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En Amazonie, la déforestation n’élimine pas que des arbres

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© Raoni.com

La déforestation en Amazonie et le droit des peuples autochtones sont à la Une de Monde Solidaire cette semaine, avec la Fondation France Libertés.

Il y a 15 jours, deux indiens Guarani-Kaiowa étaient à Paris, à l’initiative de France Libertés et Planète Amazone, pour alerter la communauté internationale sur les souffrances de ce peuple du sud-ouest du Brésil et sur la menace qui pèse sur la forêt amazonienne.

C’est lors du Sommet des consciences sur le Climat, organisé par Nicolas Hulot, que Valdelice Veron et Nathanaël Vilharva-Cáceres, les deux représentants Guarani-Kaiowa, ont lancé un cri d’alarme pour dénoncer les atteintes à leurs droits et le saccage du poumon vert de la planète.

Qui sont ces indiens Guarani-Kaiowa ?

  • Elsa Olaizola est chargée de mission « droits des populations autochtones » à France Libertés.

 « Les Guarani-Kaiowa, c’est un peuple autochtone du Brésil. Ils sont 45.000 à vivre dans l’Etat du Mato Grosso do Sul au sud-ouest du pays, région limitrophe avec le Paraguay et la Bolivie. C’est le plus gros peuple autochtone du pays qui compte 890.000 indiens de 305 ethnies différentes. « Guarani-Kaiowa » signifie « peuple de la forêt ». »

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Valdelice Veron et Nathanaël Vilharva-Cáceres, les deux représentants de ce peuple, ont mis en avant les menaces qui pesaient sur eux.

« La menace est extrêmement grave, puisque l’on parle de disparition de leur peuple. Les Guarani-Kaiowa sont expulsés de leurs terres au profit de grands propriétaires terriens ou de multinationales. Ils sont parfois entassés dans des réserves où ils vivent dans des conditions indignes. Mais ils vivent aussi sous des bâches au bord de l’autoroute. La seule perspective de travail qu’ils ont est de travailler pour ces grands propriétaires dans des conditions qui sont proches de l’esclavage. Et pour ceux qui décident de résister et de rester sur leurs terres, comme c’est le cas pour Valdelice Veron et Nathanaël Vilharva-Cáceres, ils font face à des agressions ou des assassinats de la part des hommes de main des grands propriétaires. Depuis 2003, il y a 299 chefs indiens qui ont été assassinés. Ils font face aussi à de la détention arbitraire et à la destruction de leurs villages. Quand ils se font attaqués, leurs villages sont incendiés, leurs cultures et leurs biens sont détruits. Il y a des enfants qui souffrent de malnutrition : entre 2003 et 2008, 80 enfants indigènes sont morts dans cet Etat. Et cette population a un des taux de suicide les plus élevés du monde. »

Persécutions, accaparement de terres, déforestations… Tout cela se fait au profit d’autres cultures.

« Dans cette région du Brésil, les terres sont utilisés pour la culture du soja et de la canne à sucre, notamment pour faire des agro-carburants, et pour l’élevage du bétail. »

© France Libertés
© France Libertés

Les droits des peuples autochtones sont pourtant garantis par la Constitution brésilienne. Mais le gouvernement ne fait pas ce qu’il faut pour les reconnaitre totalement.

« Les terres desquelles sont expulsés les Guarani-Kaiowa sont des terres traditionnelles. Dans la constitution de 1988, il est dit que les terres traditionnelles indiennes sont la propriété des populations autochtones. Reconnaitre une terre traditionnelle est un processus qui se fait en quatre étapes. Un groupe d’experts fait d’abord un rapport qui détermine si la terre où se trouvent les populations est, ou non, traditionnelle. Puis le Tribunal Supérieur Fédéral vérifie la constitutionnalité de ce rapport. Ensuite, le Fond National de l’Indien publie un décret de démarcation des terres, et enfin le gouvernement doit valider cette démarcation. Dans le cas des Guarani-Kaiowa, depuis des années tout ce processus est fait, sauf que le gouvernement bloque la validation. Il viole ainsi la constitution brésilienne pour permettre l’expropriation des populations autochtones pour l’agro-business. Il faut savoir qu’une grande majorité des députés brésiliens ont des intérêts dans l’agro-business. »

En plus de ces conséquences humaines, il y a aussi les conséquences environnementales…

En Amazonie, c’est l’équivalent un terrain de foot qui disparaît toutes les trois secondes… A ce rythme là, la forêt ne durera plus longtemps, ce qui ne va pas sans poser de graves problèmes pour le climat.

