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Ardennes françaises mystérieuses (24/61) : GIVET : Sur les traces de Charles Quint, Louis XIV, Victor Hugo…

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

En arrivant à Givet pour la première fois, beaucoup de gens sont habités par des lieux communs et des préjugés véhiculés par des personnes       qui, au fond, n’avaient jamais arpenté « Le Grand Givet ou Givet le Vieux » et son port de plaisance et « Le Petit Givet ou Givet Notre-Dame », au confluent de la Houille et de la Meuse : ville triste, morose, sans grand intérêt architectural et culturel, sans attraits « touristiques »…  Que d’erreurs !

Comme je l’ai déjà décrit en première partie dans le paragraphe « Artisans, travailleurs, outils et matières premières », certes il y a la « Pierre bleue » qui fait la fierté de la région, mais il n’y pas que ça ! Jugez-en, selon la « Visite guidée du centre de Givet » proposée par l’Office de Tourisme et que j’alimente de quelques réflexions personnelles.

 

De la frontière « folklorique » au Quai des Fours

 À la frontière belgo-française, du côté de Heer, on peut encore voir le poste de la « Douane belge », du temps où le gabelou faisait souvent peur, du moins aux personnes qui « trafiquaient » du tabac, du beurre, des spiritueux…

Dans le jardin du poste, des mannequins retracent quelques pans de la vie d’antan. Nostalgie, nostalgie…Givet2ft

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Gare au gabelou !

 

Et puis, voici Givet qui se situe de part et d’autre de la Meuse et sur itinéraire compostellan. Sur la rive gauche, il s’agit de Givet Saint-Hilaire et sur la rive droite de Givet Notre-Dame.

Les moqueries de Victor Hugo

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« Givet le Vieux » (à gauche) et l’église Saint-Hilaire dont le clocher fut raillé par Victor Hugo, et « Le Petit Givet » (à droite)

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L’église Saint-Hilaire date du XVIIe siècle et est dédiée à l’évêque de Poitiers (IVe siècle), écrivain et docteur de l’Église. On admire le buste reliquaire en bois doré du XVIIIe siècle à l’intérieur de l’édifice.

 

On admire également les stalles de style Louis XIV représentant, entre autres, des saints de l’Ordre Franciscain.

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Saint Hilaire, patron de la paroisse, et des décorations de stalles.

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 Victor Hugo, grand voyageur, est passé à Givet en 1838 et n’a pas hésité à brocarder le clocher de l’église en imaginant que l’architecte avait empilé divers ustensiles : un saladier retourné, un sucrier, un coq embroché sur une bouteille…

Que les Givetois ne se formalisent pas par cette description, les Montois (Hainaut) eurent aussi droit aux moqueries d’un monument de leur ville : le Beffroi. Inauguré en 1669, c’est le plus jeune beffroi de toute la Belgique. De style baroque, haut de quatre-vingt-sept mètres, Victor Hugo ne l’appréciait guère au point d’écrire à sa femme : « Figure-toi une énorme cafetière, flanquée au-dessous du ventre de quatre théières moins grosses. Ce serait laid si ce n’était grand. La grandeur sauve… »

 Le Fort de Charlemont et les huées du peuple

La forteresse qui surplombe la cité de Givet a été édifiée par l’empereur Charles Quint en 1555. Elle allait lui permettre de tenir le cours de la Meuse, de protéger les frontières des Pays-Bas espagnols, d’opposer une barrière à la marche des armées françaises.

Quelque 3 000 ouvriers et artisans furent mis à l’ouvrage sous la protection de 20 000 fantassins sous les ordres du Maréchal Van Rossem et de 3 000 cavaliers conduits par le Prince d’Orange, Guillaume de Nassau.

C’est à la signature du traité de Paix de Nimègue, en 1678, que Givet-Charlemont fut rattaché à la France.

En 1680, Louis XIV, voulant visiter ses nouvelles conquêtes, vint à Givet accompagné de Vauban, maréchal de France, commissaire général des fortifications, qui fut chargé d’agrandir et de moderniser ladite forteresse.

Aujourd’hui, elle est considérée comme l’un des derniers vestiges architectural de l’art militaire du XVIIe siècle au nord de la France.

Une anecdote : le 1er septembre 1914, la garnison de Charlemont se rendit après cinquante heures de bombardement ennemi de gros calibre. La forteresse avait encaissé plus de 4 000 obus. Mais, à l’exception d’une casemate qui s’effondra en ensevelissant une vingtaine d’hommes, seules les murailles extérieures avaient souffert de ce pilonnage.

Il paraît que les Givetois qui avaient été témoins de la reddition sans combat ont hué les soldats !

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Le fort de Charlemont.

 

Étienne Nicolas Méhul et « Le Chant du Départ »

 

C’est en 1763 que Méhul est né à Givet et c’est à l’ancienne église des Récollets qu’il reçut d’un vieil organiste ses premières notions musicales.

 

Il se fera connaître auprès du public en mettant en musique une ode de Jean-Baptiste Rousseau à l’âge de 19 ans. Il composera ensuite de nombreuses sonates et des opéras ainsi que des chants patriotiques. Le plus célèbre sera « Le Chant du Départ », le chant patriotique le plus connu après « La Marseillaise », paraît-il.

Étienne Nicolas Méhul repose au cimetière du Père Lachaise à Paris, 13e division non loin de Pleyel, Grétry et Chopin.

Tour Grégoire et Tour Victoire

 La Tour Grégoire est située sur la rive droite de la Meuse au Mont d’Haurs.

