Le dernier essai d’Edgar Morin s’intitule « Réveillons-nous ! » et vient de paraître chez Folio.
Que peut encore servir l’écrivain centenaire pour secouer les consciences ? N’a-t-il déjà pas tout exprimé dans ses multiples ouvrages et apparitions publiques ?
Que du contraire, le voici qui s’attaque de manière tranchée au transhumanisme, ce qui conduit, selon lui, « à une métamorphose où l’humain deviendrait à la fois métahumain, surhumain et post-humain ».
Inutile de vous dire qu’il n’apprécie guère ce changement : « Peut-on laisser à des entreprises scientifiques vouées au profit le droit de créer par manipulations génétiques des spécimens posthumes dangereux ? »
Et d’y répondre :
« Un mythe transhumaniste est celui d’une société harmonieuse régulée par l’intelligence artificielle (IA) qui expulserait tout désordre. Or l’expulsion du désordre exclut toute initiative, toute créativité. L’ordre impeccable est l’ordre implacable. Le gagner ne vient pas des robots, mais du risque que les humains deviennent des robots. »
Un autre argument pour Edgar Morin :
« Toute la philosophie transhumanisme masque le vrai problème de l’humanité, qui n’est pas l’augmentation quantitative de ses pouvoirs mais dans l’amélioration qualitative des conditions de vie et des relations humaines. L’enjeu essentiel n’est pas de changer la nature humaine, mais d’en inhiber le pire et d’en favoriser le meilleur. »
Et, aussi, de constater les dégâts du néo-libéralisme mondialisé qui, selon lui, « n’est autre que la toute-puissance mondiale du profit, celle qui provoque des catastrophes écologiques et l’asservissement des populations, suscitant de multiples révoltes, toujours réprimées. »
Il ajoute que « la trinité science-technique-économie est de plus en plus animée par la domination insatiable du profit ainsi que par l’énergie implacable des États et que la puissance sans conscience fait de nous des impuissants : puissance sans conscience n’est que ruine de l’âme », clame-t-il avec détermination.
Pour lui, « les interdépendances de la mondialisation techno-économique n’ont apporté aucune solidarité lors de la crise sanitaire mondiale due à la pandémie du Covid-19 ».
Il constate également un fléau rampant sur toute la planète, je le cite encore : « Toute vie individuelle peut aujourd’hui être surveillée par drone et satellite, contrôlée par reconnaissance faciale, toute vie privée peut être violée à partir des écoutes de téléphones portables et du piratage de nos données personnelles. »
Alors ? Comment remédier à cette chute des valeurs et de la vie sur Terre ?
Pour Edgar Morin, cette gigantesque crise écologique ne pourra être résolue que par une politique assurant la décroissance de tout ce qui pollue et détruit, et la croissance de tout ce qui sauvegarde et régénère.
Une nouvelle politique, en somme, qui concerne tous les aspects sociaux, techniques, scientifiques, une politique de l’énergie qui se substituerait aux énergies polluantes, une politique de l’eau, de la ville, des campagnes, de l’Éducation, de civilisation, en d’autres termes, une politique pleinement humaniste, même si, d’après son analyse « les innombrables associations et mouvements de solidarité se heurtent toujours aux égoïsmes et aux compartimentations sociales. »
Bref, à nous de faire changer cela. Donc, de se réveiller face à une réalité incontournable. Le temps des chimères consuméristes est révolu.
Place à la solidarité et à l’humanisme concrets, pas des prêchi-prêcha de salons feutrés.




La foule, c’est-à-dire le peuple, des êtres humains saturés par cette politique politicienne et ces cadeaux aux riches et nantis, ce peuple qui, en grand nombre, a fait de ce jeudi 23 mars un moment de fraternité contre le mépris.
Depuis Bruxelles et les institutions européennes, on suit avec grande attention le déroulement de cette crise majeure en France.
L’obstination de Macron à imposer coûte que coûte sa décision au nom d’une prétendue situation économique, ne fait même pas sourire à Bruxelles.
Lors de la manifestation de masse de ce jeudi 23 mars à Paris, deux slogans ont attiré mon attention : « Faites payer les pollueurs, laissez vivre les travailleurs » et « Si tu nous mets 64, on te-remai 68 ».

Je résume ce qui devrait être officialisé demain :
Le stress est aussi un problème très fréquent et quand il se prolonge au point d’impacter la qualité de vie, il y a risque de burn-out. Dans nos sociétés consuméristes, ce phénomène explose. De nombreuses études démontrent que la méditation de pleine conscience agit positivement sur l’anxiété, la dépression et le burn-out. Car en entraînant l’esprit à se focaliser sur l’ici et maintenant, la pleine conscience évacue les ruminations, bloque les processus mentaux provoquant les peurs et facilite la gestion des émotions.



Chaque jour est un défi, s’adapter ou s’extraire du stress quotidien. Le monde s’informatise à outrance et l’option de pouvoir prendre son temps pour être présent à soi et aux autres se dissout dans le flot des innombrables échanges d’emails.

En ce premier jour du printemps 2023, le 1er mars donc, j’ai assisté à un fabuleux moment de fraternité universelle dans La Grande Librairie sur France 5 avec, comme invités d’Augustin Trapenard, quatre auteurs : Erri De Luca, Marie Charrel, Matthieu Ricard et Cyril Dion sur le thème de « Repenser le vivant ».
Évoquant la contestation et la désobéissance civile, il dit : « Il faut écouter le contre-poids de nos malheurs » et « La vie se fonde sur la fraternité mutuelle ; la justice est d’abord un sentiment, pas une loi ».
Et cet appel : « Le vivant, c’est l’Homme, la nature, il y a une interdépendance qui se détruit or, la Lumière résiste ! Trouvez-là !
Le réalisateur écologiste dit encore que « notre civilisation nous a habitués à de faux désirs. Pourtant, on continue à cautionner ce monde qu’on ne veut pas. Ce monde qui nous fait un chantage au salaire. »
Et cet autre constat : « Le principe du marketing est de faire aimer aux gens ce dont ils n’ont pas besoin. Or, il est trop tard pour être pessimiste. Dès lors, la vraie justice, c’est la force de la vérité. »