« Cela a des conséquences très grave puisque la déforestation impacte le cycle de l’eau. En détruisant les arbres, on imperméabilise le sol, parce que l’eau s’infiltre dans le sol grâce aux racines des arbres. Les nappes phréatiques ne sont donc plus rechargées en eau. Les arbres absorbent l’eau. Par un phénomène d’évaporation, ils renvoient l’eau dans les airs pour former des nuages, et donc de la pluie. Avec cette déforestation au Brésil, on a d’énormes problèmes de sécheresse, comme début 2015, lorsque la ville de Sao Paulo a subi une sécheresse extrêmement importante. »

Valdelice Veron - © Raoni.com
Valdelice Veron – © Raoni.com

Valdelice Veron dit se battre contre le génocide et l’ethnocide pratiqués au Brésil. Que demandent les Guarani-Kaiowa à la communauté internationale ?

« Valdelice Veron et Nathanaël Vilharva-Cáceres sont venus en Europe parce que le gouvernement brésilien est sourd à leurs demandes. Il est surtout proactif dans le désastre qui se passe sur leurs terres. L’idée est d’attirer l’attention internationale sur ce qu’ils appellent un génocide, pour que nous ne puissions plus dire « nous ne savions pas ». Venir en Europe c’est aussi parce que ces cultures qui provoquent la déforestation et la mort des Guarani Kaiowa sont en partie importées en Europe soit pour l’agro-carburant, soit pour le bétail. Les Guarani Kaiowa parlent aussi d’un écocide. L’écocide, c’est la destruction massive de la nature. C’est une destruction qui concerne le monde entier mais aussi les générations futures car elles ne pourront pas bénéficier des bienfaits de la nature au nom de la croissance à tout prix. »

C’est la reconnaissance de la notion de crime contre les générations futures. A quelques semaines de la COP21, c’est l’occasion ou jamais de mettre au devant de la scène ce peuple et l’urgence qu’il y a à agir pour garantir leurs droits et l’avenir de la planète.

« Notre idée c’est de profiter de la COP 21 pour mettre en avant les destructions qui sont liées à ces cultures intensives. C’est aussi faire en sorte que soit reconnu l’impact de nos choix économiques sur les peuples autochtones. Ces peuples qui, en plus d’avoir le droit d’être consultés sur leur choix de vie, devraient faire partie intégrante de notre processus de lutte contre le réchauffement climatique. »

© Raoni.com
© Raoni.com

Pour aller plus loin :

[youtube]http://youtu.be/_MFkKXn9SWU[/youtube]

 

SERIAL DIVERS : des initiatives sous-marines écoresponsables en série à St Barthélemy !

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Une  interview  d’Emmanuel BADIAS, responsable du club de plongée SERIAL DIVERS à ST Barthélemy qui nous parle de son engagement pour la protection des mers et des océans.

Campus de Michel Lancelot (« J’ai lu »)

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Part-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Est-ce que les choses ont tellement changé du temps – 1971  –  où le regretté Michel Lancelot écrivait « Campus », du nom de l’émission mythique qu’il animait sur « Europe 1 », rendez-vous quotidien qui attirait parfois jusqu’à 6 ou 7 millions d’auditeurs ?

0007915_2« Le choix majeur de l’homme jeune d’aujourd’hui me paraît être moins la couleur de son idéologie ou les parfums de sa religion que la dynamique de sa démarche : VIOLENCE ou NON-VIOLENCE », dit-il. Peut-on, expliquait-il aussi en citant Freud, « réconcilier les hommes avec la civilisation » ?

Michel Lancelot avait l’art de poser des questions essentielles concernant la société : « L’humanité est-elle malade ? Allons-nous vers la fin du monde ? Les jeunes citoyens pourront-ils transformer la qualité de la vie ? Éviteront-ils les conséquences déshumanisantes d’une technologie qui avance trop vite ? Va-t-on vers la renaissance des fascismes ? »

Michel Lancelot donna beaucoup la parole, exprima certains avis personnels (on le traita parfois d’anarchiste), aborda des sujets aussi sensibles que l’euthanasie, le racisme, les vieillards considérés comme des parias, la « bonne conscience » des politiques…

Ainsi, il déclara qu’il ne servait à rien de faire l’éloge de la Lumière et de la prêcher, tant qu’on n’apprenait pas à l’homme l’art de voir.

