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Ardennes françaises mystérieuses (23/61) : GESPUNSART : La poussée de nuées et les arbres qui gémissent

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Des historiens prétendent que le nom « Gespunsart » provient de Sart Gébuin » (ou « Gebuinisartum »), du temps de l’empereur Charlemagne au IXe siècle. L’érection de l’église Saint-Remi fut achevée à la Révolution.

Compagnonnage

La commune, à présent forte de plus de 1 100 habitants, était réputée pour ses clouteries aux XVIIIe et XIXe siècles, comptant même des centaines de maîtres cloutiers et des compagnons. Un compagnon est un homme de métier qui effectue son apprentissage chez un maître (parfois plusieurs, comme en témoignent les Compagnons du Tour de France qui effectuent le « Voyage »), avant de le devenir à son tour.

Le Compagnonnage remonte au Moyen Âge (certains le font même débuter à l’érection du Temple de Salomon) et est basé sur un rituel d’initiation, la présentation d’un chef-d’œuvre, un apprentissage du métier (et de la vie !) hors pair, c’est-à-dire concret et synonyme de qualité et de rigueur techniques, une organisation où les concepts de solidarité et de fraternité ne sont pas de vains mots !

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Compagnon en « Voyage » : sculpture exposée à Vresse-sur-Semois.

Le Musée de l’Outil et de la Pensée Ouvrière à Troyes (Aube), le Musée du Compagnonnage à Tours (Indre-et-Loire), celui de Romanèche-Thorins (Bourgogne)… évoquent merveilleusement une devise chère aux Compagnons : « L’homme pense parce qu’il a une main » (Anaxagore – 500 – 428 av. J.-C.).

Il se dit qu’Arthur Rimbaud aurait été gardé en nourrice à Gespunsart, commune située à la frontière franco-belge, d’où un ancien poste de douane fonctionnel avant la convention dite de l’Espace Schengen (puis du Traité d’Amsterdam) établissant une limite politique et juridique sans faire obstacle à la libre circulation des personnes et des biens.

La vache Malbrough

 À Gespunsart, il y a un monument assez insolite composé du cracheur Malbrough qui alimente en eau (non potable) un lavoir situé à ses pieds.

Pourquoi Malbrough ? Peut-on faire un lien avec Lord Malbrough ?

Il semblerait que John Churchill, premier duc de Marlborough, célèbre par la chanson « Malbrough s’en va-t-en guerre », ne soit absolument pas lié à cette borne fontaine du XVIIIe siècle.

En revanche, une habitante, dont les propos sont repris par « Tourismeardennes.canalblog », expliqua :

« Malbrough serait issu de la situation suivante : après avoir bu de l’eau de ladite fontaine, une vache souffrant de problèmes intestinaux, pour avoir « mal brouté », a été guérie ! »

Malbrough, nom donné à une vache, alors ?

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Malbrough, une vache ?

 Sorcières, peupliers et démons

 Naguère, une double légende et des précisions circulaient à Gespunsart :

– Une sorcière mal peignée, ointe d’un produit graisseux confectionné avec le foie d’un enfant mort et non baptisé, s’envola sur son balai vers le « Paquis des poules », lieu traditionnel de sabbats, disait-on. Là, elle et ses semblables avaient pour malin, c’est le cas de le dire !, plaisir d’amasser les nuages d’orage et de faire tomber la grêle sur les moissons au grand dam des paysans.

D’ailleurs, dans différentes contrées des Ardennes ont dit d’une femme mal peignée qu’elle est coiffée comme « une poussée de nuées ».

Ensuite, à un carrefour forestier où convergeaient six chemins, on les retrouvait en compagnie du diable qui y tenait séance. Dans cet endroit, les esprits malsains prenaient la forme de poules noires.

Une nuit, trois jeunes filles curieuses se rendirent à ce lieu et, coup classique, se livrèrent au Malin en échange de richesses et de pouvoirs occultes.

Mais, comme elles pensaient épouser des jeunes garçons de leur pays, le diable en fut fâché et transforma les trois jeunes filles en femmes âgées et laides.

Quant aux trois garçons, ils furent écrasés par un arbre immense.

En représailles, les sorcières furent condamnées à mort par le feu.

Le lendemain, on vit trois peupliers sortir des cendres et on appela aussitôt le lieu « Le Bouquet des Sorcières ».

Quand il ventait et qu’il faisait froid, les arbres gémissaient. Il s’agissait des âmes des sorcières qui imploraient le pardon.

