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Ardennes françaises mystérieuses (12/61) : CHARLEVILLE-MÉZIÈRES : Quelle Vierge Noire ?

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3Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

Un peu d’histoire pour aborder ce chapitre consacré à cette « Ville neuve du XVIIe siècle », comme l’indique une documentation exposée au cœur de la ville :

 

« Le 6 mai 1606, le 26e jour anniversaire de sa naissance, Charles de Gonzague, duc de Nevers et Rethel, prince souverain d’Arches, décide la construction d’une ville nouvelle. Il la baptisera de son nom deux ans plus tard, le 23 avril 1608 : Charles-ville.

 

 

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Charles de Gonzague statufié dans « sa » ville.

 

 

 

Fervent catholique, il la veut cité monacale, base rapprochée contre les Calvinistes de Sedan et de Montcornet en Ardenne.

Pour concrétiser ce vœu, la ville accueillera nombre de congrégations : Jésuites en 1612, Carmélites en 1616, Capucins en 1620, Sépulcrines en 1622, Milice chrétienne en 1623…

 

 

 

 

Pour se développer, la neuve cité se doit de gagner un statut de place commerciale de première envergure et devenir un point de rencontre entre les négociants de France et d’Europe du Nord.

Bien que fortifiée, elle laissera le rôle militaire à son aînée et voisine, Mézières.

Les villes nouvelles sont souvent édifiées soit selon un plan en damier, soit selon un plan radioconcentrique. Subjugué par les jeux de symétrie, Charles de Gonzague opte pour le premier.

À l’instar d’un castrum, camp de légionnaires romains, deux axes de circulation principaux se croisent de manière perpendiculaire, au centre de la cité.

À l’intersection, est aménagée une grande place rectangulaire, ici la placeDucale. Les quatre quartiers, répartis de part et d’autre des axes, enserrent chacun une place secondaire : place Saint-Ignace (place Condé), place du Saint-Sépulcre (de l’Agriculture), place Notre-Dame (près de l’actuelle place du Théâtre) et place Saint-François (Winston-Churchill).

Quadrilatère de 700 m de côté, la porte de Flandre répond à celle de Luxembourg, et le moulin ducal fait écho, quant à lui, à la porte de France.

 

 

 

 

 

 

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Charles de Gonzague, amateur de jeux de symétrie.
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La Place Ducale

                       

 

 

Assassins et sorcières

 

Les premiers habitants viennent d’Arches et de sa principauté, ainsi que de Mézières. Débute alors le dépeuplement de Mézières au profit de Charleville : au cours du 17e siècle, sur 1 600 familles macériennes, 1 400 choisiront de venir vivre à Charleville !

Les Macériens peuplent les rues Saint-Charles et Sainte-Catherine. Le premier habitant de la place Ducale est Jacques Chasson, maître tapissier de Bruxelles que Gonzague fait venir avec sa famille.

Pour peupler sa cité, Gonzague accorde en mai 1620, par lettres patentes, le droit d’asile aux personnes recherchées en France.

Sur 579 demandes d’asiles : 294 émanent de mauvais payeurs, 218 d’assassins et 2 de sorcières ! »Et dire que tout cela n’aurait pas existé si Charles de Gonzague n’avait pas, à l’âge de 22 ans, échappé à la mort lors du siège de Bude (qui deviendra Budapest), le 22 octobre 1602, un coup d’arquebuse effleurant cœur et poumons !

 

Belles, attirantes, insolites

 

Charleville et Mézières ont fusionné en 1966 et le Mont Olympe (196 m) domine l’entité alors que la Meuse la traverse. Les Vierges Noires ont toujours été motif à questionnements et le spécialiste en la matière, Jacques Huynen, a dressé une liste de leurs emplacements. Pour les Ardennes françaises, il signala Mézières comme « un lieu de culte à la Vierge Noire, mais où il n’est pas certain qu’il a existé une statue médiévale semblable aux autres. »

Effectivement, il existe un « label » pour admettre les Vierges Noires comme authentiques ou non, ce qui n’empêche pas la dévotion à des « mystérieuses mères nourricières » dans des sanctuaires où trônent des statues de Marie belles, attirantes, insolites.

 

Pourquoi des Vierges Noires ?

 

À plusieurs reprises, autant dans des écrits que lors d’émissions, j’ai évoqué ces statues pleines de légendes et de mystères.

Pourquoi des hommes ont-ils sculpté des Vierges foncées ? D’où provient leur vénération, voire leur adoration mystique ?

Quatre hypothèses ont été retenues au fil des siècles sur l’origine du teint basané, quasi noir, de certaines Vierges ? Alors, Vierges Noires authentiques ou non ?

 

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Quel « label » pour les Vierges Noires ?