Assurément, près de quarante-cinq ans plus tard, les questions posées à « Campus », et certaines réponses, restent d’actualité.

La nuit porte conseil (20) : Se révolter, c’est savoir et comprendre !

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11056964_10206098411402391_210843509_n (2) - Copie copie2« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.

 Ce titre, que je trouve particulièrement interpellant, comme on dit actuellement, est une citation de 1971 relevée dans l’ouvrage « Campus » de Michel Lancelot, dont il est aussi question dans ma rubrique « Littérature sans Frontières ».

Adepte de la non-violence, cet auteur avait lancé sur les ondes d’ « Europe 1 » : « Pour changer l’Homme, ou retrouver sa véritable condition, n’existe-t-il plus aujourd’hui qu’une solution : mettre un fusil dans la main de son enfant ? » Il avoua que les rapports révolutionnaires entre la violence et la non-violence avaient un goût d’amertume pour lui :

0007915_2« On peut y sentir la fin d’une illusion », déclara-t-il, désabusé.

Et de constater que des jeunes – et parfois des moins jeunes – non violents entraient à leur tour dans une sorte de terrorisme implacable et meurtrier. Il ne l’admettait pas et il avança une explication à ce constat : les décideurs politiques et autres dédaignent les jeunes ! Il évoqua aussi une situation qui, avouons-le, n’a guère changé ces quatre à cinq dernières décennies, celle de ces « journalistes et autres informateurs qui se taisent ou qui parlent « dans la ligne » face à ceux « qui déforment les faits, truquent les chroniques, inventent des victoires, gomment les défaites, font d’un peuple en colère une bande d’ivrognes en furie, sonnent la charge du mensonge… »

Bref, en relisant « Campus », je me suis dit qu’il n’y avait pas grand-chose de nouveau sous le soleil. Y compris cette citation, puisqu’elle provient de la Bible !

Fermembul, la ferme pédagogique victime d’une guerre politique

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© Fermembul

C’est un outil d’éducation à l’environnement qui ne cesse de se développer. Les fermes pédagogiques, nées dans les années 80, connaissent un succès qui ne se dément pas. S’il en existait environ 350 il y a 20 ans, on en dénombre aujourd’hui près de 1400 en France. Un développement qui répond à un besoin de valoriser la nature et à la volonté de faire découvrir aux citadins les activités du monde rural.

A l’heure où la préservation de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique sont des priorités, ces fermes participent à leur manière au maintien du lien entre la ville et la campagne, et à la préservation des paysages contre l’urbanisation sauvage.

Pourtant, il n’en va pas de même partout.

A Saint-Fargeau-Ponthierry, en Seine et Marne, la ferme pédagogique Fermembul vit ses dernières semaines. Dans quelques mois, une zone d’activité commerciale se dressera en lieu et place de ses installations.

Fermembul, c’est une histoire de 25 ans qui s’achevera le 13 septembre prochain. En 1990, un projet pédagogique autour de quelques animaux et d’activités de la ferme voit le jour. Née sur quelques centaines de mètres carrés, la ferme s’installe en 2002 sur un terrain de 4,5 hectares mis à disposition gracieusement par les jardineries « Truffaut ». L’idée est de permettre aux enfants de cette commune de la grande banlieue parisienne de découvrir le monde de la ferme à travers des activités créatives, ludiques ou sensorielles.

Ecoles, centres de loisirs, instituts médico-éducatifs et même maisons de retraites vont, au fil des années, assurer le succès du projet associatif qui accueille 15000 visiteurs par an. Les subventions municipales permettent aux activités de se développer et d‘accueillir toujours plus de visiteurs.

Pour Laetitia Bailly, l’ancienne directrice de la ferme, Fermembul répondait à un vrai besoin.