Elles furent délivrées de leurs tourments et le « Bouquet des Sorcières » a peu à peu disparu alors qu’il était même devenu un endroit de pèlerinage pour les filles en quête d’un mari.

  Gespunsart3300 – Selon le « Guide de la France Mystérieuse », les petits démons portent des noms et ont des fonctions bien précises :

. Les Hallequins et les Lumerettes guettent les promeneurs dans les forêts et les bois et près des étangs.

. Les Couzietti font la grimace dans le feuillage des arbres.

. Les Houziers (ou Hozeliers) forment les esprits du brouillard.

. La Pie-Pie Van-Van jette dans les eaux de la Meuse toute personne qui l’écoute.

. Le Galichet est un voleur de grains.

 

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Sauvons les mers des déchets plastiques

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© Expeditions MED

Sauvons les mers des déchets plastiques. C’est la campagne menée par le Collectif Expeditions MED. Une initiative citoyenne européenne dont l’objectif est de lutter contre les pollutions marines. Il s’agit aussi de mettre en œuvre les solutions pour protéger les mers et les valoriser. Temps fort de cette campagne, une pétition pour convaincre les députés européens de légiférer sur la production des déchets plastiques et leur dispersion en mer.

La Fondation France Libertés s’est associée à cette initiative à l’occasion de la Journée européenne de la mer, le 20 juin.

Concrètement, quelle est cette pollution marine ? Qu’est-ce qui menace les océans ?

« C’était essentiel pour France Libertés de s’associer à cette campagne. Derrière les pollutions plastiques dans les océans, il y a nos consommations au quotidien, et notamment l’eau en bouteille qui est une véritable catastrophe écologique. Même si les publicités de l’eau en bouteille nous montrent la pureté de l’eau, en réalité, lorsque vous achetez de l’eau en bouteille plastique, vous payez le plastique, le transport, la publicité, mais en aucun cas l’eau. Derrière ces habitudes de consommation qui produisent des tonnes de plastiques, il y a la question de savoir où finit le plastique. Malheureusement, il y en a une quantité non négligeable qui finit dans les océans. Allez voir sur internet les images de ce que l’on appelle le septième continent, qui est un continent de plastique qui est en train de s’agglomérer  au cœur de  l’Océan Pacifique, et qui montre combien cette pollution est pernicieuse. On ne la voit pas, mais elle est en train d’abimer durablement nos océans. »

Le collectif rappelle qu’il faut une seconde pour fabriquer un sac plastique. Il est utilisé pendant 20 minutes. Mais il polluera pendant des siècles. Ce sont des véritables bombes à retardement pour le milieu marin.

« C’est une bombe à retardement qui est récente. On oublie souvent que le plastique est un matériau récent. Nos grands-parents utilisaient très peu de plastiques. Derrière il y a une explosion exponentielle de ces pollutions. On sait aujourd’hui  qu’avec les déchets présents dans les océans, on pourrait recouvrir la planète de plastique. Il faut se poser les bonnes questions dès maintenant. C’est le sens de cette campagne. C’est d’abord dire au consommateur que l’on peut faire autrement… consommer de l’eau du robinet, utiliser des gourdes. On n’est pas obligé de consommer de l’eau en bouteille plastique. Et c’est aussi l’engagement citoyen que l’on doit avoir pour dire aux acteurs politiques – français, européens, mondiaux – que l’on souhaite qu’il y ait un engagement pris, notamment européen, pour que l’on sorte de cette impasse du plastique dans les océans. »

[youtube]https://youtu.be/MEnKHL97Nro[/youtube]

Initiatives individuelles, en modifiant nos pratiques… Initiative citoyenne européenne également… L’association Expéditions MED lance donc cette pétition d’initiative européenne. C’est un outil de démocratie participative qui avait déjà été utilisé sur le droit à l’eau.

« C’est important de comprendre que l’on n’est pas dans un cadre de pétition habituelle, où l’on signe un document sans savoir l’impact que cela a. On est ici dans une initiative citoyenne européenne (ICE). C’est un espace créé par l’Europe pour permettre aux citoyens de poser des questions au Parlement européen. C’est un petit plus compliqué à signer qu’une pétition standard, où on met juste son e-mail. Là, il y a l’obligation de rentrer son numéro de carte d’identité. C’est un petit peu comme si on allait voter pour une élection. Derrière cette initiative, si elle se concrétise, c’est tout un tas de débats qui avancent et qui permettent de faire évoluer les législations. Cela a été le cas pour la première initiative européenne sur le droit à l’eau pour tous. Elle avait fait l’objet d’un million huit cent mille signatures. Une des victoires de l’ICE à l’époque, cela a été de faire retirer l’eau de la résolution sur les délégations de service publics en Europe. C’est l’occasion pour les citoyens européens d’avoir un impact concret sur les politiques européennes. »

La campagne « Stop Plastic in the Sea » espère récolter 1 million de signatures d’au moins sept pays de l’Union Européenne. Sur quoi doit-elle aboutir ? Quelle est la demande vis à vis de la Commission européenne ?