 

Au Moyen Âge, la Vierge était considérée comme la matrice, l’athanor, alliant fécondité et fertilité : « Elle est le ventre du monde et de l’univers », disait-on.

Elle fut même désignée comme la « Terre-Mère » permettant à l’homme de se transformer : mourir pour renaître.

 

Ainsi, Isis, déesse égyptienne symbolisant l’épouse et la mère idéale, était très vénérée à travers toute la Gaule. À Chartres, par exemple, un pèlerinage à une Vierge existait bien avant l’ère chrétienne et même avant l’époque des Celtes. Une Vierge devant enfanter (Virgini pariturae) y aurait été adorée. Une Vierge Mère – et noire – faisant de nombreux miracles : elle ressuscitait des morts, donnait ou redonnait la parole aux muets, éloignait la peste, rendait invisibles les prisonniers désirant échapper à la torture, elle pouvait, aussi, faire cesser la stérilité des femmes…

 

Quatre hypothèses sont donc retenues pour la représentation des Vierges Noires :

 

  1. Un noircissement accidentel ou délibéré : exposition dans des endroits enfumés par les bougies, les cierges, l’encens, accumulation de poussières, altération ou transformation du bois, construction dans une matière noire (ébène, cèdre, bois exotique…) ou facile à noircir comme le poirier.
  2. Un appel à l’aide céleste de la part de fidèles : au Moyen Âge, la peste faisait des ravages énormes parmi les populations. Cette maladie infectieuse et extrêmement contagieuse donnait au malade un teint grisâtre, voire noir, d’où le terme de « peste noire ». Il se dit que des artisans confectionnèrent des statues de la Vierge en bois foncé pour lui rappeler le drame vécu par de nombreuses personnes et, surtout, pour lui demander d’intercéder en leur faveur auprès de son Fils qui, affirme-t-on, ne peut rien lui refuser. La Vierge Noire était alors la représentation symbolique d’une pestiférée.
  3. Une représentation (noire comme la terre) antique : le culte de la Terre-Mère se retrouvait dans de nombreuses déesses païennes, il n’est pas exclu qu’on le christianisa.
  4. Une origine orientale : le portrait de la mère de Jésus aurait été tiré d’après nature par l’évangéliste Luc, selon une légende. Il aurait reproduit avec exactitude le type de femmes de Judée et de Palestine qui, comme on le sait, ont le teint très basané. Le « Cantique des cantiques » de Salomon est précis à ce sujet. Ainsi, on lit dans « La Bergère dans la Vigne » une description qui corrobore la thèse de l’origine orientale de la représentation de la Vierge en tant que femme noire, noire dans le sens de hâlée par le soleil :
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Saint Luc, peintre.

 

« Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem,

comme les tentes de Kédar,

comme les pavillons de Salomon.

Ne prenez pas garde à mon teint hâlé :

C’est le soleil qui m’a brunie. (…) »

 

Représentation visible d’un monde invisible, plusieurs critères d’authenticité ont été dégagés, par certains spécialistes, à l’encontre des Vierges Noires : il s’agirait de Vierges en majesté, les statues – toujours en bois –  authentiques dateraient du Xe (mais, surtout, du XIIe) au XIIIe siècle, la représentation de la Vierge primerait sur celle de Jésus, ce dernier enseignerait généralement, tous les sanctuaires qui accueillaient des Vierges Noires auraient été érigés sur des lieux de culte antérieurs au christianisme, la place originelle des statues étant dans une crypte, selon eux.

Néanmoins, des Vierges Noires ne répondraient pas à ces critères rigoureux et n’en connaissaient pas moins une dévotion assez extraordinaire.

« L’adage prétendant que l’habit ne fait pas le moine, est-il à prendre en considération dans ce cas d’espèce ? » avais-je posé comme question.

Je n’ai pas changé d’avis à ce sujet !

 

Et la « Vierge Noire » de Mézières ?

 

Pour Jacques Huynen, « Mézières était la ville du dieu Macer (christianisé en « saint Masert », selon certaines sources),       et les Ardennes françaises ont conservé des traces nombreuses d’une présence druidique sous forme de menhirs et de dolmens, comme dans l’ancienne toponymie.

L’église Notre-Dame (XVIe siècle) est un bel édifice flamboyant qui a remplacé un sanctuaire roman déjà consacré à la Vierge ».

 

Lieu de pèlerinage à Marie, cette église a reçu du pape Pie XII, le 15 août 1946, le titre de basilique mineure. Elle est ornée de vitraux contemporains (68 verrières de plus de 1 000 m²).

 

Quant à la Vierge Noire, les Huguenots auraient fait « périr » la statue et les tentatives de reconstitution sur base d’une ancienne gravure laisseraient pantois, dit-il, voici plus de quatre décennies.