« L’implantation de la ferme si près Paris permettait à des enfants qui ne voit pas absolument de verdure et d’animaux, hormis si on les emmène au Salon de l’Agriculture, de rencontrer l’animal, d’être en lieu vert. On aborde des notions autour de l’animal. On a d’autres activités plus axées sur l’environnement, fabriquer une feuille en papier recyclée par exemple, ou autour de l’utilité des abeilles… Pourquoi une ferme ? Pour montrer tout çà, pour revenir un peu à la nature… ce que l’on manque cruellement aujourd’hui. »

© Fermembul
© Fermembul

Mars 2014, après 19 ans de stabilité politique, la municipalité change de bord. Les premières décisions de la nouvelle équipe visent à réduire de manière drastique la subvention. Dans le même temps, la municipalité fait le choix de ne pas renouveler la convention de mise à disposition du terrain avec les établissements Truffaut.

Etranglée financièrement, et à bout de bail, Fermembul doit se résoudre à fermer ses portes.

Des décisions qui apparaissent aux yeux de certains comme un acte politique, l’ancien maire étant à l’origine de la création de la ferme. Un règlement de compte qui a choqué les habitués de Fermembul.

Isabelle Buisson, la trésorière de l’association.

« Ils étaient tous outrés de ce genre d’agissement. Ils ne comprenaient pas que l’on puisse mêler la politique à ce type de projet. Nous, à l’association, on ne concevait pas que cela puisse avoir un lien. Montrer à des enfants ce qu’était une vache, ou le bien être que l’on pouvait procurer à des personnes en difficulté ou en situation de handicap, ou encore l’aide et l’accueil que l’on apportait aux stagiaures ou aux TIG (travaux d’Intérêt général) que l’on accueillait… c’était plutôt un intérêt public pour tout un chacun. Et là c’est l’incompréhension totale qu’une seule personne puisse s’acharner comme çà contre nous. »

© Fermembul
© Fermembul

Avec la fermeture de Fermembul, c’est beaucoup plus qu’un outil pédagogique et d’éducation à l’environnement qui disparait.

Laetitia Bailly.

« Pour les usagers de la ferme, c’est plus que çà. Fermembul c’est un lieu sécurisé, où les enseignants venaient en tranquillité. Ils savaient que les enfants bénéficieraient d’animations pédagogiques ludiques avec des animateurs compétents, volontaires. Pour les enseignants, c’est terrible de savoir que l’année prochaine il n’y aura plus rien. Pour les institutions c’est aussi le mélange des populations qui était intéressant. On pouvait rencontrer des personnes plus âgées, des enfants, des personnes en situation de handicap. C’est aussi çà la ferme pédagogique, c’est favoriser le lien social à travers ce type de populations. »

Aucune solution n’a pu être trouvée pour pérenniser l’activité, ni sur la ville, ni sur une autre commune. L’éducation à l’environnement, la découverte de l’univers de la ferme, le maintien d’un paysage naturel en entrée de ville seront donc sous peu de l’histoire ancienne.

Les salariés licenciés, restent les bénévoles qui assurent l’entretien de la ferme et les soins des animaux. Portées par des habitués de la ferme, des actions sont encore menées pour tenter de sauver l’association.

Isabelle Buisson.

« Une personne à mis en place une pétition qui a réuni à ce jour plus de 17000 signatures. Une autre personne m’a proposé de demander à Truffaut de racheter le terrain en faisant une sorte de « crowdfunding » (financement participatif). D’autres personnes ont proposé des opérations un peu plus choc à travers la ville. Le but est d’essayer de reculer au maximum notre expulsion, parce qu’on le vit comme çà. En tous cas jusqu’à ce qu’on ait un lieu d’accueil pérenne, et pour voir avec la collectivité si réellement ils souhaitent nous anéantir ou nous accompagner financièrement pour que l’on puisse continuer nos activités. »

A quelques mois de la COP21, le maintien d’un outil d’éducation à l’environnement serait pourtant un signal fort.

© Fermembul
© Fermembul

Pour aller plus loin :

[youtube]http://youtu.be/QTJR_nlK1a4[/youtube]

 

 

 

 

La Croisade des voleurs de Jean-Michel Thibaux (Presses de la Cité)

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Part-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

J’avais apprécié « L’Héritière de l’abbé Saunière » et « Le Templier du Pape », et j’ai aimé « La Croisade des voleurs » de Jean-Michel Thibaux, auteur emblématique aux « Presses de la Cité », hélas, aujourd’hui, décédé.