Une colline qui, naguère, était couverte de nombreux noisetiers. Avec leurs branchages, les paysans fabriquaient des liens pour leurs fagots. Dans leur patois, ils s’appelaient des « haûrs ».

La tour date du XIe siècle et avait pour rôle de permettre le contrôle sur une longue distance des éventuelles approches de Givet et de surveiller le trafic fluvial.

Quant à la Tour Victoire, elle date des XIVe (partie inférieure en pierre bleue) et XVe (partie supérieure en brique) siècles.

À l’origine, elle était une tour d’angle d’une résidence seigneuriale. Puis, elle servit de tour de péage pour les embarcations descendant le fleuve et de prison pour la cité.

Pourquoi « Victoire » ? Parce que, en 1692, Louis XIV entra à Givet en triomphateur suite à la prise de Namur !

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La Tour Victoire.

 

De l’Hôtel de Ville au Couvent aux rues en arc de cercle

 

L’Hôtel de Ville date du tout début du XXe siècle et l’on y aperçoit (sur la façade) les armoiries de la Ville de Givet : trois tours (Grégoire, Victoire et Maugis, cette dernière ne fait plus partie du paysage givetois).

Quant au couvent, c’est celui des Récollectines datant du XVIIe siècle. Il est connu pour sa statue « La Prière » placée dans une niche sur l’aile gauche.

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L’Hôtel de Ville.

 

 

 

Avant de quitter la cité, on remarquera la rue du Puits construite en arc de cercle. Pourquoi cette particularité ?

Voici les explications données à l’Office de Tourisme :

« Suite à l’incendie de la ville de Givet en 1675, le centre ville sera reconstruit d’après les plans de Vauban.

La rue du Puits (où la pierre bleue de Givet et la brique se marient harmonieusement et où l’on admire des façades restaurées de maisons datant des XVIIe et XVIIIe siècles) est un exemple des nombreuses rues en arc de cercle que l’on trouve au cœur de Givet.

Le rôle de ces rues en arc de cercle ?

En temps de guerre, le canon ne peut pas les balayer en enfilade. Le tir d’embuscade est plus efficace !

À noter, au bas de la rue, ce que l’on appelait les ruelles coupe-feu. Elles permettaient aux soldats de se dissimuler, mais aussi de relier rapidement une autre rue par laquelle ils allaient pouvoir se rabattre sur l’ennemi. »

 

Voyage chez les Nutons et l’énigmatique squelette

 

Non loin de Givet, à Fromelennes, un voyage sous terre de trente-cinq mètres est proposé aux Grottes de Nichet.

Cet endroit est réputé pour abriter les Nutons, ces petits êtres aux pouvoirs surnaturels dont il a déjà été question au début du présent ouvrage.

À Givet, villageois et Nutons entretenaient de bonnes relations, dit-on. Ces derniers rendaient même de précieux services aux Givetois.

La visite des grottes se réalise sur plusieurs niveaux : salle des Nutons, salle des Lions (concrétions calcaires), l’impressionnante salle du Gouffre, puis la salle au Clair de Lune (reflets de la lumière sur les parois), la salle de la Roche (bloc percé de deux failles de près de dix mètres), salle du Squelette, avant de remonter en surface par un escalier de 114 marches !

Squelette ? En 1894, deux ouvriers y auraient découvert un squelette. Ce serait celui d’un criminel fuyant une condamnation à mort. Son frère l’aurait nourri, ensuite l’aurait tué par peur de représailles.

Quand Louis XIV, en visite au fort de Givet, fut mis au courant de cette histoire, il fit murer la grotte, paraît-il.

Une autre explication : le squelette serait celui d’un homme qui, au XVIIIe siècle, se serait caché dans la grotte afin d’échapper à la justice.

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Pavillon Bleu 2016 : pour des plages écoresponsables

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Si vous n’avez pas encore décidé de votre lieu de vacances, peut-être voudrez-vous vous orienter vers une destination écoresponsable. Choisissez alors un site arborant le Pavillon Bleu, un label décerné par l’Office Français de la Fondation pour l’Education à l’Environnement en Europe. Depuis 1985, il met en lumière les efforts effectués par les collectivités pour promouvoir un développement touristique durable de leur territoire.

Un Pavillon Bleu sur une commune, c’est donc le gage d’un environnement préservé. Et le palmarès 2016 est conséquent : 170 communes, 400 plages, 98 ports de plaisance.

D’années en années, le nombre de communes labellisées est en augmentation. 12 communes et 3 ports font leur entrée cette année. On trouve des communes du littoral, comme La Seyne-sur-Mer ou Marignane, mais aussi des villes de montagne, comme Embrun, Murol ou Chambon-sur-Lac.

Un rayonnement dû à la volonté des élus, mais aussi aux attentes des touristes, très sensibles à l’environnement de leur lieu de vacances.

Les actions des municipalités ont donc un effet non négligeable… Sur l’environnement, tout d’abord, c’est l’objectif premier de ces récompenses. Mais le tourisme, bénéficie aussi, au final, des efforts des élus. Ce double effet passe donc par différentes actions.

Chambon sur Lac
Chambon sur Lac

Il s’agit par exemple pour les collectivités de sensibiliser les touristes à utiliser des modes de déplacements doux. Elles doivent aussi faire un effort sur les informations relatives aux sites naturels à respecter, et aux espèces animales et végétales à protéger.  Une politique de collecte sélective des déchets doit aussi faire partie des fondamentaux de la commune, en ville bien évidemment, mais aussi sur les plages où cette gestion sélective doit être incitée.

