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Grands barrages, changement climatique et droits des populations

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Cap sur l’Amazonie cette semaine. Avec la Fondation France Libertés, Monde Solidaire s’intéresse aux effets des grands barrages sur le climat et sur les droits des populations autochtones. Avec Elsa Olaizola, chargée de mission sur les migrations à France Libertés.

A quelques mois de la COP 21, France Libertés organise le mercredi 24 juin, en partenariat avec d’autres associations (Planète Amazone, Amazon Watch, International Rivers), des tables rondes en marge du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, afin d’alerter sur les violations commises contre les populations autochtones au cœur de l’Amazonie.

Ces grands barrages, présentés comme une énergie renouvelable bénéfique pour le Climat, participent pourtant au changement climatique.

« Les grands barrages sont souvent présentés par leurs promoteurs comme une énergie verte alors qu’ils accélèrent le changement climatique. La construction de grands barrages entrainent la construction de retenues d’eau sur des terres qui étaient soit cultivées, soit des forêts, et qui sont des espaces riches en matières organiques. Or, la construction de ces retenues entraine la décomposition de ces matières qui libèrent de grandes quantités de gaz à effet de serre, comme le méthane, qui est bien plus puissant que le CO2.

Ces constructions entrainent le bouleversement du fonctionnement des cours d’eau et des éco-systèmes dans des environnements qui ont souvent une biodiversité très importante. Et c’est donc à terme la disparition de nombreuses espèces végétales et animales. »

En plus des effets sur l’environnement, ces barrages sont subis par les populations locales comme une nouvelle « dictature » après avoir endurée celle des militaires. Leurs droits fondamentaux sont menacés.

« L’impact négatif des grands barrages sur l’environnement des populations autochtones, à travers la baisse de la qualité de l’eau dans laquelle ils pêchent, ou la submersion de terres fertiles sur lesquelles ils travaillent, signifie pour eux la perte de leur autonomie alimentaire et le changement de leur mode de vie traditionnelle.

La construction de ces grands barrages entraine le déplacement de force de ces populations ou la submersion de terres traditionnelles ou de terres qui étaient, pour elles, sacrées. On parle d’atteinte au droit car le droit international et certains droits nationaux comme au Brésil reconnaissent le droit des populations autochtones à être informés et consultés librement sur les grands projets qui les concernent. Ce droit n’est pas respecté. Ces populations n’ont donc pas le droit de choisir leur mode de vie et de développement. »

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© Raoni.com

Face aux violations de leurs droits, les populations s’organisent et tentent malgré tout de mobiliser l’opinion locale et l’opinion internationale.

« Au Brésil, les populations autochtones de l’Amazonie brésilienne s’organisent. Nous travaillons avec les Munduruku qui ont écrits un protocole sur la manière dont ils souhaitaient être consultés, conformément aux droits qui leur sont reconnus. Ce protocole a été remis au gouvernement brésilien qui tient un double discours. D’un coté il se dit à l’écoute de ces populations, mais de l’autre, il continue d’avancer sur la mise en œuvre de ces barrages sans aucune consultation des populations locales.

Plus généralement au Brésil, les peuples essaient de s’unir pour faire entendre leur voix à Brasilia. Ainsi, quatre peuples ont publiés un manifeste au Brésil dans lequel ils parlent d’un risque de génocide sur leurs terres. »

Ces figures emblématiques seront prochainement en Europe. Le mercredi 24 juin, France Libertés organise donc un évènement parallèle au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à Genève. Quel en est le but et que va-t-il se dérouler ?

« Nous souhaitons porter le combat des populations autochtones à l’ONU pour que le gouvernement brésilien les entendent. Ce gouvernement viole ces obligations internationales, notamment la convention 169 de l’OIT, l’Organisation Internationale du Travail, sur la libre consultation.

Ce gouvernement, qui dit vouloir tirer un trait sur la dictature, notamment par la mise en place de commissions de vérité, utilise un mécanisme juridique de la dictature, qui s’appelle la suspension de sécurité, pour casser des décisions de justice qui demandent l’arrêt des grands barrages, illégaux au regard des droits brésiliens et internationaux. C’est pour cela que nous allons à l’ONU. 