Avec « La Croisade des voleurs », l’auteur campa son histoire (basée sur certains faits historiques) à la fin du XIe siècle, au temps où les rats régnaient en maîtres dans des cités européennes, que la moyenne d’âge était de trente-huit ans pour le « petit » peuple, que les Turcs se montraient menaçants, voire envahisseurs, que l’Église était inquiète par la situation en Orient. « Mains-d’Or », surnom donné à un voleur et criminel, avait une très jolie fille, Anne. Elle était amoureuse, platonique, du comte Geoffroy, au grand désespoir de son père qui l’aurait préférée laide et douée pour délester l’argent des bourgeois et riches commerçants de Toulon et de Marseille.

couv62873156Même l’appel à la croisade ne brisa pas l’élan d’Anne envers son amoureux, néanmoins, celui-ci rêvait de Byzance, d’Antioche, de Jérusalem, de gloire, de richesse. Alors, elle suivit Pierre l’Ermite et ses milliers de pauvres, rejoints par quelques chevaliers en route vers le Saint-Sépulcre et, de la sorte, avait le secret espoir de retrouver son amoureux en Orient. Elle s’engagea comme femme-soldat, mania les armes avec dextérité, se rapprocha de Geoffroy et termina tout près de Godefroy de Bouillon.

Durant quelque 380 pages, on suit à la trace la jeune voleuse grâce à un récit palpitant et étourdissant : « à minuit c’était l’orgie et à midi l’hostie » écrivit l’auteur, tout en soulignant que pour Anne, « la vraie foi allait se répandre et les églises fleurir sur le passage des croisés. » À vrai dire, ce fut beaucoup de sang qui coula et une haine féroce qui s’installa pour des siècles.

Quand la nuit porte conseil (19) : Paul Claudel en extase à Bruxelles

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« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.11216299_10206542302379388_1646878001_n

Quelques étapes d’intérêt international des randonnées en francophonie belge et dans la capitale de l’Europe, intitulées « Le Beau Vélo de RAVeL », sont susceptibles de captiver l’attention de nombreux français qui y résident ou travaillent, des touristes, voire des Nordistes.

À part les férus d’Histoire et autres adeptes de l’ésotérisme (philosophie ancienne qui devait rester inconnue des non-initiés), qui connaît la légende – teintée de faits historiques – de la « Vierge dans la barque » que l’on peut découvrir à la magnifique église Notre-Dame du Sablon de style flamboyant à Bruxelles ?

Outre une représentation placée dans la pénombre, tout en haut de la nef, recouverte de poussière, la « Vierge dans la barque » est surtout visible à un portail.

« En entrant dans l’église par le portail sud, on remarque que la porte est décorée de deux petites effigies de la Vierge dans un bateau : d’après une jolie légende illustrée par des tapisseries de 1516 conservées au Musée du Cinquantenaire, une certaine Baet Soetkens aurait amené d’Anvers, par bateau, une statue de la Vierge. Elle l’aurait déposée dans la modeste chapelle que les Arbalétriers avaient construite sur ce terrain en 1304. Les dévots affluant, et avec eux les offrandes, la chapelle devint trop petite, c’est ce qui incita les Arbalétriers à entreprendre la construction de l’église que nous admirons aujourd’hui. »

Bruxelles
L’énigmatique Vierge dans la barque.

Une autre légende prétend que, en 1348, une certaine Béatrice qui, comme Jeanne d’Arc avait entendu des voix, alla voler – sous le regard ahuri du sacristain transformé en statue de sel ! – la statue de Notre-Dame-à-la-Branche installée dans une église anversoise et la déposa dans une barque. Cette dernière arriva à Bruxelles par la Senne.

À vrai dire, les ésotéristes voient plutôt dans la représentation de Notre-Dame-à-la-Branche celle du mythe d’Isis conduisant l’âme du mort vers le monde inférieur et, comme ils disent : « Les Vierges Noires reconduisent ainsi les Isis, les Athon, les Déméter et les Cybèles, les Aphrodites noires… »

D’aucuns, donc, prétendirent que la Vierge du Sablon était noire. Un guide sur place fut formel : « Elle est noire à cause de la poussière accumulée… »

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L’église du Sablon.
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Hommage à Paul Claudel.

