« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
À l’heure où une légitime peur individuelle ou collective tétanise de nombreux citoyens, il m’est apparu que la lecture ou la relecture du livre « Psychologie de la peur » du médecin-psychiatre Christophe André (Éditions Odile Jacob), pouvait s’avérer une aide efficace.
« Nous pouvons tous ressentir de la peur. C’est une émotion dite « fondamentale », universelle, inévitable et nécessaire. Nous avons besoin d’elle, car elle représente un signal d’alarme destiné à faciliter notre vigilance face aux dangers et à augmenter nos chances de survie. Néanmoins, il y a les peurs normales et, hélas, les pathologies qui handicapent les gens : craintes, angoisses, phobies… Si les peurs normales sont comparables à un système immunitaire de détection des dangers, les peurs phobiques le sont à des allergies, des réactions violentes de l’organisme.
Deux attitudes sont possibles dans ces cas-ci : éviter ou fuir, ou passer en force et ajouter de la peur à la peur. Alors, l’auteur propose une solution : désensibiliser son cerveau de la peur excessive et l’apprivoiser avec douceur et régularité, sans rien brusquer.
Certes, il y a beaucoup d’obstacles sur le chemin de la guérison des peurs, d’où la nécessité d’appliquer le « traitement » qu’il préconise. Alors, pour quelques euros, la lecture de cet ouvrage de quelque 350 pages peut, effectivement, rendre de fameux services.
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
La présente rubrique n’aborde pas la notion de philanthropie, qui est le soutien financier à des projets sociaux et sociétaux (quelque 1 500 milliards d’euros en Europe et aux États-Unis en 2013), mais celle du bénévolat.
En France, on estime qu’il y a entre 12 et 14 millions de bénévoles (un Français sur quatre, donc) pour plus d’un million d’associations comptant près de 22 millions d’adhérents permanents ou occasionnels.
En Belgique, ils seraient entre 1 et 1,4 million, le volume moyen de prestations étant situé entre 4 et 5 heures par semaine.
Les motivations sont principalement l’entraide et l’égalité pour tous, qui peut se résumer par « offrir une plus-value importante pour la société », une offre porteuse de sens à destination d’autrui.
Dans une émission économique, RTL, la 1ère radio de France, annonça que des centaines de milliers d’associations palliaient les carences de l’État. Cela semble excessif, car, selon moi, beaucoup d’associations viennent, justement, en soutien à des initiatives officielles.
Mais, peu importe, dans le fond, ce qui est primordial c’est de développer une solidarité au-delà de toutes considérations politiques, philosophiques, religieuses, voire raciales. C’est de permettre, aussi, un dialogue à l’égard de ceux, de plus en plus nombreux, hélas, qui vivent dans la précarité, les affres d’un handicap ou autres circonstances malheureuses ou dramatiques.
Les exemples de ces associations citoyennes de bénévoles ne manquent pas et, récemment, il m’a été donné de découvrir les remarquables actions de l’une d’entre elles : « Un Toit Un Cœur », un centre d’accueil de jour pour personnes à la rue ou en situation de précarité, situé dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve, là où se côtoient des dizaines de milliers d’étudiants et d’enseignants du monde entier.
« Un Toit Un Cœur » est un espace-refuge, un lieu d’écoute et de solidarité, une sorte de « passerelle » entre le monde marginalisé et les citoyens de cette ville étudiante en plein essor. »
Particularité qu’il me plaît de souligner, ce sont des jeunes – bien vite associés à des habitants – qui lancèrent cette initiative, il y a huit ans. Leurs buts sont nobles : accueil inconditionnel, rencontres par les activités et les organisations et prévention en matière de santé.
Lors d’une marche ou allure libre organisée par « Un Toit Un Cœur » pour récolter des fonds, j’ai relevé ce « slogan » qui, je n’en doute pas, anime tous les bénévoles de toutes les associations : « Là où les hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré » (J. Wresinski, fondateur de ATD Quart Monde-Agir tous pour la dignité).