Autre point sensible : la gestion de l’eau. Il doit y avoir par exemple 5 analyses des eaux de baignade minimum par saison, avec un maximum d’intervalle de 30 jours entre deux analyses. D’autres critères sont également surveillés comme l’accessibilité des plages pour les personnes à mobilité réduite, ou la présence d’un plan de lutte contre les pollutions accidentelles.

Pour les ports, la présence d’aires de carénage sans rejet pour les plaisanciers doit être une priorité. Tout comme la récupération des eaux usées ou des déchets spéciaux… Les ports de plaisance Pavillon Bleu proposent aussi des activités environnementales pour sensibiliser plaisanciers et visiteurs à la fragilité du milieu marin.

Le label Pavillon Bleu est aujourd’hui présent dans 49 pays sur tous les continents. Plus de 4 000 sites arborent le label durant cet été 2016.

A noter enfin que le label Pavillon Bleu lance cette année un grand concours photo sur le thème « Voile et Parasols ». Laissez parler votre créativité et postez vos clichés sur le compte Instagram @Pavillon Bleu. A gagner un séjour dans un hébergement Clef Verte.

Bonnes vacances à tous.

 

Pour aller plus loin :

[youtube]https://youtu.be/H1lfTDGble4[/youtube]

 

Le Beau Vélo de RAVeL : Balades estivales dans les Ardennes, le Luxembourg, en Provence…

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DSC01957ft300Voici une initiative estivale bien connue des Belges, bien sûr, mais aussi des Français du Nord et de tous ceux qui résident dans la Capitale de l’Europe, tant elle est omniprésente dans la presse écrite et radiotélévisée nationale et que ses nombreuses étapes attirent non seulement beaucoup de participants, mais, également, des spectateurs le long des trajets et, surtout, à l’issue de ceux-ci, aux concerts gratuits où ils peuvent entendre des stars du style de Yannick Noah, Axelle Red, Chantal Goya, Gérard Lenorman, Annie Cordy, les Rubettes, Gilbert Montagné… et, cette année, la Provence accueillera aussi cette initiative cyclotouriste d’envergure.

Ainsi, depuis dix-huit ans, les étapes du « Beau Vélo de RAVeL », aussi belles que le « Boléro de Ravel » à la mélodie inoubliable, attirent des dizaines de milliers d’amoureux de la petite reine qui, par monts et par vaux, de villages pittoresques en cités prestigieuses, de chemins campagnards en routes provinciales, de châteaux en lieux sacrés, s’adonnent en peloton à plusieurs randonnées. Une bonne occasion, aussi, de (re)découvrir des coins insolites, mystérieux, d’aller à l’écoute de légendes et d’anecdotes de terroir, de parcourir des itinéraires chargés d’Histoire ou mythiques.

Démarche écologique et patrimoine se conjuguent donc à ces occasions et il n’est pas vain de rappeler les bienfaits de la pratique du vélo : c’est gratuit, cela ne pollue pas, ni bruit, ni fumée, pas de gaz à effet de serre, c’est excellent pour la condition physique à condition, bien entendu, de ne pas jouer au forçat de la route et d’avoir reçu le feu vert de la médecine. De plus, il n’y a pas de stationnement difficile, cela favorise la convivialité et privilégie les contacts familiaux, par exemple.

Le « vélo vert », comme certains appellent ce type de randonnée ou cyclotourisme, effectué dans l’esprit du « Beau Vélo de RAVEeL », est d’ailleurs en plein essor. Selon le Ministère français de l’Écologie, quelque trois millions de vélos seraient vendus annuellement dans l’Hexagone, soit six vélos toutes les minutes, selon le site consoGlobe.

Il y en a donc pour tous les goûts et tous les âges : vélo-tourisme, vélo-routes, vélo-city… et je ne peux m’empêcher de citer, encore une fois, Charles-Albert Cingria, écrivain et musicien qui sillonna toute la Suisse à vélo, et même au-delà, comme pour chercher ou enrichir et peaufiner ses œuvres : « La bicyclette fait de vous un heureux ; quelqu’un de libre et c’est insondable et exquis ce sentiment. »

DSC01953ft300C’est, donc, à l’instigation de nos confrères de la Radio Télévision Belge Francophone, avec le soutien de différents médias, dont Ciné-Télé Revue, et, avec la présente chronique sur les antennes de « Fréquence Terre », que le vélo est ainsi mis en évidence et fêté durant treize semaines (chaque samedi, du 25 juin au 18 septembre 2016) à la frontière belgo-allemande, dans les Ardennes, le Brabant wallon, le Namurois, à Liège, à Bruxelles, dans le Luxembourg… et, cette année, du 22 au 27 septembre, en collaboration avec Vélo Loisir Provence, pour sillonner les plus beaux coins du Lubéron, d’Apt à Forcalquier en passant par Manosque, Cavaillon, Roussillon…, soit, quelque 300 km de chemins parfois insoupçonnés avec vue sur des villages perchés, des champs de lavande et de fleurs, des fontaines, des châteaux…

Le tout, dans les deux pays, avec des circuits pour tous niveaux, c’est-à-dire avec un véritable esprit d’amateur goûtant à la Nature.

