« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
D’aucuns le savent, la Nature, plus particulièrement la forêt, est un endroit propice à la quiétude physique et mentale, voire à la méditation. Les auteurs de « Trois amis en quête de Sagesse », Christophe André, le psychiatre, Alexandre Jollien, le philosophe, et Matthieu Ricard, le moine bouddhiste, ont choisi une demeure au cœur d’une forêt de Dordogne pour élaborer cet essai paru à « L’Iconoclaste » et aux Éditions Allary.
Un ouvrage qui s’articule autour d’échanges d’expériences et de convictions personnelles, formant la trame ou l’épine dorsale d’une réflexion de 480 pages, dont j’ai extrait quelques propos marquants. Un livre qui, sans conteste, est une véritable bouée de sauvetage dans un monde chahuté qui doit désorienter pas mal de gens.
. De Christophe André :
« Pour nous libérer des émotions perturbatrices, il faut d’abord cesser de les considérer comme des ennemis, des adversaires à abattre, mais bien plutôt les regarder comme des messagers, voire des signaux d’alarme. On progresse beaucoup plus en écoutant qu’en parlant. »
« Il faut sortir de la logique : j’ai raison, donc tu as tort ! C’est la pratique des vertus qui nous rend vertueux. » et « Les médecins me plombent quand, sans même m’examiner, ils décrètent que la douleur physique vient du stress. Il faut une sacrée liberté intérieure pour cesser de vouloir transformer l’autre à sa guise, lui dicter ses conduites, façonner ses opinions. »
. De Matthieu Ricard :
« Quand tu changes ta perception du monde, d’une certaine façon tu changes le monde. Quand un oiseau s’échappe de sa cage, on ne peut pas dire qu’il renonce à sa cage, il s’en libère. Que la cage soit en fer ou en or ne change rien à l’affaire. Le silence extérieur ouvre les portes du silence intérieur. » Et, sur un autre sujet, bien que… : « L’effet placebo, qui donne 15 à 40% de résultats positifs selon les maladies traitées, ne fait que montrer l’influence de l’esprit sur le corps. »
Au total, il y a quatre chroniques de « Littérature sans Frontières » consacrées à cet important ouvrage. Celle-ci est la première.
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Outre des éphémérides, conseils pratiques, indications astrologiques et météorologiques, l’ « Almanach des Terres de France », une coproduction des Presses de la Cité et de France Bleu, propose chaque jour une citation. En voici une par mois, reflet de la sagesse populaire et de croyances ancestrales.
. Les beaux jours de janvier trompent l’homme en février.
. Février n’est jamais si dur ni si méchant qu’il ne nous fasse don de sept jours de printemps.
. En mars autant de gelées, en avril autant de poussées.
. Avril pluvieux fait mai joyeux.
. Mai sans rose rend l’âme morose.
. Qui en juin se porte bien, en juillet ne craindra rien.
. Qui veut son navet le sème en juillet.
. Août mûrit les fruits, septembre les cueille.
. Pluies de septembre, pluies de novembre seront gelées en décembre.
. Le mois d’octobre glacé fait vermine trépasser.
. Quel que soit le temps en novembre, commence le feu dans la chambre.
. Si décembre est sous la neige, la récolte se protège.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
À l’époque gallo-romaine, la cité de Brieulles-sur-Bar s’appelait « Briodorum » : pont fortifié sur la Bar, qui, à l’époque, devait être navigable. Par cette rivière, les marchandises étaient acheminées jusqu’à la Meuse et Brieulles fut même considérée comme un port fluvial. Puis, le cours d’eau s’est envasé et est devenu inutilisable. Belle église du XVe siècle et cadran solaire. Non loin de Brieulles-sur-Bar, les amateurs de légendes connaissent bien le « Bois de la Lune ».
La musique des démons
À dire vrai, ce « Bois de la Lune » est une clairière et on y racontait volontiers l’histoire suivante :
« Quand le vent portait assez loin, jusqu’à Verrières, Authe, voire Autruche, on percevait une musique au son de laquelle les démons, les sorciers et les sorcières dansaient en ce lieu intitulé « Bois de la Lune » avant de disparaître à la vue des êtres humains. Cependant, le diable s’y tenait à la disposition de tous ceux qui lui promettaient leur âme en échange de richesses. » Il se disait d’un paysan qui aurait amassé un pactole : « Il revient de la lune », alors que, tout simplement, il avait beaucoup travaillé et effectué quelques économies…
Lieu de sabbat à l’orée d’une forêt.
