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La parole perdue de Sophie Perenne (Éditeur MdV)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« La parole perdue » est un essai de Sophie Perenne à « Maison de Vie » ; un ouvrage  qui se veut aider le lecteur à la retrouver, en somme. Vaste programme en soi qui, au fil des pages, recèle bien des enseignements et interprétations profanes, religieuses, initiatiques… a fortiori lorsqu’on sait que la langue, qui est une forme de pacte social, se caractérise par le langage au moyen des paroles, de l’écriture, de gestes, de la langue des sourds, des signes établis par les Indiens des plaines, de l’argot, des SMS…

Parfois, ce langage peut mentir, dissimuler, trahir, tricher, manipuler, rabaisser, comme il peut être un bel élan fraternel vers le monde et les êtres. Et puis, il y a les images pleines de sens caché(s), dont celle, récurrente, de « L’Alchimie » visible sur le pilier central de la cathédrale Notre-Dame de Paris (voir photo) avec deux livres : un est ouvert, il représente l’exotérisme, philosophies ou religions publiques, l’autre est fermé, et signifie l’ésotérisme, philosophie qui s’adresse aux initiés.

 

Quand la nuit porte conseil (1) : Rien ne meurt…

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« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.

D’après le romancier et humaniste Antoine de Saint-Exupéry : « Ce qui sauve, c’est de faire un pas ». En quelque sorte, cela corrobore une déclaration prononcée il y a de nombreux siècles par le philosophe chinois Lao-Tseu : « Un voyage de mille lieues commence par un pas. »

Que je vous parle de voyage, j’apprécie beaucoup la définition du fameux Chemin de Compostelle donnée par l’auteure Florence Baccheta : « Ce chemin a pour toile de fond la soie de l’Orient qui se rejoint à la laine celte, la couleur franc-maçonne qui se marie aux teintes passées de l’Atlante et à l’or des alchimistes, formant des motifs bien chrétiens. »Carnac mégalithes 3

« On ne peut comprendre l’autre qu’en marchant deux kilomètres dans ses chaussures » est-il clamé dans un proverbe indien… Il est donc vrai que, souvent, notre esprit vagabonde lors de randonnées. Alors, il nous revient le souvenir de l’une ou l’autre éphéméride : « Plante qui grandit trop tôt doit craindre la gelée », « Qui cesse d’être ami ne l’a jamais été », « Qui n’avance pas recule »…

Parfois, il y a des pierres sur les chemins. Certaines nous font trébucher, d’autres s’avèrent fabuleuses : à Carnac et dans ses environs (photo), on compte des milliers de mégalithes. On a donné de multiples fonctions à ces pierres : gigantesques sculptures à regarder du ciel, observatoires astronomiques, soldats romains transformés en pierres, œuvres de fées, cultes du serpent et du dragon, etc.

Sur un site mégalithique proche des Ardennes, j’ai relevé une déclaration de Guy de Maupassant que je vous partage : « Il ne faut jamais plaisanter avec les croyances éteintes, car rien ne meurt… »

Musique : « Birth in Blue » de Michaël Mathy.

 

Coupures d’eau : le méli-mélo politique

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© Coordination Eau Ile de France

Le débat sur les coupures d’eau et la biopiraterie sont les deux sujets de cette deuxième édition de Monde Solidaire avec le Fondation France Libertés, en compagnie d’Emmanuel Poilane, le directeur de la fondation.

 

© France Libertés
© France Libertés

Les coupures d’eau au cœur d’un vaste méli-mélo politique !

Un amendement déposé par le sénateur Cambon a été voté le 19 février dernier, rétablissant la possibilité aux entreprises de l’eau de couper l’eau en cas d’impayé… Un amendement soutenu dans un premier temps par la ministre de l’écologie Ségolène Royal, qui a provoqué un levé de bouclier des associations de consommateur et de France Libertés…

L’argument du sénateur Cambon était qu’interdire les coupures d’eau provoquerait des hausses d’impayés… En fait, que les plus démunis profiteraient en fait du système pour ne plus payer

Emmanuel Poilane.

« Dans sa bouche ce n’était pas les démunis profites du système, c’était les mauvais payeurs profitent du système… Mais pour nous, cet amendement c’était la volonté de permettre aux opérateurs de l’eau de continuer de couper l’eau aux plus démunis. On est très content du revirement de la ministre Ségolène Royal qui a pris la mesure du dossier. Depuis son revirement, toutes ses déclarations ont expliqué le pourquoi de son changement de position.