Église du Sablon fut abondamment fréquentée par Paul Claudel de 1933 à 1935, rappelle une plaque commémorative : « L’architecte construit l’appareil de pierre comme un filtre dans les eaux de la lumière de Dieu et donne à tout l’édifice son orient comme une perle », écrit-il.

 

Musique : « Birth in Blue » de Michaël Mathy

Sources : « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses » de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan.

 

 

Coupures d’eau : Le droit encore bafoué

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Monde Solidaire s’intéresse une fois encore aux coupure d’eau à travers deux cas où Véolia brave la loi. Avec Emmanuel Poilane, le directeur de France Libertés.

Les coupures d’eau sont illégales. Le Conseil Constitutionnel – Coupures d’eau illégales l’a clairement énoncé il y a quelques semaines. Et pourtant, cela n’empêche pas les grandes entreprises de l’eau de continuer à couper délibérément l’eau à des familles entières.

Dernièrement, c’est Véolia qui, en pleine canicule, a privé d’eau 10 familles d’un immeuble de Sète, dans l’Hérault, pendant 25 jours. Et à Puteaux, c’est encore Véolia qui doit justifier ses pratiques devant le tribunal  d’instance.

A Sète, tout d’abord, les habitants d’un immeuble sont pris en otage par Véolia qui est en litige avec le syndic.

« Cette coupure sur un immeuble a duré pratiquement un mois. Véolia a l’habitude de couper l’eau à des immeubles entiers, avec l’idée que, sous pression des locataires, le syndic va payer immédiatement la facture et qu’ils vont pouvoir remettre l’eau le lendemain.

Le cas particulier de Sète nous permet d’éclairer des pratiques qui sont inadmissibles. Quand une entreprise rencontre un problème économique, comme ici à Sète, elle doit pouvoir traiter le problème devant un tribunal ou par voie d’huissier, mais absolument pas en prenant en otage des usagers. Et encore moins en période de canicule, quand on sait que dans cet immeuble il y a une dame de 98 ans à qui on conseille de se rafraîchir toutes les heures alors que dans la réalité elle n’a pas d’eau.

Le comble, c’est que quand on discute avec cette entreprise, elle dit qu’elle ne pratique pas ces coupures, alors que l’on a sans cesse des exemples qui contredise cela.

C’est un cas emblématique qui devrait nous permettre de faire en sorte qu’à l’avenir, en aucun cas une entreprise puisse couper un immeuble à cause d’un conflit de syndic. »

Véolia joue ici sur les mots parce qu’il n’y a pas eu coupure d’eau, mais réduction du débit d’eau.

« Au final c’est la même chose. Si vous réduisez la pression dans un immeuble de deux étages, l’eau ne monte pas au deuxième étage, et si tout le monde ouvre le robinet en même temps, il n’y a plus d’eau du tout.

On en a marre de ces entreprises qui jouent avec les mots pour continuer à jouer la loi du plus fort. On a besoin, notamment dans la mise en oeuvre d’un service public de l’eau, d’avoir des acteurs économiques ou publics qui jouent le jeu du service public, et non pas le jeu du business. Cela pose plusieurs questions. Quel est le jeu des élus par rapport à çà ? Est-ce que les élus sont d’accord avec ces pratiques ? Est-ce qu’ils les connaissent et est-ce qu’ils les valident ? Si c’est le cas, cela pose un vrai problème de démocratie dans notre pays. Comment confier alors un service public à des entreprises si derrière elles se comportent de cette façon là ? Est-ce qu’il n’y a pas là matière à penser une reprise en main du service public de l’eau par les collectivités elle mêmes pour cesser ces dérives insupportables ? »

En ce qui concerne l’affaire de Puteaux, c’est le même cas d’espèce. Véolia met en doute la bonne foi des locataires… en faisant preuve de mauvaise foi.