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
À l’entrée de Bruxelles, plus particulièrement à Halle, en venant par l’autoroute de Paris, non loin de Waterloo se situe une merveille de la nature : le Bois de Halle, un lieu issu de l’antique forêt charbonnière qui recouvrait tout le nord de la France et l’ouest de la Belgique.
Au fil des siècles, le Bois de Halle est devenu un espace de 550 hectares et de 7 km de sentiers balisés, le tout tapissé de millions de jacinthes sauvages qui refleurissent chaque année, entre avril et mai, et cela depuis près d’un siècle.
Ce phénomène naturel exceptionnel attire des amoureux de la nature et des curieux des quatre coins de la planète.
« Fréquence Terre » au cœur d’une merveille naturelle unique en Europe.
« Fréquence Terre » est, justement, au cœur de ce bois et vous en trouverez des photos ci-contre.
En d’autres termes, une atmosphère énigmatique et sereine plane dans cet océan bleu, parfois parsemé de jonquilles et d’anémones. De cet océan se dégage également un parfum puissant, symbole de bienveillance et d’amitié.
Quoi qu’il en soit, ce coin de terroir protégé démontre que la symbiose entre la Nature et l’Homme peut être une réalité concrète. Et, par les temps difficiles que nous vivons, c’est réconfortant !
Une excellente occasion de demander à un promeneur ce qu’il ressent face à cette merveille :
– C’est juste magique ! Je ne viens pas tous les ans, mais quand même assez souvent. J’essaie aussi de donner l’information à des amis en leur disant « Il faut aller voir ça, ce n’est pas loin de Bruxelles. C’est une merveille. »
Ça ne dure pas très longtemps et comme il n’y a pas toujours du soleil, il faut profiter des bons moments. (…) On entend les oiseaux, je ne dis pas qu’on entend les fleurs, mais pas loin quand même…
« Un lieu magique », pour ce promeneur au micro de Pierre Guelff.
Je ne sais pas si c’est un endroit unique en Europe, mais je n’en connais pas d’autre. C’est quelque chose qu’on entend de temps en temps ou qu’on dit, raison de plus pour que les Bruxellois ou d’autres qui habitent à 10, 15, 20, 50 kilomètres viennent ici… parce qu’il paraît qu’il y a des Chinois ou des Japonais qui y viennent… alors, ça vaudrait la peine de venir…, selon Dominique Vercruysse.
Ce bois se situe à quelques kilomètres du centre de la cité de Halle (Hal), qui compte en ses murs un chef-d’œuvre de l’art gothique : la Basilique Saint-Martin datant du XIVe siècle.
La Basilique de Halle.
Cet édifice est considéré comme un « lieu fort », car également placé sur un axe de géographie sacrée. On y découvre et admire une symbolique exceptionnelle, dont, pour le profane, un énigmatique écoinçon, ce qui est une petite statue de coin, représentant un évêque aux longues oreilles d’âne.
L’évêque aux oreilles d’âne.
Pour les auditeurs, je lève le voile jeté sur cette étrangeté… Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cet évêque n’était pas stupide mais quelqu’un empli de sagesse. Effectivement, en symbolique animalière, l’âne représente la Connaissance, ce que les Bâtisseurs du Moyen Âge ont donc représenté en parfait accord avec les autorités ecclésiastiques.
La Vierge Noire allaitant l’Enfant.
À la Basilique de Halle, il y a aussi une statue remarquable, celle d’une « Vierge Noire allaitant l’Enfant » avec son haut degré de représentation de la Terre-Mère.
Elle reçoit la visite de nombreux pèlerins et, naguère, fut priée par des ducs de Bourgogne, le dauphin de France, Louis XI, les empereurs Maximilien Ier et Charles Quint, le roi d’Angleterre Henry VIII…
Différence notoire avec le « Mystérieux Bois Bleu », si la magie de celui-ci ne dure qu’un mois par an, la Basilique moyenâgeuse, elle, est accessible douze mois sur douze !
Sources : Documentation sur les sites internet consacrés au Bois de Halle ou Hallebos, « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses », « Mémoires d’un journaliste révolté »… de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan,
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Château-Porcien est une jolie cité située dans la Vallée de l’Aisne, dominée par un rocher accueillant les ruines d’un château fort.