Cet amendement questionne notre mode de démocratie, puisque la loi Brottes, été votée en avril 2013, était très claire. On avait pu le prouver devant les tribunaux. Nous avons pu gagner face aux distributeurs de l’eau à plusieurs reprises. Avec cet amendement dans une loi qui n’avait rien à voir avec l’eau, cela donnait la possibilité aux multinationales de l’eau, avec des élus qui leur sont proches, de modifier la loi à leur gré…

On remercie l’action de la CLCV et de son délégué général François Carlier pour leur relais dans ce dossier. Et on remercie également le journal Le Parisien pour son article qui a permis à tous les médias de s’emparer de cette question. Cela nous à aidé à protéger les plus démunis et à monter que l’on ne peut pas faire des petits arrangements entre amis sur la loi. »

Comme le rappelle la Fondation France Libertés avec les autres associations, la CLCV, la Coordination Eau Ile de France ou encore l’UFC Que Choisir, personne ne peut vivre sans eau, et donc le fait de ne pas payer n’est pas un acte volontaire mais subit.

« Ne pas payer sa facture, c’est anormal, mais on doit absolument protéger ceux qui ne peuvent pas payer. Et le fait de recourir à la coupure d’eau comme premier moyen pour recouvrir ces impayés est très violent.

Il y a d’autres moyens, notamment le nécessaire contact avec les usagers du service public de l’eau pour qu’ils puissent bénéficier d’échelonnement de leur dette. Car souvent ceux qui ne peuvent pas payer veulent payer mais ont besoin de modalités de paiement compatibles avec leurs moyens.

Le rejet de cet amendement et le renforcement de la loi Brottes, c’est la volonté de l’Etat français d’être très attentif aux plus démunis notamment pour leur accès à l’eau. »

Si les entreprises privées restent encore réticentes à appliquer la loi, les Régies publiques de l’eau, elle, viennent de décider d’un moratoire sur ces coupures… Est-ce un signe positif ?

« C’est un signe extrêmement positif. Il y a une vraie prise de conscience de la Fédération des Régies Publiques de l’eau qui reconnait que la loi est claire. Appliquons-la, trouvons des modalités pour recouvrir les impayés sans passer par la coupure d’eau. On espère que les autres fédérations (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies – FNCCR – et la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’eau – FPEE) vont pouvoir prendre des décisions du même ordre. »

Encore beaucoup de témoignages de cas de coupures abusives arrivent à la Fondation France Libertés.

« En une semaine, depuis les déclarations de la ministre, on a eu une quinzaine de témoignages. C’est encore un sujet important. »

Le texte doit encore revenir à l’Assemblée. La confiance est-elle toujours là ?

« On a rencontré le député François Brottes. Il nous a fait part de son intention de garder sa loi intacte. Il participe à la commission mixte paritaire qui va avoir lieu sur la loi de transition énergétique. On imagine qu’il va faire en sorte de retirer cet amendement. »

© France Libertés
© France Libertés

Agir contre la biopiraterie

 Les Troisièmes Rencontres Internationales contre la biopiraterie se sont tenues ce jeudi 5 mars à l’Assemblée Nationale, à l’initiative de France Libertés. Ce colloque souhaitait mettre l’accent sur les actions à construire sur le terrain et sur les mesures législatives à prendre, mesures politiques et éthiques, pour mener à bien cette lutte…

Qu’est-ce que l’on entend par Biopiraterie ?

Emmanuel Poilane.

« La biopiraterie c’est le fait qu’une entreprise ou un laboratoire de recherche s’approprie des connaissances ancestrales pour en faire un brevet. C’est s’accaparer ces connaissances qui sont dans le domaine public ou qui sont propriétaires des peuples autochtones qui les ont développés pour en faire un profit ou une commercialisation. Cela peut être lié à des entreprises de médicaments, de produits de beauté, ou toute autre chose touchant à l’accaparement des savoirs traditionnels.

C’est un sujet qui permet d’éclairer des peuples qui vivent dans une notion d’équilibre global, respectueux de leur environnement, de la production de leur richesse et du partage de leur richesse.