Pour cet évènement parallèle de la session de juin du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, nous avons invité un leader Munduruku qui se bat contre la construction de grands barrages sur ces terres, et un procureur fédéral brésilien qui a demandé à plusieurs reprises l’arrêt de ces constructions. Il a été suivi par les tribunaux, mais ces décisions de justice ont été cassées par le gouvernement fédéral. Il y aura des rencontres avec les rapporteurs spéciaux de l’ONU pour les inviter à venir au Brésil pour constater les violations qui ont lieu dans ce pays. »

Au-delà de ce qui se passera à l’ONU, les deux défenseurs de la cause amazonienne, de la cause brésilienne, passeront aussi par Paris.

« La France va accueillir la COP21, et le gouvernement dit qu’il souhaite un accord sur le climat à cette occasion. Or, deux entreprises françaises, EDF et Engie (ex GDF-Suez) sont impliqués dans la construction de grands barrages dans l’Amazonie brésilienne. Ces grands barrages ont un impact sur le réchauffement climatique, et l’Etat français est majoritaire dans ces deux entreprises. Il était donc important d’inviter ces deux défenseurs de la cause amazonienne à Paris.

Nous allons organiser différents évènements entre le 21 et le 29 juin. Il y aura une rencontre avec des parlementaires français, un évènement public afin d’alerter l’opinion nationale, et des rencontres avec des anthropologues et des juristes au Collège de France. »

Stop Barrages  Raoni

Pour aller plus loin :

 

[youtube]http://youtu.be/3LUO5uu4qBk[/youtube]

Les TOP 3 rencontres sous-marines extraordinaires faites en 40 ans !

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Credit Pascal KOBEH

Une  interview de François SARANO, océanographe, plongeur conseiller scientifique et chef de mission pendant 13 ans avec le commandant COUSTEAU , qui nous livre , avec ses talents de conteur, 3 rencontres sauvages sous-marines exceptionnelles effectuées lors de ses 40 années d’expériences ! Pour s’émerveiller …

Alyah d’Éliette Abécassis (Albin Michel)

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Part-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

Esther Vidal, jeune mère de deux enfants, divorcée, explique :

« Quand j’étais enfant, j’allais à l’école publique. Puis j’ai fait des études de lettres et je suis devenue professeur de français, dans un collège, en banlieue. Je suis fière d’appartenir à ceux qui forgent l’esprit de mon pays, qui l’enseignent, le perpétuent, le transmettent. J’avais foi dans l’idéal français. »

Esther Vidal est le personnage principal du nouveau roman d’Éliette Abécassis, « Alyah », paru chez Albin Michel.

J’avais apprécié plusieurs ouvrages de cette auteure : « La Répudiée », « Mon père », « Un heureux événement ». Des histoires (à connotation autobiographique) bouleversantes, émouvantes, parfois dures et révoltantes, choquantes ou tendres et légères, écrites dans un style très agréable.

9782226318145mAvec « Alyah », ce sont la révolte, l’angoisse, l’incompréhension, la peur au quotidien, qui interpellent au plus haut point. Un roman, certes, mais il prend aux tripes quand il plonge le lecteur dans une actualité tragique qui a déjà fait la « une » des médias du monde entier à travers certains événements dramatiques. Une situation qui, semble-t-il, est loin d’être réglée.

Avec ce récit, on est au cœur d’une crise de civilisation qui glace d’effroi tout démocrate. L’Histoire repasserait-elle ses plats les plus horribles ou bien la sagesse finira-t-elle quand même par l’emporter ?

« Je suis habitée par un sentiment étrange qui pénètre en moi d’une façon insidieuse, jour après jour, heure après heure : la survie », clame la jeune mère de famille.

Esther Vidal va-t-elle tout plaquer : emploi, amis, connaissances, quartier à Paris, son pays, comme l’a fait l’une de ses amies ?

 

Quand la nuit porte conseil (13) : Un authentique maître spirituel

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11056964_10206098411402391_210843509_n (2) - Copie copie2« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.