Le faux orme
Un arbre, situé à la sortie de Brieulles-sur-Bar, est appelé « Orme de Sully ». Il aurait été planté au temps de Sully (1560-1641), dit-on. Or, il ne s’agirait pas d’un orme mais d’une espèce de tilleul « à feuilles d’orme ». La particularité de cet arbre très ancien, est qu’il est formé de différents gros troncs parallèles poussant en demi-cercle, résultat de rejets multipliant l’arbre autour de la souche.
Parfois, il est quand même sérieusement secoué par des vents orageux ou autres et il vacille quelque peu…
C’est une catastrophe pétrolière qu’est en train de vivre le Nord du Pérou. Par deux fois depuis le début de l’année, un oléoduc s’est rompu. Résultat : l’équivalent de plus de 3000 barils de pétrole se déverse dans une zone particulièrement riche en faune et en flore. Avec des dommages environnementaux et humains considérables.
Plus de 8000 habitants sont directement touchés par cette catastrophe.
Avec Alice Richomme, chargée de mission « Droit des peuples et extractivisme » à la Fondation France Libertés.
« Cette catastrophe s’est produite dans le nord du Pérou, assez proche de la frontière avec l’Equateur, au cœur de l’Amazonie péruvienne. L’oléoduc Norperuano , d’où provient la fuite, traverse tout le nord du Pérou sur 854 km, du cœur de l’Amazonie jusqu’au Pacifique. Il traverse de nombreuses régions dont Loreto et Amazonas qui sont les deux régions touchées. Il y a eu deux fuites à deux lieux différents. … La première le 25 janvier dans le district Imaza (Amazonas). La deuxième, le 3 février, dans le district de Morona (Loreto) qui couvre un tiers du territoire péruvien. »
Les régions touchées ont une biodiversité exceptionnelle. Les dommages de cette marée noire sur l’environnement sont considérables.
« En tout ce sont 3000 barils de pétrole qui se sont déversés. On estime que plus de 10.000 mètres carrés ont été recouverts par du pétrole et affectés par cette pollution. C’est une région qui a une importante biodiversité. On se situe non loin d’une zone protégée, celle de Santiago Comaina, créée en 2000. Cette région pourrait être la plus riche en faune du pays. On y découvre régulièrement des espèces que l’on ne connaissait pas. La flore est aussi très importante, avec énormément d’orchidées notamment. Ce sont des dommages sur l’environnement considérables, d’autant plus que les affluents de la rivière Marañón, rivière principale de la région qui se jette dans l’Amazone, ont été touchés. »
Des dégâts importants sont aussi à déplorer sur les populations.
« Du fait que cette rivière ait été touchée, le pétrole se répand d’avantage. Le nombre de gens affectés est donc plus important. On compte à peu près 8000 personnes affectées dans cette région, où la démographie est assez faible. Les premiers effets concernent la santé, puisque beaucoup de gens ont été en contact direct avec le pétrole brut. Ce contact direct par l’inhalation de benzène notamment va poser des problèmes au niveau de la peau, des yeux, et des problèmes respiratoires entrainant des maladies qui peuvent être très graves. L’inhalation de benzène est également source de cancer. Il faut noter aussi que l’eau est contaminée. Ces populations n’ont pas accès à l’eau potable en dehors des points naturels dans la rivière. Les exploitations de cacao sont également touchées. Cela remet en cause leur agriculture pour vivre. La pêche est devenue impossible. Et l’eau est inutilisable pour irriguer les cultures. Cela pose énormément de problèmes quant à la subsistance des populations sur place, qui se retrouvent dans une situation critique pour survivre. »
Face à cette catastrophe, La compagnie pétrolière fait-elle tout ce qu’il faut pour dépolluer ? Y met-t-elle les moyens ?