Dès lors, selon cet auteur, la vénération à la Vierge Noire de Mézières se porterait sur une image du XVIIe siècle avec le visage foncé de Marie et la carnation pour Jésus.

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Marie tient dans la main droite une très symbolique grappe de raisin.

 

 

La Vierge porte une grappe de raisin, symbole de vie et de résurrection.

Grappe qui aurait été volée par un officier allemand lors de la Première Guerre mondiale afin de l’offrir à une jeune fille de la ville, mais elle la restitua aussitôt à la statue !

 

Avant cela, lors du siège de 1870, la statue et un vitrail de la Vierge Noire furent épargnés alors que leur environnement immédiat souffrait des bombardements.

 

Plusieurs endroits de Charleville-Mézières sont recommandés par l’Office de Tourisme local. Parmi eux :

 

. Le Grand Marionnettiste : automate devenu une attraction incontournable avec, toutes les heures, un petit spectacle de marionnettes à fils où un « moment unique ».

 

Trois coups et une musique retentissent…

« Nobles Dames, Messeigneurs, mes gentils damoiseaux,

Il est 11 heures…

Voici le Chevalier Bayard… »

 

 

Le Chevalier Bayard était valeureux et malin au point de semer la zizanie chez ses ennemis, lorsqu’il leur fit croire à de grands renforts imminents : il sauva Mézières en 1521.

Ensuite, à chaque heure, au « Grand Marionnettiste », c’est une étape supplémentaire de la saga des Quatre Fils Aymon.

 

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Le Grand Marionnettiste.

 

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Bayard, Aymon… à chaque heure !

 

                                            . La Basilique de Charleville-Mézières : avec ses vitraux modernes, une œuvre ordonnée autour de la dualité « Vierge Noire » et « Vierge de Lumière » (voir ci-dessus).

 

Dans le fond de l’église, une information avise le passant qu’il y a des « graffitis anciens » gravés sur le mur.

Il s’agit aussi de témoignages édifiants, selon moi, telle cette annonce qu’an l’an 1499 fut posée la première pierre de cette église…

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« EN LANe 1499 A Este POSe LA PRVMIER PIER De CeSTe e8Lise Le Jovrs St MATi…e AVX ReTOVA De LA PROSSeion… »

 

Églises, cathédrales, basiliques…

 

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La Basilique de Mézières.

Quelle différence y a-t-il entre une église et une basilique, celle de Mézières étant proclamée comme telle en 1946 ?

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’occasion de résumer quelques définitions à ce sujet :

 

– La chapelle est une petite église, non paroissiale, parfois desservie par un chapelain, cela peut être, aussi, un sanctuaire privé (dans un château, par exemple) ou un oratoire destiné ou non au culte. Enfin, une chapelle peut également être une annexe d’église pourvue d’un autel.

– L’église est un temple où est célébré un culte. Elle est desservie par un curé parfois assisté d’un ou de plusieurs vicaire(s). Il existe quatre sortes d’églises :

 

  1. L’église paroissiale.
  2. L’église décanale (siège d’un doyenné qui regroupe plusieurs paroisses).
  3. L’église abbatiale (église d’une abbaye).
  4. L’église conventuelle (communauté religieuse).

– La collégiale est une église qui possède un chapitre – collège de chanoines – sans avoir un siège épiscopal (qui appartient à l’évêque).

– La cathédrale est une église épiscopale ou principale d’un diocèse.

– La basilique : originellement, il s’agit d’un édifice romain en forme de grande salle rectangulaire, se terminant par une abside et abritant les diverses activités des citoyens. Les églises chrétiennes bâties sur le même plan furent appelées basiliques, mais la basilique est un titre accordé par le pape et donné à une église privilégiée. On distingue deux types de basiliques : les basiliques majeures pourvues d’un autel papal et les basiliques mineures qui en sont dépourvues.

Il y a que quatre basiliques majeures au monde, elles sont toutes à Rome, dite la « Ville Sainte » : Saint-Pierre (Vatican), Saint-Jean de Latran, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul (sur la voie Ostienne).

 

Il n’y a quelques basiliques mineures dans les Ardennes, Notre-Dame d’Espérance à Charleville-Mézières, Saint-Sauveur à Prüm, Saints-Pierre et Paul à Saint-Hubert… et en Champagne-Ardenne, à Troyes, Chaumont, L’Épine…, et aux frontières des Ardennes belges et luxembourgeoises, à Aubel, Chaudfontaine, Echternach…

 

. La Place Ducale (XVIIe siècle) : sœur jumelle de la Place des Vosges de Paris.

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Un air parisien à Charleville-Mézières.