« L’objectif est d’obtenir un engagement de l’Europe pour réglementer et encadre la production, la consommation et l’importation de plastiques. Ensuite, il y a la volonté de favoriser d’autres modes de plastiques qui soient recyclables, biodégradables. Il s’agit aussi de faire évoluer les normes pour que les acteurs industriels ne se satisfassent pas de la simplicité du plastique qu’ils utilisent aujourd’hui. Il faut qu’ils aillent plus loin. Ils ont la possibilité d’utiliser des matières moins nocives pour la planète. Il ne faut pas penser que la réussite de l’ICE va en elle-même tout transformer. Mais c’est un moyen de pression considérable des citoyens. Cela donne une vraie parole aux citoyens pour s’exprimer et être entendus par le Parlement et la Commission européenne. »

[youtube]https://youtu.be/FlnVlIt2rXk[/youtube]

Pour aller plus loin :

[youtube]https://youtu.be/RGvbJEEOFQo[/youtube]

 

Entre les notes de Bach de Jean-Pierre Grivois (Éditions Héloïse d’Ormesson)

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Peu avant ses 15 ans, accompagné d’un ami, Jean-Sébastien Bach prit la route. Des centaines de kilomètres à pied longeant des cours d’eau…

– Bach signifie « rivière » ou « ruisseau », lui expliqua cet ami.

Bach s’inspirera de l’eau dans certaines de ses œuvres. Il n’y eut pas de hasard dans sa démarche et il se mit même à la numérologie.

15 ans : 15 c’est la somme de 5 et de 10, 5 doigts de la main, 5 plaies du Christ, 10 commandements, 10 c’est X en chiffres romains, X symbolisant la Croix du Christ… Il appliqua également le chiffre 1 à la note la, 2 à si, 3 à do, et ainsi de suite. Il transforma tout ça en mélodies et en rythmes, fit valser les chiffres et les notes, spécifie Jean-Pierre Grivois dans son roman « Entre les notes de Bach » paru aux Éditions eho_grivois2cHéloïse d’Ormesson. Un roman remarquablement écrit comme si c’était le génial musicien qui racontait lui-même son existence. Une histoire touchante et pleine d’émotion qui présente un Bach, inlassable travailleur, à la fois chanteur, violoniste, jouant de l’orgue, de la flûte, compositeur qui « fit chanter le clavecin comme on fait chanter le violon ».

– Monsieur, de qui êtes-vous le fils ? lui demanda une princesse, mère du futur roi de Prusse.

– Je suis le fils de la musique, lui répondit Jean-Sébastien Bach, qui rencontra succès après succès, innova, enseigna, vécut une vie artistique prodigieuse.

D’une sensibilité à fleur de peau, il déclara encore : « Toute discipline doit s’effacer devant le bonheur d’une harmonie qui touche l’âme. »

Pour ma part, je pense que cette biographie écrite à la première personne touchera l’âme de beaucoup de lecteurs.

Et puis, jalousies, persécutions, querelles de clochers, contrarièrent aussi Bach qui constata : « Sur les vingt enfants nés de mes deux mariages, neuf sont en vie. Ces chiffres me paraissent d’une haute valeur symbolique. »

L’auteur a, de la sorte, bouclé la boucle de manière tout aussi symbolique des soixante-cinq années de vie de ce musicien à l’œuvre immortelle.

Musique : Concertos brandebourgeois, MillenniuM, 2000.

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Ardennes françaises mystérieuses (22/61) : FUMAY : La Vierge triste et vexée

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Au micro de Philippe Delmelle, animateur à VivaCité (RTBF-Radio), j’ai évoqué Fumay. Voici cette chronique :

– Et, revoici Pierre Guelff, auteur aux Éditions Jourdan, qui, chaque mardi de l’été, nous raconte une histoire étrange, une légende fantastique… Après le grisou au Pays de Charleroi, les nuits au clair de lune de Châtelet et de Godarville, il sera question d’une statue qui marche toute seule… Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

– Puisque les nombreux auditeurs de VivaCité se comptent même au-delà de nos frontières, j’ai été faire un tour au Pays de Fumay, pas très éloigné des terres de Toine Culot, le célèbre personnage ardennais d’Arthur Masson et, ô surprise, on m’a raconté l’histoire fantastique d’une statue qui marche toute seule. Et, à y regarder de près, elle ne faisait pas que marcher.