« La réponse à la crise devrait être double. Il faudrait répondre d’abord à l’urgence, c’est-à-dire fournir aux populations de l’eau potable et de la nourriture en quantité suffisante et le temps qu’il faudra pour qu’elles retrouvent leur moyens de subsistance naturels. Il faudrait ensuite accompagner sur le plan médical toutes les personnes qui ont été exposées et qui présentent des symptômes d’intoxication. Enfin il faut nettoyer la zone le plus vite possible pour évacuer le plus gros du pétrole pour éviter qu’il se répande d’avantage en mettant des barrages. On sait qu’il faudra plus d’un an pour que la zone soit de nouveau propre.
Par rapport à ces points cruciaux, l’entreprise a mis énormément de temps à répondre. Pour ce qui est des vivres et de l’assistance médicale, les autorités d’Amazonas n’ont reçu de l’aide que début mars, soit un mois après le début de la catastrophe. La commission des peuples indigènes du Congrès a dénoncé ce retard. Pas une goutte d’eau n’a été envoyée aux populations en un mois. Une aide tardive arrive, mais pas partout. Des communautés se sont plaintes de n’avoir rien reçu quand d’autres avaient reçu quelques aides. »
Pour cette phase de dépollution, des enfants ont été mis à contribution pour nettoyer
« La compagnie a changé de versions sur ce point. Le 14 février, le président du groupe PetroPerú indiquait dans un journal avoir donné des directives pour ne pas employer d’enfants pour le nettoyage. Mais, après que des photos aient été publiées, il a changé de version, reconnaissant que des enfants avaient bien étés employés mais qu’il n’y était pour rien, et qu’il condamnait ces pratiques. Pour contrer le scandale de ces enfants qui ont présentés des symptômes d’intoxication, l’entreprise a pris en charge un de ces enfants pour l’hospitaliser dans une clinique de Lima. Peut-être qu’une enquête approfondie sera menées pour déterminer les responsabilités de l’entreprise. »
Et cette responsabilité de PetroPerú, la compagnie pétrolière, est clairement montrée du doigt. Nous verrons la semaine prochaine que cette catastrophe aurait pu être évitée.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
C’est bien connu : un dessin porte parfois plus qu’un long discours. Néanmoins, si vous y ajoutez quelques courts propos, citations et une touche d’expérience personnelle, le lecteur accroche davantage, selon moi, à la démonstration faite par l’auteur(e).
Dans ce cas-ci, il s’agit de « Chouette, un conflit ! » de Nathalie Legros (Éditions Chronique Sociale), ingénieur en aérospatiale et médiatrice, qui, outre un titre qui, déjà, attire l’attention, arrive en quelque soixante pages à nous prouver qu’un conflit peut jouer un rôle générateur.
Nathalie Legros
À partir de son témoignage émouvant, celui d’une mère inattentive au volant de son véhicule et qui faillit entraîner avec elle ses trois enfants dans la mort, Nathalie Legros glissa ce grave accident dans sa « boîte interne à conflits » et y accola l’étiquette « pour avoir la paix ».
Alors, au fil d’observations et d’approches diverses, elle arriva, selon elle, à faire de ce terrible conflit une sorte d’ami. En d’autres termes, a, d’abord, accueillir la tension qui met physiquement et moralement mal à l’aise, en arriver, tout doucement, à purifier son esprit troublé et ne pas hésiter à l’évoquer au « fond du fond », comme dirait le philosophe Alexandre Jollien.
Si, pour Nathalie Legros, il faut pouvoir s’écouter soi-même pour mieux écouter l’autre, agir sur l’espace physique pour plus d’harmonie, créer des liens choisis avec le monde, être patient – ce qui, j’en conviens, ne doit pas être aisé dans notre société stressante -, l’arrivée au terme de ce processus peut-être couronnée d’une victoire. Sur soi et au profit de tous.
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Jeudi 11 heures. Musées d’Art et d’Histoire à Bruxelles et une remarquable exposition consacrée à l’art funéraire égyptien. Succès de foule et vous y entendez des explications fascinantes.
Sarcophagi, exposition aux Musées d’Art et d’Histoire de Bruxelles, jusqu’au 20 avril 2016.Menace sur la Culture en Belgique.
Les pièces exposées, datant de plusieurs millénaires pour certaines, sont exceptionnelles et la plupart sorties des réserves desdits musées.
Eh bien ! Sachez que, sous peu, au train où vont les choses en Belgique, ceci ne sera plus possible.
