construit à la demande de saint Bernard qui, en janvier 1147, conseilla à la petite communauté monacale locale de croître. Après une longue période de prospérité, ce fut le déclin et les ruines témoignent des mutilations irréversibles infligées à la majestueuse église et à ses dépendances. Victor Hugo découvrit en ces lieux une geôle située près du palais abbatial et de la cour d’honneur. Il en fit un cachot dans « Les Misérables ». D’abord niée, puis reconnue du bout des lèvres, cette histoire véridique est aussi liée à une terrible colère de l’écrivain.

Ce fut, pour moi, l’occasion de réaliser deux émissions, une télévisée et une radiodiffusée dont voici quelques passages choisis :

– Cette ancienne abbaye cistercienne inspira deux attitudes à Victor Hugo.

– Quelles attitudes ?

– « Je suis venu, j’ai vu, j’ai pleuré ». Ce fut la première attitude de Victor Hugo qui poussa un véritable coup de gueule face aux graffitis  qui étaient gravés sur les murs de cette vénérable abbaye. Paradoxalement, il commit lui-même un graffiti où il traita les gens de sots et de parvenus :

«… ô pitoyable engeance

qui promenez ici votre sotte ignorance

Et votre vanité !

Cessez de conspuer cette admirable ruine

En y bavant vos noms qui, comme une vermine

Souillent sa majesté ! »

 – Et la deuxième attitude ?

– Dans l’abbaye de Villers-la-Ville, il y avait une prison qui accueillait, si j’ose dire, des détenus laïcs. Victor Hugo prit exemple de cette prison pour décrire les oubliettes dans « Les Misérables », là, où les murs suintaient, où la pierre était considérée comme une pierre tombale, mais à la différence qu’au lieu d’avoir un mort, il y avait un vivant…

Néanmoins, la réalité dépasse parfois la fiction, a fortiori lorsque l’écrivain décrivit l’une et l’autre, lui qui, toute sa vie, lutta pour la liberté et contre l’obscurantisme. Des sujets malheureusement toujours d’actualité !

 – Quelle est cette description de la « prison » de Victor Hugo ?

« C’est là du Moyen Âge que tout le monde a sous la main, à l’abbaye de Villers, le trou des oubliettes au milieu du pré qui a été la cour du cloître, et, au bord de la Dyle (il s’agit de la Thyle), quatre cachots de pierre, moitié sous terre, moitié sous l’eau. C’étaient des in-pace. Chacun de ces cachots a un reste de porte de fer, une latrine, et une lucarne grillée qui, dehors, est à deux pieds au-dessus de la rivière, et, dedans, à six pieds au-dessus du sol… Le sol est toujours mouillé. L’habitant de l’in-pace avait pour lit cette terre mouillée. Dans l’un des cachots, il y a un tronçon de carcan scellé au mur ; dans un autre, on voit une espèce de boîte carrée faite de quatre lames de granit, trop courte pour qu’on s’y couche, trop basse pour qu’on s’y dresse. On mettait là-dedans un être avec un couvercle de pierre par-dessus. Cela est. On le voit. On le touche. Ces in-pace, ces cachots, ces gonds de fer, ces carcans, cette haute lucarne au ras de laquelle coule la rivière, cette boîte de pierre fermée d’un couvercle de granit comme une tombe, avec cette différence qu’ici le mort était un vivant, ce sol qui est de la boue, ce trou de latrines, ces murs qui suintent, quels déclamateurs ! »

En sorte, la visite de Victor Hugo qui débuta le 2 septembre 1862 et dura trois jours (il logea à l’hôtellerie « Les Ruines » situé non loin du site et aurait même bu du vin du Rhin !), bref, cette visite peut se résumer en trois verbes : Venir, voir et pleurer.

Curitiba, la ville écologique

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Si de nombreuses villes françaises se convertissent, petit à petit, au développement durable, dans d’autres endroits du globe, la conversion s’est opérée depuis un peu plus longtemps.

C’est le cas, par exemple, au Brésil. A Curitiba, au sud du pays, les municipalités successives travaillent depuis près de 40 ans au développement de la ville dans le respect des populations et de l’environnement.

A une centaine de kilomètre de l’océan, la capitale de l’Etat du Parana a vu sa population multipliée par 12 en 50 ans, passant de 150.000 habitants en 1950 à près de 1.8000.00 habitants en 2006. Une forte croissance démographique qui n’est pas allé sans poser de problèmes.

La place de la voiture s’est fortement accrue et les favelas côtoient les quartiers plus résidentiels.

Il a fallut très tôt anticiper cette croissance. Car les habitants de Curitiba ont souhaité conserver la douceur de vivre de leur cité. Ils redoutaient que le développement soit mal maitrisé comme dans d’autres mégalopoles brésiliennes telles que Rio ou Sao Paulo.

Un programme d’urbanisation innovant a été mis en place afin d’associer croissance économique, développement social et protection de l’environnement.