– Racontez-nous ça !

– Tout d’abord, je vais situer le cadre de cette légende, car il s’agit bien d’une légende qui, cependant, a encore pas mal de retombées. Fumay est une ville frontalière de la Belgique de quelque 4 000 habitants, située dans les Ardennes. Naguère, elle fut prospère pour ses ardoises et célèbre par saint Materne, un moine évangélisateur qui, au VIe siècle, y aurait tué un terrifiant serpent qui terrorisait toute la région.

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Le splendide cadre naturel de Fumay.

 

 

– Et cette statue ?

– Un peu à l’écart du centre de Fumay, il faut se rendre à la chapelle de Notre Dame de Divers Monts, un endroit très symbolique où, justement, saint Materne aurait œuvré. Et, là, on vous racontera l’histoire de cette statue.

– Allez, Pierre, ne faites pas durer le suspense…

– Encore quelques précisions, voulez-vous ? Ce lieu serait le berceau, si j’ose dire, de Fumay, même le siège de la corporation des Ardoisiers y était établi, des moines y avaient aussi érigé un couvent qui fut détruit après la Révolution française afin d’en revendre les pierres. Néanmoins, une chapelle y fut reconstruite en 1802, restaurée après la Première Guerre mondiale, et la statue de la Vierge qui y trônait était l’objet d’un intense culte. À partir d’un certain moment, elle fut promenée chaque année du site à l’église paroissiale, où elle demeurait du Lundi de la Pentecôte à l’Assomption, c’est-à-dire le 15 août, puis était retournée à la chapelle. Et cette tradition perdure depuis des décennies !

– Ce transfert et ce séjour sont-ils liés à la légende que vous allez nous raconter ?

– Effectivement ! Je vous la livre sans en modifier un mot : «  Un jour, qu’on l’avait oubliée dans l’église de Fumay, la Vierge fut prise d’une grande tristesse. La nuit venue, envahie par la nostalgie du couvent, elle descendit de son piédestal bien décidée à regagner seule la chapelle. Elle fit le chemin à pied, sous la pluie, mouillée et souillée par la boue. Elle décida alors de se laver dans le petit ruisseau qui coule au pied des rochers de Divers-Monts afin de rentrer resplendissante dans son sanctuaire. Depuis cette époque, l’eau du ruisseau est réputée miraculeuse et aurait la propriété de guérir maintes maladies, celles des yeux, par exemple. »

 L’histoire de Fumay est aussi marquée par d’autres personnages d’envergure, tel Pépin le Bref qui céda ses terres (et celles de Revin et Fépin) à l’Abbaye de Prüm (Ardennes allemandes).

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La Voie verte Trans-Ardennes : « Naturellement ensemble ! »

Outre des sites naturels et des points de vue (Roche de l’Uf, Risque-Tout, Relais…), d’agréables chemins de halage, un port fluvial, la place du Baty, des tilleuls tricentenaires, le château des comtes de Bryas, il y a, encore, les chapelles Sainte-Barbe et Saint-Roch.

Au sujet de cette dernière (construite en 1662 en remerciement de la protection apportée à la cité face au fléau de la peste), une légende était bien ancrée dans les traditions : un clou de la porte d’entrée était embrassé par les femmes afin qu’elles puissent trouver mari dans l’année, sans quoi elles devraient attendre sept années, c’est-à-dire la durée du

service militaire à l’époque, paraît-il !

Et puis, nec plus ultra pour les adeptes des sensations fortes, le « Parc Terre Altitude » appartenant à la communauté de communes « Ardennes – Rives de Meuse » propose un vol (couché !) au-dessus du fleuve à 130 km/h avec la tyrolienne le « Fantasticâble » !

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Autres attractions : saut à l’élastique, parcours « acrobatiques et sensations »…

 

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Niv Froman , Mr. « Manta man », intime des raies Manta !

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crédit : Jean Paul LE ROY

Un entretien avec Niv Froman de l’association MANTA TRUST qui permet de découvrir et de participer à la protection des raies Manta aux Maldives, et bientôt à la protection des raies Mobula leurs cousines. Niv est l’homme Manta, celui qui les connait intimement jusqu’à les reconnaitre , les nommer, et qui partage avec nous cette passion pour ces animaux gracieux si proches de lui et si magiques pour nous.