Autres particularités : une voie romaine passait dans ses environs, à l’heure de la Révolution, la commune s’appelait « Marat-Fruvaine » ou « Maraut-sur-Aisne » et le prince Albert II de Monaco porterait le titre de « Prince de Château-Porcien ».
Ce titre fut relevé en 1826 par la Maison Grimaldi, souverains de Monaco et est toujours porté de nos jours par l’actuel souverain et cela est confirmé par France-Voyage.com : « Le prince Albert II de Monaco porte le titre de prince de Château-Porcien, titre hérité par sa famille du cardinal Mazarin. »
Il y a 30 ans, Danièle Mitterrand s’engageait dans un combat. Le combat contre les souffrances des hommes.
En créant la Fondation France Libertés, en mars 1986, elle s’est donnée pour mission de défendre les droits humains et les biens communs du vivant, et de construire un monde plus solidaire.
Quel était la volonté première de Danielle Mitterrand, il y a 30 ans, en créant la Fondation France Libertés?
« La volonté c’était de poursuivre son engagement associatif. Danielle Mitterrand avait toujours été très engagée au travers de diverses associations. Sauf que ce format n’était pas très compatible avec son statut de « Première Dame ». Elle a donc fait le choix de créer la Fondation pour avoir un cadre d’utilité publique qui soit fort, respectueux de l’Etat. Elle a fait le choix d’œuvrer pour la justice sur la planète. C’était quelqu’un de très radicale, très tournée vers l’injustice pour faire en sorte de la régler et d’aider ceux qui la subissaient. Au fur et à mesure de son action, elle a évolué pour être toujours dans le tempo de la modernité. Elle était toujours très attachée à regarder les combats du moment et pas ceux du passé. »
Danielle Mitterrand disait vouloir organiser une alternative à la mondialisation capitaliste.
« C’est vrai qu’elle assez basculé assez rapidement sur la question du droit à l’eau pour ça. Elle estimait que la question des biens communs était le moyen le plus efficace, à coté de la sphère du capitalisme économique, d’avoir une vraie sphère du bien commun, du partage, de la coopération, pour que l’on ne soit plus prisonnier d’un modèle économique qui nous étouffe et qui casse les dynamiques de nos sociétés pour enrichir quelques personnes. C’était quelque chose de très important pour elle. »
Nous parlerons de l’eau la semaine prochaine, mais parmi ses premiers combats, il y avait les droits des peuples, Cambodge, Afrique du Sud, Tibet ou le peuple kurde. Qu’est-ce qui motivait ces engagements là ?
« C’était vraiment la volonté d’aider les peuples qui vivaient des traumatismes très forts. Le combat qu’elle a menée pour la fin de l’apartheid en Afrique du Sud par exemple, lui a valu de rencontrer Nelson Mandela a plusieurs reprises, et cela vaut à la Fondation d’être citée dans les livres d’histoire sud-africains. C’est un combat emblématique.
Avec le Kurdistan, c’est encore plus fort. Danielle Mitterrand a fait connaitre le Kurdistan à l’ensemble de la planète. Elle a permis d’accueillir 3000 orphelins en France qui sont aujourd’hui des Français intégrés, qui agissent en France et au Kurdistan avec l’association qu’ils ont créé Kurdistan Libertés. Elle a pu aussi faire en sorte que, là-bas, les ethnies qui étaient parfois les uns contre les autres, deviennent plus solidaires, travaillent ensemble. Le travail qu’elle a fait pour réconcilier M Masoud Barzani de M Jalal Talabani, marque pour longtemps de son empreinte l’action de Danielle Mitterrand au Kurdistan. C’est pour cela qu’elle est considérée comme la mère de la patrie là-bas, qu’il y a des écoles, des statues. C’est assez impressionnant de voir les résultats de son action au Kurdistan. »
Au delà de son engagement pour le droit des peuples dans le monde, il faut souligner qu’elle s’engageait aussi en France. Cela a été le cas notamment au moment des sans-papiers de l’église St Bernard, en 1996.