. Les Remparts de Mézières ou plane le souvenir de « Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche ».

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Enceinte fortifiée.

 

 

 

 

 

 

 

Le Dormeur du Val

 

. Arthur Rimbaud (1854-1891) : « Il faut être absolument moderne » ! Ce génie précoce à un musée situé dans le Vieux Moulin sur la Meuse et la Maison des Ailleurs, demeure habitée par le poète et les siens où l’on propose un « voyage » de l’auteur à travers textes et images.

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Arthur Rimbaud. (Photo : Wikipédia)

 

 

 

 

 

 

Parmi ses écrits, « Le Dormeur du Val » est un poème qui a frappé beaucoup de générations :

 

«  C’est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »

 

Et, encore, à Charleville-Mézières, la Tour du Roy, la Macérienne (usines), la Porte de Bourgogne, le Musée de l’Ardenne… et quelques documents pour davantage illustrer cette splendide cité : détails de la Fontaine Charles de Gonzague, statue près de la Place Ducale, vitrail à la Basilique et vestiges à Mézières.

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Ardennes françaises mystérieuses (25/61) : GRANDPRÉ : Joyeuse et saint Médard

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3Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Grandpré, quelque 500 habitants, est une localité qui connut un certain essor sous le règne de la famille Joyeuse, famille noble influente du XIIIe au XVIIIe siècle. Elle porte un nom dont l’origine remonte au temps de Pépin le Bref, de Charlemagne… D’ailleurs, « Joyeuse » était le nom de l’épée appartenant à l’empereur, puis celle du sacre des Rois de France (exposée au Musée du Louvre à Paris).

À Grandpré, la famille Joyeuse édifia un château avec son fameux porche « Porte de la Justice » et on trouve le mausolée des comtes de Joyeuse à l’église Saint-Médard. Les gisants de marbre blanc ont été détruits à la Révolution.

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Château de Grandpré.

 

 

Le 8 juin, à la Saint-Médard, un dicton bien connu est prononcé : « S’il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard. »

Parfois, on ajoute : « Mais vient le bon saint Barnabé – fêté le 11 juin – qui peut encore tout raccommoder » ou « À moins que Barnabé ne lui coupe l’herbe sous le pied ».

Le village fut bombardé lors de la Première Guerre mondiale et il fallut reconstruire le château en grande partie, alors que la Porte de la Justice a pu être rénovée. Au début des hostilités de la Seconde Guerre mondiale, un ecclésiastique fit promettre à ses paroissiens d’édifier une statue de Marie « protectrice », ce monument ex-voto s’intitule « Vierge du Châtelet ».

 

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Sauvez les raies Mobula avant qu’il ne soit trop tard !

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Des milliers de raies sont tuées chaque année.

 

La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) est un accord intergouvernemental engageant les gouvernements.

Le gouvernement des Fidji a proposé l’addition de la liste des 9 espèces de raies Mobula à l’Annexe II. En signant la petition lance par LONGITUDE 181 et MANTA TRUST  vous  aidez à soutenir formellement les iles Fidji dans leur demande lors de la COP 17/CITES qui aura lieu à Johannesburg du 24 septembre au 5 Octobre 2016.

Ainsi avec une majorité des 2/3 des votes le commerce international des raies Mobula sera contrôlé afin qu’on évite un niveau inacceptable de ventes qui menace la survie de ces précieux et magnifiques animaux.

http://www.longitude181.org             https://secure.avaaz.org/fr/petition/Delegues_de_la_CITES_COP17_Protegeons_les_raies_Mobula_avant_quil_ne_soit_trop_tard//?launch

 

Trois amis en quête de Sagesse (3/4) de Christophe André, Alexandre Jollien, Matthieu Ricard (Éditions Allary-L’Iconoclaste)

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PGF avril 2015 - Copie (3) copiePart-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Les auteurs de « Trois amis en quête de Sagesse », Christophe André, le psychiatre, Alexandre Jollien, le philosophe, et Matthieu Ricard, le moine bouddhiste, ont publié cet essai de réflexions paru à « L’Iconoclaste » et aux Éditions Allary. Un livre qui est une véritable bouée de sauvetage dans un monde perturbé. Voici sa troisième partie sur quatre.