Beau Vélo 2016Les étapes en Belgique :

25 juin : La Calamine

02 juillet : Tournai

09 juillet : Oupeye

16 juillet : Vielsalm

23 juillet : Nivelles

30 juillet : Moresnet

06 août : Boussu-Colfontaine

13 août : Namur

20 août : Arlon

27 août : Mettet

03 septembre : Perwez

10 septembre : Liège

18 septembre : Bruxelles

Les étapes en France :

22 septembre : Mérindol-Vaugines

23 septembre : Vaugines-Manosque

24 septembre : Manosque-St-Michel-l’Observatoire

25 septembre : St-Michel-l’Observatoire-Apt

26 septembre : circuit à Apt

27 septembre : Apt-Cavaillon

Photos : RTBF

Infos : http://www.rtbf.be/vivacite/emissions/detail_le-beau-velo-de-ravel?programId=23

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Ardennes françaises mystérieuses (23/61) : GESPUNSART : La poussée de nuées et les arbres qui gémissent

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Des historiens prétendent que le nom « Gespunsart » provient de Sart Gébuin » (ou « Gebuinisartum »), du temps de l’empereur Charlemagne au IXe siècle. L’érection de l’église Saint-Remi fut achevée à la Révolution.

Compagnonnage

La commune, à présent forte de plus de 1 100 habitants, était réputée pour ses clouteries aux XVIIIe et XIXe siècles, comptant même des centaines de maîtres cloutiers et des compagnons. Un compagnon est un homme de métier qui effectue son apprentissage chez un maître (parfois plusieurs, comme en témoignent les Compagnons du Tour de France qui effectuent le « Voyage »), avant de le devenir à son tour.

Le Compagnonnage remonte au Moyen Âge (certains le font même débuter à l’érection du Temple de Salomon) et est basé sur un rituel d’initiation, la présentation d’un chef-d’œuvre, un apprentissage du métier (et de la vie !) hors pair, c’est-à-dire concret et synonyme de qualité et de rigueur techniques, une organisation où les concepts de solidarité et de fraternité ne sont pas de vains mots !

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Compagnon en « Voyage » : sculpture exposée à Vresse-sur-Semois.

Le Musée de l’Outil et de la Pensée Ouvrière à Troyes (Aube), le Musée du Compagnonnage à Tours (Indre-et-Loire), celui de Romanèche-Thorins (Bourgogne)… évoquent merveilleusement une devise chère aux Compagnons : « L’homme pense parce qu’il a une main » (Anaxagore – 500 – 428 av. J.-C.).

Il se dit qu’Arthur Rimbaud aurait été gardé en nourrice à Gespunsart, commune située à la frontière franco-belge, d’où un ancien poste de douane fonctionnel avant la convention dite de l’Espace Schengen (puis du Traité d’Amsterdam) établissant une limite politique et juridique sans faire obstacle à la libre circulation des personnes et des biens.

La vache Malbrough

 À Gespunsart, il y a un monument assez insolite composé du cracheur Malbrough qui alimente en eau (non potable) un lavoir situé à ses pieds.

Pourquoi Malbrough ? Peut-on faire un lien avec Lord Malbrough ?

Il semblerait que John Churchill, premier duc de Marlborough, célèbre par la chanson « Malbrough s’en va-t-en guerre », ne soit absolument pas lié à cette borne fontaine du XVIIIe siècle.

En revanche, une habitante, dont les propos sont repris par « Tourismeardennes.canalblog », expliqua :

« Malbrough serait issu de la situation suivante : après avoir bu de l’eau de ladite fontaine, une vache souffrant de problèmes intestinaux, pour avoir « mal brouté », a été guérie ! »

Malbrough, nom donné à une vache, alors ?

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Malbrough, une vache ?

 Sorcières, peupliers et démons

 Naguère, une double légende et des précisions circulaient à Gespunsart :

– Une sorcière mal peignée, ointe d’un produit graisseux confectionné avec le foie d’un enfant mort et non baptisé, s’envola sur son balai vers le « Paquis des poules », lieu traditionnel de sabbats, disait-on. Là, elle et ses semblables avaient pour malin, c’est le cas de le dire !, plaisir d’amasser les nuages d’orage et de faire tomber la grêle sur les moissons au grand dam des paysans.

D’ailleurs, dans différentes contrées des Ardennes ont dit d’une femme mal peignée qu’elle est coiffée comme « une poussée de nuées ».

Ensuite, à un carrefour forestier où convergeaient six chemins, on les retrouvait en compagnie du diable qui y tenait séance. Dans cet endroit, les esprits malsains prenaient la forme de poules noires.

Une nuit, trois jeunes filles curieuses se rendirent à ce lieu et, coup classique, se livrèrent au Malin en échange de richesses et de pouvoirs occultes.

Mais, comme elles pensaient épouser des jeunes garçons de leur pays, le diable en fut fâché et transforma les trois jeunes filles en femmes âgées et laides.

Quant aux trois garçons, ils furent écrasés par un arbre immense.

En représailles, les sorcières furent condamnées à mort par le feu.

Le lendemain, on vit trois peupliers sortir des cendres et on appela aussitôt le lieu « Le Bouquet des Sorcières ».

Quand il ventait et qu’il faisait froid, les arbres gémissaient. Il s’agissait des âmes des sorcières qui imploraient le pardon.

Elles furent délivrées de leurs tourments et le « Bouquet des Sorcières » a peu à peu disparu alors qu’il était même devenu un endroit de pèlerinage pour les filles en quête d’un mari.

  Gespunsart3300 – Selon le « Guide de la France Mystérieuse », les petits démons portent des noms et ont des fonctions bien précises :

. Les Hallequins et les Lumerettes guettent les promeneurs dans les forêts et les bois et près des étangs.

. Les Couzietti font la grimace dans le feuillage des arbres.

. Les Houziers (ou Hozeliers) forment les esprits du brouillard.

. La Pie-Pie Van-Van jette dans les eaux de la Meuse toute personne qui l’écoute.