« Danielle Mitterrand a toujours été très ouverte à tous les combats qui puissent permettre de lutter contre les injustices et d’aider les minorités. C’est aussi ce qui fait aujourd’hui notre identité. On travaille autant en France qu’à l’international. Danielle était très présente en France, elle faisait beaucoup de conférences, elle allait beaucoup aider ceux qui le souhaitaient. Par exemple, le 10 mai 2011, 30 ans après l’accession au pouvoir de François Mitterrand, elle était devant l’Assemblée Nationale pour lutter conter le gaz de schiste qui faisait l’objet d’une loi à l’étude pour son interdiction. Elle a toujours été dans tous les combats possibles pour faire en sorte que la planète soit respectée, que les hommes et les femmes soient respectés et que l’injustice ne passe pas sa porte. »
Un combat contre toutes les formes d’injustices que nous continuerons d’aborder la semaine prochaine, à l’occasion de ces 30 ans de France Libertés.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Les auteurs de « Trois amis en quête de Sagesse », Christophe André, le psychiatre, Alexandre Jollien, le philosophe, et Matthieu Ricard, le moine bouddhiste, ont publié cet essai de réflexions à « L’Iconoclaste » et aux Éditions Allary. Un livre qui devrait être une véritable base de travail intérieur pour pas mal de personnes. Voici sa quatrième et dernière partie.
. De Christophe André : « Nous vivons dans une société extrêmement toxique et d’une malignité absolue, puisqu’elle nous incite à acheter, à posséder, à accumuler, et puis au bout d’un moment elle nous pousse à jeter, non pas pour notre bien mais pour faire de la place afin d’acheter autre chose, parce que ce qui précédait n’est plus à la mode ou que c’est obsolète. (…) J’ai le sentiment qu’à un moment donné cette société d’hyperconsommation, qui attise nos désirs et crée des désirs factices, va finir par sécréter dans nos cerveaux des anticorps de manière assez naturelle. (…) La détérioration de la nature est peut-être le plus grand crime qu’on est en train d’accomplir. »
. D’Alexandre Jollien : « Regretter le passé, croupir dans les remords bouffent une énergie considérable. Pourquoi ne pas simplement prendre acte de nos erreurs et essayer d’en tirer un enseignement ? »
. De Matthieu Ricard : « Il faudrait avoir la décence de ne pas conditionner les enfants à devenir accros à la consommation. Comment leur apprendre la simplicité ? En leur faisant partager la joie des choses simples. Naguère, au temps des cerises, tous les enfants étaient dans les arbres à se régaler. Aujourd’hui, les cerises restent sur les branches. Les enfants sont généralement devant leurs ordinateurs. Les jeux sont devenus de plus en plus solitaires, virtuels, violents, dénués de beauté, d’émerveillement, d’esprit de camaraderie et de plaisirs simples. Or, des recherches ont montré qu’un contact plus grand avec la nature a un impact important sur le développement cognitif de l’enfant. »
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Outre des éphémérides, conseils pratiques, indications astrologiques et météorologiques, l’ « Almanach des Terres de France », une coproduction des Presses de la Cité et de France Bleu, propose chaque jour une citation. En voici une par jour de la semaine, reflet de la sagesse populaire et de croyances ancestrales.
. Pour le lundi : chose bien commencée est à demi achevée.
. Quand Mardi gras est de vert vêtu, Pâques met des habits blancs.
. Cette citation valable pour le mercredi, l’est tout autant pour tous les jours de la semaine : l’air du matin vaut de l’or.
. Jeudi : veiller à la lune et dormir au soleil ne vaut pas richesse.
. Et, pour le vendredi, jour du poisson, disait-on : les eaux calmes sont les plus profondes.
Enfin, pour le week-end, pourquoi pas celle-ci : « Un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres. »
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Un peu d’histoire pour aborder ce chapitre consacré à cette « Ville neuve du XVIIe siècle », comme l’indique une documentation exposée au cœur de la ville :
« Le 6 mai 1606, le 26e jour anniversaire de sa naissance, Charles de Gonzague, duc de Nevers et Rethel, prince souverain d’Arches, décide la construction d’une ville nouvelle. Il la baptisera de son nom deux ans plus tard, le 23 avril 1608 : Charles-ville.