. DSCF4458FTquatreDe Christophe André :

« Il est plus efficace de s’efforcer d’incarner soi-même ses valeurs que de se contenter d’en parler et de les recommander. On a toujours tendance à dire : « La   pitié, ce n’est pas bien ; la compassion c’est bien. » Il me semble que c’est préférable à l’indifférence : autrement dit, la compassion imparfaite est préférable à zéro compassion ! Souvent, on a tendance à voir la gentillesse comme une faiblesse, alors que c’est dans l’arrogance et l’agressivité que je vois des signes de faiblesse. »

DSCF4458FT. DSCF4458FTterD’Alexandre Jollien :

« Tenter un peu de cohérence (dans son existence), c’est aussi faire un brin de ménage, d’abandonner les préjugés comme on jetterait des habits trop usés. Pour mieux « avaler » les affronts, il y a un fameux exercice : considérer celui qui nous blesse comme une victime « aveuglée » par la passion. Il ne nous viendrait pas à l’idée de réprimander dans la rue une aveugle qui nous marcherait sur le pied… Mais, parfois, pour notre grand malheur, nous préférons crever que d’avoir tort. »

DSCF4458FTbis. De Matthieu Ricard :

« Il n’y a rien de plus contre-productif que de se dire que le présent aurait être autrement que ce qu’il est. Il faut l’accepter avec lucidité et fortitude, ce qui n’empêche nullement de construire le futur. Être vrai, ce n’est pas nécessairement toujours dire la vérité, surtout si cela crée de la souffrance, c’est ne pas mentir pour cacher ses erreurs et ses défauts ou, pire, pour tromper autrui par malice. Être trop rigide peut aboutir à des réactions en porte-à-faux avec la réalité, et créer plus de souffrance que de bonheur. Si la haine répond à la haine, le problème n’aura jamais de fin. »

Au total, il y a quatre chroniques de « Littérature sans Frontières » consacrées à cet important ouvrage. Celle-ci est la troisième.

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Quand la nuit porte conseil (55) : La Der des Ders, disaient-ils (Les + surprenantes histoires de 14-18 d’Alain Leclercq – Éd. La Boîte à Pandore)

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11056964_10206098411402391_210843509_n (2) - Copie copie2« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.

 En 1976, j’ai participé à une très symbolique semaine de marche antimilitariste et non-violente entre Metz et Verdun, y côtoyant Cavanna, Cabu et autres membres de la rédaction de « Charlie Hebdo », par exemple. La dernière étape se terminait au pied de l’Ossuaire de Douaumont où les centaines de manifestants furent accueillis par une double haie d’anciens combattants avec médailles et drapeaux, dont des « Poilus ». Alors, une grande symbiose se dessina entre eux et nous : « Vous avez raison ! nous dirent-ils, il faut tout faire pour que ce genre de boucherie ne se déroule plus jamais ! »

DSCF4659Pourquoi vous relater cela ? Parce que la lecture de l’ouvrage « Les + surprenantes histoires de 14-18 » d’Alain Leclercq (Éditions La Boîte à Pandore), m’a conforté quant à la démarche entreprise en 1976.

Ainsi, dans son essai relatant des dizaines de péripéties, l’historien et journaliste nous apprend, entre autres, que Foch évoquait les baïonnettes et préconisait de « se ruer en nombre et en masse » car, là, était le salut, alors que les Allemands, eux, utilisaient de manière intensive des mitrailleuses !

Autre épisode, passablement inconnu, et pour cause !, que celui d’Alexandre Millerand, ministre de la Guerre, et plusieurs de ses collègues du gouvernement, qui reçurent « en consultation » une certaine Madame Fraya, célèbre voyante du Tout-Paris, et qu’ils l’écoutèrent affirmer que les Allemands n’entreraient pas dans Paris !

Assurément, avec pareille « gestion » politique, il n’est pas étonnant que 1,7 million Français perdirent la vie et plus de 4,2 millions furent blessés.

L’hécatombe de 14-18, rappelle Alain Leclercq, aura fait 18,6 millions morts au total et 21,2 millions blessés.

Parmi les soldats allemands, se trouvait un caporal du nom d’Hitler qui, trois décennies plus tard, allait faire ressortir les affiches de la mobilisation. Et, alors, comme en 14, les gradés militaires et certains politiques de l’Hexagone prétendirent que leurs troupes étaient invincibles… On sait ce qu’il en est advenu.

Incontestablement, « Les + surprenantes histoires de 14-18 » devrait figurer parmi les ouvrages scolaires en tant que livre d’Histoire, certes, mais aussi pédagogique, avant d’éventuellement emmener les potaches à l’Ossuaire de Douaumont…

Musique de Michaël Mathy : https://www.facebook.com/michael.mathy?fref=ts

Info : http://www.editionsjourdan.com/index.php

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Ardennes françaises mystérieuses (11/61) : CARIGNAN : Les reliques étrangement disparues

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 Comment ne pas être attiré par l’étrange information qui circulait il y a une cinquantaine d’années : « Carignan, dans les Ardennes, à une vingtaine de kilomètres de Sedan, portait un nombre impressionnant de noms mystérieux pour citer des lieux-dits : « Les 1600 », « Les Aisances des neuf moulins » (les « Aisances » étaient formées d’une partie boisée située en bordure de Semois à Chiny, par exemple), « Les 1100 », « La Culée des Chevaliers » (Culée = partie d’un pont), « La Citadelle », « Les 11 quarterons » (quarteron = quart d’un cent et, par extension, métis ayant un quart d’ascendant de couleur et trois quarts d’ascendance blanche), « Les 200 », « La Messe du jour », « Les 9 moulins », « Les 600 », « Le Pater »… ?