Dans ce colloque, on avait fait le choix de traiter des alternatives à la biopiraterie pour montrer que l’on peut mener des actions économiques rentables en étant respectueux de chacun, des peuples autochtones, du partage des avantages.

On ne dépose pas un brevet pour quelque chose que l’on n’invente pas. Et quand on s’accapare une connaissance qui n’est pas breveté pour la breveter, on essaie d’effacer des millénaires de connaissance traditionnelles.

On avait des experts de toute la planète, un grand spectre d’intervenants, des députés de toutes sensibilités. Ce sujet qui n’est pas très connu du grand public intéresse énormément de gens. On a le devoir de le vulgariser. Et sur notre site internet, il y aura un enregistrement intégral du colloque pour permettre de découvrir tout ce que revêt cette question de la biopiraterie. »

Quelles sont les actions de terrain qui sont à mener et quels sont les outils pour mener à bien cette lutte, dans le cadre notamment de la loi sur la biodiversité qui sera présenté les 16 et 17 mars 2015 ?

 

« Le projet de loi sur la biodiversité, c’est la volonté d’encadrer les pratiques, de faire en sorte qu’il y ait une traçabilité dans la conception de ces brevets et de mettre à jour les liens possibles avec les connaissances traditionnelles. Il y a ensuite le lien avec tout un tas d’acteurs sur la planète, en Amérique Latine, en Afrique ou en Europe, pour accentuer la vigilance et mettre en lumière tous les cas d’entreprises qui profitent du fait que des connaissances ne soient pas brevetées pour se les accaparer. »

Dans l’Agenda de France Libertés :

  • Publication, le 20 mars prochain, des résultats de l’Opération Transparence, sur le prix de l’eau en France…
  • Du 24 au 28 mars prochain se tiendra à Tunis le Forum Social Mondial au cours duquel France Libertés organise la 2ème édition des rencontres « Eau, Planète et Peuples ».

Deux évènements sur lesquels nous reviendrons dans la prochaine émission, dans quinze jours.

© France Libertés
© France Libertés

 

[youtube]http://youtu.be/y-XWxg1V8u8[/youtube]

Le génie de la Bastille de Jean Diwo (Folio)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« Le génie de la Bastille » de Jean Diwo (Folio) est le troisième et dernier tome des « Dames du Faubourg », une superbe saga qui, au total, fait 1 600 pages et s’étire sur quatre siècles d’Histoire. Elle relate, depuis l’époque du roi Louis XI jusqu’à la Belle-Époque et l’Art nouveau, la communauté du bois installée dans le quartier parisien du Faubourg Saint-Antoine.

Ce Paris qui, pour l’auteur, « transforme un fait banal fait en une péripétie considérable. »

Amour de la belle ouvrage et compagnonnage font partie de l’ADN de ces menuisiers, ébénistes, charpentiers et sculpteurs exceptionnels dont certains, au fil de ce troisième tome côtoient de près ou de loin le monde des artistes.

Il est donc question des Théophile Gautier, Balzac, Berlioz, Mérimée, Alexandre Dumas, Baudelaire, Offenbach, Chateaubriand, Zola, Proust, Jean Cocteau, d’Art nouveau, d’expositions universelles, mais aussi de révolutions sanglantes dans les rues de la capitale.

Le moment de lancer quelques propos qui ne plaisaient forcément pas aux autorités : « Le charme des honneurs est inversement proportionnel à leur mérite. Croyez-vous qu’un ministre a gagné les médailles dont il se pare ? »

 

Le Guide de l’autonomie au jardin

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J’ai le plaisir de vous annoncer la parution du Guide Terre vivante de l’autonomie au jardin.

Pour savoir tout  faire soi-même au potager, au poulailler et au rucher !

 

Voici le lien vers sa présentation sur notre site :

http://boutique.terrevivante.org/librairie/livres/251/jardin-bio/le-guide/458-le-guide-terre-vivante-de-l-autonomie-au-jardin.htm  

Les internautes peuvent y consulter le sommaire, feuilleter quelques pages du livre et en savoir plus sur les auteurs

Le Guide Terre vivante de l’autonomie au jardin

Savoir tout faire au potager, poulailler, rucher…

Qui n’a jamais rêvé de vivre de son jardin ? Cet ouvrage – de plus de 500 pages – réunit

tous les conseils et savoir-faire d’un collectif d’experts. Les piliers du jardinage bio sont présentés

pour obtenir un potager nourricier : compost, engrais verts, paillage, associations, auxiliaires, potions

et production de graines. Une quarantaine de fiches détaille les fruits et légumes à cultiver (carottes,

fraises, poireau, etc.). Enfin, les petits élevages de poules et d’abeilles complètent cette accession à l’autonomie.