Si comparaison n’est pas raison, j’ose quand même celle-ci : on évoque souvent Maître Eckhart (1260-1327, photo : Dominicains Canada) sans avoir lu un seul de ses textes comme citer ARTE en tant que chaîne télévisée hautement culturelle sans jamais, ou alors si peu, avoir regardé ses émissions.

Tout ceci pour dire qu’avec Alain Lejeune, auteur du « Message initiatique de Maître Eckhart » paru à « Maison de Vie », la première hypothèse de cette chronique est résolue en une bonne centaine de pages.

Formé très jeune aux sept arts libéraux (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, astronomie et musique), Johannes Eckhart accéda à des fonctions majeures, dont celle de Maître en théologie. Il n’hésita pas à dénoncer ceux qui, je le cite, « aiment Dieu comme  le paysan aime sa vache, pour le beurre ou le fromage qu’il en tire », comparaison qui, bien sûr, déplut à certains ecclésiastiques.

Dans un contexte fort tendu en ce début de XIVe siècle, il fut même poursuivi par la sinistre Inquisition. Néanmoins, il mourut un an avant qu’il ne soit lavé de tout soupçon d’hérésie.

meister-eckhartAujourd’hui, selon l’auteur, féru de symbolisme et de Tradition, l’enseignement de Maître Eckhart « demeure vivant » à travers un certain cheminement initiatique et différents rituels. De nombreuses citations en témoignent, ce qui relève d’un authentique maître spirituel aux yeux d’Alain Lejeune. En voici trois :

« La connaissance porte en soi l’amour et l’amour serait aveugle si la connaissance n’existait pas. »

« Ne pas connaître une chose dans sa cause manifeste ne peut jamais être une connaissance. »

« Un maître dit que toutes les puissances de l’âme qui opèrent dans le corps meurent avec le corps à l’exception de la connaissance et de la volonté ; elles seules demeurent dans l’âme. »

 

 

 

 

 

Spéciale TTIP : La démocratie vendue aux multinationales

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DSCF3231 facebookbiscopie - Copie copie - Copie« Littérature sans Frontières » et « Quand la nuit porte conseil » sont des chroniques de Pierre Guelff.

Il a déjà été question sur « Fréquence Terre » des traités CETA et TTIP, c’est-à-dire des traités entre l’Union européenne, le Canada et les États-Unis.

Ces traités sont particulièrement importants dans la mesure où, par exemple, des entreprises canadiennes et américaines pourront attaquer l’Europe pour « un dommage causé par l’instauration d’une règle, protectrice de l’intérêt général, qui entraverait leurs gains potentiels. »

JefAérosol01Copie-2Ces traités s’appuieraient sur un arbitrage juridique privé. À savoir, « des tribunaux d’arbitrage entièrement privés, secrets, rapides, tenus par aucune législation, sans appel, composé d’arbitres professionnels des affaires : c’est l’ISDS. Un cadeau de la Commission européenne aux multinationales. »

Unifier les règles économiques unifie également la culture : tout le monde devra se contenter de lire la même chose, manger la même chose, écouter la même musique, lire les mêmes livres…

Il faut donc ajouter à ce tableau peu engageant l’ISDS, c’est-à-dire un Conseil de coopération réglementaire, c’est-à-dire des technocrates non élus et non contrôlés et, ainsi, « les parlementaires, à tous les niveaux, ne contrôleront plus le pouvoir législatif à 100% »

L’information et la conscientisation face à ces menaces sont prises en considération à « Fréquence Terre », car il en va de notre démocratie, comme de la sauvegarde de notre planète, d’ailleurs. Ces traités me donnent l’occasion de citer José Marti, philosophe, penseur et poète cubain du XIXe siècle : « La grandeur des chefs n’est pas dans leur personne, mais dans la mesure où ils servent la grandeur de leur peuple » et cette phrase de l’illustre Stendhal : « Le bon ton ne serait-il point de faire semblant de faire par passion ce que l’on fait par intérêt ? »

Musique : « Birth in Blue » de Michaël Mathy

Photo : Dans la verdure et « engrillagé » :  le siège de Monsanto Europe à Bruxelles

Source : POUR« POUR » (www.pour.press).

Illustration : Jef Aérosol (« POUR »).

 

 

Le Tour Alternatiba : rouler pour le climat !