Charles de Gonzague statufié dans « sa » ville.
Fervent catholique, il la veut cité monacale, base rapprochée contre les Calvinistes de Sedan et de Montcornet en Ardenne.
Pour concrétiser ce vœu, la ville accueillera nombre de congrégations : Jésuites en 1612, Carmélites en 1616, Capucins en 1620, Sépulcrines en 1622, Milice chrétienne en 1623…
Pour se développer, la neuve cité se doit de gagner un statut de place commerciale de première envergure et devenir un point de rencontre entre les négociants de France et d’Europe du Nord.
Bien que fortifiée, elle laissera le rôle militaire à son aînée et voisine, Mézières.
Les villes nouvelles sont souvent édifiées soit selon un plan en damier, soit selon un plan radioconcentrique. Subjugué par les jeux de symétrie, Charles de Gonzague opte pour le premier.
À l’instar d’un castrum, camp de légionnaires romains, deux axes de circulation principaux se croisent de manière perpendiculaire, au centre de la cité.
À l’intersection, est aménagée une grande place rectangulaire, ici la placeDucale. Les quatre quartiers, répartis de part et d’autre des axes, enserrent chacun une place secondaire : place Saint-Ignace (place Condé), place du Saint-Sépulcre (de l’Agriculture), place Notre-Dame (près de l’actuelle place du Théâtre) et place Saint-François (Winston-Churchill).
Quadrilatère de 700 m de côté, la porte de Flandre répond à celle de Luxembourg, et le moulin ducal fait écho, quant à lui, à la porte de France.
Charles de Gonzague, amateur de jeux de symétrie.La Place Ducale
Assassins et sorcières
Les premiers habitants viennent d’Arches et de sa principauté, ainsi que de Mézières. Débute alors le dépeuplement de Mézières au profit de Charleville : au cours du 17e siècle, sur 1 600 familles macériennes, 1 400 choisiront de venir vivre à Charleville !
Les Macériens peuplent les rues Saint-Charles et Sainte-Catherine. Le premier habitant de la place Ducale est Jacques Chasson, maître tapissier de Bruxelles que Gonzague fait venir avec sa famille.
Pour peupler sa cité, Gonzague accorde en mai 1620, par lettres patentes, le droit d’asile aux personnes recherchées en France.
Sur 579 demandes d’asiles : 294 émanent de mauvais payeurs, 218 d’assassins et 2 de sorcières ! »Et dire que tout cela n’aurait pas existé si Charles de Gonzague n’avait pas, à l’âge de 22 ans, échappé à la mort lors du siège de Bude (qui deviendra Budapest), le 22 octobre 1602, un coup d’arquebuse effleurant cœur et poumons !
Belles, attirantes, insolites
Charleville et Mézières ont fusionné en 1966 et le Mont Olympe (196 m) domine l’entité alors que la Meuse la traverse. Les Vierges Noires ont toujours été motif à questionnements et le spécialiste en la matière, Jacques Huynen, a dressé une liste de leurs emplacements. Pour les Ardennes françaises, il signala Mézières comme « un lieu de culte à la Vierge Noire, mais où il n’est pas certain qu’il a existé une statue médiévale semblable aux autres. »
Effectivement, il existe un « label » pour admettre les Vierges Noires comme authentiques ou non, ce qui n’empêche pas la dévotion à des « mystérieuses mères nourricières » dans des sanctuaires où trônent des statues de Marie belles, attirantes, insolites.
Pourquoi des Vierges Noires ?
À plusieurs reprises, autant dans des écrits que lors d’émissions, j’ai évoqué ces statues pleines de légendes et de mystères.
Pourquoi des hommes ont-ils sculpté des Vierges foncées ? D’où provient leur vénération, voire leur adoration mystique ?
Quatre hypothèses ont été retenues au fil des siècles sur l’origine du teint basané, quasi noir, de certaines Vierges ? Alors, Vierges Noires authentiques ou non ?