. Le Galichet est un voleur de grains.

 

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Sauvons les mers des déchets plastiques

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© Expeditions MED

Sauvons les mers des déchets plastiques. C’est la campagne menée par le Collectif Expeditions MED. Une initiative citoyenne européenne dont l’objectif est de lutter contre les pollutions marines. Il s’agit aussi de mettre en œuvre les solutions pour protéger les mers et les valoriser. Temps fort de cette campagne, une pétition pour convaincre les députés européens de légiférer sur la production des déchets plastiques et leur dispersion en mer.

La Fondation France Libertés s’est associée à cette initiative à l’occasion de la Journée européenne de la mer, le 20 juin.

Concrètement, quelle est cette pollution marine ? Qu’est-ce qui menace les océans ?

« C’était essentiel pour France Libertés de s’associer à cette campagne. Derrière les pollutions plastiques dans les océans, il y a nos consommations au quotidien, et notamment l’eau en bouteille qui est une véritable catastrophe écologique. Même si les publicités de l’eau en bouteille nous montrent la pureté de l’eau, en réalité, lorsque vous achetez de l’eau en bouteille plastique, vous payez le plastique, le transport, la publicité, mais en aucun cas l’eau. Derrière ces habitudes de consommation qui produisent des tonnes de plastiques, il y a la question de savoir où finit le plastique. Malheureusement, il y en a une quantité non négligeable qui finit dans les océans. Allez voir sur internet les images de ce que l’on appelle le septième continent, qui est un continent de plastique qui est en train de s’agglomérer  au cœur de  l’Océan Pacifique, et qui montre combien cette pollution est pernicieuse. On ne la voit pas, mais elle est en train d’abimer durablement nos océans. »

Le collectif rappelle qu’il faut une seconde pour fabriquer un sac plastique. Il est utilisé pendant 20 minutes. Mais il polluera pendant des siècles. Ce sont des véritables bombes à retardement pour le milieu marin.

« C’est une bombe à retardement qui est récente. On oublie souvent que le plastique est un matériau récent. Nos grands-parents utilisaient très peu de plastiques. Derrière il y a une explosion exponentielle de ces pollutions. On sait aujourd’hui  qu’avec les déchets présents dans les océans, on pourrait recouvrir la planète de plastique. Il faut se poser les bonnes questions dès maintenant. C’est le sens de cette campagne. C’est d’abord dire au consommateur que l’on peut faire autrement… consommer de l’eau du robinet, utiliser des gourdes. On n’est pas obligé de consommer de l’eau en bouteille plastique. Et c’est aussi l’engagement citoyen que l’on doit avoir pour dire aux acteurs politiques – français, européens, mondiaux – que l’on souhaite qu’il y ait un engagement pris, notamment européen, pour que l’on sorte de cette impasse du plastique dans les océans. »

[youtube]https://youtu.be/MEnKHL97Nro[/youtube]

Initiatives individuelles, en modifiant nos pratiques… Initiative citoyenne européenne également… L’association Expéditions MED lance donc cette pétition d’initiative européenne. C’est un outil de démocratie participative qui avait déjà été utilisé sur le droit à l’eau.

« C’est important de comprendre que l’on n’est pas dans un cadre de pétition habituelle, où l’on signe un document sans savoir l’impact que cela a. On est ici dans une initiative citoyenne européenne (ICE). C’est un espace créé par l’Europe pour permettre aux citoyens de poser des questions au Parlement européen. C’est un petit plus compliqué à signer qu’une pétition standard, où on met juste son e-mail. Là, il y a l’obligation de rentrer son numéro de carte d’identité. C’est un petit peu comme si on allait voter pour une élection. Derrière cette initiative, si elle se concrétise, c’est tout un tas de débats qui avancent et qui permettent de faire évoluer les législations. Cela a été le cas pour la première initiative européenne sur le droit à l’eau pour tous. Elle avait fait l’objet d’un million huit cent mille signatures. Une des victoires de l’ICE à l’époque, cela a été de faire retirer l’eau de la résolution sur les délégations de service publics en Europe. C’est l’occasion pour les citoyens européens d’avoir un impact concret sur les politiques européennes. »

La campagne « Stop Plastic in the Sea » espère récolter 1 million de signatures d’au moins sept pays de l’Union Européenne. Sur quoi doit-elle aboutir ? Quelle est la demande vis à vis de la Commission européenne ?

« L’objectif est d’obtenir un engagement de l’Europe pour réglementer et encadre la production, la consommation et l’importation de plastiques. Ensuite, il y a la volonté de favoriser d’autres modes de plastiques qui soient recyclables, biodégradables. Il s’agit aussi de faire évoluer les normes pour que les acteurs industriels ne se satisfassent pas de la simplicité du plastique qu’ils utilisent aujourd’hui. Il faut qu’ils aillent plus loin. Ils ont la possibilité d’utiliser des matières moins nocives pour la planète. Il ne faut pas penser que la réussite de l’ICE va en elle-même tout transformer. Mais c’est un moyen de pression considérable des citoyens. Cela donne une vraie parole aux citoyens pour s’exprimer et être entendus par le Parlement et la Commission européenne. »

[youtube]https://youtu.be/FlnVlIt2rXk[/youtube]

Pour aller plus loin :

[youtube]https://youtu.be/RGvbJEEOFQo[/youtube]

 

Entre les notes de Bach de Jean-Pierre Grivois (Éditions Héloïse d’Ormesson)

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Peu avant ses 15 ans, accompagné d’un ami, Jean-Sébastien Bach prit la route. Des centaines de kilomètres à pied longeant des cours d’eau…

– Bach signifie « rivière » ou « ruisseau », lui expliqua cet ami.