Ardennes françaises mystérieuses (21/61) : FLIZE : Pour ne jamais oublier…

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

C’est en 1023, que le nom de Flize est apparu pour la première fois : « Falisia ».

Ce nom se retrouva sur un document officiel d’Henri II, empereur romain germanique, qui confirmait les biens de l’abbaye de Mouzon (voir ce chapitre).

 

 

 

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Liens étroits entre Flize et Mouzon.

 

La destinée de cette commune de près de 1 200 habitants fut particulièrement mouvementée : affres de la Guerre de Cent Ans, ravages par les troupes du duc de Nassau (XVIIe siècle) et lors des guerres de religion, pillage par les calvinistes allemands au XVIIe siècle, appartenance à la France en novembre 1769, occupation par les Russes en 1814, incendie et pillage en 1870 par les Allemands…

Le site officiel de Flize relate, aussi, de plus récents conflits :

 

« Département frontalier enclavé dans la Belgique, les Ardennes ont toujours eu le triste privilège de subir les assauts guerriers durant les différents conflits des deux derniers siècles. À la veille de l’Armistice, les 10 et 11 novembre 1918, Flize a été le théâtre des dernières batailles qui ont occasionné des pertes humaines inutiles. »

 

Ces dramatiques faits sont racontés sous le titre « La dernière patrouille » : « Le 9 novembre 1918, l’ordre est donné de passer la Meuse cette nuit là. Pourquoi cet ordre ? Parce que le haut commandement entendait, par cette attaque, faire céder les plénipotentiaires allemands qui cherchaient à tempérer les conditions imposées, demandant un « cessez-le-feu » d’abord, et des discussions ensuite. Ces propositions furent refusées par le haut commandement français. L’ordre d’attaque immédiat fut donné. Le 10 novembre, l’ennemi était repoussé après de vifs combats et les soldats du 19è R.I maintenaient leur position sur la rive nord de la Meuse. Le 11 novembre à 14 H., à la suite de durs combats, le passage de la Meuse a été forcé entre Vrigne-Meuse et Lumes. On dénombra 12 morts appartenant au 19è Régiment d’Infanterie appartenant à la 22ème division. À Flize, une plaque commémorative a été inaugurée le 29 juin 1934 sous la présidence du Général BOICHUT sur laquelle on peut lire :

163e Division. 10 et 11 novembre 1918

Passage de la Meuse de vive force par les 2è et 3è bataillons du 142è R.I. et les 3è bataillon et 5è Compagnie du 19è R.I. (22è Division) «  Français qui passes, honore de ton souvenir les Braves tombés ici le dernier jour pour ton salut ».

 

La griffe de Le Nostre

 

L’église Saint-Rémy est imposante et possède un Chemin de Croix en relief mural, quant au château, son parc aurait été dessiné par Le Nostre, jardinier de Louis XIV pour qui il conçut l’aménagement du parc et des jardins du château de Versailles.

Cet édifice devint, tour à tour, manufacture de draps, filature, ferronnerie, maison bourgeoise, entreprise de mobilier urbain…

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Jardin de Le Nostre parmi des dizaines conçus à Versailles, Sceaux, Castres, Chantilly, Saint-Cloud, Strasbourg, Fayel, Wattignies, Balleroy, Paris…

 

 

 

 

 

 

 

 

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Vers un droit humain à l’eau

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Le droit de l’homme à l’eau potable bientôt reconnu.

L’Assemblée Nationale étudie, à partir du 14 juin prochain, une proposition de loi visant à mettre en œuvre le droit humain à l’eau potable et à l’assainissement. C’est le terme d’une réflexion menée depuis quatre ans par de nombreuses associations et organisations non gouvernementales humanitaires, caritatives et environnementales. Le but : instituer le droit à l’eau comme un droit fondamental des citoyens.

La Fondation France Libertés et la Coalition Eau ont coordonné les travaux qui aboutissent à cette  proposition de loi signée par plusieurs parlementaires, dans une démarche transpartisane.

  • Avec Emmanuel Poilane, le directeur de France Libertés

Cette reconnaissance du droit de l’homme à l’eau était devenu indispensable. Le droit d’accès à l’eau existe dans plusieurs textes, mais il n’était pas vraiment effectif.