Quel « label » pour les Vierges Noires ?
Au Moyen Âge, la Vierge était considérée comme la matrice, l’athanor, alliant fécondité et fertilité : « Elle est le ventre du monde et de l’univers », disait-on.
Elle fut même désignée comme la « Terre-Mère » permettant à l’homme de se transformer : mourir pour renaître.
Ainsi, Isis, déesse égyptienne symbolisant l’épouse et la mère idéale, était très vénérée à travers toute la Gaule. À Chartres, par exemple, un pèlerinage à une Vierge existait bien avant l’ère chrétienne et même avant l’époque des Celtes. Une Vierge devant enfanter (Virgini pariturae) y aurait été adorée. Une Vierge Mère – et noire – faisant de nombreux miracles : elle ressuscitait des morts, donnait ou redonnait la parole aux muets, éloignait la peste, rendait invisibles les prisonniers désirant échapper à la torture, elle pouvait, aussi, faire cesser la stérilité des femmes…
Quatre hypothèses sont donc retenues pour la représentation des Vierges Noires :
Un noircissement accidentel ou délibéré : exposition dans des endroits enfumés par les bougies, les cierges, l’encens, accumulation de poussières, altération ou transformation du bois, construction dans une matière noire (ébène, cèdre, bois exotique…) ou facile à noircir comme le poirier.
Un appel à l’aide céleste de la part de fidèles : au Moyen Âge, la peste faisait des ravages énormes parmi les populations. Cette maladie infectieuse et extrêmement contagieuse donnait au malade un teint grisâtre, voire noir, d’où le terme de « peste noire ». Il se dit que des artisans confectionnèrent des statues de la Vierge en bois foncé pour lui rappeler le drame vécu par de nombreuses personnes et, surtout, pour lui demander d’intercéder en leur faveur auprès de son Fils qui, affirme-t-on, ne peut rien lui refuser. La Vierge Noire était alors la représentation symbolique d’une pestiférée.
Une représentation (noire comme la terre) antique : le culte de la Terre-Mère se retrouvait dans de nombreuses déesses païennes, il n’est pas exclu qu’on le christianisa.
Une origine orientale : le portrait de la mère de Jésus aurait été tiré d’après nature par l’évangéliste Luc, selon une légende. Il aurait reproduit avec exactitude le type de femmes de Judée et de Palestine qui, comme on le sait, ont le teint très basané. Le « Cantique des cantiques » de Salomon est précis à ce sujet. Ainsi, on lit dans « La Bergère dans la Vigne » une description qui corrobore la thèse de l’origine orientale de la représentation de la Vierge en tant que femme noire, noire dans le sens de hâlée par le soleil :
Saint Luc, peintre.
« Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem,
comme les tentes de Kédar,
comme les pavillons de Salomon.
Ne prenez pas garde à mon teint hâlé :
C’est le soleil qui m’a brunie. (…) »
Représentation visible d’un monde invisible, plusieurs critères d’authenticité ont été dégagés, par certains spécialistes, à l’encontre des Vierges Noires : il s’agirait de Vierges en majesté, les statues – toujours en bois – authentiques dateraient du Xe (mais, surtout, du XIIe) au XIIIe siècle, la représentation de la Vierge primerait sur celle de Jésus, ce dernier enseignerait généralement, tous les sanctuaires qui accueillaient des Vierges Noires auraient été érigés sur des lieux de culte antérieurs au christianisme, la place originelle des statues étant dans une crypte, selon eux.
Néanmoins, des Vierges Noires ne répondraient pas à ces critères rigoureux et n’en connaissaient pas moins une dévotion assez extraordinaire.
« L’adage prétendant que l’habit ne fait pas le moine, est-il à prendre en considération dans ce cas d’espèce ? » avais-je posé comme question.
Je n’ai pas changé d’avis à ce sujet !
Et la « Vierge Noire » de Mézières ?
Pour Jacques Huynen, « Mézières était la ville du dieu Macer (christianisé en « saint Masert », selon certaines sources), et les Ardennes françaises ont conservé des traces nombreuses d’une présence druidique sous forme de menhirs et de dolmens, comme dans l’ancienne toponymie.