Bach s’inspirera de l’eau dans certaines de ses œuvres. Il n’y eut pas de hasard dans sa démarche et il se mit même à la numérologie.

15 ans : 15 c’est la somme de 5 et de 10, 5 doigts de la main, 5 plaies du Christ, 10 commandements, 10 c’est X en chiffres romains, X symbolisant la Croix du Christ… Il appliqua également le chiffre 1 à la note la, 2 à si, 3 à do, et ainsi de suite. Il transforma tout ça en mélodies et en rythmes, fit valser les chiffres et les notes, spécifie Jean-Pierre Grivois dans son roman « Entre les notes de Bach » paru aux Éditions eho_grivois2cHéloïse d’Ormesson. Un roman remarquablement écrit comme si c’était le génial musicien qui racontait lui-même son existence. Une histoire touchante et pleine d’émotion qui présente un Bach, inlassable travailleur, à la fois chanteur, violoniste, jouant de l’orgue, de la flûte, compositeur qui « fit chanter le clavecin comme on fait chanter le violon ».

– Monsieur, de qui êtes-vous le fils ? lui demanda une princesse, mère du futur roi de Prusse.

– Je suis le fils de la musique, lui répondit Jean-Sébastien Bach, qui rencontra succès après succès, innova, enseigna, vécut une vie artistique prodigieuse.

D’une sensibilité à fleur de peau, il déclara encore : « Toute discipline doit s’effacer devant le bonheur d’une harmonie qui touche l’âme. »

Pour ma part, je pense que cette biographie écrite à la première personne touchera l’âme de beaucoup de lecteurs.

Et puis, jalousies, persécutions, querelles de clochers, contrarièrent aussi Bach qui constata : « Sur les vingt enfants nés de mes deux mariages, neuf sont en vie. Ces chiffres me paraissent d’une haute valeur symbolique. »

L’auteur a, de la sorte, bouclé la boucle de manière tout aussi symbolique des soixante-cinq années de vie de ce musicien à l’œuvre immortelle.

Musique : Concertos brandebourgeois, MillenniuM, 2000.

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Ardennes françaises mystérieuses (22/61) : FUMAY : La Vierge triste et vexée

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Au micro de Philippe Delmelle, animateur à VivaCité (RTBF-Radio), j’ai évoqué Fumay. Voici cette chronique :

– Et, revoici Pierre Guelff, auteur aux Éditions Jourdan, qui, chaque mardi de l’été, nous raconte une histoire étrange, une légende fantastique… Après le grisou au Pays de Charleroi, les nuits au clair de lune de Châtelet et de Godarville, il sera question d’une statue qui marche toute seule… Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

– Puisque les nombreux auditeurs de VivaCité se comptent même au-delà de nos frontières, j’ai été faire un tour au Pays de Fumay, pas très éloigné des terres de Toine Culot, le célèbre personnage ardennais d’Arthur Masson et, ô surprise, on m’a raconté l’histoire fantastique d’une statue qui marche toute seule. Et, à y regarder de près, elle ne faisait pas que marcher.

– Racontez-nous ça !

– Tout d’abord, je vais situer le cadre de cette légende, car il s’agit bien d’une légende qui, cependant, a encore pas mal de retombées. Fumay est une ville frontalière de la Belgique de quelque 4 000 habitants, située dans les Ardennes. Naguère, elle fut prospère pour ses ardoises et célèbre par saint Materne, un moine évangélisateur qui, au VIe siècle, y aurait tué un terrifiant serpent qui terrorisait toute la région.

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Le splendide cadre naturel de Fumay.

 

 

– Et cette statue ?

– Un peu à l’écart du centre de Fumay, il faut se rendre à la chapelle de Notre Dame de Divers Monts, un endroit très symbolique où, justement, saint Materne aurait œuvré. Et, là, on vous racontera l’histoire de cette statue.

– Allez, Pierre, ne faites pas durer le suspense…

– Encore quelques précisions, voulez-vous ? Ce lieu serait le berceau, si j’ose dire, de Fumay, même le siège de la corporation des Ardoisiers y était établi, des moines y avaient aussi érigé un couvent qui fut détruit après la Révolution française afin d’en revendre les pierres. Néanmoins, une chapelle y fut reconstruite en 1802, restaurée après la Première Guerre mondiale, et la statue de la Vierge qui y trônait était l’objet d’un intense culte. À partir d’un certain moment, elle fut promenée chaque année du site à l’église paroissiale, où elle demeurait du Lundi de la Pentecôte à l’Assomption, c’est-à-dire le 15 août, puis était retournée à la chapelle. Et cette tradition perdure depuis des décennies !

– Ce transfert et ce séjour sont-ils liés à la légende que vous allez nous raconter ?

– Effectivement ! Je vous la livre sans en modifier un mot : «  Un jour, qu’on l’avait oubliée dans l’église de Fumay, la Vierge fut prise d’une grande tristesse. La nuit venue, envahie par la nostalgie du couvent, elle descendit de son piédestal bien décidée à regagner seule la chapelle. Elle fit le chemin à pied, sous la pluie, mouillée et souillée par la boue. Elle décida alors de se laver dans le petit ruisseau qui coule au pied des rochers de Divers-Monts afin de rentrer resplendissante dans son sanctuaire. Depuis cette époque, l’eau du ruisseau est réputée miraculeuse et aurait la propriété de guérir maintes maladies, celles des yeux, par exemple. »

 L’histoire de Fumay est aussi marquée par d’autres personnages d’envergure, tel Pépin le Bref qui céda ses terres (et celles de Revin et Fépin) à l’Abbaye de Prüm (Ardennes allemandes).