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© France Libertés

« C’est un droit qui existe sur un plan international. La France a signé une résolution en juillet 2010 sur le sujet, comme la quasi intégralité des pays du monde. Mais pour transformer cette résolution, qui n’a pas force de loi, dans nos textes, on voit qu’il n’y a pas de volonté des pays du Nord de faire ce pas. Pour deux raisons. L’accès à l’eau fonctionne globalement correctement dans nos pays, alors que dans certains pays du Sud qui ont transformé leur constitution, il y a l’ambition de trouver des solutions pour un véritable accès à l’eau pour leur population. La deuxième chose, c’est que nous sommes dans des pays où les Etats essaient de limiter leurs obligations par rapport aux droits fondamentaux. Le travail que l’on fait avec cette proposition de loi c’est de faire en sorte que les résolutions internationales soient transcrites dans le droit français. Et c’est négocier avec les acteurs économiques pour que ce soit gérable. »

Cette proposition de loi, et ce n’est pas anodin, est le fruit d’un travail entamé par les associations, et poursuivi par les parlementaires. Il y a eu une vraie coopération entre les différents acteurs, entre la société civile et les politiques.

« Il y a une vraie ambition forte des associations pour faire que le droit à l’eau soit reconnu comme un droit humain fondamental en France. Et il y a des parlementaires qui comprennent la force philosophique de cette thématique « l’eau c’est la vie ». Ensuite, ils sont pris par les obligations budgétaires qui rendent complexe l’avancée d’un texte de loi. On a eu la chance d’avoir le soutien de cinq groupes parlementaires à l’Assemblée. Ce travail se poursuit depuis presque quatre ans. On débouche enfin sur son vote à l’Assemblée Nationale le 14 juin. C’est un travail qui est facile pour les associations, mais difficile pour les parlementaires. On est heureux de pouvoir le mener à leurs cotés pour que ce soit un droit fondamental qui avance en France. »

« Le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme garanti par l’État. » C’est l’article 1 de cette proposition de loi. Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? Comment cela va se traduire ?

© Ville de Lyon
© Ville de Lyon

« La première traduction, c’est de remettre l’eau au cœur de la ville et des villages, avec des toilettes gratuites, des fontaines gratuites, des douches gratuites… C’est l‘idée que pour avoir accès à l’eau partout pour tous, il faut que, dans le paysage public, il y ait ces espaces d’accès à l’eau et  à l’hygiène pour tous. Il faut que l’on sorte de l’obligation de se rentre dans un café pour aller aux toilettes. C’est quelque chose qui existait il y a quelques décennies. Cela a disparu pour des raisons économiques. On pense que c’est très important que cela puisse retrouver sa place, pour que l’on redécouvre la place de l’eau dans la cité.

La deuxième traduction, c’est la mise en place d’un fond national d’aide pour aider les familles en précarité à payer leur facture d’eau. Aujourd’hui,  les personnes en précarité peuvent être aidé, mais suite à la facture. C’est donc quelque chose de stigmatisant et complexe pour atteindre de aides. Il est indispensable de mettre en place des aides préventives pour lesquelles on soit certain qu’elles puissent aider toutes les personnes qui sont aujourd’hui en précarité par rapport à leur facture d’eau. Il engager l’ensemble des acteurs à comprendre que l’accès à l’eau pour vivre dignement chez soi est quelque chose d’indispensable. Il y a un véritable consensus sur ces deux points. »

La campagne de France Libertés a mis en exergue la part importante de l’eau dans le budget des familles en difficultés. Cette loi sera un vrai bénéfice pour elles.

« Autour de la campagne sur les coupures d’eau, on a pu montrer ce que cela représentait comme difficulté pour les familles. Et les réactions politiques étaient très fortes pour dire « nous devons garantir la capacité des familles à vivre dignement chez elles ». Avec ce fond d’aide national, on peut imagier que demain, comme on le fait sur le logement avec les allocations logement, comme on le fait sur l’électricité avec le chèque énergie, on puisse le faire sur l’eau. Ce que l’on a mis en exergue avec la campagne des coupures d’eau, c’est que c’était encore plus violent de vivre sans eau que de vivre sans électricité. Il est indispensable de permettre à chacun de vivre dans des conditions dignes chez lui.

Derrière cette loi, c’est l’ambition de dire que, si on est capable de penser « l’eau c’est la vie », on doit être capable de le mettre en œuvre pour tous chez nous.

Cela nous renvoie ensuite à une action plus importante à l’international pour faire en sorte que chaque humain sur la planète puisse avoir accès à l’eau et à l’assainissement pour vivre dignement chez lui. Rappelons qu’il y a près d’un milliard de personnes qui n’a pas accès l’eau dans des conditions normale et deux milliards qui n’ont pas accès à un assainissement minimum. »

© Assemblée Nationale
© Assemblée Nationale

L’examen de ce projet de loi débute le 14 juin, à l’Assemblée Nationale. L’issue du débat parlementaire sera à retrouver sur le site de France Libertés.