En revanche, ce que l’on sait avec certitude, c’est que, jusqu’en 1662, Carignan s’appelait Yvois ou Yvoy, Yvoi, Ivoix, Ivoy, Yvoi et Epoisso ou Eposio (Epo = cheval, en celte) Vicus (petite agglomération) à l’époque romaine. Étape sur la voie Reims-Trêves, la ville posséda un atelier monétaire mérovingien et devint une place forte.

De très hautes personnalités firent connaître Yvois-Carignan dans l’Histoire :

. Charles Quint fut suzerain d’Yvois.

. En 1187, Frédéric Barberousse, empereur germanique, rencontra Philippe Auguste, roi de France, dans la région.

. Henri II, empereur germanique, et Robert II le Pieux, roi de France, se rencontrèrent à Yvois, assistèrent à la messe dans l’église locale, cité cataloguée, à l’époque, de « Belle entre toutes ». Ils désiraient resserrer les liens entre leurs états, régler des problèmes d’ordre religieux…

. Henri II, roi de France au XVIe siècle, assista au siège d’Yvois dirigé par le connétable de Montmorency.

. Louis XIII et le cardinal Richelieu assistèrent, avec plaisir, à l’anéantissement d’Yvois en 1639.

. Napoléon III séjourna à Carignan lors de la Guerre de 1870.

. Saint Géry est né à Yvois (540) avant d’y être chassé !

. Enfin, les reliques de saint Walfoy-le-Styliste (moine qui vivait et méditait sur une colonne surplombant Margut) furent transférées à Yvois. Elles disparurent mystérieusement.

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Richelieu fit raser la cité en 1639 (Photo : wikipedia)

Un certain Mandelier, charmeur de loups, a pu faire des émules… (voir Margut).  Quoi qu’il en soit, il se dit qu’au Mont-Tilleul, point culminant de près de 300 mètres de la ville), se déroulaient des sabbats entre sorciers et ours accompagnés de loups venus de la forêt ardennaise…

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Trois amis en quête de Sagesse (2/4) de Christophe André, Alexandre Jollien, Matthieu Ricard (Éditions Allary-L’Iconoclaste)

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PGF avril 2015 - Copie (3) copiePart-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Les auteurs de « Trois amis en quête de Sagesse », Christophe André, le psychiatre, Alexandre Jollien, le philosophe, et Matthieu Ricard, le moine bouddhiste, ont publié cet essai de réflexions à « L’Iconoclaste » et aux Éditions Allary. Un livre qui est une véritable bouée de sauvetage dans un monde chahuté qui doit désorienter pas mal de gens. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce traité de sagesse à trois voix. Voici sa deuxième partie sur quatre.

DSCF4458FTquatre. De Christophe André :

« Nous sommes des animaux sociaux : quand un humain est l’objet de méchanceté, de moquerie, de violences physiques ou morales, c’est normal qu’il souffre, ce n’est pas une erreur dans sa vision du monde. Le vrai travail consiste à empêcher l’extension de cette douleur à toute personne, puis à contenir les généralisations et contaminations sur notre vision du monde, des autres, et de nous-mêmes. »

DSCF4458FTter. D’Alexandre Jollien :

« Ce serait tomber dans la maltraitance que de banaliser la souffrance et de condamner celui qui ne s’en sort pas. Ce qu’il y a de plus dur peut-être dans le monde, c’est de concilier une infinie douceur avec la fermeté. Dans notre société, il faut être sacrément libre pour ne plus être noyauté par le désir de plaire sans tomber pour autant dans une indifférence. »

DSCF4458FTDSCF4458FTbis. De Matthieu Ricard :

« On est souvent leurré par l’idée que, si on était beau, riche, célèbre et puissant, on serait automatiquement heureux, alors qu’en fait ces situations donnent autant de chances d’être heureux que de gagner à la loterie. Pour trouver la paix intérieure, on ne peut pas dépendre de l’opinion des autres et de l’image qu’ils ont de nous, à tort ou à raison. » Autres propos de Matthieu Ricard : « Faire du tort aux autres, c’est surtout en faire à soi-même. Cela n’implique pas qu’on se laisse constamment marcher sur les pieds, mais qu’on réagisse avec détermination, dignité et compassion, sans se laisser déstabiliser. L’amour et la compassion sont les remèdes suprêmes aux souffrances causées par l’ego. »

Au total, il y a quatre chroniques de « Littérature sans Frontières » consacrées à cet important ouvrage. Celle-ci est la deuxième.