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Nous prenons la route cette semaine avec Alternatiba, pour rouler pour le Climat.

Ce vendredi 5 juin, des amoureux du vélo de tous horizons vont prendre le départ du Tour Alternatiba, un voyage militant et pédagogique. A quelques mois de la Conférence des Nations Unies COP 21, ce périple va sensibiliser le public aux défis du changement climatique.

C’est le réseau Alternatiba qui est à l’origine de ce défi, un réseau qui fédère des territoires engagés sur la voie de la transition énergétique.

Txetx Etcheverry est membre de la coordination européenne des Alternatiba.

© Alternatiba
© Alternatiba

 « Alternatiba, c’est une nouvelle manière de se mobiliser pour le climat en mettant en avant toutes les alternatives concrètes qui permettent de freiner le dérèglement climatique, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans tous les domaines de la vie, que ce soit l’alimentation, l’agriculture, les transports, ou la finance… Il y a aujourd’hui des centaines d’alternatives que chacun peut reprendre à son compte et qui participent à la lutte contre le changement climatique en même temps qu’elles créent une société plus humaine. »

Démarré il y a moins de 2 ans à Bayonne, Alternatiba regroupe aujourd’hui 70 villages dans autant de villes et territoires différents. 120 groupes locaux organisent des grands festivals qui mettent en avant toutes ces alternatives.

Le Tour Alternatiba s’inscrit dans cette dynamique.

« C’est un Tour qui va traverser six Etats européens, en partant de Bayonne le vendredi 5 juin, Journée Nationale de l’Environnement, pour arriver à Paris le 26 septembre dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation pour promouvoir les solutions aux changement climatique. Ce sera un immense Alterbatiba qui va réunir 50000 personnes place de la République.

Ce tour va traverser 187 territoires différents à bords de vélos à 3 ou 4 places, qui sont le symbole de la transition écologique et de la solidarité. On se met ensemble pour avancer dans la même direction.

A chaque fin d’étape, la population locale sera appelée à suivre ces vélos pour faire une « vélorution » revendicative. Il y aura à chaque fois des prises de paroles et des fêtes populaires ou des conférences sur le climat. »

© Alternatiba
© Alternatiba

Durant 4 mois, le Tour va ainsi traverser 187 territoires… Départ le 5 juin de Bayonne, avec une grande fête populaire des alternatives.

« Cela commence à 10h avec une conférence sur les enjeux de la COP21 et sur ce que peuvent faire les citoyens.

A partir de midi, il y aura une fête populaire. Et à 14h, le départ sera donné par Mme Christiane Hessel, l’épouse de Sthéphane Hessel, parrain de la dynamique Alternatiba. C’est elle qui va couper le ruban du départ, pour lancer le tour qui arrivera 4 mois plus tard à Paris. »

Le Tour Alternatiba arrivera le 26 septembre à Paris.

A noter enfin que les 5 et 6 décembre, pendant la COP21, Alternatiba appelle à un grand rassemblement pour organiser un grand village mondial des alternatives.

Pour aller plus loin :

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=agIMhpmGpV4#t=34[/youtube]

 

[youtube]http://youtu.be/RBrNc2Q29Vc[/youtube]

 

 

Petit traité de l’abandon (1) d’Alexandre Jollien (Points)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.Part-Editions

Dès le début de son essai « Petit traité de l’abandon » (Points), Alexandre Jollien met les choses au point : « Une des grandes blessures de ma vie, c’est d’être réduit, fixé à cette image qui me colle à la peau. Car, dès que l’on me voit, vient le mot « handicapé ». Ce parcours, cette contingence, cette infirmité m’ont donc fait vivre dix-sept ans dans une institution pour personnes handicapées. Malgré la douleur abyssale d’être éloigné de mes parents, le constat et l’émerveillement me gagnaient : je voyais chez des êtres entièrement paralysés une joie pleine et entière. C’est désormais le but de ma vie : conquérir la joie inconditionnelle. Une phrase de Spinoza illustre la quête de mon existence : « Bien faire et se tenir en joie. »

DSCF3310Que préconise Alexandre Jollien ?