Un des premiers chantiers engagé a été le développement d’un réseau de transport en commun qui soit la colonne vertébrale d’une urbanisation cohérente. Plutôt que de construire un métro, comme beaucoup de grandes villes, Curitiba opte pour des autobus en site propre. Les véhicules extra-longs, bi-articulés, et pouvant transporter 270 passagers, sillonnent la ville au milieu des artères principales. Les stations, des tubes transparents servant de sas, sont conçues pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Elles sont équipées de points d’achats de tickets, comme dans des stations de métro afin d’éviter l’attente à la montée dans les bus.

On y trouve des kiosques à journaux, des fleuristes… De quoi patienter sereinement avant d’embarquer à bord des bus… Une attente qui reste limitée : toutes les deux minutes, un bus s’arrête devant les stations-tubes !

Le maillage du réseau à été pensé pour desservir pleinement et rapidement à la fois le centre de la ville et l’ensemble de la périphérie. 340 lignes de bus sur plus de 1000 km…Résultats : 2,4 millions de curitibains utilisent quotidiennement les transports en commun, alors que plus du tiers de ces passagers possèdent une voiture. 80% des déplacements urbains sont effectués en bus.

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Des zones piétonnes agrémentent aussi le paysage de la cité… Et pour éviter de multiplier les déplacements, la municipalité a créé dès 1985 des « rues de la citoyenneté ». A proximité de chaque terminal de bus, ces rues regroupent la plupart des services publics, des commerces, des salles polyvalentes pour les activités culturelles et sportives, ou encore des magasins familiaux… Ces 9 rues, véritables pôles de services de proximité desservant chacune environ 20.000 personnes, sont gérées par des représentants de quartier. Une démocratie participative avant l’heure qui permet de résoudre rapidement les problèmes locaux ponctuels.

La gestion des déchets fait aussi partie de la démarche écologique de la ville. Lancée en 1989, la collecte des déchets est l’affaire de tous. Deux fois par semaine, des camions sillonnent la ville et réceptionnent les paquets de papier, de verre ou de plastique préparés par les habitants. En échange, les curitibains reçoivent un kilo de nourriture ou des tickets de transport.

Les déchets collectés sont triés et valorisés dans des centres spécialisés qui emploient des personnes en difficulté.

Au total, Curitiba récupère et tri plus de 13% de ses déchets, alors que la moyenne dans les autres grandes villes brésiliennes est de 1%.

D’autres réalisations de cette ville durable avant l’heure pourraient encore être citées… Comme les « phares du savoir », des centres culturels gratuits, proposant bibliothèque, ou accès Internet… Ou encore la « ligne pour l’emploi » ou les « hangars de l’entrepreneur », autant d’actions menées pour favoriser l’emploi et un aménagement du territoire raisonné. Les centres de santé gratuits, l’école, les espaces verts font aussi partie des lignes directrices du développement de la ville.

Depuis 40 ans, la volonté des municipalités successives porte ses fruits. Le dynamisme économique de Curitiba fait presque figure de modèle au Brésil. Avec un taux de chômage de 4%, les exigences environnementales et sociales se combinent avec réussite. Un modèle qui tente de faire des petits dans le reste de l’Etat du Parana et qui pourrait aider les autres villes d’Amérique latine, mais aussi des villes européennes pourquoi pas, à dégager des pistes d’actions pour contribuer à un développement plus durable.

Pour aller plus loin :

 

Hubert Reeves en donneur de leçons

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Humeur verte : l’actu déjantée vue depuis Bruxelles, Capitale de l’Europe,  par Pierre Guelff.

 Il n’y a absolument rien de péjoratif en citant Hubert Reeves, comme étant un donneur de leçons, puisqu’il s’est retrouvé, il y a quelques jours, au Parlement européen devant 250 étudiants et qu’il répondait à leurs questions. L’astrophysicien, penseur des temps modernes et militant écologique engagé, s’adressa avec humilité à son auditoire et j’ai relevé quelques-uns de ses propos émanant d’un bon sens qui fait tellement défaut à nos décideurs, politiciens, économistes, industriels et, surtout, banquiers. « Notre monde merveilleux existe depuis des milliards d’années et chacun d’entre nous en fait partie, dit-il. Nous sommes tous des poussières d’étoiles ! Certes, on peut rêver mais il faut garder les pieds sur terre. Ainsi, il faut mettre la pression pour que les dirigeants tiennent leurs promesses. C’est pourquoi, je talonne Monsieur le président Hollande quant à la biodiversité ! Il ne faut pas laisser faire n’importe quoi avec le nucléaire, les OGM… et je donne le conseil suivant aux jeunes : soyez vigilants ! Ce que nous faisons aujourd’hui sur cette planète menacée aura un impact majeur dans le futur, or il faut que  nos enfants et petits-enfants profitent aussi d’une vie convenable. »

À la question de savoir s’il était optimiste ou pessimiste quant à l’avenir de l’humanité, Hubert Reeves cita Jean Monnet, un des pionniers de l’idée européenne : « L’important ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, c’est d’être déterminé à faire ce que l’on pense qu’il y a lieu de faire. » Hubert Reeves dit encore qu’il aime beaucoup la vie, propager la science, se promener dans la forêt, écrire des livres, écouter de la musique classique, mais qu’il faut, avant tout, respecter la liberté et le choix des autres.