En effet, il pleut dans des musées prestigieux, des oiseaux volent et rasent des Brueghel, le Théâtre de Toone de marionnettes, datant de 1830, est mis à mal car, selon des politiques et leurs « conseillers », il ne relèverait pas de la Culture mais du Tourisme, les subsides sont donc rabotés, mais, en revanche, en Belgique, il y a pléthore de ministres dits de la Culture ! Théâtres, musées et autres lieux culturels belges s’effondrent. Il n’était pas vain, selon moi, de prévenir les visiteurs ou résidents étrangers sur cette situation « réaliste » indigne d’un pays qui se prétend moderne.
« La culture… ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers » a dit André Malraux. Visiblement, en Belgique, les nombreux ministres dits de la Culture ne connaissent pas Malraux !
Et l’état général de la Belgique ?
Un confrère du « Soir » écrivait il y a peu de temps : « Retour d’Afrique, une connaissance me demande : « Et la Belgique, ça va ? » Tout est normal : des souris bouffent les archives planquées dans les piliers des tunnels bruxellois, un train roule sans conducteur entre Landen et Tirlemont, la femelle panda du Parc animalier wallon a été inséminée (et tout le pays retient son souffle), un fonctionnaire wallon a piqué dans la caisse. La vie, quoi ! »
Il aurait pu ajouter que la ministre de la Culture est aux prises avec la Justice pour de potentiels emplois fictifs…
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Bosseval-et-Briancourt est un village fondé par Guy XVII de Laval et Claude de Foix (XVIe siècle), dont l’église est dévolue à saint Charles Borromée, cardinal italien et artisan de la Réforme catholique.
Son territoire est arrosé par la Claire qui vient de Sugny et se jette dans la Vrigne après avoir formé plusieurs plans d’eau : Étangs du Moulin de la Gigue, de la Faïencerie, de la Filature, de la Claire, de la Foulerie, de la Brèche, d’En-Bas…
À l’origine, le territoire était couvert de bois et les habitants furent appelés les « Ramounis » en référence à l’exploitation du charbon de bois qui leur donnait l’apparence d’être toujours tout noir, « ramounis » en patois.
L’église Saint-Charles Borromée.
L’église fut reconstruite en 1875 sur les ruines de l’ancienne et on y voit le tableau « Descente de Croix », une œuvre de Jean Jouvenet (1644-1717), est-il « officiellement » indiqué.
À vrai dire, sur son blog « Le Bassinage », René Godi, un citoyen ardennais (et visiblement fier de l’être), spécifie : « Le grand tableau représentant la Descente de Croix n’est pas de Jouvenet (un très grand peintre réputé) mais de « A.Tonnelier à Charleville 1825 d’après Jouvenet ». Il eut été étonnant qu’un tableau du grand maître du 18ème siècle se retrouve, en plein 19ème dans la modeste (mais très belle) église de Bosséval. »
René Godi tint, encore, à préciser que, contrairement à l’écrit « officiel » affiché au cœur du village, le terme « ramounis » à une autre signification !
« Ce surnom (sobriquet), donné aux habitants de Bosséval au 19ème siècle, ne tient pas au fait qu’ils fabriquaient du charbon de bois au cours de leurs travaux en forêt mais au fait qu’ils fabriquaient des « ramons de boule » destinés à l’entretien des maisons, des écuries, des « devants de portes ». Le « ramon » est, en « Parlé Ardeûné » (ce que certains appellent patois), un balai. Le « boule », c’est le bouleau nombreux dans notre forêt aux côtés du chêne et du hêtre, bois nobles. Le bouleau, bois tendre, servait à faire des bois légers mais fragiles et … des parties de balais avec leurs branchages.
Au 19ème, ces « ramons de boule » ont beaucoup servi aussi à l’entretien des ateliers des fonderies et autres usines métallurgiques de Vrin (Vrigne-Aux-Bois, cité des « Panses Brûlées ») et des alentours crées par Jean-Nicolas Gendarme, la famille Evain et d’autres familles qui, à, partir de 1815, ont fait se développer la métallurgie lourde dans nos « petites vallées ».