« Les philosophes grecs se percevaient comme des « progressants », des individus qui faisaient un pas après l’autre vers la sagesse. Or, selon moi, cette sagesse est déjà là, au fond du fond. »

Alors, durant 115 pages, l’auteur nous expose ces concepts qui le dirigent vers l’abandon à la vie sans baisser les bras : la gratitude, l’humilité, le rire, la simplicité, le zen… »

Un état né de ses joies et de ses blessures, un modèle pour nous tous et, avec lui, on constate que ce qui pèse dans notre vie, ce ne sont pas obligatoirement et uniquement des épreuves lourdes, mais, aussi, des petits « trucs » du quotidien qu’il semble plus aisé d’éviter.

 

Quand la nuit porte conseil (12) : Agrotoxiques et drame universel

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11056964_10206098411402391_210843509_n (2) - Copie copie2« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.

Le magazine MAD, spécialisé en Arts et Culture, a eu l’excellente idée de s’entretenir avec Diego Martinez Vignatti qui, récemment, a tourné un film politique abordant la problématique des agrotoxiques. Film dont le titre en français est « La terre rouge » (« La tierra roja »). Cet Argentin de naissance s’est intéressé à ce « drame universel » depuis une quinzaine d’années et ses propos ne peuvent que rencontrer l’approbation de tous les amoureux de la nature, les militants écologistes, les défenseurs d’un environnement sain, voire chaque citoyen.

« Nous vivons dans un monde extrêmement injuste, aveugle, qui écrase les plus faibles, dit-il. Nous sommes en train de nous détruire en tant que civilisation et même en tant qu’espèce. Et face à ça, nous ne faisons rien. »

Il constate encore :

«  Certaines personnes ferment les yeux sur la réalité et veulent continuer à agir confortablement installés. »

Qui vise-t-il ?

« Nous contribuons tous à la destruction de notre planète. Et cela va au-delà de la déforestation et de la disparition de certaines espèces. »

Pourquoi place-t-il tout le monde dans le même sac ? Nous, à « Fréquence Terre », et d’autres à nos côtés, avons quand même l’impression de ne pas rester les bras ballants en ce domaine !

La-Tierra-Roja-2014-Diego-Martinez-Vignatti-poster-175-2Explications de Diego Martinez Vignatti :

« Tous les jours, des gens tombent malades à cause de la pollution alors que c’est quelque chose que nous pouvons contrôler. On nous empoisonne par l’eau, l’air, la nourriture. L’État censé nous protéger ne nous protège pas et nous, consommateurs, sommes conscients de ça mais nous ne voulons pas voir les choses en face. »

Bien sûr, le cinéaste reconnaît des initiatives, mais, visiblement, il faudrait accélérer le processus de conscientisation et, dans le fond, secouer vigoureusement certains « salopards » :

« Il faut de véritables hommes d’État, qui pensent que le plus important n’est pas eux mais la communauté et qui réfléchissent à l’avenir. Comment est-il possible de laisser faire ces choses-là, comme les agrotoxiques. Mais là où je m’attendais à trouver le diable, je n’ai trouvé que des êtres humains… »

DSCF3308Le cinéaste dit qu’il veut mettre en évidence des problèmes passés sous silence afin de faire bouger les lignes. Avec son interview à MAD et son dernier film, il y est arrivé, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

 

 

Spéciale TTIP (« POUR écrire la liberté »)

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PGF avril 2015 - Copie (3) copie« Littérature sans Frontières » et « La Nuit porte conseil » sont des chroniques de Pierre Guelff.

Le journal « POUR » (« Pour écrire la liberté » : www.pour.press) diffusé en France et en Belgique à partir de cette fin de mois de mai, pousse à la réflexion quand il évoque « L’arnaque du siècle » et « une menace pour notre démocratie » au sujet du traité transatlantique, mieux connu sous les initiales de TTIP.

Lisons quelques passages de l’éditorial de Jean-Claude Garot, le rédacteur en chef, pour davantage mesurer l’urgence de la question… que « Fréquence Terre » ne peut, bien évidemment, que répercuter !