Pour aller plus loin :

 

[youtube]https://youtu.be/KjmzQXbu7pk[/youtube]

Les Enfants de Salomon (3/7) : Une école de vie et de savoir-faire (Éditions Dervy)

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Dans le volumineux ouvrage abondamment illustré « Les Enfants de Salomon » d’Hugues Berton et de Christelle Imbert (Éditions Dervy), dont il a déjà été question à deux reprises sur « Fréquence Terre », c’est toute l’histoire du Compagnonnage dont il est fait état dans une grande partie de ce livre de référence. Les auteurs y présentent de manière chronologique cette véritable « école de vie » qui allie à la fois un développement exceptionnel du métier et un haut perfectionnement moral et spirituel de ses membres. Les auteurs le prouvent par maintes citations, dont celle-ci, datant de 1598 : « Après deux ou trois ans d’apprentissage, l’apprenti maçon enregistré au sein de la guilde est reçu dans la loge comme apprenti-entré au cours d’une cérémonie de réception. Au bout de quatorze années en tant qu’apprenti enregistré, le maçon peut à sa demande devenir Frère et Compagnon du métier sous réserve que sa valeur, sa qualification et son habileté aient été éprouvées. Dans la loge, une stricte égalité règne entre tous les Compagnons du métier. »

DSC01834bis300couveCependant, les auteurs font aussi état de méfiance, voire de rejet à l’égard de ces artisans et ouvriers hors pair. À Paris, par exemple, les Compagnons selliers, chapeliers, tailleurs, cordonniers et couteliers ne sont guère appréciés, du moins leurs rites, par les théologiens de la Sorbonne. Un chapitre du livre est même consacré à l’histoire de persécutions à l’encontre de ces Compagnons et de certaines interdictions qui s’adressent également aux maçons, charpentiers, tailleurs de pierre, forgerons…

On sait que l’Église catholique n’a jamais supporté ne pas avoir le monopole sur toute la société !

Cependant au XIXe siècle, trois grands rites vont émerger issus des trois fondateurs mythiques : Maître Jacques, Père Soubise et Salomon. L’histoire est donc loin d’être terminée pour le Compagnonnage…

 

 

 

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Ardennes françaises mystérieuses (20/61) : ÉTEIGNIÈRES : Le Grand Condé et la Chèvre d’or

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Deux légendes dans cette commune de 450 âmes située dans le canton de Signy-le-Petit !

La première remonte au XVIIe siècle avec le Grand Condé pour personnage illustre.

Louis II de Bourbon-Condé, dit le « Grand Condé » (1621-1686), fut général français durant la Guerre de Trente Ans. Celle-ci eut lieu de 1618 à 1648 et consista en une suite de conflits qui déchirèrent l’Europe. Ils avaient pour origine l’ambition des Habsbourg de conquérir le Vieux Continent, puis il y eut l’affrontement entre le catholicisme et le protestantisme…

Le Grand Condé fut aussi l’un des meneurs de la « Fronde des princes » (1648-1653) consistant en de graves troubles et révoltes dans le royaume de France afin de limiter les pouvoirs royaux, entre autres.

 

À Rocroi, le Grand Condé remporta une bataille face aux célèbres « tercios » (fantassins) espagnols, des professionnels des armes extrêmement entraînés et disciplinés, réputés, jusque là, pour leur invincibilité.

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Le Grand Condé très généreux avec un braconnier ardennais (document Wikipédia).

 

 

 

Selon notre première légende, le Grand Condé était stationné à Éteignières, distant non loin de Rocroi, et demanda au braconnier Manceaux d’apporter un pli urgent au gouverneur de Rocroi afin de le prévenir de l’assaut imminent. Avec beaucoup de courage, le messager traversa les lignes espagnoles et atteint son but. À la fin des hostilités, le Grand Condé fit appeler Manceaux :

– Je tiens à saluer ta bravoure ! Quel est ton désir le plus cher ?

– Voulez-vous bien annuler ma condamnation pour braconnage ?

– Mmm… C’était sur mes terres, quand même ! Mais, soit, je lève cette condamnation.

– Que tous mes remerciements vous accompagnent, dit Manceaux en s’inclinant respectueusement devant le Grand Condé, tout auréolé de sa victoire rocroyenne.

– De plus, je t’autorise de chasser sur mes terres. À vie !