Pascal Aspe, Claude Aubert, Michel Audureau, Rémy Bacher, Christian Boué, Brigitte Lapouge‐Déjean, Blaise Leclerc,

Claude Merle, Jean‐Paul Thorez : un collectif de jardiniers, agronomes et éleveurs spécialisés dans leurs domaines.

En librairie le 6 mars 2015 – 512 pages – 35 € – Collection Guides Terre vivante

 

 

Les défaillances des Agences de l’Eau

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La cour des comptes vient donc d’épingler les Agences de l’Eau pour leurs défaillances multiples.

Contrôles, subventions, gouvernance, conflits d’intérêts, les critiques ne manquent pas. Les associations qui dénoncent ces dysfonctionnements depuis longtemps ont salué le rapport des Sages de la Cour des Comptes.

De son coté, le Ministère de l’Ecologie, qui est le Ministère de tutelle de ces Agences, a promis un rééquilibrage de ces assemblées lors de leur prochain renouvellement en juin prochain.

Une promesse qu’ont du mal à croire les associations d’usagers, comme le souligne Jean-Luc Touly, le responsable Eau à la Fondation France Liberté et Président de l’ACME, l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau.

 

« Delphine Batho avait donné raison aux associations pour rééquilibrer la gouvernance des Agences de l’Eau à 50% d’usagers domestiques et 50% d’usagers industriels et agricoles. Quand elle a été congédiée, ces successeurs, Philippe Martin d’abord et Ségolène Royal ensuite, ne sont pas revenus sur la proposition de Mme Batho.

On en est donc toujours au même point. Une procédure devant le tribunal administratif de Paris a donc été engagée pour dénoncer le fait que ce qui a été proposé n’ait pas été acté et pour que l’injustice soit réparée. On est obligé de saisir le tribunal pour faire respecter ce qu’avait déjà dénoncé la Cour des Comptes en 2012.

Ségolène a dit qu’il y aurait plus de transparence et de rééquilibrage. Mais on note que dans le rapport d’étape de la cour des comptes, Mme Royal n’a pas remis en cause la représentativité actuelle et a même affirmé que la gouvernance telle qu’elle est définie actuellement, soit 1/3 des usagers domestiques, cela allait. Or, dans le tiers des représentants qu’elle décompte, elle inclut la sylviculture ou la conchyliculture qui ont également des intérêts à défendre.

On n’a donc pas une grande confiance dans la volonté de modifier le rapport de force. On est en droit de se demander si le gouvernement n’est pas sous influence des lobbys industriels et agricoles. »

Face à l’absence de volonté politique apparente de faire changer ce rapport de force, les associations optent pour le moment pour la voie judiciaire pour faire évoluer la gouvernance des Agences de l’Eau vers plus de transparence.

Pour aller plus loin

 

Bethsabée par Marek Halter (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Avec 118 pages enlevées au pas de course, l’auteur Marek Halter offre un récit palpitant avec le roman « Bethsabée ».

Le roi David envoya son armée faire la guerre loin de Jérusalem et l’un de ses généraux choisit Urie comme officier de confiance.

heureux et fier, Urie avait prévenu sa femme Bethsabée qu’il serait absent très longtemps. Elle se sentit délaissée par son guerrier.

Cette femme à la grâce sensuelle étourdissante n’admit pas que son homme puisse préférer servir le roi plutôt qu’être auprès d’elle. Alors, c’est ce dernier qui se retrouva dans sa couche tout en bafouant allégrement les commandements de Moïse !

La puissance, le pouvoir et le faste royal étaient d’incomparables aphrodisiaques, constate l’auteur, également connu comme militant des Droits de l’Homme, de la Mémoire et pour la Paix.

Mais, en ce temps-là, une femme adultère devait être lapidée, selon la loi de Dieu admise par David lui-même.

« Une injustice ! » osa clamer Bethsabée à son amant.