DSCF3590En premier lieu, notre confrère rappelle brièvement l’historique de nos droits syndicaux et sociaux, tels l’enseignement libre et gratuit, la santé pour tous, l’égalité des sexes, la protection des enfants.

Puis, il propose ce premier constat :

« On ne s’indigne pas assez aujourd’hui du fait que les droits humains les plus élémentaires ne soient pas acquis ou respectés dans une grande partie du monde, qu’un enfant meure de faim toutes les cinq secondes, alors que la production alimentaire mondiale pourrait nourrir plus que les sept milliards de terriens. »

Il poursuit de manière très ferme :

« On ne mesure pas non plus à quel point cet héritage est menacé de dilapidation, voire de disparition, par une mondialisation débridée, menée par les grands pouvoirs financiers et industriels internationaux. Ceux-ci sont appuyés par des dirigeants politiques soutenant la recherche effrénée du profit, quitte à exclure le plus grand nombre des avantages de notre société développée, quitte à enfoncer toujours plus les autres pays dans la pauvreté. »

Et notre avenir est bien sombre :

« Le Traité transatlantique se construit secrètement, ou en tous cas de manière non transparente, entre l’Europe et les États-Unis. Pour la première fois dans notre histoire contemporaine, l’ensemble de nos acquis et de nos valeurs, philosophique, politiques et humains peuvent être déconstruits, au profit des multinationales qui, par ce Traité, hériteraient de pouvoirs tellement importants que même une partie de notre système législatif serait confié à un conseil de technocrates. »

POUREn soulignant que l’urgence d’une prise de conscience est grande, l’éditorialiste de « POUR » signale encore que ce sont deux traités qui seront bientôt soumis au Parlement européen : le TTIP, mais, aussi, le CETA, un traité  du même acabit avec le Canada.

Il y a donc lieu d’« agir maintenant en se ralliant aux mouvements et aux actions de conscientisation » en participant à ce « sursaut démocratique indispensable pour nos libertés ».

 

1000 initiatives pour le climat

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© Coalition Climat

Des initiatives pour le climat à la Une cette semaine de Monde Solidaire, notre rendez-vous avec la Fondation France Libertés. Avec Emmanuel Poilane, le directeur de la Fondation.

Les 30 et 31 mai prochain, la Coalition Climat appelle à l’organisation de 1000 initiatives pour le climat afin de changer nos modèles de développement. A quelques mois de la COP 21, la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique qui se tiendra à Paris en décembre, cet appel à mobilisation entend contribuer à ce que cette COP 21 soit ambitieuse et porteuse d’espoir.

Présentation de cette Coalition Climat qui réuni des associations de tout bords.

« Pendant un grand nombre d’années, les problématiques climat étaient réservées aux associations et ONG qui traitaient des problèmes environnementaux. Aujourd’hui le cercle s’élargi et la Coalition regroupe des associations de tous horizons. Cela va d’Action Contre la Faim à la Fondation Nicolas Hulot, en passant par Emmaüs International, Greenpeace, le Secours Catholique, le WWF ou encore la Fondation France Libertés. Ce regroupement d’associations très hétérogènes doit nous interroger sur l’implication nécessaire de l’ensemble du secteur associatif, et derrière lui de l’ensemble des citoyens, sur la problématique du climat qui va être une question d’actualité en France avec la Conférence Climat de Paris. Mais ce problème du changement climatique va au-delà de cette année 2015. Il y a une implication de l’ensemble des populations sur cette question, à la fois pour mieux comprendre, et ensuite pour agir chez soi, dans son village, dans sa région, dans son pays… Pour faire en sorte que ce changement climatique ne soit pas subit et que l’on puisse envisager d’intervenir positivement pour le limiter. »

Pour relever le défi climatique, la Coalition parie donc sur la mobilisation des citoyens. Il y a un besoin d’engagements individuels et d’alternatives concrètes pour la réussite de la conférence.