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Quand la nuit porte conseil (54) : Attentats et « liberté d’expression »

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11056964_10206098411402391_210843509_n (2) - Copie copie2« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.

Après avoir vécu de très près la dramatique ambiance des attentats de Bruxelles, une certaine réflexion allant au-delà des faits s’impose, me semble-t-il.

Ainsi, comme si les drames, les douleurs, les peurs (la mienne est parfois intense, pourquoi le cacher ?), ne suffisaient pas, il faut que certaines personnes déversent sur les réseaux sociaux, principalement, leur lot quasi quotidien de propos ou liens nauséabonds qui ne font que mettre de l’huile sur le feu au nom d’une prétendue « liberté d’expression ». Celle à leur sauce épicée de xénophobie et de racisme larvé.

DSC01720terAu lendemain des attentats de l’aéroport et dans le métro de la Capitale de l’Europe, je me suis rendu dans un hôpital où furent accueillis des rescapés des tueries. Voici ce court reportage en guise de réflexion…

DSC01728bis« Outre des contrôles très stricts et un renforcement des vigiles, le calme règne après les événements. Ici, c’est-à-dire aux urgences des Cliniques Universitaires Saint-Luc, 29 blessés ont été pris en charge, il en reste 5. C’est une relative bonne nouvelle. En revanche, superbe constat : pas de distinction de races, de religions, de philosophies, de sexes… autant pour les blessés que le personnel soignant. Un remarquable enseignement pour tous ceux qui veulent opposer telle communauté à telle communauté ! »

Musique de Michaël Mathy

https://www.facebook.com/michael.mathy?fref=ts

 

Sources : « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses », « Mémoires d’un journaliste révolté »…  de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan.

http://www.editionsjourdan.com/index.php

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Ardennes françaises mystérieuses (10/61) : BUZANCY : Versailles en Ardennes

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Buzancy est cette localité de moins de 400 habitants qui est située dans une jolie vallée où coulent plusieurs ruisseaux, d’où l’étymologie de Buzancy : « Domaine ou Pays des eaux ». « La Hideuse » prend sa source dans une petite vasque rocheuse non loin du château du général Chanzy.

Au XVIIIe siècle, Pierre-Guillaume Tavernier de Boullongne, secrétaire du roi, fit raser l’ancien château fort et éleva à sa place une demeure qui devait être « son Versailles » (parcs, jardins, statues, dépendances, pièces d’eau…) Cela le ruina et le nouveau propriétaire des lieux, Jacques-Mathieu Augeard, secrétaire de Marie-Antoinette, devint le seigneur de Buzancy.

En 1784, un incendie détruisit cette « merveille » et, alors, Augeard fit construire un autre palais de quatre-vingt pièces. À la Révolution, la propriété fut dispersée aux enchères publiques. En 1795, un certain Buquet acheta le palais et, ensuite, il y mit le feu ! La raison de ce coup de folie ? Il ne supporta que Napoléon qui passait à Buzancy (le 11 octobre 1804) déclinât son invitation à déjeuner !

Presque tout devint ruines, pâturages, roseaux…, mais il subsiste un pavillon, qui a la distinction d’un château et de superbes lions sculptés dans la cour.

Dans les bouveries (étables à bœufs) du château d’Augeard se trouve un musée consacré au cheval ardennais.

Buzancyfacebook
Le cheval ardennais méritait bien un musée !

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Marée noire au Pérou : la compagnie pétrolière pointée du doigt

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© www.actualidadambiental.pe

Une marée noire au Pérou ! Depuis le début de l’année, un oléoduc a cédé par deux fois dans le nord du pays. L’équivalent de plus de 3000 barils de pétrole se déverse dans une zone particulièrement riche en faune et en flore.

Les régions de Loreto et Amazonas subissent  une catastrophe environnementale et humaine de grande ampleur. 8000 habitants dont plusieurs communautés autochtones sont particulièrement mis en danger en raison de la pollution des eaux.

Cette catastrophe qui aurait pu être évitée. PetroPerú, la compagnie pétrolière responsable de cette marée noire, a déjà été pointée du doigt par les autorités dans le passé pour défaut d’entretien.

« Ce n’est pas la première catastrophe. Il y en a eu d’autres avec la même entreprise, le même oléoduc, et dans des conditions similaires. Depuis 2011, l’OEFA, l’Organisme d’Evaluation et de Supervision Environnemental (un organisme public péruvien qui s’occupe de surveiller les activités des entreprises et de réguler le secteur des hydrocarbures) a signalé que 20 urgences environnementales avaient été enregistrées sur l’oléoduc Norperuano.