Le peuple de Jérusalem ne fut pas dupe du stratagème élaboré par David pour écarter Urie et il le lui fit comprendre…

 

Des indicateurs de richesse plus respectueux de l’humain

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© le LEM

Nouveaux indicateurs de richesse, coupures d’eau, désinvestissement et biopiraterie au menu de Monde Solidaire, votre nouveau rendez-vous avec ceux qui agissent pour une société plus solidaire, plus respectueuse de l’homme, de son environnement. Des associations, des fondations, des médias porteurs de solutions qui changent le monde.

Tous les quinze jours, nous retrouverons la Fondation France Libertés pour un tour d’horizon de l’actualité, et de son actualité. Ses actions en cours, ses prises de position, ses combats, avec Emmanuel Poilane le directeur de France Libertés.

© France Libertés
© France Libertés

Alors que la loi Macron pour la croissance est au cœur de l’actualité, une proposition de loi sur la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse vient d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale. Une loi qui replacerait l’économie au service de l’homme ?

« Il faut se donner les bons indicateurs. On sait que le PIB n’est pas un bon indicateur. Il est obsolète Il faut absolument construire des indicateurs qui soient réellement probants et qui prennent en compte le développement humain et pas seulement le développement économique. »

Une loi à rapprocher de ce qui est déjà en vigueur au Bhoutan, le BNP, Bonheur National Brut.

« Sans aller aussi loin, ces indicateurs sont déjà testés dans des régions françaises. Le Nord Pas de Calais mène des actions sur ce thème depuis de nombreuses années avec des résultats intéressants. C’est une urgence de faire que des problématiques déjà prises en compte au niveau locale le soient aussi au niveau national et international. On ne peut plus se satisfaire de Nations qui n’ont pour ambition que l’augmentation de la croissance liée au PIB alors que l’on sait que c’est néfaste pour l’ensemble des populations.« 

Des nouveaux indicateurs de richesse, proposition paradoxale à l’heure où la loi Macron mobilise toutes les attention.

« Pour nous qui travaillons avec des philosophes et des économistes, il y a urgence de sortir de l’orthodoxie économique. Tous les signaux sont au rouge. Il faut inventez les modèles de demain plus respectueux de l’humain. »

 

La loi Brottes interdisant les coupures d’eau qui est en vigueur depuis tout juste un an, est l’un des combats de France Libertés. Elle est aujourd’hui visée par un amendement déposé par un sénateur, Christian Cambon, qui souhaite revenir sur cette interdiction.

« Cela fait 8 mois que France Libertés travaille sur ce sujet dans une réalité où les multinationales et les régies publiques de l’eau n’appliquent pas la loi. Des postures soutenues par les élus eux-mêmes. Sur la proposition du sénateur Cambon, il y a un ralliement des élus et des entreprises de l’eau pour dire « on ne veut pas appliquer la loi, changeons la ». Et le fait que M Cambon soit proche de la Lyonnaise des eaux par l’intermédiaire de son adjoint à la mairie de St Maurice dans le Val de Marne, cela trouble le propos. »

© Coordination Eau Ile de France
© Coordination Eau Ile de France

Pour mettre fin aux combustibles fossiles, désinvestissons ! C’est la campagne internationale à laquelle France Libertés s’est associée.

« C’est une campagne qui se veut positive qui vise à convaincre ceux qui placent de l’argent sur les marchés financiers de désinvestir les industries fossiles. Il y a un enjeu pour le climat et pour la recherche pour de nouvelles énergies… L’argent qui est placé pour nos retraites vers les énergies fossiles, soit près de deux milliards d’euros, autant le déplacer vers les énergies renouvelables. C’est une campagne positive, constructive et tournée vers le futur. »

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=GMrVSnQ_MZI[/youtube]

 

Enfin à l’Agenda de France Libertés, les Troisièmes rencontres internationales contre la Biopiraterie qui se tiennent à Paris le jeudi 5 mars, à l’Assemblée Nationale.

« C’est une caisse de résonnance pour le projet de loi biodiversité qui sera présenté à l’Assemblée Nationale les 16 et 17 mars 2015, et qui traite de la biopiraterie dans son titre IV. La France est ambitieuse sur la question. C’est l’occasion de sensibiliser le grand public et les acteurs politiques sur cette lutte contre la biopiraterie. Il s’agit notamment de mettre en place des mesures pour un partage plus juste et équitable des avantages liés à l’utilisation des ressources génétiques et des savoirs traditionnels. »

[youtube]http://youtu.be/-PaHaXKbQ5I[/youtube]

Prix Pinocchio pour les menteurs !