Le groupe folklorique ardennais de Bosséval s’appelle d’ailleurs « Les Ramounis de Bosséval ( http://lesramounis.fr ) »
Outre cette double mise au point, si vos pas vous mènent vers ce charmant village, regardez bien les becs verseurs à la fontaine située non loin de ladite église : ce sont des hures… comme il se doit dans les Ardennes !
L’eau s’écoule de hures à Bosseval-et-Briancourt
Les sorcières innocentes de Sugny
À quelques kilomètres à peine de Bosseval-et-Briancourt, mais en Belgique, voici Sugny où la forêt est omniprésente.
Forêt de Sedan, d’un côté de la frontière, Forêt des Ardennes, de l’autre, au « Lu Tchèté d’la Rotche » (« Château de la Roche » en champenois local), les sorcières françaises et belges se rassemblaient nombreuses, disait-on.
D’origine carolingienne, le site était déjà occupé durant la seconde moitié du VIIIe siècle par une construction de bois.
Les murs de pierre, récemment restaurés, attestent d’un bâtiment plus important des Xe et XIe siècles.
Ruines du Château de la Roche à Sugny.
En cet endroit très symbolique, j’ai tourné dans une émission de télévision sur le thème de la chasse faite aux sorcières par l’Église catholique.
Voici quelques propos extraits de cette séquence : « Nous sommes dans les ruines du Château de la Roche à Sugny, un château du VIIIe siècle. Croyances populaires et superstitions ont donné lieu à beaucoup de légendes. C’est, selon l’une d’elles, en cet endroit que des sorcières ardennaises se réunissaient.
Sept femmes qui, pourtant, distillaient leur savoir ancestral et étaient considérées comme de braves personnes, ont quand même été étranglées, pendues et brûlées car jugées « sorcières » par l’Inquisition… »
Pierre Guelff et l’équipe de « Télétourisme » (RTBF et TV5 Monde) à l’endroit où se réunissaient de braves sorcières.
30km/h. Ce sera bientôt la règle à Grenoble et dans son Agglomération. 43 des 49 communes membres de Grenoble-Alpes-Métropole viennent de se mettre d’accord pour apaiser la ville et tenter de réduire la pollution urbaine.
C’est une petite révolution que vont être amené à vivre les Grenoblois et leurs voisins.
Yann Mongaburu, est conseiller municipal de Grenoble et vice-président de Grenoble-Alpes-Métropole en charge des déplacements.
« Il s’agit plus d’une évolution que d’une révolution. L’initiative vient d’un échange avec le maire de Vizille, commune du sud grenoblois, qui souhaitait généraliser le 30 km/h dans sa commune et qui voulait être accompagné par la Métropole pour pouvoir réussir cette politique. A partir de là, nous avons travaillé avec l’ensemble des maires sur cette inversion de logique qui est, non pas de ne faire que des zones 30, mais d’utiliser la modération de vitesse à 30 km/h comme étant la règle. Il y aura des axes à 50 km/h qui par exception pourront être circulés de manière plus rapide. On inverse la logique actuelle en s’appuyant sur la volonté et la liberté des maires. »
D’autres villes ont partiellement mis leur réseau routier en zone 30, notamment dans certaines communes de la périphérie de Grenoble, mais c’est la première fois que cela se fait à si grande échelle… 400 000 habitants vont bénéficier de cette mesure dont les effets devraient se faire sentir sur la pollution et sur la sécurité des déplacements.
« Bien avant un enjeu de pollution, c’est un apaisement de l’espace public, notamment aux abords d’écoles ou auprès des personnes âgées. La marche est déjà le deuxième mode de déplacement dans notre Agglomération. Plus de 30 % des déplacements se font à pied. On a deux publics vulnérables, les enfants et les anciens, a qui nous voulons rendre un sentiment de sécurité lorsqu’ils traversèrent la voirie.
Dans notre Agglomération, nous avons déjà plusieurs communes qui ont généralisé le 30 km/h depuis plusieurs années. En réalité, la commune-centre est en retard vis-à-vis des communes rurales qui ont eu des démarches ambitieuses d’apaisement, avec des zones de rencontre de qualité. Nous allons pouvoir nous appuyer sur les expérimentations qui ont été positives sur le territoire, et mettre de la cohérence sur l’ensemble de l’Agglomération. »
La mise en zone 30 dans la voirie de l’agglomération grenobloise a pour ambition de redessiner le cadre de vie en remettant la voirie en partage.