 

Le prisonnier, le trésor et la Chèvre d’or

 

La chèvre d’or est un classique des légendes, ce n’est pas à Theux (Ardennes liégeoises) que me l’on contredira, là où la fée Mélusine transforma la jeune Staneuxine, amoureuse d’un beau bâtisseur, en « gatte » (chèvre) recouverte d’un pelage d’or parce qu’elle avait désobéi à sa cheffe !

 

À Éteignères, on aurait retrouvé la chèvre d’or au lieu-dit « La Roche », non loin d’un château fort détruit au XVIIe siècle, disait-on.

Un immense bloc de pierre y recouvrait un trésor. Une nuit, on entendit gémir. Il s’agissait des plaintes d’un prisonnier qui tentait, en vain, de sortir du souterrain gardé par une chèvre d’or. Parfois, la chèvre allait quand même gambader dans la forêt de minuit à l’aube… Dans la forêt ou ailleurs ?

 

La chèvre est un animal mythique considéré comme la mère du monde en Inde, liée à la foudre par des Chinois et Tibétains, symbole de l’éclair annonçant l’orage chez les Grecs Anciens, une chèvre ayant même nourri Zeus, dieu du Ciel et maître des dieux, enfant.

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La chèvre, animal mythique.

 

 

 

 

 

Quant à la chèvre d’or, elle possède une légende tenace :

 

« Un roi Maure tentait de s’emparer d’un village provençal. Il était en possession d’un butin faramineux qu’il désirait mettre à l’abri.

Pour ce faire, il jeta son dévolu sur une grotte (fréquentée par des fées) mais la cavité n’était pas facile d’accès. Malgré les avertissements de l’un de ses amis, le roi Maure choisit une petite chèvre blanche afin de le guider mais des chauves-souris très violentes les attaquèrent et, de galerie en trou, de passage souterrain en chemin abrupte, le souverain alla se réfugier dans l’antre d’une sorcière. Celle-ci lui remit trois fioles…

Toujours accompagné de la petite chèvre blanche, il poursuivit son cheminement plein de dangers (mandragore mangeuse d’hommes, fantômes…), jusqu’au moment où le ruminant refusa de l’accompagner vers un trou tout proche que le roi trouvait à son goût pour cacher son butin.

Soudain, un monstre apparut et un combat mortel s’engagea.

L’ami du roi vit revenir de la grotte la petite chèvre couverte de poudre d’or, le butin ayant été pulvérisé en poussière lors du combat acharné.

Depuis lors, on dit que la Chèvre d’or continue d’errer ci et là certaines nuits… »

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Le Bois et la Source de Sylvie Anne (Presses de la Cité)

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Lucien, un patron qui a envie de partager avec ses ouvriers « une sorte de plénitude aussi solide que la conscience du devoir accompli », ça doit être rare, non ?

Pourtant, c’est ainsi que débute le roman « Le Bois et la Source » de Sylvie Anne publié aux Presses de la Cité.

Mais, la situation évolue. Malheureusement, ce sympathique patron, veuf, père de deux jeunes adultes, va voir son existence basculer dans le désarroi, la dépression, l’alcoolisme : une violente dispute se déclenche avec son fils aîné, Jacques, 22 ans, au point que Lucien s’écroule d’un sérieux malaise cardiaque.

La raison ? Jacques vient de lui apprendre son intention de s’établir avec Elena, divorcée, jolie, au point que tous les hommes la regardent avec insistance, écologiste dans l’âme et sa manière de vivre, les femmes du village sont jalouses et la décrivent comme une sorcière.

9782258117853ft300Jacques réclame sa part d’héritage alors que, justement, son père voit en lui son successeur à la menuiserie, son autre fils, Julien, 18 ans, préférant la restauration.

Alors, comme dans un cauchemar, les mauvaises nouvelles s’accumulent : Jacques se met à boire, Julien perd son emploi, Elena, enceinte, est harcelée par son ex-mari, une sombre brute…

Je n’en dis pas plus, de peur de trop dévoiler cette saga écrite sur un rythme qui mène le lecteur d’une intrigue à une péripétie sordide. Ce roman, c’est le reflet de destins qui se croisent, se séparent, s’attirent, se disloquent, se recroisent…

La description de tous les personnages, aimable maire, rigoureux curé, gentille boulangère…, puis Chaska, l’Étoile, la fille d’Elena, entraîne le lecteur à littéralement les visualiser, à les suivre pas à pas, quasiment à les toucher et à entamer un dialogue avec eux. Du grand art, en somme !

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