« Ce cas met en exergue les dysfonctionnements majeurs de la machine Véolia. La locataire affirmait dans un reportage sur TF1 qu’elle n’avait pas d’eau. Le directeur de la communication de Véolia a mis la pression sur TF1 pour dire que c’était un faux reportage. Le service clientèle nous affirmait également que c’était faux, que la personne avait l’eau et que c’était elle même qui avait coupé son robinet d’arrêt. On a donc envoyé un huissier de justice chez la dame pour prouver qu’elle n’avait pas d’eau du tout. Cela met en exergue que, quand un haut responsable de Véolia parle, il ne faut pas forcément lui faire confiance, parce qu’il n’a pas la capacité de savoir ce qui se passe sur le terrain. Donc, confier le service public de l’eau à des entreprises qui gèrent cela de façon globale sans avoir la capacité de tisser ce lien avec l’usager du service public, cela pose question sur la mise en oeuvre de l’accès à l’eau qui est primordial pour vivre dignement. »

  • Les jugements de ces deux affaires seront rendus à l’automne.
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© France Libertés

On termine par un coup de projecteur sur une initiative ludique de France Libertés, puisque le droit à l’eau passe aussi par l’éducation à l’eau et à l’environnement.

« On a lancé un nouveau jeu destiné aux écoles et aux centres de loisirs sur la question “Eau et Climat”. Le jeu s’appelle « Equilibro » et est disponible sur la Equilibro sur le boutique en lignede notre site internet. Il va être testé dans la plupart des centres de loisirs Léo Lagrange durant l’été. Il sera également testé dans une centaine d’écoles parisiennes dès la rentrée de septembre. C’est un bel outil pour faire jouer des groupes d’enfants afin de leur faire mieux comprendre ce qu’est le changement climatique et les mettre ainsi dans l’action pour qu’ils deviennent des acteurs de la lutte contre le changement climatique. »

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x2vd0gy_jeu-l-equilibro-pour-une-planete-bien-dans-ses-baskets_news[/dailymotion]

Pour aller plus loin :

[youtube]http://youtu.be/6b27zvQ0rso[/youtube]

 

 

La passion des requins n’attend pas le nombre des années !

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Ondine ELIOT, 18 ans, nous parle de son association Passion de requins, de son combat commencé à l’âge de 11 ans, pour modifier l’image du requin auprès du grand public.

,A écouter, découvrir, et soutenir sans modération !

Le sexe en version écologique

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Part-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Contrairement à ce que l’on peut croire, le sexe en version écologique n’est pas un thème de potache ou de la banale gaudriole. La preuve ? DSCF3652Le supplément « 100% bio » du quotidien « Le Soir » lui a consacré une page (photos) sous forme de conseils.

En voici dix :

  1. Si vous désirez rencontrer l’âme sœur à tendance écolo, sachez qu’il existe des sites de rencontre à orientation « bio ».
  2. Pour votre première rencontre, pourquoi ne pas prévoir un repas aux chandelles ? Des bougies végétales parfumées aux huiles essentielles, bien sûr.
  3. Ensuite, pourquoi ne pas agrémenter vos plats d’aphrodisiaques naturels, tel le gingembre ?
  4. Et votre lit ? Eh bien, pensez au bois issu du commerce durable, suggère « 100% bio», avec un matelas en latex naturel, des draps en fibres de bambou ou en coton bio.
  5. Et puis, lors des moments intimes, éteignez la lumière pour économiser l’énergie !
  6. Bon, avant cela, il faut peut-être envisager une méthode contraceptive. Le préservatif en latex naturel sera, bien entendu, jeté dans une poubelle et non dans le WC !
  7. Si vous utilisez des sextoys, autant qu’ils soient écologiques en évitant les objets en PVC.
  8. Si ces sextoys nécessitent une source d’énergie, utilisez donc des piles rechargeables ou à recharger à l’énergie solaire.
  9. Enfin, prenez une bonne douche à deux pour économiser de l’eau, à condition, préconise-t-on dans cet article, « de ne pas durer deux fois plus longtemps… »DSCF3650
  10. Tout ceci vous paraît farfelu ? Sachez, pour terminer cette chronique littéraire, qu’un livre évoque abondamment « l’amour au naturel». Il est signé Marc Dannam, a été publié aux « Éditions La Musardine» et porte le titre sans équivoque possible : « Osez le sexe écolo » !

 

Source : « 100% bio« , supplément au journal « Le Soir« , juin 2015 :

« À l’heure où tout ce qui est consommable se décline en version bio ou naturelle, les comportements sont également étudiés : recyclage, éco-conduite mais aussi… le sexe écologique ! »