Nos décideurs industriels, économiques et politiques ont-ils aussi entendu cet homme sage leur crier que si on continuait à vider les océans, par exemple, c’était foutu ?

 

Sur les pas et dans les pages de Victor Hugo (6)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 « Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde » clama Victor Hugo,  l’écrivain et poète parmi les plus célèbres de la littérature française.Inutile de préciser que c’est avec beaucoup d’émotion, qu’à plusieurs reprises, j’ai visité sa maison à la place des Vosges, au numéro 6. C’est en 1832, que Victor Hugo emménagea au deuxième étage du vieil hôtel Rohan-Guéménée et y attira le « Tout-Paris » littéraire et de la politique. Dans un salon en damas de soie rouge, on y vit défiler Théophile Gautier, Alfred de Musset, Honoré de Balzac, les Lamartine, Vigny, Nerval, Liszt, Berlioz, Rossini… C’est dans cette demeure de la Place Royale, devenue Place des Vosges, qu’il écrivit quelques-unes de ses plus importantes œuvres : « Marie Tudor », « Ruy Blas », « Les Chants du crépuscule », « Les Voix intérieures », « Les Rayons et les ombres » et, en partie, « Les Misérables », « La légende des siècles », « Contemplations »…

Il devint académicien, pair de France, fut élu député, rencontra Juliette Drouet, maria sa fille Léopoldine à Charles Vacquerie, qui se noieront sept mois plus tard… En parcourant ces lieux illustres, c’est « pénétrer dans un monde intérieur ». Effectivement, on y trouve maints objets chers à Hugo, parfois utilitaires, et puis, il y a des écrits, des photographies, des sculptures, des tableaux… qu’il a regardés, admirés, touchés, déplacés, rejetés.

Parmi les multiples pièces de cette maison-musée, j’ai vu une statue de Bouddha, le pouce et l’index d’une main se touchant par les bouts et cela rappelle le « dharmaçakra », geste rituel de l’hindouisme et du bouddhisme symbolisant une attitude spirituelle. Face à cette statue, Victor Hugo médita-t-il ? Souffrait-il ? Avait-il peur ? De qui ? Pourquoi ? Il quitta la place des Vosges quand, le 24 juin 1848, des balles furent tirées vers sa demeure : « Quatorze balles ont frappé ma porte cochère, onze en dehors, trois en dedans. Un soldat de la ligne a été atteint mortellement dans ma cour. On voit encore la traînée de sang sur les pavés… »

Parmi les nombreux documents originaux présentés, j’ai remarqué que Victor Hugo signa de ses initiales accolées et un « Je t’haïme » qui en dit long sur son parcours affectif et amoureux. Un peu plus loin, j’ai noté trois phrases, parmi des centaines, qui me touchent : « Aimer, c’est agir », « Je suis l’être incliné qui jette ce qu’il pense ; qui demande à la nuit le secret du silence » et « La conscience de l’homme, c’est la pensée de Dieu ».

Un quatrième écrit ne cesse, lui, de m’interpeller :

« Vieillir, sombre déclin ! L’homme est triste le soir ;

Il sent l’accablement de l’œuvre finissante.

On dirait par instants que son âme s’absente. »

Citoyens-consommateurs et imbéciles

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Humeur verte : l’actu déjantée vue depuis Bruxelles, Capitale de l’Europe,  par Pierre Guelff.

C’est à la mode ! Quasiment chaque chaîne française de radio ou de TV, a son chroniqueur belge, avec ou sans accent, avec ou sans la frite : France 2, France Inter, Canal+, RTL et j’en passe. À Fréquence Terre, la Radio Nature par excellence, un Belge, votre serviteur en l’occurrence, sévit déjà depuis sept ans avec « Littérature sans Frontières » ; alors, les cadors de la station ont décidé de sortir aussi « leur » Belge pour commenter l’actu de manière déjantée avec la chronique « Humeur verte ». Pourquoi « verte » ? Parce qu’il s’agira d’écologie, bien sûr, mais humeur verte, aussi, comme âpre, rude et vive, ces qualificatifs devant être pris pour l’expression de commentaires sans concession… même pour les Verts : qui aime bien châtie bien ! Sans concession ne voulant pas dire grossier, vulgaire ou irrespectueux, n’est-ce pas. Jugez-en.

Il y a une semaine, et cela ne semble pas avoir été démenti depuis lors, on a appris, même dans les couloirs de la Communauté européenne, le gros « machin » de Bruxelles pour paraphraser le général de Gaulle, on a donc appris qu’un nouveau trafic de viande chevaline avait été découvert dans le Sud de la France. Des chevaux revendus pour la consommation humaine après avoir – parfois – servi dans l’industrie pharmaceutique. En prime à cette info déjà scandaleuse en elle, j’ai entendu un prétendu magistrat déclarer, sans rire, que cette viande impropre à la consommation, a priori, ne présentait aucun danger.Il faudra qu’on m’explique la différence qui existe entre ces « subtilités » (ou sottises, pour ne pas dire conneries) juridiques et le fait de prendre les citoyens-consommateurs pour des imbéciles, quand bien même vous pourriez me trouver trop à cheval sur les principes…