L’église Notre-Dame (XVIe siècle) est un bel édifice flamboyant qui a remplacé un sanctuaire roman déjà consacré à la Vierge ».
Lieu de pèlerinage à Marie, cette église a reçu du pape Pie XII, le 15 août 1946, le titre de basilique mineure. Elle est ornée de vitraux contemporains (68 verrières de plus de 1 000 m²).
Quant à la Vierge Noire, les Huguenots auraient fait « périr » la statue et les tentatives de reconstitution sur base d’une ancienne gravure laisseraient pantois, dit-il, voici plus de quatre décennies.
Dès lors, selon cet auteur, la vénération à la Vierge Noire de Mézières se porterait sur une image du XVIIe siècle avec le visage foncé de Marie et la carnation pour Jésus.
Marie tient dans la main droite une très symbolique grappe de raisin.
La Vierge porte une grappe de raisin, symbole de vie et de résurrection.
Grappe qui aurait été volée par un officier allemand lors de la Première Guerre mondiale afin de l’offrir à une jeune fille de la ville, mais elle la restitua aussitôt à la statue !
Avant cela, lors du siège de 1870, la statue et un vitrail de la Vierge Noire furent épargnés alors que leur environnement immédiat souffrait des bombardements.
Plusieurs endroits de Charleville-Mézières sont recommandés par l’Office de Tourisme local. Parmi eux :
. Le Grand Marionnettiste : automate devenu une attraction incontournable avec, toutes les heures, un petit spectacle de marionnettes à fils où un « moment unique ».
Trois coups et une musique retentissent…
« Nobles Dames, Messeigneurs, mes gentils damoiseaux,
Il est 11 heures…
Voici le Chevalier Bayard… »
Le Chevalier Bayard était valeureux et malin au point de semer la zizanie chez ses ennemis, lorsqu’il leur fit croire à de grands renforts imminents : il sauva Mézières en 1521.
Ensuite, à chaque heure, au « Grand Marionnettiste », c’est une étape supplémentaire de la saga des Quatre Fils Aymon.
Le Grand Marionnettiste.
Bayard, Aymon… à chaque heure !
. La Basilique de Charleville-Mézières : avec ses vitraux modernes, une œuvre ordonnée autour de la dualité « Vierge Noire » et « Vierge de Lumière » (voir ci-dessus).
Dans le fond de l’église, une information avise le passant qu’il y a des « graffitis anciens » gravés sur le mur.
Il s’agit aussi de témoignages édifiants, selon moi, telle cette annonce qu’an l’an 1499 fut posée la première pierre de cette église…
« EN LANe 1499 A Este POSe LA PRVMIER PIER De CeSTe e8Lise Le Jovrs St MATi…e AVX ReTOVA De LA PROSSeion… »
Églises, cathédrales, basiliques…
La Basilique de Mézières.
Quelle différence y a-t-il entre une église et une basilique, celle de Mézières étant proclamée comme telle en 1946 ?
C’est l’occasion de résumer quelques définitions à ce sujet :
– La chapelle est une petite église, non paroissiale, parfois desservie par un chapelain, cela peut être, aussi, un sanctuaire privé (dans un château, par exemple) ou un oratoire destiné ou non au culte. Enfin, une chapelle peut également être une annexe d’église pourvue d’un autel.
– L’église est un temple où est célébré un culte. Elle est desservie par un curé parfois assisté d’un ou de plusieurs vicaire(s). Il existe quatre sortes d’églises :
L’église paroissiale.
L’église décanale (siège d’un doyenné qui regroupe plusieurs paroisses).
L’église abbatiale (église d’une abbaye).
L’église conventuelle (communauté religieuse).
– La collégiale est une église qui possède un chapitre – collège de chanoines – sans avoir un siège épiscopal (qui appartient à l’évêque).
– La cathédrale est une église épiscopale ou principale d’un diocèse.