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La Voie verte Trans-Ardennes : « Naturellement ensemble ! »

Outre des sites naturels et des points de vue (Roche de l’Uf, Risque-Tout, Relais…), d’agréables chemins de halage, un port fluvial, la place du Baty, des tilleuls tricentenaires, le château des comtes de Bryas, il y a, encore, les chapelles Sainte-Barbe et Saint-Roch.

Au sujet de cette dernière (construite en 1662 en remerciement de la protection apportée à la cité face au fléau de la peste), une légende était bien ancrée dans les traditions : un clou de la porte d’entrée était embrassé par les femmes afin qu’elles puissent trouver mari dans l’année, sans quoi elles devraient attendre sept années, c’est-à-dire la durée du

service militaire à l’époque, paraît-il !

Et puis, nec plus ultra pour les adeptes des sensations fortes, le « Parc Terre Altitude » appartenant à la communauté de communes « Ardennes – Rives de Meuse » propose un vol (couché !) au-dessus du fleuve à 130 km/h avec la tyrolienne le « Fantasticâble » !

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Autres attractions : saut à l’élastique, parcours « acrobatiques et sensations »…

 

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Niv Froman , Mr. « Manta man », intime des raies Manta !

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crédit : Jean Paul LE ROY

Un entretien avec Niv Froman de l’association MANTA TRUST qui permet de découvrir et de participer à la protection des raies Manta aux Maldives, et bientôt à la protection des raies Mobula leurs cousines. Niv est l’homme Manta, celui qui les connait intimement jusqu’à les reconnaitre , les nommer, et qui partage avec nous cette passion pour ces animaux gracieux si proches de lui et si magiques pour nous.

Ardennes françaises mystérieuses (21/61) : FLIZE : Pour ne jamais oublier…

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

C’est en 1023, que le nom de Flize est apparu pour la première fois : « Falisia ».

Ce nom se retrouva sur un document officiel d’Henri II, empereur romain germanique, qui confirmait les biens de l’abbaye de Mouzon (voir ce chapitre).

 

 

 

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Liens étroits entre Flize et Mouzon.

 

La destinée de cette commune de près de 1 200 habitants fut particulièrement mouvementée : affres de la Guerre de Cent Ans, ravages par les troupes du duc de Nassau (XVIIe siècle) et lors des guerres de religion, pillage par les calvinistes allemands au XVIIe siècle, appartenance à la France en novembre 1769, occupation par les Russes en 1814, incendie et pillage en 1870 par les Allemands…

Le site officiel de Flize relate, aussi, de plus récents conflits :

 

« Département frontalier enclavé dans la Belgique, les Ardennes ont toujours eu le triste privilège de subir les assauts guerriers durant les différents conflits des deux derniers siècles. À la veille de l’Armistice, les 10 et 11 novembre 1918, Flize a été le théâtre des dernières batailles qui ont occasionné des pertes humaines inutiles. »

 

Ces dramatiques faits sont racontés sous le titre « La dernière patrouille » : « Le 9 novembre 1918, l’ordre est donné de passer la Meuse cette nuit là. Pourquoi cet ordre ? Parce que le haut commandement entendait, par cette attaque, faire céder les plénipotentiaires allemands qui cherchaient à tempérer les conditions imposées, demandant un « cessez-le-feu » d’abord, et des discussions ensuite. Ces propositions furent refusées par le haut commandement français. L’ordre d’attaque immédiat fut donné. Le 10 novembre, l’ennemi était repoussé après de vifs combats et les soldats du 19è R.I maintenaient leur position sur la rive nord de la Meuse. Le 11 novembre à 14 H., à la suite de durs combats, le passage de la Meuse a été forcé entre Vrigne-Meuse et Lumes. On dénombra 12 morts appartenant au 19è Régiment d’Infanterie appartenant à la 22ème division. À Flize, une plaque commémorative a été inaugurée le 29 juin 1934 sous la présidence du Général BOICHUT sur laquelle on peut lire :

163e Division. 10 et 11 novembre 1918

Passage de la Meuse de vive force par les 2è et 3è bataillons du 142è R.I. et les 3è bataillon et 5è Compagnie du 19è R.I. (22è Division) «  Français qui passes, honore de ton souvenir les Braves tombés ici le dernier jour pour ton salut ».

 

La griffe de Le Nostre

 

L’église Saint-Rémy est imposante et possède un Chemin de Croix en relief mural, quant au château, son parc aurait été dessiné par Le Nostre, jardinier de Louis XIV pour qui il conçut l’aménagement du parc et des jardins du château de Versailles.

Cet édifice devint, tour à tour, manufacture de draps, filature, ferronnerie, maison bourgeoise, entreprise de mobilier urbain…

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Jardin de Le Nostre parmi des dizaines conçus à Versailles, Sceaux, Castres, Chantilly, Saint-Cloud, Strasbourg, Fayel, Wattignies, Balleroy, Paris…

 

 

 

 

 

 

 

 

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Vers un droit humain à l’eau

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Le droit de l’homme à l’eau potable bientôt reconnu.

L’Assemblée Nationale étudie, à partir du 14 juin prochain, une proposition de loi visant à mettre en œuvre le droit humain à l’eau potable et à l’assainissement. C’est le terme d’une réflexion menée depuis quatre ans par de nombreuses associations et organisations non gouvernementales humanitaires, caritatives et environnementales. Le but : instituer le droit à l’eau comme un droit fondamental des citoyens.