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Le magazine « Ma ville, notre planète » présente les « Prix Pinocchio » récompensant (?!) les entreprises et organisations multinationales les plus menteuses et celles qui usent et abusent de pratiques en totale contradiction avec le concept de développement durable… qu’elles osent revendiquer et pratiquer !

Cette initiative est due aux « Amis de la Terre France » (photo Prix 2014) et comporte trois catégories :

1. La catégorie « Plus vert que vert » pour les campagnes de communication abusives et trompeuses.

2. La catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! » s’adresse aux entreprises menant une politique agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles.

3. La troisième catégorie s’intitule « Mains sales, poches pleines » et recense les entreprises menant l’opacité au niveau financier, par exemple.

Il paraît, selon le magazine, que la banque BNP-Paribas a tenu compte de cette initiative citoyenne.

N’empêche, le chemin serait encore long pour que les choses avancent de manière significative dans de multiples multinationales…

 

Les Agences de l’Eau dans le viseur de la Cour des Comptes

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Subventions généreuses, gouvernance contestable, contrôles défaillants, pollueurs épargnés, les critiques adressées par la Cour des Comptes aux Agences de l’Eau sont nombreuses. Dans son dernier rapport qui vient de paraitre, les juges de la rue Cambon épinglent ces Agences qui mettent en œuvre la politique de l’Eau en France. Créées en 1964, elles sont au nombre de six réparties sur le territoire selon les bassins hydrographiques. Elles sont chargées de collecter les redevances auprès des utilisateurs et les redistribuent pour la préservation de la ressource et des milieux aquatiques.

Ces Agences sont censées être vigilantes sur les pollutions et agir pour les diminuer. Pourtant, il semble, selon la Cour des Comptes, que le principe du pollueur-payeur ait du plomb dans l’aile.

Pour Jean-Luc Touly, le responsable Eau à la fondation France Libertés, c’est la gouvernance de ces Agences qui est à l’origine de ces manquements.

© Agences de l'Eau
© Agences de l’Eau

« La gouvernance de ces Agences se fait à partir des comités de bassin, dont la composition comprend trois collèges : celui des usagers, celui des représentants des collectivités locales essentiellement rurales, et l’Etat. L’Etat représente20%, les collectivités locales 40%, et les usagers 40%. Mais dans les usagers, plus des 2/3 sont, soit des industriels –EDF, Véolia, Suez…-, soit des usagers agricoles essentiellement issus de la FNSEA. Le reste, soit un peu moins d’1/3, ce sont par exemple des associations d’usagers domestiques comme France Nature Environnement, UFC Que Choisir ou la CLCV…

Donc, les industriels, les agriculteurs et une partie des élus ruraux, s’allient pour élire le président, et le vice président qui est souvent un représentant d’une entreprise ou du monde agricole. Mais jamais un usager domestique. Le principe pollueur-payeur a donc du mal à exister.

Comme 87% de la pollution est payée par les usagers domestiques alors qu’ils n’en sont responsables que de 10%, il y a un problème d’équité. Les agriculteurs et les industriels, principaux pollueurs, ne représentent que de l’ordre de 10 à 13% du paiement des redevances liées à la pollution.

Sur la facture payée par les usagers, près de 20% est collectées par ces Agences de l’Eau. C’est de l’ordre de 2 milliards d’euros par an. Cet argent doit servir à la dépollution. Il est versé sous forme d’aides, de subvention ou de prêts à taux zéro, aux collectivités locales, aux industriels ou aux agriculteurs. Donc on va aider ceux qui polluent et qui sont à la tête de ces Agences. Le conflit d’intérêt est là. Les usagers domestiques, eux, sont minoritaires et ne peuvent qu’à peine intervenir. »

Le Ministère de l’Ecologie, qui est le Ministère de tutelle de ces Agences, promet un rééquilibrage de ces assemblées lors de leur prochain renouvellement en juin prochain. Mais les associations ont du mal à croire ces bonnes intentions.

Pour aller plus loin :

[youtube]http://youtu.be/12FwAOve1-I[/youtube]