– La basilique : originellement, il s’agit d’un édifice romain en forme de grande salle rectangulaire, se terminant par une abside et abritant les diverses activités des citoyens. Les églises chrétiennes bâties sur le même plan furent appelées basiliques, mais la basilique est un titre accordé par le pape et donné à une église privilégiée. On distingue deux types de basiliques : les basiliques majeures pourvues d’un autel papal et les basiliques mineures qui en sont dépourvues.
Il y a que quatre basiliques majeures au monde, elles sont toutes à Rome, dite la « Ville Sainte » : Saint-Pierre (Vatican), Saint-Jean de Latran, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul (sur la voie Ostienne).
Il n’y a quelques basiliques mineures dans les Ardennes, Notre-Dame d’Espérance à Charleville-Mézières, Saint-Sauveur à Prüm, Saints-Pierre et Paul à Saint-Hubert… et en Champagne-Ardenne, à Troyes, Chaumont, L’Épine…, et aux frontières des Ardennes belges et luxembourgeoises, à Aubel, Chaudfontaine, Echternach…
. La Place Ducale (XVIIe siècle) : sœur jumelle de la Place des Vosges de Paris.
Un air parisien à Charleville-Mézières.
. Les Remparts de Mézières ou plane le souvenir de « Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche ».
Enceinte fortifiée.
Le Dormeur du Val
. Arthur Rimbaud (1854-1891) : « Il faut être absolument moderne » ! Ce génie précoce à un musée situé dans le Vieux Moulin sur la Meuse et la Maison des Ailleurs, demeure habitée par le poète et les siens où l’on propose un « voyage » de l’auteur à travers textes et images.
Arthur Rimbaud. (Photo : Wikipédia)
Parmi ses écrits, « Le Dormeur du Val » est un poème qui a frappé beaucoup de générations :
« C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »
Et, encore, à Charleville-Mézières, la Tour du Roy, la Macérienne (usines), la Porte de Bourgogne, le Musée de l’Ardenne… et quelques documents pour davantage illustrer cette splendide cité : détails de la Fontaine Charles de Gonzague, statue près de la Place Ducale, vitrail à la Basilique et vestiges à Mézières.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Grandpré, quelque 500 habitants, est une localité qui connut un certain essor sous le règne de la famille Joyeuse, famille noble influente du XIIIe au XVIIIe siècle. Elle porte un nom dont l’origine remonte au temps de Pépin le Bref, de Charlemagne… D’ailleurs, « Joyeuse » était le nom de l’épée appartenant à l’empereur, puis celle du sacre des Rois de France (exposée au Musée du Louvre à Paris).
À Grandpré, la famille Joyeuse édifia un château avec son fameux porche « Porte de la Justice » et on trouve le mausolée des comtes de Joyeuse à l’église Saint-Médard. Les gisants de marbre blanc ont été détruits à la Révolution.
Château de Grandpré.
Le 8 juin, à la Saint-Médard, un dicton bien connu est prononcé : « S’il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard. »
Parfois, on ajoute : « Mais vient le bon saint Barnabé – fêté le 11 juin – qui peut encore tout raccommoder » ou « À moins que Barnabé ne lui coupe l’herbe sous le pied ».
Le village fut bombardé lors de la Première Guerre mondiale et il fallut reconstruire le château en grande partie, alors que la Porte de la Justice a pu être rénovée. Au début des hostilités de la Seconde Guerre mondiale, un ecclésiastique fit promettre à ses paroissiens d’édifier une statue de Marie « protectrice », ce monument ex-voto s’intitule « Vierge du Châtelet ».
La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) est un accord intergouvernemental engageant les gouvernements.
Le gouvernement des Fidji a proposé l’addition de la liste des 9 espèces de raies Mobula à l’Annexe II. En signant la petition lance par LONGITUDE 181 et MANTA TRUST vous aidez à soutenir formellement les iles Fidji dans leur demande lors de la COP 17/CITES qui aura lieu à Johannesburg du 24 septembre au 5 Octobre 2016.
Ainsi avec une majorité des 2/3 des votes le commerce international des raies Mobula sera contrôlé afin qu’on évite un niveau inacceptable de ventes qui menace la survie de ces précieux et magnifiques animaux.