« On n’a pas trop d’illusion sur la réussite ou non de la COP21 de Paris. On sait quelles sont les réalités des relations entre les Etats. Il y a des Etats comme le Canada par exemple qui sont très négatifs sur le sujet. Il ne faut pas attendre de grands jours à Paris en décembre prochain. Par contre il faut profiter de ce débat pour impliquer les populations pour qu’un jour les politiques n’aient d’autres choix que d’écouter ce que les populations disent sur le sujet. Pour être capable d’imaginer une mobilisation citoyenne très forte, il faut faire ce travail d’explication, de compréhension, pour qu’ensuite chacun puisse intervenir dans le débat public pour montrer ce que revêt pour lui et ses enfants le fait de préserver un climat qui puisse permettre à l’homme, et l’ensemble des espèces vivantes, de vivre sereinement sur la planète. La problématique du climat, c’est la capacité que l’humanité aura de se construire un avenir radieux en équilibre sur la planète. C’est pour çà qu’il y a autant d’associations qui sont mobilisées sur le sujet. Et c’est aussi pour çà que la Coalition a obtenu le label « Grande cause nationale » du Premier Ministre qui devrait permettre à la Coalition d’avoir de la communication dans les médias durant le deuxième semestre 2015. »

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© Coalition Climat

C’est un appel à une transformation radicale de nos modèles de développement. Et ce développement, c’est vraiment le cœur de l’engagement de la Fondation France Libertés.

« Dans une période où on nous parle continuellement de crise et de la croissance qui ne revient pas, nous on part du principe qu’il faut absolument imaginer l’avenir autrement. On ne peut pas se satisfaire de reproduire ce qui a été fait au XIX° et XX° siècle. On peut très bien voir le changement climatique comme une opportunité formidable de repenser le modèle de fonctionnement de l’humanité sur la planète. Ce qui devrait faire la force du politique par rapport au secteur de l’économique, c’est que le politique fixe les règles et que l’économique s’en empare. Et aujourd’hui, on sent bien qu’il y a un défaut d’ambition politique sur de nouvelles règles pour faire en sorte que le changement climatique soit combattu. Si les acteurs politiques ne se saisissent pas de çà, c’est aux peuples eux-mêmes de faire comprendre à leurs politiques qu’il y a lieu de s’engager pour le climat et de définir de nouvelles règles qui puissent permettre à l’humanité de ne pas faire du copié-collé du XX° siècle. On est dans un monde mondialisé, donc la lutte contre le changement climatique doit se faire chez nous, et sur l’ensemble des cinq continents, et l’humanité sortira grandie si elle réussit à faire ce travail là en commun. »

1000 initiatives pour le Climat, c’est donc ce week-end des 30 et 31 mai. Comment France Libertés s’y implique ?

« Chacun peut profiter du week-end du 30 et 31 mai pour organiser des évènements sur la lutte contre le changement climatique. La Fondation France Libertés sera présente sur le « Festival de l’Oh » qui a lieu à Créteil. C’est symbolique de traiter de la question climatique par le biais de l’eau. On est souvent accroché par des conséquences du changement climatique sur l’eau, avec des sécheresses, des tempêtes, des inondations, des tsunamis. On veut aller au-delà de çà pour montrer que l’eau est bien présente dans tous les aspects du changement climatique et qu’on peut facilement agir pour redonner de la dynamique au cycle de l’eau et participer soi même positivement sur le changement climatique. Pour cela nous avons créé un jeu « Equilibr’eau » qui est dédié aux scolaires, collèges et début du lycée, pour parler de la problématique de l’eau, du climat et de l’équilibre sur la planète. Un certain nombre de questions seront présentées au public durant ce Festival de l’Oh pour rendre plus accessible un certain nombre de questions qui paraissent techniques, et pour essayer d’engager les personnes présentes à faire un premier geste pour le Climat et montrer aux gouvernants que par l’action de tous que l’on pourra faire de grandes choses. C’est un peu la part du Colibri, chère à Pierre Rabhi. »

Festival de lOh
© Festival de l’Oh

1000 initiatives pour le Climat, c’est donc ce week-end des 30 et 31 mai. L’ensemble des évènements qui vont avoir lieu à Paris, en Province ou ailleurs sur la planète sont à retrouver sur le site de la Coalition Climat. D’autres rendez-vous sont par ailleurs prévus par la Coalition Climat tout au long de l’année.

 

Pour aller plus loin :

[youtube]http://youtu.be/T4q2CHPlpvE[/youtube]