Un autre organisme public péruvien, l’OSINERGMIN (l’Organisme Superviseur de l’Investissement dans l’Energie et les Mines), affirme que depuis 1977, 61 ruptures et fuites ont été constatées sur l’oléoduc. A la vue de ces chiffres, on s’interroge. C’est pourquoi il faut poser la question de l’efficacité du contrôle des industries extractives, et de l’autorité des organismes comme l’OEFA. En 2014, cet organisme avait initié un processus de sanctions administratives contre PetroPerú par rapport à une fuite qui a eu lieu le 30 juin 2014 dans la même région. Dans les infractions, il était  déjà mentionné le fait qu’il y avait un manque de maintenance de l’oléoduc, et la non-détection à temps des fuites. Comment expliquer que PetroPerú n’ait pas été contraint de faire les travaux et qu’il n’y ait pas eu de mesures plus coercitives de prises ? »

© www.actualidadambiental.pe
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Pour obtenir réparatio, l’action sur place s’organise.

« Au début de la catastrophe, l’entreprise a tenté de minimiser l’évènement et de nier sa responsabilité. Ils ont évoqué un glissement de terrain et la foudre pour expliquer la rupture de l’oléoduc. Les premiers rapports de l’OEFA ont permis de démontrer que c’était vraiment un problème de maintenance. Les organisations ont fait valoir la responsabilité de l’entreprise. Elles ont souligné que c’était la faute de PetroPerú. L’AIDESEP, l’Association interethnique de Développement de l’Amazonie péruvienne qui fédère plus de 1300 communautés autochtones, a organisé  un sitting devant les bureaux de PetroPerú le 19 février dernier. Elle a réclamé la réparation immédiate de cette catastrophe, une indemnisation des communautés affectées, ainsi que l’interruption totale du transfert de pétrole via l’oléoduc Norperuano jusqu’à ce que les travaux soient faits pour qu’il n’y ait plus de catastrophes similaires.

D’autres organisations ont lancé une pétition à destination du Ministère de l’Energie et des Mines péruvien afin que les populations soient prises en compte dans le PAMA, le Programme d’Adéquation et de Gestion Environnementale qu’une entreprise a pour réguler ses impacts sur l’environnement. Ces populations demandent que le nouveau PAMA pour PetroPerú soit fait avec leur avis. Ils veulent avoir un droit d’influence sur la rédaction de ce nouveau programme. Ils considèrent que ce sont eux qui ont fait les frais de ces catastrophes. Il est indispensable de les mettre dans la participation vis-à-vis de ces procédures. Le droit à la consultation, c’est ce que l’on défend à France Libertés par rapport aux peuples autochtones.»

© www.actualidadambiental.pe
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France Libertés et d’autres ONG apportent leur soutien aux populations autochtones.

«  L’impact médiatique a été majeur dans la réaction de l’entreprise. Il y a eu un point de rupture qui a été le soutien de Leonardo di Caprio lors de son discours aux Oscars. Il est très investit sur ces questions amazoniennes. Il a appelé ses fans à s’engager et à signer la pétition d’Amazon Watch. Les projecteurs se sont braqués sur le Pérou, et cela a accéléré les processus de  nettoyage. La couverture médiatique, c’est indispensable, pour nous ONG, pour faire avancer ces causes.

Certaines communautés ont été reconnues comme affectées, et d’autres non. Elles demandent d’avoir plus de visibilité et d’être entendues, car les leaders indigènes ont vraiment souligné que, si l’oléoduc passait dans une zone plus centrale du pays, il aurait été davantage entretenu. Mais comme il passe sur leur territoire indigène, cela ne posait pas de problème. Ils ont l’impression d’être des citoyens de seconde zone. Il y a un problème de gestion territorial de la crise. Le territoire péruvien n’est pas occupé de la même façon par l’Etat. Il n’y a pas d’infrastructures pour aider ses populations isolées. La montée en flèche des conflits sociaux-environnementaux attestent d’une réelle tension entre les industries extractives et les populations locales. L’absence de l’Etat dans ces zones fragilise les communautés qui agissent sans intermédiaires avec ces multinationales qui jouent sur cet isolement. Ces entreprises essayent de les convaincre qu’elles peuvent apporter aux populations les emplois et les infrastructures que l’Etat ne peut pas leur apporter. Il faut vraiment souligner ce problème d’isolement de ces populations qui sont marginalisées. »

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=orppKBzfd80[/youtube]

Le témoignage d’un leader amérindien vivant aux abords de la zone de l’accident pétrolier.

Pour aller plus loin :