« Le premier enjeu est celui du partage de l’espace public. Il faut considérer que dans nos villages et dans nos villes, l’essentiel de nos voiries sont des rues. Et une rue a pour vocation à être partagée avec tous les usagers, la voiture, les transports en communs, le vélo et les piétons. Quelques unes de nos voiries sont des routes. Et pour elles, une modération de vitesse à 50 km/h restera probablement nécessaire. Ce sont les maires qui dessinent actuellement les cartes. La Métropole accompagnera la mise en cohérence afin qu’un même axe ne soit pas à 30 km/h dans une commune pour passer à 50 km/h dans une autre. Il faut qu’il y ait bien une cohérence de parcours, pour gagner en lisibilité. C’est aussi un enjeu de cadre de vie, pour revitaliser nos centres villes, mais aussi un enjeu de lien social. L’espace public n’est pas seulement un lieu où l’on circule, c’est aussi un espace à vivre, un espace de la rencontre, un espace où l’on vie ensemble. »
La ville en zone 30 n’est qu’une première étape… D’autres mesures sont prévues pour réinventer et apaiser l’espace public. Et c’est l’ensemble des habitants qui va participer à cette redéfinition de cet espace commun.
« Nous avons lancé un appel aux citoyens en créant une boite à idée pour que ce ne soit pas seulement un dialogue entre les communes et la Métropole, mais pour que tous les habitants puissent proposer des logiques d’apaisements qui peuvent être ambitieuses, comme une reprise de gabarit de voirie, ou une piétonisation de rue. Mais cela peut aussi être plus léger comme remettre de la végétalisation, ou du mobilier pour enfants… Il n’y a pas de religion sur l’apaisement. Chaque rue peut être apaisée en fonction des usages. Et cela se construit avec les habitants. »
Cet apaisement des espaces publics de la métropole grenobloise, qui traduit une vraie volonté de changer la pratique de la ville, au-delà des clivages politiques, rentrera progressivement en vigueur tout au long de l’année 2016.
De nombreuses associations défendent les océans. Des bénévoles passionnés rejoignent leur rang. Pourquoi? Quel déclencheur ? Témoignage d’Aurélia qui nous parle de son engagement au sein de Longitude 181, du sens donné, du plaisir reçu, du temps utile vécu et consacré à la cause des océans.
« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.
Au moins à quatre ou cinq reprises, j’ai lu et relu « L’étranger » d’Albert Camus, tant ce livre me fascine. C’est, peut-être, parce que, comme Meursault, le personnage principal de ce roman, je n’aime pas les dimanches, surtout ceux, interminables, vécus fin des années 60 en Algérie, lorsque j’y étais coopérant-technique pour le gouvernement local. J’ai, aussi, eu affaire à la justice, plus particulièrement les assises, mais au contraire de Meursault, condamné à la guillotine pour le crime d’un Algérien, j’étais du bon côté de la barre puisque je suis devenu chroniqueur judiciaire, justement, aux assises.
Pourquoi vous raconter tout ça ? Parce que, souvent, on demande aux gens d’établir une liste de leurs préférences à l’aide du célèbre questionnaire de Proust : quel est votre livre préféré ? Votre peintre favori ? Votre principale qualité ? Et votre défaut ? Jamais, ou rarement, on ne vous demande de justifier vos réponses. Il y a, donc, selon moi, comme une démarche inachevée et frustrante. Le pire, c’est que des psychologues d’entreprises ou du personnel de la communication basent leurs déductions à votre égard sur pareil questionnaire tronqué.
Dans le fond, les propos de Meursault relèvent du même style, mais, lui, il argumente quand même en quelques rares mots du genre : « Je n’en pense rien mais c’est intéressant », « On ne change jamais de vie, car toutes se valent », « La vieillesse ne se guérit pas », et, ce constat qui vous frappe de plein fouet : « Du moment qu’on meurt, comment et quand, cela n’importe pas, c’est évident »
Musique de Michaël Mathy https://www.facebook.com/michael.mathy?fref=ts
Sources : « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses », « Mémoires d’un journaliste révolté »… de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan. http://www.editionsjourdan.com/index.php