La Fondation France Libertés et la Coalition Eau ont coordonné les travaux qui aboutissent à cette  proposition de loi signée par plusieurs parlementaires, dans une démarche transpartisane.

  • Avec Emmanuel Poilane, le directeur de France Libertés

Cette reconnaissance du droit de l’homme à l’eau était devenu indispensable. Le droit d’accès à l’eau existe dans plusieurs textes, mais il n’était pas vraiment effectif.

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© France Libertés

« C’est un droit qui existe sur un plan international. La France a signé une résolution en juillet 2010 sur le sujet, comme la quasi intégralité des pays du monde. Mais pour transformer cette résolution, qui n’a pas force de loi, dans nos textes, on voit qu’il n’y a pas de volonté des pays du Nord de faire ce pas. Pour deux raisons. L’accès à l’eau fonctionne globalement correctement dans nos pays, alors que dans certains pays du Sud qui ont transformé leur constitution, il y a l’ambition de trouver des solutions pour un véritable accès à l’eau pour leur population. La deuxième chose, c’est que nous sommes dans des pays où les Etats essaient de limiter leurs obligations par rapport aux droits fondamentaux. Le travail que l’on fait avec cette proposition de loi c’est de faire en sorte que les résolutions internationales soient transcrites dans le droit français. Et c’est négocier avec les acteurs économiques pour que ce soit gérable. »

Cette proposition de loi, et ce n’est pas anodin, est le fruit d’un travail entamé par les associations, et poursuivi par les parlementaires. Il y a eu une vraie coopération entre les différents acteurs, entre la société civile et les politiques.

« Il y a une vraie ambition forte des associations pour faire que le droit à l’eau soit reconnu comme un droit humain fondamental en France. Et il y a des parlementaires qui comprennent la force philosophique de cette thématique « l’eau c’est la vie ». Ensuite, ils sont pris par les obligations budgétaires qui rendent complexe l’avancée d’un texte de loi. On a eu la chance d’avoir le soutien de cinq groupes parlementaires à l’Assemblée. Ce travail se poursuit depuis presque quatre ans. On débouche enfin sur son vote à l’Assemblée Nationale le 14 juin. C’est un travail qui est facile pour les associations, mais difficile pour les parlementaires. On est heureux de pouvoir le mener à leurs cotés pour que ce soit un droit fondamental qui avance en France. »

« Le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme garanti par l’État. » C’est l’article 1 de cette proposition de loi. Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? Comment cela va se traduire ?

© Ville de Lyon
© Ville de Lyon

« La première traduction, c’est de remettre l’eau au cœur de la ville et des villages, avec des toilettes gratuites, des fontaines gratuites, des douches gratuites… C’est l‘idée que pour avoir accès à l’eau partout pour tous, il faut que, dans le paysage public, il y ait ces espaces d’accès à l’eau et  à l’hygiène pour tous. Il faut que l’on sorte de l’obligation de se rentre dans un café pour aller aux toilettes. C’est quelque chose qui existait il y a quelques décennies. Cela a disparu pour des raisons économiques. On pense que c’est très important que cela puisse retrouver sa place, pour que l’on redécouvre la place de l’eau dans la cité.

La deuxième traduction, c’est la mise en place d’un fond national d’aide pour aider les familles en précarité à payer leur facture d’eau. Aujourd’hui,  les personnes en précarité peuvent être aidé, mais suite à la facture. C’est donc quelque chose de stigmatisant et complexe pour atteindre de aides. Il est indispensable de mettre en place des aides préventives pour lesquelles on soit certain qu’elles puissent aider toutes les personnes qui sont aujourd’hui en précarité par rapport à leur facture d’eau. Il engager l’ensemble des acteurs à comprendre que l’accès à l’eau pour vivre dignement chez soi est quelque chose d’indispensable. Il y a un véritable consensus sur ces deux points. »

La campagne de France Libertés a mis en exergue la part importante de l’eau dans le budget des familles en difficultés. Cette loi sera un vrai bénéfice pour elles.

« Autour de la campagne sur les coupures d’eau, on a pu montrer ce que cela représentait comme difficulté pour les familles. Et les réactions politiques étaient très fortes pour dire « nous devons garantir la capacité des familles à vivre dignement chez elles ». Avec ce fond d’aide national, on peut imagier que demain, comme on le fait sur le logement avec les allocations logement, comme on le fait sur l’électricité avec le chèque énergie, on puisse le faire sur l’eau. Ce que l’on a mis en exergue avec la campagne des coupures d’eau, c’est que c’était encore plus violent de vivre sans eau que de vivre sans électricité. Il est indispensable de permettre à chacun de vivre dans des conditions dignes chez lui.

Derrière cette loi, c’est l’ambition de dire que, si on est capable de penser « l’eau c’est la vie », on doit être capable de le mettre en œuvre pour tous chez nous.

Cela nous renvoie ensuite à une action plus importante à l’international pour faire en sorte que chaque humain sur la planète puisse avoir accès à l’eau et à l’assainissement pour vivre dignement chez lui. Rappelons qu’il y a près d’un milliard de personnes qui n’a pas accès l’eau dans des conditions normale et deux milliards qui n’ont pas accès à un assainissement minimum. »

© Assemblée Nationale
© Assemblée Nationale

L’examen de ce projet de loi débute le 14 juin, à l’Assemblée Nationale. L’issue du débat parlementaire sera à retrouver sur le site de France Libertés.

Pour aller plus loin :

 

[youtube]https://youtu.be/KjmzQXbu7pk[/youtube]